Macron : il veut les "emmerder"… - Reportage #cdanslair 05.01.2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'ambiance feutrée du Sénat cet après-midi cache en réalité une situation hautement inflammable. Jean Castex sommet de s'expliquer après les propos du président de la République qui veut, je cite, emmerder les non-vaccinés. Aucune urgence sanitaire ne justifie des propos d'une telle brutalité, d'une telle indignité. Con vous, je me rends très régulièrement dans les services de soins critiques. Ce qu'a dit le président de la République, je l'entends partout. Mais oui, bien sûr que oui, et vous le savez. Vous le savez. Le Premier ministre assure le service après-vente car la polémique ne faiblit pas.
Elle a commencé hier soir, après la publication d'une interview, dans laquelle le président de la République évoque ceux qui refusent le vaccin.
Là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça la stratégie. Plus loin, Emmanuel Macron poursuit. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen.
Deux phrases qui ont suscité la colère hier soir à l'Assemblée nationale, en plein débat sur le projet de loi sur le pass vaccinal. Un président de la République ne peut pas tenir les propos qui ont été tenus. C'est-à-dire d'avoir pour seul objectif d'emmerder les Français. En plus de la crise politique déclenchée par l'interview du président de la République, pardon, du monarque présidentiel, qui se permet d'insulter une partie des Français en les traitant de non-citoyens et d'irresponsables. L'hémicycle en ébullition. À deux heures du matin, la séance est interrompue.
Pour la santé publique, chacun conviendra que les conditions d'un travail serein ne sont pas réunies. La séance est levée.
Pour la deuxième fois en deux soirées, l'Assemblée nationale a donc suspendu l'examen du projet de loi sur le pass vaccinal. Ce matin, les troupes de la majorité présidentielle assument, en ordre de bataille derrière Emmanuel Macron, le porte-parole du gouvernement en chef de file. On va se parler franchement. Qui emmerde la vie de qui aujourd'hui ? Qui gâche la vie de nos soignants qui, depuis deux ans, sont mobilisés sous l'eau dans nos services de réanimation pour sauver des patients qui, aujourd'hui, sont essentiellement non-vaccinés ? Ce sont ceux qui s'opposent au vaccin. Edouard Philippe, ancien Premier ministre, est un peu plus mesuré sur les termes employés par Emmanuel Macron.
Parfois, le président de la République s'exprime de façon soutenue, parfois c'est de façon familière. Là, il s'est exprimé de façon familière. Je pense que tout le monde a compris ce qu'il voulait entendre.
Les candidats à l'élection présidentielle saisissent l'opportunité et tirent à boulet rouge sur le président de la République accusé de diviser le pays. Ce n'est pas de la franchise, c'est de la violence. Or, le président est le garant de la cohésion nationale. Aujourd'hui, il est le promoteur de la division nationale. Ce n'est pas au président de la République de trier entre les bons et les mauvais français. Il faut les accepter tels qu'ils sont. Il faut les diriger, les rassembler sans les insulter. Et dans la course pour l'Elysée, Yannick Jadot, lui, fustige la stratégie électoraliste d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'il fait de la vaccination un référendum pour ou contre Macron.
Il en fait un plébiscite. Ça, c'est une faute politique. Vous pensez qu'en les insultant, il va les convaincre de se faire vacciner ? Cette polémique met un frein au projet de loi sur le pass vaccinal, alors que l'exécutif visait une adoption définitive en fin de semaine, avant une entrée en vigueur le 15 janvier.
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Emmanuel Macron