BTP, agriculture
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La catastrophe humanitaire pourrait s'ajouter à la catastrophe économique. - C.Roux: En tout cas, c'est aussi la catastrophe pour les Français.
Les vols de carburant se sont multipliés en France. Les agriculteurs doivent renforcer la sécurité autour de leurs zones de stockage de carburant. - Elle est presque devenue experte en vol de carburant. - Les réservoirs des camions sont directement accessibles.
Il suffit d'ouvrir le bouchon et ils viennent et prélèvent directement dans le réservoir. Ils peuvent aussi percer le réservoir pour se servir. - Angélique est patronne d'une entreprise de transport routier.
Il y a quelques semaines, elle s'est fait voler près de 10 000 l de carburant. 20 000 euros de préjudice. Alors, pour protéger sa flotte de camions, elle a investi dans des caméras de vidéosurveillance pour retrouver les voleurs grâce à un appel à témoins. - On estime qu'il y a minimum 3 individus.
Chacun porte plusieurs bidons. Lors de cette intrusion, on les a fait fuir. Avec cette publication, des personnes nous ont contactés.
Il y a des noms identiques qui reviennent. On espère que cela fera avancer l'enquête. - Des affaires qui se multiplient.
Les vols de carburant, nouveau fléau dans une France où le litre de gazole est à 2,20 euros. Même les pompiers de Brest en ont fait les frais. Les vidéos des victimes, pour beaucoup des routiers, se multiplient. *-Ils ont forcé le réservoir. *-Tu commences ta journée, tu vois ça. *-Un petit trou et on pompe tout. - Des professionnels exaspérés et des gendarmes sur le qui-vive. - Ils étaient à proximité des caméras.
Ca nous aide. - Les conseils que je peux donner, c'est utiliser les grandes aires comme celle-là ou faire le plein au moment du départ et pas du stationnement, surtout à l'approche du week-end. Ils sont censés être stationnés le samedi et le dimanche.
Ca laisse moins de temps aux auteurs de le faire au moment du départ. Ca limite les vols de grande quantité. - Une autre profession est particulièrement touchée: les agriculteurs.
Il y a quelques semaines, au petit matin, Franck a trouvé le réservoir de son tracteur percé. - Il y avait une grosse marre de fioul par terre, de carburant. Bien sûr, la jauge à sec.
Impossible de travailler le lendemain. J'ai voulu prendre un autre tracteur. L'autre, pareil. - 800 l de carburant envolés.
Depuis début mars, une vingtaine de fermes du département ont été visitées. Une solidarité s'est créée avec ses collègues. Un groupe WhatsApp sert à donner l'alerte. - "Véhicule suspect, Mercedes classe A inspectait autour de ma ferme." Aussitôt, ça vibre et les 100 agriculteurs à la ronde surveillent. - Un coup dur de plus pour cette profession déjà épuisée par les crises à répétition. - On en a marre.
C'est plus possible. On a déjà eu toutes les hausses suite au conflit en Ukraine en 2022. Là, le conflit au Moyen-Orient.
On a pris 70 % sur le carburant, peut-être plus. J'ai dû en racheter suite au vol que j'ai subi. Les engrais vont doubler.
On est au bord de l'asphyxie. On ne veut plus de discours. On veut des résultats tout de suite. - En France, le vol de carburant est puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. - O.Détroyat: Voler du carburant dans un tracteur, ça m'interpelle.
Ce sont des cibles assez faciles, les agriculteurs, les transporteurs. Les travaux dans les champs vont commencer. Les cuves agricoles sont pleines.
Ca traduit les tensions qu'il y a aujourd'hui. On ne sait pas trop par qui c'est fait. Il y a certaines personnes qui revendent le carburant.
Ca peut aussi être des particuliers. C'est pas la première fois qu'on a connu ça. Dans les exploitations agricoles, il y avait eu plus de 16 000 vols, et pas que du GNR.
Il y a eu des engrais, du cuivre, dans les sites industriels. On voit qu'on est dans un moment un peu de bascule sur les produits du quotidien et sur la difficulté de l'inflation. - D.Seux: C'est un cocktail explosif.
Vous avez la question du carburant et la chienlit, le problème de la sécurité. La sécurité n'est pas au quotidien dans les villes, mais dans les champs. - O.Détroyat: Sans qu'on puisse s'en prémunir. - D.Seux: Il y a une exaspération des agriculteurs, mais pas simplement d'eux.
Pourquoi? Est-ce que c'est l'Etat qui est responsable? Il y a un incivisme qui se répand. - C.Roux: Est-ce que la réponse peut être européenne?
La Commission européenne a prévu 200 millions d'aides aux agriculteurs. A.Genevard, la ministre de l'Agriculture dit: "Il faut qu'on produise des engrais pour être autonomes." Tout ce qu'on a abandonné depuis ces 20 dernières années, il faut retrouver une forme de souveraineté.
C'est ce que révèle cette crise. - C.Barbier: C'était le paracétamol en 2020.
Maintenant, ce sont les engrais. - O.Détroyat: Pour avoir des engrais, il faut du gaz. - C.Barbier: C'est un vrai problème.
La réindustrialisation du pays s'étend jusqu'à ces domaines. Pour les vols qu'on a vus, ça va donner du gardiennage et de l'autodéfense ainsi que de la tension localement. Pour les professionnels, ils ont des gros stocks de carburant.
Les vols sont majeurs. Pour les particuliers, la seule solution est de ne plus faire le plein. On peut mettre 10 l.
Comme ça, la perte est minimum. On va tous les jours remettre 10 l, comme on fait le plein de sa voiture électrique. - C.Roux: On est face à une France qui s'appauvrit, c'est le sentiment.
Quand on siphonne le carburant dans les tracteurs... - C.Barbier: C'est la France du système D pour dépenser le moins possible.
Je prends les transports en commun pour travailler. Même voler quelques litres d'essence, c'est toujours ça de pris. - C.Roux: Question.
Est-ce qu'il faut se tourner vers l'Europe en disant: "Répondons ensemble à cette crise en Iran." - D.Seux: Ce qu'on attendait de l'ensemble des gouvernements européens, c'était de forcer D.Trump à associer l'Europe à cette guerre en Iran, qu'il a menée sans consulter personne et sans prendre en considération l'impact sur tout le monde.
Le niveau européen nous déçoit. L'Europe est-elle une puissance? Non.
Devrait-elle l'être? Oui. On a-t-elle la volonté?
Ca devrait être la grande question. Il faut être plein d'espoir là-dessus. Une bonne nouvelle... - C.Roux: Il y a l'air d'avoir quelque chose d'urgent qui s'est passé. - O.Détroyat: Non.
Lecornu II vient d'annoncer quelque chose. - D.Seux: En début de semaine, il y avait les ministres du G7 réunis.
Ils ont pris une décision intéressante de se mettre à produire, dans les pays occidentaux, les terres rares. On en parle beaucoup. Ils servent dans les voitures, dans les batteries électriques...
Avec l'Australie, le Japon, on a décidé de baisser la dépendance à la Chine. Quand on veut, on peut le faire. Il y a un virage en train d'être pris pour essayer de réindustrialiser et de recouvrir de la souveraineté.
Ca montre que c'est possible. - C.Roux: La BCE et la croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,9 % en 2026.
L'inflation devrait culminer à 3 %, au détriment du pouvoir d'achat des ménages, précise la BCE. Bruxelles redoute des pénuries de produits raffinés. Les engrais, l'hélium, si le conflit... - D.Seux: C'est la stagflation.
Vous avez de l'inflation avec une croissance très molle. La croissance américaine reste toujours... - S.Villers: Plafonner l'inflation sur l'ensemble de l'année à 3 %, c'est très optimiste.
A moins que la BCE se mette à augmenter ses taux d'intérêt, mais on basculerait tout de suite en récession...
On n'a pas encore vu les effets sur l'inflation.
Annick Billon