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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 24 août 2026 10 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Les Jours d’après, avec Valérie Donzelli, au festival du film francophone d’Angoulême

Au micro : Julie Gacon Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous me permettez de lire un extrait du premier livre de Paul Auster qui raconte sa confrontation avec les effets personnels de son père qu'il est chargé de trier après sa mort ?

  • 1:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il lui parle davantage de son père ou d'elle quand elle était petite ou de la femme qu'elle est devenue ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Et pour faire le deuil, Louise, elle s'approprie ces objets, elle les prend en photo dans des sortes de nature morte joyeuse. C'est très joyeux en fait la façon dont elle se saisit de ces objets-là.

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Louise est radiologue dans une grande ville. Elle est de retour en TER dans son village d'enfance pour enterrer son père. Et au moment de l'enterrement au début du film, elle tombe sur Marc.

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Comment on aime à 50 ans alors qu'on est surtout en couple avec un homme ?

  • 5:19OuverteRéponse directe

    Vous auriez aimé que sur la route de Madison se termine autrement, Valérie Donzelli ?

Temps de parole

  • Invité54 %
  • Présentateur39 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 22 %

≈ 2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture Les matins d'été, Julie Gacon Bonjour Valérie Donzeli. Bonjour Julie Gacon. Est-ce que vous me permettez de lire un extrait du premier livre de Paul Auster qui raconte sa confrontation avec les effets personnels de son père qu'il est chargé de trier après sa mort ? Oui, c'est un extrait de l'invention de la solitude. Ces objets chosinertes, écrit-il, n'ont de signification qu'en fonction de celui qui les utilise. La disparition advenue, ils sont là sans y être, fantômes tangibles. Que penser par exemple du rasoir électrique qui dans la salle de bain porte encore les traces poussiéreuses du dernier usage ?

Que penser d'une douzaine de tubes de teinture pour cheveux cachés dans une trousse de toilette en cuir ? Ces objets sont là non en tant qu'objets mais comme les vestiges d'une pensée, d'une conscience emblème de la solitude dans laquelle un homme prend les décisions qu'il concerne se teindre les cheveux, porter telle ou telle chemise, vivre, mourir. Alors dans le film Les jours d'après de Stéphanie Pilonca qui sera projeté en avant-première au festival du film francophone d'Angoulême, Valérie Donzeli, c'est Louise, votre personnage, qui doit vider la maison de son père mais pour elle, ces objets signifient encore quelque chose.

Est-ce qu'il lui parle davantage de son père ou d'elle quand elle était petite ou de la femme qu'elle est devenue ?

1:13
Invité

Oui, ce sont les objets qui restent après la mort de quelqu'un et c'est sa maison d'enfance. Donc effectivement, c'est un peu les deux. C'est-à-dire que ça lui permet de se souvenir de certains moments de son enfance à elle et puis en même temps, ça lui rappelle quel père il était et quel secret il gardait aussi en lui. Il parlait peu. Il parlait peu jusqu'à ce qu'elle trouve certaines mémoires enregistrées. Enfin voilà, c'est vraiment un film sur le deuil, comment faire le deuil de quelqu'un.

1:54
Présentateur

Et pour faire le deuil, Louise, elle s'approprie ces objets, elle les prend en photo dans des sortes de nature morte joyeuse. C'est très joyeux en fait la façon dont elle se saisit de ces objets-là.

2:02
Invité

Oui, elle les immortalise en fait. C'est-à-dire qu'elle a besoin de se réapproprier cette histoire en en racontant, en formant une nouvelle narration par quelque chose qui n'est pas du tout réfléchi, qui est vraiment un geste purement instinctif de survie presque, de survie à cette émotion qui la submerge et à ce trou de l'absence.

2:36
Présentateur

Louise est radiologue dans une grande ville. Elle est de retour en TER dans son village d'enfance pour enterrer son père. Et au moment de l'enterrement au début du film, elle tombe sur Marc. C'est un ami de jeunesse, un amour de jeunesse. On le saura vite. Et qui fut aussi, elle l'apprend ce jour-là, l'aide à domicile de son père sur la faim. Et il suffit de peu pour que la complicité revienne lors d'une balade en forêt.

2:56
Invité

Il faisait plus chaud, non ?

3:00
Présentateur

Il faisait très chaud. Ouais.

3:09
Invité

Je sais pas, il était très sympa avec toi.

3:11
Présentateur

Je m'en suis jamais remis, tu sais.

3:14
Invité

Je suis désolée si je t'ai fait de la peine. J'étais con. J'étais jeune et j'étais con.

3:28
Présentateur

Je suis en pardon. Je déconne, hein ? Non, je déconne. Ah ! Ah, t'as vraiment cru que... Non ! Tu sais que je m'en suis remis, hein ? J'ai eu une vie après toi. Non ! Oh, je suis mal. Ah, la meuf inoubliable ! Arrête ! Oh, Louise ! Ah, ça va, j'ai pas dit ça ! Non, Louise, attends, je t'attends que j'ai tout ma vie. Reviens !

3:44
Invité

C'est pas sympa.

3:48
Présentateur

Valérie Donzeli, vous êtes Louise et Marc, qui est joué par Jalil L'Esper. Ils se retrouvent donc 30 ans plus tard. Ils sont assez intimidés. Louise est mariée. Marc est revenu s'installer dans le village de leur enfance après une histoire personnelle à la fois très forte et douloureuse. Ils ont vécu comment on aime à 50 ans. On en a vu déjà à 50 ans.

4:06
Invité

Comment on aime à 50 ans alors qu'on est surtout en couple avec un homme ? Oui, dans le film. Donc, non, c'est surtout... Je crois qu'à 50 ans, c'est un âge un peu marquant pour une femme. C'est l'âge où on ne peut plus avoir d'enfants, où on a peut-être déjà des enfants qui sont grands, ce qui est le cas de Louise. Et c'est un âge où on se reconnecte avec soi dans quelque chose d'assez... Pas égoïste, parce que je pense que quand on est une femme, de toute façon, on a toujours une forme d'altérité comme ça. On n'est pas, par définition, très égoïste, puisque j'ai l'impression qu'on est quand même une addition de choses.

On peut être des mères, on peut être des amoureuses, on peut être des femmes qui travaillent. On fait tout en même temps. Et elle, à ce moment-là, elle décide de prendre ce temps pour vider cette maison, qui est un temps d'introspection pour elle, en fait.

5:13
Présentateur

Et on a l'impression aussi qu'elle a cette force joyeuse de recommencer quelque chose si l'occasion se présentait. Vous auriez aimé que sur la route de Madison se termine autrement, Valérie Dronzeli ?

5:23
Invité

Sur la route de Madison, ça c'est un truc. Est-ce que j'aurais aimé que ça se termine autrement ? Peut-être, oui. C'est vrai qu'on est un peu frustré dans le film qu'elle n'aille pas au bout de son amour. Et en même temps, est-ce que ce n'était pas ça, cette histoire ? Est-ce que si elle était allée au bout, elle ne se serait pas terminée ? Mais peut-être que c'est ça aussi ce qui rend la force des choses et leur intensité, c'est peut-être leur durée. À un moment donné, quelque chose qui ne peut pas exister peut-être nous paraît plus fort.

5:56
Présentateur

Je vous pose cette question aussi parce que Meryl Streep, au moment du tournage, elle a 45-46 ans. Simone Signoret a 50 ans quand elle tourne La Veuve Coudère. Et il y en a quand même assez peu des premiers rôles de personnages féminins qui ont cet âge 50 ans-là. Or, la réalisatrice des jours d'après ce film, Stéphanie Pilonca, dit qu'elle a mis énormément d'ailes dans ce film, beaucoup de ce qu'elle ressent et de ce qu'elle traversait à ce moment-là de sa vie pendant le tournage en tant que femme, donc à 50 ans. Vous en avez beaucoup parlé, toutes les deux ?

6:23
Invité

Je sais qu'au départ, c'est l'adaptation d'une bande dessinée et que c'est un homme qui perd son père. Et je crois que c'était le désir de Jalil, qui est aussi coproducteur du film, de plutôt parler d'une femme plutôt que d'un homme. Et c'est vrai que, je ne sais plus, peut-être c'est Stéphanie, en tout cas ensemble, ils ont eu cette idée que je trouve assez forte parce que c'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de visibilité d'héroïne de 50 ans. Donc moi, je suis très fervente de ça et c'est vrai que c'était un vrai plaisir pour moi de pouvoir jouer cette femme qui a perdu son père, ce qui m'est arrivé il n'y a pas très longtemps.

Donc je ne sais pas, il y a eu quelque chose d'assez magique en fait sur le tournage et dans la liberté que Stéphanie et la confiance qu'elle me faisait. Et c'est vraiment un film où j'ai eu un énorme plaisir de jeu. Je me suis complètement abandonnée au regard de ma réalisatrice.

7:28
Présentateur

Et notamment, on voit que vous avez, Louise a souvent le sourire dans cette maison où ses souvenirs remontent, le sourire en parcourant sa chambre d'adolescente restée intacte et puis quand elle met un de ses anciens disques dans un manche-disque en plastique orange, forcément ce sont les années 80 qui lui sautent au visage. Il fallait quand même l'inventer. Tes états d'âme Éric sont comme les états d'Amérique, mais c'était vraiment ce tube de Luna Parker. Est-ce que vous êtes en train d'écouter ce disque ? Sans doute, Louise a écouté toute son adolescence. Vous aimez-vous ressentir

8:05
Invité

de la nostalgie ? Non. C'est horrible ? Non, je ne suis pas du tout quelqu'un de nostalgique. j'aime me plonger dans des souvenirs, j'aime regarder le passé pour ce qu'il est, c'est-à-dire du passé et voir le chemin parcouru. Mais je n'ai pas la nostalgie du passé du tout. Je suis vraiment quelqu'un qui me projette en avant, en fait. Même si l'avant, quelque part, nous rapproche de la fin, je ne suis pas du tout nostalgique, non. D'ailleurs, radio nostalgie, je n'écoute jamais, ça me déprime complètement. Vous écoutez France Culture, bien sûr. Ah oui, mais parce qu'il y a des gens qui peuvent écouter radio nostalgie justement pour toutes ces vieilles chansons, etc. Moi, pas du tout.

Ça vous déprime ? Oui, un peu la nostalgie, ce n'est pas un truc qui me rend gai,

8:55
Présentateur

ce sentiment affreux et l'encinant que tout printemps révolu est irrécupérable. Peut-être juste pour conclure, le fait que vous soyez vous aussi réalisatrice comme Jalil Lesper, d'ailleurs, qui est aussi co-scénariste du film, mais est-ce que ça change quelque chose ? Vous vous êtes permis plus de liberté dans votre interprétation du rôle ou vous donnez entièrement à la réalisatrice

9:11
Invité

ce qu'elle attend de vous ? Non, non, vraiment, en tant que réalisatrice, en fait, c'est assez déstabilisant si on commence à vouloir chercher à comprendre le pourquoi du comment. Donc, je m'abandonne complètement à mon metteur en scène et avec Stéphanie, c'est facile parce que c'est quelqu'un qui met en confiance, qui travaille avec une équipe incroyable, et qui laisse beaucoup de place

9:38
Présentateur

au jeu et qui dit que ça a été très difficile aussi de quitter la maison du tournage à la fin. Merci Valérie Donzeli. Merci beaucoup. Les jours d'après le film de Stéphanie Pilonca sort en avant-première jeudi à 14h à l'ouverture du festival du film francophone d'Angoulême, mais il faudra ensuite attendre le 6 janvier pour le voir en salle. Merci donc d'être venue en parler dès maintenant. C'est un film de début d'année, ça va être très bien. On sera là, dans les salles. Merci beaucoup. Merci beaucoup.