Montagne : "On voit une progression de locations dans des petits massifs beaucoup moins chers que les Alpes", déclare la présidente de PAP
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« La destination montagne reste extrêmement prisée pour les vacances de février, mais il y a la question du pouvoir d'achat, car c'est une destination qui est chère. »
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« Alors, pendant ces vacances, ce qu'on observe, c'est déjà une progression plus importante des petits massifs, qui sont beaucoup moins chères que les Alpes. »
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« C'est-à-dire que là où pour les vacances de février, on a une très légère progression, on a en revanche pour janvier et pour mars des progressions de l'ordre de 20% sur les Alpes. »
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« Je pense qu'il est important que les communes puissent reprendre la main et gérer leur parc. »
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« Alors, l'extension du prêt à taux zéro, c'est forcément une très bonne chose. Notamment pour relancer le secteur du neuf qui est très, très en peine. »
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« On est en ce moment sur des taux autour de 3,4% en moyenne. Il y a un an, on était au-dessus de 4. »
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« Alors, tout à fait. On constate, et là, ça fait plusieurs mois, donc la tendance se confirme, une hausse du nombre d'acheteurs de l'ordre de 5%. »
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« Les prix ont baissé au cours des deux dernières années. Alors, de manière plus marquée dans certaines régions, la région la plus touchée, c'est justement l'Île-de-France. »
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« Alors 2025, je pense que le nombre de ventes va repartir en hausse. L'année dernière, on était à 780 000 ventes. »
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« Et concernant les prix, il est probable qu'on soit soit stable, soit à plus 2, donc une très légère hausse. »
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Bonsoir à toutes et à tous, l'invité éco de France Info est présidente de PAP, plateforme immobilière de vente et de location de courte et longue durée. Corinne Jolie, bonjour. Bonjour. Faisons d'abord un point, si vous le voulez bien, sur les tendances de réservation pour ces vacances d'hiver. Est-ce que les stations de ski ont toujours la cote ? Est-ce que l'effet conjugué de prix souvent élevés, d'enneigements parfois limités et d'une prise de conscience environnementale de plus en plus présente font que la destination montagne est aujourd'hui moins prisée qu'il y a quelques années ?
La destination montagne reste extrêmement prisée pour les vacances de février, mais il y a la question du pouvoir d'achat, car c'est une destination qui est chère, surtout quand on additionne à l'hébergement les forfaits de ski, l'allocation de matériel, l'alimentation. Donc les Français doivent faire des arbitrages et on voit apparaître un certain nombre de stratégies pour payer moins cher.
Qui sont ?
Alors, pendant ces vacances, ce qu'on observe, c'est déjà une progression plus importante des petits massifs, qui sont beaucoup moins chères que les Alpes. On voit quasiment tous progresser alors que les Alpes sont tout juste stables. D'accord. Et une autre tendance très intéressante, c'est le développement du hors-saison. C'est-à-dire que là où pour les vacances de février, on a une très légère progression, on a en revanche pour janvier et pour mars des progressions de l'ordre de 20% sur les Alpes, ce qui prouve que dès qu'on peut se le permettre, on change les dates pour payer beaucoup moins cher, parce qu'effectivement, le hors-saison est beaucoup plus accessible.
Alors, vous parliez de stratégie. Je vois qu'il y en a d'autres. Celle adoptée par la vallée de Chamonix-Valmont-Blanc pour limiter les locations touristiques de courte durée qui entraînent évidemment une spéculation immobilière et la difficulté pour les habitants à se loger toute l'année. Une personne physique ne pourra plus louer qu'un seul logement à partir du 1er mai prochain. Est-ce que c'est une bonne chose Corinne Jolie ?
Alors, on touche là à la concurrence entre l'immobilier et le tourisme qui apparaît de manière de plus en plus nette, puisque d'un côté, on a le tourisme qui se développe quand même beaucoup, notamment à la montagne et sur le littoral, et de l'autre, on a quasiment partout en France une crise de l'immobilier. C'est vrai aujourd'hui que les zones touristiques sont extrêmement chères. Il faut savoir que Paris, dont on parle beaucoup, n'est plus la ville la plus chère de France. Ce sont des zones à la montagne qui sont plus chères, qui dépassent les 10 000 euros du mètre carré. Donc, c'est un vrai souci pour se loger sur place.
Et donc, vous voyez bien qu'il y a de la spéculation immobilière avec des multipropriétaires.
On voit cette initiative de la volée de Chamonix-Valmont-Blanc qui est évidemment extrêmement chère. Est-ce que ça peut être une façon justement de limiter cette spéculation immobilière dans la haute montagne très prisée ?
Je pense qu'il est important que les communes puissent reprendre la main et gérer leur parc. Chaque commune a des problématiques différentes. sait à quel point ses locaux ont du mal à se loger ou non, à quel point son économie dépend du tourisme. Parce qu'il ne faut pas oublier aussi que le tourisme, c'est des sources de revenus. Donc, chaque commune doit réussir à avoir des leviers pour réguler ça et pour décider quelle est la part qu'elle réserve à l'immobilier et quelle est la part qu'elle autorise en tourisme.
Alors, il y a plusieurs mesures qui ont été mises en place pour relancer le secteur de l'immobilier. Notamment dans le projet de loi de finances qui a été adopté au Parlement avec un 1,493. Élargissement du prêt à taux zéro, le PTZ à toute la France à partir du 1er avril pour soutenir l'accession à la propriété. Et puis, une exonération temporaire des droits de donation pour l'acquisition de sa résidence principale. On peut imaginer, Corinne Jolie, que ça va libérer l'épargne familiale, que ça va la flécher vers une acquisition immobilière. Est-ce que c'est bon pour le secteur ?
Alors, l'extension du prêt à taux zéro, c'est forcément une très bonne chose. Notamment pour relancer le secteur du neuf qui est très, très en peine. On ne construit clairement pas assez depuis deux ans et le secteur est en grande difficulté. Après, la deuxième mesure concernant les droits de succession, ça ne concerne pas tout le monde quand même. Quand on voit ce qui est permis, ça ne va pas concerner énormément de personnes. Donc, ce n'est pas là-dessus qu'on compte.
Après, le marché de l'ancien, de toute manière, est en train de reprendre pour une autre raison beaucoup plus importante, qui est que les taux sont en train de baisser, que la dynamique est enclenchée depuis plusieurs mois maintenant. On est en ce moment sur des taux autour de 3,4% en moyenne. Il y a un an, on était au-dessus de 4. Donc, ça, c'est sûr que ça donne de l'air. Donc, on voit les acheteurs.
Vous voyez, vous, Corinne Jolie, que le marché est en train de reprendre, en tout cas concernant l'ancien qui vous concerne plus particulièrement ?
Alors, tout à fait. On constate, et là, ça fait plusieurs mois, donc la tendance se confirme, une hausse du nombre d'acheteurs de l'ordre de 5%. Donc, on voit que le marché...
Alors, depuis quand ?
Depuis septembre environ, on a une tendance stable à plus de 5%. Donc, depuis que les taux ont baissé. Exactement. On sait que ça suit les taux et que c'est la raison majeure. Donc, il y a un autre phénomène forcément qui joue, c'est que les prix ayant baissé, entre la baisse des taux et la baisse des prix, le pouvoir d'achat immobilier se reconstitue un petit peu.
Et ça, vous le constatez vraiment. Les prix ont commencé à baisser dans l'ancien et ça concerne un petit peu toute la France.
Les prix ont baissé au cours des deux dernières années. Alors, de manière plus marquée dans certaines régions, la région la plus touchée, c'est justement l'Île-de-France. C'est celle qui a le plus pâti de la crise parce que c'est la plus chère, donc la plus impactée par les problèmes de financement. Et là, on voit que même en Île-de-France, il y a une reprise. Les prix sont en train de se stabiliser, justement parce qu'on commence à avoir un peu plus de demandes. Donc voilà, on n'est pas sur une marché qui va être, ça n'est pas un boom de l'immobilier, mais on sent quand même que le plus dur est passé et que cette année 2025 sera certainement mieux que 2024.
Alors justement, dans quelle mesure est-ce qu'elle va être meilleure que 2024 ? Est-ce que les prix vont continuer à baisser ? Est-ce que ce sera le cas partout ? Quelles sont en gros vos perspectives pour 2025, Corinne Jolie ?
Alors 2025, je pense que le nombre de ventes va repartir en hausse. L'année dernière, on était à 780 000 ventes. Alors déjà, il faut quand même noter que ce n'est pas catastrophique, 780 000 ventes, si on regarde sur une longue échelle. Concernant l'ancien, parce qu'on a dit que le marché du neuf, c'est beaucoup plus grave ce qui se passe sur le neuf. Sur l'ancien, 780 000 ventes, ce n'est pas catastrophique. On est loin des records de 2021-2022, mais on n'est pas non plus sur un marché à l'arrêt. Donc au niveau des volumes, ça devrait être un peu plus. Et je pense qu'on va reprendre au-dessus des 800 000 en 2025.
Et concernant les prix, il est probable qu'on soit soit stable, soit à plus 2, donc une très légère hausse. Parce que comme la demande revient, comme il y a déjà des baisses qui se sont accumulées, en Ile-de-France, sur deux ans, on a quand même fait entre moins 8 et moins 10. Donc c'est beaucoup pour les vendeurs.
Donc ça veut dire que les prix ne vont plus baisser pour 2025. Il ne faut pas que les auditeurs, les auditrices qui nous écoutent continuent à attendre. Parce qu'il y a aussi, vous parliez de stratégie tout à l'heure, il y a la stratégie de l'attente, en se disant que les prix vont continuer à baisser. Vous vous dites, ça y est.
Là, je pense que si le marché est stable, je suis obligée de mettre un bémol à cause de la situation gouvernementale qui fait qu'on navigue quand même un peu à vue.
La politique, le fait qu'il y ait des mouvements politiques ne sont jamais bons pour les affaires.
Il y a des annonces qui refroidissent un peu, comme la hausse des frais de notaire, qu'on n'attendait pas forcément pour renflouer les caisses des collectivités territoriales. Une hausse de 0,5% des frais de notaire, c'est sûr que c'est mal venu dans le contexte actuel. A priori, les primo-accédants seront épargnés. Donc ça, c'est important parce que c'est eux qui avaient déserté le marché, justement parce que c'est eux qui empruntent le plus. Mais bon, c'est quand même pas une bonne nouvelle. Donc voilà, si on continue, on va dire, sur la même tendance qu'actuellement, les prix devraient au moins être stables et peut-être repartir un petit peu en hausse.
Avec un marché donc qui va continuer à progresser. Merci beaucoup Corinne Jolie, présidente de PAP, de particulier à particulier. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir. Merci.
Merci. Merci.