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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 12 février 2025 73 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileÉconomie & entreprises

France-Algérie : comment sortir de la crise diplomatique ?

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Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 48 %Attaque 26 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    La question de la Kabylie et des mouvements autonomistes peut-elle avoir des conséquences sur les relations franco-algériennes ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Après le retrait des forces armées au Sahel, peut-on se permettre de sacrifier la coopération en renseignement avec l'Algérie ?

  • 14:00RelanceRéponse partielle

    La France ne ferait-elle pas mieux de se concentrer sur ses intérêts sans chercher d'accord avec l'Algérie, compte tenu des tensions persistantes ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation économique de l'Algérie, son intégration aux BRICS et l'impact de la guerre en Ukraine ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Le président algérien appelle à une prise de position forte d'Emmanuel Macron pour sortir de la crise. Le président français peut-il répondre à cet appel ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les intérêts économiques français en Algérie et les réalisations concrètes malgré les tensions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Adlen MohamediFait
    « « la France a été considérée par le pouvoir algérien quelques années après le coup d'État de de bomedien comme une alternative finalement au partenariat soviétique » »
  • 15:00Adlen MohamediFait
    « « la coopération a été plus ou moins régulière jusqu'ici dans le cas de la lutte antiterroriste » »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

donc nous avons le plaisir de recevoir ce matin monsieur Adlen Mohamedi chercheur en géopolitique et spécialiste du monde arabe pour une audition consacrée à l'état de la relation franco-algérienne la France et l'Algérie traversent actuellement une crise diplomatique profonde et très préoccupante malgré tout récemment quelques signaux faibles plus positif déjà très fluctuant la relation entre les deux pays les de pardon entre les deux pays se sont brutalement dégradé à la suite des déclarations du président de la République marquant un infléchissement notable de la position traditionnelle de la France sur le dossier du Sahara Occidental Paris reconnaît en effet désormais que le plan marocain d'autonomie du Sahara occidental de 2007 est je cite la seule base pour pour aboutir à une solution politique juste durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies selon une lettre d'Emmanuel Macron adressé au roi Mohamed VI l'Algérie a alors rappelé son ambassadeur plus récemment en novembre dernier l'écrivain FrancoAlgérien boilem Sansal a été arrêté et incarcéré pour atteinte à la sûreté de l'État je rappelle qu'il y a une forte mobilisation du Sénat ici l'ensemble des collègues pour demander sa libération et en décembre des télévisions algériennes ont diffusé des déclaration d'un ancien djihadiste accusant la direction générale de la sécurité extérieure d'avoir cherché à déstabiliser l'Algérie et puis en janvier l'ambassadeur Stéphane romaté a été convoqué pour se voir signifier la ferme protestation du gouvernement algérien face au traitement discrimin atire et dégradant qui auraient été infligés à des passagers algériens à leur arrivée dans les aéroports parisiens il y a quelques années le président de la République avait pourtant lancé une série de mesures destinées à apaiser les les mémoires de la guerre d'Algérie et à poser ainsi les bases d'une amélioration durable des relations avec ce pays en particulier il avait annoncé l'ouverture anticipée des archives et confié à l'historien Benjamin Stora la rédaction d'un rapport qui a notamment abouti à la mise en place d'une commission mémoire et vérité chargée d'impulser des initiatives communes entre la France et l'Algérie sur les questions de mémoire après quelques difficultés initiales cette commission s'est réunie cinq fois ce jour avec la contribution active de l'Algérie dans ce contexte comment interprétez-vous la crise actuelle vous nous direz sans doute si des éléments de réponse sont à chercher dans le phénomène plus général de la dégradation des relations de la France avec les pays africains décrit par nos collègues dans un rapport que nous avons adopté ici au Sénat et dans cette commission il y a 2 semaines mais cette audition nous permettra aussi d'évoquer l'état actuel de l'Algérie 5 ans après le début du irac que reste-t-il de ce mouvement aujourd'hui comment le pouvoir et la société algérienne ont-ils évolué depuis ces événements je vous laisse donc la parole pour un propos liminire d'une quinzaine de minutes et ensuite je donnerai la parole aux membres de la commission pour engager un débat en tout cas merci beaucoup d'avoir accepté de venir nous éclairer sur ces sujets je rappelle que cette audition est captée elle est retransmis sur le site du Sénat et donc sur les réseaux sociaux je vous laisse la parole monsieur merci bien bonjour à toutes et à tous merci de votre accueil aujourd'hui euh donc en guise d'introduction j'aimerais rappeler un point qui me semble ici central pour décrire les les les relations franco-algériennes et et un point sur lequel je reviendrai un peu plus tard c'est le lien particulièrement important entre les questions de politique extérieure et de politique intérieure qui finalement un lien qui finalement en réalité euh nuit au deux à la fois aux politiques intérieurs en France Algérie et au et aux politiques étrangères des deux pays euh je voudrais commencer par quelques éléments historiques peut-être déjà connus mais qui qui permettent d'inscrire les tensions actuelles dans dans l'histoire finalement des relations entre ces deux pays depuis l'indépendance algérienne en 1962 j'aimerais d'abord rappeler que euh les relations depuis les années 60 ont toujours fluctué un petit peu entre entre des moments de de réchauffement et des moments de de de de de tension je vais donner quelques exemples à la fin des années 60 notamment en 1968 la France a été considérée par le pouvoir algérien quelques années après le coup d'État de de bomedien comme une alternative finalement au partenariat soviétique euh point qu'on a tendance parfois à oublier en insistant sur sur les ces mauvaises relations en 1968 y compris sur le plan militaire bon il y a eu un rapprochement Franco algérien précisément pour essayer de limiter la la dépendance à l'égard de l'Union soviétique par exemple euh en réalité dès le lendemain de l'indépendance on a jamais voulu un un divorce franco-algérien et les Soviétiques même ont toujours dissuadé les dirigeants algériens de trop s'éloigner de l'Anci de l'ancienne puissance coloniale krouchov aurait déclaré d'ailleurs à Ben Bellin qui ne voulait pas justement d'un d'un autre Cuba dans la région et qu'il et que l'Algérie avait vocation à garder de très bonnes relations avec le général de Gaulle puis la relation a été marqué par une certaine ambigué comme je le disais des fluctuations au lendemain de l'interruption du processus électoral en 1992 la position de François mitteran était était marquée par une certaine prudence à l'égard du pouvoir algérien une prudence tout en défendant bien sûr la la poursuite la pours suite du du processus électoral dans les années 90 l'un des principaux éléments de convergence aura été finalement la lutte antiterroriste euh qui demeure aujourd'hui l'un des principaux éléments de de convergence et de partenariat entre les deux pays et euh évidemment une convergence entre les services de renseignement aussi des deux pays euh dans ces années 90 avec évidemment quelques difficultés quelques moments de de tension sous la présidence de de boutflia à partir de 1999 on peut dire qu'on a côté algérien aossillé entre une certaine francophilie de du président algérien et une rhétorique anti-française une perpétuation d'une rhétorique anti-française à classique et à usage intérieur mobilisé de façon épisodique par le président lui-même ou par certains premier ministres mais sans jamais dépasser un certain nombre de de de lignes rouges euh et rappelons aussi accessoirement que la France s'est largement accommodée des dernières années de du président bflira dans les conditions que l'on connaît avec une une impotance manifeste depuis entre 2013 et 2019 alors euh sur le le Hirak le soulevement populaire que vous avez évoqué déclenché en février 2019 donc il y a précisément 6 ans aujourd'hui euh là encore on peut dire que comme l'ensemble qu enfin comme l'ensemble des puissances sur la scène internationale Paris a commenté avec une certaine prudence et parcimonie la situation euh on peut même parler en réalité d'une certaine complaisance à l'égard du pouvoir algérien puisque on a eu un discours officiel notamment au ministère des Affaires étrangères qui l'a encore mais dans des conditions différentes soutenit la poursuite d'un processus électoral dont tout le monde savait quand même bien qu'il était vicié en 2019 donc on est on était dans une relation quand même euh au nom d'une espèce de réale politique et et d'une sacrinte stabilité on s'est quand même accommoder de la situation politique algérienne et de euh et bon on a observé avec une certaine prudence on va dire le ce mouvement ce soulèvement populaire sur la question mémorielle plus précisément euh quelques rappels je pense méritent d'être d'être fait d'abord la question mémorielle était largement absente la France et la question mémorielle était largement absente des slogans du Hak en 2019 les mots d'ordre de 2019 étaient strictement politique les objectifs étaient clairs bien sûr éviter le 5e mandat dégradant du président boutaflia modifier les institutions demander la primauté du civil sur le militaire qui est un classique dans l'opposition démocratique algérienne mais il n'a pas été question de la France il n'a pas été question de mémoire et cette question mémorielle en réalité a surtout été porté à partir de 2020 par le président Emmanuel Macron même quand il a notamment demandé comme vous le soullignez à l'historien Benjamin stor de rédiger un rapport destiné notamment à euh réconcilier les mémoires pour reprendre la formule exacte à ce moment-là on avait une certaine convergence assez manifeste entre le entre le président français et abdelmid donc le président algérien qui venait d'être élu en décembre 2019 dans des conditions qui n'avaient évidemment pas grand-chose de démocratique et évidemment les deux ont accepté ce ce cette convergence sur cette base mémorielle alors bien sûr au-delà de l'intérêt et et de l'importance du travail de des historiens qui font à priori plutôt de l'histoire que que de la mémoire et et et qui ont besoin à la fois des moyens de l'État mais sans être forcément attché à des discours à des discours officiels effectivement bon on peut se poser on peut douter de la possibilité d'ailleurs de réconcilier les mémoires ce qui est une sorte de démarche un peu presque impossible puisque on a des mémoires qui sont quand même irrémédiablement irréconciliables et aussi de l'opportunité finalement de ce débat à ce moment précis qui était foncièrement je le rappelle politique en Algérie et qui ne qui ne comment dire qui ne faisait pas de ce point une priorité au sein de la société algérienne l'année suivante le président Macron lui-même va évoquer en 2000 donc l'année suivante on est en 2021 va parler de rente mémorielle dans le cadre d'une on est quand même dans une espèce de précampagne électorale et dans un dans une réunion relativement restreinte évidemment bon c'est l'un des éléments on va dire de de ce qui sera perçu comme une espèce de manque de cohérence du côté du côté français et qui sera évidemment et qui contribuera plus tard à une première dégradation des des relations franco-algériennes parallèlement en Algérie on se retrouve donc dans les années 2019- 2020 2021 dans un processus qui est assez clairement contre révolutionnaire avec une une répression qui s'est qui s'est poursuivie et euh mais cette situation n'a pas n'a pas eu d'impact en réalité réel sur la relation franco-algérienne hein c'estàdire que le le le comment on le verra en fait l'intérêt aux questions des droits humains et de la démocratie en Algérie est assez récente et en réalité n'a pas n'était pas central à ce moment-là euh par exemple pour parler encore de de ces fluctuations des relations franco-algériennes on a déjà à cause du propos de de sur la rente mémorielle un rappel de l'ambassadeur en 2021 en octobre 2021 une interdiction du survol de l'espace aérien ALG algérien aux avions militaires français de l'opération Barc au Sahel donc on a déjà une espèce de mesure de de représaille de une une une espèce de de sanction diplomatique mais quelques mois plus tard très vite tout ça est vite oublié puisquen août 2022 donc on est quelques mois après octobre 2021 après cette cette cette tension diplomatique qui était qui était importante on se retrouve avec des relation qui redeviennent particulièrement chaleureuse entre entre Alger et Paris avec une visite officielle très importante et très commentée en août 2022 où il a été des questions de partenariat renouvelés un petit peu quelque chose d'analogue finalement à ce qui a été fait au Maroc récemment et effectivement quand on regarde les relations matérielles entre les deux pays on se rend compte qu'en 2023 on a une hausse dans les échanges commerciaux entre les deux pays hein les échanges commerciaux entre les deux pays vont augmenter de plus de 5 bien sûr on le doit pas vraiment à ce partenariat renouvelé mais en grande partie à la guerre en Ukraine et à la hausse des exportation algérienne en hydrocarbur en direction de de en direction de la France on a une première détérioration des relations en 2023 avec l'affaire des visas et des et des laisser passés consulaires euh une affaire finalement qui a aussi concerné le le Maroc et la Tunisie de ce point de vue on peut pas dire que sur l'affaire des octf des laissés passer consulaires et des visas en face l'Algérie se distingue particulièrement de ses voisins marocain et et et tunisiens mais effectivement à partir de 2024 on va se retrouver avec une brouille aujourd'hui qui revet un caractère inédit et on peut bien sûr dire que pour expliquer cette brouille cette cette tension nouvelle euh on a à la fois des facteurs géopolitiques et des facteurs politique pour ce qui est des facteurs géopolitiques vous l'avez rappelé monsieur le Président on a bien sûr le soutien manifesté par le président Macron au plan marocain au Sahara occidental dans le cadre de la fête du trône au Maroc une lettre a été adressée dans laquelle effectivement on est sorti de l'ambiguïé alors je ne parlerai pas de rupture parce qu'en réalité la position de la France sur ce sujet-là n'a pas vraiment évolué depuis quelques temps c'estàdire que ça a toujours été un soutien plus ou moins direct au plan marocain mais on est sorti définitivement de l'ambiguité en expliquant en admettant euh plus ou moins clairement la marocanité du Sahara occidental et bien sûr ça a donné lieu tout de suite après à une crise diplomatique c'est-à-dire au rappel de l'ambassadeur euh de l'ambassadeur algérien à Paris non pas seulement pour consultation mais un rappel qui euh euh qui euh sur lequel on est toujours parevenenu aujourd'hui sur le plan politique on a un certain nombre d'éléments des deux côtés de la Méditerranée bien sûr côté français on a on a eu l'arrestation de de l'écrivain bam samsal euh qui a disons qu' a un petit peu euh placer l'Algérie au centre des débats politiques français ce qui n'était pas le cas avant euh alors bien sûr sur cette sur cette arrestation j'ai tendance à penser que les deux échelles l'échelle politique algérienne et l'échelle de la relation diplomatique mériteraiit d'être d'être séparé le le le cas de Balam Sansal est un cas algérien en réalité qui concerne euh un écrivain algérien en Algérie puisqueen réalité bam sal est un écrivain algérien en Algérie euh il n'est pas étranger en Algérie et euh ça son sort en réalité est lié au euh est lié finalement à un phénomène qui est plus large celui de la répression en Algérie et et et effectivement le fait de de de le distinguer et de le et de et de l'évoquer de façon séparée a été a été considéré par beaucoup d'Algériens y compris des Algériens au style au pouvoir algérien comme une a été vécu comme une manipulation politique et ça c'est un point je pense qu'il faut garder en tête qu'on le veuille ou non euh quand des gens qui ne se sont jamais intéressés aux droits humains je pense à certains mouvements politiques euh et qui ne se sont jamais intéressés aux prisonniers ni en Algérie ni ailleurs au Maghreb d'un seul coup commence à multiplier les déclarations sur le sujet beaucoup effectivement d'Algériens y compris largement hostille au pouvoir algérien se crispe et se disent bon est-ce qu'on a vraiment àaire à quelque chose de sincère ou est-ce qu'on a affaire finalement à à une à une affaire à une affaire politique une manipulation politique euh bien sûr l'autre question euh qui revient toujours c'est la question mémorielle et et à la faveur de ce de de de de de cette brouille à la fois diplomatique et politique autour du Sahara occidental et autour de de l'arrestation de Balam Sansal à Alger on a finalement le retour de la question mémoriel des deux côtés euh on a qui rappelle à bien des égards en réalité ce qu'on a vécu il y a 20 ans puisquil faut faut pas oublier qu'il y a 20 ans euh un traité d'amitié franco-algérien a été est suspendu sur fond de polémique sur un article d'une loi ventant les effets positifs de la colonisation donc ces débatsl ne sont pas nouveaux et ces tensions là ne sont pas nouvelles mais aujourd'hui on a une espèce d'alignement politique en France euh qui en réalité qui se confond parfaitement avec cette avec cette tension diplomatique et euh et avec un certain nombre de débats comme le débat autour de de de de de l'accord de 1968 qu'on a tendance parfois à ériger en totem et bien sûr tout cela alimente aussi en face une rhétorique anti-française en Algérie une rhétorique antif-française en réalité qui dont la dimension pourrait être qualifiée d'inédite parce qu'on a toujours comme je disais tout à l'heure parfois utiliser cette rhtorique à des fins de politique intérieure à des moments précis mais là effectivement tout cela est est tout à fait débridé j'ai envie dire tout cela est débridé maintenant des des deux côtés de de de la médit ranée euh on a vraiment un cas où la tenstion diplomatique influe négativement sur les questions de politique intérieure et des questions de politique intérieur qui influent très négativement sur la sur la relation bilatérale elle-même euh alors bon le risque aujourd'hui bien sûr c'est le fait de se retrouver avec ce que j'aurais tendance à appeler la tentation du sacrifice c'est la tentation du sacrifice de la relation franco-algérienne des deux côté des deux côtés en Algérie comme en France en France avec bien sûr cette récente différenciation que je qualifieraai d'excessive entre les cas algériens et marocains en Algérie avec une volonté de mettre l'accent sur les relations avec les autres puissances les puissances souvent lointaines je pense aux États-Unis je pense à la Russie je pense à la Chine au détriment de la relation avec la France parce qu'on a souvent tendance à parler d'axe géopolitique AX Moscou Alger ou AX puisque je lis parfois AX Raba Washington en réalité les Russes entendent très bien avec les deux et les Américains jusqu'à aujourd'hui s'entend très bien avec les deux et et bien sûr euh là encore parfois cela se fait au détriment des relations avec la France ou avec l'idée ou avec l'idée selon laquelle on pourrait bien sûr sacrifier la relation avec la France euh côté français bien sûr cette au-delà de de cette déclaration que que vous avez évoqué sur le le Sahara occidental il y a bien sûr cette cette idée maintenant répandue dans dans la diplomatie française selon laquelle les relations avec les le Maroc sont forcément fluides sont forcément bonnes sont forcément simple et que les relations avec l'Algérie sont forcément euh insurmontables et radicalement différentes moi je pense qu'on a tendance à exagérer en réalité c'est les relations entre ces deux pays parce que sur le plan économique par exemple on on a des situations qui sont très très comparable sur le plan politique et sociologique bon les deux pays se ressemblent et j'ajouteraiis que face à laatenstion algéro-marocaine qui elle aussi atteint des niveaux inédit euh l'une des possibilités l'une des hypothèses qu'on aurait pu imaginer en France c'est l'hypothèse de la médiation d'une médiation par exemple française pour faciliter cette relation mais on n pas eu ça puisqu'on a eu finalement un parti prix qui a été considéré comme un partiprix et aussi cette idée que les Algériens constatent bien cette idée selon laquelle pour les Algériens on va insister sur des questions mémorielles et et fleurir ici ou là des des tombes de de de martyr de la guerre de libération et de l'autre côté on va plutôt investir le champ économique encourager des investissements de la FD et cetera évidemment ça donne quelque chose d'assez d'assez déséquilibré qu'on est bien obligé de constater alors pour conclure j'aurais tendance à dire que malheureusement dans cette tension franco-algérienne on a affaire à une espèce de choc de de deux vulnérabilités parce que finalement ce qu'on a tendance à oublier c'est qu'on a deux pays bien sûr de avec des toutes proportions gardé avec des différences manifestes mais deux pays qui sont dans une situation plutôt vulnérable à la fois en politique intérieure et en politique extérieure avec des crises politiques mais ce n'est pas le sujet mais sur le plan géopolitique on a des situations analogues on a par exemple le même les mêmes le même recul dans la région du Sahel je pense notamment aux mauvaises relations avec avec avec la jeinte au Mali donc on a des points communs on a des vulnérabilités communes et on se on se retrouve en réalité avec un choc des vulnérabilités qui laisse la place à des à des excès politiques au détriment du champ diplomatique et je m'arrêterai là parce que je pense que j'ai dépassé les 15 minutes et bien alors euh on va commencer par Philippe folot qui a demandé la parole en premier on pourra réponsef la réponse dans la dans la foue si vous voulez bien oui bonjour Merci monsieur le Président je voulais vous poser une une question par rapport à un enjeu qui est un enjeu important de la politique intérieure algérienne que vous avez peut-être très trop très rapidement abordé qui est celui de la kabiliie et des mouvements autonomiste est-ce que est-ce que pour vous c'est c'est c'est quelque chose qui euh est est susceptible d'entraîner un certain nombre de de de conséquences internes par rapport aux éléments relatifs au au respect puisqu'on sait quand même qu'il y a un certain nombre de personnes et d'opposants qui sont euh comment dire pour chasser par rapport par rapport à cela qui sont même pour certains d'entre eux emprisonnés qui pour certains d'entre eux cherchent refus et VI se réfugier en France est-ce que ceci peut avoir des des conséquences sur euh les relations franco-algériennes alors merci pour pour votre question euh effectivement la la question de de de la cabil est une question qui revient souvent notamment avec l'importance euh euh accorder notamment en France en réalité au au Mouvement pour l'autonomie de la Kabilie le Mac qui est un mouvement indépendantiste kabile alors euh d'abord premier point je rappellerai que la cabilie comme une bonne partie du territoire algérien a largement participé au soulèvement populairire et effectivement a une tradition de de on va dire de d'opposition notamment démocratique ou socialiste euh à au pouvoir en place donc ça c'est un fait sur la question de l'autonomie euh honnêtement je pense que la place accordée à ce mouvement qui est le Mac le Mouvement pour l'autonomie de la kabili à la fois en France dans le cadre de manifestation on a l'impression on donne l'impression aux gens que maintenant le Mac représenterait quelque chose dans l'opposition algérienne ce qui n'a jamais été le cas et à la fois paradoxalement ironiquement par le pouvoir algérien qui en en faisant une organisation terroriste la érigé comme une espèce de de d'ennemi principal cette importance largement artificiel parce que cette idée-là en kabili est très minoritaire euh et euh je pens je je je je alors il faut pas qu'il y ait de confusion ça veut pas dire qu'en kabili on a une complaisance à l'égard du pouvoir algérien ça veut simplement dire qu'en kabili on a une population qui est largement associée au destin de l'Algérie depuis la guerre de libération en réalité et que les idées représentées par un groupe minoritaire à savoir le Mac euh sont largement euh combattus euh y compris en kabili donc en fait ça n'est devenu un phénomène central cassé récemment et et surtout d'ailleurs dans le cadre de manifestation françaises mais dans le cadre de de de des manifestation et de soulèvement la question de l'autonomie algérien kabil ne s'est pas posée et et pour qu'il n'y ait pas de confusion il y a eu bien sûr les fameux drapeaux amazir les drapeaux berbères que beaucoup de manifestant de manifestants ont arboré mais ça n'a jamais été en lien avec l'autonomie de la kabili ou la ou même la kabiliie c'est un symbole utilisé par par une bonne partie de la population algérienne y compris à l'extérieur de la kabiliie et euh et et voilà donc cette manipulation là effectivement et je pense effectivement qu'en France dans le cadre de certaines manifestations on a une volonté de la part du Mac de s'associer à certains courant politiqu français ou européens pour essayer de fagociter l'idée d'opposition pouvoir algérien mais l'opposition pouvoir algérien d'abord ne se résume absolument pas à la kabili et en plus dans le de le le ce mouvement là il est euh il est tout à fait marginal merci beaucoup Olivier sigoloti oui merci monsieur le Président Monsieur Mohamedi vous avez évoqué rapidement peut-être un peu trop à mon goût la la relation concernant n nos services de renseignement euh en matière de de sécurité et de lutte contre le terrorisme euh est-ce que vous pensez aujourd'hui que l'on peut après le le retrait de nos forces armées au Sahel en novembre 2022 est-ce que l'on peut se permettre de je reprends votre expression de sacrifier cette relation en matière de renseignement euh ou est-ce que l'on peut compenser cette cette relation qui a été quand même à son paroxisme jusqu'en 2022 euh puisque nos services avaient une coopération qui était que l'on peut qualifier d'excellente jusqu'à cette période merci Merci à VOUS effectivement je l'ai abordé je l'ai abordé assez assez vite d'abord parce que j'ai assez peu d'éléments sur le le le l'état de la coopération entre les services de renseignement aujourd'hui euh et mais pour vous répondre pour essayer de vous répondre je dirais que effectivement on ne peut pas je pense pas qu'on puisse vraiment la la sacrifier parce que surtout quand il s'agit de la DGSE du renseignement extérieur la sécurité extérieure on est quand même euh la la coopération a été plus ou moins régulière jusqu'ici dans le cas de la lutte antiterroriste euh ça peut concerner à la fois des ressortissants euh euh en France ou ou des situations plus générales en lien par exemple avec euh avec la guerre en Syrie comme ça a été le cas euh puisque l'une des ces dernières années bien sûr l'une des principales préoccupations ça a été bien sûr c'est les les les les combattants maghrébains euh euh en Syrie parfois binationaux euh donc bien sûr il y a eu cette coopération et il y a eu un point un élément assez révélateur c'est qu'on a tout de suite évoqué l'idée que le directeur de la DGSE soit soit envoyé à Alger pour pour comment dire pour essayer de de de de de calmer les choses pour essayer de de de servir presque de médiateur et ça c'est quand même assez révélateur c'est qu'on on voit bien que euh ce ne sont pas ce n'est pas les canaux de la diplomatie classique qu'on a envisagé mais quand même ce canal là ce qui prouve que c'est c'est central euh et et pour répondre à la question je ne pense pas que cette que ce genre de coopération soit sacrifiable en fait et je ne pense pas du tout même que l'idée de sacrifice dans ce genre de relation soit une très bonne chose parce que on va dire toutes les on peut imaginer toutes les tensions du monde mais euh bah la géographie est là et l'Algérie reste en Algérie et je veux dire et ça ça ne bougera pas merci Roger carucci oui moi je j'entends bien tout tout ce que vous dites mais est-ce que finalement la France ne ferait pas mieux de ne se préoccuper que de ses intérêt et de ne pas considérer comme possible un accord avec l'Algérie le pouvoir algérien celui de du président tboun mais déjà avant les autorités sous bout Flica considérer que s'ans prendre à la France c'était un facteur d'unité et un facteur pouvant permettre d'avoir un soutien populaire que le régime politique algérien n'avait plus et je pense que que ce soit la reconnaissance de la marocanité du Sahara que ce soit l'affaire boilem Sansal que ce soit toutes les affaires depuis 10 15 ans ça ne change rien quels que soient les efforts de la diplomatie française nos relations avec l'Algérie sont compliquées parce que le pouvoir politique algérien a besoin d'un Bou émissaire qui est la France pour refaire un soutien populaire à un régime qui est décricrié par ailleurs depuis l'Irak est-ce que au final on ne ferait pas mieux de se dire bon la France veille à ses intérêt d'une manière ou d'une autre et ça n'est pas la peine d'essayer de trouver un accord vous ne trouverez pas d'accord avec l'Algérie tant que le régime politique ne sera pas un régime parfaitement soutenu par sa population démocratique et qui aurait évidemment euh envie lui aussi de tourner la page euh l'indépendance algérienne à 63 ans euh on en est encore à à à parler de de décolonisation de de de de colonie euh on a un peu le sentiment que voilà euh on ne s'en sortira pas tant que le régime algérien ne sera pas un régime démocratique euh alors merci pour pour votre question c'est une question tout à fait intéressante sur les sur les les les les sur les fameux intérêts de la France et sur la rhétorique anti-française sur la rhétorique anti-française bien sûr il y a cette utilisation de la rhtorique antirançaise il y a eu cette et c'est quelque chose d'assez comme je le rappelais d'assez régulier mais je pense que on a aussi là encore tendance à insister sur la singularité de l'Algérie sur ce sujet euh honnêtement ces dernières années sur différents sujets au Maroc en Algérie et en Tunisie vous aviez un discours anti-français qui était très répandu à des moments parfois différents mais mais mais le discours antirançais le le le l'Algérie est loin loin loin d'en avoir le monopole il n'est pas lié exclusivement à la question de la colonisation euh maintenant sur les intérêts que vous avez évoqué bien sûr les intérêts mais encore faut-il bien les les expliquer et et et avoir une politique en lien avec ses intérêts une fois qu'on les a qu'on les a énuméré euh aujourd'hui on est en train de se dire que l'intérêt c'est de se focaliser sur la relation avec le Maroc c'est de faire du Maroc un vecteur dans l'influence en Afrique sub-saharienne et cetera d'accord mais encore une fois est-ce que sur les questions de sécurité sur des questions économiques sur des questions de même d'intimité démographique et cetera on peut sacrifier la relation avec l'Algérie est-ce que ça serait dans l'intérêt de des deux pays moi je ne le pense pas ce que vous dites sur la la la la colonisation j'aurais j'aurais deux petites réserves comme je le disais tout à l'heure au moment du du soulèvement populaire les gens ne parlaient pas de ça euh la question mémorielle ce ne sont pas les les Algériens dehors dans leur slogan qui l'ont réclamé personne n'a demandé au président Macron de faire une de comment dire d'en faire un un sujet euh il a décidé de le faire avec probablement quelques bonnes intentions et avec de de de très bons historiens et et comment dire avec un travail tout à fait intéressant et avec une idée tout à fait louable mais euh mais la question on peut pas dire que la question mémirielle là encore l'Algérie on aurait l'apanage parce que je suis on est bien obligé de constater qu'aujourd'hui dans les débats politiques français on parle beaucoup de la colonisation mais c'est dire on en parle aussi parfois dans des termes qui qui choquent d'abord qui choquent une partie de la population française par je pense au franco-algérien qui choque bien sûr les Algériens qui écoutent mais aujourd'hui on a un discours en France sur le plan politique où bien sûr on parle des bienfaits de la colonisation de façon assez débridé euh et et donc on peut pas faire comme si non mais vous avez on peut penser que c'est un discours légitime mais on ne peut pas considérer que le le l'accent mis sur cette question là on ne le retrouve que d'un côté c'est ça que que je voulais dire merci beaucoup François bonau oui merci monsieur le Président euh monsieur Mohamedi je voulais vous interroger sur sur l'économie algérienne qui est qui est une économie de rente avec sur le le gaz et le pétrole et donc avec aussi on le sait la main mise de de l'armée cette économie une forme de prévarication donc je voulais je voulais savoir ce que ce que vous en pensiez vous et aussi par rapport à au bricks et à la relation de l'Algérie par rapport par rapport au bricks qui voulait y rentrer ne le souhaite plus vraiment et aussi les conséquences qu' a eu la guerre en Ukraine parce que ce pays est largement dépendant notamment au céréales qui viennent qui viennent à la fois de Russie et d'Ukraine oui merci pour pour cette question alors effectivement sur l'économie algérienne on peut bien sûr parler d'une économie de rente alors c'est une économie qui ces dernières années a connu comment dire a connu une des excédents liés exclusivement aux exportations d'hydrocarbures mais ces excédent là cache bien sûr une une fragilité structurelle que vous avez évoqué qui est lié à économie de rente et a des difficultés bien sûr de des difficultés malgré le discours en réalité de sortir de cette économie de rente et de diversifier diversifier l'économie algérienne bien sûr moi j'ai tendance à penser que cette question là elle est largement liée à la au pouvoir politique lui-même et je pense que seul un cadre véritablement démocratique en réalité permet de permet de sortir de cette économie de rente parce que la légitimité démocratique en réalité euh ça permet quand même d'avoir des comptes à rendre et avoir des comptes à rentes c'est d'insister sur un certain nombre de compétences et de faire un travail comment dire que l'Algérie aujourd'hui n'est pas en mesure de faire parce qu'il y a bien sûr cette cette cette obsession qui est finalement bien sûr celle de la survie du pouvoir en place et avec les limites que que que cela génère notamment sur le plan économique vous avez évoqué sur les relations avec la Russie bien sûr il y a l'importation des euh du blé de la mer Noire avec euh avec les euh avec les incertitude géopolitique que l'on connaît C aussi la encore volonté de euh de remplacer le blé français par le blé euh de la mer Noire qui est un paril qui qui qui qui quel qui quelque part tourne le dos aussi euh à la géographie euh à la géographie régionale mais cétait mais on est bien obligé de le constater mais pour ce qui est des bricks bah j'ai l'impression qu'on en a fait une espèce de myth euh on en a fait une espèce de totem géopolitique en réalité euh avec des avec un contenu politique et géopolitique qui est largement surestimé euh parce que effectivement l'idée pour le le président algérien qui a subi un revers avec l'échec de cette adhésion l'idée là encore toujours bien sûr à des fins de politique intérieure parce que c'est le prestige et cetera mais l'idée bien sûr c'est toujours de vendre l'idée d'une espèce de nonalignement euh sauf que les bricks en réalité c'est un club particulièrement hétérogène où les on n'a pas à faire un nonalignement mais plutôt un multialignement on retrouve des pays du Golf des pays parfois d'Amérique latine et cetera ou l'Inde euh dont le l'agent diplomatique et géopolitique est loin de s'aligner avec celui de l'Algérie donc oui on en a fait une espèce de de de totem et toujours et c'est pour moi bien sûr l'un des principaux problèmes toujours avec ce ce cette cette cet impasse qui qui est qui est qui est central à savoir le fait de tourner le dos à la géographie au profit de réseaux qui n'ont pas de cohérence ni géographique ni politique c'est un peu le drame des des des des bricks parce que les bricks effectivement ils peuvent avoir une utilité ici ou là euh quand il y a une volonté politique euh mais globalement ces réseaux internationaux ça ne remplace pas l'intégration géographique et l'un des principaux problèmes de l'Algérie c'est l'absence d'intégration géographique et je dirais que l'absence de relation normale avec le Maroc a un coout économique et ce coût économique en réalité on le retrouve dans cette fragilité dans cette fragilité structurelle que vous avez évoqué à savoir le fait de s'appuyer exclusivement sur une économie une économie de rente merci Olivier cadiic merci monsieur le Président merci beaucoup pour votre votre présentation il se trouve que vous avez évoqué un moment votre doute de réconcilier des mémoires irréconciliables il se trouve que je suis né en 1962 je suis fils de Piednoir et que effectivement très tôt on m'a expliqué ce qui s'était passé en Algérie ce qu'avait subi les colons et j'ai grandi avec cette cette douleur et il a fallu les révélations du général osarè pour découvrir une vérité qu'on nous cachait et découvrir à la télé des jeunes Algériens qui avaient grandi en fait dans le souvenir d'une douleur donc parallèle comme si un miroir c'était défait et qu'on voyait qu'en fait les uns comme les autres nous avions ce cette mémoire en partage mais cette douleur ça n'est pas quelque chose qu'on a transmis à la génération suivante et on ne le retrouve pas dans la génération qui suit ceci étant je suis allé plusieurs fois en Algérie et j'ai toujours reçu un accueil extraordinaire exceptionnel de la part des Algériens je n'ai jamais ressenti la moindre comment dire le moindre sentiment négatif qui serait que l'on retrouverait dans dans ce cherche à perpétuer parfois chez certains et euh et nos entreprises qui sont installées là-bas font part parfois de difficultés mais elles ne sont pas différentes que celles que ressentent les Algériens elles-mêmes vis-à-vis parfois de leur administration donc on on retrouve ça aussi et on voit une envie de travailler ensemble de régler souvent parfois des problèmes ensemble et donc je je pense que c'est important de rappeler cette réalité puisque c'est la réalité que l'on vit au quotidien très loin des discours que l'on entend d'un côté comme de l'autre et vous avez je pense aussi partagé cette observation que il y a une lecture politicienne de la tension qui est exploitée des deux côtés je fais la même observation que vous et elle ne concerne pas les gens de la société civile donc mais là aussi vous avez un peu esquissé ça donc pour vous dire que je partage ça maintenant le président algérien c'est là où est ma question le président algérien appelle à une prise de position forte d'Emmanuel Macron pour justement tenter de sortir peut-être par le haut c'est comme ça qu'il qu'il appréhende peut-être cette nouvelle issue est-ce que vous pensez que le Président de la République est en capacité donc de répondre à cet appel du pied du président tboun est-ce qu'il y a une voix ou est-ce que finalement aujourd'hui effectivement du fait de l'exploitation qui est faite aussi chez nous il est bloqué merci beaucoup merci pour ce ce témoignage et et votre question alors effectivement je je suis tout à fait d'accord avec vous le il y a une vingtaine d'années l'historien feu Gilbert mnier organisé un colloc avec de nombreux historiens spécialistes de l'Algérie qui s'intitulé pour une histoire franco-algérienne pour en finir avec les lobis mémoriel et je pense effectivement que cette cette volonté de d'écrire une histoire à l'abri des de ce qu'à l'époque on appelait les lobby mémoriel c'est une des deux côtés c'est un c'est c'est c'est quelque chose de de de particulièrement important et et et je pense effectivement que les historiens et les chercheurs en général qui ont besoin cert des moyens de l'état des archives et cetera doivent pouvoir le faire à distance des états parce que il y a toujours le risque de de manipulation politique ou politicienne sur le le le sur la question de des de on va dire des attentes exprimé par le président algérien et la capacité aujourd'hui du président français d'y répondre je je j'aurais du mal à avoir une réponse très on va dire très partf pertinente ou objective j'ai tendance à penser que aujourd'hui c'est moins possible qu'hier parce que on est enfermé dans des logiques politicienn ou faire cela apparaîtrait comme une espèce de de de retour ou de de de presque de de comment dire de de de renoncement alors que ça ça n'en serait pas forcément forcément teint mais euh mais bon on a AFF faire quand même effectivement à un discours politique parfois imprévisible donc je je je me dis que tout tout est tout est possible c'est qu'on pourrait l'imaginer d'ici la fin la fin du mandat je je pense effectivement que ça serait tout à fait possible de se retrouver avec un nouveau réchauffement franco-algérien moi je je ne pense pas que ce qu'on vit là euh soit irréversible euh je pense qu'on a un contexte un moment particulièrement dur mais qui qui finira forcément par passer parce que le le l'intimité les liens d'interdépendance sont quand même son sont là mais mais mais le contexte politique en Algérie avec cette crispation politique qui qui qui qui est bon c'est une crispation à la fois antidémocratique qui prend bien sûr parfois la forme d'excès dans les discours de politique étrangère et la crise passion qu'on est en train de vivre aussi en France dans la société française avec des discours débridés je pense c'est vraiment pas le meilleur contexte effectivement pour pour faire ce que ce que vous vous évoqueiez c'est-à-dire sortir par le haut à travers des discours des à travers voilà des discours attendus parce qu'il y aurait forcément bien sûr le il y aurait bien sûr le le l'accusation de de repentance qui sortirait je pense dans une partie du de la classe politique française et euh et effectivement le chemin suivi jusque là euh ne va pas dans ce sens il me semble mais on peut toujours l'imaginer merci beaucoup Rachid t mal merci président merci pour votre exposé votre présence et les propos que vous évoquez euh moi je pense que vous vous posez la question est-ce que il y a intérêt effectivement aux relations entre deux pays la réponse c'est oui très largement oui je met de côté cell et ceux qui de par de l'histoire d'ailleurs que ce soit en Algérie au Maroc en Tunisie av av on des li partu avec la France mais on oublie de rappeler effectivement les intérêts français dans cet affair là en tout cas ce qui marche bien moi j'entends ce que disait le président carochci mais que je ne partage pas mais j'entends et je respecte ce qu'il dit mais on oublie de rappeler que par exemple aujourd'hui les échanges entre la France et l'gériie sur le le volet économique nous achetons certes pour 7 milliards d'hydrocarbures principalement mais nous vendons pour près de 5 milliards d'euros de marchandis c'est un bien pour les entreprises françaises vous évoquez la question du blé la question du blé elle ça s'est arrêtée après as la crise pas avant je rappelle sinon ça change les choses je suis allé ce weekend en Algérie à l'invitation de la chambre commerci d'industrie j'ai rentré donc des entrepreneurs français algérien comme olivad ils ont les mêmes problèmes vis-à-vis de l'administration bon mais qu'est-ce qu'ils vous disent ça marche très bien les entreprises se développent les chif d'affaires fonctionnent et les 48 millions d'habitants qui sont un marché fantastique et pour les les produits français ça marche donc ça marche bien en fait alors je veux bien qu'on nous explique toute la journée que c'est imp C et cetera mais vous avez trois grandes banques en Algérie vous avez des consts automobiles en Algérie vous avez des inends sur beaucoup de domaines et qui sont français qui viennent ave capitaux français et ce ce qui la question qui est fait qui est le choix du gouvernement algérien qu'on ne peut que respecter c'està direire on veut sortir d'une économie d'importation à une économie de production locale et d'exportation ce qui veut dire que pour les entreprises françaises qui s'installent en algéie il y a même une forme de de protection de leur marché et donc ils peuvent en bénéficier donc oui encore fois oui autre élément qu'il faut je crois qu'on est en tête dans notre échange c'est aussi de comprendre la question des frontières si nous la France autour de nous il n'y a pas de risque quand vous AZ regardz une carte autour de l'Algérie à toutes ces frontières quasiment il y a des des des sujets notamment si je prends la question du Sud alors oui bien évidemment il y a intérêt à ce que nousons des relations d'ailleurs vous l'avez signalé la présence du directeur des GSE est une bonne chose et d'ailleurs quand moi il me ils me l'ont signalé d'illeurs la presse locale en parle donc que je crois qu'il faut il faut avancer très largement vous avez eu raison de rappeler il faut faire attention à ne pas sur la question de la kabiliie qui est totalement intégré au à l'Algérie il faudrait pas que certains en fassent commerce et quand on en fait commerce effectivement cela pose problème et donc qu'un qu'un qu'un groupe décide de vouloir l'indépendance ils ne sont que seuls quelques-uns et donc ce n'est pas du tout la le sujet ni pour les Algériens ni pour les Kabiles qu' soit d'ailleurs en Algérie ou en France donc je pense que là vous avez raison de rappeler ça non moi dernier mot je peux de répondre par rapport à ce que vous avez dit sur la question de que pourrait faire le président Macron moi je crois pas je pense qu'on peut faire beaucoup de choses d'abord je note que la l'interview dans l'opinion du Président tboun il y a il y a trois éléments qui me semblent essentiels le premier élément c'est qui dit voilà on a des points de désaccord et c'est ainsi dans lequel il y a le sar occidental il y a un deuxième aspect il dit je si je prends la parole aujourd'hui c'est parce que je veux surtout pas une rupture définitive avec la France ça il faut le souligner et la troisième 3oème élément il donne des pistes des pistes pour une reprise de dialogue donc moi je pense que le président Macron et je peux en parler tranquillement je ne suis pas de son bord politique je rappelle qu'il avait tenu des propos à algi en 2017 lors de la campagne je rappelle fort d'ailleurs je rappelle qu'il a fait le choix jusqu'à maintenant de en tout cas d'aboutir à l'Accord d'Alger en 2022 et moi je pense qu'il faut qu'effectivement le président français reprennne la parole fortement et qu'il puisse dire que oui l'accord de de 2022 c'est le cadre dans lequel on doit tous revenir le cadre de la raison et non de la passion et pour terminer mon propos parce que la France et la France je crois qu'on peut être aussi amis totalement amis et avec les Algériens et avec les Marocains et avec les Tunisiens je pense que nous-même nous devons pas intégrer ce petit jeu qui serait que y aurait et cetera sinon la France ne serait plus la France la France c'est un grand pays elle peut parler avec tout le monde donc ma question c'est que je reviens là-dessus ne pensez-vous pas que au contraire dire qu'on doit revenir sur l'Accord d'Alger c'est dans le cadre je vous donne un exemple concret dans l'Accord d'Alger il y a il est indiqué dans son dernier alinéa qu'il y a des points tous les 6 mois mettons-le en place je crois qu'on peut aussi faire des choses dans l'accord d'algéri chos fonctionne et peut-être aussi mettre plus en avant les les réalisations économiques entre les deux pays et et je crois que ça ça sera des éléments qui pourront faire avancer en tout cas très largement la relation entre les deux états et avec une logique Europe Afrique je crois parce qu'il a aussi cet enjeull qui me semble essentiel merci monsieur le sénateur oui j'ai pas désaccord en fait avec tous les points que vous j'ai aucun des points de désaccord avec les points que vous avez évoqué parce que oui je je suis d'accord les sur le les intérêts économiques et ça complète effectivement la la la réponse à au au président kucci effectivement il y a cette il y a cette dimension économique qui n'est pas qui n'est pas négligeable même si en terme d'exportation française vers l'Algérie on a on va dire on a une baisse à moyen terme c'est-à-dire par rapport à 2010 par exemple la France exporte moins en Algérie expor exportement en Algérie qu'il y a une quinzaine d'années mais euh bien sûr il a il y a il y a il y a bien sûr de nouveaux concurrents il y a l'explosion des exportations chinoises en Algérie donc c'est c'est un c'est un intérêt qu'il faut prendre en compte et c'est pour ça que j'aiinistais sur le fait qu'on exagérait la distinction entre l'Algérie et le Maroc puisque sur le plan économique on a effectivement à faire à des situations qui sont très comparables en terme d'échanges commerciaux et avec même une une une augmentation euh pour les derniers chiffres que j'ai une augmentation 2023 euh mais une augmentation largement du aux exportation algérienne en hydrocarbure et bien sûr je suis d'accord avec vous vous avez évoqué la feuille de route de 2022 c'est une feuille de route qui peut qui peut servir bien sûr de plateforme pour un pour une reprise pour une reprise des des relations je pense qu'il y a en effet des lignes rouges qui euh qu'on n'a pas envie de de dépasser des deux côtés parce qu'on considère que justement ben le risque du sacrifice euh et est un risque qui est trop euh qui est trop gros à prendre et qu'on préférait peut-être éviter de prendre ce risque euh euh donc donc oui je suis d'accord avec les les éléments que vous avez évoqué merci beaucoup aclim et louu merci président merci pour vos éclairages c'est vrai que c'est toujours difficile de dépassionner un débat euh comme celui avec l'Algérie et ça c'est c'est un véritable enjeu juste revenir aussi c'est j'ai trouvé intéressant que vous précisiez qu'effectivement entre les revendication culturelle des hamazir parce qu'il faut parle que de kabil mais les amazir ils sont dans toute l'Afrique du Nord ils ne posent pas des problèmes sur le revendication culturelle qu'à l'Algérie normalie le Niger euh la Libye euh le les le Maroc c'est ce sont des Berbères hein des des tribus euh les Kabiles en étant une des tribus donc c'est toujours important de de bien euh faire la part des choses entre la Rev la revendication culturelle légitime du peuple amazir et euh les revendications autonomes de certains et ils ont aussi des partis politiques en Algérie on parle effectivement de ceux qui sont au pouvoir mais il y a aussi le FFS dans l'opposition le RCD d'autre c'est bien de les préciser parce que sinon on pense qu'il y a une uniformité donc parce qu'il y a aussi l'Algérie réelle et l'Algérie fantasmée vous avez essayé d'aborder les choses c'est difficile de reprendre Rachid a parler euh mais je vais revenir après sur l'économie mais je voudrais revenir aussi sur ce qu'a dit Olivier CAD qui est important parce qu'en fait l'Algérie le problème qu'on a avec l'Algérie c'est quand même c'est la seule colonisation de peuplement ce qui fait qu'effectivement il y a des blessures des deux côtés très fort et l'autre l'autre c'est la Nouvelle Calédonie on sait pas où comment on va régler mais c'est les seules colonisations de peuplement ce qui n'était pas le cas des autres colisations et ça c'est important de l'avoir en tête pour comprendre ce ce je t'ae moi non plus et ces fractures ces ruptures et ces douleurs qui sont encore présentes dans une partie de la société quel que soit la le côté dans lequel nous étions ou dans lequel nous sommes puisqueaujourd'hui nous sommes tous du même côté c'est c'està dire la France donc là effectivement donc ça c'est un élément important et Rachid l'a soulevé sur les services de sécurité l'Algérie quand même a mis deux choses quand dans sa présidence Conseil de sécurité de l'ONU un la question de la Palestine qui peut déranger beaucoup de gens mais en tous les cas c'est leur choix c'est leur droit ils sont auss souverains et l'autre c'est la question du terrorisme parce que c'est quand même un des pays Rachid la soulevé avec ses frontières qui se qui se qui s'interroge sur le terorisme et qui se lutte quotidiennement Olivier l' l'a précisé goti et c'est vrai que dernièrement ils ont signé encore et c'est là o on les voit a Cu distance entre la Russie et États-Unis ils ont signé un accord avec les les services américains pour justement lutter contre le terrorisme dans le Sahel ce qui est important quand même qu'on l'IT inégré et donc ça ça nous pose je reprends des éléments pour essayer d'aller vite et puis l'autre élément on parlait de effectivement d'ut dépendance aux hydrocarbures au pétrole on oublie qu'il y a de nouveaux acteurs parce que c'est aussi si on défend l'intérêt de la France on peut pas on en parlera est-ce qu'on peut aujourd'hui se passer de l'axe Paris-Alger notamment dans le cadre de stabilité de la Méditerranée du développement de l'Afrique si vous dites oui à cette question comme on peut se passer de l'axe Paris Berlin pour l'Europe peut-être si vous répondez oui à cette question alors oui on peut se fâcher si on répond non il faudra trouver les voies de la de la réconciliation et du travail commun et donc dans ce cadrelà parce que nous avons en commun quand même ici en France 5 à 6 millions de de de personnes originaires Francois g dont je suis origina donc je je le cache pas et j'en suis fier comme je suis fier de défendre nos valeurs ici et euh et donc et on et en et en en Algérie nous avons 60000 français des franco-algériens mais pas que il y a des binationaux mais pas que et nous avons plus de 3000 ou 4000 entreprises qui sont là-bas et qui sont inquiets qui sont inquiets de cette situation parce que derrière eux ce sont des familles entières et ce sont beaucoup de gens et les accords des Viant je le dit parce que souvent on nous dit l'Algérie ça lui était favorable c'est la France qui a souhaité effectivement laraation puisqueil y a encore des gens qui ont des biens en Algérie et qui vouleent qu'il puisse aller et encore aujourd'hui je crois qu'il y a des gens qui ont des des des qui à qui appartiennent légitimement c'est à eux des bâtiment qui sont français truc et qui vont toucher leur loyer tout ce qui ce qui est légitime donc il y a il faut pas croire que les accords étaient que d'un côté il favoriser aussi parce qu'il y avait effectivement des Gan piiernoirs qui voulaient qu'il retourne et c'était une bonne une bonne attention donc ça c'est des éléments alors ma question et je le disais aujourd'hui on le voit sur le blé vous savez qu'il y a un plan maté quand même parce que si on n'intégre pas que on n'est pas seul dans ce monde en Afrique queil y a les Américains mais aussi les Italiens maintenant qui ont installé un plan mati avec des investissements très lourds sur l'Afrique en général notamment en Algérie ils vont prendre 36000 hectares dans le Sud algérien pour produire du blé donc l'Algérie va être autosuffisante et ce blé il ira en Italie ça veut dire que c'est autant de blé en moins que nous pourrons vendre et donc ça c'est aussi une réalité nous avons des concurrents qui sont nos amis mais qui sont concurrents et si on n inègre pas cette question là on va finir isoler parce que et vous l'avez dit si on avait que des problèmes et vous l'avez dit je suis que des problèmes avec l'Algérie ça encore on pourrait se dire mais au Sénégal le sentiment du français enfin il se développe parce que est plus fortement ailleurs donc aujourd'hui j'allais finir pardon je suis désolé et donc ma question c'est est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui vous en tant que chercheur on peut se défaire de cet axe Paris Alger qui est un axe fort pour la Méditerranée sans faire un jure à d'autres et notamment pour le développement vers l'Afrique puisque c'est eux qu'on la transsaharienne merci je vous demande d'accélérer parce que notre audition suivante est arrivé enfin notre auditionné suivant est arrivé donc je vous propose de répondre ensuite j'ai deux questions rapides mer merci pour pour pour vos remarques et et votre question alors comme je le disais moi je ne pense absolument pas que la relation soit sacrifiable je pense que ce discours du sacrifice c'est un discours qui est plutôt dangereux le discours qui consiste à 10 on peut s'en passer de toute façon c'est trop compliqué et cetera je pense d'un point de vue diplomatique en général c'est un discours qui qui n'est pas très comment dire qui n'est pas très porteur et qui n'est pas très intéressant surtout dans un monde et dans une région où on a affaire à des relations qui sont compartimentées plutôt flexibles ou un pays comme l'Italie effectivement euh joue le jeu de la de cette flexibilité et on profite bien sûr c'est que l'Italie au lendemain de la de la guerre en Ukraine du de l'invasion en Ukraine a largement profité du du gaz algérien avec un contrat record et de est devenu très vite le principal principal client de l'Algérie donc euh oui je pense que alors bien sûr la différence entre l'Italie et et la France c'est ce point de la colonisation euh qui qui voilà qui n'est pas qui n'est absolument pas le même le fait d'ailleurs de de de d'appeler ce plan le plan matthi c'est révélateur parce que matthi c'est c'est c'est enni c'est le soutien au FLN c'est le soutien à à l'indépendance algérienne donc effectivement ça raisonne comme ça en Algérie et et en Afrique du Nord donc bien sûr il y a il y a cette cette différence et et et malheureusement on a un discours politique en France parce que au-delà effectivement du débat du débat en Algérie parce que ce qu'on a la rhtorique qu'on a en Algérie elle est pas nouvelle par contre le le cette cette cette c'est les termes de la question algérienne dans le débat politique français euh et se fait au détriment de la relation bilatérale moi je me souviens de à la veille des législatives ou même au moment de la précédente loi je crois sur l'immigration il y avait cette tentation au Parlement de revenir sur l'accord de 1968 de façon unilatérale forcément et à ce moment-là le président Macron avait déclaré euh je considère que le Parlement n'a pas vocation à faire à ma place la politique étrangère de la France aujourd'hui on a l'impression qu'il y a ce risque finalement qu' au-delà même du Parlement qu'un camp politique ou qu'une classe politique en particulier a cette capacité influer de façon oui parfois démesurée sur sur la politique étrangère de la France merci Jean-Marc vessousfor et ensuite Christian Cambon si je dem faire cour'il vous pla mon le Président Monsieur Mohamedi merci pour votre éclairage vous avez bien expliqué à quel point la la question mémorielle avait été remis sur le devant de la scène par le président Macron alors qu'elle n'émanait pas véritablement de la population algérienne vous aviez bien montré qu'il y avait une relaction particulière entre dirigeants mais qui avait une autre réalité celle des échanges entre les populations qu'elle soit commercial comme l'a expliqué Rachid les relations d'amitié les relations familiale et donc moi je voulais vous interroger sur l'image de la France dans l'opinion publique algérienne dans un contexte notamment de fort rajunissement de la population a-t-on des des études qui montreraient une évolution soit dans une plus grande défiance vis-à-vis de la France vis-à-vis de son modèle démocratique laïque culturel ou est-ce qu'il y a au contraire une volonté de privilégier des relations de partenariat d'amitié avec notre pays merci beaucoup pour cette question qui est une question tout à fait importante alors que je sache il n'y a pas vraiment d'étude sur sur ce sujet alors que je pense qu'on on ce type d'étude serait serait utile euh alors bien sûr qu'il y a un discours officiel et une rhétorique officielle qui influe sur l'opinion publique et c'est un discours qui est souvent antif français il y a bien sûr s aussi cette volonté cette la la fameuse tentation du sacrifice que j'ai évoqué je pense qu'elle est aussi on la retrouve aussi en Algérie avec la volonté parfois de voir ailleurs par exemple il est intéressant de noter que en dépit de l'importance de la question palestinienne et du rôle joué par les États-Unis auprès d'Israël le discours antiaméricain en Algérie est larg moins développé que le discours antifrançais c'est que le même spontanément même à l'égard des des excès d'un du président Trump on a un discours une espèce de oui de de comment dire d'indulgence une double indulgence parce que c'est une hyperpuissance et aussi parce que c'est ce sont les Américains donc on n pas les mêmes problèmes historiques qu'on a eu avec les les Français bien au contraire donc il y a cette il y a ce ce risque du sacrifice il y a aussi la question de la langue effectivement le le l'effacement de la langue française dans l'espace public je pense effectivement c'est une question qui qui mériterait d'être de se poser aujourd'hui dans certains lieux publics à Alger on a un certain nombre de de pancartes et cetera en anglais euh a priori que la plupart des gens ne enfin je veux dire qu' n'est pas la langue commune euh et que les là où la population en général lit le français on a cette tentation là encore de façon parfois même exagérée et artificielle de remplacer le français par par l'anglais mais qu'on retrouve aussi ailleurs encore une fois que je retrouve aussi à Tunis que j'ai vu aussi au Maroc il y a cette idée en fait où on se dit on peut et même effectivement même malheureusement en France il y a cette idée de se dire bon on veut s'intégrer dans une espèce de mondialisation supposé heureuse et et pour cela bon on va il y a il y a eu parfois une volonté un peu d'être de devenir indifférent en fait mais comme je le disais dans le casre du soulèvement populaire qui était finalement un phénomène de ce point de vue intéressant à analyser oui il y avait pas d'obsession anti-française et comme vous l'avez rappelé euh quand des Français se retrouvent en Algérie a priori ils sont quand même plutôt bien accueillis moi j'ai pas je connais pas d'histoire où des gens d'anciens d'Algérie par exemple qui veulent revoir leur maison et cetera moi j'ai je connais pas d'anecdote on leur a fermer la porte c'estd que ce sont quand même globalement oui les les gens sont plutôt il les considèrent aussi souvent comme comme comme comme comme des l'UR parce que il y a une histoire commune donc il y a pas il y a pas de je pense qu'on exagère un petit peu cette cette haine et et globalement bien sûr je pense que culturellement il y a encore une influence oui c'est indéniable que ce qui se passe en France et je finirai sur ce point ne laisse pas les Algériens indifférents parce que sinon les débats politiques dont j'ai parlé ne seraient pas en fait suivés en Algérie or ils le sont parce que les gens ils voient bien ils écoutent ils écoutent des ministres par exemple parler de la colonisation et cetera donc il y a pas cette encore une fois qu'il y a le risque du sacrifice mais pour l'instant effectivement on n'y est pas merci beaucoup merci beaucoup et pour terminer Christian Cambon merci président en vous priant de m'excuser de m'avoie un peu cassé je pense que ce débat a une grande importance et et son son niveau d'expression montre que ici au Sénat il y a de chaque côté puisque il y a à la fois mon ami Rach mal qui préside francealgérie je préside France-Maroc je crois qu'il y a la volonté de toute part de faire en sorte que nous puissions sortir de ce piège de mauvaises relations qui s'entretiennent hélas depuis 30 tant d'années est-ce que vous ne pensez pas et j'ai eu l'occasion de tenir à la fois Alger mais aussi à Raba le même discours est-ce que vous pensez pas que le principal problème est de faire admettre à ces deux gouvernements en mettant de côté si c'est possible l'histoire commune que nous avons eu le fait que la France est un pays souv qu'elle entretient des relations bilatérales comme elle le souhaite avec chaque pays je pense que dans un univers rêvé nous aurions pu et nous pourrons peut-être un jour justement servir d'intermédiaire de facilitateur puisque nous avons une histoire très profonde quoique différente avec chacun de ces deux pays mais pour l'instant nous n'en sommes pas là et je pense pas que nous soyons audibl vis-à-vis des Algériens pour les faire s'entendre avec le Maroc mais nous avons eu avec le Maroc une même séquence où chaque geste vis-à-vis de l'Algérie était mal interprété moi quand j'ai accompagné le président de la République à la visite d'État Alger mes amis marocains me demandaient ce que je faisais là vous voyez donc il y a toujours cette problématique et je pense je je pense que le problème est effectivement d'élever le débat le sujet et de faire en sorte de faire comprendre que chaque pays ce qui est bien naturel chaque pays souverain et singulièrement la France membre du Conseil de sécurité qui a quand même une relation avec euh ces pays de manière très longue et très profonde nous pe nous puissions prendre nos décisions le président de la République a pris une décision que personnellement je soutenais et j'approuve bien évidemment euh il faut simplement que les Algériens l'admettent de la même manière qu'il faut que les Marocains admettent que la France puisse avoir une relation avec l'Algérie qui tienne compte de l'ensemble de ces problèmes et je voudrais savoir si euh il y a parce que finalement la question que nous posons aujourd'hui c'est qu'est-ce que nous nous pouvons faire on n'est pas là des commentateurs on n'est pas au café du commerce on est le Sénat de la République française et la commission des affaires étrangères et il y a ici des représentants qui agissent vis-à-vis de chaque pays et moi je suis ravi que Rachid a pu aller en Algérie et nous emmènerons le président du Sénat dans quelques jours dans un voyage marocain qui va marquer puisqu'il ira au Sahara occidental mais est-ce que vous pensez pas que le fond de l'affaire c'est de reconnaître enfin que la France a le droit de d'entreten ir les relations politiques avec chaque pays selon ses propres intérêts et non pas en tenant compte d'une histoire qui de toute façon nous colle au pied et dont on ne se séparera jamais faute d'avoir fait ce que nous avons fait avec l'Allemagne de poser le sac de d'en faire le bilan et puis de vouloir tourner la page et écrire non seulement une page nouvelle mais un livre nouveau merci monsieur le sénateur pour votre vos remarques et vos questions euh oui je pense que ce point est tout à fait important et central dans les relations entre la France et ses pays c'estàdire le côté passionnel de la relation qui fait que la position de la France en réalité n'est pas perçue de la même manière qu'on pourrait le faire avec n'importe quelle autre puissance c'està-dire que ce qu'a fait la France avec la reconnaissance de la marocanité du sa occidental d'autres puan l'ont fait bien sûr c'estàd que l'Allemagne l'avait fait à un moment l'Espagne l'a fait mais la mais la réaction algérienne n'était pas tout à fait la même c'est-à-dire que on a effectivement des attentes qu'on a à l'égard de la France qu'on n pas à l'égard des autres pays et ça c'est c'est je je comment dire je ne sais pas comment on peut faire en sorte que la relation entre guillemets se normalise et que les attentes se normalisent mais pour l'instant côté marocain comme vous l'avez dit comme côté algérien ce que la France fait euh et ben ne comment dire n'est pas perçu euh comme on pourrait percevoir finalement une telle action de la part par exemple d'un pays comme les États-Unis c'estàd que les attentes du Maroc à l'égard de la France était largement supérieur euh aux attentes qu'il avait à l'égard d'autres puissances et les attentes de l'Algérie à l'égard de la France aussi visiblement puisque tout de suite après cette histoire de de de de de reconnaissance de la marocanité du occidentale il y a eu ce rappel d'ambassadeur euh mais j'ai tendance à penser que s'il n'y avait que ça et ben s'il n'y avait que ça c'est que s'il n'y avait que cette histoire de que la la la la le choix français sur le sarara occidental euh la crise n'aurait pas été aussi importante qu'aujourd'hui parce que on a un exemple avec l'Espagne ça a commencé par un rappel puis quelques mois après les choses se sont normalisées sans qu'on a eu besoin de demander aux Espagnols de revenir sur ce qu'ils avaient dit vous voyez même si les Espagnols ont gardé une certaine ambigué quand même sur ce sujet-là euh mais le problème c'est que se sont ajoutés beaucoup d'autres dossiers beaucoup d'autres discours et et et vu les les relations franco-algérienne vu aussi la dimension le l'aspect purement démographique on n' pas quand on a 4 millions d'Algériens ou de franco-algériens sur le sol forcément le discours n'est pas tout à fait le même euh qu'avec un autre pays donc effectivement le le la la banalisation de la relation avec la France peut-être qu'un jour aiderait à des relations bilatérales plus normales merci beaucoup merci beaucoup monsieur Mohamedi d'avoir accepté de venir échanger avec nous je vrais remercier l'ensemble de mes collègues je le fais une fois de plus mais je crois que c'est important de le rappeler au Sénat on est capable d'avoir des débat riche et intéressant avec des opinions diverses et je crois que c'est important de le souligner et de le rappeler c'est un sujet qui est passionnant mais aussi passionnel une relation particulière avec l'Algérie évidemment chacun le sait les débats qui viennent de se dérouler ici le le démontre et et je crois que ça fait écho également au rapport de nos collègues sur l'Afrique qui a été prenté il y a quinzaine de jours qui encourage à regarder le monde tel qu'il est et pas forcément tel qu'on aimerait qu'il soit et je crois que c'est important que nous puissions avoir ces débats et que nous encouragions en tout cas à à les uns et les autres à rechercher une relation qui soit une relation apaisée avec tous les pays je pense que la France a toujours été un pays qui était capable de parler avec tout le monde et ça nous blesse évidemment de de voir choisir entre l'un ou l'autre ça n'est évidemment pas du tout l'objectif je crois que cette audition éclairante de ce point de vue-là et sur la nécessité qu'il y a à dialoguer avec chacune et chacun même si la relation évidemment avec l'Algérie par l'histoire la diaspora et et tout ce que nous en connaissons évidemment est une relation particulière et nous en mesurons évidemment la la particularité un peu plus encore ce matin avec des débats riches et intéressants mais je continue de penser également que la position de la France qui marque un peu de fermeté vis-à-vis de l'Algérie porte ses fruits et je crois que la la comment l'explication qu'on a donné Rachid et notamment l'interview de de tboun dans le dans le journal récemment démontre qu'il y a quand même une recherche aussi de part et d'autres de normalisation des relations donc merci beaucoup en tout cas pour cette entretien ça avait été une chose largement demandé par les collègues et je pense qu'on a répondu à une certaine attente même si faudra dans les mois qui viennent peut-être continuer dans cette direction en tout cas merci je rappelle au à l'ensemble des collègues que nous auditionnons maintenant le l'amiral vendier que ça se fait sans téléphone sans tablette et donc je vous demande à chacune et chacun d'entre vous de retourner à la sortie déposer son son téléphone et sa tablette merci beaucoup et son ordinateur