« Dans l’ombre » : coulisses d’une campagne présidentielle - C à Vous - 24/10/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- La rumeur, c'est la plaie de notre époque. - Il y a un truc que je dois savoir? - Je vais le faire danser. - Vous êtes assis sur une bombe. - Ils savent que tu sais? - Non.
Dans une campagne, il n'y a plus de limites. - Pile, je gagne et face, il perd. - La politique, ce n'est pas la violence. - Si je me trompe sur Paul Francoeur, je coupe ce doigt. - A.-E.Lemoine: "Dans l'ombre", la nouvelle série de France 2 à partir de mercredi prochain est déjà disponible sur france.tv.
K.Viard est parfaite en élue ambitieuse à la droite de la droite. M.Poupaud est plutôt un candidat droit dans ses bottes à la présidentielle.
Ils sont tous les 2 nos invités ce soir aux côtés du coscénariste de cette série, G.Boyer, eurodéputé. Bonsoir.
On est ravis de vous recevoir pour parler de cette série, qui est un régal, qui nous embarque dans les coulisses de cette réalité qui bien souvent nous échappe. Elle vous permet, pour la 1re fois, Karine, de participer à une série télé, dans la peau de Marie-France Trémeau. Ce nom... - K.Viard: Bien français. - A.-E.Lemoine: Au-delà de ses convictions très à droite, elle incarne une femme en politique, qui ne sont pas si nombreuses que ça.
Souvent, elles doivent être frontales, déterminées voire brutales pour exister dans ce monde très misogyne, et à la fois hyper féminines. Vous avez pensé à qui pour l'incarner? - K.Viard: Je voulais en faire un personnage non réel mais tout à fait vraisemblable.
Je ne voulais m'inspirer de personne. Je savais que j'avais une image hyper féminine avec une féminité agressive. Je trouvais que c'était bien, dans cet univers très masculin, de pouvoir proposer une femme qui n'existe pas mais qui est vraisemblable. - A.-E.Lemoine: Qui peut faire penser à R.Dati, par exemple? - K.Viard: Quand elle est arrivée, elle détonnait, dans ce paysage politique.
Mais je trouve que physiquement, je vais encore plus loin. Je suis encore plus sophistiquée. - A.-E.Lemoine: C'est vrai.
Face à Francoeur, joué par M.Poupaud, elle n'hésite pas à sortir les griffes. - Nos électeurs ne veulent pas des centristes.
Ce sont des éponges molles! Tu ne m'auras pas! - En me choisissant, ils ont choisi qu'on ne dévierait pas vers les extrêmes. - Ne recommence pas avec ça!
Surréaliste... - Je ne vais pas te laisser le volant!
Tu le sais très bien! - Tu fais une grossière erreur. On se casse. - A.-E.Lemoine: C'est magique.
C'est un rajout, le "on se casse"? - K.Viard: Pas du tout.
C'est Pierre Schoeller qui voulait que je dise ça. Il m'a fait lire les 3 premiers épisodes, qui m'ont passionnée. Sauf que j'avais un personnage dont on parlait beaucoup mais qui existait peu.
Je lui ai dit que c'était sympa mais qu'il fallait me donner plus. J'existe plus dans le 4, 5, 6. C'était très chouette.
La série me plaisait beaucoup. - A.-E.Lemoine: C'est dingue, Gilles.
C'est vous, le responsable de ça. - G.Boyer: Vous voyez que c'est une guerrière! - A.-E.Lemoine: Votre personnage, Melvil, est extrêmement charismatique.
Il est dans un fauteuil roulant depuis un accident de voiture. Ce cas de figure n'existe pas en France, d'avoir un candidat empêché physiquement, mais dont la volonté n'en est que plus décuplée? - M.Poupaud: Absolument.
Quand j'ai lu le scénario, j'ai demandé pourquoi le personnage était en fauteuil roulant. Très vite, on se rend compte que ce n'est pas un sujet. Lors d'un meeting, il y avait des figurants, dont des personnes en fauteuil roulant, qui me disaient que c'était intéressant d'avoir un candidat barbu.
Pour eux, c'était plus incroyable que d'être en fauteuil roulant. Je trouve ça assez beau de passer outre ça. - A.-E.Lemoine: Outre l'apparence physique, le handicap ou les maladies, sur lesquels parfois les hommes politiques sont obligés de se justifier.
C'est le cas d'E.Philippe. Il a dû parler de son vitiligo à de nombreuses reprises. - G.Boyer: Absolument.
Il en a parlé de manière très claire. Je vois bien où vous voulez m'amener, faire un rapprochement... - A.-E.Lemoine: Pas du tout!
Ca soulève ce thème. - G.Boyer: Bien sûr.
On a décrit un univers non réel et vraisemblable, le plus vraisemblable possible. Dans le handicap de Francoeur, il y a des ressorts intéressants. Un homme politique qui doit animer un meeting de 10 000 personnes sans pouvoir se lever, donc parler assis...
C'est tout à fait différent. - A.-E.Lemoine: Et être éloquent. - G.Boyer: Exactement.
Ca nous a semblé être intéressant, mais on n'a pas voulu en faire le coeur de la série. - A.-E.Lemoine: C'est ça aussi le message, que ce ne soit pas le coeur. - M.Poupaud: Comme Karin, je ne me suis pas inspiré de qui que ce soit pour le personnage de Francoeur.
J'ai commencé à regarder des hommes politiques pour voir comment ils se comportaient lors de meetings, mais je me suis dit que c'était important d'avoir un personnage inédit. - E.Tran Nguyen: Votre barbe est naturelle dans la série? - M.Poupaud: Oui. - A.-E.Lemoine: Vous avez quand même passé quelques heures avec E.Philippe au Havre pour observer son boulot de maire.
Vous avez chopé quelques trucs pour composer un personnage de maire de premier plan et le rendre crédible. Voua aussi, Karin, vous avez rencontré E.Philippe.
Vous avez retenu une phrase en particulier qu'il a dite sur la longévité en politique. - K.Viard: En fait...
Je ne vais pas dévoiler l'intrigue de cette série, mais à un moment, je lui ai demandé si, en politique, il était possible de faire ça et de continuer à se rêver en politique. Il m'a dit une chose que m'a dite aussi mon ami J.Guedj...
Ils sont amis, avec E.Philippe, depuis l'école. Jérôme m'a dit: "En politique, tant que tu n'es pas morte, tu es toujours vivante." Ca a été corroboré.
E.Philippe m'a dit qu'il avait raison. - A.-E.Lemoine: On a quelques exemples. - E.Tran Nguyen: On a bien compris qu'il n'y a pas d'inspiration avec la vie réelle, mais s'il fallait trouver un double dans la série à vous, G.Boyer, ce serait S.Arlaud, fantastique en César Casalonga, conseiller de l'ombre de Paul Francoeur.
Il est dévoué corps et âme à son patron, M.Poupaud, même pour planquer un tableau au fisc. - Merci, César. - Combien il vaut? - Si c'était une oeuvre authentique reconnue... - Quelques dizaines de milliers d'euros. - Comme personne ne le connaît, aujourd'hui, sa valeur est... - Sentimentale.
Surtout inestimable. - L'apparatchik est un professionnel qui connaît son milieu. Il utilise ses armes et sait parer les coups.
C'est un mécanicien, un organisateur, un inspirateur. Avant tout, c'est un guerrier qui sert un maître. - E.Tran Nguyen: "Un guerrier qui sert un maître", c'est comme ça que vous définiriez votre mission, pendant plus de 20 ans, auprès d'E.Philippe? - G.Boyer: Ce que nous avons voulu faire dans le livre et dans la série, c'est de décrire des archétypes de métiers dans la politique.
L'entourage d'un candidat à la présidentielle, la mayonnaise qui prend ou pas et la manière dont ça peut dégénérer très vite. S.Arlaud, c'est l'apparatchik, le collaborateur le plus proche du candidat.
Il est aussi chargé de la stratégie. Il a un rôle déterminant. Il connaît le candidat depuis très longtemps. - A.-E.Lemoine: Un candidat capable de mentir droit dans les yeux de ses équipes.
Cette ambiguïté vous a plu aussi? Il paraît un peu sans peur et sans reproche, mais il n'est pas parfait non plus. - M.Poupaud: C'est l'intérêt des personnages que je choisis en général.
J'aime choisir des personnages très différents les uns des autres. Je n'avais jamais joué un politique. Je trouve intéressant de ramener du suspense dans la série au point où on peut se demander si ce type est vraiment celui qu'on croit qu'il est, si on a raison de lui faire confiance.
Ca rajoute de la tension, du thriller dans cette histoire de confiance. C'est agréable à jouer. - M.Bouhafsi: Lors du festival Séries Mania, S.Arlaud expliquait qu'il avait du mal à incarner un personnage aux idées politiques opposées aux siennes.
Votre personnage ratisse sur les terres de l'extrême droite. Est-ce que vous aussi, vous avez vécu un conflit intérieur? - K.Viard: Pas du tout!
Je n'en ai rien à faire. On peut me faire jouer n'importe quoi. Ce n'est pas du tout la question.
Je n'ai jamais de question morale quand j'accepte un rôle. J'accepte un rôle parce qu'il m'amuse, ce qui me permet de me déplacer, de faire des choses que je n'ai jamais faites. Là, par exemple, faire des meetings politiques, je n'ai jamais fait ça.
Si, je l'avais fait pour Yann Piat. J'ai adoré ça. Là, je joue une femme très, très à droite.
Je fais un film, dans pas très longtemps, où je joue une femme de gauche. - A.-E.Lemoine: Vous équilibrez de film en film! - K.Viard: Non, je m'en fiche.
Ca ne m'intéresse pas de mettre qui je suis et mes convictions dans un personnage. Je ne trouve pas qu'on joue mieux ce qui nous ressemble. Le fantasme de jouer quelqu'un qui n'est pas soi, il y a une grande part de créativité dedans. - B.Chameroy: Gilles, c'est une amitié de 25 ans qui vous lie à E.Philippe... - A.-E.Lemoine: C'était hyper intéressant! - B.Chameroy: Vous connaissez mieux que personne l'humour pince-sans-rire de l'ex-Premier ministre. - E.Philippe: Je sais bien que certains d'entre vous ont peut-être vécu cette scène classique du "où est-ce que tu vas aujourd'hui". "Je vais au congrès des intercommunalités au Havre".
Grâce au gouvernement, les contrats de Cahors sont en passe de devenir populaires. Rires discrets. En passe!
Oui, c'est un peu une provocation. Je sais...
Le Havre est la ville de la renaissance. Ce message n'est pas politique. C'est un message historique. - B.Chameroy: L'autre spécialité d'E.Philippe, c'est ce penchant pour les lapsus. - E.Philippe: Si j'insiste, c'est parce qu'il y a 3 mois, lorsque nous avons langé...
Lorsque nous avons lancé... - B.Chameroy: Le meilleur restera celui-ci. - E.Philippe: La France est une nation qui veut continuer à sucer...
A susciter des grands champions dans tous les domaines. Les JO d'hiver l'ont encore démon...
On me dit que les amateurs de rugby ont parfois l'esprit mal placé. Quand, effectivement, on s'attelle à transformer la réalité, ça peut sucer...
Susciter des questionnements. - B.Chameroy: Décidément! - A.-E.Lemoine: Pardon.
Il ne vous a pas fait faire de lapsus? - M.Poupaud: Il n'y en a pas dans la série.
Il faut qu'il arrête de dire "susciter", du coup. - K.Viard: C'est le mot interdit. - A.-E.Lemoine: C'est une excellente souris... - K.Viard: Une excellente souris? - A.-E.Lemoine: Qui suscite de l'intérêt!
C'est un thriller. - K.Viard: Ce que j'aime beaucoup, c'est que c'est très réel.
Pierre Schoeller est très doué pour ça. Il est très intéressé par la politique. C'est très réel.
Tu rentres d'entrée de jeu dans ce qu'est une primaire et comment tu embrouilles, comment tu appartiens à un parti, comment tu ne peux pas faire cavalier seul. - A.-E.Lemoine: C'est pédagogique. - M.Poupaud: C'est une équipe.
On se rend compte qu'un candidat, c'est une équipe. La conseillère en communication, l'apparatchik, le major...
Ce n'est pas l'histoire d'un homme, mais de gens qui croient à un projet. - A.-E.Lemoine: A partir de mercredi sur France 2 à 21h.
Gilles Boyer