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interviewÉlysée· 27 mars 2024 11 min

Remise de la Légion d'honneur par le Président Emmanuel Macron à Raoni Metuktire, à Belém.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Je reprends. Mon cher Raoni, je disais qu'à plusieurs reprises, tu étais venu en France et à travers l'Europe pour porter la cause. Et j'avais pris l'engagement de venir dans ta forêt, aux côtés des tiens, cette forêt qui est souvent source de convoitises et pour laquelle vous vous êtes battus depuis des décennies. Et au fond, aux côtés de mon ami le président Lula aujourd'hui, faisant cause commune pour l'Amazonie, qui vous appartient et qui est ce trésor tout à la fois de biodiversité, mais aussi où tant de peuples autochtones ont bâti leur vie, leur tradition et sont les dépositaires d'un art de vivre, d'un savoir-faire, d'une connaissance profonde.

Je suis heureux que nous puissions en cet instant se célébrer. Le combat que tu mènes pour la tribu Métouktiré, du peuple Kayapo, dont vous êtes le chef. Ce peuple de l'eau, l'eau du fleuve, peuple de l'eau donc et peuple infiniment libre, comme tu l'es d'ailleurs, emprunt constamment de liberté, parfois de témérité, d'insolence, mais à chaque fois porteur d'une espérance. En effet, tout commença avec un appel. Appel de la forêt, l'appel des arbres, des plantes, des fleurs, des femmes et des hommes de cette forêt en forme de protestation et de révolte.

C'est votre rencontre avec les frères Villas-Boas en 1954, alors que vous n'aviez qu'une vingtaine d'années, qui a marqué un tournant dans votre vie. Ces indigénistes brésiliens vous préviennent des conséquences prévisibles de l'arrivée de la modernité occidentale sur vos terres. Et aussitôt, vous décidez d'entamer la lutte. Et vous allez devenir, à partir de ce moment, où vous n'avez, au fond, une vingtaine d'années, l'ambassadeur de ces luttes. Et vous l'avez décidez d'être... En effet, tu es devenu, à partir de ce moment, ambassadeur de ton peuple, interlocuteur des pouvoirs publics et brésiliens et inlassable sentinelle du territoire.

Cacique, mais jamais totalement cassandre, et en effet, cherchant à chaque fois à améliorer les conditions de vie et à préserver l'espace. En 1977, en foulant les marches du Festival de Cannes, où Raoni, documentaire qui raconte votre histoire exceptionnelle et diffusée, ce combat devient plus familier au monde entier. C'est en effet, dès ce moment, un succès international. En 1987 et 1988, vous faites partie des chefs qui se battent pour inclure les droits des communautés autochtones dans la nouvelle Constitution fédérale du Brésil, des droits originaires et imprespectibles.

En 1989, vous entamez une tournée avec Sting pour porter plus qu'un message in the bottle, mais un message pour la planète. Et c'est votre combat qui porte ses fruits, puisque le projet de barrage de Kararao, contre lequel vous vous êtes élevé, sera alors abandonné. Dans les années 90, et aux côtés de beaucoup de compagnons de combat ici présents, après votre première tournée européenne, votre mobilisation fait avancer le processus de démarcation des terres autochtones au-delà du parc de Zingou, unifiant plusieurs territoires pour former l'une des plus grandes réserves de forêts tropicales du monde. Jamais vous ne vous êtes arrêtés, jamais vous ne vous arrêtez.

Et je sais la fierté du président Lula d'être ici à vos côtés, et d'être aux côtés d'ailleurs de tous les peuples autochtones, lui qui pour la première fois a décidé de nommer une ministre, originaire de l'un d'entre vous, en charge au niveau fédéral de ce sujet.

Je me souviens aussi que le Covid ne vous a pas arrêtés, qu'il fait des heures et des heures de pirogues, plus de voitures, pour retrouver à l'époque une station essence, pour que nous puissions mener une visioconférence entre le cœur de l'Amazonie et Paris, et qu'on puisse, on s'en souvient à quelques-uns, et que nous puissions alors porter à nouveau la cause des aides, et que nous puissions, face aux manœuvres prédatrices qui étaient alors à l'œuvre ici au Brésil, essayer de mobiliser la communauté internationale, mobiliser des financements, on était quelques-uns à tes côtés, et réussir l'impossible.

Je me félicite aujourd'hui qu'avec le président Lula, il y a un gouvernement fédéral qui est fait de la protection de l'Amazonie, du développement de la bioéconomie, et de l'avenir des peuples autochtones, une cause qui n'est pas simplement une cause de résistance, où vous devez vous appuyer sur le reste du monde, mais qui est bien épousée par le gouvernement fédéral lui-même.

Mais tout cela n'est possible aujourd'hui, et tout cela n'a été possible que parce que vous êtes ici plusieurs cassis, chefs responsables, avec cette légitimité, et ce savoir qui avait continué de vous battre durant ces années, et parce que oui, Raoni, tu as porté ce combat, peut-être encore plus loin, et plus résolument que d'autres. Et le cassif que tu es n'a plus d'âge, il a une énergie chaque fois plus forte, à chaque fois que je le revois, et il faut dire à Lola que c'est une source d'espoir pour nous, puisqu'il y a plusieurs années, Raoni est venu à Paris pour faire une tournée d'adieu.

Mais il est revenu plusieurs fois après cette tournée d'adieu, et à chaque fois que je le revois, tels les grands chanteurs, il est encore plus en forme, encore plus prêt à mener le combat, et je pense qu'au-delà de nos fonctions respectives, il continuera de le mener. En tout cas, chère Raoni, je voulais... Je ne vous en fais pas, vous d'amenez-moi. En tout cas, en étant ici, au cœur de l'Amazonie, à tes côtés, avec ton président, et tant de tes homologues, c'est la République française, celle d'un peuple, d'un État, qui est aussi présent en Amazonie, qui voulait, après tant d'années, célébrer le combat qui fut le tien.

Dire toute notre reconnaissance, j'ai une pensée aussi pour Nicolas Hulot, qui t'a aidé à porter ce combat en France, avec beaucoup d'autres ici présents, et qui continuent de t'accompagner. Ce combat, tu le mènes depuis tant de décennies, et très modestement, je voulais dire que nous continuerons de le mener à tes côtés. Quand il a fallu soutenir la Fondation, préserver votre part de forêt, nous étions là, et donc nous continuerons d'être là, avec le président Lula aujourd'hui, et donc plus fort encore.

Parce que ce combat n'a pas trouvé son terme, parce qu'aujourd'hui encore, vous vous battez pour la reconnaissance de votre terre natale, Capote-Ninor, où vous avez passé votre jeune enfance et où est enterré votre père, et qui est déliminité, mais non encore démarqué ni homologué. Et je sais que ce combat, tu ne l'abandonneras pas, et on fera tout ce qui est en nos capacités respectives pour t'y aider. Ce soir, à vos côtés, je voulais te dire, nous te disons tous, Neim Koum Ré, Neim Koum Ré, Aoni. pour ton oeuvre, ton combat à la sable, pour toi, ton peuple, et pour toute l'Amazonie et ses peuples autochtones.

Résolument, le peuple a eu de la chance d'avoir un chef comme toi, un classique aussi inspiré, et je sais que ce peuple de l'eau a eu la chance d'avoir un chef au tempérament de feu, et donc, merci, Aoni. Nous étions là, nous serons là, encore demain. Je vais maintenant te décorer. Au revoir.

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Présentateur

Sous-titrage Société Radio-Canada, Sous-titrage Société Radio-Canada, Sous-titrage Société Radio-Canada, Sous-titrage Société Radio-Canada, Sous-titrage Société Radio-Canada, Sous-titrage Société Radio-Canada, La Ordem de la Légion de Honra Alcacique Raoni Mituquetiri Mesdames et Messieurs, la Ordem de la Légion de Honra a été constituée en 20 de maio de 1802 par Napoléon Bonaparte pour compenser les mérites militaires ou civils à la France.