Le grand entretien avec Olivier Faure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 35 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
La forme électrique et insolente de l'entretien d'hier, c'est ça le nouveau monde, la nouvelle politique ?
- 2:14RelanceRéponse directe
Macron dit que l'intervention en Syrie était légitime mais pas légale : avez-vous compris cette nuance ?
- 3:12FerméeRéponse partielle
Vous soutenez ces frappes françaises sans réserve ?
- 12:39OuverteRéponse partielle
Un jour férié en moins pour financer la dépendance : vous suivez cette piste ?
- 18:19RelanceÉludée
Combien reprenez-vous de la dette SNCF, à quel calendrier, et qu'exigez-vous en échange des cheminots ?
- 21:53OuverteÉludée
Avez-vous trouvé votre tête de liste pour les élections européennes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« C'était le choix d'une mise en scène, et une mise en scène choisie à la fois par ceux qui interviewaient, »
- 1:43Invité politiqueChiffre
« On a eu en une semaine près de 4 heures d'interview, dans un moment où les Français manifestent assez régulièrement leur colère, »
- 2:23Invité politiqueFait
« Oui, je l'ai comprise parce qu'en réalité, c'est une position qui est assez constante depuis 2013, »
Temps de parole
- Olivier Faure75 %
- Présentateur13 %
- Invité7 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, premier secrétaire du parti socialiste depuis un mois maintenant. On va évoquer bien sûr l'intervention d'Emmanuel Macron à la télévision, la Syrie, la SNCF, les facs, la loi immigration, le rôle que votre parti entend jouer dans le quinquennat qui s'est ouvert. D'abord un mot sur la forme de l'entretien d'hier soir, tendu, électrique, insolent parfois, avec des journalistes qui coupent la parole au président, qui accusent le président de mensonge, qui d'ailleurs ne l'appelle pas monsieur le président, mais Emmanuel Macron qui ne mette pas de cravate, c'est la front suprême, ça vous semble ça, c'est ça le nouveau monde, la nouvelle politique ?
C'était le choix d'une mise en scène, et une mise en scène choisie à la fois par ceux qui interviewaient, mais aussi par celui qui était interviewé. Et donc c'est finalement ce que depuis le début du quinquennat Emmanuel Macron cherche à faire, c'est à se poser comme un espèce de grand centre face à des pôles de radicalité qui lui permettent d'asseoir son autorité sur l'ensemble des modérés. Et donc c'est là encore une volonté d'être le seul à l'endroit où il se trouve. Et donc j'y vois simplement la confirmation d'une stratégie de communication. Il en sort gagnant pour vous Emmanuel Macron ?
Je ne sais pas s'il en sort gagnant, mais en tout cas il a fait un choix qui est celui d'une mise en scène de son propre pouvoir, et de ce point de vue c'est dans la continuité de ce qu'il a déjà fait. Dans le domaine politique, on le sait bien, il a fait le choix d'être systématiquement en opposition aux Insoumis d'un côté et au FN de l'autre, pour essayer d'écarter toute alternative crédible qui le mettrait en danger, et donc c'est la volonté qu'il sert à chaque fois qu'il prend la parole. Exercice réussi, diriez-vous, au sujet de son intervention ? Non, je ne le dirai pas parce que je ne pense pas que ça l'était.
On a eu en une semaine près de 4 heures d'interview, dans un moment où les Français manifestent assez régulièrement leur colère, et on a entendu un président qui en réalité n'a pas réussi ni à rassurer sur ses intentions, ni même à infléchir. Au fond, on a eu un long dialogue avec des journalistes, mais qui n'a pas permis de réparer le dialogue interrompu avec les Français.
Sur la Syrie, tout d'abord, Olivier Faure, l'intervention en Syrie était légitime, a dit hier Emmanuel Macron. Légitime, ce n'est pas légal, la nuance est importante. Ce n'était pas un acte de guerre, dit le président, mais des représailles. Vous avez compris cette nuance ?
Oui, je l'ai comprise parce qu'en réalité, c'est une position qui est assez constante depuis 2013, avec un pays, le nôtre, qui a fait le choix d'être de ceux qui posent des limites à Bachar el-Assad, et qui souhaitent systématiquement expliquer que tout ne peut pas être impuni, qu'on ne peut pas être celui qui utilise l'arme de destruction massive pour asseoir son autorité sur un peuple, sur le sien. Et donc, l'intervention telle qu'elle a été conçue, donc limitée dans le temps, dans l'espace, sur ses cibles, était un signal que je crois utile, et je partage bien volontiers ce qu'a dit Bernard Guetta à l'instant sur l'analyse qu'il fait de cette intervention.
Vous soutenez ces frappes françaises sans réserve ?
Au moment où on se parle, c'est-à-dire que... Ah ben elles ont lu, on ne changera plus... Non mais, si on en restait à ce qui a été réalisé, si d'ailleurs c'est l'occasion pour engager une nouvelle offensive, cette fois-ci diplomatique, alors oui, effectivement, je le partage. Tant pis s'il n'y a pas de mandat de l'ONU. On peut frapper aujourd'hui des sites d'un... Comme je ne vais pas faire l'exégèse des décisions qui ont déjà été prises, mais vous le savez très bien, ça a été rappelé à l'autre reprise.
Il n'y a pas de résolution contraignant appelant à la force aujourd'hui en Syrie ?
Il n'y a pas de résolution appelant à la force, mais il y a une résolution qui condamnait. Il y a des engagements qui avaient été pris d'abord par les Syriens. C'était une convention internationale. C'était un engagement en 2013, après qu'ils avaient déjà utilisé l'arme chimique. Ça devait être garanti par les Américains et par les Russes. Il n'en a rien été. Ils ont continué à fabriquer l'arme chimique. Ils l'ont utilisé. Et donc il y a un moment où nous ne pouvons pas laisser le monde, pas seulement la Syrie, mais le monde, se dire que n'importe quel dictateur demain pourra utiliser cette arme sans avoir jamais le risque d'une sanction.
Il y a une jurisprudence criminelle que nous ne pouvons pas laisser se développer. Et donc de ce point de vue, il faut que parfois les pays du Conseil de sécurité prennent leur responsabilité et fassent en sorte de faire respecter un minimum de règles.
Encore un mot sur ces frappants en Syrie. Une partie de la classe politique passe son temps à taper sur Donald Trump. Cette nuit encore, c'est l'ancien patron du FBI qui s'interroge sur sa santé mentale. Et finalement, il suffit qu'il frappe la Syrie pour qu'il redevienne, on a le sentiment, notre meilleur ami, notre meilleur allié. On oublie tout.
Il ne s'agit pas d'oublier. Il s'agit de dire que dans les décisions que peut prendre Trump, il peut y en avoir quelques-unes qui parfois peuvent tomber justes. C'est aussi simple que ça. Il ne s'agit pas d'oublier quoi que ce soit et de lui donner quittus pour le reste de son oeuvre.
En France, Emmanuel Macron a estimé hier qu'il n'y avait pas de coagulation des luttes. Drôle d'expression d'ailleurs. Coagulation des luttes. Est-ce qu'il prend ses désirs pour des réalités ou est-ce qu'effectivement, aujourd'hui, il y a plein de petits mouvements qui ne sont pas en train de se fédérer ?
Ce n'est pas à moi de dire si les luttes se fédèrent. Il y a des gens qui luttent, chacun de leur côté et qui, de mon point de vue, présentent une vision commune du service public, de ce que peut être la vie en société.
Notre-Dame-des-Landes,
c'est la vision du service public. Non, Notre-Dame-des-Landes, exception faite de Notre-Dame-des-Landes, mais pour le reste, qu'il s'agisse des EHPAD, qu'il s'agisse de l'hôpital, qu'il s'agisse de la SNCF, qu'il s'agisse des fonctionnaires, on a quand même une vision commune de ce que doit être le service public et de la façon dont on veut vivre ensemble.
De ce point de vue, il y a des motifs communs d'insatisfaction, de colère, mais ce n'est pas à moi de juger des convergences, des luttes, parce que je ne veux pas, à aucun moment, donner le sentiment que, derrière une lutte sociale, il y aurait un mouvement politique qui serait naissant et qui chercherait à capitaliser sur des mouvements qui sont nés hors de lui. Et donc, ce n'est pas au premier secrétaire du Parti Socialiste de dire ce qui coagule, ce qui converge, mais je constate effectivement aujourd'hui qu'il y a des gens qui défendent une vision commune du service public. Ils vous ont fait mal, Olivier Faure,
les sifflets qui vous ont accueilli dans la manifestation
le 22 mars dernier ? Ça n'est jamais agréable d'être sifflé, mais je ne l'ai pas pris plus pour moi. Et par ailleurs... Vous les avez pris pour qui alors ? Je l'ai pris comme la volonté d'un certain nombre de ceux qui manifestaient de dire au Parti Socialiste qu'ils n'avaient pas oublié un certain nombre d'actes passés sur la loi El Khomri, par exemple, et donc qu'ils ne se retrouvaient pas dans ce que je pouvais incarner. Je peux les comprendre, simplement, moi, ce que je suis venu leur dire, c'est qu'en dépit des sifflets qui étaient attendus, eh bien, je suis venu pour dire que je partageais justement cette vision du service public.
Et je ne m'arrêterai pas, je continuerai, je serai le 1er mai dans la rue, je serai le 22 mai dans la rue, parce que je considère que notre place est à côté de ceux qui luttent aujourd'hui pour défendre une certaine conception de la société. J'ajoute que le mieux dans ces cas-là, c'est de ne pas siffler ceux qui vous soutiennent.
Alors, il y a le 1er mai, il y a le 22 mai, et entre les deux, il y a le 5 mai, avec un appel à défiler contre Emmanuel Macron, lancé par le député de la France Insoumise, François Ruffin. Est-ce que vous irez ? Est-ce que vous répondrez à son appel ? Non, je n'irai pas,
pour une raison qui est simple, c'est que, je viens de le dire, et j'écoute ce que disent les leaders syndicaux aussi. J'écoute Martinez, j'écoute Berger, pour la CFDT, pour la CGT. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent, nous sommes avec des banderoles, ce sont des banderoles syndicales. Nous avons un combat que nous engageons et nous créons un rapport de force face au gouvernement. Les partis politiques sont les bienvenus, mais derrière, pas devant. d'inscluentaliser le mouvement social. Ce fut le cas sur les lois Pénicaud. Eh bien, ça a pour effet inverse d'asphyxier ce mouvement. Pourquoi ?
Parce que vous avez des gens qui aujourd'hui veulent manifester pour soutenir comme usagers leur vision du service public, mais qui ne se retrouvent ni derrière Mélenchon, ni derrière le Parti Socialiste, ni derrière les uns et les autres, et qui ne considèrent pas que la manifestation soit la manifestation de soutien à une vision politique. Et donc, moi, je ne veux pas que l'on puisse donner le sentiment que nous sommes là pour récupérer un mouvement qui n'est pas à nous. Ce que fait Jean-Luc Mélenchon
aujourd'hui, c'est de la récupération politique
de mouvements ? Il y a de la part d'un certain nombre de mouvements, la volonté de se greffer sur une colère, de lui donner un sens politique qu'elle n'a pas encore. Il y a des phases, il y a des étapes, et nous sommes dans une étape qui est une étape syndicale, une étape sociale. Viendra le moment des élections, qui sera là une étape électorale, une étape politique, où il nous reviendra à nous tous de donner un débouché politique à ses colères et à ses manifestations. Mais ça n'est pas l'heure.
Un mot, Olivier Faure, sur le retour médiatique et en librairie de François Hollande. Il vous avait manqué ?
Je n'ai jamais perdu de vue François Hollande, donc il n'avait pas manqué. Il a des choses à vous apprendre encore aujourd'hui ? Un ancien président qui tire les leçons de son quinquennat, qui fait l'effort de revenir sur ses cinq ans, je trouve que c'est un exercice utile. Je peux encore être utile, a dit hier François Hollande. Vous lui dites,
reviens, il y a de la place au PS, on a besoin de toi. Je pense que vous le tutoyez.
Un ancien président qui livre son expérience, qui dit ce par quoi il est passé, ses échecs, ses réussites, c'est utile. Donc il est bienvenu aujourd'hui dans votre parti socialiste ? Il ne l'a jamais quitté. Il est toujours encarté ? Je l'imagine, je ne l'ai pas vérifié ce matin. Vous n'avez pas vérifié ? En rentrant, vérifier ça tout de suite, mais je n'imagine pas qu'il ait pu faire d'autres choix.
Je crois qu'il a dit
je suis toujours socialiste. Léa, pardon ? Je crois qu'il a dit
je suis toujours socialiste.
Oui, mais on peut être socialiste sans encarté.
Pour Olivier Faure, on espère avoir l'information.
Il y a trop d'ailleurs qui sont, il n'y a pas de votre micro pour tous ceux qui sont socialistes hors du PS. Pays vos cotisations, compris quand vous êtes
un ancien président de la République. Olivier Faure, invité du Grand Entretien de France Inter. Il est 8h32. La parole aux auditeurs de France Inter dans quelques minutes, mais d'abord Léa Salamé et ses questions.
Et c'est une dernière minute, Olivier Faure. Plusieurs dizaines d'étudiants bloquent en ce moment même l'accès à l'université de Nanterre empêchant d'autres étudiants qui devaient passer leurs examens de le faire ce matin. Est-ce que vous condamnez ces blocages ou est-ce que vous les soutenez ?
Je découvre avec vous cette information. S'il s'agit de bloquer des étudiants qui vont passer des examens, effectivement, je ne partage pas ce mode d'organisation et ce mode de mobilisation. Il y a des moments où les blocages se justifient et de tout temps, il y a eu la volonté de la part de ceux qui contestent d'être gênants. Et c'est même l'intérêt d'une grève ou d'une manifestation. S'agissant d'examens, je pense qu'ils ne se rendent pas populaires en bloquant des étudiants qui vont, un jour d'angoisse pour eux, se rendre un examen.
Il faut que les examens se passent dans les meilleures conditions. Il faut que les examens
puissent se dérouler en meilleure condition.
Le président de la République hier a dit que, clairement, que l'État reprendrait une partie de la dette de la SNCF à partir de 2020. Est-ce que vous saluez ce premier geste et est-ce que c'est suffisant ?
Alors, c'est la revendication que je pose depuis le début. Et c'est certainement, effectivement, la vraie réforme que nous pouvons souhaiter pour le service public. Maintenant, j'entends qu'il le lie à des efforts que doivent réaliser les cheminots, dont on comprend mal ce qu'ils doivent être, d'ailleurs, parce que c'était tout sauf clair. et je vois qu'on reporte encore la question de la dette, qu'on est très flou sur le montant et donc, j'y vois une ouverture, mais on est loin de ce que devrait être un résultat probant pour cette négociation qu'il faut engager. Donc, vous lui dites
combien vous reprenez sur les 50 milliards, à quel moment, quel est le calendrier et qu'est-ce que vous demandez en échange des cheminots puisque, manifestement, ils demandent quelque chose en échange.
Surtout, ce que je lui dis, c'est que je ne comprends pas le lien qu'il continue à établir entre le statut des cheminots et la dette. La dette, elle n'a rien à voir avec le statut des cheminots. Elle a tout à voir avec les décisions que les gouvernants ont prises depuis des décennies, d'ailleurs, souvent légitimes, sur les infrastructures, sur le matériel roulant et donc, ça n'est pas contestable. Simplement, puisque l'exemple allemand n'est pas un temps à permettre de se donner. Les Allemands, eux, ont repris la dette de la Deutsche Bahn et c'est ainsi qu'aujourd'hui, la Deutsche Bahn n'a plus à faire face à des frais financiers importants qui aujourd'hui pénalisent par contre la SNCF.
Autre annonce d'hier soir, un jour férié en moins, peut-être, en tout cas, Emmanuel Macron n'exclut pas la piste. Il estime qu'une deuxième journée travaillée non payée pour financer la dépendance serait une piste intéressante. Vous le suivez ?
Ce que je suis, c'est que voilà un président qui nous dit qu'il n'y aura pas de nouveau prélèvement, mais c'en est un, évidemment. Vous allez travailler une journée sans être payé, ça s'appelle des impôts en plus.
Donc vous êtes pour, vous êtes contre, sur le fond ?
Sur le fond, je pense qu'il y a une difficulté à faire comprendre aux Français que pour leur faire, pour y trouver 1,5 milliard, on va leur demander de travailler une journée de plus sans être payé, alors que dans le même temps, on a donné 5 milliards par an à des Français qui n'en avaient pas besoin et dont on a compris hier soir, c'était sans contrepartie. Il n'y a aucune contrepartie au geste qui leur a été fait. Aucun besoin d'investir en France.
Vous parlez de l'ISF.
Je parle de l'ISF et de la flat tax. Parce qu'on parle toujours de l'ISF, on oublie de dire qu'il y a la flat tax. Flat tax qui fait qu'aujourd'hui, quelqu'un qui vide ses dividendes, quand il est imposé sur le revenu, il est imposé à un niveau moins élevé que quelqu'un qui est juste au-dessus du SMIC. Il est à 12,8% contre 14% pour quelqu'un qui rentre dans l'impôt sur le revenu. Et là, il y a un scandale qui n'est pas relevé et on a un président qui nous explique à longueur de temps qu'il est capable d'évaluer et de revenir en arrière. Parce que tant qu'il n'aura pas fait ce geste-là, il ne pourra obtenir quoi que ce soit de qui que ce soit sur aucun sujet.
C'est bien ce qu'il faut comprendre, c'est que la cohésion sociale, ça ne peut pas s'obtenir uniquement par des mots. Il faut aussi des actes forts. Et cet acte fort, c'est précisément le fait de dire quand il y a un besoin de cohésion, ça doit passer d'abord par ceux qui en ont les moyens. Et ceux qui en ont les moyens sont d'abord les plus riches.
Il a parlé d'islam hier avec une phrase, peut-être vous pouvez nous en faire l'exégèse
ou nous dire ce que vous avez compris. Oui, ou en tout cas
nous dire ce que vous avez compris. Le port du voile n'est pas conforme à la civilité dans notre pays. Il n'est pas conforme au rapport entre les hommes et les femmes dans notre pays. Vous avez compris ? Le port du voile n'est pas conforme à la civilité ?
Je ne sais pas si j'ai compris. Je ne suis pas sûr d'avoir d'ailleurs dans cette partie-là compris grand-chose. On lui a posé une question très simple au départ sur le fait de savoir si une maman qui accompagne une sortie scolaire pouvait être voilée ou pas. Il pouvait dire oui ou non. Je l'ai trouvé extrêmement confus. Pour ma part, je vais vous répondre très clairement. Une femme qui porte le voile et qui accompagne ses enfants et les enfants des autres dans les sorties scolaires, dans la circonscription à Savigny-le-Temple, c'est tous les jours. C'est heureux que ça se passe comme ça parce qu'elles ne sont pas auxiliaires d'éducation.
Elles ne viennent pas pour donner un cours à des enfants. Elles viennent traverser la rue, elles emmènent les enfants par la main prendre le bus, le métro ou le RER. Elles n'ont pas vocation à donner un enseignement. Pour ce qui est du voile, s'il ne s'agit pas du voile intégral, je ne vois pas où est le problème de civilité.
Enfin, dernière question, le projet de loi Asile et Immigration est discuté à l'Assemblée nationale. Quelle sera la position du Parti Socialiste ? Est-ce que vous voterez pour, contre ou abstention ?
Contre, résolument contre. Voilà un texte sur lequel on pouvait attendre du chef de l'État qu'il se conforme à ce qu'il avait dit pendant la campagne présidentielle. Vous vous souvenez qu'il avait dit qu'Angela Merkel était l'honneur de l'Europe parce qu'elle accueillait les migrants. Voilà un président de la République qui, un an après, est en train de fermer, y compris, le droit d'asile qui est l'honneur des Européens, l'honneur de la France. C'est un droit non négociable.
On ne parle là non pas de gens qui sont migrants économiques, on ne parle pas de gens qui sont clandestins, on parle de gens qui sont venus demander le droit d'asile parce qu'ils sont menacés dans leur existence même dans le pays d'origine duquel ils viennent. Et voilà que tout est fait pour les dissuader et pour les décourager. Et y compris...
Pardonnez-moi, il y a les deux volets dans le texte. Il y a à la fois l'asile et l'immigration. Il y a les migrants politiques, les réfugiés politiques et les migrants économiques. Tout est dans le texte.
Tout est dans tout, mais surtout, ce que je vois, c'est qu'on cherche aujourd'hui à limiter la capacité pour des gens qui peuvent demander l'asile de le faire.
Olivier Faure, patron du Parti Socialiste, invité de France Inter pour quelques minutes encore. C'est Myrtille qui nous appelle. Bonjour Myrtille au standard de France Inter 01 45 24 7000. Bienvenue. Vous êtes en direct, on vous écoute.
Bonjour M. Fauvel, bonjour Mme Salamé, bonjour M. Faure.
Bonjour.
Je vous parle en tant qu'ex-militante socialiste. Est-ce que, d'après vous, c'est M. Macron ou ne serait-ce pas plutôt M. Hollande qui a dynamité le Parti Socialiste en nommant M. Valls comme Premier ministre et en faisant la loi M. Comrie ? Première question. Et deuxième question, c'est quoi votre programme aujourd'hui ?
Myrtille, vous restez avec nous. Olivier Faure vous répond en quelques mots sur le programme du PS. Ce n'est pas simple.
Alors d'abord sur l'échec. L'échec, il est collectif. Il est le mien comme il est celui des frondeurs comme il est celui de François Hollande. Et je ne cherche pas à nous distinguer parce que nous avons surtout ensemble montré notre incapacité à nous gouverner et donc à gouverner les Français. Et c'est ce qui nous a coûté extrêmement cher. Ensuite, sur le projet, vous l'aurez peut-être compris, il ne s'agit pas aujourd'hui de dire ce que nous allons faire mais de le co-construire avec les Français pendant les trois prochaines années.
Et donc, je veux engager des chantiers sur tous les grands sujets qui intéressent la vie quotidienne des Français et permettre non seulement aux socialistes de trancher mais y compris à tous ceux qui veulent nous accompagner dans ce travail de pouvoir contribuer sur le fond et de pouvoir ensuite trancher. Le premier chantier que nous allons développer, c'est le chantier sur la construction européenne et il commence à partir du mois prochain.
Merci, je crois que vous êtes encore avec nous. Est-ce qu'un jour, peut-être, vous reprendrez votre carte OPS ? Qu'est-ce qu'il faudrait pour ça ?
Ce serait très compliqué aujourd'hui, je vous avoue. J'ai été très déçue. Pour moi, le parti socialiste tel que j'ai pu le concevoir n'existe plus. Et moi, aujourd'hui, en 2022, je pense que je voterai pour M. Besançon. Voilà.
Bon, ça c'est fait, Olivier Faure ? Je comprends. Nous sommes un parti qui a réalisé le score de 6% à l'élection présidentielle. Et donc, si je n'entendais pas ce que disent les Français, si je ne voulais pas comprendre pourquoi nous sommes passés d'une majorité à 6%, je serais moi-même la démonstration que nous ne pouvons plus nous faire confiance.
Et c'est la raison pour laquelle je veux bâtir la renaissance de ce parti sur la confrontation avec les Français et chercher avec eux à la fois à comprendre la raison de l'échec mais aussi de nouvelles raisons d'espérer parce que je crois que nous avons besoin aussi d'une gauche qui soit capable de gouverner et qui permette d'incarner une espérance ce qui n'est plus le cas aujourd'hui ce qui laisse un long, long tapis rouge aux droits en France sur la quoi je ne me résous pas.
Ahmed nous appelle de Gironde. Bonjour, bienvenue.
Bonjour.
On vous écoute, vous êtes en direct.
Alors, je voulais demander à M. Fort comment osez-vous parler au début de votre interview je vous ai entendu d'alternatives crédibles que vous voulez incarner puisqu'en fait Emmanuel Macron est le produit de Hollande et des gouvernements socialistes successifs. tout à l'heure vous avez parlé à juste titre vous avez dénoncé les 5 milliards d'euros de cadeaux mais c'est 40 milliards que vous avez fait au gouvernement précédent avec le CICE et le pacte de responsabilité sans contrepartie. Donc vous n'êtes pas crédible c'est vous qui n'êtes pas crédible mais les alternatives à gauche elles existent aujourd'hui elles sont incarnées par quelque chose qui s'appelle la France insoumise.
Olivier Faure. Les plaies sont encore ouvertes.
Oui, bien sûr mais je l'entends et j'entends bien que ce travail de renaissance sera un travail difficile et long et il faut recoudre une relation avec les français qui malheureusement s'est beaucoup dégradée. Je veux répondre sur le fond je parle de 5 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches pour Emmanuel Macron sur 5 ans ça fait donc 25 à 30 milliards on le compare au CICE et au pacte de responsabilité c'est une comparaison qui n'est pas raison pourquoi ?
parce que dans le quinquennat précédent ce qui a été fait c'était non pas de donner de l'argent à des individus mais de donner de l'argent à des entreprises à un moment où les taux de marge des entreprises françaises étaient les plus faibles d'Europe et qui devaient se reconstituer pour quoi faire ?
pour la formation pour rénover l'appareil de production pour faire en sorte qu'il y ait à nouveau une capacité de trésorerie dans les entreprises et donc il ne faut pas mélanger deux mesures qui sont sans rapport d'un côté on a aidé les entreprises qui parfois l'ont mal utilisé ça c'était un fait sur lequel je veux bien revenir sur le ciblage du CICE et sur la nature des entreprises qui ont été touchées je veux bien y revenir aussi mais ça n'était pas un cadeau aux plus riches c'était la volonté d'accompagner les entreprises à un moment où elles étaient exsangues et où elles avaient besoin de retrouver une capacité à agir aujourd'hui ce n'est pas du tout ce qu'il fait par Emmanuel Macron lui il n'aide pas les entreprises il aide les actionnaires il aide ceux qui vivent de leurs dividendes il donne directement de l'argent à ceux qui n'en ont pas besoin
un dernier mot Olivier Faure si vous voulez bien au sujet des élections européennes est-ce que vous avez trouvé votre tête de liste ? d'abord je ne la trouverai pas tout seul et puis si je l'avais trouvé
je ne vous le dirai pas
Pierre Moscovici est candidat
il peut l'être ? Pierre Moscovici elle fait part de sa disponibilité et il y aura peut-être d'autres candidats
ce n'est pas bien un ancien commissaire européen ça fait trop vieux monde
je ne veux pas du tout juger de la qualité des uns et des autres je dis simplement que nous allons avoir un chantier dans lequel nous allons nous exprimer d'abord sur le fond et ensuite nous ferons en sorte d'avoir une incarnation qui corresponde à ce que nous voulons dire
en trois secondes ça pourrait être Christiane Taubira ?
ce ne sera pas je n'ai pas
elle est notre invitée après demain vous pouvez l'interpeller
vous l'interpellerez directement et elle vous dira je crains de ne pas avoir plus de réponses avec elle qu'avec vous ce matin Olivier Faure je crains aussi merci beaucoup
Olivier Faure