Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 11 février 2021 21 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Eric Zemmour et la tentation présidentielle - C à Vous - 11/02/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Éric Zemmour cherche-t-il simplement à susciter le désir ou envisage-t-il sérieusement de se jeter dans l'arène politique ?

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Trois mois d'enquête, vous pensez quoi ? Que ce n'était qu'une plaisanterie encore il y a quelques années, mais c'est en train de devenir une réalité ?

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Vous citez Xavier Bertrand, qui déjeune avec Eric Zemmour en terrasse, et qui trouve que l'essayiste, le polémiste, se soucie un peu trop du regard des autres pour être honnête, entre guillemets, en tout cas pour ne pas avoir une idée derrière la tête.

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Il est en campagne ou quoi ? C'est ce qu'a cru déceler Xavier Bertrand ?

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Pourquoi Dominique Régnier, une partie de l'extrême droite, veut-elle visiblement faire monter une autre candidature que celle de Marine Le Pen ?

  • 6:46OuverteRéponse directe

    Peu de candidats potentiels à l'élection présidentielle disposent d'une tribune quotidienne à la télévision, quasiment sans contradiction.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « Éric Zemmour a changé, en tout cas c'est ce que ses amis racontent, là où c'était un rêve, c'était de certains, c'était un fantasme pour beaucoup à droite. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Je vote Eric Zemmour 2022 ? »
  • 1:33Invité politiqueChiffre
    « si on reçoit plus de 200 000, 200 000 signatures, ça permet d'amorcer une dynamique. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Oui, parce qu'à ce moment-là, Eric Zemmour, c'est vrai qu'il est reconnu, puis il y a plein de gens, Xavier Bertrand en parle, mais il y a beaucoup de gens qui ont remarqué que lors de déjeuner avec Eric Zemmour, à l'époque où les restaurants avaient encore des terrasses, c'est vrai qu'il est souvent interpellé par des passants qui viennent le voir et qui lui disent « on vous a vu à la télé, continuez, on adore ce que vous dites, on adore votre franc-parler ». »
  • 3:08InvitéFait
    « Ils ont le sentiment sans doute qu'elle n'y arrivera pas, que décidément ça n'est pas possible, qu'elle n'est pas assez à droite. »
  • 4:27InvitéFait
    « Pourquoi pas tenter quelque chose puisqu'il n'y a plus rien ? »
  • 6:07InvitéFait
    « qui est lui-même disruptif, qui est lui-même une espèce de dégagiste, et qui dit sans cesse, au fond, à cette France-là, moi, je te comprends, et je parle pour toi, et je suis le seul à parler pour toi. »
  • 6:53Invité politiqueFait
    « Oui, il a fait de son émission, tous les soirs, un véritable tremplin politique. Il n'a presque plus de contradicteurs, mis à part le vendredi soir. »
  • 7:24Invité politiqueChiffre
    « Une émission qui faisait en septembre 2019 83 000 téléspectateurs en moyenne et qui aujourd'hui en fait quasiment 800 000 en moyenne chaque soir, c'est rarement une émission de télévision se sera installée aussi vite. »
  • 9:38Locuteur non identifiéFait
    « Il importe que les téléspectateurs et les auditeurs puissent avoir connaissance des condamnations prononcées contre des personnalités invitées ou employées par des chaînes de télévision. »
  • 10:12Locuteur non identifiéChiffre
    « Il vendait 350 000 exemplaires, il en vendra 600 000 grâce à vous. »
  • 12:45InvitéChiffre
    « en 2017, c'est pas vieux, au premier tour de la présidentielle, si je fais le total de l'abstention, vote blanc, vote anti-système, je suis à 62% des électeurs. »
  • 14:37Invité politiqueFait
    « Il y a vouloir et pouvoir. Moi, quand j'étais jeune, je voulais être Miss France. »
  • 15:25Locuteur non identifiéChiffre
    « Ils sont 70% à dire qu'ils ne le souhaitent pas à sondage IFOP pour le Figaro il y a deux jours. »
  • 15:34Locuteur non identifiéChiffre
    « 67% jugent probable qu'il ait lieu à nouveau comme s'ils étaient spectateurs, les Français, de cette élection ou parce que les alternatives ne les emballent pas plus que ça. »
  • 20:15Invité politiqueFait
    « Il a l'habitude de dire qu'une femme ne peut pas incarner le pouvoir. Quand une femme occupe des postes à responsabilité le pouvoir s'évapore. »

Temps de parole

  • Invité37 %
  • Éric Zemmour32 %
  • Présentateur10 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Présentateur 24 %
  • Locuteur non identifié 23 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Camille Vigan-Lecouat, journaliste à l'Express, vous signez la longue et passionnante enquête qui fait la une cette semaine de l'hebdomadaire, la tentation présidentielle d'Éric Zemmour, Dominique Reynier, vous êtes directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Bonsoir et merci de votre présence. Éric Zemmour cherche-t-il simplement à susciter le désir ou envisage-t-il sérieusement de se jeter dans l'arène politique ? C'est la question que vous posez dans cette enquête. Trois mois d'enquête, vous pensez quoi ? Que ce n'était qu'une plaisanterie encore il y a quelques années, mais c'est en train de devenir une réalité ?

0:31
Éric Zemmour

Oui, ce que j'ai découvert lors de cette enquête, c'est qu'Éric Zemmour a changé, en tout cas c'est ce que ses amis racontent, là où c'était un rêve, c'était de certains, c'était un fantasme pour beaucoup à droite. Depuis quelques semaines, quelques mois, ces questions se font beaucoup plus précises. Il interroge, toi à ma place, tu ferais quoi pour la présidentielle ? Comment on récolte les fameuses signatures pour y aller ? Comment on gère les financements ? Avec qui fait-on alliance ? Est-ce que Michel Onfray me soutiendrait par exemple publiquement ? Est-ce que Marion Maréchal m'apporterait son soutien ? Ce sont des questions qu'il pose de plus en plus.

On sort du domaine du fantasme, il assiste aussi à des réunions très concrètes, où on parle comité de soutien, où on parle pétition. Pétition, voilà, c'est notamment cette pétition lancée normalement au mois de mars. Intitulée ? Je vote Eric Zemmour 2022 ? Oui. Je dis ça de mémoire, mais je crois que c'est je vote Eric Zemmour 2022, une pétition qui a pour but de lancer sa candidature, un peu comme Jean-Luc Mélenchon l'avait fait, c'est si on reçoit plus de 200 000, 200 000 signatures, ça permet d'amorcer une dynamique. Eric Zemmour, il est au courant de toutes ces initiatives, il laisse faire, à aucun moment il a dit ça ne me regarde pas, etc.

Il le sait, il laisse s'organiser ses proches et des soutiens, comme par exemple Robert Ménard, le maire de Béziers, mais aussi le maire d'Orange, Jacques Bompard, qui s'organise pour activer un réseau, pour qu'une fois qu'il prenne sa décision, tout soit prêt pour qu'il puisse se lancer.

2:02
Présentateur

Vous citez Xavier Bertrand, qui déjeune avec Eric Zemmour en terrasse, et qui trouve que l'essayiste, le polémiste, se soucie un peu trop du regard des autres pour être honnête, entre guillemets, en tout cas pour ne pas avoir une idée derrière la tête.

2:16
Éric Zemmour

Oui, parce qu'à ce moment-là, Eric Zemmour, c'est vrai qu'il est reconnu, puis il y a plein de gens, Xavier Bertrand en parle, mais il y a beaucoup de gens qui ont remarqué que lors de déjeuner avec Eric Zemmour, à l'époque où les restaurants avaient encore des terrasses, c'est vrai qu'il est souvent interpellé par des passants qui viennent le voir et qui lui disent « on vous a vu à la télé, continuez, on adore ce que vous dites, on adore votre franc-parler ». Et Eric Zemmour, ça le touche énormément. Et Xavier Bertrand le remarque et dit « mais ce n'est pas possible pour… » Il s'est passé quelque chose chez lui pour s'intéresser tellement au regard des gens, au regard qu'on porte sur lui.

2:50
Présentateur

Il est en campagne ou quoi ? C'est ce qu'a cru déceler Xavier Bertrand ? Il a cru déceler une envie manifeste d'y aller. – Pourquoi Dominique Régnier, une partie de l'extrême droite, veut-elle visiblement faire monter une autre candidature que celle de Marine Le Pen ?

3:05
Invité

– Ils ont le sentiment sans doute qu'elle n'y arrivera pas, que décidément ça n'est pas possible, qu'elle n'est pas assez à droite. D'ailleurs Eric Zemmour, vous le dites dans l'Express, ne cesse de répéter qu'en réalité elle est de gauche auprès de ses amis. En fait, moi je trouve que ce sujet Eric Zemmour, on peut le prendre dans l'autre sens. Il n'y a pas si longtemps dans ce pays, c'était quelque chose qui n'aurait pas été pris au sérieux un quart de seconde. Je suppose que beaucoup y ont songé dans le passé, parce qu'ils avaient une notoriété, parce qu'on pense toujours qu'en étant un tout petit peu connu, ça suffit ou qu'on peut en faire un usage politique.

Mais simplement ça ne se faisait pas. Eric Zemmour, il est devenu, je trouve, le signe d'un délitement continu de notre système politique. Déjà, 2016, on s'en souvient, les primaires ont dégagé absolument tous les grands chefs des grands partis de gouvernement qui sont devenus tous absents du second tour. C'est quand même extraordinaire. Et depuis, en fait, ça ne s'est pas réparé. Le paysage est dynamité. Aucune idée, aucun chef, rien ne s'est reconstruit. Et bien sûr, pour Emmanuel Macron, qui est au pouvoir, le pouvoir c'est difficile. Ce n'est pas comme cela que vous gagnez beaucoup de lauriers. On est à la peine au bout de 5 ans. Déjà au bout de 4 ans, on le voit.

Et donc cette idée qu'au fond, il n'y a rien, c'est très liquide. Et donc pourquoi pas moi ? Pourquoi pas tenter quelque chose puisqu'il n'y a plus rien ? Il est le signe de ça, je crois. Il ne faut pas confondre l'état de dérédiction dans lequel se trouve le système politique français et la puissance qu'il y aurait derrière la candidature de quelqu'un comme Eric Zemmour.

Même s'il y a une réalité qui est, je crois, moi, liée, alors je ne sais pas si c'est le moment d'en parler là, mais il y a une réalité qui est, je crois, liée à tout ce que le système politique et médiatique n'arrive pas à faire et ne veut pas faire depuis des années, qui est de représenter correctement et dignement toutes les souffrances que ce pays ressent, que les Français ressentent, et qui ne sont pas jugées au fond recevables. Il y a par exemple une souffrance identitaire. Alors on peut trouver ça répugnant, par recevables, etc., mais elle est très répandue. Moi, j'appelle ça une crise patrimoniale, le patrimoine immatériel, la culture, le chez-soi, le haïmat, le monde familier.

Il y a aussi une crise du patrimoine matériel, très concrète. Mais comme elle n'est pas prise en considération, quand elle est traitée, elle est traitée sur un mode de réprobation, comme quelque chose dont il faudrait se guérir, qui n'est pas audible, qui est méprisé, et ça fait beaucoup de Français, ça. Et donc, quand vous avez quelqu'un qui déboule, comme Éric Zemmour, et qui dit, moi, je vais parler de ça, je vais être cette France-là, il n'est pas tout seul à le dire, c'est un peu aussi le crédo de Marine Le Pen, mais il y a chez Marine Le Pen une forme d'usure, parce que malgré tout, elle est dans le système, depuis longtemps, maintenant.

5:56
Locuteur non identifié

Une normalisation.

5:57
Invité

Depuis 1974, on a des Le Pen à la présidentielle. Ça commence à faire, les jeunes qui nous écoutent doivent dire comment, ça commence à faire beaucoup. Eh bien, là, il y a quelqu'un qui déboule, qui est lui-même disruptif, qui est lui-même une espèce de dégagiste, et qui dit sans cesse, au fond, à cette France-là, moi, je te comprends, et je parle pour toi, et je suis le seul à parler pour toi.

Et il y a un paradoxe, se trouve, à s'étonner d'un phénomène Zemmour, quand on est dans une situation qui prépare ce phénomène-là, c'est-à-dire, au fond, de forclusion, de ces souffrances, ou alors, de cette façon de dire à des compatriotes qui écoutent comme ça des émissions ou au discours des politiques, votre expérience, elle n'est pas bonne. L'expérience de votre vie, c'est pas ça. Je vais vous dire comment vous vivez réellement et vos souffrances, en fait, elles n'existent pas ou elles ne sont pas légitimes.

6:46
Présentateur

Peu de candidats potentiels à l'élection présidentielle disposent d'une tribune quotidienne à la télévision, quasiment sans contradiction.

6:53
Éric Zemmour

Oui, il a fait de son émission, tous les soirs, un véritable tremplin politique. Il n'a presque plus de contradicteurs, mis à part le vendredi soir. Il occupe, pendant une heure, la quasi-totalité du temps de parole. Ça lui permet de dégrainer des thèmes sur des sujets très variés, puisqu'il jouit d'une totale liberté sur la chaîne. Et c'est vrai que ça fédère une communauté. Et ce qui s'est passé avec son émission, c'est quand même assez rare dans l'histoire de la télévision. Une émission qui faisait en septembre 2019 83 000 téléspectateurs en moyenne et qui aujourd'hui en fait quasiment 800 000 en moyenne chaque soir, c'est rarement une émission de télévision se sera installée aussi vite.

Et évidemment, pour lui, c'est une caisse de raison. C'est un énorme meeting tous les soirs politique.

7:42
Invité

Après, moi, je me dis, en écoutant ce que vous dites, il y a un petit sujet technique. C'est qu'à partir du moment où il... Si il est candidat par hypothèse,

7:49
Présentateur

ça devrait être décompté dans le temps de parole.

7:51
Invité

On va compter un an avant la présidentielle. Donc il aura tout utilisé. Je ne sais pas ce qui va se passer là. Parce que là, il y a un petit sujet technique quand même. C'est vrai.

7:58
Locuteur non identifié

Non, non, c'est un aller sans retour immédiat. Parce que vous dites qu'au Figaro, ce serait terminé. Ça lui a déjà été signifié si jamais il franchissait le pas de la candidature politique. Évidemment, même avec ce qui se passe chez nos amis de CNews et chez Bolloré, on ne peut pas imaginer qu'un candidat déclaré ou en tout cas qu'il fasse connaître les ormissions, on puisse avoir ses tribunes. Effectivement, on voit bien la prise de risque et on peut mesurer, comprendre les hésitations que vous tracez dans votre papier.

8:30
Éric Zemmour

Bien sûr, c'est ce que lui disent beaucoup de ses amis. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup à perdre. Toute sa carrière, c'est compliqué, c'est une décision. Et c'est pour ça que d'ailleurs, ça traîne qu'il n'a pas pris ses décisions. Souvent, en termes de calendrier, il repousse ça après les régionales qui devraient avoir lieu en juin, on ne sait pas trop. Mais ça vient très, très vite. On parle d'une décision dans quelques mois. Pierre.

8:55
Présentateur

On revient avec vous sur ce qu'on a appelé très peu de temps, l'amendement anti-Zemmour. Je rappelle que lors des débats sur la loi contre le séparatisme, les députés Pierre-Yves Bournazel et Emjid Elguérab du groupe Agir Ensemble ont proposé un amendement qualifié très vite et même par eux d'anti-Zemmour pour permettre à un juge d'obliger les chaînes à informer de condamnations pénales qui auraient pu viser à la fois certains de leurs invités ou de leurs animateurs. Et ce, jusqu'à 4 mois après la condamnation. Il aurait fallu mettre un bandeau sur l'écran pour rappeler les condamnations. L'amendement a été finalement rejeté.

Je vous propose d'écouter l'enchaînement assez parlant entre Emjid Elguérab, Guillaume Larivé pour LR et la réponse du garde des Sceaux.

9:38
Locuteur non identifié

Il importe que les téléspectateurs et les auditeurs puissent avoir connaissance des condamnations prononcées contre des personnalités invitées ou employées par des chaînes de télévision. On ne prétend pas faire montre d'une grande vertu générale, de grands principes, pour viser une personne, pour museler Éric Zemmour, disons-le. Vous avez fait un extraordinaire cadeau à celui que vous avez cité. Il n'attendait que cela. Il est aujourd'hui martyr. Eh oui, d'un Parlement qui veut absolument lui nuire. Il vendait 350 000 exemplaires, il en vendra 600 000 grâce à vous.

10:16
Présentateur

Il est assez convaincant, non, Dupont-Bretti ?

10:18
Éric Zemmour

Oui, il est convaincant, d'autant plus que les gens qui sont adeptes d'Éric Zemmour, ils savent très bien qu'il a été condamné. Je pense que ça a peu d'impact sur eux. Et Éric Zemmour, c'est vraiment une philosophie chez lui. Il dit tout le temps qu'il s'excuse, s'accuse. Donc, sur toutes les polémiques, il a toujours cette ligne-là. Il assume tout. Il ne revient jamais sur ses paroles. Il ne demande plus jamais pardon pour un dérapage ou une polémique. Donc, ce n'est pas du tout quelque chose qui, aujourd'hui, le perturbe.

10:50
Locuteur non identifié

Oui, mais cette réaction, elle tient aussi à un changement de doctrine de ses employeurs. Car dans le passé, après les condamnations, il a été successivement viré d'abord de ITLE, puis de RTL, à cause de ses condamnations. Et aujourd'hui, il a un employeur qui...

11:06
Éric Zemmour

D'après sa condamnation, d'ailleurs, en septembre. Absolument.

11:08
Locuteur non identifié

Il a un employeur qui n'a absolument rien à faire de ses condamnations passées ou futures.

11:13
Présentateur

Est-ce que c'est un variant de Marine Le Pen ? Cette caricature est assez amusante, le variant qui inquiète pour 2022. Plus contagieux, plus virulent ? Dominique Reynier ?

11:25
Invité

Moi, je vois, si vous voulez filer la métaphore... Mais ce n'est pas une belle métaphore pour ça. Mais enfin, les idées sont contagieuses, peut-être. Il y a quelque chose qui se propage. Mais c'est une montée en puissance. Tout indique, depuis quelques années maintenant, tout indique que c'est un glissement structurel. Ce n'est pas quelque chose qui vient comme ça. Ce n'est pas Éric Zemmour non plus. Lui, Éric Zemmour, il est une conséquence de ce grand glissement qui a lieu, qui me semble, moi, maintenant, très engagé, presque inexorable. Il va y avoir une bascule à un moment donné, parce que le poids sera trop grand de l'autre côté. On n'est pas très loin ici.

Il y a au fond, si vous voulez, dans un système comme le nôtre, qui dysfonctionne, que ce soit public ou privé. Je vais faire référence à Albert Hirschman, qui était un grand politologue dans le passé, qui est mort maintenant, bien sûr, mais qui avait fait un livre sur les trois figures, au fond, face à un dysfonctionnement, qui sont, au fond, la défection. Ça, c'est l'abstention, qui devient massive en France et qui sera un problème en 2022. La protestation ou la loyauté. Je soutiens quand même le système. On est rentré dans une France où il y a ces trois forces-là. La défection, elle est devenue extraordinaire. La protestation est devenue massive.

Donner un chiffre simple, en 2017, c'est pas vieux, au premier tour de la présidentielle, si je fais le total de l'abstention, vote blanc, vote anti-système, je suis à 62% des électeurs. 62%. On était à 51% le fameux 21 avril 2002. Donc c'est en pleine expansion. Et évidemment, ça attire aussi des acteurs, des entrepreneurs politiques ou de médias, comme Éric Zemmour, évidemment. Mais il y a une réalité derrière ça. Et c'est certainement pas à coup d'amendement, il n'a pas été adopté, qu'on va arrêter cet espèce de grand mort.

La vraie réponse, pour être cohérent, c'est que les politiques et les médias, et les universitaires, ce que tout le monde, donne à voir cette France qui ne se sent plus représentée et qui choisit la défection ou la protestation. Et la combinaison des deux, moi je veux le dire avec force, la combinaison de la défection, abstention ou vote blanc, et de la protestation, c'est ça qui peut faire gagner Marine Le Pen en 2022. Ce n'est pas le désir qu'elle soit présidente. Quand on fait un sondage, voulez-vous qu'elle soit présidente, c'est idiot. Ils ne veulent pas. Mais ça peut se produire, l'accident électoral, parce que les autres seront restés chez eux ou bien seront venus pour voter blanc.

13:56
Présentateur

Juste une question, Marine Le Pen est très agacée quand même par Éric Zemmour. Oui, je pense qu'elle n'aurait pas du tout

14:00
Éric Zemmour

goûté à la métaphore sur le virus. Elle se méfie énormément des candidatures annexes qui ne veulent pas d'une candidature sur sa droite.

14:10
Locuteur non identifié

C'est le scénario du baron noir aussi.

14:12
Éric Zemmour

Oui, c'est le scénario qu'on évoque à l'Élysée, celui du baron noir avec un populiste qui serait capable de surgir, qu'on n'aurait pas vu et qui en quelques mois pourrait surgir. Mais Marine Le Pen, elle ne rit pas du tout, d'autant plus qu'elle connaît toutes les critiques d'Éric Zemmour qui a quand même passé des années à dire qu'elle était nulle, qu'elle était incapable, qu'elle était plus à gauche que certains du parti socialiste. Et Marine Le Pen, elle a cette phrase en privé où elle dit « Il y a vouloir et pouvoir. Moi, quand j'étais jeune, je voulais être Miss France. » Ça veut quand même bien. Et elle est très accassée par ceux qui répètent qu'ils peuvent faire mieux qu'à l'air.

Allez-y. Allez-y, essayez et vous verrez. Il y a vouloir et pouvoir.

14:48
Locuteur non identifié

Éric Zemmour, qu'il a connu, puisqu'il était comme vous, il était reporter politique, il couvrait aussi le Front National et il a connu Marine Le Pen dans l'ombre de son père. Je voudrais revenir aux électeurs parce qu'à propos de la prochaine présidentielle, c'est dans un an et deux mois. Ce n'est pas beaucoup, ce n'est pas loin. La question revient toujours à celle d'une alternative à un nouveau duel Macron-Le Pen au second tour. Gauche et droite se bagarrent pour trouver une alternative à Macron. Dupont-Aignan, peut-être Zemmour, rêvent de se substituer à Le Pen.

Normalement, tous ces candidats de substitution devraient avoir le vent en poupe puisque les Français ne veulent pas d'un duel Macron-Le Pen en 2022. Ils sont 70% à dire qu'ils ne le souhaitent pas à sondage IFOP pour le Figaro il y a deux jours. Mais ils sont presque tout autant à le pronostiquer. 67% jugent probable qu'il ait lieu à nouveau comme s'ils étaient spectateurs, les Français, de cette élection ou parce que les alternatives ne les emballent pas plus que ça, Dominique Ragnier ?

15:45
Invité

Oui, c'est ça. Il y a quand même une faillite incroyable des grands partis qui sont d'ailleurs désormais très petits. Certains sont dans l'opposition depuis 2012. La droite est dans l'opposition depuis 2012. Depuis 2007. 2012, c'est ça. Oui, 2007-2012, c'était Nicolas Sarkozy. Depuis 2012, rien. Pas d'idées fortes, pas de programmes, pas de personnalité autour de laquelle ils se sont agrégés. Rien. Ça commence à faire, ça fait 8 ans. Rien du tout. Alors qu'ils ont tout le temps de faire cela. À gauche, depuis 2017, la non-candidature à sa réélection de François Hollande, rien non plus, rien de significatif.

Et donc, à force de ne pas travailler en réalité et d'attendre que le balancier revienne parce qu'il y aurait une espèce de mécanique céleste qui vous assurerait de revenir au bout d'un moment, c'est un vide qui n'est plus supportable. Et on le remplit. Vous avez des candidatures comme celle d'Éric Zemmour, des idées comme celle dont on parle. Et puis, vous avez aussi des électeurs qui, non seulement s'impatientent, mais se retirent du jeu. Moi, je ne m'y retrouve plus. Il n'y a plus d'idées, je n'ai plus de champion. Voilà, c'est fini. Je n'irai plus voter.

Et je veux rappeler qu'on a quand même connu au municipal, au second tour 28 juin, une abstention historique qui n'est pas Covid, selon moi, la formule que j'utilise pour être clair, parce qu'on a déconfiné le 11 mai, on a fait les courses, on est allé voir du monde, etc. On n'est pas allé voter alors que c'est l'élection chérie des Français. Donc, il y a vraiment quelque chose qui se verra d'ailleurs au régional et au départemental, une abstention qui va jouer un rôle absolument déterminant de Français qui n'entendent plus qu'on s'adresse à eux, qui ne comprennent plus qu'ils sont orphelins en fait de représentation politique.

17:20
Locuteur non identifié

Un mot sur l'entourage d'Éric Zemmour. Camille, dans votre article, vous évoquez le rôle de Sarah Knafow, jeune et brillante énarque, aujourd'hui magistrate à la Cour des comptes, à 26 ans, écrivez-vous, elle incarne cette nouvelle génération de fonctionnaires de plus en plus attirés par la droite radicale, une personnalité très discrète qui fuit les caméras. Est-ce que c'est sa principale conseillère politique ?

17:41
Éric Zemmour

Éric Zemmour, c'est quand même un solitaire. Il prend ses décisions seul, il travaille seul, il écrit ses livres seul. Mais il y a autour de lui une petite cour, on peut dire, de jeunes qu'on retrouve aussi dans l'entourage de Marion Maréchal et qui sont très actifs dans l'entreprise de convaincre Éric Zemmour d'aller à la présidentielle. Et on retrouve Sarah Knafow qui effectivement l'accompagne tout le temps dans ses déplacements en province lors de ses interviews. Elle a organisé la convention de la droite avec Marion Maréchal, enfin avec les amis de Marion Maréchal. On n'a pas vu son nom nulle part. Pourtant, elle faisait bien partie des réunions de préparation.

Et c'est vrai que beaucoup d'amis d'Éric Zemmour assez inquiets de ce projet de candidature m'ont dit si elle lui dit d'y aller, il risque de la suivre parce que finalement elle est un peu ce que Florian Philippot était à Marine Le Pen d'un moment.

18:38
Présentateur

On a vu que ça s'est terminé.

18:40
Locuteur non identifié

Est-ce qu'Éric Zemmour supporterait par ailleurs qu'on enquête sur lui, sur son entourage, sur son patrimoine, ses revenus, sa morale, ce qui est inévitable dans une campagne électorale ?

18:52
Éric Zemmour

Non, ça fait partie des principaux freins à la candidature d'Éric Zemmour. C'est quelqu'un de solitaire, je l'ai dit, de secret, qui déteste le culte de la transparence sauf qu'aujourd'hui s'il est candidat demain et il n'aura pas le choix, on ira regarder l'argent qu'il a gagné avec ses livres, avec son émission sur ses news, mais aussi si son attitude est en cohérence avec ses principes. Il faut quand même écouter ce que dit Éric Zemmour sur la famille traditionnelle, sur les femmes, sur la place des femmes dans la société. Il y a beaucoup de choses qui vont ressortir et Éric Zemmour, il n'a pas très envie qu'on aille foudre dans ses affaires.

19:26
Locuteur non identifié

Déjà en 2014, quand on lui parlait de sa femme, il se mettait très en colère. avant que vous décrivez ne fait pas du tout envie

19:33
Présentateur

aux femmes d'aujourd'hui.

19:34
Locuteur non identifié

Non, ça c'est vous qui le pensez. Encore une fois, ça c'est comme le plateau de n'épargne. Je suis mariée, j'ai même trois enfants et je connais beaucoup de femmes.

19:40
Présentateur

Elle a le droit de faire quoi votre femme ? Elle a tous les droits. Elle est dominée socialement par vous ? Parce qu'apparemment la domination sociale chez la femme a un fort pourvoi érotique.

19:48
Locuteur non identifié

Je crois qu'on est à 80 ou 90%. Toutes les statistiques donnent ça à peu près mais il faudrait vérifier plus précisément de femmes qui épousent des hommes qui ont un niveau socioculturel supérieur.

20:01
Présentateur

Peut-être parce que les hommes sont mieux payés dans les entreprises que les femmes ? Ah là là là là !

20:06
Éric Zemmour

Oui, il a le caractère assez trompé pour ce marathon. Je ne sais pas mais en tout cas sur les femmes c'est vraiment quelque chose qui est très marquant chez Éric Zemmour. Il a l'habitude de dire qu'une femme ne peut pas incarner le pouvoir. Quand une femme occupe des postes à responsabilité le pouvoir s'évapore. Et une autre phrase qu'on m'a souvent rapportée qui m'a beaucoup marquée c'est je n'ai jamais rencontré une femme aussi intelligente que moi.

20:30
Présentateur

La tentation présidentielle enquête sur Éric Zemmour c'est à lire absolument l'Express enquête signée. Camille Vigone-Lecouat merci d'être revenue ce soir sur le plateau de C'est à vous. Dominique Ragnier on vous garde pour commenter le reste de l'actualité. C'est l'heure du 5 sur 5 des militres à Guyane. Merci.