Censure du gouvernement Barnier : Olivier Faure se dit prêt "à gouverner"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
Vous assumez d'avoir voté cette censure ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Quelles voix ont compté hier ?
- 2:32RelanceRéponse directe
Ça aussi, vous l'assumez, Olivier Faure ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon, qui n'a aucun mandat, a assisté à la situation...
- 5:23OuverteRéponse partielle
La crise de confiance concerne le personnel politique...
- 5:52OuverteRéponse directe
Dans la clarté, éclaircissez-nous : vous plaidez pour un changement de méthode...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Nous sommes le 5 décembre donc, la France n'a plus de gouvernement et n'a pas de budget pour 2025. »
- 1:10PrésentateurChiffre
« Ils étaient, je crois, au maximum de leur présence, 18 dans l'hémicycle. »
- 1:44PrésentateurFait
« Marine Le Pen était la raison de sa nomination. »
- 1:59PrésentateurFait
« Marine Le Pen est prête à censurer les socialistes, les écologistes, les communistes, les insoumis. »
- 4:52PrésentateurFait
« L'évidence, c'est quand même que le Front Républicain l'a emporté le 7 juillet. »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« La crise de confiance qui concerne le personnel politique, jugée corrompue à 63%, non représentative à 70%, agissant pour ses intérêts personnels à 83%. »
- 6:37PrésentateurPromesse
« Ça supposerait que nous puissions dire, eh bien, que nous abandonnons le 49-3. »
- 9:23PrésentateurFait
« Je l'ai même écrit le 22 août. Et les présidents de groupe l'avaient écrit le 12 août. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Olivier Faure31 %
≈ 11,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
7h48, Sonia De Villers, votre invitée, le premier secrétaire du Parti Socialiste.
Et députée de Seine-et-Marne, bonjour Olivier Faure.
Bonjour à vous.
Grève aujourd'hui, nous sommes le 5 décembre dans les écoles, les cantines, les hôpitaux, les entreprises du gaz et de l'électricité, les aéroports, des plans sociaux chez Michelin, Vancorex, Auchan. Nous sommes le 5 décembre donc, la France n'a plus de gouvernement et n'a pas de budget pour 2025. Vous assumez d'avoir voté cette censure ?
Bien sûr, je l'ai fait avec gravité, ce n'était pas l'été de cœur, ce n'était pas écrit d'avance non plus.
Ce n'était pas écrit d'avance, Dominique Seux vient de se tromper.
En réalité, nous avons toujours considéré que nous avons contesté la nomination de Michel Barnier à Matignon. Mais une fois qu'il avait passé le cap de la première censure, il devenait un Premier ministre légitime.
C'est-à-dire au moment de son discours de politique générale.
Exactement, et à partir de là, il devenait un Premier ministre légitime et nous avons cherché tout au long de la discussion parlementaire à faire prévaloir ce que nous croyons juste pour le pays. Et malheureusement, nous n'avons vu ni le Premier ministre, ni même ce socle commun qui était absolument absent pendant tout le débat. Ils étaient, je crois, au maximum de leur présence, 18 dans l'hémicycle. C'est vous dire à quel point ils ont traité ce débat par-dessus la jambe.
Mais Michel Barnier n'a cessé de rappeler, Olivier Faure, que vous avez refusé de venir à Matignon quand il vous y a appelé pour la première fois.
Non, il vous a appelé au mois de septembre avant sa discussion de politique générale. Et vous avez refusé d'y aller. Depuis, il n'a jamais cherché à établir le contact. Et ce que je vois, c'est que la réalité, c'est que le seul contact qu'il ait cherché à établir, c'est avec Marine Le Pen. Alors que nous ne fassons pas de mauvais procès. La réalité, c'est que nous avons là un gouvernement qui a cherché son... Parce que d'ailleurs, Marine Le Pen était la raison de sa nomination. Puisque je vous rappelle que le chef de l'État avait dit, je cherche un Premier ministre qui pourra assurer une forme de stabilité.
Et comme Marine Le Pen est prête à censurer les socialistes, les écologistes, les communistes, les insoumis, eh bien, évidemment, je choisis Michel Barnier. Donc il ne devait son existence qu'à Marine Le Pen. Et ensuite, il n'a cherché, ensuite, qu'à négocier avec elle.
Si Marine Le Pen est la raison de sa nomination, elle est aussi la raison de sa chute. Chute, oui, bien sûr. Voilà. Donc, quelles voix ont compté hier ? Celles du Rassemblement National, celles de la France Insoumise, celles du Parti Socialiste. Sans vos voix, ça ne passait pas. Vous vous retrouvez donc à faire un trio avec un parti qui accule le président de la République à la démission et avec un autre qui réclame à corps et à cris sa destitution. Ça aussi, vous l'assumez, Olivier Faure ?
Mais j'ai dit exactement le contraire. J'ai dit que je ne souhaitais pas la démission du chef de l'État ni sa destitution. C'est très clair. Ça a été dit, rappelé, c'est public. Et donc, moi, je ne cherche pas à bloquer les institutions pour pousser le chef de l'État à sa démission. Il y a déjà eu la folie. Parce que là, nous sommes dans une situation de blocage. Je finis ma phrase en vous disant qu'il y avait déjà eu la folie de la dissolution. On n'allait pas continuer avec une folie de la destitution. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans une situation où le pays doit être gouverné.
Et que de toute façon, même si on avait un nouveau président de la République, au passage, ça pourrait être Marine Le Pen, ce que évidemment, je ne souhaite pas. Mais de toute façon, l'Assemblée reste la même, puisque aucun président ne peut dissoudre l'Assemblée avant le mois de juillet. Donc, tout cela concourt à une seule chose. Il faut chercher de la stabilité, permettre au pays d'être gouverné. Et c'est ce que je souhaite le plus ardemment.
Et Jean-Luc Mélenchon, qui n'a aucun mandat, qui est venu hier en personne à l'Assemblée nationale, assisté à une situation qu'il avait prophétisée, assis au balcon, la mine réjouie, comme au spectacle, comme s'il était à la comédie française, sans vous, sans le vote socialiste, la pièce était gâchée ?
Mais moi, je ne joue aucune pièce. Et je n'ai pas...
Jean-Luc Mélenchon, qui n'a même pas assisté au discours de Boris Vallaud.
Oui, mais moi, je ne me pose pas la question de ce que fait Jean-Luc Mélenchon. Ça m'est complètement indifférent. Ce que je crois, c'est qu'à chaque fois que nous sommes appelés à prendre nos responsabilités, nous avons à faire des choix. Et ces choix-là, effectivement, je les assume. Quels que soient les choix des uns et des autres. Et ce que je veux maintenant, Sonia de Villers, c'est effectivement que le chef de l'État comprenne aussi qu'il y a eu des votes. Et il faut respecter les Français. Il y a eu un vote au mois de juillet, il y a un vote du Parlement maintenant.
Et donc, je souhaite que dans la journée, le chef de l'État appelle l'ensemble des chefs de partis et qu'ils puissent avoir avec eux une discussion. Chef de partis, chef des groupes parlementaires. Mais, Sonia de Villers, j'ai été à plusieurs reprises voir le chef de l'État à chaque fois que nous avons été invités à le rencontrer. C'était ces fameuses rencontres dites en format Saint-Denis. Donc, je n'ai pas de problème pour discuter. Et je suis prêt même à avancer pour pouvoir arriver à trouver les conditions dans lesquelles ce pays peut être valablement gouverné.
Donc, concrètement, Olivier Faure, vous demandez à Emmanuel Macron, là...
Oui, je demande à Emmanuel Macron... ...de réunir tous les chefs de partis. Chef de partis, président de groupe, de ceux qui ont participé au Front Républicain. Puisque l'évidence, c'est quand même que le Front Républicain l'a emporté le 7 juillet. Et donc, je souhaite que cette rencontre puisse avoir lieu dans les meilleurs délais et faire en sorte que nous puissions discuter des conditions dans lesquelles on peut avancer.
Et donc, il n'appelle pas Marine Le Pen ?
Donc, il n'appelle pas Marine Le Pen. Mais, ça me paraît évident. On ne peut pas... Enfin, il y a des votes, quoi. Il y a quand même... Moi, je ne comprends pas cette façon qu'on a de mépriser complètement la démocratie. Et vous étonnez ensuite que les Français disent, au fond, la démocratie, ce n'est plus un sujet.
Les Français le disent très très fort, Olivier. C'est-à-dire que là, l'enquête Ixos et Ripoff, publiée par Le Monde... La crise de confiance qui concerne le personnel politique, jugée corrompue à 63%, non représentative à 70%, agissant pour ses intérêts personnels à 83%. C'est-à-dire qu'on va droit vers un sentiment anti-système extrêmement très...
Je vous dis là, ce matin, je vous dis exactement le contraire. Je vous dis... J'essaye de faire la démonstration inverse en vous montrant qu'il y a des gens qui sont prêts à dialoguer, qui sont prêts à avancer, mais dans la clarté.
Alors justement, dans la clarté, éclaircissez-nous, puisque depuis quelques jours, vous plaidez pour un changement de méthode, puisque depuis quelques jours, vous plaidez pour la nomination d'un premier ministre de gauche qui applique les priorités du nouveau Front populaire, mais avec le souci permanent du compromis. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que les Français, je reviens toujours à eux, le 7 juillet, ils ont donné l'avantage à la gauche, mais ils ne lui ont pas donné une majorité absolue. Et donc, il est logique que nous ayons une forme de priorité au sens où nous devons avoir la capacité d'initiative, c'est le gouvernement, mais que nous devons nous en remettre au Parlement, et donc accepter l'idée que nous ne pouvons pas de toute façon faire adopter quelque projet que ce soit, sans aboutir à un compromis. Ça supposerait quoi ?
Ça supposerait que nous puissions dire, eh bien, que nous abandonnons le 49-3, qu'il n'y aura pas de passage en force, et donc sur chaque texte, nous serons obligés de trouver des compromis avec...
Ah, sur chaque texte ! C'est-à-dire que...
Sur chaque texte ?
Donc vous restez...
Mais l'Assemblée, c'est sur chaque texte, c'est pas...
Donc vous restez exactement comme le dit Mathilde Panot, le programme, rien que le programme, seulement le programme, c'est ce qu'avait dit... Non, non, non, justement, mais ensuite, au texte par texte, on va chercher des majorités à l'Assemblée nationale. C'est ça que vous voulez ?
Je viens de vous dire que sur les priorités qui ont été celles du Front populaire, nous devons pouvoir avancer. C'est normal que nous représentions nos électrices et nos électeurs. Nous nous sommes faits élire sur un projet. Et donc, ensuite, nous sommes aussi conscients du fait que nous ne sommes pas seuls, et que de toute façon, nous ne pouvons pas appliquer tout le programme, rien que le programme, selon la formule consacrée. Donc ça suppose que nous rentrions en dialogue avec ceux qui seront au Parlement, et permettre sur chaque texte...
Donc c'est pas tout à fait ce que dit Mathilde Panot, en effet. Oui, je crois, en effet. Eh ben voilà, non mais c'est bien de clarifier les choses.
C'est clair depuis le début.
Donc il y a rupture avec Mathilde Panot, il y a rupture avec la... Il y a divergence. Il y a divergence.
Oui, absolument.
Parce que là, elle vous accuse déjà de passer dans le camp adverse. Elle vous accuse déjà de pactiser avec les macronistes.
Oui, alors je ne sais pas de qui vous êtes la porte-parole ce matin, si c'est celle de M. Macron... De personne. De Mme Panot, mais c'est normal, vous faites votre boulot. Voilà. Donc du coup, je vous réponds aussi. Si je vous disais que moi j'étais en train de dire que je veux tout édulcorer de ma propre volonté, je comprendrais qu'on m'accuse de dire que je veux faire une alliance avec d'autres. C'est pas ce que je dis. Je dis je suis fidèle à ce que je porte, à ce que je crois. Simplement, je suis aussi un démocrate et en démocratie, on accepte le vote des Français. Et le vote des Français, il a dit quoi ? Il a dit que nous ne sommes pas majoritaires à nous seuls.
Donc vous êtes prêts à faire des concessions.
Voilà, des compromis.
Et qu'il vaut mieux parfois faire un pas qui n'est pas exactement celui qu'on avait prévu de faire, mais plutôt que de ne rien faire et de rester dans la protestation et le témoignage. Je ne veux pas simplement témoigner et protester.
Est-ce que vous pouvez y aller par exemple dans ce compromis, dans ce futur gouvernement avec des macronistes, avec éventuellement des députés qui suivent Edouard Philippe ? Est-ce que vous pouvez y aller sans les Verts ? Est-ce que vous pouvez y aller sans les communistes ? Est-ce qu'ils sont prêts à vous suivre ?
Mais moi je lis ce que disent les communistes et les écologistes. Ils sont parfaitement sur la même ligne que celle que je vous donne ce matin. Ils sont prêts à prendre leurs risques et à dire que le pays mérite mieux que de sinistres calculs. Parce que moi je ne sais pas...
Alors pourquoi vous n'avez pas commencé par là ?
Pourquoi je n'ai pas commencé par là ?
Pourquoi ne pas avoir cherché le compromis dès le départ ? Pourquoi annoncer aujourd'hui, là, cette semaine, que vous voulez changer de méthode ? C'est vous qui dites on va changer de méthode.
Mais je dis on va changer de méthode par rapport à ce que fait Michel Barnier. Moi j'ai toujours dit que j'étais pour le compromis. Je l'ai dit, je l'ai même écrit le 22 août. Et les présidents de groupe l'avaient écrit le 12 août. Donc pour moi c'est une évidence. Je suis un socialiste. Et les socialistes ont déjà gouverné. Ils ont déjà fait la démonstration qu'ils savaient bâtir des compromis. Même ce qu'on appelle la social-démocratie, c'est quoi ? C'est donc la construction d'un rapport de force d'abord. Donc vous êtes un socialiste. Et sur la base d'un rapport de force, nouer des compromis parce que nous ne sommes pas seuls. Voilà, c'est aussi simple que ça.
Qui diverge maintenant officiellement avec Jean-Luc Mélenchon. Merci Olivier Faure. Merci Sonia De Villers. C'est une conclusion à laquelle je ne m'attendais pas. Mais enfin je l'assume parfaitement aussi. Et bien voilà, merci Sonia. Merci d'avoir regardé cette vidéo.
Olivier Faure