Macron sans tabou en Afrique #cdanslair 28.11.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 31 %Attaque 33 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:36OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'Emmanuel Macron connaissait bien l'Afrique avant sa tournée ?
- 8:13OuverteRéponse directe
Quelle était l'attente autour de la venue de Macron au Burkina Faso ?
- 11:02OuverteRéponse directe
Comment ce discours a-t-il été reçu selon vous ?
- 11:49OuverteRéponse directe
Le colonialisme, l'esclavage, le franc CFA, les visas étudiants : Macron a abordé tous ces sujets. Comment cela a-t-il été perçu ?
- 29:38OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de ce qu'il a dit sur les femmes ?
- 35:26OuverteÉludée
Macron va-t-il défendre les intérêts de grandes sociétés françaises en Afrique ? Si oui, lesquelles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:51InvitéFait
« Emmanuel Macron ne connaît pas très bien l'Afrique. »
- 2:12InvitéFait
« Il a fait son stage de l'ENA, six mois, à l'ambassade de France au Nigeria. »
- 2:33InvitéChiffre
« C'est un continent qui est riche de sa population qui va doubler d'ici à 50-60 ans. »
- 6:11InvitéChiffre
« Depuis 20 ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché sur le continent. »
- 14:02InvitéChiffre
« Partout, vous avez 7, 8, 9 enfants par femme. »
- 14:20InvitéPromesse
« Je veux partout en Afrique qu'une jeune fille puisse avoir le choix de ne pas être mariée à 13 ans ou à 14 ans et commencer à faire des enfants. »
- 27:16InvitéPromesse
« On va déclassifier toutes les archives là-dessus. »
- 35:17InvitéChiffre
« En 2016, les échanges commerciaux avec l'Afrique ont généré pour la France un excédent de 5,4 milliards d'euros. »
- 49:10InvitéChiffre
« 15 000 migrants seraient retenus par des bandes armées en Libye. »
- 51:15InvitéPromesse
« Emmanuel Macron annonce une initiative franco-africaine pour frapper les réseaux de passeurs. »
- 58:57InvitéFait
« vous les Européens, les Français, vous avez des montres et bien nous on a du temps »
- 1:00:11InvitéFait
« je vous ai compris, vive l'Algérie française »
- 1:00:17InvitéFait
« c'est vous qui connaissez le chemin, on va marcher ensemble »
- 1:02:10InvitéFait
« le Rwanda a par exemple décidé de stériliser ses hommes »
- 1:03:24InvitéFait
« cacao à moindre prix en échange de votre sécurité »
- 1:04:22InvitéChiffre
« on a 3000 soldats à peu près dans les forces Barkhams »
Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 223 %
- Invité 321 %
- Présentateur12 %
- ?6 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
≈ 30,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. On ne peut pas dire que le président était attendu au Burkina Faso avec des brassées de fleurs. Manifestation, jet de grenade contre un véhicule de soldats français. C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron a entamé sa tournée africaine face aux étudiants de l'université de Ouagadougou. Il a abordé tous les sujets qui fâchent. Dans le désordre, colonisation, France CFA, sort des migrants en Libye, démographie, place des femmes. Plus d'une heure de discours et des échanges directs avec des jeunes, parfois remontés envers la France.
Le chef de l'État a voulu casser les codes pour sa première tournée africaine. Une délégation de start-upeurs et un discours sans filtre. Macron, sans tabou en Afrique, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Yves Tréa, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Antoine Glazer, vous êtes journaliste spécialiste de l'Afrique. Je rappelle votre dernier livre, Arrogant comme un français en Afrique, publié chez Fayard. Stéphanie Hartmann,
vous
êtes journaliste, vous êtes spécialiste des questions de politique africaine à Radio Africa numéro 1. Enfin, Falila Badamassi, vous êtes journaliste spécialiste de l'Afrique à Géopolis Afrique, un journal en ligne de France Télévisions. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Naturellement, nous allons revenir en longueur sur ce discours, on va le dire, assez inattendu d'Emmanuel Macron et cet échange électrique avec les jeunes de l'université de Ouagadougou. Mais d'abord, un mot sur Emmanuel Macron et l'Afrique. Il connaît bien l'Afrique, est-ce qu'il en avait parlé pendant sa campagne présidentielle ?
Ce que je disais à Antoine, on se connaît bien avant d'entrer sur ce plateau, on ne connaît jamais bien l'Afrique. Emmanuel Macron, d'abord parce que l'Afrique est vaste, elle est anglophone, elle est lusophone, elle est francophone, elle est arabe au nord et il y a une variété, si vous voulez, de peuples, une variété de cultures. Elle n
'est
pas unique l'Afrique, ça c'est la première des choses. Deuxième des choses, évidemment, Emmanuel Macron ne connaît pas très bien l'Afrique. Il a fait son stage de l'ENA, six mois, à l'ambassade de France au Nigeria et il semblerait que ça a été couronné d'un certain succès parce qu'il a eu une excellente note.
Mais Emmanuel Macron a cette particularité-là, c'est qu'il ne s'interdit rien en politique étrangère comme en politique intérieure et il sait que l'Afrique, c'est un continent qui a de l'avenir puisque c'est un continent qui est riche, évidemment, de matières premières, c'est un continent qui est riche de sa population qui va doubler d'ici à 50-60 ans et c'est un continent qui est en train de sortir, d'émerger, si vous voulez, et donc, eh bien, il voit bien qu'il n
'y
a pas beaucoup de pays occidentaux et notamment de chefs d'État occidentaux qui s'y intéressent. Madame Merkel, même s'il y
a
des intérêts allemands en Afrique, eh bien, est quand même assez loin des préoccupations africaines. Londres, aujourd'hui, il y a beaucoup d'autres choses à faire et de chats à fouetter que de s'intéresser à l'Afrique. Donald Trump, on ne peut pas dire qu'il a un tropisme africain très prononcé. Alors,
il y a la Chine, il y a
effectivement la Chine dont on le lit depuis maintenant une dizaine d'années, eh bien, investit massivement ce continent. Mais la France, eh bien, la France, elle a des attaches là-bas, elle a une histoire avec l'Afrique qui est une histoire forte, qui est très diverse, je dirais aussi. Et
ça, il en a parlé. Il l'a évoqué,
il n'a rien évité. Et il est sûr qu'en plus, avec un bassin de population qui parle le français, qui est francophone, il a eu un discours sur la francophonie, d'ailleurs, assez intéressant pour dire aux Africains, « Appropriez-vous le français, la francophonie ». La francophonie, ce n
'est
pas uniquement le français de Paris, c'est aussi le français de Ouagadougou, de Dakar, de Bobo Dioulasso ou d'Abidjan. Et je dois dire que l'exercice auquel il s'est livré, qui était un exercice assez...
qu
'il pouvait avoir des risques, si vous voulez comporter des risques pour lui, eh bien, il s'en est plutôt pas
mal
sorti.
Et
on verra quelques images dans un instant. Une tournée africaine pour un jeune président, mais un président français, ce n
'est
pas rien.
Non, ce n
'est
pas rien, mais en même temps, on sentait une certaine jouissance chez lui, une certaine provocation. Aller au pays de Burkina Faso, où en octobre 2014, il y a quand même un soulèvement populaire qui a fait fuir l'ancien président Blaise Compaoré, qui quand même, pendant très longtemps, a été le chouchou de la France, sinon de l'armée française. Arriver comme ça, je veux dire, dans cette université, où il avait fermé même les écoles...
C'était tendu.
C'était très tendu, mais on sent que ça lui faisait plaisir, simplement. Il a été arrivé comme l'enfant qui vient de naître, qui est arrivé sur la planète Mars. Tout ce qui s'est fait avant moi, je ne connaissais pas cet héritage, cette France-Afrique, c'est pas moi, c'est les autres, etc. C'est vrai que c'était assez habile.
On
va voir à terme si l'exercice est concrètement. Mais sur le fond, il y avait quand même de la condescendance, mais sur le fond, il y a quand même une volonté de rupture.
Encore une fois, on va voir
ce qu'il a dit en détail au cours de cette émission, parce qu'il y
a
beaucoup de choses dans ce discours. Et on a choisi d'intituler cette émission « Macron sans tabou », parce
qu'il a vraiment
soulevé tous les sujets. Mais sur le fait qu'un président de la République fasse une tournée en Afrique, encore une fois, ce n
'est
pas n'importe quelle tournée.
Ça
parle aussi à...
Oui,
mais
honnêtement, c'est très cadré. C'est trois jours,
trois pays,
six messages. C'est
sans risque, c'est ça que vous voulez dire ?
Non,
mais
je veux dire, Sarko faisait la même chose.
C
'est des visites africaines qui n'en sont pas. Parce
qu
'il fait le Burkina Faso, c'est la jeunesse. Abidjan, c'est l'Europe. Et puis le business avec le tramway, je veux dire, financé par la France. Et puis le Ghana, pour montrer qu'il aime toute
l'Afrique, qu'il n'est pas de joie francophone. C'est
très codé, très codé. Ce n
'est
pas comme
ça.
En effet, oui, c'est un passage obligatoire pour chaque président français de
faire
une tournée africaine. Il faut savoir quand même que la France est une puissance mondiale aussi, grâce à son empire colonial, que depuis la décolonisation, elle essaye de garder ses parts de marché sur le continent. Elle a beaucoup de mal.
Elle
est très concurrencée par la Chine. Depuis 20 ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché sur le continent. Et depuis quelques années, vous avez de nombreux rapports de sénateurs, de parlementaires français, qui disent, l'Afrique est notre avenir. Parce qu'effectivement, l'avenir économique de la France se trouve sur le continent.
Elle
doit garder sa place forte. Et puis, sur la forme, je trouve qu'il a innové avec le contact, les questions-réponses avec les étudiants. Mais ça,
c
'est du Macron tout craché. Effectivement, il aime se confronter au public. Il n'a pas peur, on le voit avec les manifestations ici en France. Il n
'a
pas peur d'aller en contact. Il est même plutôt bon pour ça, parce qu'il sait répondre. Il a de la répartie. Mais encore une fois, c'était un passage obligé. Et je ne
suis
pas sûre que dans les opinions africaines, ça a été perçu. Antoine parlait tout
à l'heure
de condescendance. Déjà, il faut savoir qu'il y
a
eu des manifestations devant l'université. Son convoi était un peu chahuté. On criait à bas l'impérialisme. Et ce n
'est
pas sûr que le discours… Alors, il a commencé bien son discours en disant, l'Afrique est diverse. C'est effectivement ce que les opinions africaines veulent entendre. Parce qu'on parle souvent de l'Afrique, c'est 54 États. Et c'est très différent. Je ne
suis
pas sûre qu'ils pourraient s'adresser pareil en Afrique du Sud ou au Nigeria. Il a dit qu'il n
'y a
pas de politique africaine de la France. Ça aussi, je pense que ça a bien résonné dans les oreilles
des délais. Pourquoi c'était un
message important de dire cette phrase-là
?
Mais parce que beaucoup, dans les opinions africaines, on ne comprend pas pourquoi il y a une politique africaine de la France. Ce
n
'est
pas une
politique
asiatique. Il me semble que c'est une politique de la France. C'est une exception
africaine.
Et
la troisième partie du début de son discours, il a dit « je ne
viens
pas faire de leçons ». Alors cela dit, au bout de deux heures, tous ces trois déclarations ont été battues en brèche, puisqu'il a fait des leçons « appropriez-vous la langue française », puisqu'il a parlé « l'Afrique, l'Afrique », en faisant des généralités, notamment sur la démographie. Et voilà, principalement…
Et
voilà, et on en a encore des choses à dire sur ce discours. Mais juste un mot, est-ce qu'il était attendu, Emmanuel Macron, par, je ne
sais
pas, on parle du Burkina Faso, parlons du Burkina Faso, mais on pourrait parler aussi des autres pays dans lesquels il est attendu, l'élection d'un jeune président, avec peut-être une autre vision de la France. Qu
'est
-ce qu'il y avait une curiosité et une attente autour de sa venue ? Il
y avait une curiosité, parce qu'on voulait voir ce jeune président français qui a bouleversé toute la politique française. On s'attendait à ce qu'il allait nous dire, et effectivement, l'exercice est parfait. Formellement, il est parfait, parce qu'il y a tout dedans, il dit tout. Mais effectivement, il dit qu'il
n
'y a pas de politique africaine de la France, mais il y a une politique Macron de la France. Alors,
quelle
est
-elle ?
À partir d'aujourd'hui, c'est la francophonie, c'est la culture, c'est « je ne vous donne pas de leçons », c'est le business, c'est tout ce qu'il a dit pendant environ 2h45, questions comprises. Mais surtout, il passe son temps à dire « je ne vais pas vous donner de leçons ». Il le dit deux ou quatre fois. Et pourquoi elle dit ça, votre
avis ? Oui, mais
justement, c'est ça le point intéressant, parce qu'il le dit, mais il décline une série de leçons à venir. Oulé Soléenka dit « le tigre ne crie pas sa tigritude », il l'a trop répété pour qu'on ne sente pas qu'il y avait anguille sous roche. Donc, c'est vrai que formellement, c'est parfait.
Mais
encore une fois, dans un discours, les mots n'engagent, on dit les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Voilà, c'est fantastique, mais on verra à l'épreuve du temps, on est à le sommet climat le 12 décembre. Quand on parle d'aide au développement, et encore une fois, je ne fais pas d'amalgame, parce que le climat, ce n
'est
pas une question d'aide au développement, c'est un engagement contractuel, c'est l'accord de Paris. Et on va voir le leadership de la France sur quelque chose de concret, qui importe aujourd'hui aux pays africains. Parce que j'étais à la COP 23 et on a vu comment les négociateurs africains se sont battus pour que les pays développés parlent de finances. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un mot qui revient régulièrement, c'est de dire qu'il faut un nouveau partenariat. Vous savez que d'antan, j'allais dire jadis, on parlait plutôt de coopération. Là, en disant partenariat, on met tout le monde sur un pied d'égalité.
Mais ce qui est très intéressant, et je me suis livré à l'exercice, mais au bout de 1h40 de discours et 2h40 d'entretien, j'ai été débordé parce qu'il a dit au moins 300 fois « je veux
». C
'est-à-dire que c'est lui qui donne l'impulsion, si vous voulez. Quand il dit « cet incubateur de start-up avec 1 milliard d'euros à la clé », ce qui n'est pas rien quand même, qui sera installé à Ouagadougou, qui sera une espèce de poste avancé sur la nouvelle économie en Afrique de l'Ouest, dans la sous-région, il dit « je veux ». C'est lui qui décide.
La
francophonie, pareil, quand il en parle, c'est lui qui décide. Quand il parle de sécurité, c'est lui qui décide. Quand il parle de migration, c'est lui qui décide. Donc, c'est sûr que, si vous voulez, ça n'échappe pas à son public africain. Et c'est ça qui est intéressant de savoir comment ça va, si vous voulez, la maturation de
tout ça
va se
faire.
Justement, avant d'aller au premier reportage, on a vraiment envie de l'entendre, après ce que vous venez de nous dire, est-ce que vous savez, les uns et les autres, comment ce discours a été reçu ? Est-ce que vous avez des éléments d'ores et déjà, ou est-ce que c'est un peu tôt ? Moi, j'ai regardé un peu sur les réseaux sociaux,
j'avais un commentaire d'un collègue journaliste burkinabé qui disait « mais tout ce qu'il a dit, les jeunes africains ont les mêmes idées, on attend juste les actes ». Et puis ce discours, en fait, vous vous rappelez, il n
'y
a pas très longtemps, l'Institut Montaigne avait fait un rapport sur l'Afrique, et c'est vrai qu'il est fortement inspiré de ce que l'Institut Montaigne
disait. Ce sont les mêmes conseils présidentiels africains.
C'est ça. Il a créé un conseil présidentiel africain, ce sont les mêmes gens, en fait, qui font
les papiers. On a dit que c'était très nouveau,
ça, dans la démarche.
Oui,
ce qui est nouveau, on en reparlera. À mon
avis, ça s'adresse plus, CPA, conseil présidentiel africain, au diaspora africain en
France,
qu'à l'Afrique.
Alors,
le colonialisme,
l
'esclavage, le français CFA, les visas étudiants, pendant près de trois heures, Emmanuel Macron a donc balayé tous les sujets de la relation entre la France et l'Afrique, dans une ambiance parfois survoltée avec les étudiants, et tendue à l'extérieur de l'université. Le président a délibéré un discours qu'il souhaite de rupture, avec une liberté de ton assez inédite, à l'adresse d'un continent qu'il qualifie de « central » et « incontournable » Clotilde Mravko.
«
S'il vous plaît, un peu de calme
! » «
S'il vous plaît, je ne peux pas à la fois !
» «
S'il vous plaît, ils veulent qu'on arrête les questions, ils n'en peuvent plus !
»
Cela fait près de trois heures qu'il fait face aux étudiants. Une heure et demie de discours, puis des questions-réponses. Le président français prend son temps. Fait même la discipline. Chacune de ses phrases a été soigneusement travaillée, pas question d'apparaître comme l'héritier de la France-Afrique.
«
Je ne vous donnerai pas de leçons.
Le
président de la République française n'a pas à expliquer
dans
un pays africain
comment
on organise la Constitution, comment on organise les élections ou la vie libre de l'opposition.
Je
suis d'une génération de Français pour qui
les
crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire.
»
Mais au bout d'une heure de discours, le président distille quelques conseils. « Nous ne
pouvons simplement ne
laisser jamais
la
religion vous convaincre
que
c'est une aventure de destruction de l'autre.
Ne
laissez jamais, au nom de votre religion, certains faire croire qu'ils pourraient dominer, voire détruire,
ceux
qui ne croient pas ou ne croient pas pareil.
Ne
laissez jamais, au nom de votre religion, asservir les consciences ou les individus.
»
Puis il revient sur l'une de ses phrases qui avait fait polémique. En juillet dernier, lors du G20, Emmanuel Macron fait le lien entre les problèmes économiques de certains pays africains et le taux de fécondité des femmes.
«
Partout,
vous
avez
7,
8, 9 enfants par femme.
Est
-ce qu'à chaque fois, dans chaque famille, vous êtes bien sûr que c'est le choix de cette jeune femme ? Je veux le choix pour une jeune fille de pouvoir, si elle le souhaite, continuer ses études, de continuer à se former, de trouver un emploi, de créer une entreprise, de pouvoir faire ce choix, elle et personne d'autre. Je veux partout en Afrique qu'une jeune fille puisse avoir le choix de ne pas être mariée à 13 ans ou à 14 ans et commencer à faire des enfants. » Dans l'amphithéâtre, l'accueil oscille entre applaudissements
et
agacement face à la politique africaine actuelle de la France.
« Aujourd
'hui, le nombre d'étudiants boursiers en France est de 500, alors que nous recevons beaucoup plus de soldats de vous.
» Je
préférerais vous envoyer beaucoup moins de soldats, je vous le dis. Et ce que vous devriez faire, vous êtes une jeune femme, imaginez
que
vous êtes une jeune femme
qui
vit à Angoulême en France.
Elle
n'a jamais vu Ouagadougou.
Elle
n
'y
a peut-être même pas entendu parler d'Ouagadougou.
Et
elle a son jeune frère qui se bat dans les troupes françaises et qui est peut-être mort ces derniers mois pour vous sauver. Interrogé sur le dossier libyen, Emmanuel Macron condamne les crimes sur place mais ne veut pas que la France en porte seule l'entière responsabilité.
«
Qui sont les trafiquants
? Posez
-vous quand même cette question en tant que jeunesse africaine. Vous êtes incroyable
! Qui
sont les trafiquants ? Mais ce sont des Africains, mon ami ! Ce sont des Africains
! Posez
-vous aussi cette question ! Ce ne sont pas des Français qui sont en train de faire les passeurs en Libye.
Ce
sont des Africains. Donc il faut qu
'on
prenne nos responsabilités tous on a commencé à le faire pour les démanteler. Mais arrêtez dans ce discours aussi qui consiste à dire le problème c'est l'autre. La France n'y serait pour rien. Même constat lorsqu'une étudiante lui demande d'apporter l'électricité dans les universités. Quelque part vous me parlez comme si j'étais toujours une puissance coloniale. Mais moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Paso !
C
'est le travail du président ! Climat électrique dans l'amphithéâtre, tendu à l'extérieur. Bus de la délégation française caillassée, attaque hier soir à la grenade d'un véhicule militaire français qui a fait trois blessés civils et manifestation ce matin devant l'université. La visite d'Emmanuel Macron ne fait pas l'unanimité au Burkina Paso.
On
était déjà les uns les autres en train de commenter ces images qui sont absolument incroyables. Il les engueule, pardon de le dire comme ça.
Il hausse le ton.
Oui, parce que, encore une fois, c'est la technique Macron. Il a deux choses qu'il caractérise particulièrement. C'est un, qu'il a tendance à faire ce qu'il dit ou ce qu'il a dit.
Et
deux, il ne se cache jamais derrière son petit doigt. C'est
-à
-dire que c'est évidemment pas un discours où il cherche à flatter son auditoire. C'est en rupture totale, je dirais, avec une tradition française du discours à l'étranger où généralement, le président de la République, y compris le général de Gaulle, disait « vous êtes les plus beaux, prenez votre indépendance, » tout ça. Pas du tout.
Je n
'ai jamais vu une séance de questions-réponses comme celle de Ouagadougou. Est-ce une première pour un président français ?
C'est un peu une première pour un président français parce que je n
'ai
jamais vu Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac, qui était un grand flatteur pour le coup, Sarkozy, Hollande, faire ça. Et là, c'est vrai, il leur dit « vous avez votre destin en main ». Parce qu'effectivement, il a ce discours qui est quand même teinté ici ou là « c'est moi qui décide, je veux décider, je veux, je veux » et on l'a vu là. Mais il veut aussi dire aux Africains « vous avez aussi votre destin en main ». Et par exemple, l'histoire des passeurs, c'est assez gonflé, si vous me permettez l'expression, parce que ça peut être mal vu, si vous voulez. Qui dit passeur, dit aussi limite l'exploitation de l'être humain, l'esclavagisme, tout ça.
Et il renvoie finalement les Africains, Nord et Sud, parce que je pense qu'il visait beaucoup l'Afrique maghrébine, ou du machrec, il visait beaucoup cette Afrique-là quand il parlait des passeurs. Et bien, il le dit, quoi. Et ça, ça renvoie à un passé, qui est un passé qui est antérieur à l'esclavagisme qui avait été pratiqué par les Européens. Oui, c'est vraiment aussi une volonté. Je pense que c'est surtout la réelle politique, ça veut dire, il a pris la mesure que finalement l'influence française n'existe de moins en moins en Afrique, que l'Afrique était en train de se mondialiser totalement.
Il
a pris cette mesure-là.
Et
donc, maintenant, c'est vous,
c
'est vous, moi, c'est moi, vous, vous débrouillez, moi, je vais faire le service minimum. Et si à un moment donné, vous voulez qu'on se désengage, on va se désengager de l'armée, du CFA. On sent derrière tout ça, il y a quand même une volonté de retrait. À un moment donné, c'est fini. La période France-Afrique, politique, financière, le côté verrouillé, il
y a
une volonté quand même de prendre du recul.
C'est curieux parce que vous dites ça et en même temps, dans ce qu'on entendait dans le reportage des extraits du discours, il y avait ce côté volontaire, je veux... Oui,
mais je veux
que vous débrouillez.
En fait, c'est le
premier chef d'État africain qui ne parle plus à ses homologues. C'est ça, il essaie... Il essaie d'être en
fait
de Barack Obama, d'une sorte de Barack Obama vis-à-vis finalement d'aller...
Alors pardonnez-moi, je ne me suis pas, pourquoi ?
Vous pourrez aller devant les sociétés civiles africaines au lieu d'être scotché avec les anciens chefs d'État africains. C'est ça la nouveauté, c'est vraiment ça. Je veux dire, c'est le premier président français qui s'adresse comme ça à des sociétés civiles africaines, à la jeunesse africaine, aux sociétés civiles africaines, aux femmes, alors que jusqu'à présent,
c
'est vrai que toute la période de la France-Afrique,
c
'était des chefs d'État africains, très souvent institutionnels, cooptés souvent par la France d'ailleurs au pouvoir avec un deal, donnez-nous vos matières premières, on vous assure votre sécurité. Ça a été comme ça pendant 50 ans avec un système très verrouillé et on est resté dans un anachronisme historique. Et là, il arrive en disant, de la planète Mars, en disant, pour moi c'est fini, c'est vous qui comptez. Il a même quand même dit, carrément, si j'ai bien entendu, à la jeunesse africaine, maintenant, il y a un vent de liberté, c'est à vous de vous émanciper, moi je serai un chef d'État d'Afrique centrale, il leur a quasiment dit de faire la révolution dans leur pays.
Il y a quand même un côté comme ça, en disant, si ça bouge ailleurs comme ça a bougé chez vous, Burkina Faso, ce n
'est
pas de ma faute.
On peut faire un parallèle avec ce qui s'est passé pendant la campagne, vous le disiez à chacun, prenez votre risque, allez-y, prenez-vous
en main.
Ça, c'est le logiciel Emmanuel Macron. Quand vous faites le parallèle avec les chefs d'État et la façon dont les choses se faisaient avant, est-ce que c'est mieux, à un moment donné, d'aller parler à cette jeunesse, d'aller parler à cette société civile ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il met les Africains face à leurs contradictions, qui sont, alors les opinions et les chefs d'État aussi, qui sont une sorte d'attirance-répulsion face à l'ancienne puissance coloniale, où on l'accuse de tous les maux, et en même temps, on aimerait qu'elle ne s'occupe plus de nos affaires. Donc là, c'est nouveau. En même temps, effectivement, la France-Afrique de Faucard,
c
'est fini. C'est-à
-dire
qu'on ne
passe
plus, c'est plus une France-Afrique d'État à État. Mais la France-Afrique est encore vivante, elle passe par des réseaux, c'est par exemple M. De Villepin et M. Long qui vont à Brazzaville récemment apporter un soutien à un président de Nyssa-Sungueso en difficulté. Donc voilà, la France-Afrique vivote encore. Mais c'est vrai qu'il est nouveau là-dessus, en mettant les Africains face à
ces
contradictions. Après,
je
ne
suis
pas sûre, donc ça reste des discours. Il est nouveau dans le discours. Mais après, la politique africaine de la France ne se fait pas seulement à l'Élysée. Et dans les faits, par exemple, il va envoyer des hélicoptères. Apparemment, la France a accepté la vente d'hélicoptères d'attaque au régime togolais qui vit actuellement une crise politique et qui est connue pour réprimer sa population. Donc, dans le discours, c'est nouveau. Après, la parole de Macron ne suffit pas à renouveler un partenariat ou à renouveler une coopération. Ce qu'il dit sur la colonisation, c'est neuf, c'était attendu. Oui. Juste une petite parenthèse. C'est générationnel. C'est un jeune qui parle à des jeunes.
Et en plus, c'est un jeune qui sait très bien que les jeunes auxquels il s'adresse n'ont pas le pouvoir. Et c'est toute la dichotomie de ce voyage. On voit bien que les chefs d'État avec qui il va parler, ce sont des, entre guillemets, des vieillards. Mugabe est parti, mais le problème n'est pas complètement réglé. Mais il sait très bien que c'est eux qui comptent. Et qu'en même temps, ils n'ont pas les manettes. Et quand ils ont les manettes du pouvoir, c'est au cœur de la société civile, comme ça c'est fait. Et donc finalement, il dit « Si vous êtes dans la rue, je vous soutiendrai d'une manière ou d'une autre. »
Au
Togo, on a attendu longtemps que l'Élysée se prononce sur ce qui se passait. Il va rencontrer le président togolais dans quelques jours ou dans quelques heures. Je ne sais pas exactement. Mais moi, je pense qu'il peut s'adresser comme ça aux jeunes parce que c'est un fait générationnel. Il est jeune. Et il sait que ça va prendre justement une génération. Parce que les jeunes auxquels il parle n'ont pas le pouvoir. Ils vont l'avoir. Et ils sont chaque jour de nous démontrer en Afrique qu'ils le prennent. Et que la société civile prend le pouvoir. Finalement, ce qui compte en Afrique aujourd'hui, c'est le pouvoir.
Et
c'est le... Excusez-moi d'utiliser un mot anglais. L'empowerment qu'on va donner à la société civile. Parce que finalement, c'est elle qui règle tout. Finalement, aujourd'hui, les chefs d'État sont dans des systèmes, dans des réseaux. Chacun fait un peu sa petite bouillabaisse. Mais les gens qui décident, quand ils ont le pouvoir de décider, c'est finalement la société civile. Et les jeunes, ces jeunes rappeurs, ces jeunes mouvements citoyens.
Juste
une petite... On n
'a
pas beaucoup entendu le président du Burkina Faso pendant l'échange.
C
'est normal ?
Moi, je pense que
c'était prévu.
C'était comme ça. C'était prévu.
Je pense que la forme est un peu étrange. Vous avez un président qui s'exprime dans une université à l'étranger. Un président
étranger
qui s'exprime dans une université. Puis vous avez le président qui écoute
patiemment. Alors, à un moment, il est sorti... Alors,
apparemment, ce n
'est
pas un incident diplomatique, mais il avait été un peu alpagué par Macron en disant c'est à votre président, Rochmark-Estan Caboret, de régler le problème de l'électricité. Mais effectivement, la forme était un peu
gênante.
Monsieur Caboret n'aurait pas dû être sur place, à mon avis. Mais en même temps, c'est ce qui se passe. Justement, c'est ce que je dis. Il y
a
un transfert de pouvoir. Il a très bien compris que le pouvoir était... Quand un chef d'étranger s'adresse à des parlementaires,
c
'est ce qu'il fait. Là, c'est comparable. Le
pouvoir,
c
'est
la société civile. Le pouvoir, c'est la société civile. C'est eux le futur.
Il est arrivé au pouvoir
avec la société civile.
C'était civil, il sait.
Juste un mot sur le colonialisme. Il a eu une phrase là-dessus, sur le sujet.
Est-ce que c'était
acté ? C'était nouveau ?
Je pense qu'en fait, il ne
faut
pas oublier la phrase qu'il avait déjà sortie en Algérie.
C
'est un crime
contre l
'humanité.
Il n'a pas
répété les mêmes mots. Il a surtout cité André Gide ou Albert Londres. Ça veut dire qu'il fait référence aux dizaines de milliers de morts pour la construction du chemin de fer Congo-Océan. Donc, c'était très marquant et très marqué sur ce qui s'était passé par rapport à chaque fois. C'est dû en même temps. Oui,
c'est ça. Il va dire, il y a eu des
bonnes choses. Mais c'est vrai, il veut trancher. Il veut être à l'écoute. C'est quand même nouveau.
C
'est nouveau. Ceci dit, ceci dit, enfin, moi, je répète toujours, la même chose, c
'est
la réale politique. Je veux dire, même s'il voulait un président français, le monde a changé. L'Afrique s'est mondialisée. Franchement, la France assure la sécurité en Afrique. Mais pendant ce temps-là, les Allemands, ils font leur business. Les Espagnols, il n'y
a
pas que les Chinois, les Brésiliens, les Indiens, les partenaires européens de la France. Tout le monde est content que l'armée française soit là. Mais pendant ce temps-là, le business,
la France... Nous, on
assure des missions régaliennes en Afrique pendant que les autres font du commerce. Ce qui est important, alors sur le chat...
Et on fait un
peu de commerce en
passant aussi. Évidemment.
On
le verra dans un instant. Vous assurez.
Et quand j'entends que la France-Afrique est morte, il
y a un spécialiste en face de moi et il sait très bien que c'est faux.
Mais sur la décolonisation et sur... Il y a un point très important si on veut comprendre ce voyage aussi au Burkina Faso. C'est de dire sur... Il y a une figure tutélaire en Afrique
qui
est Thomas Sankara qui a été président de ce pays pendant 4 ans et qui était adoré. Moi, je sais, quand il est mort, j'étais là-bas, il était adoré de toutes les populations africaines.
C
'était une espèce de demi-dieu. comme Apulet Nasser, comme Mandela. Et il est mort par assassinat, peut-être d'ailleurs, dit-on, de celui qui va lui succéder qui s'appelle Blaise Kampahoré. En 1987. En 1987. Il a fait deux gestes, Macron, aujourd'hui, qui ne sont pas rien quand même. Un en disant... Parce qu'on a toujours soupçonné les services français d'être un peu à la manœuvre.
Un,
il a dit on va déclassifier
toutes
les archives là-dessus.
Ce
qui n
'est
quand même pas rien. Son prédécesseur l'avait dit. Oui, mais il le répète. Et
le prédécesseur ne l'a pas fait.
Non, voilà, c'est ça.
Lui,
il a dit vraiment, il est allé
plus loin. Première chose. Et deux, sur le frère, justement, du président qui a succédé à Sankara, c'est-à-dire Kampahoré, François Kampahoré, qui est poursuivi par la justice, il a dit qu'il ferait tout son pouvoir, enfin tout son possible, pour que la justice française accède à la demande d'extradition de cet
homme qui n
'est pas dans le coup de Sankara, enfin peut-être qu'il l'est, mais lui,
c
'est plutôt pour
l'assassinat d'un journaliste. C'est important pour la jeunesse.
Je vais vous dire pourquoi c'est très
important.
D'abord, ça lui a permis de déminer son intervention. Il ne lisait pas à ce moment-là, il a déminé, parce qu'avant il a commencé à dire ça, hommage
à
Thomas Sankara, et en même temps, il a vraiment dit sur la politique qu'il n
'y a
plus de politique africaine. Mais pourquoi c'est important ? Parce que le prédécesseur, Blaise Kampahoré, celui qui a succédé, a été quand même l'homme de toutes les turpitudes de la France dans la région, que ce soit le Liberia, que ce soit Jonas Savimbi, etc. Que ce soit aussi la rébellion. La rébellion ivoirienne était quand même à Ouagah. Donc je veux dire, le fait que son prédécesseur, François Hollande, qui avait joué quand même un double jeu, en même temps, il faisait fuiter à l'Elysée, qu'il avait demandé à Blaise Kampahoré s'il voulait le poste à la francophonie, à l'Organisation internationale de la francophonie, au lieu de rester au pouvoir, de se maintenir au pouvoir.
Mais en même temps, c'est le même François Hollande qui a envoyé les forces spéciales françaises exfiltrer Blaise Kampahoré du Burkina en Côte d'Ivoire pour pouvoir finalement, pourquoi ? Pour service rendu. Parce que c'est l'armée française qu'il
a
dû lui demander. Donc je veux dire, là, c'est pour ça que c'était très important. Hommage à Thomas Sankara, franchement, ça ne coûte pas très cher.
Sur la clé, il y a des
classifications. Personnellement, très souvent, tous ceux qui ont regardé ça, souvent,
c
'est caviardé. Souvent, après, c'est oral. C'est très difficile, on a vu. Il y
a
même un groupement de gens, que ce soit pour l'affaire Borel, que ce soit depuis Ben Barka, tout ce qui a été déclassifié, il y a toujours une commission de renseignement qui prend le stabilo noir. Il n
'y
a pas grand-chose qu'en sort. Donc là, ça ne coûte pas cher, mais l'effet est positif.
Je voudrais juste dire un mot assez vite, si c'est possible, sur ce qu'il a dit sur les femmes. On a bien vu qu'il y
avait
une rupture sur la forme, ça c'est clair, en partie sur le fond. Quand il s'adresse aux femmes en disant, je veux, là encore, je veux la scolarisation obligatoire de toutes les femmes, etc. Là, ça fait partie des discours qui sont attendus. Comment est
-ce
que c
'est
reçu ? Moi, je pense qu'il se rachète pour la dernière fois parce que quand il a parlé de la démographie la dernière fois, il disait, il touchait, et il le rappelle, quelque part, je trouve que c'est un mea culpa parce qu'il dit oui, faire des enfants. Quand il disait que les femmes africaines faisaient beaucoup d'enfants, c'est la première fois qu'on visait de façon, non, même on aurait pu dire l'Afrique, les pays africains.
Donc, il a visé la femme africaine, je pense que là, il se rattrape un peu et son discours sur la démographie a un peu changé par rapport à ce qu'il disait la dernière fois parce que les femmes africaines, évidemment, il le rappelle lui-même, elles ne font pas des enfants parce qu'elles ont envie
de faire des enfants. Mais sur la scolarisation, sur la scolarisation, sur ce qu'il
attend des femmes et
de cette génération de femmes. Tout cela est
lié, il parle des mariages précoces et tout ça, tout ce qu'il dit aujourd'hui est très trendy dans la société civile africaine. C
'est rien,
on en prend conscience, tout le monde se bat contre les mariages précoces dans tous les pays du monde. Elles avaient
envie d'entendre ça
? Elles avaient, mais elles le font déjà. C'est-à-dire que là, vraiment, il revient sur des choses qui sont presque acquises. C'est bien qu'un président français le reconnaisse parce que ça fait bien, etc. Mais c'est quelque chose qui se passe déjà dans la société civile.
C'est une
espèce de coup de
pouce que je veux aussi aux femmes
parce qu'il faut savoir
que... Il
confirme une tendance aussi.
C
'est-à-dire que tout ce qu'il dit, il n
'a
pas inventé l'eau tienne. C'est ce qui se passe déjà
dans la
société civile. C
'est
juste parce qu'il a
été un peu brocardé quand il a eu ces propos
-là. Il a dit pour vous...
Vous avez raison sur le fait, je sais qu'il y a
les
développeurs autour de lui, qui l'entourent, etc., qui ont beaucoup insisté que finalement, le développement de l'Afrique, ça passe par les femmes. D'ailleurs, il a cité Jean-Michel Séverineau, l'ancien patron de
l
'agence française de développement. Et justement, c'est un de leurs axes depuis des années où il martèle, il a donné les bourses pour les femmes. À ce moment-là, les types ont hurlé dans la salle, et nous, et nous. Mais c'est vrai que vous avez raison.
Alors,
Emmanuel Macron a choisi la rupture dans le choix et la composition de sa délégation. Six patrons de start-up, mais pas de capitaines d'industrie pour faire le voyage avec lui. Signe que le président souhaite élargir le champ des relations économiques entre la France et l'Afrique. Mais sur place, les grands industriels français restent naturellement incontournables. Damien Fleurette et Christophe Roquet.
Il
y a des choses qui ne changent pas quand le président français pose le pied sur le sol africain.
Au
Burkina Faso, le protocole est toujours le même. Emmanuel Macron descend de l'avion, en tête, suivi des ministres.
Le
reste de la délégation attend à bord.
Ce
qui change cette fois, c'est justement cette délégation.
D
'habitude, une foultitude de grands patrons qui représentent les groupes historiques français venus faire du business en Afrique.
Mais
cette fois, aucun n'accompagne Macron.
Dans
le cortège restreint qui suivra le président pendant sa tournée africaine, seuls des start-up sont représentés. Six en tout. Parmi lesquels, l'incubateur de projets Innove en basé en Seine-Saint-Denis, Bondinove, le label parisien Maison Château-Rouge, l'enseigne de vente en ligne Afri-Market ou encore le site web Combini. Exit les grands patrons, de mémoire de spécialistes, on n'avait jamais vu ça. Emmanuel Macron, c'est un président du 21e siècle.
L
'usage aujourd'hui, il est déterminé par le digital. Et le président du 21e siècle, il parle à un continent du 21e siècle. Vous avez en Afrique aujourd'hui, une classe moyenne qui représente, c'est une petite classe moyenne, elle n
'a
pas les moyens financiers, économiques, de la classe moyenne européenne, mais elle représente un tiers du continent. Et surtout, c'est un continent extrêmement jeune. Donc vous avez beaucoup de jeunes gens qui ont une formation ou qui sont sur le point d'écrire une formation, qui sont utilisateurs de ces outils. Au fond, le président Macron, il arrive en Afrique avec les outils du 21e siècle et une pensée économique qui est également très contemporaine. C'est un peu une rupture avec le passé. Jusqu'à maintenant, dans une délégation présidentielle en Afrique, il y avait des visages incontournables.
Celui d'Anne Lovergeon, par exemple, ici en 2009 au Niger, dans les bagages de Nicolas Sarkozy, alors qu'elle est présidente du groupe Areva. Christophe de Margerie, ex-patron de Total, décédé en 2014, était lui aussi souvent du voyage, comme ici en Angola en 2009. François Hollande ne déroge pas à la règle. En Côte d'Ivoire, en 2014, le président, en VRP de Luxe, fait l'article pour Martin Bouygues qui vient d'achever la construction d'un gigantesque pont qui enjambe la lagune d'Abidjan.
Ces
grands groupes français, même s'ils sont moins mis en avant par l'Elysée, restent très implantés en Afrique. Et Fage, Vinci, Total, Bouygues sont présents dans plus de 15 pays du continent et depuis des décennies.
Les
véritables entreprises qui investissent en Afrique, ce sont ces grands groupes multinationaux qui représentent évidemment l'essentiel des intérêts économiques en Afrique et en même temps qui sont au niveau commercial,
au
niveau financier, au niveau technologique les plus performants. Mais en même temps, c'est très macronien, il veut qu'il y ait des possibilités, notamment de création d'emplois pour la jeunesse. Il mise énormément sur les nouvelles technologies.
Pour
l'instant, c'est surtout dans le domaine des contrats d'équipement civil que les entreprises françaises sont présentes en Afrique.
En
septembre dernier, les Français Alstom et Thalès ont par exemple intégré le consortium mené par Bouygues pour la construction du métro d'Abidjan en Côte d'Ivoire.
En
2016, les échanges commerciaux avec l'Afrique ont généré pour la France un excédent de 5,4 milliards d'euros.
Et
nous reprenons notre discussion avec cette question Macron va-t-il défendre les intérêts de grandes sociétés françaises en Afrique ?
Si
oui, lesquelles
?
Il
va faire
en même temps.
C
'est-à-dire qu'on l'a bien vu dans son discours. Non, non, mais vous savez, vous avez tous ces grands groupes dont on vient de parler, dont le reportage vient de parler,
qui
avaient été accusés à un moment, à une époque, ils étaient régulièrement accusés de construire ce qu'on appelait des éléphants blancs,
c
'est-à-dire des ouvrages qui étaient très chers mais qui ne servaient pas grand-chose. Bon, il y avait un peu d'excès probablement dans ces propos-là. Mais comme l'a dit aussi un économiste dans ce reportage, c'est un homme de son temps, lui. Et il sait, il faut le savoir, ça, c'est que vous savez que parmi les plus grands utilisateurs de téléphones portables, de toute la nouvelle technologie qu'on a aujourd'hui, c'est la jeunesse africaine. Alors évidemment, pas celle qui est dans des coins reculés, mais vous allez à Dakar, vous allez à Abidjan, vous allez même à Bamako, vous allez à Nairobi, dans ces villes, en centre-ville, on vit comme au centre de Paris, de Londres ou de Bruxelles.
Et donc là, il y a un vivier, si vous voulez, de clientèle qui est très fort et ils le savent très bien. Et donc, les jeunes start-upers français,
ils ont tout intérêt
à aller se porter vers ces marchés-là, d'autant que sur place, ils vont trouver des partenaires qui sont formés souvent aux mêmes écoles qu'eux, qui sont formés sur les mêmes logiciels d'une certaine façon qu'eux, et qui ne demandent qu'une chose, c'est justement de participer au développement de leur pays. Donc là,
ça
peut, comme on dit aujourd'hui, ça peut matcher. Et il le sait très bien parce qu
'il
connaît ça par cœur, lui, Macron.
En même temps,
en même temps, c'est vrai qu'il a toujours, il défend quand même toujours les grands groupes français en Afrique. C 'est normal, non
?
Non, mais ça dépend comment.
Quand
on voit la première pierre, il va poser la première pierre du tramway Bouygues, Thalès,
et
puis à Abidjan. Quand on regarde les financements, il y a 1,4 milliard d'euros de prêts concessionnels. Comme la France a beaucoup de mal vis-à-vis de la Chine, parce qu'à la Chine, ils arrivent avec l'argent. Du coup, il y a tout un système d'annulation de dette des États africains, et en échange de ces annulations de dette, ça se transforme en reconversion en projet. Normalement, ça devrait être uniquement pour l'éducation, la santé.
Mais comme un certain nombre de boîtes français sont en perdition, très souvent, dans des pays comme la Côte d'Ivoire où il y avait des dettes de plus de 2 milliards d'euros, ça sert à recycler et à permettre aux entreprises françaises qui perdent pied de pouvoir obtenir des marchés
encore degré
àgré.
Pourquoi les marchés ?
Parce que toutes les infrastructures, et par exemple, un seul exemple, la Côte d'Ivoire, le barrage de Soubré, je ne
sais
plus quel grand groupe français, je crois que c'était Alstom qui voulait avoir le barrage. Les Chinois, Alassane Ouattara, il a dit aux entreprises françaises « Je vous aime bien, mais vous n'avez pas les financements. » Je veux dire, les Chinois, ils sont arrivés 500 millions d'euros. Donc, je veux dire, ce n
'est
pas la mesure. Cette semaine, vous aviez, c
'est
le 22 novembre, président djiboutien, Djibouti, c'était la base, c'était la France, la base française où il y avait le plus de militaires, etc. C'était vraiment la France en Afrique. Il y avait Abidjan,
il
y avait Djibouti. Ismaël Marguelé, il a été reçu par le président Xi Jinping cette semaine, premier chef d'État africain, une base militaire de 10 000 soldats. Djibouti, c'est la Chine. C'est la Chine,
Il faut savoir une
chose, pour ajouter à ce que dit Antoine, c'est que la Chine, quand elle s'installe en Afrique, elle vient avec beaucoup de son personnel et tout, d'ailleurs qui reste souvent sur place après. Mais la Chine, elle ne demande aucun, aucune contrepartie politique, si vous voulez, à ses interlocuteurs.
Vous avez un régime
communiste, il ne
va
pas dire qu'il y
a
un problème de liberté publique chez vous, il y a un problème, ce n
'est
pas son problème. La Chine, elle fait du business, elle ne met pas son nez, si vous voulez, dans les problèmes intérieurs, politiques, des États africains. Parce que la Chine veut quelque chose en Afrique, elle veut les matières premières. Elle a développé un type de contrat infrastructure contre matières premières, donc elle sait ce qu'elle veut en Chine. Mais la délégation de Macron aussi, c'est une réponse. Je vous parlais de l'étude de l'Institut Montaigne parce que les PME, les petites entreprises françaises aussi disaient qu'il n'y
en
avait que pour les grandes et donc je pense que c'est un geste envers toutes ces startups, ce dynamisme,
ces
petites entreprises qui font le tissu économique français. Donc pour une fois, le Chine
de l'État français est... Alors, pardon de vous
le
dire comme ça, ce n
'est
pas un numéro, ce n
'est
pas une posture, il y a vraiment un marché qui peut intéresser ces startups français.
Les
PME françaises d'ailleurs sont très en retard contrairement aux PME allemandes sur le marché africain. Donc en apportant des startups, ils vont permettre de démarcher d'autres clients. Ce n'est surtout pas d'ailleurs pour services... Alors, il fait la promotion de l'entrepreneuriat, mais ce n
'est
pas pour faire la promotion de l'entrepreneuriat africain. Parce
que
vous allez dans une ville comme Abidjan, vous voyez que des entreprises françaises, des magasins cash-cash, Roche-Beaubois,
je
vais en citer
plusieurs, Fnac, Orange.
Donc dans ce contexte, comment voulez-vous que des entreprises ivoiriennes émergent, elles sont face à une concurrence d'entreprises françaises déjà bien installées. Voilà, donc c'est
effectivement pour les intérêts français. Les Français sont
libanais.
Oui, aussi. Les Français et Indiens en Afrique de l'Est. Quelles
sont les attentes, justement, si on renverse le processus ? Nous, on arrive avec nos délégations, avec nos envies. Quelles sont leurs attentes, eux, en termes de formation ? Qu'est-ce qu'ils attendent
de l'intérêt en matière
économique
? Ils attendent d'aller en Europe
et de sortir de l'Europe des visas. Ils attendent des visas. D
'ailleurs, il y
a
eu des
visas pour être formés et revenir ou pour rester
?
Pour vivre. Pour vivre, je n'en peux pas dire. Bien sûr, vous savez, c'est compliqué. Comme on dit en Afrique, chaque famille africaine, je parle sous ton contrôle, il y a toujours, on désigne toujours... Oui, pour partir. Pour partir, pour un moment donné. Je veux dire, c'est vrai que c'est... Ne serait-ce que même 50 euros et autres, c'est vrai que c'est énorme. Donc après,
on
peut... Ça se discute, mais ne pas prendre en compte ces réalités-là. Je veux dire,
c
'est le grand marché de Bamako. Si on vous donne un... Si vous n'avez pas de quoi vivre, vous vous donne un 4x4, tu vas à la frontière libyenne et tu reviens,
tu
prends la marchandise, etc. Et tu gardes le 4x4, il n
'y a
pas photo. Ce n
'est
pas un djihadiste,
le type, ce n'est pas un terroriste. Mais pourtant, il a parlé
des visas étudiants. C'était quoi, alors, l'idée ? Oui, pour créer de la mobilité parce qu'il y a beaucoup d'étudiants aujourd'hui qui... La France n'est plus la destination première parce que c'est compliqué. On fait des rangs pas possibles pour avoir des visas devant les ambassades. Donc, en fait, comme on dit, l'Afrique se mondialise et regarde vers d'autres destinations, etc. Mais il ne faut pas oublier que dans les... Il faut comprendre qu'on est migré souvent pour des questions économiques. Et on s'adresse là à des pays pauvres. Donc, les migrations, effectivement, tout le monde y pense. Je ne sais pas si on est en Afrique de l'Est.
Par exemple, les pays de l'Europe de l'Est veulent venir à l'Ouest parce que, effectivement, les migrations, on est migré d'abord pour des raisons économiques. Donc, on peut bien comprendre que dans un sur un continent où les jeunes sont au chômage, qu'ils aient envie. C'est pour ça qu'ils traversent, finalement. Le drame actuel de l'Afrique, c'est qu'on n'arrive pas, aujourd'hui, à employer nos jeunes. Donc, ils sont obligés
de faire
des voyages extravagants pour un Eldorado qui n'existe plus. Mais on ferait tout pour sortir de la misère. Et ce n'est pas une excuse. Mais il faut comprendre le contexte politique. C'est comme les premiers immigrés aux États-Unis. On sait pour souvent pour des raisons économiques.
Il dit cette phrase. ça va faire un lien avec ce qu'on a déjà dit sur la croissance démographique. Il dit la croissance démographique supérieure à la croissance économique, vous n'arriverez jamais à lutter contre la pauvreté.
Oui, non mais il a changé du discours un petit peu. Ça,
c'est ce
qu'il a dit aujourd'hui. Oui,
oui, mais il l'avait dit de façon beaucoup plus violente il y a peu de temps en disant l'Afrique aura du mal à s'en sortir parce qu'elle a une démographie civilisationnelle.
Oui, civilisationnelle
parce qu'elle a une démographie absolument galopante. Il s'adresse là d'ailleurs à un public qui
est
dans le pays qui est actuellement à la démographie... Enfin, le nombre d'enfants par femme,
c
'est en...
à Ouerkina
Faso qui est le plus élevé actuellement.
C
'est-à-dire, il
est entre
7 et 8
par
femme, en moyenne. Donc, il s'adresse, il sait ce qu'il dit là. Et il est évident que si vous voulez, il fait... Il va sur trois fronts en parlant de la démographie. Le premier front, il ne
faut
pas l'oublier quand même, c'est l'immigration. Le problème, il sait que l'Europe est confrontée à une vague migratoire très forte qui est une vague migratoire et même s
'il
ne
s
'appelait pas à tout le monde qui est d'abord une vague migratoire économique, effectivement.
Et
Antoine a raison, moi, combien j'ai d'amis dans des familles à Dakar dont la tradition, même quand on n'est pas complètement pauvre, la tradition, c'est qu'il y
en
ait au moins un qui parte ces synonymes de réussite en Occident faire des études. C'est là, il faut changer ça. Il a été courageux de parler de visa, d'ailleurs. Parce que, je ne
sais
pas si vous vous souvenez, mais M. Chirac en Algérie, il y a quelques années, il était allé à Alger et
tout
le
monde dans la rue hurlait visa, visa,
visa. Il avait tourné les talons. Et lui, il a pris les devants parce qu
'il
savait que la question allait lui être posée dans une université en disant il faut qu'on règle ça. Il a pris un risque vis-à-vis de son opinion publique
française,
je dirais. Parce que, comme chacun sait, l'immigration est loin d'être populaire dans notre pays. Donc là, ça c
'est
le deuxième facteur. Le troisième facteur, c'est qu'il a eu un discours aussi qui est un discours qu'on connaît en disant l'émancipation, le développement passera par les femmes.
Il
savait qu'il touchait un public là. Il savait que les femmes, ce sont souvent elles et on le dit y compris chez nous, que c'est par elles que, eh bien, je dirais, la sortie par le haut se fait dans les familles. C'est elles qui étudient mieux à l'école. Et donc, il avait un discours qui était très dirigé vers elles. Et ça, c'est un discours qui porte en Afrique.
Aussi sur la partie, enfin, pardon, je le reliais aussi à la question économique. C'est
-à
-dire que lui, il fait un lien aussi avec la question économique et le développement.
Oui, mais
c'est vrai que très franchement, c'est un peu comme les Français, comme par rapport aux Chinois, les Africains n'aiment pas recevoir des leçons. Ça veut
dire,
moi, j'entends souvent en Afrique en disant, on sait les problèmes de démographie, on connaît, c'est pas à vous de nous faire la leçon. C'est un peu quand les Français disent aux Africains, mais les Chinois vont vous piller. Ils vont dire, attendez, la pillage,
on
connaît. Donc, j'ai bien les premiers. Donc, c'est vrai que là, je suis étonné, après, quand même, il y
a
eu un retour de bâton la première fois qui continue là-dessus, qui l'arrête, je veux dire, de parler de démographie.
À mon avis, c'était
pour désamorcer, en fait. Vous avez entendu hier Lionel Zinsou à la télévision sur France 24 qui disait, oui, qui
n
'était pas tout à fait d'accord avec ce qu'il avait dit au G20 sur la démographie et qui venait nuancer. Et en fait, Macron est venu là, nuancer, reprendre.
Attendez, vous ne m'avez pas très bien compris. Non, non, l'ancien président du Bénin. L'ancien premier ministre du Bénin. L
'instigateur du conseil qui
s'est présenté à la présidentielle
avec Jean-Michel Severino qui, effectivement,
c
'est son... Alors, juste pour qu
'on
comprenne
bien, on parle de gens
qui sont dans l'entourage
d'Emmanuel Macron
et qui le conseillent pour son déplacement
en Afrique et qui mettent... C'est un président du Bénin et qui est aujourd'hui
président d
'une
fondation pour la mémoire de l'esclavage en France. Vous voyez les relations aussi floues. Oui, mais pour en revenir au visa, ce qui est réel, c'est qu'il y a beaucoup d'Africains maintenant, quand ils se font claquer la porte au consulat de France, ils vont maintenant au Maroc, ils vont au Québec, ils vont ailleurs. Et effectivement, ça veut dire que le taux d'étudiants finalement venant d'Afrique va être en train de diminuer. Et à terme, à terme, c'est très mauvais pour la France parce qu'il vaudrait mieux avoir un système de ce qu'on appelle maintenant les repatriés qui puissent venir ici et créer des entreprises chez eux.
Oui, c'est pour favoriser, en fait, je pense que c'est surtout pour favoriser la circulation parce qu'on reste à un endroit, parce qu'on a l'impression qu'on ne pourra jamais y revenir. Mais si vous avez la possibilité de partir et de revenir, surtout pour les jeunes entrepreneurs, ces jeunes entrepreneurs africains qui circulent de pays en pays et qui font des affaires, qui font du business. Et vous nous disiez
tout à l'heure pour certains, le but absolu, c'est partir. On y vient.
Et
parce que parfois, le chemin est rude. Voilà bien un sujet sur lequel Emmanuel Macron était attendu. L'esclavage en Libye et le sort de ces migrants venus d'Afrique subsaharienne, détenus, maltraités et vendus dans ce carrefour des routes migratoires. Le président a annoncé une initiative euro-africaine pour frapper en priorité les réseaux de passeurs. Miam Zerar et Benoît Thégaud.
C
'était il y a deux semaines.
La
chaîne américaine CNN diffuse ce reportage tourné en Libye
avec
des images amateurs à peine croyables.
Des
migrants vendus aux enchères pour une poignée de dinars. Au total, 740 euros pour une dizaine d'hommes dont le destin bascule en 7 minutes à peine. Des réfugiés et des migrants venus du Ghana, du Mali, du Sénégal ou encore du Niger.
Des
femmes et des hommes dont les vies passent des mains de kidnappeurs à celles de propriétaires. Devant l'onde de choc provoquée par la vidéo depuis authentifiée, le gouvernement libyen décide d'ouvrir une enquête.
Nous
ne serons jamais complaisants avec ceux qui violent les règles et les principes des droits de l'homme. Qu 'il s'agisse de nos ressortissants ou d'étrangers, et c'est une question humanitaire sur laquelle nous ne transigerons pas. Nous attendons désormais les résultats des investigations qui devraient intervenir bientôt.
15
000 migrants seraient retenus par des bandes armées en Libye.
Un
pays devenu l'un des carrefours des routes migratoires vers l'Europe.
Mais
aussi l'une des plaques tournantes du trafic d'êtres humains. Notamment autour de Sabrata, là où s'organisent les départs vers l'Italie ou Malte.
Sur
des embarcations, souvent de fortune. Depuis la chute du général Kadhafi en 2011, deux autorités se disputent le pouvoir. Une instabilité qui a livré le pays aux milices. Une violence omniprésente qui a conduit certains migrants, ceux qui le peuvent, à rebrousser chemin.
Comme
ces Ivoiriens, rentrés à Abidjan grâce à une ONG il y a quelques jours. Revenus à la caisse départ, tous parlent des mêmes horreurs. Dès que tu arrives en Libye, la première chose, on te prend, on te vend. Nos frères noirs, nos frères noirs, que ce soit malien, que ce soit sénégalais, que ce soit n'importe qui, ils ne voient rien, ils sont dedans. On te vend. Quand je batais en Libye, j'ai passé Mali, Algérie, la Libye, et je vous dis, mon frère, c
'est
la merde. Devant de tels témoignages, l'indignation se propage en Afrique, avec des rassemblements comme ici à Dakar, ou encore sur la toile, où des figures africaines comme le chanteur Alpha Blondie interpellent la communauté internationale.
Nous
sommes surpris
et
stupéfaits
par
rapport à votre silence devant cette situation révoltante, humiliante
et
inacceptable. Une révolte présente également au sein du Haut Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU, qui accuse l'Europe et la Libye de fermer les yeux quant aux conditions de détention des migrants retenues sur les côtes libyennes.
A
Ouagadougou aujourd'hui, Emmanuel Macron annonce une initiative franco-africaine pour frapper les réseaux de passeurs. Le premier péril qui pèse sur chacune de nos consciences,
c
'est l'atteinte à notre dignité humaine.
C
'est la responsabilité
de
dire que les drames
qui
se déroulent sous nos yeux en Libye
sont
un crime contre l'humanité.
Un
crime contre l'humanité dont le Conseil de sécurité doit s'emparer aujourd'hui. Il se réunit sous la présidence de l'Italie, l'un des pays les plus touchés par la vague migratoire venue de Libye. Une réunion qui, selon les ONG, intervient bien trop tard.
Et
cette question, on parle de marcher aux esclaves en Libye, il y
en
a-t-il dans d'autres pays
? Il
n
'y a
pas de marcher aux esclaves, mais vous savez, ce n
'est
pas simplement une question de passeurs. C'est vraiment une question, c'est horrible à dire, mais ça fait quand même dix siècles. C'est le racisme antinoir dans l'ensemble du monde arabe. Il faut arrêter en Libye du temps de Kadhafi, déjà. Kadhafi l'avait pris dans la Légion Islamique qui prenait des Touaregs. Et je veux dire, il y avait déjà des pogroms en Algérie récemment. Il s'est passé aussi, il y a eu des déclarations, etc. Et aussi un certain nombre de migrants d'Afrique subsaharienne qui ont été maltraités, etc. C'est dans l'ensemble du monde arabe. Ça reste dans les têtes. Et c'est ça le drame. C'est que ce n
'est
pas simplement comme ça d'arrêter les passeurs. Et là, c'est vrai qu'Emmanuel Macron, il est gêné parce que quand ça arrange l'Europe, qu'est-ce que veut l'Europe ? Ils veulent que simplement les pays
du Maghreb
fassent le boulot.
Et en particulier,
comme en Turquie. Comme on a donné ces ans en Turquie pour qu
'ils
gardent les Syriens. Alors la Libye, le Soudan, on n'en parle pas, mais beaucoup de relations avec le Soudan pour bloquer les routes migratoires. Voilà, pour se débarrasser. Et d'ailleurs, je n
'ai
plus entendu d'Emmanuel Macron parler de hotspots ou de centres
d'émergement,
etc. parce que c'est vraiment, c'est quasiment criminel, entre guillemets. Ça part d'une bonne volonté, mais c'était un truc de créer comme ça des centres où il y
a
des gens qui seraient faits maltraiter, qui auraient servi, quand ce n
'est
pas d'esclavage, ils servent de monnaie d'échange. Les chefs d'État vont les utiliser pour avoir de l'argent, des humanitaires, des ONG. Donc, on est dans une situation, il faut le savoir, si on ne prend pas en compte l'histoire et la crise grave, finalement, et les relations, ce qu'il y a dans les têtes, on ne comprend pas
ce qui se passe. C
'est intéressant ce que vous dites, ça veut dire que c'est un peu court.
C'est un peu court, y compris de dire aux étudiants
de l'université de Ouagadougou, vous connaissez des passeurs
français, européens, belges ? Parce
que je crois qu
'ils
découvrent ça avec le reportage qui a été diffusé chez CNN. Mais par exemple, sans remonter à dix siècles en arrière, comme le fait Antoine, il y a un pays qui s'est vidé complètement, c'est l'Érythrée et les Érythréens allaient où ? Ils allaient précisément en Libye du temps de Kadhafi où ils étaient réduits à l'état d'esclaves. Alors certains d'entre eux arrivaient à s'échapper, ils allaient souvent d'ailleurs au Liban où on les retrouvait dans des conditions mais plus qu'indignes dans des familles libanaises à Beyrouth notamment et donc...
200
000 pour 4 millions d'habitants
en
Libye, en Liban. Et donc il y a quand même un problème qui existe depuis fort longtemps alors qu'il s'est accentué avec le chaos général évidemment qui existe aujourd'hui notamment en Libye.
Et avec des images, il en fallait, il y en a eu, des images de CNN qui ont choqué le monde entier même si... Ils
ont réveillé les émissions d
'indignation alors qu'on parlait déjà depuis plusieurs mois à The Guardian qui avait déjà fait un article sur
le marché aux
esclaves, l'OIM également en avait parlé.
Il y a des films déjà. Il y a aussi
le phénomène effectivement de ces trafics d'êtres humains. Alors vous avez un président africain comme Amadou Issoufou qui a réagi justement en demandant que ce sujet soit mis au sommaire du sommet. C 'est le
nord du Niger.
Sauf qu'Agadez qui est au nord du Niger est une plaque tournante du trafic d'êtres humains où les gens qui veulent migrer passent par là, rencontrent des passeurs et se font parfois voir par des passeurs. Moi j
'ai
des auditeurs qui me racontent des histoires qui sont venus en France comme ça en traversant, en partant des fois de Daloa en Côte d'Ivoire. Ils ont remonté comme ça c'est des milliers de kilomètres je vous invite à regarder sur la carte. Et alors ils prennent un passeur qui dit oui oui on vous emmène au Maroc ils se sont retrouvés en Libye ils ont dû payer pour être libérés parce qu'on fait des rançons on appelle la famille qui est de l'autre côté. Surtout il
y
a une responsabilité de l'Union Européenne qui finance qui donne de l'argent à la Libye et notamment aussi l'Italie qui donne de l'argent à la Libye pour retenir les migrants et
des centres de rétention existent
déjà il
y
a aussi une responsabilité africaine C
'est pour ça
je
voulais
vous
interroger
très vite avant de passer aux questions SMS lorsqu'il dit initiative euro africaine c'est un mot c'est quelque chose pour renvoyer le sujet à plus tard ou est-ce que ça passera de toute façon par une action concertée entre l'Europe et
l'Afrique ?
Oui
ça
passera par une action concertée parce que les gens émigrent pourquoi ? parce qu'ils n'ont pas de travail ils deviennent djihadistes parce qu'ils n'ont pas de travail tout ça il faut que les dirigeants africains à un moment donné quand on parlait de responsabilisation c'est on y est vraiment on est dans le cœur du sujet on ne peut pas comprendre jusqu'à aujourd'hui que des pays riches ne puissent pas employer leur jeunesse il y a un problème c'est un problème systémique il y
a
un problème de bonne gouvernance et à un moment donné c'est le serpent qui se mord la queue parce qu'on en revient toujours à la même problématique
Quand vous dites très vite ils n
'ont
pas de travail ils deviennent djihadistes il y en a qui n
'ont
pas de travail et
qui
font autre
chose
mais tout ça c'est pour ça qu'il en parle parce que le désœuvrement ça crée des situations où on écoute des gens qu'on ne devrait pas écouter le
chômage en Afrique
est un problème important
il faut vraiment qu'on y aille
Deux secondes je pense que la solution elle est moins justement dans les relations entre l'Union Européenne et l'Union Africaine que dans un partenariat bilatéral si vous voulez entre l'Europe et chacun des États qui accepteront de le faire parce que ce n
'est
pas au niveau de l'Union Africaine que ça peut se
faire
et nous passons maintenant à vos questions Macron dit ne pas vouloir donner de leçons mais son discours n'est-il pas que remoutrance
?
Macron et Macron Macron et Macron il ne
peut
pas s'empêcher il démarre soft et puis voilà c'est Jupiter donc voilà il est ailleurs et c'est vrai mais encore une fois il y
a
la forme et le contenu et sur le contenu il y
a
des choses quand même assez intéressantes et qui sont simplement voilà la période a changé et même sur le CFA et autres on sent
qu
'il est prêt à lever le pied je pense même moi je pense qu'il y aura un désengagement à un moment donné de l'armée française on sent qu'il est prêt à se désengager pour des problèmes ne serait-ce budgétaires budgétaires oui
les
étudiants ont-ils été choisis
? c
'est la grande question il y
a des chances quelques journalistes
oui oui oui ils ont été actionnés dans les écoles privées les journalistes
il y
avait quand même un enjeu si vous voulez c
'est
qu
'il
n
'y ait
pas trop de bazar et de bruit et de chahut dans l'université alors déjà vous avez vu que même avec des étudiants qui pour la plupart d'entre eux étaient quand même un peu sélectionnés il y a eu des moments qui
étaient assez turbulents
sur le questionnement il y a eu tout un processus donc effectivement on a affiché les questions voilà c
'est un peu normal
donc voilà ça se
passe pareil en France oui
voilà allez qu'attendent de nous les Africains
?
rien
je
crois que on se fait des illusions en se disant toujours qu'ils attendent quelque chose de nous ils attendent qu'on les respecte d'abord ils attendent qu'on reconnaisse certaines leurs qualités si vous voulez l'Afrique c'est pas l'Europe et l'Europe n'est pas l'Afrique
et
ils ont peut-être trouvé quelque chose chez Emmanuel Macron Emmanuel Macron a passé beaucoup de temps à faire son discours
vous
savez ce qu'on dit en Afrique
en
Afrique on dit vous les Européens les Français vous avez des montres et bien nous on a du temps
et
il faut ça
c'est une
marque de respect
c
'est une marque de respect aussi ils ne pouvaient pas s'en se tirer en faisant un discours de 30 minutes ça c
'est
certain mais il faut que le respect c'est ça c'est ça qui est surtout et malheureusement c'est parfois ce qui a beaucoup manqué
moi
je pense que les Africains en plus c'est général c'est englobant parce que les Africains dont on parle c'est une immensité les anglophones n'attendent pas la même chose de la France mais surtout on parle souvent d'un rapport win-win mais je pense qu'on y est parce qu'effectivement il ne dit rien de nouveau on a déjà pensé à ça la société civile y pense déjà mais on a les dirigeants qu'on a de toute façon on mérite parfois les dirigeants qu'on a mais je pense que ce que les Africains attendent c'est un rééquilibrage des relations et effectivement ce qu'Emmanuel Macron fait c'est l'espoir en même temps les promesses n'engagent que ceux qui y croient c'est l'espoir d'une porte qui s'ouvre d'une ouverture mentale et finalement
pour
laquelle les Africains sont déjà presque préparés mais c'est vrai que c'est de la géopolitique les gens ont des intérêts la France a des intérêts en Afrique et tout le discours de Macron à la fin il chute par une formule très très gaulienne quand il dit moi ça m
'a
fait penser à je vous ai compris vive l'Algérie française parce qu'il dit c'est vous qui connaissez le chemin on va marcher ensemble mais quand vous commencez à marcher avec quelqu'un il ne vous accompagne pas tout de suite vous vous mettez il le sait on se met d'abord en marche et on récupère des gens sur le terrain donc en fait même son discours montre bien le fait qu'on est lié interlié on ne pourra pas faire l'un sans l'autre mais il faut rééquilibrer le rapport et que nous Africains nous parvenons à négocier parce que c'est toutes les questions de négociation
Macron parle aux élites et aux futures élites africaines mais que pensent les autres Africains de son discours
ils
essayent d'abord de survivre mais c'est vrai ce qui est extrêmement important quand même pour les Africains pour revenir rebondir sur le respect c'est on a tellement mené une politique assimilationnisme pendant des années on aimait que les Africains qui nous ressemblaient sans considérer ce qu'ils étaient etc le fameux discours sur l'homme qui n
'est
pas assez rentré dans l'âme africain qui
n'est pas entendre l'histoire
donc je veux dire c'est vrai que c'est de vraiment on a tellement exporté dans ces pays c'est vrai que ça n
'a
rien à voir en Afrique anglophone en Afrique anglophone entre guillemets c'est l'apartheid chacun dans son club donc vous démerdez mais on se démerde donc c
'est vrai c'était les anglais ont été
moins intrusifs dans le côté d'un Afrique
francophone c'est
vraiment
avec des
gens mais avec des gens qui ont vraiment cru à une communauté de destin entre la France et l'Afrique
Emmanuel Macron est-il audible lorsqu'il incite les Africains à faire moins d'enfants on en a dit un mot tout à l'heure mais est-ce qu'il est audible quand
il vient leur dire ça ?
il faut qu'il le soit par eux et je
pense
que si vous voulez tout ça c'est bien gentil il ne peut rien il ne peut rien lui il faut qu'il y ait un planning familial il faut qu'il y
ait
des choses comme ça et vous savez que le planning familial il n'est pas souvent suivi respecté et surtout accepté
par les populations c
'est pas lui de décider finalement de ça il peut avoir un
vœu pieux écoutez encore une question qui va sur ces sujets là les gouvernements africains essaient-ils de limiter la
natalité ? absolument le
Rwanda a par exemple décidé de stériliser ses hommes donc ce qu'il dit encore une fois les chefs d'état locaux on peut leur reprocher beaucoup de choses mais tout le monde pense à
ça je n'ai pas compris ce que vous avez dit le
Rwanda
essaie
de
stériliser
ses hommes oui oui il
y a une invitation justement à cause de ça donc c'est
un une
campagne
d'information une campagne d'information à partir du moment où on a fait
certains nombres d'enfants si on veut c'est volontaire et tout ça les dirigeants africains en ont pris conscience ils
n'avaient pas
besoin qu'on vienne leur faire c
'est ça que vous voulez dire surtout
les femmes africaines Macron quoi-t-il vraiment ce qu'il dit au sujet de la fin de la France-Afrique
oui encore une fois il le croit vraiment parce qu'encore une fois la France ne peut plus ne peut pas tenir donc lui il est dans la réelle politique et en fait c'est une façon de se désengager et de dire de toute façon la France-Afrique ça va continuer pour le business et autres bien évidemment mais la réalité c'est qu'il n
'y
aura plus cette relation il faut voir ce que c'était que la France-Afrique c'était 50 000 français à Abidjan le ministère du plan on lui se nommait le ministère du blanc et c
'était et c'était
des moyens qu'envoyait la France
?
il y avait simplement il y avait un deal matière première stratégie pétrole, uranium cacao à moindre prix en échange de votre sécurité c'est un système intégré politique, militaire financier il
n'y
avait pas un criquet qui se tridulait sans qu'à Paris le sache on n'est plus dans cette période de la France-Afrique c'est vrai qu'il y
a
des réseaux privés les chefs d'État africains ont retourné le truc à leur avantage ils ont des réseaux d'influence en France avec des anciens hauts fonctionnaires français qui sont passés en secteur privé dans toutes les boîtes de sécurité privée et de
l
'intelligence économique mais ça s'est inversé ils regardent la France mais les jeunes africains n'ont plus l'esprit de la tour Eiffel
quel
message les étudiants qui manifestent en marge du discours à l'université ont-ils voulu adresser à Emmanuel Macron ?
qu
'est-ce qu'il disait dans
les cortèges ? oui c'est
ça
c'est de
dénoncer la politique française depuis 50 ans notamment au Burkina Faso et voilà il y
en
avait marre de cette présence française l'armée française est très présente au Burkina
Faso
quand fera-t-on revenir nos soldats partis en Afrique
?
non pas tout de suite effectivement je crois qu'il
y a
une volonté de réduire la voilure mais on a 3000 soldats à peu près dans les forces Barkhams qui sont sur tous les pays du Sahel ça coûte cher et est-ce que c'est efficace contre le terrorisme
?
c'est encore à prouver en tous les cas on ne serait pas là ça serait quand même compliqué
aider l'Afrique c'est la dernière
question aider l'Afrique pour que les populations puissent mieux y vivre n'est-ce pas l'un des grands challenges européens du siècle ? merci beaucoup c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 on se retrouve demain à 17h50 pour à nouveau c'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5
on se retrouve
demain
c
'est
parti puis là