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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 février 2026 24 min

Audiovisuel public, Vincent Bolloré, mission sur la natalité... Le "8h30 franceinfo" de Jérémie Patrier-Leitus

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Jérémy Patrier-Lettus. Bonjour Agathe Lambret. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Jérémy Patrier-Lettus, on va parler de la natalité en chute libre en France avec vous qui menez une mission d'information sur le sujet. Mais d'abord, vous présidez une commission d'enquête électrique sur l'audiovisuel public à l'Assemblée, sur les réseaux et dans les médias. Sur W9, lundi, l'ancien animateur Patrick Sébastien est revenu sur son départ de France Télévisions et il a mis en cause sa présidente, je le cite, « Quand Mme Ernot est arrivée, elle voulait me dégager. Elle a dit aussi qu'il y avait trop d'hommes blancs de 50 ans. C'est illégal.

Je ne dis pas que c'est la raison principale, mais il y a un lien, a-t-il raconté. » Ce sont des accusations graves, Jérémy Patrier-Lettus.

0:48
Jérémie Patrier-Leitus

Oui, mais cette commission d'enquête, elle ne se déroule pas dans les émissions de télévision ou sur les réseaux sociaux. Le lieu de la commission d'enquête, c'est la commission d'enquête. Et pour vous répondre très clairement sur Patrick Sébastien, j'avais indiqué dès le début de la commission d'enquête que nos travaux commenceraient par les personnes en fonction, les acteurs de l'audiovisuel public en fonction et que les anciens producteurs, les anciens dirigeants, les anciens animateurs seraient auditionnés à la fin de cette commission d'enquête, c'est-à-dire fin mars.

1:14
Présentateur

Donc, ce n'est pas que vous avez changé d'avis ?

1:16
Invité

Justement, petite parenthèse avant d'aller sur le fond, Patrick Sébastien vous apostrophe sur son profil Facebook. Dans cette commission, le rapporteur souhaitait que je sois auditionné, mais le président de la commission, avec un certain mépris, a dit que ce n'était pas le plus grand cabaret du monde. Il s'imaginait peut-être que j'allais arriver en s'en tourner les serviettes. Il s'est senti méprisé par vous, Patrick Sébastien ?

1:37
Jérémie Patrier-Leitus

Il a tort de s'être senti méprisé, parce que s'il avait cité la phrase en entier, je disais effectivement que je ne souhaitais pas que cette commission d'enquête se transforme en lieu de la politique spectacle où chaque député vient faire son numéro. Une commission d'enquête, ce n'est pas le lieu où les députés viennent chercher un quart d'heure de gloire médiatique. Donc cette phrase ne le visait absolument pas. Et quand vous dites quart d'heure de gloire médiatique, vous visez votre rapporteur Charles Aloncle ? Mais je vise l'ensemble des députés, et pas simplement dans cette commission d'enquête.

On a aujourd'hui un dévoiement de notre Assemblée nationale où des députés viennent chercher le buzz, viennent faire leurs vidéos TikTok. On a des interventions aujourd'hui à l'Assemblée nationale qui ne sont pensées que pour les réseaux sociaux. Et donc, pour le dire très clairement, et passer peut-être à un autre sujet que Patrick Sébastien, il n'y a aucun mépris de ma part. J'étais petit, j'ai grandi avec le plus grand cabaret du monde. Il le sait, j'ai eu l'occasion de le dire. Il a mis en valeur des arts qui sont très peu mis en valeur sur l'audiovisuel public comme privé. Et donc, c'était une grande émission, le plus grand cabaret du monde.

Et il se trouve que ça a été un producteur, qu'il avait des contrats de production avec France Télévisions. Et puisque le rapporteur de cette commission d'enquête souhaite mieux comprendre les mécanismes qui lient les sociétés de production à France Télévisions, et qu'il a été aussi un producteur important, qui a eu des contrats de production importants, c'est effectivement, je pense, utile de l'auditionner. Mais c'est moi qui décide de l'ordre. On commence par les acteurs en fonction, les salariés actuels, les producteurs actuels, et on terminera par les anciens dirigeants, les anciens producteurs. Et ça ne me paraît pas être insensé comme règle de fonctionnement.

2:59
Présentateur

Vous disiez tout à l'heure à la commission d'enquête de ne se faire pas sur les plateaux de télévision. Il y a également l'ancienne animatrice Christine Bravo, qui toujours sur W9, parle de scandales financiers à France Télévisions. Les mallettes de fric que j'ai vues passer, c'était terrible, le service public. Là encore, ce sont des accusations graves. Aujourd'hui, vous dites solennellement aux anciens ou aux actuels salariés de l'audiovisuel public, vous ne vous exprimez pas dans les médias, ce n'est pas le lieu. Vous me parlez d'abord ?

3:27
Jérémie Patrier-Leitus

Enfin, pardon, on ne peut pas lâcher des accusations aussi graves au détour d'une phrase dans une émission de télévision. Il y a une commission d'enquête en cours. Le président d'une commission d'enquête, c'est-à-dire je peux engager des poursuites pénales. Ça peut donner lieu à des condamnations pénales. C'est sérieux ce que nous faisons. C'est un travail sérieux.

3:43
Présentateur

Et vous allez le faire si ces faits sont répétés ?

3:45
Jérémie Patrier-Leitus

Bien sûr, et je suis tenu de le faire. L'article 40, on est obligé, si on a connaissance de délit et d'infraction pénale, de saisir la procureure de la République. C'est le cas, vous vous apprêtez à saisir l'article 40 ? J'attends d'avoir les éléments. Madame Bravo lance des accusations un peu à la légère, pardon, au détour de conversations de comptoir un peu légers sur une émission que je ne juge pas. Si elle a des éléments précis, qu'elle saisisse la commission d'enquête, qu'elle nous en informe, et nous en tirons les conclusions. Mais on ne peut pas se contenter de lâcher des petites phrases au détour de conversations dans les émissions de télévision ou sur les réseaux sociaux.

Derrière, il y a des salariés, il y a l'audiovisuel public, on va en parler et on ne peut pas se contenter de petites phrases au détour d'émissions de télévision. Le lieu de la commission d'enquête, pardon, je le répète, c'est la commission d'enquête.

4:31
Présentateur

À quoi elle sert cette commission, selon vous ?

4:33
Jérémie Patrier-Leitus

Moi, je sais à quoi elle sert. Après, je sais les objectifs des uns et des autres et la manière dont certains veulent la dévoyer. Moi, je ne peux pas reprocher à des députés de contrôler l'État et les entreprises publiques. C'est notre rôle de parlementaire. Et donc, contrôler le service public audiovisuel, effectivement, c'est 4 milliards d'euros d'argent public, c'est la moitié du budget du ministère de la Culture. C'est un travail important. Et quand on est parlementaire, on doit contrôler le service public audiovisuel. Mais ce n'est pas un tribunal à charge.

Une commission d'enquête, ce ne sont pas une succession de procès individuels, parce que vous avez parfaitement raison, Agathe Lambret. À la fin, il faudra faire des propositions.

5:08
Présentateur

C'est intéressant que vous disiez ça, parce qu'une succession de procès individuels, c'est justement parfois ce que ressentent ceux qui ont été auditionnés et en cause. Vous ne le citez pas, mais il y a le rapporteur de cette commission, qui est Charles Lalonde, donc député UDR, parti allié du Rassemblement national. Il a été rappelé à l'ordre par la présidente de l'Assemblée, Yael Broun-Pivé. Écoutez, c'était sur France Inter.

5:28
Invité

Je suis en train de rappeler à l'ordre le rapporteur pour lui demander de revenir à un respect de nos règles et de nos usages, de telle sorte que la crédibilité de la commission d'enquête ne soit pas remise en cause. Parfois, les commissions d'enquête peuvent être dévoyées ou utilisées à des fins politiques ?

5:45
Présentateur

Est-ce que Charles Lalonde instrumentalise cette commission d'enquête ?

5:49
Jérémie Patrier-Leitus

En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il a des objectifs politiques. Et après tout, il fait de la politique et c'est normal d'en avoir. Il ne s'est pas exprimé sur la privatisation. Mais en tout cas, on sait ce qu'Éric Ciotti et l'UDR disent de l'audiovisuel public. Lui, Charles Lalonde, je vous le reconnais, ne s'est pas exprimé sur le sujet. Mais il appartient à un parti, un groupe politique qui souhaite la privatisation de l'audiovisuel public. Moi, j'ai rappelé des règles simples. Et en les rappelant, je ne pensais pas qu'on m'accuserait de vouloir baillonner ou censurer le rapporteur ou la commission d'enquête.

J'ai simplement dit qu'il fallait respecter les personnes que nous auditionnions, qu'il ne fallait pas transformer ou instrumentaliser leurs propos et que nous devions organiser cette commission d'enquête dans un cadre digne et respectueux. Je m'étonne qu'en France, en 2024, 2025, de fixer des telles règles vous vaille des accusations de censure ou des volontés de baillonner le rapporteur

6:39
Invité

ou les députés. Je rappelle que pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, vous avez suspendu une commission d'enquête le temps que ça se calme, ce que vous avez fait. Et Charles Alang, vous parliez de son agenda politique. Dans le JD News, il dit avec Marine Le Pen, Jordan Bardella et Eric Ciotti, la fête sera finie. En 2026, ce que nous proposons, c'est de reprendre le pouvoir. Et il indiquait ci, en une du JD News, France Télévisions est le Lehman Brothers de l'audiovisuel et on le sauve chaque année de la faillite avec nos impôts.

Dix ans après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers qui a déclenché la crise économique la plus violente de ces dernières décennies. Que pensez-vous de ce parallèle fait par votre rapporteur ? Tout ce qui est excessif

7:12
Jérémie Patrier-Leitus

est insignifiant, Paul Larouto. Moi, j'ai vécu aux Etats-Unis et je sais ce que la crise financière de 2007 des Supram et de Lehman Brothers a causé. La plus grande crise financière récente du monde. Donc je pense qu'il faut garder un peu de mesure et de nuance. Je sais que le débat public aujourd'hui ne porte pas à la nuance à la modération à la mesure mais gardons notre sang-froid peut-être. Si on veut mener un travail de contrôle approfondi de duel public qu'on veut aboutir à des propositions concrètes il faut se garder de ces propositions excessives.

7:38
Présentateur

Ce n'est pas le seul propos qui tient comme le disait Paul et il dit aussi une certaine élite a pris l'habitude de ne rendre de compte à personne avec Marine Le Pen Jordan Bardella et Éric Ciotti la fête sera finie. En 2027 ce que nous proposons c'est de reprendre le pouvoir. Comment vous interprétez ces propos ? Est-ce que c'est une tentative d'intimidation ?

7:57
Jérémie Patrier-Leitus

Écoutez, moi je ne vais pas polémiquer ou commenter à distance avec le rapporteur. Je suis président d'une commission d'enquête il est mon rapporteur je le respecte dans sa fonction je recadre les travaux quand je pense qu'ils sont dévoyés je ne vais pas par plateau de télévision interposer

8:12
Présentateur

un objectif politique affiché

8:14
Jérémie Patrier-Leitus

qui l'assume ?

Je ne sais pas ce qu'il a voulu dire par là en tout cas moi je vous dis ce que je pense personne ne reprendra le pouvoir dans l'audiovisuel public une information libre fiable indépendante c'est le pilier de nos démocraties et donc l'audiovisuel public personne aujourd'hui n'en a le pouvoir personne ne peut dire ici que France Télévisions ou Radio France sont des radios ou des télévisions d'état ils sont des médias indépendants et cette indépendance garantit aussi le bon fonctionnement de notre démocratie et donc personne ne reprendra le pouvoir de ces médias qui devront rester indépendants mais je ne sais pas si c'est ce qu'il a voulu dire je ne veux pas interpréter ses propos il aura l'occasion de s'en expliquer peut-être devant vous

8:51
Invité

donc on comprend que son objectif est la privatisation et vous quel est votre objectif en tant que président de cette commission d'enquête ? Moi mon objectif d'abord

8:57
Jérémie Patrier-Leitus

c'est de renforcer l'audiovisuel public j'y suis attaché comme des millions de français comme sans doute les téléspectateurs et les auditeurs qui nous écoutent parce qu'on se forge aussi une conscience politique en écoutant l'audiovisuel public on s'éveille au monde est-ce qu'on se rend compte que pour 50 euros par an et par habitant on a accès à des dizaines de chaînes de télévision et de radio c'est une ouverture sur le monde Vous êtes contre la privatisation ?

Je suis absolument contre la privatisation je souhaite renforcer l'audiovisuel public mais je suis exigeant avec l'audiovisuel public il doit respecter les exigences de pluralisme politique il doit respecter l'indépendance et l'honnêteté de l'information il doit se réformer on en parlera peut-être je suis le rapporteur d'une proposition de loi qui vise à réformer l'audiovisuel public moi je ne crois ni à la démolition ou à la privatisation du service public audiovisuel mais pas non plus au statu quo je pense qu'il faut le renforcer aujourd'hui cet audiovisuel public on pourra parler des réseaux sociaux de la menace des ingérences étrangères des plateformes numériques qui le concurrencent on a besoin d'un audiovisuel public fort et pour cela il faut le réformer

10:01
Présentateur

Jérémy Patriletus chaque audition de cette commission d'enquête est une sorte d'événement repris commenté sur les réseaux sociaux dans les médias est-ce que vous pouvez nous dire qui allez-vous auditionner la semaine prochaine et les principaux intervenants que vous allez recevoir ?

10:14
Jérémie Patrier-Leitus

J'ai souhaité organiser les auditions de manière thématique et organisée pas pour censurer mais parce que je pense que c'est aussi si on veut être efficace il faut être organisé et méthodique et donc la semaine prochaine nous poursuivrons nos auditions sur France Télévisions et Radio France et puis les deux dernières semaines de février nous auditionnerons les sociétés de production qui travaillent avec le service public audiovisuel et en l'occurrence avec France Télévisions et leurs actionnaires

10:36
Présentateur

c'est-à-dire les actionnaires de sociétés de production qui travaillent avec l'audiovisuel public ?

10:41
Jérémie Patrier-Leitus

par exemple pour MediaOne on a Mathieu Pigaz Xavier Niel pour Banidjé on a par exemple Marc Lannay-Lacharrière ou Vincent Bolloré puisque Vivendi est actionnaire à 20% de Banidjé et Banidjé c'est la société de production

10:53
Invité

de Nagui par exemple Donc vous nous annoncez en exclusivité sur France Info ce matin que vous allez auditionner Vincent Bolloré à l'Assemblée Nationale Je vous annonce que je vais convoquer

11:00
Jérémie Patrier-Leitus

Vincent Bolloré parce qu'il est l'un des actionnaires majoritaires de Banidjé Banidjé la société de production dont parle régulièrement le rapporteur parce qu'il est et Vincent Bolloré à travers Vivendi en est l'un des actionnaires principaux Vincent Bolloré

11:16
Invité

qui a décidé de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs que pensez-vous ?

11:23
Jérémie Patrier-Leitus

Ça sera l'occasion pour Vincent Bolloré de s'en expliquer Vous allez l'interroger

11:28
Présentateur

là-dessus ?

11:29
Jérémie Patrier-Leitus

Je l'interrogerai là-dessus parce que moi vous savez je suis exigeant avec l'audiovisuel public et s'il y a des manquements des dysfonctionnements dans l'audiovisuel public je le dis mais je le dis aussi sur l'audiovisuel privé ce n'est pas normal qu'un journaliste qu'un présentateur qui a été accusé définitivement pour corruption de mineurs inscrit sur la liste des auteurs d'infractions sexuelles soit maintenu à l'antenne

11:51
Présentateur

Donc il y a un manquement pour vous là

11:52
Jérémie Patrier-Leitus

en l'occurrence ? Alors il n'y a pas de règle qui l'interdit mais je pense que ce sont des principes déontologiques des principes éthiques Que dirions-nous ? Que dirait les membres de cette commission d'enquête si un présentateur de l'audiovisuel public avait été condamné définitivement pour corruption de mineurs et maintenu à l'antenne par les dirigeants de France Télévisions ou de Radio France Moi je n'ai pas d'indignation à géométrie variable Exigeant avec l'audiovisuel public Exigeant avec l'audiovisuel privé

12:17
Présentateur

Vous dites qu'à l'occasion d'une commission d'enquête sur l'audiovisuel public vous allez aussi vous pencher sur les problèmes du privé Qu'est-ce que ça signifie ? Il y a une sorte d'hypocrisie ?

12:27
Jérémie Patrier-Leitus

Je ne convoque pas Vincent Bolloré parce qu'il est propriétaire de chaînes de médias d'audiovisuel privé la commission d'enquête et je respecte et je respecte le cas donc elle se penchera sur l'audiovisuel public Mais est-ce qu'il y a une forme d'hypocrisie ?

12:39
Présentateur

Vous dites moi je ne suis pas à géométrie variable

12:41
Jérémie Patrier-Leitus

Puisqu'il sera convoqué dans le cadre de ses investissements dans une société de production qui travaille avec l'audiovisuel public je pense que c'est important de l'interroger aussi sur le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morodini Mais bien sûr que la loi elle s'applique à l'ensemble des médias Le pluralisme politique il s'applique ici à France Info mais il s'applique aussi sur les chaînes de l'audiovisuel privé La loi 86 elle s'applique à tous les médias audiovisuels même si cette commission d'enquête et on ne va pas élargir le périmètre parce que ça ne serait pas respecter les règles de fonctionnement de d'autres commissions d'enquête

13:15
Présentateur

Avec Jérémy Patrier-Lettus président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public vous êtes aussi rapporteur horizon de la mission sur la natalité on va en parler mais d'abord un dernier mot sur l'avenir de l'audiovisuel public Oui on a plein de questions

13:31
Invité

sur la natalité mais en vous écoutant on comprend que contrairement à votre rapporteur vous êtes contre la privatisation de l'audiovisuel public et vous êtes même pour son renforcement ça tombe bien vous êtes aussi le rapporteur de loi qui vise à créer cette holding de l'audiovisuel public qui regrouperait donc France Télévisions Radio France et l'INA où en est le texte et comment vous voulez renforcer concrètement l'audiovisuel public ?

13:50
Jérémie Patrier-Leitus

Le texte il a été voté à l'Assemblée Nationale il a été voté au Sénat et aujourd'hui il doit y avoir une dernière lecture à l'Assemblée Nationale moi je pense qu'effectivement avec la concurrence des réseaux sociaux 60% des jeunes s'informent exclusivement sur les réseaux sociaux il faut rapprocher France Télévisions et Radio France et je suis favorable effectivement à cette holding on a beaucoup dit sur la holding moi je considère qu'elle est un moyen de rapprocher France Télévisions et Radio France et donc de renforcer l'audiovisuel public face à la concurrence des plateformes étrangères et des réseaux sociaux

14:21
Présentateur

Jérémy Patriletus on le disait vous êtes aussi le rapporteur de la mission sur la natalité ça fait 7 mois que vous planchez sur les causes de cette natalité qui est en chute libre en France on va écouter Emmanuel Macron il y a 2 ans déjà

14:35
Invité

les mœurs se changent on fait des enfants de plus en plus tard l'infertilité masculine comme féminine a beaucoup progressé ces dernières années et fait souffrir beaucoup de couples un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre justement ce réarmement démographique

14:52
Présentateur

réarmement démographique est-ce que vous reprendriez l'expression du président

14:56
Jérémie Patrier-Leitus

c'est pas tout à fait la sémantique que j'utilise nous avec avec Edouard Philippe avec Horizon nous voulons une révolution de la politique familiale pour parler si vous me permettez à hauteur de français à hauteur de famille à hauteur de parents et notre objectif il est assez simple permettre aux français qui souhaitent avoir des enfants d'en avoir permettre aux français de réaliser leur désir d'enfant parce que l'une on y reviendra j'imagine l'une des conclusions de cette mission d'information c'est qu'aujourd'hui il y a trop de français qui renoncent à leur désir d'enfant

15:27
Présentateur

c'est ça les chiffres sont assez édifiants 1,6 enfants par femme en 2025 c'est ça alors que le désir d'enfant est nettement plus élevé 2,3 comment vous expliquez cet écart ?

15:39
Jérémie Patrier-Leitus

et merci de le rappeler parce que dans le débat public on s'est concentré que sur un chiffre la baisse de la natalité et l'indice de fécondité mais le chiffre le plus important qui devrait nous mobiliser qui susciter une mobilisation générale c'est le décalage l'écart c'est ce désir d'enfant qui reste élevé en France quand on interroge les français quand on interroge des couples ils nous disent nous souhaitons avoir des enfants mais nous y renonçons pour des raisons diverses dont on va j'imagine parler dites nous logement aujourd'hui on a eu des témoignages assez forts on ne fait pas d'enfant en cage on a lancé une grande consultation citoyenne 30 000 français nous ont répondu une chambre en moins c'est un enfant de moins

16:17
Présentateur

ça fait partie des priorités

16:18
Jérémie Patrier-Leitus

le problème de logement le logement c'est un frein majeur à la parentalité et à la natalité les modes de garde quand vous n'êtes pas certain de pouvoir faire garder vos enfants vous renoncez parfois à votre projet d'enfant et puis les freins matériels on a aujourd'hui des français qui nous indiquent renoncer à leur projet d'enfant pour des raisons financières et matérielles

16:38
Invité

c'est intéressant parce que vous faites à la fois une espèce de constat d'échec des 30 dernières années vous prétendez que vous allez faire la révolution alors que votre champion Édouard Philippe dit que le quinquennat est fini Emmanuel Macron ne fera plus rien comment vous voulez tout refonder en aussi peu de temps ? alors ça ne vous a pas échappé

16:52
Jérémie Patrier-Leitus

que dans mes propositions je propose en fait d'inscrire toutes ces mesures de politique familiale dans un plan quinquennal donc je m'inscris aussi dans les 5 prochaines années en espérant qu'Édouard Philippe porte ses propositions d'ailleurs il en a mis 2 sur la table on pourra y revenir c'est le programme présidentiel

17:05
Présentateur

d'Édouard Philippe en fait

17:06
Jérémie Patrier-Leitus

alors pas forcément l'ensemble des mesures mais il y a des mesures effectivement qu'Édouard Philippe a déjà annoncées et qui sont importantes mais pardon si on ne fait pas de la politique pour permettre aux générations futures et aux français qui souhaitent avoir des enfants d'en avoir je ne sais pas très bien pourquoi on fait de la politique c'est un défi majeur est-ce qu'on imagine que dans le pays il y a des français qui renoncent à leur désir d'enfant

17:26
Invité

à leur projet d'enfant justement vous préconisez que la naissance d'un enfant devienne un moment fiscal ça veut dire quoi très très très concrètement

17:33
Jérémie Patrier-Leitus

ça veut dire aujourd'hui que la société toute entière doit s'adapter aux enfants et aux familles il faut penser nos villes penser nos entreprises penser le fonctionnement de nos sociétés nos mobilités on pourra revenir nos transports à hauteur d'enfants et de familles pour aller vite des mesures concrètes je vais aller très vite sur les mesures concrètes déjà la mesure principale presque la plus symbolique donner à la politique familiale un objectif ça peut vous paraître étrange mais aujourd'hui la politique familiale n'a plus d'objectif elle est devenue une politique sociale incompréhensible pour les français et donc dire l'assumer la politique familiale a un objectif dans le pays permettre aux français de réaliser leur désir d'enfant et puis

18:11
Présentateur

quel que soit leur revenu quel que soit leur revenu

18:13
Jérémie Patrier-Leitus

et donc je vais à la mesure nous proposons avec Horizon et Edouard Philippe la création d'un versement familial universel c'est à dire que pour tous les enfants de France de 0 à 18 ans pour toutes les familles quel que soit leur revenu quel que soit leur lieu de résidence quelle que soit leur catégorie sociale un versement leur sera fait chaque mois dès le premier enfant dès le premier enfant environ 200-250 euros je présenterai le rapport la semaine prochaine et j'indiquerai le montant précis et ça viendra fusionner l'ensemble des aides budgétaires aujourd'hui qui existent à peu près le même âge si je vous demande quels sont les dispositifs aujourd'hui de la politique familiale les aides à part les allocations familiales je ne suis pas certain que vous puissiez citer beaucoup de ces aides budgétaires et l'idée c'est effectivement de simplifier de fusionner et d'avoir un versement familial universel unique

19:05
Présentateur

environ 200-250 euros dès le premier enfant dès le premier enfant

19:08
Jérémie Patrier-Leitus

de 0 à 18 ans

19:09
Présentateur

et puis on aura d'enfants

19:10
Jérémie Patrier-Leitus

c'est le même montant à chaque fois ça s'ajoutera oui parce qu'il y a un principe qui est important c'est la liberté l'état n'a pas à dire aux parents combien il doit avoir d'enfants il n'a pas à inciter le deuxième aider accompagner le deuxième enfant ou le troisième

19:21
Invité

plus que le premier vous voulez aussi un congé incompressible de 15 jours obligatoire pour les jeunes papas pourquoi ?

19:28
Jérémie Patrier-Leitus

déjà parce que les congés parentaux on n'y comprend plus rien congé de naissance congé de maternité congé parental bref aujourd'hui c'est des règles différentes et des indemnisations différentes je souhaite un congé parental unique partageable entre la mère et le père vous voulez obliger les pères à prendre un congé et donc je vais au bout parce que c'est une mesure importante si vous me permettez juste d'expliquer rapidement il y a un temps et je l'assume d'accueil de l'enfant où les pères et les mères doivent accueillir leur enfant et donc je considère que les 15 premiers jours de la vie d'un enfant le père doit être aux côtés de son enfant avec la mère c'est pas un congé parental c'est pas son bon vouloir c'est que quand on accueille un enfant les 15 premiers jours c'est important que la famille se rencontre c'est un changement un bouleversement dans la vie des familles la naissance d'un enfant je suis bien placé pour le savoir et donc il faut qu'il y ait ce temps d'accompagnement des enfants ensuite le congé parental il sera libre partageable entre la mère et le père et je ne crois pas beaucoup à ces incitations parce qu'après il y a une liberté d'organisation mais c'est pas la même chose le temps d'accompagnement de l'enfant sa première année sa deuxième année sa troisième année de vie que les 15 premiers jours après la naissance

20:36
Présentateur

rapidement pour revenir à ce moment fiscal que vous promettez vous nous dites que ce versement familial universel sera versé sans condition de ressources c'est à dire que la famille de Bernard Arnault les enfants de Bernard Arnault pourront recevoir également cette allocation vous promettez aussi un prêt à taux zéro à la naissance de l'enfant tout ça ça va coûter combien parce qu'on dépense déjà beaucoup pour la politique familiale on a les moyens

20:58
Jérémie Patrier-Leitus

vous avez parfaitement raison pas pour vous inonder de chiffres mais que les français qui nous écoutent l'aient en tête la politique familiale c'est en gros 5% du PIB 100 milliards d'euros donc il y a déjà beaucoup d'argent c'est plus qu'ailleurs

21:08
Présentateur

en Europe

21:09
Jérémie Patrier-Leitus

ça fait partie effectivement des pays les plus généreux on est le pays le plus généreux sauf que la politique familiale pardon je le redis elle est illisible incompréhensible et elle a perdu de vue ses objectifs donc ça ne coûtera pas forcément plus cher toutes les mesures que je propose que nous proposons sont financées mais c'est aussi une manière de redéployer

21:25
Invité

ces moyens et donc dans ce rapport qui ne sera rendu public que la semaine prochaine mais que vous dévoilez en avant première sur France Info vous critiquez la menace de l'instabilité conjugale sur la fertilité on n'a plus trop de temps de le détailler en revanche vous estimez que la montée des logiques no kids aggrave la natalité et donc vous pensez que la SNCF a eu tort notamment d'empêcher des enfants d'être dans des wagons

21:46
Jérémie Patrier-Leitus

rapidement la SNCF c'est une erreur de communication il faut vraiment que le débat public soit tellement affaissé pour qu'il y ait des gens qui nous expliquent que cette décision de la SNCF soit la coupable ou soit responsable de la baisse de la natalité c'est une erreur de communication manifeste mais enfin quand même retrouvons un peu de sérieux on ne va pas expliquer dans notre pays que la baisse de la natalité est due au fait que dans une demi-rame de train il y ait des espaces réservés aux professionnels ou aux personnes qui veulent être au calme

22:15
Présentateur

Jérémy Patrilettus comme toujours c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui la question qui a peur vous soutenez Edouard Philippe pour 2027 mais de plus en plus de voix réclament une primaire pour désigner le candidat de la droite et du centre pourquoi votre champion refuse d'y participer est-ce qu'il a peur de la compétition ?

22:36
Jérémie Patrier-Leitus

Je ne crois pas qu'il ait peur de la compétition d'ailleurs il est candidat au Havre pour sa réélection il se présente une nouvelle fois au suffrage des Havreys et des Havreys et donc on doit lui reconnaître son engagement il n'a jamais eu peur des français il s'est présenté aux élections il se présente actuellement à l'élection municipale au Havre mais parce qu'il a créé un parti politique en 2021 parce qu'il se prépare à cette élection présidentielle parce que nous nous organisons parce que nous travaillons sur un programme présidentiel massif avec des propositions par exemple sur la famille

23:06
Invité

Mais s'il est moins bien placé dans les sondages est-ce qu'il doit se retirer comment ça l'entend ce matin ?

23:10
Jérémie Patrier-Leitus

Écoutez aujourd'hui je ne me positionne pas et je ne me place pas dans cette optique-là aujourd'hui les sondages le montent mois après mois il faut être vigilant sur les sondages mais il reste le candidat le mieux placé du bloc central et du SOC commun pour porter nos couleurs et nos idées à la présidentielle de 2017

23:25
Présentateur

Merci Jérémy Patrivetus d'avoir répondu aux questions de France Info Merci Paul

23:27
Jérémie Patrier-Leitus

Merci Agathe

23:28
Présentateur

Sous-titrage Société Radio-Canada Merci à mes Tipeurs

23:31
Locuteur

Merci à mes Tipeurs