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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 1 juin 2025 59 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieImmigration & asileInstitutions & élections

Israël est-il en train de devenir un état paria ? / Fin des ZFE : une capitulation nécessaire ?

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 17 %Attaque 56 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:48OuverteÉludée

    Israël est-il en train de devenir un État paria ?

  • 4:06OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'Israël est en train de devenir un État paria ?

  • 6:58OuverteRéponse directe

    Cette présence multiple de l'isolement ou non du gouvernement israélien, qu'est-ce que ça dit ?

  • 9:40OuverteRéponse directe

    Une occasion manquée pour le gouvernement israélien ?

  • 13:51RelanceRéponse directe

    À quel moment la riposte israélienne devient-elle illégitime pour vous ?

  • 15:09OuverteRéponse directe

    L'opération menée par l'armée israélienne à Gaza peut-elle être considérée comme illégitime désormais ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:31PrésentateurFait
    « Le président français a donc appelé les Européens à durcir leur position à l'égard d'Israël tant que les Israéliens ne desserreront pas leur étau sur la bande de Gaza. »
  • 4:33InvitéFait
    « Je ne peux pas accepter ça en tant que français, en tant qu'israélien et en tant qu'individu qui analyse objectivement les choses. »
  • 10:08InvitéFait
    « Moi, je ne vois rien qui relève d'un État paria. Qu'est-ce que c'est qu'un État paria ? C'est un État qui est exclu, exclu de coopération militaire, économique, commerciale, culturelle, qui est banni de l'ordre international, de bien des points de vue. »
  • 10:30InvitéChiffre
    « C'est quand même assez remarquable que non seulement Israël, après un an et demi de guerre, après officiellement 54 000 morts, dont, dit-on, 60% de femmes et d'enfants... »
  • 11:01InvitéChiffre
    « Bon, ça fait quand même 3% de la population de Gaza. 3% de la population française, c'est 2 millions de personnes. »
  • 11:17InvitéFait
    « Nous en sommes actuellement au 17ème train de sanctions contre la Russie. Ce qui est totalement légitime. »
  • 14:14InvitéFait
    « Eh bien, quand la fameuse formule qui mérite d'ailleurs d'être précisée et dotée de critères de droit d'Israël à la défense a manifestement tourné aux crimes d'agression, aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité et que nul ne peut considérer qu'il y a un droit légitime à la défense lorsqu'on tue des enfants, lorsqu'on démolit des hôpitaux et des écoles, quand on ruine toute possibilité de soins, lorsque l'on n'affame une population... »
  • 15:21InvitéFait
    « La disproportion est évidente. La légitime défense d'Israël a été rappelée et le fait de faire le chiffre donné de 54 000 morts suffit à montrer cette disproportion et cette férocité de la réponse. »
  • 24:00InvitéFait
    « Israël Katz, le ministre de la Défense a dit en Cisjordanie qu'il voulait envoyer un message à Emmanuel Macron et ses amis que s'ils reconnaissent un état palestinien sur le papier, nous nous construirons ici l'état juif sur le terrain. »
  • 26:56InvitéFait
    « Si le Hamas n'est pas responsable du conflit qui dure depuis 100 ans entre Israéliens et Palestiniens, le Hamas n'en est pas responsable. Par contre, il porte l'entière responsabilité de la phase ouverte le 7 octobre. »
  • 29:25InvitéChiffre
    « Et où des 100 000 réservistes sur 400 000 réservistes ne veulent plus combattre dans une situation qui est quasiment pré-révolutionnaire. »
  • 30:16InvitéFait
    « La sanction est considérée explicitement et le plus souvent implicitement comme une arme de guerre au lieu d'être une arme de droit et ça c'est quelque chose qui est extrêmement dangereux. »
  • 30:44InvitéFait
    « on ne sanctionne pas Israël et bien on délégitime et décrédibilise les sanctions »
  • 32:19InvitéChiffre
    « il date du 26 mai réalisé par Odoxa pour vos confrères de la chaîne publique Sénat et qui indique que 74% des français soutiennent l'idée de sanctions prises contre le gouvernement Netanyahou »
  • 35:15InvitéFait
    « il existe je cite un risque réel et imminent qu'un préjudice irréparable soit causé aux droits des palestiniens de Gaza d'être protégé contre les actes de génocide »
  • 43:50InvitéChiffre
    « l'asthme aujourd'hui touche 17% des enfants en France et jusqu'à 30% à Paris »
  • 46:58InvitéFait
    « j'en ai ras-le-bol d'interdire et de culpabiliser les gens »
  • 58:10InvitéFait
    « la France a été condamnée par la Cour de justice de l'Union Européenne »
  • 58:00InvitéChiffre
    « or nous avons une note de la DG Trésor qui explique que ça peut nous coûter extrêmement cher cette histoire de suppression de ces zones-là »
  • 58:10InvitéFait
    « la France a été condamnée par la Cour de justice de l'Union Européenne »
  • 58:14InvitéChiffre
    « nous risquons d'avoir à rembourser ce qu'on a reçu de l'Union Européenne en termes de subvention et de ne pas pouvoir toucher les autres milliards qui sont prévus 3,3 milliards pour 2025 »

Temps de parole

  • Invité26 %
  • Invité 220 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 317 %
  • Invité 416 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans l'esprit public. Aujourd'hui, Israël est-il en train de devenir un État paria ? Et fin des ZFE, une capitulation nécessaire ? Et nos débatteurs ce dimanche, Magali Lafourcade, bonjour.

0:30
Invité

Bonjour Herbie Cardet.

0:32
Présentateur

Magistrate, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'homme. Vous venez de publier au petit matin « Démasculiniser la justice ». Bertrand Baddy, bonjour. Bonjour. Professeur en relations internationales, votre dernier livre aux éditions Flammarion, « L'art de la paix ». Thomas Gomart, bonjour. Bonjour Herbie Cardet. Historien, directeur de l'Institut français des relations internationales, votre dernier ouvrage « L'accélération de l'histoire » chez Talendier est publié en poche. Et Michel Topman, bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Politique Internationale. Vous y êtes responsable du Proche-Orient.

Vous avez par ailleurs fondé « Shalom Salam », un groupe de dialogue. « Judéo-arabe ». Dans la deuxième partie de l'émission, nous parlerons des ZFE, les zones à faible émission que les députés ont choisi de supprimer cette semaine dans le cadre de l'examen de la loi sur la simplification de la vie économique. Motif de cette suppression, les ZFE désavantagent les classes populaires qui n'ont pas les moyens de s'acheter des voitures propres. Les écologistes protestent, supprimer les ZFE, c'est refuser de lutter contre la pollution de l'air et prendre donc des risques pour la santé publique. Retour de l'éternel dilemme entre fin du monde et fin du mois, nous en débattrons.

Mais pour commencer, Israël, qui apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale en raison de son intervention militaire dans la bande de Gaza, de quoi transformer l'État hébreu en État paria, Emmanuel Macron n'écarte plus en tout cas la possibilité de sanctions.

2:00
Invité

S'il n'y a pas une réponse qui est à la hauteur de la situation humanitaire qui est apportée dans les prochaines heures et les prochains jours, bien évidemment qu'il faudra durcir la position collective et en tout cas appliquer ce qui est aussi les règles que nous nous sommes donnés à nous-mêmes, c'est-à-dire mettre un terme à des processus qui supposent le respect des droits de l'homme, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, et appliquer des sanctions.

2:21
Présentateur

Un froid glacial caractérise désormais les relations entre Paris et Tel Aviv depuis Singapour vendredi. Le président français a donc appelé les Européens à durcir leur position à l'égard d'Israël tant que les Israéliens ne desserreront pas leur étau sur la bande de Gaza. Si les Occidentaux abandonnent Gaza et laissent faire Israël, a mis en garde Emmanuel Macron, ils risquent de perdre toute crédibilité à l'égard du reste du monde. La réponse du gouvernement israélien n'a pas tardé.

La diplomatie de l'État hébreu accuse le président français d'être en croisade contre l'État juif et ajoute « Au lieu de faire pression sur les terroristes djihadistes, Macron veut les récompenser en leur donnant un État palestinien. Il ne fait aucun doute que sa fête nationale sera le 7 octobre. » Paris n'est pas la seule capitale, loin de là, à tenir un discours de fermeté à l'égard du gouvernement de Benjamin Netanyahou. L'Espagne de Pedro Sanchez demande des sanctions. La présidente de la Commission européenne, toujours très mesurée, qualifie d'odieuse l'intensification des opérations militaires israéliennes à Gaza.

Les 27 envisagent désormais de revoir les modalités de l'accord d'association entre l'UE et Israël. Alors est-ce une manière pour les gouvernements européens de ne pas être trop déconnectés de leur opinion publique ? Car le tournant est palpable. Depuis quelques semaines, les prises d'opposition de personnalités se multiplient. Ainsi, cette tribune, signée par près de 300 écrivains, publiée lundi dernier dans Libération, et qui appelle à qualifier de « génocide » ce qui se passe à Gaza. C'est un fait. Les alliés traditionnels de l'État hébreu prennent aujourd'hui leur distance.

Israël est en train de devenir un État paria, comme l'Afrique du Sud par le passé, va même jusqu'à déclarer le travailliste Yair Golan, un des chefs de la gauche israélienne, mais une gauche inaudible, face à une extrême droite dont le projet semble bien d'éradiquer la présence des Palestiniens dans la bande de Gaza. Michel Tobman, je vais commencer par cette déclaration qui a fait beaucoup de bruit en Israël, Israël où vous vous rendez régulièrement, celle de cet ancien général Yair Golan, Yair Golan, un des chefs de la gauche israélienne, qui estime qu'Israël est en train de devenir un État paria. Est-ce qu'il a raison de le dire ?

4:24
Invité

D'abord, non seulement je me rends régulièrement en Israël, mais je suis citoyen israélien, et j'ai donc un attachement égal à la France et à Israël, et lorsque le gouvernement israélien dit qu'Emmanuel Macron va faire du 7 octobre la fête nationale de la France, je ne peux pas accepter. Je ne peux pas accepter ça en tant que français, en tant qu'israélien et en tant qu'individu qui analyse objectivement les choses.

Ceci étant dit, par rapport à l'isolement d'Israël, j'assistais à quelque chose qui m'a beaucoup frappé, c'était les 7 et 8 mai derniers, j'ai participé au sommet pour la paix, qui était organisé à Jérusalem par différentes organisations juives et palestiniennes, alors palestiniens souvent d'Israël, qui sont des citoyens israéliens, mais c'était un mouvement où il y avait environ 5000 personnes, c'est beaucoup, 5000 personnes pour la paix, aujourd'hui en Israël, dans un pays de 10 millions d'habitants, dans un pays en guerre en général, c'est beaucoup, et ce n'est pas évident de manifester pour la paix.

Il y avait le discours de Kaya Kalas, la représentante de l'Union Européenne pour la politique étrangère, il y avait le discours d'Emmanuel Macron, tout ça sur des écrans vidéo, il y avait Bernard Guetta, avec qui j'étais, qui est député européen, et qui préside un groupe transpartisan pour la solution à deux états, mais surtout, il y avait l'ambassadeur d'Allemagne, il y avait l'ambassadeur de France, il y avait Macron, l'ambassadeur de France, ce n'est pas surprenant, mais il y avait l'ambassadeur d'Allemagne, et quand on sait ce que, le poids de la culpabilité que porte l'Allemagne depuis 80 ans, et qui impose à l'Allemagne une fidélité inconditionnelle à Israël, et l'Allemagne a toujours été considérée depuis au moins 40 ans par Israël comme son plus fidèle soutien avec les Etats-Unis.

Quand on sait ça, quand on a comme moi travaillé longtemps à Arte, et je me souviens, c'était pendant la première intifada, mes collègues d'Arte qui me disaient, nous, en tant que journaliste allemand, tu sais, on ne peut pas se prononcer, on a un devoir de réserve, et bien voir l'ambassadeur d'Allemagne venir à une réunion d'opposants, d'opposants radicaux, pas seulement des gens qui veulent, qui critiquent tel ou tel aspect de la politique de Saint-Denis, mais qui disaient, stop the war, et voir l'ambassadeur d'Allemagne soutenir cette manifestation, je me suis dit que là, il y avait une rupture

6:57
Présentateur

qui était en train de se faire. Mais qu'est-ce que ça dit, Michel Topman, cette présence multiple que vous nous décrivez, de l'isolement, ou pas, du gouvernement israélien, si ce n'est de tout le pays, sur la scène internationale ? C'est-à-dire, est-ce que ça témoigne, justement, d'un... Alors, moi,

7:13
Invité

je vous parle de l'isolement par rapport à ses alliés européens, parce qu'avec l'Inde, il n'y a pas de problème. Il y a aujourd'hui, et ça ne vous a pas échappé, tout un tas de pays qui sont peu regardants sur les droits de l'homme, qui sont illibéraux, et quelqu'un comme Netanyahou s'inscrit très bien dans la catégorie de dirigeants aujourd'hui illibéraux, Orban, qui est le seul en Europe, d'ailleurs, à le soutenir, puisque même Mélanie ne le soutient pas. Orban, le dirigeant indien, les Russes, les Chinois, Trump, qui d'ailleurs lui-même prend ses distances avec Netanyahou, ce qui se passe, les questions des droits de l'homme ne sont pas leurs soucis, ne les embâchent pas de dormir.

Par contre, on sent très bien qu'Israël est aujourd'hui dans une impasse, indépendamment de ce qu'on peut penser sur le plan de la compassion pour les Palestiniens, etc., dans une impasse, c'est que c'est une guerre sans solution politique. Et on peut gagner des batailles sur le terrain, sur un champ de bataille, mais une guerre, ça se gagne autour d'une table de négociation. Et le problème, c'est qu'Israël n'a toujours pas d'autres projets politiques pour la Banque de Gaza et pour les Palestiniens que de faire la guerre, faire la guerre, faire la guerre. Et, je terminerai par un mot, Netanyahou a réussi la prouesse de transformer une victoire en défaite. Je m'explique.

S'il avait, il a eu plusieurs occasions pour arrêter la guerre. Il y a eu la mort de Sinoir, l'exécution de Agnès à Téhéran, c'est quand même, c'est des victoires, je veux dire, très très symboliques pour l'Israël. Voilà,

8:54
Présentateur

ce sont des responsables du Hamas.

8:56
Invité

Oui, le Hezbollah, le chef du Hezbollah. Et puis, cette attaque iranienne qui a été arrêtée par Israël, les Iraniens qui ont dit on va riposter et qui n'ont pas riposté. Donc, la force de dissuasion israélienne réaffirmée au Moyen-Orient. Et puis, la chute de Bachar Al-Assad. En décembre, Netanyahou aurait pu dire nous avons changé la face du Proche-Orient. Eh bien, nous pouvons aujourd'hui faire la concession de libérer les otages en échange de la libération de milliers de prisonniers palestiniens.

Et ça aurait été douloureux pour Israël, ça aurait été ressenti comme injuste pour Israël, mais Israël aurait pu s'en sortir sur une victoire et les pays européens à l'époque ne s'étaient pas encore dissociés. Et là, plus on se plus ça va, plus Israël s'enfonce.

9:40
Présentateur

Une occasion manquée pour le gouvernement israélien qui l'aurait peut-être épargné cette fronde dont on sent bien quand même que depuis quelques semaines, alors même si ça ne se traduit pas forcément toujours en acte, Bertrand Badi, mais il y a quand même, on voit que le gouvernement israélien se fait en partie lâcher par ses alliés traditionnels.

9:57
Invité

C'est bien le problème d'abord que ça ne se traduise pas en acte. Vous nous interrogez sur la pertinence du concept d'État paria. Moi, je ne vois rien qui relève d'un État paria. Qu'est-ce que c'est qu'un État paria ? C'est un État qui est exclu, exclu de coopération militaire, économique, commerciale, culturelle, qui est banni de l'ordre international, de bien des points de vue. Rien de tout cela ne s'est produit. C'est quand même assez remarquable que non seulement Israël, après un an et demi de guerre, après officiellement 54 000 morts, dont, dit-on, 60% de femmes et d'enfants... Et aussi des combattants. Et aussi des combattants palestiniens.

Oui, mais il y a ajouté aux 54 000 officiels, tous ceux qui ont disparu et sous les décombres et tous ceux qui sont morts autrement que par action militaire, par l'effet indirect de la famine, de la maladie, du non-soin et tout ce qui s'ensuit. Bon, ça fait quand même 3% de la population de Gaza. 3% de la population française, c'est 2 millions de personnes. Et aucune sanction. Nous en sommes actuellement au 17ème train de sanctions contre la Russie. Ce qui est totalement légitime. pas un mot pour récuser cette politique même si son efficacité reste douteuse. L'Iran est un pays qui depuis 1995 est étranglé par les sanctions.

1995 à l'initiative des Etats-Unis avec d'ailleurs une condamnation par la Cour internationale de justice en 1998. Ce pays n'en peut plus. Il est exsangue. Il n'a pas fait des dizaines de milliers de morts, des enfants, des femmes.

Alors, quand on parle d'État barrière et que l'on constate qu'aucun n'abandonne la coopération sur le plan militaire et notamment les Etats-Unis qui sont quand même indirectement responsables de tous ces morts et que l'Europe qui a un vrai levier à travers le fameux accord de 1995 qui par parenthèse avait été négocié en plein contexte d'Oslo, c'est-à-dire dans un contexte inverse de celui que nous connaissons actuellement, n'aurait pu effectivement avoir un effet sur Israël parce que le partenariat commercial, économique et scientifique entre Israël et l'Union Européenne est important. Donc, c'était un instrument de pression. Rien de tout cela. Pour l'instant, ça va peut-être venir.

12:33
Présentateur

Les Européens semblent d'accord pour en rediscuter.

12:36
Invité

Vous vous rendez compte, vous dites pour l'instant alors que ça dure depuis un an et demi et qu'effectivement on est dans une phase rhétorique qui risque de durer bien longtemps parce que les décisions prises à Bruxelles sont des décisions qui demandent du temps, qui demandent pour certaines l'unanimité. Or, on sait que sur les 27, il y en a 9 qui sont contre toute forme de sanction et 18 qui sont plus ou moins favorables. Donc, ça veut dire qu'il y a une longue négociation et que lorsque celle-ci sera achevée à la fin de l'été, peut-être, je ne sais pas, eh bien, le désastre aura été tel qu'elles n'auront plus aucun sens aujourd'hui.

C'est un problème de temporalité et c'est aussi un problème d'agencement qui, hélas, en diplomatie est un truc bien connu entre la parole et l'action. Sur la Russie, on a tout de suite agi. Sur le cauchemar proche oriental, on parle et on n'agit pas. Le résultat, en tous les cas, pour les victimes est exactement le même et c'est toute la crédibilité de la diplomatie européenne en général et française en particulier qui se trouve mise en péril.

13:51
Présentateur

Juste encore un mot, Bertrand Badié, avant de passer la parole à Thomas Gomart et à Magali Lafourcade. Quand vous dites alors on n'a pas agi, à partir de quel moment, selon vous, mais vraiment une réponse pas trop longue, aurait-il fallu agir ? C'est-à-dire que après le 7 octobre, la réplique et la riposte de l'armée israélienne paraît totalement légitime puisqu'Israël est attaqué sur son territoire. À quel moment ça devient illégitime pour vous cette riposte israélienne ?

14:14
Invité

Eh bien, quand la fameuse formule qui mérite d'ailleurs d'être précisée et dotée de critères de droit d'Israël à la défense a manifestement tourné aux crimes d'agression, aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité et que nul ne peut considérer qu'il y a un droit légitime à la défense lorsqu'on tue des enfants, lorsqu'on démolit des hôpitaux et des écoles, quand on ruine toute possibilité de soins, lorsque l'on n'affame une population et vous avez vu encore cette nuit lorsque l'on tire sur une population regroupée pour recevoir des secours comme ça a été le cas à Han Younes la nuit dernière.

Donc là, il y a longtemps que l'ONU, il y a longtemps que les ONG, il y a longtemps que les observateurs n'ont pas tenté ces faits.

15:09
Présentateur

Thomas Gomor, est-ce que l'opération que mène actuellement l'armée israélienne dans leur bande de Gaza peut être considérée comme illégitime désormais ? C'est-à-dire un an et demi après les attaques du 7 octobre ?

15:21
Invité

La disproportion est évidente. La légitime défense d'Israël a été rappelée et le fait de faire le chiffre donné de 54 000 morts suffit à montrer cette disproportion et cette férocité de la réponse. Je pense que c'est tout à fait établi.

15:39
Présentateur

Je rappelle que ce chiffre vient du ministère de la Santé du Hamas mais qu'il est considéré comme crédible par les Nations Unies. Oui,

15:44
Invité

à ça, il faut ajouter toutes les destructions de biens physiques. Je pense que sur la disproportion, elle est évidente. Il y a un problème ensuite plus fondamental. C'est que le 7 octobre, il y a plus d'un millier d'Israéliens qui ont été tués parce que juifs et Israël en légitime défense va tuer beaucoup de civils. Même si Tzal explique qu'elle mène une guerre éthique, je crois que ça ne convainc plus personne aujourd'hui compte tenu de l'ampleur de la disproportion. Je voudrais faire un pas de côté peut-être pour essayer de répondre à cette idée d'État paria.

Vous avez en introduction Hervé Gardet rappelé la formule de Yair Golan qui disait qu'Israël devenait un État paria comme l'Afrique du Sud l'a été. Je trouve ça très intéressant pour deux raisons. D'abord le fait que c'est l'Afrique du Sud qui a lancé la procédure contre Israël dans le cadre de la Cour de justice internationale.

Et puis pour une deuxième raison qui à mon avis va nous conduire peut-être au cœur du problème c'est que vous avez eu une scène tout à fait édifiante ces derniers jours dans le bureau ovale une fois encore entre Donald Trump et le président Cyril Ramaphosa président sud-africain où Donald Trump a mis en scène l'exécution de fermiers blancs en Afrique du Sud et a imposé au président sud-africain et à son équipe une vidéo à regarder ensemble dans le bureau ovale.

Pourquoi je mentionne ce fait c'est que je pense qu'en fait il met le doigt sur quelque chose qui est en train de jouer dans la relation entre les Etats-Unis et Israël étant entendu qu'aujourd'hui le principal soutien d'Israël reste les Etats-Unis même s'il y a une petite prise de distance de Donald Trump mais qui s'explique à mon avis surtout par son détour et sa tournée dans les pays du Golfe la semaine dernière qui relève du suprémacisme c'est-à-dire qu'il y a à mon avis dans une partie aujourd'hui de l'administration Trump un courant clairement suprémaciste et évidemment dans le gouvernement Netanyahou un courant également suprémaciste et c'est probablement ça à mon avis qui est en train de provoquer ce rejet par les alliés traditionnels d'Israël et en particulier par les Européens à partir de là je crois que le jugement qu'on porte sur un état paria ou un état voyou je ne sais pas quel est le bon terme dépend évidemment beaucoup du système d'alliance du régime politique de ce pays et les démocraties comme Israël Israël se présente très souvent comme démocratie peuvent également être à juste titre absolument mais les démocraties peuvent être aussi les démocraties peuvent être bourreaux et peuvent passer du stade de victimes à bourreaux et c'est probablement ce à quoi on assiste avec Israël qui est victime du terrorisme militarisé du Hamas après le 7 octobre et qui se retrouve dans une posture de bourreaux et moi je crois néanmoins qu'il y a une différence assez essentielle et c'est pour ça que c'est très intéressant de lier ça comme Bertrand nous y invite à la situation de l'Iran qui est l'état paria par définition depuis plusieurs décennies parce qu'en fait la difficulté des Européens en particulier de la diplomatie française c'est que Israël est un allié sur le dossier iranien lequel Iran est un état paria pour la France qui prend des otages français depuis plusieurs années et encore aujourd'hui nous avons des otages pris par les autorités iraniennes et symétriquement enfin symétriquement parallèlement plutôt évidemment ce qui se passe à Gaza provoque dans l'opinion et explique les déclarations du président de la république et je crois que la grande différence un élément peut-être de réflexion sur l'état paria c'est est-ce qu'il y a des états paria qui vous désignent comme ennemi c'est le cas d'Iran c'est le cas aujourd'hui de la Russie c'est pas le cas d'Israël qui désigne pas les européens comme ennemi mais qui cherche et qui est en train de perdre leur soutien donc ça veut dire qu'il faut quand même

19:51
Présentateur

veiller peut-être à renouer ou en tout cas ne pas trop affaiblir cette relation entre la France l'Europe et Israël

19:59
Invité

je pense que ça conduit d'abord à distinguer d'un point de vue français quels sont les états qui vont dans le sens de nos intérêts les états qui vont dans le sens de l'opinion d'une part et d'autre part ça conduit aussi à être très attentif je pense sur le jugement que l'on porte sur les autorités israéliennes aujourd'hui et de bien souligner comme pour les Etats-Unis d'ailleurs qu'il y a cette vague illibérale mais il y a en même temps une contestation extrêmement forte et une opposition Michel Thoman rappelait sa propre expérience extrêmement forte aujourd'hui aux Etats-Unis et en Israël contre cette tendance Magali Lafourcade Alors sur l'état paria effectivement la notion est difficile encore à appliquer à Israël même si on peut dire qu'il y a peu d'Etats aujourd'hui qui soutiennent la poursuite des hostilités il y a quand même une demande de cesser le feu qui devient assez massive partout puis on voit aussi un réveil de la société israélienne elle-même qui est très intéressant puisqu'en fait les méthodes de guerre et même la clarification des buts de guerre apparaît tellement difficile à comprendre qu'elle devient plus acceptable en fait cette guerre pour une bonne part de la société israélienne elle-même alors même que jusque-là les manifestations étaient plutôt pour récupérer les otages et là on voit émerger la question de faire la paix et de se cesser le feu je crois aussi que c'est intéressant de voir comment se mobilise la France dans ce contexte c'est-à-dire qu'on voit Emmanuel Macron qui finalement a une capacité assez forte de mobilisation au sein de l'Union Européenne on sait qu'il y a des pays comme l'Espagne et l'Irlande qui ont depuis longtemps demandé à ce qu'il y ait des sanctions qui soient prises et là lui il a une capacité d'entraînement d'autres états Michel Thomann a rappelé tout à l'heure le poids pour certains états européens comme l'Allemagne ou l'Autriche cette mauvaise conscience européenne qui a été le territoire de la Shoah qui fait que c'est tellement difficile de s'engager sur la voie du rappel du cadre juridique duquel est complètement sorti Israël dans le cadre de cette guerre donc bien sûr dire ça ça n'enlève rien à l'horreur du 7 octobre puisque ce sont des crimes de guerre que d'attaquer des civils et de prendre des otages on voit aujourd'hui que cette guerre qui est menée la façon dont elle est menée on est dans des qualifications juridiques qui ont été rappelées aussi par la Cour internationale de justice et par la Cour pénale internationale donc face à ce réveil des consciences on voit que l'Union européenne a quand même des leviers et c'est ça qui est intéressant c'est d'abord ces leviers notamment les accords commerciaux puisque l'Europe est le premier partenaire commercial d'Israël un tiers des échanges commerciaux se font avec l'Union européenne alors que ce n'est en retour que moins de 1% des échanges commerciaux pour l'Union européenne avec Israël donc c'est très asymétrique et donc là il y a une capacité à faire entendre une voix ensuite il y a l'aspect effectivement historique et moral qu'a très bien rappelé Michel Topman tout à l'heure à savoir que quand des alliés aussi importants se détournent et disent que c'est disproportionné comme l'ont fait récemment le Canada le Royaume-Uni et la France ça choque la conscience des élites israéliennes et ça peut les amener à un sursaut et puis il y a aussi tous les accords de coopération scientifique sur la recherche où on voit qu'il y a des questionnements sur les doubles usages les applications militaires qui peuvent en être faites et donc cet ensemble d'accords qui sont eux décidés à la majorité qualifiés dans le cadre de l'accord global d'accord d'association qui lui demande que tous les états se joignent à la même voie donc c'est beaucoup plus compliqué au niveau de l'Union Européenne on a énormément de marge ensuite il y a les sanctions individuelles contre ceux qui sont en train de nous mettre sur la politique du fait accompli et dans ce contexte-là Emmanuel Macron fait l'objet d'une cible d'un ciblage particulier je voudrais rappeler il y a deux jours Israël Katz le ministre de la Défense a dit en Cisjordanie qu'il voulait envoyer un message à Emmanuel Macron et ses amis que s'ils reconnaissent un état palestinien sur le papier nous nous construirons ici l'état juif sur le terrain donc c'est vraiment la politique du fait accompli et une attaque qui cible la France et son président de la République sûrement parce qu'il a une influence majeure dans ce positionnement

24:21
Présentateur

cette politique elle est menée par un gouvernement très particulier Michel Tobman est-ce qu'aujourd'hui ce gouvernement est suivi par la population israélienne est-ce qu'il peut y avoir ce qu'évoquait Magali Afourka une forme de sursaut notamment de la part des élites ou bien au contraire le fait que Israël soit critiqué énormément aujourd'hui ça peut provoquer l'effet inverse c'est-à-dire peut-être un resserrement de la population autour justement des intérêts d'Israël parce qu'on voit que le gouvernement n'est pas forcément très populaire mais le motif de la guerre et peut-être même les buts de guerre ne sont pas autant contestés qu'on l'imagine

24:59
Invité

alors c'est évidemment c'est très compliqué c'est toujours très compliqué déjà dans notre vie personnelle nous sommes traversés par des sentiments contradictoires donc un peuple dans une telle situation est traversé par des sentiments contradictoires ce qui caractérise cette guerre c'est qu'elle est intervenue dans un pays qui était dans une crise intérieure existentielle existentielle depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition de la droite et de l'extrême droite en décembre 2022 on avait tous les samedis soirs des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d'Israéliens qui manifestaient non pas du tout sur la question palestinienne mais qui manifestaient sur la question de l'identité de l'état est-ce que Israël qui s'est défini à sa naissance comme état juif et démocratique à un moment où Ben Gurion a fait un accord avec les religieux qui était très minoritaire et que cet accord est comme dirait Arafat caduc mais dans un autre contexte cet accord est caduc parce que les religieux sont beaucoup plus nombreux et beaucoup plus influents est-ce que donc Israël est aujourd'hui plutôt un état démocratique moderne, démocratique alors laïcisé pas dans le sens anti-religieux comme la laïcité à la française mais dans le sens de la séparation du politique et de la religion ou un état théocratique parce qu'effectivement une partie de la coalition de l'État ou une partie importante a un projet qui est de changer la nature de l'État pour en faire un état théocratique et on était dans cette crise-là et cette crise-là a été percutée par une crise par une agression extérieure dont le Hamas porte l'entière responsabilité et je fais partie de ceux qui critiquent jour et nuit le gouvernement Netanyahou mais il ne faut pas oublier que si le Hamas n'est pas responsable du conflit qui dure depuis 100 ans entre Israéliens et Palestiniens le Hamas n'en est pas responsable par contre il porte l'entière responsabilité de la phase ouverte le 7 octobre et ça ce n'est pas du tout une caution des actions qui ont pu être menées après par Netanyahou mais c'est un fait et donc les Israéliens sont dans une situation extrêmement contradictoire quand votre pays est agressé par des gens qui veulent vous exterminer vous avez dit tout à l'heure Thierry Goldmar c'était qu'on voulait exterminer les Juifs non c'est les Israéliens puisqu'il y a quand même une quarantaine d'Arabes Israéliens qui ont été tués et des Thaïlandais et des Thaïlandais bon ce n'était pas un simple attentat terroriste c'était une volonté d'invasion et donc là on est passé d'un conflit qui était le conflit pour deux états à un conflit pour la destruction de l'Israël alors en réalité le Hamas n'a absolument pas les moyens militaires d'exterminer Israël de détruire Israël et encore moins aujourd'hui encore moins aujourd'hui mais subjectivement et là il faut voir l'histoire du peuple juif c'est un peuple qui s'est construit dont l'identité s'est construite dans les persécutions qui ne sont pas simplement imaginaires mais qui sont réelles aussi bien en Europe avec la Shoah que dans certains pays arabes pas dans tous les pays arabes avec des persécutions moins importantes et à ces persécutions se sont ajoutés le refus arabe pendant très longtemps de l'état de l'état d'Israël et le 7 octobre a réveillé tout ça alors cela a été utilisé par le gouvernement israélien avec des choses qui sont tout à fait fausses ce n'est pas une nouvelle Shoah Israël ne peut pas être détruit par le Hamas mais Israël est effectivement en danger existentiel mais je dirais de l'intérieur et par la conjonction de la guerre extérieure et de la manière dont on réagit à l'intérieur et de la division à l'intérieur on est quand même aujourd'hui dans une situation où une partie de la population ne veut pas faire l'armée ne veut pas participer à l'armée et où des 100 000 réservistes sur 400 000 réservistes ne veulent plus combattre dans une situation qui est quasiment pré-révolutionnaire et donc n'assimilons pas voilà quand on dit état paria bon c'est pas un état paria c'est un état qui là-dessus Bertrand a dit a raison c'est pas un état paria mais c'est un état qui est isolé sur la scène internationale mais ne confondons pas la population israélienne qui a 70% hostile à Netanyahou et qui veut des solutions mais sans savoir lesquelles puisqu'on ne leur propose pas et le gouvernement Netanyahou qui est engagé dans une fuite en avant faute d'une solution politique crédible qui serait compatible avec le maintien de sa coalition Bertrand Badier oui moi je voudrais revenir sur deux points le premier et selon l'usage habituel et amical de mes échanges avec Thomas sur la nature même des sanctions c'est très important c'est-à-dire Thomas a raison de plus en plus la sanction est considérée explicitement et le plus souvent implicitement comme une arme de guerre au lieu d'être une arme de droit et ça c'est quelque chose qui est extrêmement dangereux parce que ça décrédibilise la légitimité de la sanction quand on sanctionne encore une fois à juste titre la Russie pour l'acte d'agression commis en Ukraine et également les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui y sont commis et qu'on ne sanctionne pas Israël et bien on délégitime et décrédibilise les sanctions on la sépare du droit le véritable si vraiment on veut la paix et un ordre international mondialisé il faut rehausser les sanctions pour en faire une arme de droit et là il y a suffisamment de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui ont été patentés pour que l'Europe réagisse et je ne parle pas des Etats-Unis d'autant que l'Europe fait du respect du droit et de la promotion des valeurs sa marque d'existence sur la scène internationale alors on ne comprend plus on ne voit pas très bien ce que ça veut dire et ça implique Michel Thomann le rappelait à juste titre qu'effectivement Israël n'est pas un Etat paria c'est un Etat dérogatoire c'est-à-dire c'est un Etat qui probablement le seul parmi les 193 a le droit effectivement de tuer a le permis de tuer sans que cela provoque une réaction de droit le deuxième élément que je voudrais dire et qui me paraît très important c'est qu'il y a un vrai fondement social à juste titre Michel Thomann rappelait effectivement l'évolution et c'est quand même un point très positif et encourageant de l'opinion publique israélienne mais je voudrais vous citer un sondage qui est tout récent il date du 26 mai réalisé par Odoxa pour vos confrères de la chaîne publique Sénat et qui indique que 74% des français soutiennent l'idée de sanctions prises contre le gouvernement Netanyahou et accessoirement parce que ce n'est pas directement notre sujet 63% sont favorables à la reconnaissance de la Palestine si on compare à des sondages qui ne sont pas exactement de même nature mais qui renvoyaient à la même problématique et qui avaient été fait il y a un an et bien on voit pratiquement un doublement des scores favorables à sanctionner Israël donc ça veut dire qu'il y a quand même une prise de conscience sociale et vous savez dans le monde tel qu'il est je sais que Thomas n'aime pas quand je dis ça le fondement sociologique et la pression sociale qui s'exerce sur le système international est de plus en plus déterminant

33:18
Présentateur

j'allais justement vous poser la question Thomas Gomart est-ce que l'opinion peut avoir un poids sur les décisions notamment des états européens

33:25
Invité

oui et non c'est à dire qu'évidemment les opinions sont beaucoup plus organisées aujourd'hui et souhaiteraient avoir un effet et le non c'est qu'en même temps quand on regarde les choses sur différents dossiers on est quand même frappé de voir comment les questions stratégiques prévalent dans la mesure où un petit nombre de personnes prennent des décisions qui ont un effet sur le plus grand nombre l'exemple d'Israël est là aussi éloquent l'exemple de la Russie il est aussi celui des Etats-Unis c'est à dire qu'on voit bien que des décisions prises par le coeur d'un système politique ont des influences et donc en fait les opinions peuvent effectivement s'organiser mais le vrai sujet il est à mon avis de nature politique c'est quel type d'alternative possible pour à Netanyah ou à terme est-ce que ça passera par des élections est-ce que l'opposition israélienne est capable aujourd'hui de s'organiser et de gagner en fait tout simplement mais donc ma réponse est fondamentalement ambivalente parce que je pense qu'il y aurait une illusion à croire que les mobilisations d'opinion suffiraient à modifier le cours de politique estatique Magaléa Fourcade oui moi je voudrais quand même rappeler que la communauté internationale a effectivement un rôle extrêmement important puisque dans le droit international humanitaire qui organise à la fois le droit de déclencher les hostilités donc là il y a une légitime défense et après la conduite des hostilités c'est-à-dire le just in bello c'est le fait de respecter le droit international humanitaire dans la conduite de la guerre ces obligations elles ne concernent pas seulement les parties au conflit elles concernent tous les états de la planète les 193 états ça veut dire qu'il y a l'obligation de respecter et de faire respecter le droit international humanitaire or depuis janvier 2024 nous avons quand même des ordonnances de la cour internationale de justice qui disent clairement qu'il existe je cite un risque réel et imminent qu'un préjudice irréparable soit causé aux droits des palestiniens de Gaza d'être protégé contre les actes de génocide ça veut dire qu'aujourd'hui c'est pas seulement une question de morale ou de société civile c'est-à-dire il y a aussi un engagement des états à cesser d'approvisionner en armes sinon il y a un risque de complicité sur le terrain du droit pénal international et puis il y a une obligation pour tous les autres états de trouver tous les leviers ça peut être des sanctions individuelles collectives ça peut être des embargos ça peut être un certain nombre d'actions qui doivent être menées de façon concertée pour pouvoir faire cesser cette guerre qui est très éloignée aujourd'hui des buts de guerre quand on entend parler des chariots des Gédéons et d'ailleurs je voudrais finir là-dessus sur le fait qu'Anthony Blinken juste avant de quitter ses fonctions au décembre 2024 a annoncé quelque chose

36:09
Présentateur

qui était l'ancien

36:10
Invité

secrétaire d'état américain

36:12
Présentateur

il a dit

36:13
Invité

que le Hamas avait reconstitué son potentiel de compétent de l'avant 7 octobre et qu'il régnait toujours en maître et ça ça devrait vraiment nous inquiéter sur ce qui a été annoncé comme objectif de guerre et jusqu'où on va on est dans une impasse et je crois que c'est ça qu'il faut entendre et que du coup il faut revenir au droit

36:30
Présentateur

une toute dernière question Michel Tomman est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui l'image d'Israël dans le monde est durablement abîmée ?

36:38
Invité

l'image d'Israël dans le monde est abîmée ça c'est très clair durablement on peut jamais savoir ce qui se passe mais il faudra vraiment de grands changements il faudra vraiment qu'il y ait un autre gouvernement qu'il y ait un autre discours il faudra du temps il faudra du temps mais pour mes amis juifs qui en France s'inquiètent de l'antisémitisme et certains disent de toute façon le monde entier est contre nous le monde entier a toujours été contre nous je rappelle qu'en 2018 ou en 2019 le Grand Prix de l'Eurovision a eu lieu en Israël en 2018 le Tour d'Italie cycliste est parti de Jérusalem en 2018 il y a eu à Jérusalem cette cérémonie l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem Ouest pas à Jérusalem Ouest mais à Jérusalem Ouest avec non pas Trump mais son gendre sa fille les évangéliques américains et il y avait moi j'étais là-bas je travaillais pour une télévision israélienne et on avait sur grand écran cette cérémonie on avait en tout petit en médaillon les palestiniens qui lançaient à la frontière de la bordure de Gaza qui lançaient des pneus enflammés sur les troupes israéliennes et ce jour-là on en a tué 40 et ça s'est passé inaperçu l'image d'Israël quand Emmanuel Macron est allé en Israël en 2020 je crois pour le 75e anniversaire de la libération de Auschwitz il est allé il est allé à Jérusalem il a fait toute la tournée enthousiaste comme avec la start-up nation etc comme tous les chefs d'état et il est arrivé à 22h30 à Ramallah chez Mahmoud Abbas c'est-à-dire que la visite chez les palestiniens avant on allait il y a 10 ou 15 ans quand je suivais comme journaliste les visites chez des étrangers ils allaient voir les israéliens puis les palestiniens on allait de moins en moins voir les palestiniens donc la question palestinienne était éteinte et l'hostilité à l'égard d'Israël avait largement diminué le poids du BDS était très faible par contre ce qui peut BDS c'est la campagne de boycott contre les produits israéliens voilà moi je m'intéresse comme vous au cyclisme le BDS avait appelé à mettre des clous sur la route sur le tour d'Italie contre les coureurs de l'équipe israélienne mais personne n'a fait ça parce que les avatars du cyclisme préfèrent le vélo mais tout ça c'est pour dire qu'une grande partie aujourd'hui de cet antisémitisme qui doit nous inquiéter de cette haine d'Israël qui doit nous inquiéter est due quand même aux événements actuels et donc il faut très vite trouver une solution politique et de ce point de vue là on peut reprocher tout ce qu'on veut à Emmanuel Macron je ne sais pas si ce qu'il fera réussira mais il a au moins le mérite de dire essayons d'ouvrir une perspective diplomatique et à un moment donné il faut arrêter les combats il faut se mettre autour d'une table il faut discuter et après on verra les solutions

39:40
Présentateur

allez on change radicalement de sujet il est déjà presque midi moins 20 sur France Culture cette semaine ça se passe en France à l'Assemblée Nationale les députés ont supprimé les aides des feux les zones à faible émission France Culture l'esprit public Hervé Gardette

40:01
Invité

Je crie victoire parce que c'était une mesure inadmissible un véritable apartheid social qui était mis en oeuvre au détriment évidemment des plus faibles de nos compatriotes donc je suis très heureux c'est un gage de liberté

40:17
Présentateur

En réalité les gens meurent en fait de la pollution de l'air ils meurent et c'est les plus pauvres qui en meurent donc la réalité c'est que oui cette mesure et ces aides des feux n'ont pas été accompagnées comme elles auraient dû l'être et comme elles devraient encore l'être mais tuer le bébé avec le du bain c'est complètement absurde Voilà ça s'est passé mercredi soir à l'Assemblée Nationale les députés qui ont voté en faveur de la suppression donc des ZFE les ZFE c'est-à-dire les zones à faible émission zones urbaines dont l'accès est réservé aux véhicules les moins polluants un dispositif lancé en 2018 afin de répondre à un problème de santé publique la pollution aux particules fines en partie causée par la circulation automobile est responsable de la mort de 40 000 personnes par an selon les estimations de santé publique France alors ça peut susciter l'incompréhension pourquoi supprimer une mesure dont l'objectif vise à protéger la population c'était ce qu'on entendait dans la bouche de la porte-parole des écologistes au Sénat Anne Souris mais parce que de l'autre côté il y a la dimension sociale qu'évoquait juste avant elle Marine Le Pen parce qu'en effet les ZFE sont considérés par les opposants comme des outils inégalitaires se déplacer dans un véhicule propre qu'il soit électrique ou peu polluant est à la portée des plus riches mais reste un luxe pour les ménages les plus modestes avec les zones à faible émission ces derniers sont victimes d'une double peine déjà relégués à la périphérie des grandes villes ils s'en voient priver l'accès en raison de leur voiture trop vieille c'est d'ailleurs pas un hasard donc c'est la suppression de ces ZFE déjà déployées dans 77 communes a obtenu un vote transpartisan député RN mais aussi LR Modem, Horizon, LFI et quelques renaissances qui ont dénoncé une mesure technocratique injuste et susceptible de créer de la colère sociale avec évidemment dans toutes les mémoires ce qui s'était passé au moment des gilets jaunes cette fronde qui avait suivi la mise en place de la taxe carbone qui avait provoqué une hausse du prix du diesel et de l'essence pour en discuter dans les quelques minutes qui nous restent nous sommes toujours en compagnie de Michel Thomman Thomas Gomart Bertrand Baddy et Magali Lafourcade Magali supprimer les ZFE parce que c'est une mesure qui est inégalitaire sur le plan social est-ce que c'est une justification suffisante à vos yeux ?

42:38
Invité

Alors non parce que les ZFE sont d'une utilité remarquable et d'ailleurs derrière cet acronyme qui est très froid et qui fleurbont la technocratie il s'agit de la propreté de nos poumons et pas de la propreté c'est pas un enjeu d'écologie et donc on voit bien que les ZFE ont subi une sorte de focalisation très démagogique et populiste pour être obtenu comme un scalp anti-écolo par un amendement porté par leur assemblement national et les républicains et pourtant il s'agit avant tout d'un enjeu de santé publique et d'intérêt général la pollution de l'air vous l'avez dit c'est 40 000 décès prématurés par an selon Santé publique France je suis allée regarder combien de décès il y avait eu du Covid et entre 2020 et 2023 c'était 168 000 morts ce qui fait que si on lisse par année sur ces 3 ans là ça fait 56 000 décès par an donc on n'est quand même pas très très loin alors là pour le Covid tout le monde avait considéré que c'était une priorité absolue quoi qu'il en coûte et puis je rappelle aussi que donc ce dioxyde d'azote touche aussi les bronches de nos enfants puisque l'asthme aujourd'hui touche 17% des enfants en France et jusqu'à 30% à Paris donc il y a un vrai enjeu et c'est aussi en particulier les personnes qui vivent au bord des axes routiers qui sont les premiers touchés donc les personnes les ménages les plus fragiles sur le plan économique donc c'est un enjeu de santé qui n'a pas été calibré comme ça mais présenté comme une mesure écologique or on est face à un backlash extrêmement violent sur tout un tas de séries d'agences et d'organisations qui s'occupent de mesures écologiques alors qu'il s'agit vraiment de santé

44:22
Présentateur

sauf que Magaléa Franquette je ne me souviens pas d'avoir assisté à de grandes manifestations pour dénoncer la pollution liée notamment à la circulation automobile alors que des manifestations pour dénoncer la hausse du prix de l'essence par exemple ça on en a vu

44:35
Invité

et oui c'est parce qu'en fait c'est un peu à petit bruit et donc on a on a l'impression qu'il s'agit d'une mesure déjà qui est très très mal comprise des français puisqu'il y a eu un sondage qui montre que 6 français sur 10 ne comprennent pas tellement ce que c'est que ce dispositif donc déjà il y a eu un problème de communication autour de l'explication autour de ce dispositif ensuite il y a un vrai problème d'enclavement de certains territoires et d'injustice pour accompagner le changement vers des voitures avec des vignettes qui seraient critères 1 ou 2 mais pour sortir les critères 3 et 4 et là c'est là où les populistes ils touchent quelque chose qui résonne dans la société parce qu'ils utilisent un point qui est vrai c'est-à-dire que le populisme prospère quand on peut arriver à articuler différentes colères à partir de choses qui sont réelles on voit aujourd'hui que le gouvernement a renoncé à l'accompagnement avec les primes à la conversion avec les bonus écologiques et donc avec le leasing social donc tous ces choix très incohérents vis-à-vis de cette politique de zone à faible émission décourage les français les plus modestes à pouvoir changer de véhicule et donc on a une politique qui est devenue illisible et incohérente et donc il y a une vraie responsabilité du gouvernement actuel dans cet échec mais la messe n'est pas dite puisque ça doit passer après au Sénat et ensuite ce sera peut-être aussi invalidé par le conseil constitutionnel comme étant un cavalier législatif

46:00
Présentateur

voilà cavalier législatif ça veut dire que c'est une mesure qui est mise dans un projet de loi sans avoir un rapport qui n'a pas de rapport avec le thème de la loi Bertrand a dit Magalia Fourcade évoquait alors aussi le fait qu'on ne comprenne pas très bien ce que c'est que les ZFE et puis sa dimension technocratique c'est vrai que déjà zone à faible émission ça ne dit pas grand chose de ce que c'est j'ai lu un article en préparant l'émission de quelqu'un qui disait je ne me souviens plus peut-être déjà dans l'appellation si on l'avait appelé par exemple zone à faible pollution ou zone à air pur peut-être que ça engagerait peut-être un peu plus les gens à se dire tiens c'est quelque chose qui est bon pour nous et ça n'est pas une sanction la ZFE ça sonne comme là aussi comme une sanction comme une punition

46:41
Invité

oui mais justement alors qu'il y ait un défaut d'explication et de pédagogie je suis tout à fait d'accord mais moi je suis effrayé par ce qui s'est passé et que je raccroche à deux autres faits récents le premier c'est une déclaration d'une sénatrice madame Evren qui a déclaré j'en ai ras-le-bol d'interdire et de culpabiliser les gens et je le rapproche aussi d'une mesure parallèle en matière de tabac interdisant de fumer sur les plages et dans les jardins publics et près des écoles sans aller jusqu'à interdire à fumer sur les terrasses de café alors ce sera à partir du 1er juillet on entendait à ce moment là des personnes interrogées par Radio Trottoir dit mais si j'ai envie ce verbe est extraordinaire cette locution verbale si j'ai envie de fumer je dois avoir la liberté de le faire c'est à dire que l'on est en train de mettre en évidence deux poisons de notre démocratie et de notre état de droit qui est l'idée d'envie et l'idée de liberté sans limite et effectivement je vois derrière cette mesure populisme à gali à raison démagogique à souhait vraiment trois pathologies graves la première pathologie c'est de toujours préférer la rationalité individuelle à la rationalité collective on fait ces biens à partir du moment où on fait du bien à l'individu que ça fasse du mal à la collectivité n'ayant pratiquement pas d'importance ou en des cas pas de visibilité ça a un nom ça s'appelle le libertarianisme ça a un prophète c'est monsieur Trump n'est-ce pas et tout ce qui se fait dans le contexte je dirais européen nord-américain aujourd'hui

48:40
Présentateur

en la matière est-ce qu'on n'est pas tous un peu libertariens c'est-à-dire est-ce qu'on ne pourrait pas notre intérêt

48:45
Invité

individuel à l'intérêt collectif vous avez raison mais le contrat social a été fabriqué pour contenir ces pulsions individuelles moi si je laissais aller toutes mes envies et toutes mes pulsions autour de cette table vous verrez ce qui se passerait et ce serait collectivement irrationnel ah non pas jusque là d'abord je ne suis pas assez fort physiquement mais en tous les cas ce serait irrationnel collectivement il y a une deuxième pathologie de nos systèmes contemporains c'est de préférer la rationalité à court terme à la rationalité moyen-long terme l'important quand on est politique c'est de faire plaisir tout de suite parce que s'il s'agit de faire plaisir pendant 5 ou 10 ans on sera sous terre à ce moment-là et donc effectivement relâchons les voitures polluantes sortons nos mégots faites tout ce que vous voulez vous serez content sur le moment et donc vous m'en serez reconnaissant ce qui se passera dans 10 ans on ne sera plus là pour en rendre des comptes et puis il y a une troisième pathologie que Magali a mise aussi en évidence c'est-à-dire cette façon assez incroyable dans nos états modernes qui sont pourtant des états riches de ne pas savoir corriger socialement les limitations individuelles de liberté c'est vrai que limiter la liberté du conducteur ou du propriétaire de voiture est beaucoup plus douloureux quand on est pauvre que quand on est riche c'est évident du coup d'ailleurs qu'attend-on pour taxer davantage les SUV les gros camions qui polluent la ville de Paris etc mais effectivement ce qu'il faudrait c'est des mesures sociales immédiates pour rendre crédible cette action de défense collective alors si on ne prend pas conscience de tout ça si on ne prend pas conscience du fait que notre contrat social est en train de craquer sous l'effet de démagogie stupide et bien effectivement le réveil sera difficile mais peut-être qu'on sera mort à ce moment-là

50:47
Présentateur

Thomas Gobain est-ce que ce sens de l'intérêt collectif il n'est quand même pas beaucoup plus facile à adopter quand on est comme a priori nous tous autour de cette table c'est-à-dire des gens qui des cyclistes alors que ce soit des cyclistes en tout cas des gens qui habitent à Paris j'imagine où vous allez en tout cas je ne sais pas où vous habitez et en tout cas des gens qui a priori ont les moyens de s'acheter un véhicule électrique propre donc qui n'est pas touché par ces mesures-là

51:10
Invité

je crois que vous avez raison moi je suis tout à fait d'accord avec Magali et Bertrand sur l'aspect rappeler que c'est un enjeu avant tout de santé publique plus qu'un enjeu environnemental et puis également ce que ça dit de l'état de notre contrat social maintenant pour aller dans le sens de votre question avec Gardette les gilets jaunes l'avaient montré c'est-à-dire que c'est aussi lié à notre mode d'aménagement du territoire à de ces grandes métropoles que nous avons construites et qui ont relégué à leur marge les plus modestes lesquelles ont un grand nombre de véhicules en mauvais état et on avait vu que c'est souvent la dépense pour les ménages la plus importante le véhicule qui est à l'origine au fond de la contestation des gilets jaunes tout le monde a ça en mémoire vous l'avez rappelé d'ailleurs dans votre introduction et le paradoxe c'est qu'en fait on a l'impression qu'on a des métropoles qui sont de plus en plus gérées sous une je dirais de manière entre guillemets écologique ou par des forces qui se présentent comme écologistes est-ce qu'elles ont une bonne gestion très franchement le débat est ouvert quand on voit l'évolution d'une ville comme Paris d'une ville comme Grenoble d'une ville comme Nantes dans l'insalubrité notamment et qui ont l'impression d'être en fait des citadelles qui se ferment par rapport aux éléments aux éléments extérieurs ça c'est très paradoxal aussi sur le plan politique c'est à dire qu'on a des forces qui se présentent comme progressistes dans les villes que je viens de mentionner et qui en même temps veulent maintenir alors aux marges les gens qui dont les flux irrigue ces villes ça c'est le premier point il n'y a pas forcément

52:41
Présentateur

de volonté délibérée de fait

52:43
Invité

c'est ce qui se passe tout le débat sur le périphérique tout le débat sur le Grand Paris à mon avis illustre ça de manière assez frappante le deuxième point ce qui me frappe effectivement sous l'acronyme ZFE qui est probablement très mal choisi c'est la très grande difficulté désormais de faire preuve de constance dans une politique publique c'est à dire qu'il y a là et ça s'explique par la situation politique c'est à dire que tout simplement de maintenir un cap sur une période qui va au-delà de 5 ans semble désormais relever de la de la prouesse alors même que ces ZFE peut-être ont-elles un autre terme sont observés ailleurs en Europe Londres est une ZFE qui fonctionne vous avez plusieurs ZFE également un nombre très important en Allemagne mais ça donne vraiment l'impression désormais d'une incapacité à conduire une politique publique sur la durée ça me conduit au troisième point qui rejoint partiellement celui de Bertrand je dirais bon courage pour 2027 parce qu'on se rend bien compte 2027 oui parce qu'on se rend bien compte qu'on a un coût de la transition écologique qui va être extrêmement élevé un coût du réarmement qui va être élevé un coût de la dette publique qui va être élevé un coût des investissements dans l'éducation qui va être élevé et une incapacité des forces politiques à proposer une modification de notre modèle ça veut dire qu'on va avoir en 2027 ou alors des gens qui vont essayer de faire un programme cohérent et qui prend l'ensemble de ces éléments ou alors des déclarations comme celles que vous avez rapportées en introduction très ponctuelles et catégorielles Michel Thomann je ne vais pas revenir sur tout ce qui a été dit et qui a été mieux dit que moi parce que je ne suis pas spécialisé sur ces questions là mais je vais revenir finalement au sujet de départ je repars en Israël après-demain et je suis content d'aller en Israël pourquoi ?

parce qu'il y a une situation épouvantable en Israël il y a une situation épouvantable à Gaza mais les gens croient en quelque chose et ce qui manque à nos sociétés ce qui manque à la France c'est un idéal collectif c'est un sens de l'intérêt général et ça c'est je crois le drame des sociétés les plus avancées où depuis la mort de Dieu ou en tout cas la mort ou la mise à l'écart de Dieu et la fin du socialisme comme idéal on n'a pas trouvé de remplaçant alors le remplaçant c'est l'écologie et c'est pour ça que je dois dire que c'est un remplaçant qui ne se porte pas très bien en ce moment qui ne se porte pas très bien mais un des théoriciens du socialisme libéral avait dit le socialisme c'est faire venir la liberté dans les foyers les plus pauvres et bien je pense qu'une bonne écologie c'est une écologie qui ferait venir l'écologie dans les foyers les plus pauvres et c'est ça l'enjeu mais pour moi l'écologie c'est si on regarde le monde tel qu'il est c'est la seule chose qui peut unir les gens et je dirais même quand je suis là-bas Israéliens et Palestiniens peuvent être unis par cet enjeu commun l'avenir la question de l'eau la question de la déforestation la question de l'alimentation c'est ce qui peut unir la planète alors je ne me sous-estime pas les excès d'écologie je ne suis pas du tout un super écolo mais je pense que ce qui est précieux c'est qu'on a retrouvé un idéal universel universaliste et je vais dire une dernière chose par rapport à Israël et à la Palestine les gens souffrent beaucoup des deux côtés pour des raisons différentes et différemment je ne mets pas les choses sur le même plan mais une de mes amies In Khoury qui était la représentante de l'autorité palestinienne et que Bertrand a dû bien connaître était la représentante de l'autorité palestinienne en France entre 2006 et 2010 et avec qui on a fait un webinaire l'autre jour parce qu'on fait des débats entre Israéliens et Palestiniens elle a dit une chose très forte elle a dit ici on est malheureux on souffre mais il y a une chose quand même que tout le monde a dit y compris à Gaza c'est Dieu c'est la foi en Dieu alors il ne s'agit pas ici de ré-évangéliser l'Europe mais il s'agit peut-être de dire que l'écologie doit être bien traitée doit être préservée parce que c'est un idéal pour la jeunesse c'est ce qui donne un avenir une raison de vivre pour la jeunesse autrement les jeunes sont désespérés

57:07
Présentateur

ça aurait pu être une bonne conclusion mais comme il nous reste 45 secondes ça va être à vous de la faire je ne sais pas si c'est une bonne conclusion parce que je ne connais pas vraiment en tout cas ce n'est pas évident de rebondir derrière non

57:16
Invité

unir si c'est une belle conclusion parce qu'il s'agit en fait d'arriver à réconcilier les enjeux de santé puisque pour moi il s'agit d'abord d'enjeux de santé et les enjeux sociaux ce que très bien dit Bertrand et pour rebondir sur ce qu'a dit Thomas tout à l'heure Thomas Gomart on a quand même donc dans cette d'ici 2027 il faudra aussi penser à comment on se situe vis-à-vis de l'Union Européenne puisqu'en fait on a un risque en termes de finances publiques qui là aussi n'a pas été rappelé dans le débat public moi je suis frappée par le fait que au niveau du gouvernement on avait le ministre des Transitions écologiques qui était très favorable au maintien des ZFE un ministre des Transports qui disait qu'il ne pleurait pas si elles étaient supprimées et Bercy silencieux or nous avons une note de la DG Trésor qui explique que ça peut nous coûter extrêmement cher cette histoire de suppression de ces zones-là puisqu'il y a des directives européennes la France a été condamnée par la Cour de justice de l'Union Européenne et surtout nous risquons d'avoir à rembourser ce qu'on a reçu de l'Union Européenne en termes de subvention et de ne pas pouvoir toucher les autres milliards qui sont prévus 3,3 milliards pour 2025 est-ce que nos finances publiques le permettent ?

Est-ce que notre santé publique le permet ? La réponse est non

58:29
Présentateur

Ben voilà c'était celle-là la conclusion merci Magali de Fourcade Bertrand Baddy Thomas Gomart et Michel Taubman d'avoir participé à ce numéro 2 L'Esprit Public émission préparée comme chaque semaine par Anne-Claire Bazin réalisée par Luc-Jean Reynaud avec à la prise de son aujourd'hui Félix Delacour on se retrouve dimanche prochain Merci d'avoir regardé cette vidéo

Israël est-il en train de devenir un état paria ? / Fin des ZFE : une capitulation nécessaire ? · Pourquijevote