Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le centre hospitalier de Polynésie francaise
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« il y a plusieurs centaines de milliers de doses qui ne sont pas utilisées et qu'il faut continuer à utiliser »
- 2:00Emmanuel MacronChiffre
« on a un vaccin. Il y a plus de 3 milliards d'habitants dans le monde qui l'ont utilisé, on a là-dessus maintenant un recul de plusieurs mois »
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« le vaccin est la seule protection efficace »
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« Ma liberté ne s'arrête que là où la liberté de l'autre commence »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« je pense qu'il importe de ne surtout pas mettre ces deux sujets sur le même plan »
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Monsieur le Président, vous avez choisi de débuter cette visite en Polynésie française par cette visite, ce déplacement à l'hôpital. Pour quelles raisons ? Merci, et bonjour.
En effet, nous sommes arrivés il y a quelques heures à peine en Polynésie française et j'ai souhaité, en première intention et comme premier geste, me rendre ici au centre hospitalier. D'abord pour remercier l'ensemble des équipes de tout le travail qui a été fait depuis le début de la pandémie de Covid-19 qui a frappé dès le printemps 2020, mais surtout entre août 2020 et janvier 2021, ici, en Polynésie française, et au moment même où depuis maintenant quelques semaines, le fameux variant Delta est aussi apparu, de plus en plus pressant et agressif, avec un nombre d'augmentation des cas, des hospitalisations et des réanimations qui arrivent ici aussi. Donc mon message est simple et repose autour de deux convictions qui valent pour la Polynésie française, mais aussi pour l'ensemble du territoire français.
La première, c'est que nous avons une arme qu'il faut utiliser, qui est le vaccin. Le vaccin est ici largement disponible. Il y a plusieurs centaines de milliers de doses qui ne sont pas utilisées et qu'il faut continuer à utiliser.
Partout, nous devons nous faire vacciner. La grande différence avec il y a un an, c'est qu'aujourd'hui, on a un vaccin. Il y a plus de 3 milliards d'habitants dans le monde qui l'ont utilisé, on a là-dessus maintenant un recul de plusieurs mois.
On sait qu'il protège, y compris contre ce variant. On sait que quand on est vacciné, on protège aussi les autres parce qu'on n'est plus contagieux. Et on sait qu'on protège l'ensemble de la collectivité, parce que, quand bien même on l'attraperait, et ce dans des proportions bien moindres, on ne fait plus de formes graves.
Donc si on aime sa propre liberté pour soi et si on respecte les autres, le seul geste à faire, c'est se faire vacciner. C'est le seul. C'est le premier message, et je le dis partout sur notre sol.
Deuxième chose évidemment, c'est un message de soutien à l'ensemble des équipes soignantes, parce que la pression va continuer à monter et qu'il est important que nous continuions d'être mobilisés. J'ai vu ici des équipes formidables qui, avec beaucoup de courage, ont su affronter les vagues précédentes. Je sais qu'elles sont prêtes.
Mais nous continuerons là aussi à être à leurs côtés avec le matériel, avec si besoin la réserve sanitaire et les moyens militaires. Voilà les deux messages principaux. Monsieur le Président, comme vous le savez certainement, la Polynésie connaît un taux de vaccination très faible, 30 %.
Aujourd'hui, vous êtes certainement passé devant des manifestants qui manifestaient contre l'éventuel pass sanitaire. Est-ce que vous pensez que pour encourager les Polynésiens à se faire vacciner, un pass sanitaire en Polynésie sera obligatoire ? Nous aurons l'occasion d'y revenir durant tout ce déplacement.
La première chose, c'est que je crois d'abord à la conviction et à la responsabilité individuelle. Je pense que c'est la responsabilité de tout le monde, des décideurs, de celles et ceux qui ont de l'influence, d'expliquer, de convaincre, d'amener. Moi, je ne suis pas médecin, mais j'écoute celles et ceux qui savent.
Les sociétés savantes, les meilleurs experts, d'abord ont homologué ces vaccins, et ensuite en mesurent l'efficacité. Ce que je vous dis repose sur la science. C'est le premier point : pour toutes celles et ceux qui croient à la science, il faut se faire vacciner.
Ensuite, il y a le rôle des traditions, des cultures. On a vu une formidable innovation : il y a une tradi-praticienne ici, qui se déploie à l'hôpital. Je salue vraiment ce geste et cette innovation, cher Président.
Je lui ai demandé si elle était vaccinée. Elle m'a dit : Je suis vaccinée. Je l'ai fait, et je convaincs.
Donc je compte beaucoup sur Madame et sur toutes celles et ceux qui, comme elle, sauront ouvrir une autre voie à côté de la voie scientifique, oserai-je dire cartésienne, qui est celle de la culture, des pratiques, d'un autre dialogue, du langage, du coeur de la culture, mais aussi d'une forme de passage plus ancestral et qui se respecte tout autant. Ça, c'est le deuxième levier. Le troisième, c'est : Partout, nous devons faire société, on ne doit jamais l'oublier.
Á juste titre, nous sommes tous et toutes attachés à la liberté. C'est ce qu'on veut. On est attachés à la liberté pour nous-mêmes, pour nos proches.
On est attachés à la liberté dans un territoire formidable comme celui-ci, qui doit accueillir le reste du monde aussi dès que possible. Aucune liberté n'existe sans devoir. La liberté où je ne dois rien à personne n'existe pas, c'est une fiction.
Les gens se mentent à eux-mêmes. Ma liberté ne s'arrête que là où la liberté de l'autre commence, mais surtout, elle repose sur un sens du devoir réciproque. Que vaut votre liberté si vous, vous me dites : Je ne veux pas me faire vacciner ?
Mais si demain vous contaminez votre père, votre mère ou moi-même, je suis victime de votre liberté, alors que vous aviez la possibilité d'avoir quelque chose pour vous protéger et me protéger. Et au nom de votre liberté, après-demain, vous allez peut-être avoir une forme grave et vous allez arriver à cet hôpital. Ce sont tous ces personnels, qui vont devoir vous prendre en charge.
Et peut-être qu'ils devront renoncer à prendre quelqu'un d'autre, déprogrammer une opération au nom de votre liberté. Ce n'est pas ça, la liberté. Ça, ça s'appelle l'irresponsabilité.
Ça s'appelle l'égoïsme. Une société ne tient que quand la liberté de chacun est respectueuse de l'autre, et donc qu'elle repose sur des droits et des devoirs. Président, le Sénat a modifié en partie le texte sur le pass sanitaire cette nuit, se faisant écho aussi d'une partie de la population qui manifeste contre ce pass sanitaire.
Est-ce que à la fois ces modifications au Sénat et ces manifestations pourraient vous faire assouplir cette utilisation du pass sanitaire ou faire bouger quelques lignes ? D'abord, je pense qu'il importe de ne surtout pas mettre ces deux sujets sur le même plan. J'assume totalement d'avoir pris, le 12 juillet dernier, des décisions qui s'imposaient, parce que mon rôle là où je suis, éclairé par les équipes scientifiques, les structures compétentes et avec le gouvernement, c'est de prendre des décisions, et de les prendre pour protéger les Françaises et les Français.
J'assume totalement les décisions que je prends à cet égard : protéger et, à chaque étape de la crise, prendre des décisions proportionnées reposant sur la responsabilité de chacun, mais aussi parfois sur les contraintes collectives que nous devons avoir pour toujours protéger, protéger, protéger. Je les assume. Ensuite, il y a un débat démocratique.
Il est donc légitime, normal, que les parlementaires, à l'Assemblée nationale et au Sénat, discutent et modifient, comme notre Constitution le prévoit, le texte qui a été soumis par le gouvernement. J'invite d'ailleurs toutes celles et ceux qui parfois prononcent des grands mots lorsque l'on parle de la France, à juste constater que c'est ça qui s'appelle la démocratie, que des femmes et des hommes élus légitimement par le peuple pour légiférer puissent modifier un projet de loi déposé par le gouvernement. C'est ce qui se passe.
Étant le garant des institutions, je n'ai absolument pas à commenter telle ou telle chose, mais à simplement souhaiter que ce travail démocratique se fasse dans l'apaisement, l'efficacité, et chemine jusqu'à ce que nous ayons un texte dûment voté, qui sera ensuite soumis au Conseil constitutionnel comme l'a dit le premier ministre, et qu'à ce moment-là je promulguerai. Pour le reste, je pense qu'il faut continuer le travail de conviction inlassable pour que nos concitoyens se fassent vacciner. Je me félicite que, durant les quinze derniers jours, on ait constaté une forte augmentation de la vaccination.
Nous passerons sans doute dans les prochaines heures le cap des 40 millions de primo-vaccinés, qu'on ne pensait pas passable avant plusieurs semaines. Donc il y a eu une forte accélération. On doit continuer, car il y a encore des doses disponibles.
Je le redis, le vaccin est la seule protection efficace. Il faut le compléter par les fameux gestes barrière contre le virus, par une prudence, les précautions qu'on connaît, mais le vaccin est entre nos mains, et c'est ce qui compte. Après, chacune et chacun est libre de s'exprimer, dans le calme, dans le respect de l'autre.
Mais sauf à ce que le virus cède aux manifestations, et tel que j'ai compris son fonctionnement depuis le début, je ne crois pas qu'il y ait grande efficacité à manifester contre lui. Monsieur le Président, est-ce que vous visez notamment les personnes qui ont manifesté plus nombreuses ce samedi que samedi dernier ? Non, la manifestation est un droit constitutionnel.
Je respecte toute personne qui s'exprime librement dans notre pays et manifeste, et je les écoute avec beaucoup de considération. Maintenant, je pense que la priorité est à la mobilisation. Je l'ai dit il y a un an et demi, à l'époque, on trouvait que j'étais pessimiste ou excessif, on s'est aperçu que je n'avais peut-être pas tort quand je parlais d'une guerre.
La caractéristique de cette guerre contre la Covid-19, c'est que c'est une guerre qui nous réunit tous, parce qu'on se bat tous ensemble contre cet ennemi invisible. Ne nous divisons pas ! Je suis très respectueux pour chacun, je comprends très bien qu'il y ait certains de nos concitoyens qui aient peur.
Je pense simplement que nous sommes la nation de pasteurs nous sommes le pays des Lumières : lorsqu'il y a des faits avérés, il faut quand même regarder la science. Quand on parle d'une épidémie, le mieux, c'est d'écouter les scientifiques. Quand on veut se faire soigner, on va dans un hôpital, quand on traite une épidémie, il vaut mieux écouter les scientifiques.
Les scientifiques nous disent quoi ? Ce vaccin est efficace, utilisez-le. J'invite chacun à le faire.
Je respecte les doutes. Je pense qu'aux doutes, il faut répondre par la patience, la conviction, l'accompagnement, le respect. Après, je constate aussi qu'il y a des gens qui sont dans la mobilisation, si je puis dire, à l'irrationnel, parfois cynique, manipulatrice.
Je ne suis pas pour la post-vérité, parce que je pense que dans nos sociétés, quand on parle de science, il y a encore des choses qui sont vraies et d'autres fausses. Donc je continuerai ce travail inlassable de conviction dans le calme, dans le respect de l'autre, et surtout dans l'unité. C'est un appel à l'unité, que je veux faire.
Nos compatriotes aujourd'hui doivent être tous mobilisés pour qu'on vaccine le plus de monde possible, et pour que, tous ensemble, on fasse esprit de résistance face à ce virus. Monsieur le Président, il y a le pass sanitaire, il y a les restrictions qui reviennent dans certains territoires. Est-ce que, et les manifestations pourraient en être une preuve, est-ce que vous ne vous inquiétez pas de l'acceptabilité de ces mesures et de cette double contrainte qui va finalement peser sur les Français ?
D'abord, je pense qu'il faut être très précis. Le pass sanitaire, la loi n'est pas votée, donc je serai prudent, n'est pas applicable dans les bars et restaurants avant le mois d'août. Il est donc légitime que, dans des territoires où l'incidence augmente très fortement, il y ait des mesures de freinage, le pass sanitaire n'étant pas possible dans ces établissements, qui soient prises.
Elles ne sont pas cumulatives aujourd'hui. Le pass sanitaire n'est possible que dans les structures de rassemblement, les concerts, les festivals, etc, pas dans les lieux de la vie quotidienne. Il ne faut pas tout confondre.
On a tendance à confondre la réalité et le débat pour dans les semaines à venir. Aujourd'hui, le pass sanitaire, de par la loi, n'est pas imposé dans les bars et les restaurants, dans ces endroits où parfois l'épidémie pourtant remonte. Donc, au plus près du terrain, on a appris de notre expérience, qu'est-ce qu'on fait ?
Premièrement, je le rappelle, si on ne veut pas la contrainte, si on veut vraiment au maximum vivre le plus normalement avec le virus, le vaccin, le vaccin, le vaccin ! La deuxième chose, quand il y a une accélération très forte de ce variant, il est légitime qu'il y ait, au plus près du terrain, en concertation avec les élus, des mesures pour protéger chacun et éviter qu'on aille dans des situations plus graves et qui soient hors de contrôle. Et ça, je n'ai pas à m'exprimer là-dessus, c'est une liberté qui est laissée au terrain, elle est légitime et nécessaire.
Troisième point, pour éviter cela, nous avons cette stratégie qui est vaccination, pass sanitaire. Mais il faut pour cela que la loi soit votée, qu'elle soit déployée, donc il faut attendre quelques semaines. C'est pour ça que ça n'est pas un cumul aujourd'hui, c'est une étape.
J'insiste là dessus. Merci beaucoup. Monsieur le Président, je parle toujours santé, notamment au niveau de la Caisse de Prévoyance de Santé.
C'est un thème qui a été abordé lors de la table ronde : notamment le remboursement aujourd'hui des frais avancés de la CPS, soit à peu près 600 millions d'euros. Est-ce que l'État va prendre aujourd'hui ses responsabilités ? J'aurai l'occasion, sur ces sujets, en particulier les sujets qui sont très attendus, je le sais, le nucléaire le remboursement, etc. d'y revenir de manière spécifique demain et après demain.
Vous pouvez compter sur moi, je répondrai à ces questions, et vous aurez l'occasion de toutes me les reposer à la fin du séjour. Merci beaucoup.