Club France de Tokyo - Interview du Président Emmanuel Macron par Laurent Luyat.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'émotion des Jeux de Rio en attendance de Tokyo. Invité exceptionnel avant la cérémonie d'ouverture, le président de la République, Emmanuel Macron. Monsieur le Président, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes le seul représentant du G7 présent ici à Tokyo pour la cérémonie d'ouverture. C'était important, capital pour vous d'être là ?
Je crois que c'est important pour deux raisons. La première, c'est que ces Jeux olympiques devaient se tenir. Vivre avec le virus, c'est aussi ça. C'était apporter le soutien de la France au mouvement olympique international, au mouvement olympique français et aux organisateurs que sont nos amis japonais. On doit résister, on doit tenir ces JO. C'est important parce que l'esprit de l'olympisme, c'est un esprit de coopération. On en a besoin en ce temps de Covid et je l'espère de sortie de l'épidémie. C'est essentiel pour nos athlètes. La deuxième chose, c'est que nous allons prendre le relais en 2024. C'est demain 2024. On est prêt, on doit continuer à accélérer.
Et être là était à la fois une marque de respect, d'engagement et impatience à préparer la suite.
Et c'est vrai qu'il y avait un débat, vous en parlez. Fallait-il organiser ces Jeux ou non ? C'était très, très clivant. Pour vous, il n'y a aucun débat ?
Écoutez, je pense que c'était très important. Alors, le Japon a une situation qui est particulière. Il fait partie de ces pays qui ont eu une stratégie qu'on a appelée de zéro Covid, qui s'est complètement enfermée et je pense qu'ils n'ont pas anticipé que des variants allaient justement arriver. Et comme il s'était enfermé, il a plus tard que d'autres démarré sa vaccination, ce qui a créé des difficultés. Mais je pense que les autorités japonaises ont eu raison de maintenir ces Jeux olympiques, parce que nul ne sait dire comment l'épidémie va évoluer dans les prochaines années si nous n'aurons pas d'autres épidémies. Mais ça montre une chose.
Nous devons à chaque fois nous adapter, nous organiser, faire au mieux. Ensuite, le défi, c'est que, et on l'a vu sur tous les JO précédents, il y a l'enthousiasme quand on obtient la capacité à organiser. Et c'est toujours dur quand on arrive au moment de les faire, parce qu'il y a de la pression sur le pays. Notre défi, c'est de tout faire pour qu'en 2024, le soutien populaire qu'il y a en France pour nos JO, ce soutien populaire, soit encore plus fort qu'aujourd'hui.
Ça, ça veut dire être exemplaire dans l'organisation, faire de la France une nation sportive encore plus forte qu'aujourd'hui, à l'école, dans les clubs, avec l'ensemble des associations et dans le sport pro, et gagner le maximum de médailles.
Oui, parce que c'est vrai qu'organiser les JO, c'est un atout considérable pour le pays, pour la ville qui l'organise. On le voit aujourd'hui, il y a peu de villes dans le monde qui sont candidates. Brisbane a été choisie pour 2032, mais était la seule à s'imposer. Quels seront les atouts de Paris dans trois ans et de la France ?
Alors, vous avez raison, d'abord, ce sont les atouts de la France. 2024, c'est évidemment Paris. Notre porte-étendard, qui est la tour Eiffel, symbole depuis le début, mais c'est Paris, c'est la Seine-Saint-Denis, c'est Marseille, c'est aussi la Polynésie française et le spot de Tahiti, j'y serai dans quelques jours. Donc, c'est vraiment la France entière avec tous ses trésors. Ça, c'est le premier point. La deuxième chose, c'est qu'on a des infrastructures déjà très fortes, existantes, sur lesquelles on s'appuie. On ne bâtit pas, si je puis dire, des infrastructures uniquement pour ces JO. La troisième chose, nous sommes une nation qui est forte.
Notre objectif, c'est de faire mieux qu'à Rio, vous passiez à l'instant les meilleurs moments, et d'essayer de rentrer dans le top 5. Ça, c'est la mission que le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, la ministre des Sports, la nouvelle présidente du Comité national olympique, et en particulier Claude Honesta, qui a cette mission, ont le maximum de medailles, être dans le top. Et puis, faire de cet événement un succès, c'est de montrer que ça va changer, c'est en train de changer la vie de notre pays et que ça restera après. Et pour moi, c'est très important.
Nos JO, ça doit nous rendre plus forts en matière sportive et il doit y avoir un héritage des infrastructures, des équipements. Je pense en particulier en Seine-Saint-Denis, où on va continuer d'investir sur ce volet. Ce sont des emplois. On est en train d'embaucher. Je serai au mois d'octobre en Seine-Saint-Denis pour vraiment faire le suivi, vérifier qu'on embauche, on crée de l'emploi, on crée des qualifications. Mais en matière sportive, qu'est-ce que ça veut dire ? Grâce à nos JO, 1, on a mis les 30 minutes de sport quotidiennes à l'école. C'est une vraie révolution. Elle était attendue partout. Le Covid nous a un peu ralenti. On va continuer d'accélérer.
On y sera pleinement prêts pour Paris 2024. C'est une vraie révolution. Intégrez pleinement le sport à l'école. C'est essentiel. Famille, école, c'est là que le sport s'apprend. Ensuite, accompagnez nos clubs, nos associations, évidemment toutes les fédérations sportives qui structurent le sport en France, parce que la pratique sportive est essentielle et elle est bonne pour notre pays. C'est aussi pour ça que j'ai lancé il y a quelques semaines le Pass Sport, qui va pleinement se déployer dès la rentrée pour aider les jeunes. Il y a près de 5,5 millions de jeunes en situation modeste pour payer l'inscription ou l'équipement. L'objectif de tout ça, c'est faire quoi ?
De la France, cette nation sportive, de plus en plus de jeunes et d'adultes qui pratiqueront le sport en vue des JO, ce seront des enthousiastes, des passionnés, mais c'est parce que le sport aussi améliore notre équilibre de vie, améliore notre santé, et l'une des meilleures politiques de prévention en matière sanitaire, pas besoin de rappeler l'importance de tout ça en période de crise. Monsieur le Président, vous êtes là, évidemment,
pour soutenir l'organisation japonaise, mais aussi toute la délégation française. Qu'est-ce que vous avez envie de dire ? Quel message vous avez envie de passer aux athlètes français dans ces conditions très particulières ? Peut-être un peu plus difficiles que d'habitude.
Écoutez, c'est évidemment un message de soutien, plein et entier. Vous avez parfaitement résumé, on soutient les organisateurs, mais on soutient aussi, avant tout, nos athlètes. Je sais tous les sacrifices qui sont les leurs. Une carrière d'athlète, ça peut sembler court dans une période de vie, c'est vrai, c'est pour ça que chaque année compte, mais ce sont d'énormes sacrifices, personnels, familiaux, humains. Et donc, je sais tout ce qu'ils ont mis derrière ce rendez-vous, et donc on est avec eux. Depuis 5 ans maintenant. Exactement. Et donc, on est avec eux, on est à leur côté, et c'est la France toute entière qui est derrière eux et leur performance.
J'essaierai d'aller voir quelques épreuves de judo, de basket féminin, 3-3. Et donc, on sera, d'ailleurs, je pense qu'on peut demain créer une belle surprise, enfin, en tout cas, gagner. Et donc, on sera vraiment derrière nos athlètes durant tous ces JO. Moi, je leur souhaite bon courage. Je pense qu'on sera au rendez-vous de la performance et de l'exigence. Ils se sont suffisamment mis la pression. Moi, je leur souhaite la concentration et je leur assure du soutien de toute la nation.
Quelles ambitions vous avez pour l'équipe de France ? On a eu 42 médailles à Rio cette année.
Oui, on en a parlé avec les équipes et Claude Nesta. Je pense que si on est autour des 40, il n'y a pas de raison qu'on fasse... Rio est la meilleure saison en termes de classement. Je crois qu'on était la 7e nation à ce moment-là. Il faudrait être 5e nation. On veut être 5e pour 2024. On veut rentrer dans le top 5. Je crois qu'il faut qu'on vise la quarantaine de médailles là. Il faut faire le maximum. On aura, comme à chaque fois, des surprises dans le bon sens et dans le mauvais sens. Je pense qu'il faut essayer de tenir autour de cette quarantaine de médailles. C'est l'objectif qu'on doit s'assigner. Mais ces chiffres n'ont pas toujours grande valeur et grand sens.
Je pense qu'il faut des grands moments d'émotion que nos sportifs, surtout, consolident la performance. Et pour tous ceux qui pourront être en 2024 à Paris, que ce soit une étape essentielle.
Alors, justement, les Français ont plus que jamais besoin de voir du sport. de voir des grands événements. On l'a vu avec le succès du Tour de France ou de Roland-Garros sur nos antennes. Vous le ressentez aujourd'hui. Ils ont besoin de s'évader ?
Complètement. D'abord, le sport leur a manqué. Tous ces derniers mois, moi, je veux le redire, nous avons maintenu l'école ouverte. Et à l'école, le sport ouvert. Il y a peu de nations qui ont fait ce choix. On l'a fait. On l'assume. On en est fiers. La pratique sportive adulte et la pratique sportive pour beaucoup de nos enfants et de nos ados hors de l'école, elle a été bousculée ces derniers mois à cause de l'épidémie. Ça a perturbé beaucoup de monde. Je sais que pour beaucoup, ça a été des gros sacrifices. Donc, ils sont heureux de retrouver la pratique sportive avec la prudence, avec, je le sais, des contraintes et le pass en ce moment.
Mais ils sont aussi heureux de retrouver des grands événements populaires. On a eu l'Euro, on a eu Roland-Garros, on a eu le Tour de France. J'ai été, comme d'habitude, sur une étape du Tour. J'ai vu l'engouement populaire et j'ai vu les chiffres, en effet, sur vos antennes. Donc, oui, nos concitoyens, ils ont besoin de s'évader. Nous aimons le sport. Nous aimons ces rendez-vous. S'évader, c'est suivre, je dirais, par procuration, pratiquer un sport qu'on adore. Mais c'est vivre des grands moments, c'est vivre de l'émotion. Et toujours, les JO, c'est la quintessence de cela. C'est de la performance, mais ce sont aussi des valeurs. Et nous en avons besoin dans la période.
La vie, c'est aussi ça.
Merci, monsieur le président. Je sais que vous poursuivez votre voyage à Tahiti, ensuite, qui sera un des hauts lieux des Jeux de Paris 2024 avec le surf et la plus grande vague du monde.
La vague sera là avec des athlètes, un sport qui a été inventé dans cette région, une excellence aussi française. Et je suis très heureux que nos terres ultramarines, qui sont des grandes terres de sport et qui ont produit tant de sportives et de sportives français, soient aussi à l'honneur à travers Tahiti.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur notre plateau ici au milieu de la baie de Tokyo, notre plateau pendant tous ces Jeux olympiques.
Merci à vous. Et vraiment, je veux remercier et remercier toutes vos équipes de me recevoir aujourd'hui, mais d'être là et de couvrir tous ces Jeux olympiques. c'est un énorme investissement. C'est du temps, c'est beaucoup d'énergie. Je pense que c'est très important pour le pays et d'être aux côtés de nos athlètes aujourd'hui, mais aussi aux côtés de Tony Estanguet, de son équipe pour préparer les JO de 2024. C'est une fierté. Et donc, je voulais vraiment vous remercier de cela et je souhaite à tous nos compatriotes de beaux JO. Merci beaucoup et je vous souhaite une belle cérémonie d'ouverture ici à Tokyo. Merci à vous. Merci Laurent. Merci. Merci.
Emmanuel Macron