Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 14 mars 2018 22 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Daniel Cohn-Bendit : "À la place de Gérard Collomb, je ferais quelque chose d'un peu plus humanitaire"

Au micro : Nicolas DemorandSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Face à une crise politique profonde en Allemagne ou à l'usure du pouvoir d'Angela Merkel ?

  • 2:45RelanceRéponse directe

    Par exemple ?

  • 3:06RelanceRéponse directe

    Comment ?

  • 4:35OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est ça ce qui empêchera le populisme de prospérer en Europe, des propositions ?

  • 5:45OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que les 27 veulent quelque chose en commun ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    La France marque l'arrêt du populisme en Europe. Comment voyez-vous cette analyse a posteriori ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51PrésentateurFait
    « Ce qui s'est passé, c'est que l'Allemagne a découvert un nouveau paysage politique, avec l'irruption de l'extrême droite au Parlement, qui a changé les données. »
  • 1:01PrésentateurFait
    « C'est très difficile de faire une coalition, d'autant plus que les sociodémocrates qui avaient perdu, ont dit logiquement, nous on va à l'opposition, on a perdu. »
  • 1:42PrésentateurFait
    « Moi, je crois que c'est un gouvernement qui ne sera pas formidable, mais qui fera quelques réformes nécessaires, et surtout, un gouvernement qui va s'orienter vers l'Europe. »
  • 1:50PrésentateurFait
    « Il peut faire des propositions sur la sécurité. »
  • 2:25PrésentateurFait
    « Si aujourd'hui, vous avez une Europe désorientée, vous avez quelqu'un qui fait des propositions, on les trouve bonnes ou mauvaises, c'est autre chose. »
  • 4:55PrésentateurFait
    « Le populisme, aujourd'hui, c'est une réaction d'une partie des populations face à une désorientation créée par la mondialisation. »
  • 6:35PrésentateurFait
    « Cinq étoiles en Italie. Référendum sur l'euro ? Ah non, on n'a jamais dit ça. »
  • 6:54PrésentateurFait
    « Pourquoi Marine Le Pen a pris, disons, a perdu, pour être poli, aux élections présidentielles ? »
  • 8:25PrésentateurFait
    « La France marque le point d'arrêt du populisme en Europe. Voilà, cette élection démontre que. »
  • 8:50PrésentateurFait
    « Ça ne veut pas dire que c'est la fin du populisme. Ça, c'est autre chose. »
  • 11:49PrésentateurFait
    « Je crois qu'à la SNCF, il y aura des réactions assez fortes parce que c'est le bastion de la CGT. »
  • 12:00PrésentateurFait
    « La société française a compris qu'il fallait que des choses évoluent. »
  • 13:21PrésentateurFait
    « Elle penche du côté de la dureté, ça ne me plaît pas. »
  • 13:31PrésentateurFait
    « C'est un drame d'une extrême complicité. »
  • 18:16PrésentateurFait
    « En mai 68, il y a eu aux écarts de Grenelle un débat sur l'échelle des salaires. »
  • 18:24PrésentateurFait
    « Le maximum qu'on peut accepter, disaient les syndicats, c'était de 1 à 8. »
  • 18:31PrésentateurFait
    « Aujourd'hui, c'est de 1 à 70 ou 100. »
  • 20:30PrésentateurFait
    « Je pense que la technologie, que le nucléaire est une technologie du passé. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Présentateur 212 %
  • Invité7 %
  • Locuteur non identifié2 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 7-9, Nicolas Demorand. Et l'invité du grand entretien de la matinale de France Inter est un ancien député européen écologiste, Léa Salamé, dans une dizaine de minutes, pour intervenir. 01, 45, 24, 7000, les réseaux sociaux, et l'application, non c'est de la joie et du bonheur, et l'application France Inter. Daniel Cohn-Bendit, bonjour. Bonjour M. Demorand. Angela Merkel doit être élue chancelière aujourd'hui, prestation de serment, puis premier conseil des ministres d'un gouvernement de coalition entre la CDU et le SPD. Six mois de tractation pour arriver à ce résultat qui n'a pas l'air d'enthousiasmer grand monde en Allemagne.

On est, Daniel Cohn-Bendit, d'après vous, face à une crise politique profonde en Allemagne, ou tout simplement face à l'usure du pouvoir d'Angela Merkel ? J'ai le droit de dire ni l'un ni l'autre ? Avec grand plaisir. Non, parce qu'en fait, ce qui s'est passé, c'est que l'Allemagne a découvert un nouveau paysage politique, avec l'irruption de l'extrême droite au Parlement, qui a changé les données. C'est très difficile de faire une coalition, d'autant plus que les sociodémocrates qui avaient perdu, ont dit logiquement, nous on va à l'opposition, on a perdu.

Donc, c'est aujourd'hui une redistribution des cas, un nouveau paysage politique, et c'est la constitution allemande qui est à l'épreuve, qui a été à l'épreuve pendant six mois. Donc, ce n'est pas une crise ? Non, ce n'est pas une crise. Ils ont un gouvernement maintenant, un gouvernement qui sera stable, un gouvernement qui, parce qu'on n'en attend rien, a toutes les chances de réussir des choses. Ça, c'est votre optimisme radical. Mais non, mais c'est évident, vous allez voir, ils vont s'attaquer aux problèmes, par exemple, de la médecine, aux problèmes des pauvres.

Moi, je crois que c'est un gouvernement qui ne sera pas formidable, mais qui fera quelques réformes nécessaires, et surtout, un gouvernement qui va s'orienter vers l'Europe. Qui va s'orienter vers l'Europe, c'est le premier chapitre de la coalition, et vous allez voir, ce que vous allez voir, c'est que maintenant, Macron aura enfin quelqu'un qui répondra aux questions. Ça y est, le franco-allemand. Mais oui, mais c'est ça ! Regardez un peu ! Crise en Europe, franco-allemand. Crise en France, franco-allemand. Crise en Allemagne, franco-allemand. Mais parce que, dans la radio, on ne peut... C'est la réponse, toujours, franco-allemand. Mais ce n'est pas ça. C'est la situation. Elle est simple.

Elle est simple. Si aujourd'hui, vous avez une Europe désorientée, vous avez quelqu'un qui fait des propositions, on les trouve bonnes ou mauvaises, c'est autre chose. Mais quelqu'un, et vous avez un gouvernement allemand qui met dans un accord de coalition, parce que ça, ça n'existe pas en France. Enfin, quand il y a un gouvernement en Allemagne, on fait un accord de... On écrit. On écrit ce qu'on va faire. Donc, après, vous pouvez dire, mais alors, vous avez fait, vous n'avez pas fait. Et dans cet accord, le premier chapitre, c'est, réorientons l'Europe. Et donc, je crois que ce gouvernement a des chances de faire de petites choses, mais qui peuvent être importantes.

Et donc, le couple franco-allemand aura la main en Europe pour la réformer et éloigner les vents mauvais du populisme, Daniel Kohn-Badit. Non, le couple franco-allemand n'aura pas la main en Europe, parce que personne n'a la main en Europe. Mais le couple franco-allemand peut faire des propositions pour faire... Par exemple ? Comment ? Par exemple. Il peut faire des propositions sur la sécurité. Là, j'ai entendu un commentaire. Ça va mal entre l'Occident, ce qu'on appelait l'Occident, et la Russie. On a des véritables problèmes aujourd'hui. Vous avez les États-Unis, avec aujourd'hui des droits de douane partout, vous avez les Chinois, vous avez les Russes.

Et donc, il y a une reprise de conscience. Et là, le couple franco-allemand peut faire des propositions. Le couple franco-allemand va faire des propositions sur l'investissement nécessaire en Europe pour les pays qui, en ce moment, ont toujours des problèmes économiques. Donc, ça peut, on verra, mais pour qu'il y ait cette situation, il faut d'abord qu'il y ait un gouvernement à Berlin qui réponde à ce que propose le gouvernement à Paris. Et ces deux gouvernements devront, s'ils sont intelligents, je l'espère, j'en suis pas sûr, faire des propositions après aux 26 partenaires de l'Union Européenne. Donc, comme d'habitude, on prend les mêmes et on recommence, Dany Konbeddy.

On prend les mêmes, vous pouvez... Mais M. Demorand, c'est quand vous êtes revenu à France Inter, on n'a pas dit on prend les mêmes et on recommence. Oh bah si, on l'a dit. Mais si, on l'a dit. Mais c'était idiot. Pas nécessairement. Moi, je trouvais que c'était idiot. Donc, arrêtons avec ses facilités. Non, c'est pas une facilité. Le couple franco-allemand va proposer des propositions. Il y en a mille et il y en a toujours eu des millions sur la table. C'est ça la politique. Mais oui, mais... C'est ça la politique. Est-ce que c'est ça ce qui empêchera le populisme de prospérer en Europe, des propositions ?

Écoutez, vous savez, on ne m'a pas encore proposé d'avoir le prix de la paix ou tout ça, parce que je n'ai pas de boule de cristal. Et que, qu'est-ce qu'on fait contre le populisme ? On verra. Le populisme, aujourd'hui, c'est une réaction d'une partie des populations face à une désorientation créée par la mondialisation. Donc, si vous voulez résoudre ce problème, vous devez vous attaquer à la régulation de la mondialisation. Donc, est-ce qu'aujourd'hui, l'Europe va être en capacité de proposer, de s'attaquer à cette dérégulation de la mondialisation qui crée des problèmes ? C'est ce que je souhaite. C'est ce qui est nécessaire. Est-ce que ça va se faire ? Nous allons le voir.

Mais il n'y a pas de baguette magique. Il n'y a pas de... Tiens, voilà, j'ai la solution. Le populisme, je vais lui taper sur les doigts. Et vous allez voir qu'ils vont rentrer à la maison. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Et vous allez voir, par exemple... Mais est-ce que les 27 veulent quelque chose en commun ? Est-ce que tous les pays membres de l'Union veulent la même chose ? Mais vous savez, les pays, même à l'intérieur... Est-ce que tous les Français veulent la même chose ? Non. Est-ce que tous les Allemands veulent la même chose ? Non. Est-ce que tous les Italiens veulent la même chose ? Non.

C'est-à-dire que vous avez des gouvernements qui essayent de faire émerger des solutions, des propositions. C'est des bons ou des mauvais gouvernements. Et donc, ils sont aussi en contradiction dans leur pays. Donc, aujourd'hui, tous les Européens ne veulent pas la même chose. Mais ce qui est drôle, c'est que chaque fois que les populistes arrivent aux portes du pouvoir ou au pouvoir, il y a une chose qu'ils font. Toutes les propositions qu'ils avaient pendant des années, ils les retirent. Cinq étoiles en Italie. Référendum sur l'euro ? Ah non, on n'a jamais dit ça. Vous ne m'avez pas compris. La Lega, on va sortir de l'Europe ? Mais non, vous ne m'avez pas compris. Ce n'est pas du tout ça.

Pourquoi ? Parce qu'ils veulent faire un gouvernement et ils savent que si l'Italie, aujourd'hui, sort de l'Union européenne, c'est la cata totale. C'est la cata financière, c'est la cata économique, etc. Et pourquoi Marine Le Pen a pris, disons, a perdu, pour être poli, aux élections présidentielles ? C'est parce que toutes ces propositions pour sortir de l'Europe, les Français sont très sceptiques sur l'Europe, mais il y a une chose qu'ils ne veulent pas, c'est de sortir de l'Europe. Donc, les gens ne veulent pas la même chose, mais ils veulent tous ne pas sortir. Et les seuls qui sortent, maintenant, c'est les Britanniques, et ça, c'est une histoire, et ça va très mal. Ça va très mal.

Les Britanniques ne sont pas vraiment... Ce n'est pas tous les matins, ils ne se lèvent pas et disent « Oura, we are getting out of Europe ! » Tu parles, tu parles, ils les ont à zéro, maintenant. Donc, vous voyez, il faut être plus calme, ça ne veut pas dire que ça va réussir, je n'en sais rien. Mais je crois qu'avec un gouvernement en Allemagne, aujourd'hui, cette coalition, et avec une prise de conscience, l'Europe a une chance de se stabiliser et donc d'amener un règlement de la régulation de la mondialisation.

Il y avait un commentaire au moment de l'élection d'Emmanuel Macron, donc à la présidentielle, qui était de dire « Vous le connaissez bien, vous êtes intime, non, d'Emmanuel Macron ? » Ah non, non, non, on n'a aucune intimité. Oui, mais enfin, vous avez une relation politiquement dense. Oh, dense, dense. Non, mais ne soyez pas modeste. Non, mais bon, d'accord, oui, d'accord. On disait, la France marque le point d'arrêt du populisme en Europe. Voilà, cette élection démontre que. Comment voyez-vous cette analyse a posteriori ? La France a marqué l'arrêt du populisme qui dit « Il n'y a qu'à sortir de l'Europe ». Ça, ça s'est arrêté avec l'élection d'Emmanuel Macron.

Ça avait déjà commencé avec l'élection hollandaise. Donc, on a vu les limites de l'argument d'un certain argument. Ça ne veut pas dire que c'est la fin du populisme. Ça, c'est autre chose. C'est-à-dire que le populisme, s'il veut se maintenir comme un projet politique, eh bien, lui aussi, il doit se réorienter. Qu'allez-vous faire, Daniel Cohn-Bendit, pour le 50e anniversaire de mai 68 ? Je sors un livre qui s'appelle « Sous les crampons, la plage ». Sur le football ? C'est une biographie liée au football. C'est-à-dire, c'est ma vie avec le football. Pourquoi vous détestez les commémorations de mai 68 ? Je ne déteste pas. J'ai fait ça pendant 49 ans. Trop, donc ?

Donc, je trouve que c'est ennuyeux, maintenant. Pendant 49 ans, j'ai fait ça un an après, deux ans après, cinq ans après, dix ans après. Et il y a dix ans, j'ai sorti un livre, « Forget 68 », c'est-à-dire avec quelqu'un de France Inter. C'était un débat sur France Inter qu'on en a fait un petit livre. Stéphane Paoli, non ? Stéphane Paoli, exactement. Et j'ai dit, bon, maintenant, tout le monde a envie de parler de 68. Et, oh là, moi, je ne veux pas empêcher Madame Polony, Monsieur Zemmour et tout ça, de faire des Figaro Magazine spéciales sur... La décadence. La décadence. On est tous des décadences. C'est à cause de vous. Je suis le responsable de toute la décadence de la France.

Quel honneur. Vous êtes fier, quand même. Je n'oserais pas. Non, je suis... Pour les gauchistes, je suis le traître absolu et tout ça. Donc, je dis, maintenant, prenez tous les espaces dont vous avez besoin sur 68. 50 ans après, un motif de fierté, tout de même, sur mai 68, Daniel Kohn-Bend. Oui, je suis toujours en vie. C'est déjà pas mal. C'est déjà pas mal. Non, mais un motif de fierté. Écoutez, il y a une chose qu'on m'explique. Si j'avais voulu, ou si j'aurais voulu, je pouvais faire un tour du monde. Parce que 68 fascine le monde entier.

de l'Argentine, en passant par le Brésil, le Mexique, les Etats-Unis, le Canada, des pays du Maghreb, à Dakar, en passant par toutes les capitales européennes, tout le monde veut faire un débat sur 68. Donc, l'intérêt, aujourd'hui, c'est pourquoi nos sociétés au sein d'un petit monde sont fascinées par 68. Et bien, donner des réponses. Et ma fierté, c'est que je trouve fascinant que tout le monde soit fasciné. Daniel Kohn-Bend. Dans le grand entretien de France Inter, vers 8h33. Léa Salamé.

11:16
Invité

Vous qui observez la France depuis toujours, comment vous expliquez qu'Emmanuel Macron réussisse à avancer ses réformes en mode bulldozer ? La loi travail, la SNCF, la fonction publique, la réforme de la formation professionnelle, l'assurance chômage et j'en oublie de nombreuses. Jusqu'à maintenant, ça passe quasiment comme une lettre à la poste. On verra s'il y a un mouvement dans les prochains jours et les prochaines manifestations, mais ça passe facilement. Quel est votre avis ? Les Français sont tous devenus libéraux ou sont tous devenus des Allemands ?

11:41
Présentateur

Non. Non, il n'y a pas mal ça. Non, d'abord, je crois qu'à la SNCF, il y aura des réactions assez fortes parce que c'est le bastion de la CGT. Mais en fait, je crois que la société française a compris qu'il fallait que des choses évoluent. Et là, d'attendre ces évolutions, elle accepte, bon gré, mal gré, maintenant, les réformes proposées par le gouvernement. Ça ne veut pas dire que les gens soient tout à fait d'accord, on ne le sait pas, mais ils disent, voilà, il fallait tenter quelque chose. C'est un peu le sentiment que j'ai de la société française.

Et le pari de Macron et de son gouvernement, c'est dans deux ans, ils auront fait toutes les réformes et où le pays change à évoluer et les gens le ressentent, où les retraités qui ont payé la CSG maintenant, mais ils ont vu que quand même avec ce qu'ils payent moins maintenant de taxes pour l'habitation, etc.

12:46
Invité

Il voit que la CSG parce que l'attaque de l'habitation, c'est en octobre. C'est pour ça que je dis qu'à la fin,

12:52
Présentateur

ils doutent, mais on verra après. Non, ils douillent. Ils douillent, ils doutent, ils payent, etc. Ils doutent, donc voilà, c'est ça. Mais on verra après. Donc je crois que c'est un pari qui, au contraire du quinquennat de Hollande, il dit, on fait tout au début, comme ça, on pourra dire, voilà le résultat, c'est grâce à ce qu'on a fait.

13:11
Invité

La politique migratoire d'Emmanuel Macron, Jarre, Colomb explique qu'elle est équilibrée entre fermeté et humanité. Vous vous la trouvez équilibrée ou elle penche un peu plus d'un côté que d'un autre ?

13:19
Présentateur

Elle penche du côté de la dureté, ça ne me plaît pas. Moi, je dis toujours, je discute sur la politique migratoire si on signe ma première phrase. C'est insoluble. C'est un drame. C'est un drame d'une extrême complicité. Et donc, il n'y a pas de yaka. On peut être plus ou moins humanitaire. Et je trouve que la politique aujourd'hui telle qu'elle s'exprime, elle est moins humanitaire qu'elle pourrait l'être.

13:47
Invité

Vous le dites à Emmanuel Macron, ça ?

13:49
Présentateur

À chaque fois qu'on se voit et qu'on se parle, on se dit, on le discute.

13:53
Invité

Il vous dit merci, mais non.

13:55
Présentateur

Mais il s'explique. Ce n'est pas parce que je lui dis quelque chose qu'il dit, oh Dany, au moment que tu es là, je vais changer ma politique migratoire. Vous êtes intime quand même. Oui, mais il y a des tas de gens qui sont intimes et ils ne changent pas de position. Et il n'est pas. Je me dis, ils ont réfléchi. Donc vous n'arrivez pas à le convaincre

14:10
Invité

sur ce sujet-là ?

14:11
Présentateur

Je n'arrive pas à le convaincre parce qu'il est convaincu lui-même qu'il faut faire la différence et c'est vrai qu'il améliore la politique d'asile en France qui n'a pas été faite, l'accueil de l'asile, mais que sur les autres, il fait des choses, il y a des régulations qui se font. Il ne faut pas exagérer. Il ne faut pas être dans la caricature, mais c'est vrai que si on me donnait, me mettait à la place de colomb, je ferais quelque chose d'un peu plus humanitaire.

14:37
Invité

Vous allez faire quoi aux élections européennes, Danny Cohen-Bendit ? Cohen-Bendit sur la liste La République En Marche, c'est totalement exclu ?

14:44
Présentateur

Totalement.

14:45
Invité

Alors vous allez faire quoi ? Vous allez accompagner ? Marcher à côté ? Marcher à côté d'Alain Juppé, à côté de La République En Marche ? Comment ça va être ? Comment ça va être ?

14:51
Présentateur

Voilà, ça va être que, ça vous pouvez voir, je crois que le 21, je participe à un meeting d'En Marche, je vais faire des meetings d'En Marche et d'autres d'ailleurs, si on m'invite, si Yannick Jadot fait une liste...

15:05
Invité

Ah, vous n'êtes pas marié à En Marche ? Non, je vais parler de l'Europe,

15:10
Présentateur

je vais parler de l'Europe, je vais dire ce qui est nécessaire, donc si En Marche m'invite, je vais dire ce que je crois nécessaire et qu'En Marche disent là et je discute avec eux, même de leur liste et tout ça, mais moi, écoutez, j'ai 73 ans, j'aurai 74 ans l'année prochaine et vous croyez qu'à 79 ans, je vais faire en tort toujours 5 fois par semaine aller à Bruxelles ou à Strasbourg ? Non, moi je trouve... Vous êtes fatigué ? Et puis, en France, il y a une loi... Je trouve que quand on a fait 20 ans de Parlement européen et qu'on dit on a fait une loi, il fait 3 mandats, moi j'en ai fait 4 ! Ça suffit, vous dites ?

Oui, j'ai dit, ça suffit, voilà, mais je vais prendre la place de Demorand à France Inter, trop vieux pour ça ! Donc, bienvenue !

15:51
Invité

Quel regard l'ex-68ard, libertaire, défenseur de l'horizontalité que vous êtes pose sur le fonctionnement vertical, monarchique du pouvoir, Versailles, Chambord, les chasses présidentielles, ce fonctionnement jupitérien. Vous avez un regard amusé ou agacé ?

16:06
Présentateur

Agacé, amusé, je dis c'est la France. Parce que c'est marrant, c'est que tous les partis politiques sont jupitériens. Mélenchon est jupitérien dans sa formation politique. C'est vraiment une structure très française. Et d'ailleurs Macron, et peut-être qu'une fois vous verrez le film qu'on a fait, dans ce film, il le théorise ça. Il le théorise, il dit, et c'est vrai, ce qui est surprenant, c'est que la, si on veut, la culture cinquième république, elle est dans tous les partis politiques. Donc on n'est pas encore

16:37
Invité

devenu allemand et le film en question, c'est le film que Romain Goupil a réalisé avec vous et qui sort en mai.

16:43
Présentateur

On passe au standard, 01 45 24 7000, vous avez la parole. Bonjour Daniel. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.

16:51
Locuteur non identifié

Oui, alors M. Cohn-Bendit, en mai 1968, la première revendication était la lutte contre l'inégalité. Alors comment être à la tête de ce mouvement en 68 et pousser l'électorat à voter M. Macron et son ultrâne du libéralisme à l'heure où les inégalités n'ont jamais été aussi grandes. Merci. Je signale aussi à M. Cohn-Bendit qu'il y a aussi des mouvements horizontaux en France qui ne sont pas jupitériens, par exemple Génération S de Benoît Hamon.

17:18
Présentateur

Merci Daniel pour cette question. Daniel Cohn-Bendit vous répond. C'est marrant. Tu dis Génération S de Benoît Hamon et tu cites Benoît Hamon. Pourquoi tu n'as pas dit Génération S ? Si tu as besoin de quelqu'un en haut. Sinon, tu n'aurais pas dit Benoît Hamon. Et donc, je veux dire que les partis politiques et quand on se présente à l'élection présidentielle, eh bien, on fait partie de la verticalité. C'est comme ça. Je ne critique pas si le système en France mais je dis il faut... Donc deuxièmement, la lutte contre les inégalités. Tu as raison. C'est tout à fait vrai.

Mais ce n'est pas Emmanuel Macron qui depuis un an est au pouvoir et responsable des inégalités qui n'ont pas bougé pendant 40-50 ans. Donc, il faut dire qu'aujourd'hui et dans tous les pays, même quand ça va bien, regarde l'Allemagne, il y a des inégalités qui augmentent. Donc, dans tous les pays, aujourd'hui, on n'a pas trouvé la solution de rétrécir les inégalités. Et ce qui était marrant, c'est qu'en mai 68, il y a eu aux écarts de Grenelle un débat sur l'échelle des salaires. Et on disait le maximum qu'on peut accepter, disaient les syndicats, c'était de 1 à 8. De 1 à 8. Et là, aujourd'hui, c'est de 1 à 70 ou 100. ou à 1000 ou à 1000. Ou à 1000 ou à 1000. Ou à 1000.

Donc, c'est vrai et c'est un des défis et c'est une des questions qu'on doit poser à En Marche à Macron, c'est comment on arrive à réduire les inégalités en France. Il manque une politique sociale à Emmanuel Macron ? Il a, par exemple, sur la formation, il a des dimensions de politique sociale, mais pour l'instant, pour l'instant, on n'a pas trouvé la balayette magique, personne n'a trouvé, pour réduire les inégalités dans aucun pays. Et c'est pas un salaire universel pour tout le monde qui réduit les inégalités. Jean, bonjour.

19:12
Locuteur non identifié

Bonjour, Daniel Kohn-Bendit. Bonjour. Face à Trump, Zinpink et autres Poutine, l'Europe peut-elle enfin parler d'une seule voix et dans le cadre d'une Europe fédérale à constituer ? Merci.

19:28
Présentateur

Merci à vous, Daniel Kohn-Bendit. L'Europe pourrait, l'Europe devrait, mais c'est tout le problème qu'on a aujourd'hui, c'est qu'encore aujourd'hui, nous avons avec les 26 des visions encore différentes de la nécessité de se positionner face à la Chine, on l'a dit, les Etats-Unis ou la Russie.

Mais la réalité oblige de plus en plus, nous allons avoir une politique de sécurité, vraisemblablement dans quelques années, plus que des embryons d'une armée européenne, mais cela ne fonctionnera que si les citoyens ont l'impression que l'Europe prend en charge leur sécurité, mais sécurité, ce n'est pas simplement l'armée, c'est nécessaire, c'est aussi une sécurité sociale et là, il y a un déficit de l'Europe. Un tweet, Thierry Morvan, Daniel Kohn-Bendit, vous pensez toujours qu'il vous cite le nucléaire est une technologie du passé et que la France devrait prendre immédiatement une décision d'abandon pour l'interrogation ?

Je pense que la technologie, que le nucléaire est une technologie du passé, je pense que le président Macron, la gauche française, en sa majorité, la droite française fait une erreur en pointant sur l'EPR, etc.

Je pense que la France devrait avoir une stratégie de sortie, une stratégie de sortie avec la dépendance de la France du nucléaire, l'électricité en France ça durera 30 ou 40 ans, les Allemands ont mis 25 ans, ils sortent là, bientôt ça sera complètement fini, donc oui, il faut une stratégie de sortie, et oui, c'est un combat à mener aussi, et que là, disons, mais ce qui est nouveau et ce qui est plus difficile, c'est qu'on doit mener ensemble la lutte contre la dégradation climatique et contre la dépendance du nucléaire, et que ça, c'est pas toujours évident. Merci Daniel Kohn-Bendit. Pas de quoi, M. Demeurand, je reviens quand vous voulez.

d'avoir été au micro de France Inter et bon cinquantenaire de 68. Non mais ça nous fait vieux, c'est ça qui est terrible, c'est ça que vous comprenez pas tous. J'avais 23 ans et à chaque fois qu'on me dit cinquantenaire, vous me dites t'as 63 ans. 73. 73, c'est ça qui est triste. Enfin non, c'est marrant, mais ça va, j'ai compris que j'ai 73 ans. Oui, ça va, bon, c'est bon. Merci pour l'addition. À suivre, le carrefour du 7-9, édite aux médias, histoire politique, revue de presse

21:53
Invité

et humour. Avec Nicole Ferroni.

Daniel Cohn-Bendit : "À la place de Gérard Collomb, je ferais quelque chose d'un peu plus humanitaire" · Pourquijevote