Manifestation à Sainte-Soline: la prise de parole de Gérald Darmanin en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je voudrais d'abord particulièrement remercier madame la préfète du département des Deux-Sèvres ainsi que l'ensemble des agents de préfecture et les gendarmes très mobilisés, des gendarmes qui sont venus de toute la France, plus de 1700 gendarmes qui dans les Deux-Sèvres ont maintenu l'ordre républicain et ont réussi à empêcher les activistes, les manifestants dont une grande partie était très violent, j'y reviendrai, d'occuper le lieu dit du projet des bassines. Empêchant ainsi une ZAD de se construire et empêchant bien évidemment le projet de se faire.
Le but de cette exemplarité du nombre de gendarmes et d'intervention de la préfète du département était évidemment d'empêcher cette installation, ce qui a été réussi et je les en remercie sincèrement. Nous l'avons fait pour l'ordre républicain. Je rappelle que cette manifestation a été interdite depuis de nombreux jours. Je rappelle que les décisions de justice, ont toutes été rendues en faveur de l'État de droit qui interdisait cette manifestation et qui consolidait ce projet.
Ça a été fait aussi pour nos agriculteurs et je veux avoir ici une pensée toute particulière pour ces agriculteurs, ceux des Deux-Sèvres mais partout en France, qui travaillent courageusement, qui nourrissent les Français et qui ont en face d'eux des activistes extrêmement violents et l'État est là pour les protéger. Cette manifestation interdite a vu jusqu'à 4000 personnes hier, 2000 encore cette nuit et ce matin, quelques centaines cet après-midi et ce soir se rendre sur ce site.
Une grande partie de cette manifestation a été extrêmement violente avec des attaques physiques, vous l'avez vu, sur les gendarmes, des attaques avec des boules de pétanque, des cocktails monotofs, des objets contendants, des mortiers qui ont attaqué les gendarmes. Plus d'une soixantaine ont été blessés, dont une vingtaine extrêmement sérieusement. Certains sont d'ailleurs encore évidemment hospitalisés.
Et cette partie de la manifestation extrêmement violente, relevée d'activistes, une quarantaine de personnes fichées à l'ultra-gauche ont été repérées dans cette manifestation avec des modes opératoires qui relèvent, je n'ai pas peur de le dire, de l'éco-terrorisme que nous devons absolument combattre. Il y a eu moins d'une dizaine d'interpellations. La consigne évidemment des gendarmes était de pouvoir tenir, bien sûr, pour empêcher cette ZAD et empêcher évidemment que du côté des manifestants où il y avait parfois des familles, mais il y avait aussi des élus, chacun leur a constaté que les choses puissent dégénérer. Les gendarmes ont fait honneur à la République ce week-end.
Je veux dire une nouvelle fois évidemment notre volonté qu'aucune ZAD ne s'installe dans les Deceves comme partout sur le territoire national. Et j'ai donc décidé de laisser à la demande du président de la République un maximum de forces de l'ordre. Plus d'un millier de gendarmes resteront le temps que nous nous assurions qu'effectivement aucune ZAD ne se construise. Une petite partie encore des manifestants sont sur un terrain privé, à laquelle finalement l'État ne peut pas intervenir.
Mais il est évident que si des règles contraires aux droits de l'urbanisme, si on construisait quelque chose sans autorisation, pour le dire aussi simplement, sur ce terrain privé, nous engagerions immédiatement les recours nécessaires.
Est-ce que ça veut dire notamment que les tours qui sont en train de se construire par certains opposants sur place peuvent déclencher des actions de votre part ?
Elles sont manifestement ces constructions totalement illégales, puisqu'en France, il y a un droit de l'urbanisme qui s'applique à chacune et à chacun, y compris sur un terrain privé. Nous avons commencé à faire un certain nombre de constats. Nous continuerons à les faire dans les prochaines heures. Et nous engagerons évidemment les moyens qu'il faudra pour pouvoir intervenir, les faire détruire et évacuer les personnes. Je voudrais ici souligner que le parallèle avec d'autres lieux ou d'autres ZAD qui ont pu exister n'est pas positif, n'est pas vrai, puisqu'il n'y a pas de terrain public. Nous n'acceptons pas que les gens s'installent sur des terrains publics.
C'est pour ça que les gendarmes étaient en grand nombre contre cette manifestation violente et à empêcher cette installation sur le site dit des bassines. Donc en ce qui relève le terrain privé, qui appartient à quelqu'un en particulier, nous devons évidemment être au rendez-vous du droit. C'est ce que nous ferons et nous constaterons ce que nous avons commencé à faire, ces constructions illégales et nous engagerons évidemment des recours.
– Monsieur le ministre, craignez-vous que cette mobilisation soit amenée à durer et que les heurtes entre les forces de l'ordre et les manifestants continuent et soient amenées à continuer ?
– Il y a en France un État républicain. Donc cet État républicain, c'est celui qui donne à la force publique lorsque les autorisations étaient données, lorsque la justice a donné son avis. Nous devons le faire respecter. Et le travail des gendarmes, le travail des policiers, c'est de faire respecter cet ordre républicain, ne serait-ce que pour dire aux agriculteurs que nous les aidons, que nous les soutenons dans leur travail difficile et que nous ne laisserons pas la contestation extrêmement violente l'emporter sur l'ordre républicain.
Donc oui, nous laisserons autant qu'il le faudra les gendarmes sur place pour pouvoir garder ce site dit des bassines, dont je rappelle d'ailleurs que depuis de très nombreuses années, toutes les autorisations ont été données et qui a fait lieu à un consensus politique, voilà, quelques mois déjà. Je voudrais souligner bien évidemment que par ailleurs, ce qui s'est passé relève de manifestations extrêmement violentes. On aurait pu imaginer une manifestation pacifique. Elle n'a pas eu lieu.
Il y a eu une grande partie des manifestants violents, encore une fois, qui s'en prenaient physiquement aux gendarmes, les blessants, s'en prenant par exemple à 5 véhicules de gendarmerie qui ont été détruits. Et je veux redire que cela relève de l'éco-terrorisme. Il y a des gens qui, fichés S, c'est-à-dire radicalisés pour les services de renseignement français, pour l'ultra-gauche, veulent manifestement le désordre et le chaos. Et nous ne pouvons l'accepter. Et la main ferme de l'État sera évidemment au rendez-vous. Et je crois que tous les responsables politiques devraient les dénoncer. Je m'étonne que l'ordre républicain n'ait pas été soutenu par toutes et tous.
Justement, M. le ministre, Jean-Luc Mélenchon le disait hier dans un tweet que des élus écologistes et de la France insoumise auraient reçu des coups de la part de forces de l'ordre. Il dit même une police républicaine, point d'interrogation. Déjà, que lui répondez-vous ? Et avez-vous des éléments supplémentaires sur ce qu'il serait passé hier soir ?
Moi, je veux redire qu'une nouvelle fois, s'agissant de décisions de justice qui donnaient raison aux agriculteurs, s'agissant d'une préfète qui avaient interdit depuis de nombreuses journées cette manifestation, s'agissant de manifestants qui, malgré tout, se sont réunis, dont une partie, je l'ai dit, était fichée, attaquant au cocktail Molotov les gendarmes de la République, en blessant plus d'une soixantaine, en détruisant des véhicules. Je crois que les images que vous avez diffusées parlaient d'elles-mêmes. Je regrette qu'une nouvelle fois, M. Mélenchon, Mme Rousseau, fassent le choix de la radicalité.
Le général de Gaulle disait en d'autres temps qu'il y avait des professionnels du désordre. Je regrette que M. Mélenchon soit manifestement toujours et encore du côté des professionnels du désordre. Moi, je veux dire que nous soutenons aujourd'hui profondément les agents de la force publique, les gendarmes présents, qui ont été courageux. Je veux aussi dire que nous soutenons les agents de la préfecture qui, tout le week-end, ont travaillé, à commencer par Mme la préfète. Et je veux dire que nous soutenons les agriculteurs de France.
Moins d'une dizaine d'interpellations, vous le disiez. Y en a-t-il eu de nouvelles aujourd'hui, suite à la destruction d'une canalisation, et est-ce qu'on peut aussi avoir le bilan des contraventions au vu du nombre de contrôles ?
Il y a eu une centaine de contraventions qui ont été dressées. Sur la canalisation qui a été attaquée, vous aurez constaté, vous l'avez déjà dit, je crois qu'elle ne touchait pas d'ailleurs les bassines, mais un agriculteur qui n'avait, si j'ose dire, rien à voir avec ce sujet. Je veux lui apporter évidemment mon soutien. Je sais que M. le ministre de l'Agriculture, avec lequel je me suis entretenu tout le week-end, comme le ministre de la Transition écologique, a apporté son soutien à cet agriculteur, qu'il a pu avoir téléphoniquement.
Il est évident qu'une fois que la plainte sera déposée par cet agriculteur, nous mettrons en place, sous l'autorité judiciaire, les diligences qu'il faudra pour retrouver leurs auteurs et évidemment les présenter devant la justice. Est-ce qu'il y a eu des mobilisations, de nouvelles concertations pour avoir lieu sur ce projet justement ? Moi, je suis ministre de l'Intérieur. Ce que je voulais vous dire ici, c'est que ce week-end d'ordre public a été éprouvant. 1 700 gendarmes mobilisés dans les Deux-Sèvres, ça n'a pas d'équivalent. Nous avons empêché cette ZAD de se constituer.
Je veux dénoncer les attaques contre l'ordre républicain et contre les gendarmes et relever ici que l'ordre républicain est resté du côté de la loi et du côté des agriculteurs qui avaient les autorisations nécessaires. Il ne m'appartient pas de faire de commentaire sur les projets récoles ou écologiques. D'autres ministres sont là pour ça.
Et donc en cas de nouvelle mobilisation, le dispositif policier pourrait être revu à la hausse, j'imagine ?
Je vous ai dit qu'en attendant le fait qu'il y ait encore quelques centaines de personnes sur un terrain privé, je laisserai un millier de gendarmes dans le département des Deux-Sèvres. Il est hors de question de se voir reconstituer une nouvelle Notre-Dame-des-Landes.
Sur la présence d'élus, notamment écologistes, est-ce que c'est leur place ? Est-ce que vous vous interrogez sur la présence de son nom de Rousseau ou Yannick Jadot parmi les manifestants hier notamment ?
Moi, je n'ai pas de leçon de comportement politique à donner. Je constate qu'en général, lorsqu'une manifestation est interdite et que la justice confirme l'interdiction de cette manifestation, je m'étonne parfois de la présence d'élus républicains, mais je le constate comme vous. Ce que je regrette en revanche, c'est qu'une petite partie d'entre eux ait choisi le camp du désordre ne soutenant pas les gendarmes. Lorsque ceci, il a été évident que c'était démontré que cette manifestation n'était pas pacifique et répondait à l'ultra-violence, c'est encore une fois une forme d'éco-terrorisme. Voilà, je le regrette profondément.
J'ai constaté d'ailleurs que plusieurs élus avaient été pris à partie à l'intérieur de cette manifestation. Mais ce qui serait sans doute le mieux pour l'ensemble de la classe politique qui croit à la démocratie représentative, aux décisions de justice, à l'état de droit, ce serait de condamner fortement cette manifestation qui s'est éloignée de manière illégale et qui a voulu, je l'ai vu de mes propres yeux, si j'ose dire, par l'intermédiaire des remontées d'informations des gendarmes, des rensements territoriaux ou des services de la préfecture, attaquer encore une fois des gendarmes qui ne faisaient que faire respecter l'outil des agriculteurs et respecter des décisions de justice.
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Gérald Darmanin