"Nous ne voulons pas entrer en guerre contre la Russie", lance la députée LFI Clémence Guetté
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France Inter, Alibadou, Marion Lourd, le 6-9. Le grand entretien ce samedi matin avec Marion Lourd. Nous recevons une députée, la France Insoumise. Elle copréside l'Institut La Boétie, un lieu laboratoire d'idées, un outil d'éducation populaire. Pour intervenir, chers auditeurs, pour dialoguer avec Clémence Guettet, le 01-45-24-7000 ou l'application France Inter. Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Et bienvenue. Nous avons de très nombreux sujets d'actualité à passer en revue avec vous. Commençons d'abord par cette conférence sur le moment politique Ukraine-Russie que prononçait hier Jean-Luc Mélenchon. Il revenait sur plusieurs sujets qui sont liés à la guerre en Ukraine.
Il se prononçait notamment contre l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne. Et il revenait sur cette idée de négocier la paix en Ukraine en proposant une conférence des frontières avec la Russie. Deux questions toutes simples. Vous êtes donc toujours opposé à l'idée d'une intégration de l'Ukraine à l'Union Européenne ?
Oui.
Oui ?
Oui, nous y sommes toujours opposés. De même qu'à l'OTAN. En fait, on pense que dans le moment, y compris, les critères ne sont pas réunis pour que l'Ukraine puisse adhérer à l'Union Européenne. On a parlé de l'agriculture beaucoup ces derniers temps, donc c'est une évidence. Mais en matière sociale, les critères aujourd'hui ne sont pas réunis pour cette bonne intégration. Donc on pense qu'en plus, dans un contexte de guerre avec la Russie, c'est une mauvaise idée en effet.
Justement, négocier la paix en Ukraine en proposant une conférence des frontières, est-ce qu'on peut imaginer négocier avec la Russie de Vladimir Poutine ?
Il le faudra bien. En fait, je suis assez marquée, comme tout le monde, je pense, par les déclarations guerrières de Macron, qui en plus semblent avoir été improvisées, puisque dès le lendemain, des alliés en Europe ont expliqué que non, on n'allait pas envoyer de troupes. Le secrétaire général de l'OTAN a dit que non, on n'allait pas envoyer de troupes. Donc cette ambiguïté stratégique que le président nous avait vendue, finalement, dès le lendemain, s'était évanouie. Donc oui, nous, nous pensons qu'il faut...
Il a précisé, disant qu'il ne parlait pas de troupes combattantes, mais d'opérations de déminage ou de formateurs envoyés en Ukraine.
Il avait bien dit troupes, et il avait même dit rien ne doit être exclu, et puis ensuite, il a rétropédalé le lendemain. Mais toujours est-il que sur ce sujet, il aurait mieux fait de se taire, et que nous, nous pensons que ce qui doit être là où la France doit mettre toutes ses forces en ce moment, c'est pour négocier les conditions de la paix, en effet, et donc mettre Poutine et l'Ukraine autour d'une même table. Nous, nous avons proposé, vous l'avez dit, une conférence des frontières. On pense qu'il y a un cadre qui existe, qui s'appelle l'OSCE, donc l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, qui date de 1975, et qui permet de mettre tout le monde autour de la table.
Dont l'Ukraine, la Russie et tous les membres de l'Union Européenne sont membres.
Et d'autres pays, en effet. Oui, oui. Il y a beaucoup de parties, c'est le bon cadre, parce qu'en fait, c'est le cadre de discussion sur la question des frontières.
C'est peut-être le bon cadre, sauf que, est-ce que les deux belligérants veulent négocier ? Rien n'est moins sûr. Ils l'excluent, en tout cas, radicalement. Ils n'ont pas la même conception des frontières. Et est-ce qu'on peut, encore une fois, négocier avec Vladimir Poutine, quand on a vu hier les obstacles d'Alexei Navalny à Moscou ?
Vous savez que ce n'est pas seulement notre idée. C'est-à-dire qu'y compris le président Macron, pendant longtemps, a dit, il faut discuter avec Poutine. Nous discutons. Nous savons même que des réunions diplomatiques se sont tenues pendant longtemps. Et nous reprenons là aussi quelque chose que lui-même avait dit, c'est-à-dire le fait qu'il y ait des clauses de sécurité mutuelle qui puissent être discutées. Nous ne connaissons pas, à vrai dire, d'autres moyens de travailler à la paix que de mettre en œuvre nos réseaux diplomatiques. Et de vrai, parce que la France a un poids certain sur le continent, pour réunir ces conditions.
Et c'est d'ailleurs aussi pour ça que nous refusons la co-belligérance et le fait que la France puisse directement envoyer des troupes en Ukraine. Parce que pour être une puissance diplomatique qui soit en capacité de mettre les gens autour de la table, il ne faut pas participer directement et de cette façon-là au conflit.
Alors justement, la belligérance, juste pour expliquer, avant de vous poser une question, mais la belligérance, pour l'instant, le gouvernement l'a exclu. C'est-à-dire qu'ils disent, on n'ira pas jusqu'à être dans la belligérance. Justement, elle y parlait de formation, de déminage. Donc, a priori, c'est exclu pour le moment. Juste, vous dites, en fait, sur la question des frontières, on peut parler. Ça veut dire que le Donbass, par exemple, pourrait être cédé à la Russie. Vous envisagez que ça soit russe, le Donbass ?
Alors, je ne suis pas la négociatrice de l'OSCE. Je ne suis ni ukrainienne ni russe. Donc, ce ne sera pas à moi de dire quels seront les termes de la négociation. Ce qui est sûr, c'est qu'une fois que les gens sont sur la table, chacun des pays va avoir des exigences. Et l'Ukraine va avoir comme exigence, et c'est bien normal, puisqu'elle a été agressée par la Russie de Poutine, comme exigence le retrait des troupes russes. Ce sera donc la base de la négociation. Ce n'est pas à moi de vous dire quelle sera la finalité, l'aboutissement de cette négociation. Je n'en suis pas capable. Aucun de nous, sur ce plateau, aujourd'hui, ne peut le dire.
Sur les obsèques d'Alexei Navalny, elles ont eu lieu hier, et des milliers de personnes y ont assisté à Moscou, aux obsèques de ce militant anticorruption qui est mort dans des conditions très étranges dans sa prison de l'Arctique. L'ambassadeur français s'y est rendu. Est-ce que c'était sa place, d'après vous ?
Oui, bien sûr. C'est un signal diplomatique. C'est pour montrer la solidarité de la France. C'est pour montrer aussi que nous avons été engagés à différents niveaux. la France, pour le respect des droits humains qui sont aujourd'hui écrasés par le régime de Poutine. Donc oui, c'était une bonne chose, y compris pour plein de personnes et plein de Russes très courageux qui se sont rendus à ces obsèques pour en faire aussi un moment symbolique parce que les oppositions politiques en Russie, vous le savez, sont extrêmement maltraitées.
Nous le savons bien aussi puisque nous sommes une des rares formations politiques, je crois, à avoir accueilli des opposants politiques au régime de Poutine en France, à leur donner des conditions matérielles de sécurité puisqu'ils ne pouvaient plus rester dans le pays. Donc voilà, évidemment, c'était un moment important. Poutine est responsable de sa mort ? Le régime de Poutine a une responsabilité, c'est clair. Je n'irai pas au-delà de cette formule parce que ni vous ni moi n'avons les circonstances précises. Mais c'est clair qu'y compris ces conditions de détention, elles ont été condamnées de nombreuses fois. Il y a eu des résolutions au Parlement européen. Donc oui, c'est une certitude.
Une question qui se pose malgré tout, Clémence Guettet, en 2021, quand les députés de la France insoumise, dont Mano Aubry, se sont abstenus au Parlement européen lorsqu'il fallait voter pour condamner la tentative d'empoisonnement d'Alexei Navalny. Avec le recul, vous pensez que c'était une erreur, voire une faute ?
Alors, il y a eu une abstention. Il y a eu six résolutions sur Navalny, ses conditions de détention, la condamnation qu'il fallait y apporter, etc. Nous avons voté pour cinq. Et une abstention, en effet, à un moment où il nous semblait y compris que dans cette résolution, il y avait d'autres termes qui allaient vers une escalade avec la Russie. Et nous avons refusé ce texte-là. Nous nous sommes juste abstenus. D'ailleurs, nous n'avons même pas voté contre, à vrai dire.
Non, non, vous êtes abstenus. Mais quels sont les termes qui vous choquaient dans cette résolution ?
C'était plus le moment. C'est-à-dire que nous pensions qu'il ne fallait pas envoyer de signal, y compris d'agressivité envers la Russie, à ce moment-là. Et Macron, à ce moment-là, était aussi sur une position qui consistait à être extrêmement prudent.
Non, mais en faisant à vos décisions.
Oui, oui, mais je vous réponds. C'était dans un contexte dans lequel tous les dirigeants politiques marchaient un peu sur des oeufs, étaient prudents. Et je dois dire une chose, c'est que nous sommes prudents. Parfois, nous sommes accusés de naïveté. Ce que nous ne voulons pas, c'est d'un conflit nucléaire mondial. Voilà, la Russie est une puissance nucléaire. Elle a 6 000 têtes nucléaires. La France en a 290. Nous ne voulons pas entrer en guerre contre la Russie. Donc, négocier la paix, ça se construit. C'est du travail, c'est autant de travail que d'entrer en guerre. Et donc, nous, nous essayons de faire des propositions pour aller dans ce sens.
Et je regrette honnêtement que, parfois, il y ait des discours un peu trop rapides qui consistent à dire de manière très simple que nous pourrions entrer en guerre. Ça veut dire encore des vies humaines sacrifiées. Ça veut dire une présence directe, alors que la France a vraiment un rôle à jouer pour arriver à la paix.
C'est le sujet malgré tout, l'un des sujets qui divisent à gauche. C'est l'un des sujets qui vous divisent profondément et dans la perspective des élections européennes. C'est l'un des sujets qui a fait exploser la NUPES avec le Proche-Orient. On va y venir dans un instant. Mais comment se fait-il que vous n'arriviez pas à vous accorder ? C'est vraiment la relation avec la Russie, la proximité avec la Russie qui vous distingue, par exemple, de la liste conduite par Raphaël Glucksmann et le discours que peut tenir le Parti Socialiste ?
Nous n'avons pas de proximité avec la Russie. Je vous l'ai dit, il y a un instant, nous avons accueilli des opposants au régime de Poutine. Nous avions même fait, pendant la présidentielle, un meeting dans lequel on avait accueilli, là aussi, en visio à l'époque, un opposant au régime de Poutine. Donc, ce n'est pas une histoire de proximité, c'est une histoire de façon de voir le monde. Une façon de voir le monde, c'est le non-alignement. Donc, ça veut dire que nous nous en tenons à nos principes, au droit international, et que nous n'avons pas de proximité avec plus un pays qu'avec un autre pays. Par contre, vous avez raison de dire tout à fait...
Et nous allons aller au standard, parce qu'il y a des questions sur le sujet.
Vous avez raison de dire tout à fait que, par rapport au discours, par exemple, qu'a tenu Raphaël Glucksmann, il y a un monde entre notre position et la sienne. La sienne est extrêmement proche, d'ailleurs, de celle que Macron a pu tenir cette semaine, au moment où il dit, il faut absolument rentrer en guerre, etc. Nous refusons ce type de discours.
Bonjour, Pascal. Oui, bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Vous aviez une intervention et une question à poser à notre invité Clémence Guettet.
Oui, je vais essayer de faire rapide de bonjour à tous. Donc, le programme de LFI s'appelle « L'avenir en commun ». Donc, je voudrais savoir ce que la gauche a aujourd'hui comme avenir et ce qu'elle a en commun et ce qu'elle a l'intention de faire, c'est qu'elle a l'intention de se réveiller pour battre le fascisme en Europe qui nous menace, malgré ce que peut penser LFI, apparemment. J'aurais juste rappelé à cet égard que les armées du pacte de Varsovie sont intervenues plus souvent en Europe pour tuer l'aspiration des peuples que les armées de l'OTAN.
Et donc, je voudrais savoir ce que la gauche a encore en commun aujourd'hui, quel avenir elle a et ce qu'elle compte faire donc à LFI et les autres pour battre le fascisme et battre l'extrême droite en France. Parce que dans les conditions actuelles du débat politique qui tourne en fait autour des ambitions politiciennes des uns et des autres, on ne fait plus de politique depuis des années. Donc, moi, je me sens totalement manipulé dans mon vote et je m'abstiendrai aux européennes sans aucune hésitation.
Merci Pascale pour votre intervention de nous avoir appelé. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Il y a beaucoup d'éléments dans la question posée par monsieur à l'instant. Le premier, d'abord, c'est que je pense au contraire que le 9 juin, les élections européennes, il y a un enjeu très important de lutte contre l'abstention. Nous, on mène une campagne de lutte contre la non-inscription, la mal-inscription. Mais je pense qu'au contraire, il faut qu'un maximum d'électeurs se déplacent le 9 juin. Ensuite, il y a des options qui sont sur la table très concrètement.
Nous, nous l'avons dit et répété pendant des mois, nous continuons à le dire, nous aurions voulu qu'il y ait une liste unique puisque nous étions dans le cadre de la formation NUPES ensemble aux dernières élections législatives. Jean-Luc Mélenchon avait dit que la NUPES était morte quand même. Ce qui nous avait permis d'être en tête au premier tour des élections législatives après les élections présidentielles où avec Jean-Luc Mélenchon on avait fait 22%. Donc, ce que dit Pascal, je l'entends, il se trouve que nous avons fait des propositions pendant des mois jusqu'à proposer la tête de liste à Marie Toussaint, ce sur quoi nous ne voulons pas céder et nous ne céderons pas.
Qui est tête de liste écologiste aux élections européennes.
Tout à fait, excusez-moi de ne pas l'avoir précisé en effet. C'est de ne pas vouloir céder sur la question du programme. Nous avons fait une négociation programmatique ardue qui a conduit à 650 mesures pour un programme partagé de la NUPES.
Mais quand vous vous divisez sur l'essentiel quand il est question de la vie et de la mort, Clémence Guettet, quand il est question de la guerre et de la paix, qu'est-ce qui peut vous unir ?
Ça, c'est M. Glucksmann. Il ne vous aura pas échappé qu'au Parti Socialiste, il y a 50 nuances de socialisme au sein même du parti avec des questions qui sont compliquées, y compris en interne. C'est la tête de liste, Raphaël Glucksmann, qui a une vision très particulière des choses sur ce conflit. Je suis assez persuadée.
Vous avez aussi des visions assez différentes selon les différentes personnalités.
Je pense qu'au contraire, ce qui nous unit à la France Insoumise, c'est justement la question du programme. Et que vous n'entendrez pas un orateur de la France Insoumise qui viendra sur ce plateau en disant qu'il n'est pas d'accord avec le programme ou avec tel point... L'avis en commun
dont vous étiez l'une des co-rédactrices justement pour la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.
Tout à fait. En revanche,
on peut recevoir des personnalités de la France Insoumise qui critiquent vertement Jean-Luc Mélenchon lui-même.
Et le programme, c'était de ça dont on était en train de parler. Je ne suis pas en train de vous parler de personnalité, je suis en train de vous parler d'un projet. Parce que ce que j'entends aussi dans la question, c'est le désespoir, c'est-à-dire ce qui nous fait peur à toutes et à tous, je pense, c'est la montée très forte de l'extrême droite, la probabilité, la possibilité en tout cas qu'ils accèdent au second tour, voire qu'ils l'emportent. Et donc, c'est contre ça qu'on se mobilise prioritairement. Mais pas à n'importe quel prix et pas n'importe comment.
Je refuse que nous rognions sur un programme de rupture qui a été une option qui a été tranchée par les électeurs de gauche à l'élection présidentielle et qui consiste à avoir un projet extrêmement ambitieux en matière de bifurcation écologique, en matière de rétablissement d'un minimum de principes d'égalité sociale, d'égalité fiscale, etc. Et c'est sur ça qu'on ne va pas rogner. Et ensuite, il faut qu'il y ait des discussions, c'est une certitude. Là, le fait que nous partions séparément pour les élections européennes est un mauvais signal. C'est pour ça que nous avons continué à tendre la main.
C'est pour ça que Manon Aubry, qui mène la liste, dans le cadre de l'Union Populaire, appelle toujours celles et ceux qui veulent à rejoindre ce programme, à rejoindre ce projet pour le défendre
pendant toutes les élections européennes. Sur la lutte contre l'abstention, vous en parliez, vous avez lancé une campagne jeudi pour le vote aux européennes en ciblant plusieurs personnes. En gros, le slogan, c'est « Quelqu'un vote et vous ! » « Les racistes votent et vous ! » « Vincent Bolloré vote et vous ! » Nathalie Saint-Cricq vote et vous, Nathalie Saint-Cricq, la journaliste de France Télévisions qui est aussi visée dans cette campagne. Delphine Arnotte a annoncé qu'elle portait plainte, elle dénonce une attaque politique qui met en cause des journalistes qui exercent librement leur métier. Il fallait vraiment aller jusque-là pour essayer d'aller chercher des votes ?
Alors, ce n'est pas aller chercher des votes, en l'occurrence, c'est aller chercher des gens qui sont mal inscrits, non inscrits. Je rappelle que c'est 20% du corps électoral. C'est absolument énorme. Vous ne regrettez pas de cibler des journalistes de cette façon ? Non, nous, ce que nous pensons, c'est que ce serait au service public ou que ce serait à M. Darmanin, d'ailleurs, Manuel Bompard, le coordinateur du mouvement, l'a interpellé directement, de remédier à cette situation. Il y a beaucoup de monde pour pleurer au lendemain des élections sur la rupture démocratique et le fait que les gens s'abstiennent et que c'est un malheur.
Mais par contre, en amont, pour faire en sorte que les gens puissent s'exprimer le 9 juin et s'inscrire sur les listes électorales avant le 3 mai, il n'y a personne à part nous. Il y a cette campagne et il y a un sous-entendu. Une campagne, une campagne qui est humoristique, une campagne. D'ailleurs, j'attends de voir ce que va donner cette histoire de plainte. Ça veut dire quoi
Nathalie Saint-Cricq vote ?
Ça veut dire elle vote mal donc allez voter mieux ? Mais je ne sais pas, c'est le secret de l'histoire. Est-ce que vous la prenez pour cible ? Je suis incapable de vous dire si Nathalie Saint-Cricq vote par exemple macroniste. Je ne le sais pas. C'est le secret de l'histoire. Où elle est fille. Exactement, après tout. Mais donc, c'est une campagne d'interpellation. Par ailleurs, ça n'est pas insultant de dire que les gens votent. Ça vise à mobiliser des gens qui se disent peut-être ma voix ne compte pas. Peut-être que bon, ça ne sert plus à rien, il n'y a aucune chance de l'emporter, etc. C'est de dire aux gens il faut que vous vérifiez votre situation électorale.
Il y a un site, c'est onvoteensoumis.fr et qu'ensuite, vous puissiez exprimer à égalité avec plein de gens, y compris des gens qui sont très connus, qui sont très influents dans l'opinion
et qui puissent... Ce n'est pas le sens de votre campagne. Si, c'est le sens de notre campagne. Pas de mauvaise foi, vous le savez très bien.
Ah si, c'est le sens de notre campagne. Après, si jamais... Et lorsque vous demandez...
Non, vous ne dites pas voter, vous dites voter la France insoumise. C'est-à-dire que vous appelez les citoyens à ne pas...
Non, il y a le symbole de la France insoumise sur la fiche. On leur demande de ne pas s'abstenir. Mais c'est une campagne de la France insoumise, c'est une évidence. Et si jamais ceux qui s'inscrivent peuvent venir voter pour nous ensuite, on en sera évidemment ravis. Par contre, c'est une campagne d'éducation civique. Et franchement, je regrette que l'État, avec les moyens qu'il a, ne puisse pas mettre enfin tous ses moyens pour faire des spots publicitaires, pour expliquer aux gens à quel point c'est important et qu'ils peuvent voter.
Bonjour Angelo. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Vous aviez une question à poser à Clémence Guettet.
Alors, j'ai une question à poser, une remarque à faire. Moi, j'ai souvent voté pour la France insoumise. Je m'apprête à le refaire avec une question quand même. Et pourquoi j'ai été questionnant ? Parce que ce que votre invité reproche à Macron de parler trop vite, etc., on pourrait aussi parler de M. Mélenchon qui dégaine plus vite que sa pensée. Et ça, je pense que ça fait un grand tort à la France insoumise. Parce que je connais plein de gens comme moi qui ont voté pour la France insoumise. Et à cause des déclarations intempestives et des comportements complètement étranges, je note ceux de l'Assemblée nationale.
Je veux dire, les déviances du gouvernement n'expliquent en rien les comportements débiles qu'on peut avoir pour nous tirer une balle dans le pied. À quoi pensez-vous, Angelo ? Je pense, par exemple, à l'Assemblée nationale. Et puis, j'ai regardé les débats et je me suis dit c'est pas possible, on est en train de se couler, là. On est en train de se massacrer. Et j'ai regardé des débats entiers. Donc, l'idée du hors-contexte, on ne peut pas la faire. J'ai regardé ce qui se passait. Quand la Première Ministre intervenait, on hurlait dessus, alors que Mathilde Panot pouvait s'exprimer avec un relatif respect de la part des gens.
Ce que je veux dire, fondamentalement, c'est que si je suis d'accord avec les idées, en gros, avec des désaccords, mais il y en a toujours des désaccords, si je suis d'accord avec les idées de ce mouvement, son comportement me pose beaucoup plus de questions, un peu comme si on pouvait faire l'économie du comportement parce qu'on a les bonnes idées. Et ça, on est plein à dire ben non, ça ne va plus. Merci pour votre intervention, Angelo. Je suis content d'entendre l'intervenante où j'entends un discours plus modéré et qui est respectueux des autres et ça fait du bien.
Justement, on va lui laisser l'occasion de vous répondre. Clémence Guettet, que dites-vous à Angelo ?
Il y a deux choses dans la question d'Angelo. D'abord, il y a le fonds et il dit qu'il est d'accord avec nos idées et que notre programme, nos propositions sont les bonnes et ça, j'ai envie de dire pour une formation politique, c'est déjà quand même un bon fondamental. Et après, il y a la question de la forme. La question de la forme, elle se résout, à mon sens, par la question du collectif.
C'est-à-dire qu'à la France Insoumise, il y a plein d'orateurs, il y a plein de gens extrêmement talentueux qui font de la politique dans la forme de manière très différente parce qu'ils n'ont pas fait les mêmes professions avant, parce que ce sont des femmes, des hommes qui n'ont pas exactement la même culture politique, la même histoire politique parce qu'ils sont dans des circonscriptions qui sont contrastées et donc je pense qu'on résout cette question de qui chacun peut préférer par le collectif et c'est ce qui nous donne de la force et je pense qu'on a tout intérêt au contraire à multiplier les talents, à multiplier les façons de s'exprimer pour plaire aux uns et aux autres.
Avant de terminer cet entretien, on voulait aborder avec vous le cas Gérard Miller, un soutien de la première heure de la France Insoumise, le psychanalyste qui est aujourd'hui mis en cause par plus de 60 femmes, c'est ce que révélait une enquête du magazine Envoyé spécial diffusé jeudi soir. Comment est-ce que vous avez reçu cette nouvelle ? Est-ce que comme Clémentine Autain, vous vous sentez trahi ?
Alors déjà, j'ai une pensée pour les 67 victimes présumées, je dis présumées parce qu'évidemment, il y a une enquête en cours. Vous aviez connaissance de ces faits ? Alors non, je n'avais aucune connaissance de ces faits. Je ne connais pas personnellement Gérard Miller, je l'ai comme plein de gens croisés dans des manifestations, etc. Il avait une réputation quand même. Alors moi, je n'ai jamais entendu parler de ces rumeurs parce que j'ai vu justement que ces rumeurs tournaient sans doute et peut-être dans le monde des médias puisque ces femmes décrivent en fait une sorte de mode opératoire répétitif. Bon, voilà. Et moi, je n'avais jamais entendu parler de ces rumeurs.
Je ne le connaissais pas personnellement. Je suis choquée et en même temps, c'est un système. Voilà, c'est un système de prédation. C'est le système patriarcal contre lequel on se bat de toutes nos forces. Et donc, dans tous les milieux, voilà, il y a ce genre de fait que nous condamnons et j'espère que...
Vous vous sentez trahi ?
J'espère que le fait que la parole se libère va nous permettre collectivement de mieux appréhender ça, de mieux accompagner les victimes, de leur permettre de porter plainte et d'avoir réparation en justice parce que c'est toute la chaîne.
Est-ce que vous vous sentez trahi ?
Non, je ne me sens pas trahi personnellement.
C'est le mot qu'employé
Thémane Cibata ? Dans tous les milieux, dans votre rédaction, dans les partis politiques, dans les entreprises, dans tout ça, on a à faire en sorte d'accueillir la parole des victimes. Il y en a partout. Voilà, c'est systémique. Et donc, c'est contre ça qu'on doit lutter.
Merci Clémence Guettet. Vous parlez du programme de la France Insoumise pour les élections européennes. Où est-ce qu'on peut le trouver ? Il n'est pas sur le site ?
Ah, ça c'est à venir. Alors, il y a une convention le 16 mars. C'est notre lancement de campagne. Ne soyez pas trop impatient. Et là, on vous montrera des éléments programmatiques. Les gens trouveront tout en ligne sur le site de la France Insoumise.
Merci en tout cas d'avoir répondu à nos questions. Merci et bonne journée.
Clémence Guetté