Guerre en Ukraine, CETA et guerre à Gaza...Que faut-il retenir de l'interview de Valérie Hayer
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France Info.
Et bienvenue dans Demain l'Europe, l'émission spéciale de France Info consacrée aux élections européennes. Bonjour Valérie. Bonjour. Tête de l'histoire naissance aux européennes. Pendant une heure, vous allez être soumise à nos questions d'actualité avec Jérôme Chapuis.
Et puis deux de nos confrères européens vont prendre le relais. Bonjour Jurgen Ilrup. Vous êtes journaliste au quotidien danois, le Yolen Posten, pour nous interroger sur les questions migratoires notamment. Et bonjour Stéphano Montefiori. Bonjour. Du Corriere della Serra, journal italien, donc, sur les questions économiques. Et puis Renaud Daly nous rejoindra à la fin de l'émission pour faire préciser certains points.
Mais d'abord Valérie, il faut le dire, les Français apprennent à vous connaître à l'occasion de ces élections. On s'est donc dit qu'il serait judicieux de faire votre portrait. C'est donc Julie-Marie Lecomte, chef du service politique de France Info, qui s'en charge.
Valérie, ayez et non ayez ou ailleurs. Même dans votre camp, le jour de votre désignation, il n'y en avait pas d'eux pour prononcer votre nom de la même façon. Signe du déficit de notoriété. Persifle vos détracteurs qui, en général, ajoutent dans la foulée qu'Emmanuel Macron vous a confié les rênes faux de mieux. C'est une petite musique qui vous exaspère. Vous qui dirigez désormais le groupe Renew Europe à Strasbourg. Vous qui êtes connu comme le loup blanc au Parlement vente vos soutiens. Vous qui avez failli, et pas qu'une fois, entrer au gouvernement. Espérons que ce n'est pas parce que je suis une femme et une jeune femme.
Lanciez-vous lors du lancement de votre campagne à Lille, il y a deux semaines. Jeune, vous l'êtes relativement. Vous aurez 38 ans le 6 avril. Diplômé en droit public, vous avez d'abord milité à l'UDI. Un profil centre-droit qui est conjugué. Un petit air un peu bourgeois peut séduire du côté de l'électorat LR. Imagine-t-on dans les coulisses du pouvoir. Quand vous choisissez Emmanuel Macron en 2017, votre CV est rare chez les marcheurs. Puisque vous êtes déjà conseillère municipale, conseillère départementale chez vous en Mayenne. Vous vous revendiquez petite fille, fille et sœur d'agriculteurs. Une ministre qui vous aime bien pense d'ailleurs que vous avez tort.
Quel besoin de se revendiquer fille d'eux, sœur d'eux, avec votre parcours et votre expérience. Mais vous clamez que les agriculteurs, justement, font partie de ceux qui ont besoin d'Europe. C'est le slogan de votre campagne pour convaincre. Vous comptez d'abord sur votre bilan. L'adage dit pourtant que ce n'est pas comme ça qu'on gagne une élection. Renaissance promet. Des surprises sur votre liste définitive. Et des propositions qui feront couler de l'encre. Mais pour l'instant, on attend. Objectif, en tout cas, faire aussi bien que Nathalie Loiseau qui menait la liste en 2019. Un peu plus de 22% des voix. Un petit point derrière le Rassemblement national.
Alors Valérie, on ne va pas vous demander si vous vous retrouvez dans ce portrait de Julie-Marie Lecomte. Mais sur ce score, sur ces sondages, l'écart approche parfois les 10 points. Si on regarde les enquêtes d'opinion, ça veut dire qu'en 5 ans, Emmanuel Macron, et vous notamment, auriez permis la progression du Rassemblement national.
Écoutez, les sondages, c'est une photo à un instant P. Ça ne dit rien du résultat de l'élection. On commence la campagne, tout juste. Et on va se mobiliser partout sur le terrain. Y compris avec vous ce matin sur les médias. Pour retourner devant les Français. Et leur expliquer effectivement quel est notre bilan. On ne gagne pas sur un bilan, c'est vrai. Mais il faut expliquer la réalité de ce qu'on a fait au Parlement européen. De ce que les oppositions ont fait ou n'ont pas fait au service des Français. Et puis, on aura des propositions qui susciteront le débat aussi dans cette campagne. Donc moi, je suis confiante et déterminée pour le résultat du scrutin de 9 juin.
Valérie, l'actualité, c'est cette journée de deuil national hier en Russie. L'attentat de Moscou, vendredi soir, a fait des centaines de victimes dans une salle de conserve. Vladimir Poutine n'évoque à aucun moment la revendication de l'État islamique. Il affirme que les quatre suspects arrêtés se dirigeaient vers l'Ukraine. Où une fenêtre avait été préparée pour qu'ils franchissent la frontière. C'est ce qu'il dit. Kiev, bouc émissaire, que peut faire l'Union européenne pour contrer ce narratif ?
Continuer à soutenir l'Ukraine. Évidemment, comme on le fait depuis le début de ce déclenchement de cette guerre. Évidemment, je voudrais dire ma solidarité à l'endroit du peuple russe. Face à cette attaque terroriste effroyable, je pense qu'il est important de continuer à dissocier le peuple russe de la politique de Vladimir Poutine. Et on voit bien que Vladimir Poutine cherche à instrumentaliser cet attentat terroriste pour redoubler ses attaques contre l'Ukraine. Donc, être lucide sur la réalité de la situation politique, sur le fait que Vladimir Poutine cherche à instrumentaliser la situation et continuer d'être en soutien, bien sûr, à nos amis ukrainiens.
Instrumentalisation, y compris avec les images qu'on a vues cette nuit, avec des soupçons de torture. Comment vous réagissez quand vous voyez ce type d'image ?
C'est le reflet, là encore, de la brutalité du régime, du régime de Vladimir Poutine. Donc, évidemment, il faut être très prudent sur le narratif de Vladimir Poutine. Et je le redis, plein soutien à nos amis ukrainiens.
Alors, l'Ukraine, justement, manque de munitions. Le groupe franco-allemand KNDS, qui fabrique notamment des chars, va produire des équipements militaires et des munitions sur le sol ukrainien. Ça a été annoncé vendredi par les ministres de la Défense des deux pays. Produire des chars franco-allemands sur le sol ukrainien, est-ce que ce n'est pas devenir co-belligérant ?
C'est être le plus efficacement possible aux côtés de nos amis ukrainiens, pour pouvoir produire directement sur le territoire ukrainien et répondre aux demandes de Volodymyr Zelensky. Là encore, soutien plein et entier à nos amis ukrainiens, ne pas se fixer nous-mêmes des lignes rouges.
Mais à quel moment le soutien devient co-belligérant ? Ce qui fixe le seuil, on envoie des assistants, on envoie des militaires pour porter assistance aux soldats ukrainiens. On va fabriquer des chars sur place sur le sol ukrainien. À quel moment on bascule dans la co-belligérance ?
Personne ne veut d'affrontements avec la Russie. On soutient jusqu'au bout et dans la mesure du possible nos amis ukrainiens. Ça veut dire peut-être envoyer des formateurs, ça veut dire produire directement sur le sol ukrainien, chercher les voies les plus efficaces possibles pour aider nos amis ukrainiens et s'assurer qu'ils puissent gagner cette guerre le plus tôt possible.
Des voies efficaces, est-ce que ça passe par l'utilisation d'une partie des avoirs russes gelés pour financer l'armement de l'Ukraine ? Est-ce que c'est légal ? On a rappelé que vous étiez juriste.
Il faut l'utiliser. On parle là des intérêts des avoirs, ces 3 milliards d'euros. À la fois c'est beaucoup et c'est peu, mais c'est absolument nécessaire d'avancer dans cette direction.
Mais la question c'est, est-ce que c'est légal ? Est-ce que ce n'est pas une entrave au droit de la propriété ?
Il y a des interrogations juridiques qui se posent. Nous, nous pensons qu'on doit y aller. Et évidemment, on est toujours dans le respect du droit international. Il y a des questions qui se posent. Allons-y. Et puis, écoutez, si à la fin on nous dit que ça n'est pas légal, mais que ça nous permet d'aider nos amis ukrainiens, moi je suis toujours dans le respect du droit. Mais sur cette situation très particulière, évidemment, regardons juridiquement ce qui est possible de faire, mais il faut prendre des décisions politiques aussi pour aider au maximum nos amis ukrainiens. Et sanctionner, sanctionner.
On est au 13ème train de sanctions vis-à-vis du régime de Vladimir Poutine et de ses proches. On voit qu'il y a des tentatives de contournement, puisque nos sanctions elles sont efficaces, mais elles sont contournées aussi. Donc il faut qu'on aille chercher au plus près comment on sanctionne efficacement ce régime et comment on aide nos amis ukrainiens.
On sanctionne et après on voit après si c'est légal.
Ça ne pose pas problème ? Écoutez, on a une option sur la table. Il faut qu'on accélère sur les modalités de financement. On a ces avoirs qui sont gelés. On ne prend pas l'intégralité de ces avoirs, on prend les intérêts de ces avoirs. Il y a un sujet juridique sur les avoirs en tant que tels. C'est vrai. Donc on a cherché les intérêts des avoirs.
Il aurait fallu déclarer la guerre officiellement à la Russie.
On ne le fait pas pour des raisons juridiques, pour rester bien dans le droit. Et sur les intérêts des avoirs, on y va.
Toujours en rapport avec la guerre et la volonté d'assécher les revenus du Kremlin, l'Europe se prépare à imposer des droits de douane sur les importations de céréales en provenance de Russie, de Biélorussie. Les consommateurs européens souffriront si c'est le cas. C'est ce que dit le porte-parole du Kremlin. Est-ce qu'il faut se préparer à avoir les mêmes conséquences que sur le gaz, sur les prix de l'énergie, c'est-à-dire une nouvelle inflation record sur les produits agricoles ?
Depuis le début de la guerre en Ukraine, on a vu l'impact sur l'inflation, sur nos prix de l'énergie, sur l'inflation alimentaire de cette guerre déclenchée par Vladimir Poutine sur nos prix en Europe. On a mis en place les moyens pour limiter l'inflation au maximum. Je pense à l'achat commun sur les prix du gaz, au plafonnement des prix du gaz. On voit aujourd'hui que l'inflation, même si elle est toujours trop élevée, elle se tasse. Simplement, il faut prendre les mesures nécessaires pour aider nos amis ukrainiens, pour sanctionner le régime de Vladimir Poutine et prendre un peu de recul sur la situation à laquelle on serait confronté en cas de victoire de Vladimir Poutine en Ukraine.
Demain, si Vladimir Poutine gagne en Ukraine, il détiendrait 80% des stocks de blé. Je vous laisse imaginer l'impact en termes d'inflation sur nos tarifs alimentaires.
Pardon, peut-être que moi-même, je l'ai découvert avec cette nouvelle annonce, mais les denrées agricoles venant de la Russie étaient exemptées de droits de douane. Ça fait plus de deux ans que la guerre a commencé. Comment c'est possible, ça ?
Parce qu'il fallait qu'on puisse s'assurer de pouvoir acheminer aussi le blé de la meilleure des manières. Maintenant, on a pris cette décision-là. Je pense qu'en fait, il y avait un double sujet sur les céréales ukrainiennes qui sont arrivées en partie sur notre marché et qui m'ont un peu déstabilisé. Et donc, on a mis en place des mesures au niveau européen, au-delà d'un certain seuil, pour pouvoir s'assurer que notre marché n'est pas déstabilisé. Et puis, nous, au Parlement européen, on appelait depuis un moment à mettre en place cette...
Sauf que vous entendez ce que disent les négociants qui jugent que les expéditions russes et biélorusses, en fait, vers l'Union européenne, en fait, elles sont très très faibles et que les taxés, en fait, ça ne va pas... ce sera symbolique, juste. Mais en parlant d'Ukraine, en parlant des exportations ukrainiennes, l'exemption de droits de douane va être prolongée, ça vous l'avez dit, avec un plafonnement des denrées sur les œufs, volailles, sucre, avoine. Mais ça ne comprend pas le blé ni l'orge, qui pourtant pose problème à nos agriculteurs en France. En l'État, vous, vous votez pour ? Le vrai sujet, sur la question des céréales, au-delà des postures,
c'est de s'assurer que ces céréales puissent être acheminées là où elles doivent être allées. Là où elles doivent aller, pardonnez-moi. C'est-à-dire en Afrique, au Moyen-Orient. Donc, ce qu'il faut, c'est surtout mettre en place des conditions de stockage de ces céréales pour qu'elles ne viennent pas déstabiliser notre marché et qu'on s'assure de libérer la voie via la mer noire. C'est ça, la vraie solution efficace. Donc, on apporte, mais pas pour nous. Exactement. D'ailleurs, les marchés du blé ukrainien, ce n'est pas pour l'Europe. Non, ce n'est pas que pour l'Europe.
Valérie, juste avant le fil d'info, dernière question d'actualité, l'accord de libre-échange avec le Canada a largement été rejeté jeudi dernier par les sénateurs. Qu'est-ce que ça change ? Qu'est-ce qui va se passer ?
On va voir ce qui va se passer à l'Assemblée nationale. Je voudrais surtout dire que, évidemment, ça arrive dans un moment dont on parle aujourd'hui, c'est-à-dire dans un contexte d'élections européennes. C'est de la démagogie pure. Cet accord, il est bon pour nos agriculteurs. Depuis qu'il a été mis en place, on a triplé les excédents commerciaux pour nos filières agricoles et agroalimentaires françaises.
Question de principe, parce qu'on a rappelé que vous étiez juriste, diplômée en droit public, vous êtes parlementaire européenne, sur le principe, le fait qu'un accord entre en vigueur, soit en vigueur depuis 7 ans, sans avoir été soumis au Parlement national, en l'occurrence au Sénat, vous en pensez quoi ?
Alors, il y a les procédures internes, institutionnelles qu'on connaît. Le Sénat aurait pu se saisir, plutôt, de cette situation. Le gouvernement aurait pu se saisir le Sénat, plutôt. Il décide de le faire aujourd'hui, pour des raisons politiques et politiciennes qu'on mesure absolument aujourd'hui dans la crise agricole.
Mais pourquoi le gouvernement et Emmanuel Macron, depuis 7 ans, ne l'ont-ils pas fait ?
Cet accord, il est bon, je le redis. Les groupes politiques dans chacun des parlements, à la fois le Sénat et l'Assemblée nationale, pouvaient s'en saisir. Ils ont décidé de le faire maintenant, à la veille des élections européennes, et au moment de la crise agricole.
Est-ce que la situation, Valérie, c'est que les sénateurs ont rejeté ce texte ? Est-ce que vous ne craignez pas d'alimenter ce populisme-là qui monte dans tous les pays européens ? Comme en 2005, les Français prennent une décision, et eux l'ont votée en 2005, mais là, c'est la question des représentants qui votent contre ce texte européen. Et nous, au niveau européen, on dit, non, en fait, ça ne compte pas.
En fait, vous le dites, je le dis, c'est de la démagogie pure. Cet accord, il est bon pour nos agriculteurs français. Par ailleurs, nous, au Parlement européen, et d'ailleurs en Europe, on a une position claire. Il y a des bons accords et il y a des mauvais accords. Des mauvais accords, on s'y oppose. C'est typiquement l'accord avec l'Amérique du Sud, l'accord Mercosur. Il y a des bons accords. L'accord CETA était et reste un bon accord pour nos filières. Il est favorable pour le lait, pour le fromage, le fameux bœuf sur lequel on craignait beaucoup. Aujourd'hui, la réalité de la consommation du bœuf canadien en France, c'est 0,0034% de la consommation française.
Donc tout ça, c'est autant d'opportunités possibles pour nos filières agricoles et agroalimentaires d'exporter. On a l'accord avec le Chine, qui est aussi un bon accord. Donc moi, je vois que les oppositions sont dans des postures parce qu'élections européennes et parce que crise agricole. Moi, j'accepte et j'assume de dire la vérité. On a besoin de commercer, mais pas à n'importe quelle condition. Il y a des bons accords, il faut les saluer. Au Parlement européen et en Europe, nous, on dit qu'on veut changer les règles du commerce international pour aller vers du juste commerce. Et évidemment, des postures comme celle-ci nous fragilisent dans les négociations au niveau européen.
Qu'est-ce que vous pensez que nos partenaires européens vont dire ? Ah oui, c'est français, c'est affreux, protectionnistes. Nous, on dit qu'on a besoin de commerce, mais on veut changer les règles du jeu commercial. C'est ça qui fait la force de notre majorité au Parlement européen.
Demain l'Europe, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Demain l'Europe continue avec Valérie, tête de liste Renaissance aux Européennes. Et Jorga Nulrup, journaliste danois du YouLands Poston, a lui aussi quelques questions à vous poser.
Bonjour Madame Ayé. Bonjour. Dans mon pays, le Danemark, en fait, les socialistes ou les sociodémocrates et les partis du centre comme le vôtre ont pratiquement réussi à anéantir l'extrême droite en doublant par la droite, en fait. Et avec ces résultats, le résultat que le Danemark a aujourd'hui une des politiques d'immigration les plus strictes en Europe. Est-ce que cette stratégie pourrait servir comme un modèle pour vous aussi ?
Effectivement, alors, votre modèle suscite beaucoup d'interrogations, de curiosités. On a beaucoup de nos responsables politiques qui sont allés voir ce qui se passe au Danemark et qui est intéressant avec les résultats que vous énoncez. Moi, je pense que ce modèle, il n'est pas exportable pour nous, Français, parce qu'en termes de population, le Danemark, c'est un peu moins de la moitié de la population de l'île de France. On n'a évidemment pas la même histoire coloniale, évidemment, une frontière terrestre pour vous avec l'Allemagne, ce qui n'est pas notre cas. Et puis, une façade maritime qui est très éloignée des voies de migration.
Donc, ces éléments-là, cette configuration-là fait que ce n'est pas un modèle qui, à mon sens, est exportable en France. Et puis, j'ai aussi, je vous le dis, un problème de valeur personnellement, puisqu'il me semble que le Danemark considère que la Syrie est un pays sûr et renvoie les réfugiés en Syrie. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la Syrie est un pays sûr. Et de manière générale, pardonnez-moi, je pense que sur le défi migratoire, il nous faut une réponse européenne. Évidemment, il y a des dispositifs qui sont mis en place au niveau national, mais la vraie bonne échelle, c'est la réponse européenne.
Mais la loi immigration votée en France, c'était un peu le but de cette loi, non ? De faire baisser le rassainement national. Et ça n'a pas l'air de marcher, en fait.
De manière générale, moi, je considère qu'on a un défi migratoire auquel il faut répondre. Que depuis la dernière grosse crise migratoire de 2015-2016, on n'a pas su bien gérer les flux migratoires. On a laissé les pays d'entrée tout seuls, se débrouiller. Et oui, on le voit, l'extrême droite, de manière générale, fait son beurre des questions migratoires. Et je crois même qu'ils ne veulent pas résoudre véritablement le défi migratoire parce que c'est du carburant électoral pour eux.
qu'il faut qu'on puisse apporter des solutions concrètes, tangibles, aux défis migratoires, simplement parce que c'est un défi qui est planétaire, auquel on apportera des réponses en européen, et évidemment aussi pour lutter contre la montée des extrêmes droites qui fait son beurre de ça. Je voudrais quand même dire, le Brexit, c'était le take-back control. Les enjeux migratoires étaient au cœur, parmi d'autres choses, mais au cœur de la campagne du Brexit. Ils ont promis qu'ils allaient gérer les flux migratoires. Ça n'a pas marché.
Georgia Meloni, quand elle fait campagne, avant d'arriver en responsabilité, dit ne vous inquiétez pas, avec moi, plus de flux migratoires, on va mettre en place un blocus naval. Moralité, aujourd'hui, elle appelle à une solution européenne. Et alors justement, la solution européenne,
Jorgen ?
Oui, en fait, le pacte asile et immigration européen, toujours en discussion au niveau européen. Il ne nous reste plus qu'un vote. Un mécanisme, en fait, de solidarité de repartir des réfugiés, en fait, ou de payer une amende, une contribution de 20 000 euros. Est-ce que vous pensez que ces règles doivent être valables pour tous les 27 ? Et peu importe le pays concerné, sa taille, ses ressources. Et vous, les Français, est-ce que vous devez accueillir plus de personnes ?
D'abord, je voudrais peut-être rappeler ce que c'est que le pacte asile et migration. On va le voter au Parlement européen le 11 avril. Pendant des années, on n'a pas su se mettre d'accord sur ces textes-là qui sont importants pour répondre aux défis migratoires. Nous, on est arrivé au Parlement européen en 2019, on s'est retroussé les manches et enfin, on a un paquet de textes qui apportent des solutions concrètes aux défis migratoires. Il y a un bloc de solutions, c'est-à-dire mieux renforcer nos frontières extérieures de l'Union européenne, mettre en place des centres à l'extérieur des frontières de l'Union européenne pour accueillir les migrants.
Dès que les migrants arrivent, on les enregistre, c'est-à-dire qu'on sait qui ils sont et où ils se déplaceront en Europe si toutefois ils peuvent accéder à l'asile. Dans un délai très court, on décide si oui ou non, ils ont vocation à rester sur le territoire européen. Si oui, ils sont accueillis dans les meilleures conditions. S'ils n'ont pas vocation à rester sur le territoire européen, alors on les renvoie. Par ailleurs, on a une politique aussi qui est importante qui sera de lutter contre les réseaux de passeurs. C'est toute cette approche globale qu'il faut prendre en considération. Mais sur la question d'ailleurs,
sur le mécanisme de solidarité.
Pourquoi il a important ce mécanisme de solidarité ? Je l'ai dit en 2015-2016 et encore aujourd'hui, on laisse les pays d'entrée tout seuls. C'est-à-dire l'Espagne, la Grèce, l'Italie qui subissent les flux migratoires. Demain, avec le pacte asile-migration, non semblant, on aura une meilleure gestion aux frontières de l'Union européenne avec ces centres qui feront le travail nécessaire d'examen des demandes et sous un délai qui soit le plus rapide. Et puis, dans le cas où on a des flux qui sont massifs, il faut pouvoir aider ces pays d'entrée. Ça veut dire, et notamment la France par ailleurs, qui peut aussi être un pays d'entrée, et ça veut dire que c'est la solidarité européenne
qui doit jouer. Mais chacun doit prendre sa part, peu importe ce que disait Jürgen, sa taille, ses ressources, peu importe la population, le Danemark va devoir prendre sa part aussi. Vous l'avez dit, il y a différentes modalités qui sont possibles,
l'accueil ou la contribution, mais je crois que c'est important d'assurer cette solidarité en soutien aux pays d'entrée et notamment, par ailleurs, à l'Afrique.
Mais vous parlez de ces centres-là, c'est-à-dire que vous êtes d'accord avec cette idée, par exemple, d'envoyer des demandeurs d'asile à Rwanda ou dans un autre pays tiers ?
Non, je pense que c'est... Alors, moi j'entends des propositions qui viennent notamment au Parlement européen ou en France de la droite et de l'extrême droite. Je sais que chez vous, il y a eu une tentative de créer un partenariat entre guillemets, de contre-actualiser avec le Rwanda et ça a échoué. Je pense que c'est une idée qui est très mauvaise. Je dis à mes partenaires au Parlement européen, nous sommes en train de négocier un texte qui va permettre d'apporter des résolutions concrètes. Ça veut dire que la droite qui a négocié ce texte, ces textes, considèrent déjà qu'il ne sera pas efficace.
Non, moi je pense qu'on a négocié un bon texte, qu'il faut le défendre, qu'il faut le mettre en œuvre. Je tiens à dire un dernier point. Je serai la seule parmi tous les candidats à l'élection présidentielle à voter ce texte. Parce qu'à droite, à l'extrême droite, évidemment, il ne veut pas de solution aux députés migraines. Pardonnez-moi. Non, non, non. L'élection au Parlement européen me convient très bien. Je serai la seule parmi les candidats... Ce n'est pas un lapsus révélateur de l'ambition. Non, non, absolument pas. Je suis très heureuse en Europe. Je serai la seule parmi les candidats à l'élection au Parlement européen à soutenir ce texte. L'extrême droite ne veut pas de solution.
La droite, on se pose des questions parce que le groupe de la droite modérée de François-Xavier Bellamy a contribué à négocier ce texte. Donc, je ne comprends pas. Soit ils considèrent que la négociation n'est pas bonne. Et à gauche, on est encore dans des postures et ils ne soutiendront pas le texte. Donc, moi, j'assume, c'est un bon texte. Il faut le mettre en œuvre. Et pour une fois, enfin, on a une solution. On s'est retroussé les manches et on pourra apporter des solutions concrètes aux défis migratoires.
Juste parce que vous l'avez évoqué, vous avez évoqué les pays d'entrée. Parmi eux figurent effectivement l'Italie. On a un journaliste italien, Stefano Montefiori, qui avait une question à vous poser là-dessus.
Oui, mais pensez-vous que ce texte pourra vraiment réussir à améliorer la collaboration entre France et Italie ? Parce que, sous le sujet de l'immigration, dernièrement, avec les différents gouvernements italiens, on a eu énormément de problèmes avec la France. Il y a eu des crises, des crispations. Pensez-vous qu'il y aura une possibilité d'améliorer la collaboration où le sujet reste au cœur des difficultés entre nos deux pays ?
Je l'espère. On aura des règles qui seront formalisées pour une meilleure coopération entre tous les pays, y compris entre l'Italie et la France. Moi, je veux quand même dire, j'ai observé Giorgia Meloni et je l'ai vu évoluer dans son rapport à l'Europe et sur ses questions. Maintenant, elle appelle à une solution européenne. Il y a deux ans ou un an et demi, on se souvient tous de l'Ochelle Véking qu'elle ne voulait pas accueillir sur les côtes italiennes. En parallèle, elle avait accueilli d'autres bateaux. Donc, c'était la communication qu'avait faite Giorgia Meloni sur les enjeux migratoires.
Là encore, on revient, c'est l'essence même de l'extrême droite qui fait son beurre électoral des questions relevant du défi migratoire. Donc oui, il faut sortir des postures et ça vaut aussi pour le gouvernement de Giorgia Meloni et ce pacte nous permettra véritablement de savoir où on va et d'avoir les process qui permettent une solidarité entre tous les États.
Valérie Ayé, on a une dernière question de la part de notre collègue Jorgen Ulrup sur la question
avec la guerre à Gaza et aussi dernièrement l'attentat à Moscou, la menace du terrorisme revient au centre de l'attention. Je viens du quotidien danois qui en 2005 a publié les caricatures du prophète Mahomet et donc nous en savions très bien que la liberté d'expression est fragile et quelquefois explosive. Donc, ma question est quel rôle peut jouer le Parlement européen pour protéger une presse libre contre les menaces, les campagnes de désinformation et aussi de propagande qu'on voit de plus en plus ?
Oui, vous avez été connu, vous avez subi, votre pays a subi des attaques évidemment innommables contre la liberté de la presse. On l'a connu aussi en France avec Charlie Hebdo et pour lutter, il faut qu'on soit tous organisés et on le fait d'ailleurs pour lutter contre le terrorisme.
Le Parlement européen a finalisé des négociations sur un texte en soutien au monde des journalistes avec ce qu'on appelle le Media Freedom Act, l'acte pour la liberté des médias qui garantit l'indépendance des journalistes, l'indépendance éditoriale des journalistes qui met en place les conditions pour qu'il n'y ait pas de pression sur les journalistes et puis il y a aussi évidemment un gros enjeu de lutte contre la désinformation et de permettre aux journalistes d'exercer leur métier de la meilleure des manières. Donc, tout ce qu'on peut mettre en place au niveau européen pour lutter ou sanctionner les gouvernements qui porteraient atteinte aux droits des journalistes.
En Hongrie, par exemple, on a vu que la liberté de la presse était mise à mal. On l'a vu en Pologne avec le gouvernement du PIS avant que la droite et le centre pro-européen n'arrivent en responsabilité. On le voit en ce moment avec FITSO en Slovaquie. Donc, ce qu'on fait nous en complément, c'est de dire, c'est ce qu'on a voté en 2020, c'est ce qu'on appelle dans notre jargon mécanisme et de conditionnalité. C'est un principe très simple. On ne donne pas d'argent européen aux gouvernants qui ne respectent pas nos valeurs fondamentales et dedans, il y a évidemment la liberté de la presse.
Valérie Ayet, la tête de liste Renaissance et l'invité de Demain l'Europe.
Toujours avec Valérie Ayet, tête de liste Renaissance aux européennes et je passe tout de suite la parole à notre confrère italien Stefano Montefiori du Corriere della Serra qui a des questions à vous poser sur le volet économique.
Oui, la réforme du pacte de stabilité approuvée en janvier marque le retour aux paramètres de Maastricht voulu essentiellement pour l'Allemagne, par exemple les fameux 3% qu'il faut respecter. Or, en 2023, la France et l'Italie ont été les seules économies de la zone euro à avoir un déficit supérieur à 100% et leur situation va s'agraver en 2024 et peut-être en 2025. Est-ce que cette réalité économique ne devrait pas pousser la France à privilégier plus la relation avec les pays du sud de l'Europe au lieu du couple franco-allemand, du moteur franco-allemand qui parfois semble un peu être essoufflé ?
Alors, les critères dont vous parlez, le 3% de déficit et 60% d'endettement, ils datent de 1997. Ils ont été peu ou pas ou mal respectés depuis qu'ils sont en oeuvre et ils ont été suspendus à l'occasion de la crise sanitaire pour permettre aux Etats et notamment à la France de faire le quoi qu'il en coûte mais ça a été le cas pour d'autres Etats.
Mais justement ils ont été reconfigmés.
Oui, ils ont été suspendus jusqu'à ce qu'on arrive à la négociation sur laquelle on vient de finaliser. On les a, moi j'ai soutenu, je vais soutenir cette réforme, on les a maintenus pour ne pas rentrer dans une nouvelle bataille. Ce qu'on a fait, ce qui est fondamental, c'est qu'on a des ajustements qui sont majeurs et on a changé la philosophie des règles qui sont prises en compte. Maintenant, on n'aura plus de règles ou de demandes de baisses qui sont numériques et qui s'appliquent à tous les Etats de la même manière. On va entrer dans une discussion entre le niveau européen et le niveau national.
Chaque Etat fera sa proposition de baisse de l'endettement et de baisse du déficit qui s'appuiera vraiment sur la situation nationale. On n'est plus dans quelque chose qui serait arbitraire fixé de manière intangible et de la même manière pour tous les Etats, mais on est vraiment sur une discussion pour permettre à l'Etat. Je pense que c'est ça l'économie du texte qu'on a négocié et qui est fondamentale, c'est-à-dire réduire l'endettement. C'est absolument nécessaire pour permettre à chacun des Etats d'avoir des finances publiques qui soient saines, mais en même temps permettre l'investissement.
Il y a des collaborations possibles sur ces sujets justement avec des Etats qui sont dans la même situation économique et financière de la France, par exemple l'Italie. Est-ce qu'il y a un équilibre à trouver, des géométries à trouver en Europe avec ce genre de pays, les pays du Sud et l'Italie ?
Est-ce que les pays endettés doivent s'unir pour combattre l'Allemagne qui se portent bien un peu mieux que nous ?
Moi, je ne suis pas favorable. Évidemment, on a des affinités politiques et sur certains sujets, notamment quand on parle des sujets économiques et budgétaires, on sait qu'on est plus proche des positions de l'Italie que des positions du Danemark si on va parler endettement, si on va parler financement du budget de l'Union européenne. Je crois que la négociation qu'on a faite et qu'on a finalisée, elle est équilibrée. Elle permet de limiter l'endettement, de demander à chaque Etat de réduire son endettement pour retrouver les capacités de respiration pour faire face à la prochaine crise et investir. C'est ça qui est fondamental dans la période qu'on vit.
Il faut qu'on permette aux Etats d'investir dans la défense, d'investir dans la transition environnementale, d'investir dans le digital.
Et par exemple, justement, la transition écologique, vous pensez que ça serait à garder ou ça devient à nouveau une sorte de luxe qu'on ne peut pas se permettre dans cette situation ?
C'est absolument pas un luxe. Au contraire, c'est fondamental qu'on puisse accélérer l'investissement dans la transition environnementale. Et d'autres que nous le font déjà. Si on regarde Outre-Atlantique, les Etats-Unis, ils ont mis un plan à 369 milliards d'euros pour soutenir leurs industries vertes. 369 milliards d'euros, c'était le plan initial. Ils ont explosé leurs projections. Ils sont à plus de 1 000 milliards d'euros. Ce qui fait qu'ils soutiennent leurs industries américaines et qu'ils attirent même nos industries européennes chez eux. Donc, c'est fondamental pour sortir de nos dépendances et pour être indépendants et assurer le tournant de la transition environnementale.
Il faut mettre de l'argent sur la table en Europe pour garder nos entreprises. Ça veut dire de l'argent privé, évidemment, mais aussi de l'argent public. Et je pense qu'il faut qu'on puisse avancer en européen sur cette solution-là.
Sur ce point, d'ailleurs, est-ce qu'on n'est pas complètement naïfs par rapport aux Américains quand on entend les montants que vous rappeliez, 1 000 milliards de dollars ?
Oui, totalement. On l'est. Et il faut qu'on fasse un buy European Act. Il faut qu'on soutienne notre industrie européenne. Et il faut qu'on mette de l'argent sur la table là-dessus. Ils ne nous ont pas attendus. Les Chinois ne nous ont pas attendus. On arrive dans une situation où on a des panneaux photovoltaïques ou des voitures chinoises qui énondent notre marché et qui mettent à mal nos entreprises. Donc oui, il faut qu'on investisse en européen. Les lignes sont en train de bouger. Il y a des fonds qui sont mis en place au niveau national. Il faut qu'on puisse accélérer au niveau européen. C'est en européen qu'on sera les plus efficaces.
Justement, pour trouver de l'argent qui semble la nécessité plus grande à ce moment, la France a même recours à l'intelligence artificielle afin de traquer les freudeurs pour le fisc. Mais d'un côté des entreprises, il existe des disparités fiscales énormes en Europe. Il y a des pays comme l'Iglande ou le Luxembourg, les Pays-Bas, d'un côté, de l'autre côté, les autres pays, essentiellement. D'ailleurs, ce n'est pas par hasard que le groupe franco-italien et américain c'est l'antise à poser son siège aux Pays-Bas, à Off-Dorp et non pas à Paris ou Rome ou à Detroit.
Pensez-vous qu'il faudrait faire quelque chose pour favoriser l'harmonisation fiscale en Europe et pour lutter contre ce qui, parfois, semble des paradis fiscaux à l'intérieur même de l'Europe ?
Alors, on touche à l'un des points les plus sensibles de la politique européenne, c'est la politique fiscale et budgétaire qui fait l'objet de décision à l'unanimité et qui laisse autant d'opportunités à un État, quelle que soit sa taille, quelle que soit son importance d'opposer un veto. Les lignes bougent. Les lignes bougent particulièrement depuis la crise Covid puisqu'on a engagé ce plan de relance à 750 milliards d'euros pour aider nos économies et la contrepartie de ce plan de relance c'était d'avancer sur ce qu'on appelle les ressources propres. C'est la manière dont on finance le budget européen.
Et dedans, il y a un engagement qui a été pris pour harmoniser l'impôt sur les sociétés et pour récupérer une partie qui puisse aller au budget européen. Alors là, on a bougé à l'échelle internationale sur l'harmonisation de l'impôt sur les sociétés. Oui, un impôt mondial minimum. Exactement. On a avancé sur l'imposition des 100 plus grands multinationales dont les géants du numérique qui sont aujourd'hui en Irlande notamment, dont les sièges sont en Irlande. Et on a avancé sur un impôt minimum sur les sociétés partout dans le monde et en l'occurrence en Europe. Ce sera mis en oeuvre à l'échelle de 2026. Ce sera mis en oeuvre à l'échelle de 2026.
Mais justement, cet impôt minimum, il va permettre de lutter contre ces différences de taxation qui, effectivement, sont un bénéfice pour les États dont on parle, le Luxembourg, l'Irlande, et qui mettent à mal l'harmonisation et l'équilibre des finances publiques aussi au niveau européen. Et ça permettra aussi d'assurer une juste taxation des entreprises, notamment des géants du numérique qui, clairement, sont sous-imposées partout dans le monde et en l'occurrence en Europe.
On dit à l'Union européenne « Il faut faire ça, il faut faire ça, il faut faire ça ». Mais nous, la France, est-ce qu'on peut être crédible avec des finances publiques aussi détériorées ?
Alors, la situation des finances publiques françaises, et par ailleurs, on parlait d'Italie juste avant, elle est le fruit à la fois d'un endettement historique, dans le temps, je veux dire, elle est le fruit d'un endettement ou de financements qui ont été mis sur la table pour aider les Français avec le bouclier tarifaire, le quoi qu'il en coûte. Donc, je pense que c'était important dans la crise sanitaire au lendemain de la crise sanitaire d'aider les Français qui ont été soutenus, notamment avec la guerre en Ukraine et le bouclier tarifiaire qui ont été soutenus bien plus que n'importe quel autre peuple en Europe.
Et puis, il faut qu'on crée les conditions pour pouvoir mettre de l'argent sur la table, pour investir ensemble.
Mais justement, votre discours, il détonne par rapport au discours de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie.
C'est pas incompatible. Il faut faire des économies. Mais c'est pas incompatible. Il faut faire des économies là où elles peuvent être à aller chercher sur les dépenses de fonctionnement. Mais il faut se garder des marges.
notamment dit Bruno Le Maire.
Il faut se garder des marges de manœuvre pour investir, pour notre défense, pour la transition environnementale, pour ramener des entreprises. Mais la question sous-jacente... Les entreprises,
c'est des emplois derrière. La question sous-jacente, Valérie Ayé, c'est au niveau européen, vu l'état des finances publiques françaises, est-ce qu'il faut que la France soit sanctionnée parce que justement, très mauvais élève. Alors effectivement, il y a des... On ne va pas encore finaliser
les négociations. On va aller voter. Et puis, on verra comment le pacte est mis en œuvre. Simplement, sur les enjeux d'endettement, moi je crois que il faut qu'on ait une politique européenne qui soit puissante pour assurer notre réindustrialisation, pour sortir de nos dépendances. Et ça doit passer soit par un endettement, soit par l'investissement de la Banque européenne d'investissement, soit en accélérant pour faire payer ceux qui ne paient pas leur juste part d'impôt aujourd'hui. J'entends parfois dire la France veut toujours s'endetter, s'endetter au niveau européen. J'entends surtout qu'on a des partenaires, notamment la première ministre estonienne, Kaya Kalas.
L'Estonie n'étant pas connue comme étant l'un des pays les plus pro-budget européen et endettement qui demandent maintenant à ce qu'on s'endette en commun pour financer notre défense européenne et pour aider nos Ukrainiens et pour se protéger. Donc voilà, les lignes bougent. Quand on parlait en 2020 du fameux plan de relance, tout le monde, il y a eu une première réaction après la proposition d'Emmanuel Macron qui a été une réaction de rejet, y compris par l'Allemagne. Aujourd'hui, avec le recul, on sait que ça a été une proposition décisive qui a emporté le soutien de l'ensemble des États membres. Comme je le redis, ce sont des décisions qui se prennent à l'unanimité.
On est sur des thématiques très très très sensibles.
Stéfano Montefiore. Oui, sur un plan plus politique au niveau des alliances qui pourraient se créer au Parlement européen après les votes du 9 juin, pour l'ensemble, Fratelli d'Italia qui est le parti de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni est le pilier à Strasbourg du groupe de conservateurs et réformistes qui d'ailleurs vient d'accueillir en son sein le député reconquête Nicolas Bey. Et pourtant, Meloni, après le 9 juin, pourrait soutenir, on dit, un deuxième mandat de Ursula von der Leyen. Elle s'affiche souvent avec elle dans ses voyages contre l'immigration en Égypte, par exemple.
Et d'ailleurs, c'est la conviction de Marine Le Pen qui, samedi, s'est adressée aux électeurs italiens en disant que très probablement, Meloni aurait soutenir Ursula von der Leyen et donc il fallait voter pour son rival à l'intérieur du gouvernement Salvini. La question est, les députés européens, par exemple, les députés de Réunion pourraient collaborer sur des dossiers précis avec les députés conservateurs et réformistes de Georgia Meloni, par exemple, pour soutenir un nouveau mandat de Ursula von der Leyen.
Je vous le dis, moi, je suis présidente du groupe central au Parlement européen et je ne me mettrai pas à la table des négociations en juin, au lendemain des élections avec le groupe de Georgia Meloni qui est un groupe d'extrême droite dans lequel siègent effectivement les députés fratellis d'Italia, dans lequel siège, vous l'avez dit, siège aujourd'hui et siègera demain si toutefois ils ont des élus le groupe de reconquête. Elle conteste d'être d'extrême droite. Elle conteste d'extrême droite.
Moi, je considère qu'elle est d'extrême droite quand je vois sa politique sociale, quand je vois qu'il y a des problèmes de filiation pour les enfants qui ne sont pas nés, qui sont nés de familles homoparentales. Sur les valeurs, notamment, on a un vrai sujet de vraie divergence. La politique de Georgia Meloni est une politique d'extrême droite. Mais qu'on comprenne bien. Demain, c'est Victor Orban, probablement.
Si Georgia Meloni soutient Ursula von der Leyen, ça veut dire que vous ne soutenez pas Ursula von der Leyen ?
Moi, je ne vous dis pas qui je soutiendrai en juin. D'abord, on s'engage sur des élections européennes. Notre objectif, c'est de faire le meilleur score possible. Il n'y a pas de chèque en blanc à Ursula von der Leyen. Je ne sais pas si elle sera la candidate à la présidence de la Commission européenne. On en rediscutera. Et par ailleurs, moi, je vous dis qu'au Parlement européen, je suis en responsabilité en tant que présidente de groupe. Je négocierai pour les postes à responsabilité avec les groupes qui sont des vrais Européens, des Européens de conviction et qui voudront continuer à poursuivre et à renforcer le projet européen.
Ce qui n'est pas le cas du groupe de Georgia Meloni qui est un groupe dans lequel siège des délégations d'extrême droite.
Toujours avec Valérie Ayet tête de liste renaissance aux Européennes. L'autre guerre qui inquiète les Européens, Valérie Ayet, a lieu au Proche-Orient. Emmanuel Macron a marqué à nouveau sa ferme opposition à une offensive israélienne sur Rafa. Hier, au téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, il a rappelé que le transfert forcé de population constituait un crime de guerre. Vu les mots fermes du président français, est-ce que vous considérez que le ton de l'Union Européenne envers Israël est à la hauteur ?
D'abord, il faut rappeler que l'Union Européenne a toujours été très claire sur la condamnation des attaques du 7 octobre qui sont évidemment terribles et innommables, sur le droit d'Israël à se défendre, sur la nécessité de libérer de façon inconditionnelle les otages. Et aussi sur le fait que le respect du droit humanitaire doit être assuré dans la bande de Gaza.
La situation humanitaire est terrible aujourd'hui à Gaza et donc oui, il faut être ferme, beaucoup plus ferme avec Benyarimi Netanyahou pour qu'ils comprennent que le respect du droit humanitaire doit être garanti, que l'acheminement des vivres doit être garanti et que ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est indéfendable et inqualifiable.
Mais il y a des leviers européens pour cela. Il y a des aides européennes notamment, il y a des échanges entre l'Union européenne et Israël. Est-ce qu'il faut actionner ces leviers ?
Il y a des sanctions sur les colons qui ont été actionnés. En Cisjordanie, les colons extrémistes, pas tous. Exactement, ce qui est une première démarche. Il y a des discours qui sont très fermes qui sont dirigés à l'endroit de Benyarimi Netanyahou. Moi, j'entends certaines propositions qui voudraient remettre en cause des accords qu'on a avec Israël. C'est ce que dit Raphaël Glucksmann. On parle de la politique de Benyarimi Netanyahou. On ne parle pas de sanctionner le peuple israélien et c'est ce à quoi mènerait ce type de proposition.
Mais la réflexion, cette logique-là, c'est la même pour la Russie. On sanctionne la Russie. Du coup, on sanctionne aussi les Russes.
Les accords dont on parle, c'est par exemple empêcher les jeunes israéliens de bénéficier d'Erasmus, par exemple. Là, on est dans une situation politique où il faut avoir un message de fermeté vis-à-vis du gouvernement israélien.
Quand Jean-Luc Mélenchon dit à Gaza, c'est une politique méthodique de génocide qui est en cours, vous ne dites pas la même chose ?
Je dis qu'il faut demander, exiger de Benyamin Netanahou de permettre l'aide alimentaire. Aujourd'hui, ce qui se passe à Gaza est inadmissible, innommable, inqualifiable. Et d'ailleurs, je crois qu'il faudra une enquête internationale pour condamner ce qui est condamnable, évidemment.
La France, les Européens, envoient toujours des armes aux israéliens et des composants militaires. Est-ce qu'il faut arrêter ?
Là encore, soutien et permettre aux israéliens de se défendre et puis un discours de vérité vis-à-vis de Benyamin Netanahou.
Pardon, je n'ai pas compris. Est-ce qu'on arrête ou on n'arrête pas ?
Il faut trouver les voies et moyens de pouvoir discuter et engager une discussion ferme avec Benyamin Netanahou.
Mais ça passe par éventuellement l'arrêt de l'envoi d'armes aux israéliens ?
Il faut en discuter tous ensemble en européen. Là où je vous donne un point entre guillemets, c'est qu'on manque d'une voie diplomatique européenne unie sur ces questions-là. Quand Ursula von Netanahou
a été au début du conflit, elle a été très critiquée parce que justement, sa position d'ailleurs, vous l'aviez compris.
C'était une erreur de sa part, je le crois. Il faut qu'on puisse avoir une voie unique et forte et ferme vis-à-vis de la situation au Proche-Orient. Ça nous renforcera et c'est important, je crois, dans la prochaine mandature qu'on puisse clarifier des positions en la matière.
Valérie Ayet, sachez que Renaud Delis a suivi cet entretien avec attention en coulisses. Il nous a rejoint en plateau parce qu'il a quelques mots à vous dire.
Absolument. Bonjour Valérie Ayet. Je vous ai écouté effectivement avec beaucoup d'attention et beaucoup d'intérêt. Bien sûr, je voudrais revenir sur deux ou trois points que vous avez abordés dans l'entretien il y a quelques minutes. D'abord, je voulais revenir sur le CETA, cet accord de libre-échange signé avec le Canada, rejeté par le Sénat la semaine dernière. Le texte doit venir puisque le groupe communiste veut inscrire dans sa niche parlementaire à l'Assemblée nationale à la fin du mois de mai, donc juste avant les élections européennes.
Pour être bien clair, vous avez dit tout le bien que vous pensez, vous, de cet accord du CETA, vous avez dénoncé ce que vous appelez des postures politiciennes qui donc enterrent cet accord, mais si jamais le texte est rejeté à l'Assemblée nationale, juste avant les européennes, ça signifie très clairement que le CETA est mort et enterré, qu'il ne s'appliquera plus.
On aura une discussion et ce sera la décision du gouvernement de voir quelles sont les prochaines étapes, mais clairement, je le redis, c'est une posture de la part de l'extrême-gauche et de la droite française, ce serait dévastateur pour nos agriculteurs français et pour le signal qui serait envoyé à nos partenaires européens.
Et justement, en termes de signal, y compris de signal politique et démocratique, ce ne serait pas dévastateur qu'un texte rejeté par les deux assemblées, le Sénat et donc éventuellement l'Assemblée nationale fin mai, finalement, continuent de s'appliquer comme vous le laissez entendre.
Simplement, on a des process effectivement institutionnels sur ces questions-là. Moi, je suis convaincue que cet accord, il est bon pour nos agriculteurs. Oui, mais si les parlementaires des deux assemblées
sont convaincus du contraire.
Ce sera la décision du gouvernement de voir quelle position sera prise par ailleurs.
Quel que soit le vote de l'Assemblée nationale, le CETA pourrait donc finalement continuer de s'appliquer.
Il pourrait.
Très bien. Justement, pour rester sur la question de la crise agricole qui a concerné la France pas seulement d'ailleurs, y compris au niveau européen aussi ces dernières semaines, Gabriel Attal reçoit aujourd'hui à nouveau la FNSEA. On se souvient que lors de sa visite un petit peu bouleuse au salon d'agriculture, Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait finalement être favorable, ce qui n'était pas sa position initiale, à des prix planchers pour garantir les revenus des agriculteurs. Très concrètement, comment on fait pour mettre en œuvre des prix planchers pour les agriculteurs français dans le cadre de la PAC et de la concurrence d'un certain nombre de productions européennes ?
Ça, ce sera à voir, à discuter avec chacune des filières pour voir quels sont les prix les plus... qui permettent de répondre aux préoccupations et aux problématiques de chacune des filières. Et puis ça sera évidemment en lien avec les négociations qu'on portera sur la politique agricole commune. Ce qu'on porte à l'échelle européenne, il y a les prix planchers, les lois égalimes qu'on a discutées à l'échelle française. On a eu l'égalime 1, 2, 3 à l'échelle européenne. On a un ajustement de la politique agricole commune sur certains éléments pour répondre aux demandes des agriculteurs. Mais il n'y a pas de prix planchers à l'échelle européenne. On est bien d'accord.
Il pourrait y en avoir en France sans qu'il y en ait dans l'ensemble de l'Union européenne.
Ça, on discutera. En tout cas, ce qu'on veut porter, c'est un égalime européen parce que la loi égalime en France, les lois égalimes, même si elles nécessitent d'être améliorées parce qu'il y a des contournements, on doit aussi les porter à l'échelle européenne justement pour limiter ces contournements et être plus efficaces en soutien au monde agricole.
Mais il pourrait y avoir un effet négatif de ces prix planchers s'ils s'appliquaient uniquement en France. C'est-à-dire que la compétitivité de l'agriculture française d'un certain nombre de filières pourrait souffrir au regard de nos partenaires européens.
Je pense que ça dépend vraiment de la manière dont ces prix sont construits et élaborés. Donc, ce sera l'importance de discuter avec chacune des filières.
Alors, je vais revenir sur un autre sujet que vous avez abordé dans l'entretien et qui est évidemment un enjeu important de ces élections européennes. C'est la question migratoire. Vous avez parlé du pacte d'asile et migration et vous avez indiqué que vous serez la seule candidate aux élections européennes à finalement approuver ce pacte au regard de la position de vos principaux concurrents. Et vous avez notamment approuvé aussi le mécanisme européen de solidarité. Donc, la répartition obligatoire sous peine d'amende d'un certain nombre de migrants dans les États.
Est-ce que ça signifie qu'à vos yeux, la France doit et devra à l'issue de l'adoption de ce pacte, s'il est validé, accueillir davantage de migrants ?
Alors, ce mécanisme de solidarité, il est important pour permettre aux pays, comme je l'ai dit, de première entrée de pouvoir bénéficier de la solidarité des autres. On parlerait à la fin de quelques milliers de personnes qu'il faudrait accueillir, peut-être en France, mais évidemment ailleurs en Europe, on l'a évoqué. Donc, c'est un principe de solidarité dont la France pourra éventuellement aussi bénéficier demain en cas d'arrivée sur nos terres.
Ça signifie qu'à l'issue de l'adoption de ce pacte, la France a vocation à accueillir davantage de migrants justement au nom de la solidarité avec ses partenaires, notamment avec l'Italie, par exemple.
Ça dépendra de est-ce qu'on a ou pas des afflux de migrants, quelles sont les conditions en tout état de cause. Je le redis, ce sera quelques milliers de personnes si ça se produit et l'importance et le prix de la solidarité européenne.
Ce sera quelques milliers de personnes, vous n'en savez rien parce que vous dites que ça dépend de l'afflux de migrants et de la question migratoire justement.
Il y a des chiffres qui sont envisagés et qui seront plafonnés.
A titre personnel, vous trouvez aujourd'hui, par exemple, au regard de la situation en Italie ou de l'accueil qui a été celui décidé par l'Allemagne il y a quelques années, que la France est à la hauteur, qu'elle fait son devoir en accueillant suffisamment de migrants aujourd'hui au regard de cette crise migratoire à l'échelle européenne ?
La question, ce n'est pas est-ce qu'on accueille suffisamment ou pas suffisamment, c'est comment on crée les conditions d'un bon accueil. Ce pacte asile-immigration, il permettra de s'assurer que ceux qui ont vocation à rester sur le territoire européen puissent être accueillis dans les meilleures conditions et de s'assurer que ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire européen soient renvoyés.
Donc vous n'avez pas d'opinion personnelle pour juger si la France fait son devoir ou pas à vos yeux en la matière sur ce sujet ?
La France fait son devoir en accueillant de la meilleure manière les personnes qui ont vocation à rester sur le territoire français.
Et un tout dernier thème que vous avez abordé aussi lors de cet entretien à l'instant, c'est la question évidemment des finances publiques et la situation ô combien inquiétante des finances publiques françaises. On devrait connaître d'ailleurs le chiffre du déficit sur 2023 demain. L'INSEE doit dévoiler le chiffre demain et on redoute un dérapage assez important au regard de l'objectif qui avait été annoncé qui était au départ de 4,8%. On devrait être bien au-delà de 5%.
Vous avez expliqué que cette situation des finances publiques était à la fois, je vous cite, la question d'un endettement historique quasiment qui était aussi lié à l'effort qui avait été fourni au moment de la crise Covid et pour sortir de la crise Covid, un effort hors norme du gouvernement français, vous l'avez applaudi, mais est-ce que ce n'est pas aussi le résultat de 7 ans de présence d'Emmanuel Macron à l'Elysée et de Bruno Le Maire à Bercy ?
Écoutez, la France n'a pas eu un budget à l'équilibre depuis 1974. 1974.
Et la France n'a jamais eu un déficit public et un endettement, surtout un endettement aussi fort de toute son histoire.
On a protégé les Français, donc je le redis, il y a le stock d'endettement et puis il y a les mesures politiques qui ont été prises pour soutenir et protéger les Français au maximum dans les crises qu'on a traversées.
Et qui ont aggravé la situation des finances publiques françaises. C'est la raison pour laquelle
il faut entrer dans une nouvelle séquence avec une baisse de l'endettement tout en maintenant l'investissement. c'est fondamental.
Merci Valérie. Merci à vous. Renaud Delis, Valérie est tête de liste Renaissance aux Européennes. Merci également à Yorgen Ulrup, Stéphano Montefiori, Julie Marie Lecomte pour cette émission. Le prochain numéro de Demain l'Europe, Salia.
Eh bien c'est vendredi avec Raphaël Glucksmann, tête de liste PS Place Publique. D'ici là, l'information continue sur France Info.
Valérie Hayer