Nicolas Poincaré : Le bras de fer Trump vs Twitter - 28/05
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurFait
« Une ligne pour écrire, obtenez les faits sur cette affaire. »
- 0:54PrésentateurFait
« Donald Trump déteste ce présentateur vedette parce qu'il a été très critique sur sa gestion du coronavirus. »
- 1:03PrésentateurFait
« Il y a 20 ans, Joe Scarborough, avant de devenir journaliste, était un élu local républicain en Floride. »
- 1:15PrésentateurFait
« L'autopsie a conclu que c'était une crise cardiaque et l'enquête a vite été refermée. »
- 1:23PrésentateurFait
« Il laisse entendre que le journaliste avait peut-être une liaison avec son assistante. »
- 1:34PrésentateurFait
« Il écrit, est-il un meurtrier qui s'en est bien sorti ? »
- 1:44PrésentateurFait
« Il écrit, Joe le psycho est nerveux parce que ses audiences ne sont pas bonnes. »
- 2:34PrésentateurFait
« « C'est une théorie complotiste que relaie le président des Etats-Unis. »
- 2:39PrésentateurFait
« Ma femme est morte d'une crise cardiaque, tout le monde le sait. »
- 2:48PrésentateurFait
« Il viole vos propres règles. »
- 2:50PrésentateurFait
« Si ce n'était pas Donald Trump, écrit le veuf, vous auriez déjà fermé son compte. »
- 3:20PrésentateurFait
« Trump n'est pas seulement le président des Etats-Unis. »
- 3:25PrésentateurFait
« C'est aussi un des plus gros comptes de Twitter. »
- 3:27PrésentateurChiffre
« Il a 80 millions d'abonnés. »
Temps de parole
- Présentateur81 %
- Locuteur non identifié19 %
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Vous écoutez RMC, expliquez-nous. Nicolas, incroyable bras de fer qui oppose Donald Trump à Twitter. Le président américain menace de fermer le réseau social, accusé d'avoir commis un crime de lèse-majesté.
Oui, ce crime c'est une petite ligne écrite en bleu et en gras par Twitter, en dessous de deux messages de Donald Trump. Une ligne pour écrire, obtenez les faits sur cette affaire. Et si l'on clique dessus, on est renvoyé sur un site qui affirme que les propos de Donald Trump sont faux. Bref, Twitter accuse Donald Trump de mentir et Donald Trump ne l'a pas supporté.
Il ne l'a pas supporté, tout a commencé à cause de la haine du président américain pour un présentateur de télévision.
Voilà, c'est une vieille et incroyable histoire. Ce présentateur, il s'appelle Joe Scarborough, il présente la matinale de la chaîne MSBC. C'est une chaîne d'info qu'on peut un peu comparer à BFM. Donald Trump déteste ce présentateur vedette parce qu'il a été très critique sur sa gestion du coronavirus. Alors, le président américain a ressorti une vieille histoire. Il y a 20 ans, Joe Scarborough, avant de devenir journaliste, était un élu local républicain en Floride. Il avait une jeune assistante de 28 ans qui s'appelait Lori Klasutis et qui un jour a été retrouvée morte à son bureau. L'autopsie a conclu que c'était une crise cardiaque et l'enquête a vite été refermée.
Mais 20 ans plus tard, Trump essaye maintenant de semer le doute. Il laisse entendre que le journaliste avait peut-être une liaison avec son assistante. C'est fou. Qu'elle était peut-être enceinte, que peut-être elle ne voulait pas avorter et que peut-être, eh bien, il l'a tuée. Et dans ses tweets, le président américain le surnomme Joe le psycho. Il écrit, est-il un meurtrier qui s'en est bien sorti ? Certains le pensent. Ou alors, il écrit...
Quel sous-entendu terrible.
Il écrit, Joe le psycho est nerveux parce que ses audiences ne sont pas bonnes. Vous savez que pour Trump, l'audience télé, c'est toujours très important. C'est essentiel. Joe le psycho est nerveux parce que ses audiences ne sont pas bonnes et parce que, surtout, il a peur qu'une vieille histoire, en anglais, cold case, qu'une vieille histoire ressorte. Et le fils du président américain, Donald Trump Jr., lui, en rajoute avec des tweets encore plus accusateurs, avec des accusations encore plus directes. Alors, le journaliste accusé de meurtre a naturellement protesté.
Oui, d'abord à l'antenne de sa propre matinale télé et avec sa co-présentatrice, qui est aussi sa compagne et qui est aussi la fille d'un homme politique très célèbre aux Etats-Unis. Alors, ensemble, ils se sont adressés au fondateur et au patron de Twitter, Jack Dorsey, pour lui demander d'effacer ses tweets diffamatoires. Mais le milliardaire n'a pas répondu. Et puis ensuite, c'est le veuf de la jeune assistante qui est intervenu. Il a aujourd'hui 58 ans et il a, lui aussi, écrit au patron de Twitter en lui disant « C'est une théorie complotiste que relaie le président des Etats-Unis. Ma femme est morte d'une crise cardiaque, tout le monde le sait. Elle avait un problème au cœur.
S'il vous plaît, effacez ses messages. Il viole vos propres règles. Si ce n'était pas Donald Trump, écrit le veuf, vous auriez déjà fermé son compte. Et Twitter a répondu qu'il était profondément désolé. Mais Twitter n'a rien fait. Oui, mais Twitter est très embêté par cette histoire. Oui, parce que le veuf de l'assistante a raison. Twitter a une politique de lutte contre la désinformation et de lutte contre les messages haineux et accuser une personnalité de meurtre sans le début d'une preuve. Eh bien, c'est contraire à cette politique et ça devrait entraîner le blocage du compte. Beaucoup ont été bloqués pour beaucoup moins que ça.
Seulement, voilà, Trump n'est pas seulement le président des Etats-Unis. C'est aussi un des plus gros comptes de Twitter. Il a 80 millions d'abonnés. Il est dans le top 5, comme on dit en anglais, derrière Obama, Rihanna et Justin Bieber. Et Cristiano Ronaldo. Voilà, mais enfin, il est vraiment un très très gros compte. Et donc, si Twitter commençait à le censurer, à effacer certains de ses messages, ou à fermer ou à bloquer son compte, eh bien, il y a un gros risque que Trump appelle au boycott. Et puis, lui-même, s'en aille s'exprimer sur un autre réseau social. D'où la demi-mesure qui a été prise.
Simplement, eh bien, alerter ses abonnés sur le caractère possiblement mensonger de deux messages du président. Pas les messages diffamatoires contre le président Têteur Télé, mais des messages sur une autre affaire, une polémique à propos du vote par correspondance aux Etats-Unis. C'était donc une demi-mesure, mais pour Trump, c'était déjà trop. Donc, hier, il a menacé les réseaux sociaux en général, mais c'est bien Twitter qui était visé. Il a menacé d'une forte régulation, ou bien, tout simplement, d'une fermeture.
Et puis, dans la soirée, en guise de provocation, il a encore envoyé un nouveau message très accusateur contre le présentateur Télé, qui est supposé avoir tué son assistante, pour bien montrer que, malgré la polémique, il persiste et il signe. On en est là. Et ça donne une idée de la violence de la campagne qui s'annonce avec Trump et puis avec des médias américains qui, de plus en plus, prennent position contre Trump au risque de le renforcer. Je vous signale que cette histoire, on peut la suivre naturellement en direct sur Twitter. Ça passionne forcément. Elle est incroyable.
On peut la lire notamment en français, très bien racontée par un compte Twitter qui est tenu par le journaliste français Guillaume Oda.
Eh bien, voilà. Mais c'est passionnant. Vous nous avez passionné. C'est formidable. Cette histoire est formidable. Bien, merci. C'est heure cinquante au sept. Merci, Nicolas. Sous-titrage Société Radio-Canada