Benjamin Lucas est l'invité de La politique s'éclaire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
dit bonjour. Bienvenue à vous député écologiste et sociale des Yvelines, porte-parole du groupe à l'Assemblée nationale. Alors, le volet recette du budget de la sécurité sociale a été adopté.
On l'a vu, mais sans les voix des écologistes. Vous avez voté contre. Est-ce que vous avez manqué de responsabilité pour doter la France d'un budget ?
Au contraire, notre responsabilité constitutionnelle, c'est de voter entre notre âme et conscience. La question qui nous était posée, c'est est-ce que nous étions d'accord avec cette partie recette du budget ? En clarté, en cohérence, nous avons estimé que les moyens prévus par cette partie recette n'étaient pas suffisants pour couvrir les besoins des Français, les besoins de l'hôpital public, que nos soignants seraient encore plus dans la difficulté demain qu'hier, que les Français seraient moins protégés, seraient moins accompagnés dans la difficulté notamment pour les classes moyennes et les classes populaires.
Et donc nous avons parce que c'est la clarté, la cohérence et notre responsabilité justement voter contre cette partie recette. Et pourtant, vous avez voté pour la suspension euh de la réforme des retraites. Euh vous étiez favorable à la hausse de la CSG.
Euh il y a eu quand même des gestes qui ont été faits de du côté du gouvernement. Est-ce que vous euh vous refusez le compromis finalement ? Non, mais le compromis, nous l'avons proposé.
Pardon, quand on propose sur le débat budgétaire, la taxe dumane, c'est un compromis parce que elle ne suffit pas. Elle toute seule à réparer 10 ans de cadeaux aux ultra riches, aux grandes entreprises. Sur la question des retraites, ce décalage, c'est pas une suspension, c'est un décalage temporaire et provisoire.
C'est sans doute mieux que rien mais c'est réellement qu'elle s'appliquera après la présidentielle. Tout sera remis en jeu après 2027 janvier 2028. Donc vous savez très bien que cette réforme elle est décalée.
Moi j'ai eu beaucoup dans mes permanences de gens qui venaient quand ils ont entendu le mot suspension pensaient qu' pensant qu'ils allaient être concernés et qu'ils ne le sont pas. Ce que je dis simplement c'est concerne quand même un paquet de nous l'avons oui quatre générations. Euh donc je vous l'ai dit, c'est mieux que rien mais c'est presque rien.
Ça veut dire que vous ne pensez pas que vous arriverez aux responsabilités en 2027 pour pouvoir la si si nous abrogerons, pas de panique là-dessus mais euh mais il y a une majorité pour abroger la réforme des retraites. Si les macronistes ont perdu successivement les élections, si on est dans cette situation de tension démocratique, c'est à cause de la réforme des retraites. Donc c'est le minimum syndical, si je puis dire ce décalage.
Donc nous l'avons évidemment soutenu dans le cadre d'un d'un repli comme ça se fait dans tous les débats parlementaires, pardon pour la pour la technique, mais il ne suffit pas à compenser ce que ce budget va coûter en souffrance sociale, en souffrance hospitalière pour les Françaises et les Français. Mais il y a eu pas mal de compromis. Je j'insiste aussi quelque chose que vous demandiez.
Par exemple, la suppression du doublement des franchises médicales. Le Premier ministre a aussi fait un geste là-dessus. Je je crois que vous êtes une observatrice beaucoup trop attentive de la vie parlementaire pour tomber dans ce panneau-là.
Si j'arrive sur votre plateau et je dis "Attention, je vais vous couper le bras" et que finalement je vous coupe juste le petit doigt euh c'est pas une victoire pour vous. Vous avez quand même un petit doigt en moins. Bon, c'est ce qui s'est passé.
Le gouvernement est arrivé avec un musée des orreurs atroces en disant "Attention, attention, vous allez voir ce que vous allez voir, on va tout fracasser." Et à la fin, il renonce à des choses qui de toute façon, je le précise pour ceux qui nous regardent, auraient été batttu dans le cadre du débat parlementaire, dans le cadre du vote. Il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée nationale pour voter cette proposition du gouvernement.
Donc de toute façon, elle n'aurait pas été dans la copie finale et dans le budget final. Donc c'est un leur, c'est une manipulation aujourd'hui de l'opinion publique pour faire croire qu'il y a des avancées, qu'il y a des victoires, là où en fait un non recul ce n'est pas une avancée. H dans votre groupe Delphine Bateau a à voter pour c'est quoi à cause de ses ambitions présidentielles ?
Non, c'est sa liberté. Moi, je fais pas de J'ai vu ça aussi sur Édouard Philippe et cetera. Moi, je ne fais pas de de sous-entendu.
Chacun vote en son âme et conscience. Il y a pas de mandat impératif. Chaque parlementaire répond à ses électeurs, répond à sa conscience personnelle.
Il y a pas de discipline de groupe. Ça n'existe pas dans la Constitution. Delphine Bateau, elle a sa liberté.
Elle l'exerce comme elle l'entend. Moi ça m'est arrivé par exemple euh moi j'ai voté contre euh le volet recette du projet de loi de finance en première lecture quand mon groupe s'abstenait. Nous avons tous voté contre infiné.
Je m'en réjouis. Mais voilà, chacun est libre et c'est c'est ainsi et c'est heureux. Vous dites pareil pour vos alliés socialistes.
Eux ont voté pour ce volet recette. Est-ce que ce sont devenus des traîtres pour vous ? Non, j'ai un désaccord, il est pas mineur, j'ai un désaccord avec eux qui va poser un certain nombre de de soucis dans ce que nous essayons de construire ensemble.
Enfin, je respecte on essaie par exemple de construire en ce moment une primaire, en tout cas un cadre de de délibération démocratique. Bon, les socialistes sont de fait par les choix budgétaires qu'ils font, mais aussi par leur volonté d'exclure la France insoumise d'un périmètre de rassemblement de la gauche et aussi par le division interne parfois la primaire que vous avez prévu à l'automne 2026. Ça crée une difficulté.
Non, moi je suis moi le débat il est pas simplement primaire pas primaire. La la responsabilité qui est celle des dirigeants politiques actuels, c'est est-ce que nous serons la génération qui laissera l'extrême droite l'emporter ? C'est un débat qui est existentiel pour la démocratie et pour la République.
Et donc, on doit tout faire, absolument tout pour refaire ce que nous avons su faire au moment du nouveau Front populaire. Mais évidemment, ça crée une difficulté quand sur un choix budgétaire, on n'est pas d'accord, ça crée un débat. Et je souhaite d'ailleurs, c'est pour ça que je souhaite un cadre démocratique et qu'on consulte le peuple de gauche, qu'on le tranche dans un vote.
Mais en l'occurrence, voilà, je je crois que ce choix qu'ils font, je ne le partage pas, je le combat même à bien des égards, mais enfin ils le font avec leur raison et j'ai pas de raison particulière de les qualifier de participer ensemble à une primaire de la gauche. Moi, je souhaite qu'un rassemblement de toute la gauche et qu'on puisse mais ce sont les insoumis qui ne veulent pas cette primaire. Mais aujourd'hui, personne n'en veut.
Une partie du parti socialiste n'en veut pas. Si nous n'avançons pas sur cette primaire aujourd'hui, c'est parce qu'une partie du Parti socialiste ne permet pas à sa direction de s'engager sur une date et sur les modalités d'un processus. C'est parce qu'une partie du Parti socialiste refuse le rassemblement de toute la gauche et des écologistes.
Euh c'est parce que aussi certaines et certains veulent jouer leur petites carte personnelles. Donc le débat il est large. Malheureusement si s'il y avait qu'un obstacle à cette à ce rassemblement, ce serait plus simple.
Mais nous avons su le faire avec le nouveau fond populaire. Je crois que c'est ça qui est important, c'est qu' aujourd'hui on voit plus on se rapproche de l'élection présidentielle, plus les sondages tombent les uns après les autres avec toutes les précautions qu'il faut avoir sur les sondages, mais plus la situation politique est ce qu'elle est, plus on voit qu'il y a un risque réel, sérieux qui n'a jamais été aussi fort d'une victoire de l'extrême droite. Face à cette men, on a jamais vu autant d'antagonisme entre le PS et la France insoumise dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
Face à cette menace, notre responsabilité, c'est de faire l'union autour d'un programme commun partagé comme nous l'avons fait avec le voyz bien que chacun prend des des routes complètement parallè su le faire. Pardon mais les divergences qui existaient entre socialistes, communistes et radicaux au moment du Front populaire le 1er en 1936, elles étaient beaucoup plus fondamentales que celles qui existent aujourd'hui. Ce que vous notez, c'est que la gauche sera un présidentielle quoi qu'il arrive.
Non, si j'arrivais sur votre plateau ce matin, vous affirmant que j'ai la certitude que la gauche sera unie à l'élection présidentielle, franchement, je pense que tout le monde me prendrait pour un fou ou pour un douveur. Ce que je sais, c'est que moi, je veux consacrer avec les camarades de mon mouvement génération, mais avec plein d'autres aussi, mon énergie et ma force à ce qu'on soit tous rassemblés. C'est pour ça, il faut pas mettre d'exclusive, il faut pas mettre d'invective outrageusement.
Ça n'empêche pas qu'il y ait des désaccords. Je vous ai dit, j'ai un désaccord avec ce que mes camarades socialistes font sur le la question budgétaire. H vous dites, il y a des aventures personnelles.
Marine Tondelier, c'est une aventure personnelle par exemple. Elle s'est elle s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle alors qu'il y a une primaire interne, alors qu'il y a cette primaire de de la gauche LFI qui est prévue. Euh c'est une aventure personnelle pour elle.
L'élection présidentielle, c'est de toute façon quand même, il faut des candidates et des candidats euh pour être élu à la présidence de la République. C'est une personnalité. Moi, je souhaite qu'on change de régime, qu'on passe à la 6e République, qu'on ait une démocratie beaucoup plus parlementaire, beaucoup plus collective, mais enfin 2027, ce sera une élection présidentielle.
Donc qui a des gens qui soient candidats à l'élection présidentielle, Marine Tondeli, elle est légitime à l'être évidemment et puis elle est d'ailleurs soutenue et accompagnée par un collectif, elle est à la tête d'un d'un parti qui est un parti important de la vie démocratique française, des écologistes. Et d'ailleurs, vous êtes en pleine primaire interne, Marine Tondelier qui est face à Walid Moali. C'est c'est un simulacre de de désignation ça.
Non, moi je suis pas adhérent de des écologistes. C'est leur liberté, c'est leur organisation. Je suis porte-parole d'un groupe dans lequel il y a des membres des écologistes, des membres de génération, mon parti, des membres de l'après, des gens qui ne sont encartés nulle part.
Donc nous, je n'ai pas vocation à faire d'ingérence dans les affaires internes du parti les écologistes. Peut-être que il y a pas de candidature contre Marine Tondelier en interne parce qu'elle fait l'unanimité aussi ou en tout cas quasiment l'unanimité dans son parti. En tout cas, moi j'ai plaisir à travailler avec elle.
On emmène de beaux combats communs. Vous souhaitez vous souhaitez que ce soit la candidate de la gauche à l'élection présidentielle ? Moi je avec les camarades de mon mouvement se décidera après l'élection municipale sur ce qu'on fera dans une primaire s'il y en a une ou dans l'élection présidentielle s'il n'y a pas de primaire.
On souhaite qu'ement un cadre de rassemblement démocratique. Ce qu'il faut encore une fois, c'est une une œuvre collective qui nous permet de dire aux françaises et aux français nous sommes capables de battre l'extrême droite et de mener une politique qui rompe avec ce qui s'est passé ces 10 dernières années, qui répare les inégalités, les injustices, qui remettent aussi le droit au bonheur dans le débat public. Par exemple, moi je me bat pour le droit aux vacances, pour de une nouvelle étape dans la réduction du temps de travail, pour un revenu universel et pour qu'on éradique la grande pauvreté.
C'est avec ça qu'on devrait aller à l'élection présidentielle, quel que soit celui ou celle qui l'incarne. Si ce projet existe et qu'il est crédible et qu'il peut l'emporter, qu'il mobilise les classes populaire et les classes moyennes notamment, il ou elle me trouvera à ses côtés. Benjamin Lucas, qu'est-ce que vous allez faire mardi ?
Vous allez voter ce budget de la sécurité sociale ? Mon groupe va délibérer. Moi, je souhaite que nous votions contre, en tout cas ma position à moi, pas comme porte-parole, mais comme parlementaire, c'est de voter contre ce budget de la sécurité sociale pour les raisons que je vous évoqué tout à l'heure.
Le mot d'ordre dans votre groupe, je l'espère. Euh on verra bien. C'est un groupe démocratique, on va discuter, on va délibérer et la pression n'est sur personne.
Ce que je sais c'est que dans ma circonscription à Ment la jolie, mais comme partout ailleurs, il y a un hôpital public qui va pas bien. Il y a des soignants qui sont en souffrance. Il y a des Françaises et des Français notamment parmi les plus modestes mais aussi dans les classes moyennes qui souffrent aujourd'hui.
Et ce budget de la sécurité sociale, la question qu'on doit se poser à la fin pour savoir si on appuie sur le bouton pour ou sur le bouton contre, c'est est-ce qu'il améliore le quotidien des classes moyennes et des classes populaires ? Il améliore le quotidien des soign sur le bouton en contre. On peut imaginer que tout va s'arrêter à l'Assemblée nationale, qu'on se dirige vers une loi d'urgence.
Vous souhaitez la démission de Sébastien Lecornu dans ces cas-là. Moi, j'ai voté les motions de censure. Je considère que ce gouvernement macroniste est illégitime.
On envoie la démonstration tous les jours. Vous déposerez à nouveau une motion de censure ou pas ? Rappelons quand même.
Ce gouvernement, ce gouvernement, il est là parce qu'on nous a expliqué qu'il y avait une coalition qui était plus nombreuse que la gauche et les écologistes. Regardez, vous en avez parlé juste avant les relations entre Horizon, le parti d'Édouard Philippe et gouverné. Il ne l'est pas depuis le départ donc je vois pas pourquoi je le trouverai plus légitime maintenant qu'il est encore plus affaibli qu'hier il est le premier ministre encore moins parce qu'il est le premier ministre qui est assis sur le la base parlementaire la plus faible de l'histoire de la 5e République.
Il n'y a pas de coalition pour soutenir le gouvernement à l'Assemblée nationale. Ça pose un vrai problème démocratique. Merci Benjamin Lucy d'avoir
Benjamin Lucas