Stéphanie des Horts : L'Heure des Livres (Émission du 12/10/2026)
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Alors, on vous connaît, vous avez déjà écrit beaucoup de livres liés à des destins de personnes, de rois, de reines, souvent ce qui se passait dans l'univers anglo-saxon, sauf l'avant-dernier qui était consacré à Gianni Agnelli.
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Alors, vous vous êtes attaché à raconter la vie de ce prince consort, quelle vilaine expression d'ailleurs, l'époux d'Elisabeth II, avec votre plume habituelle, votre marque de fabrique, plume virevoltante.
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Alors il a connu donc effectivement l'exil, donc une enfance assez rude, ils l'ont forgé son caractère finalement.
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Alors, vous citez les mentors, mais il y a son oncle.
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Alors, parmi les pions qu'il aime à placer, il y a aussi son neveu. Parce que finalement, à vous lire entre les lignes, cette rencontre avec Elisabeth, celle qui deviendra Elisabeth II, elle est un peu poussée par son oncle.
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Alors, vous le dites, le statut de prince-consort, c'est un drôle de statut, c'est comme première dame.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, j'ai fait une petite incursion en Italie qui m'a fait un bien fou, un peu de soleil, mais vous savez, l'Angleterre me manque. »
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« Vous êtes arraché à votre pays, vous avez 18 mois, on vous colle dans une caisse d'orange, vous traversez les mers pour arriver dans un pays que vous ne connaissez pas, la France, élevée en France, »
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« Mais la Grèce ne voudra jamais de ces rois-là. »
- 2:33InvitéFait
« Donc un jour, il y en a un qui se fait assassiner, un autre jour, il y en a un qui se fait mordre par un singe et qui en mourra. »
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« Le père, lui, disparaît à Monte-Carlo avec une cocotte. »
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« Alors il y aura cet Allemand extraordinaire qui s'appelle Kurt Hahn et qui fonde une école, Salem, en Allemagne, où l'on élève les enfants à la dure. »
- 3:46InvitéFait
« Et Kurt Hahn partira avec ses élèves en Écosse et fondera ce pensionnat, Gordon's Town, qui sera vraiment la base de l'éducation de Philippe. »
- 5:07InvitéFait
« Elle a décidé un jour qu'elle l'épouserait, ça serait lui et aucun autre. »
- 7:52InvitéFait
« Il a dû renoncer à cela. »
- 7:55InvitéFait
« Les enfants ne portent pas le nom de Maud Batten. »
- 8:04InvitéFait
« Mais enfin, qu'est-ce que je suis ? Une foutue amibe ! Je suis la seule personne au monde dont les enfants ne portent pas le nom. »
- 8:27InvitéFait
« Alors, en 1917, il y a une germanophobie qui s'explique en Angleterre. »
- 8:34InvitéFait
« Et les Battenbergs, notamment le grand-père du prince Philippe, doivent changer de nom. »
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Bienvenue
à l
'heure
des livres, Stéphanie Desor. Alors, on vous connaît, on vous connaît, vous avez déjà écrit beaucoup de livres liés à des destins de personnes, de rois, de reines, souvent ce qui se passait dans
l
'univers anglo-saxon, sauf l'avant-dernier qui était consacré à Gianni Agnelli.
Oui, j'ai fait une petite incursion en Italie qui m'a fait un bien fou, un peu de soleil, mais vous savez, l'Angleterre
me manque.
Et vous y êtes revenu encore pour ce dernier livre qui s'appelle Philippe, le dernier prince, qui est paru chez Albin Michel et qui est comme toujours un délice de lecture. Alors, vous vous êtes attaché à raconter la vie de ce prince consort, quelle vilaine expression d'ailleurs, l
'époux d
'Elisabeth II, avec votre plume habituelle, votre marque de fabrique, plume virevoltante. Alors, ce prince, effectivement, on le connaît mal, on l'a toujours vu à côté, on ne pourra pas derrière, comme il le dit lui-même, la reine Elisabeth II. C'est justement parce qu'on ne connaît que son visage et finalement on le connaît très peu que vous êtes
intéressée
à lui ? Oui, absolument. Il y avait toujours ce visage assez beau, avec des traits fins et je me suis demandé qui y avait-il derrière. J'ai vu The Crown comme tout le monde, j'ai été fascinée par ces jeunes années et j'ai décidé de plonger dedans. Et là, je me suis rendu compte qu'il avait une enfance, mais incroyable, une enfance romanesque. Quand vous êtes arraché à votre pays... Pas très
heureuse,
en France. Non, mais même au-delà de ça, romanesque. Vous êtes arraché à votre pays, vous avez 18 mois, on vous colle dans une caisse d'orange, vous traversez les mers pour arriver dans un pays que vous ne connaissez pas, la France, élevée en France, chez sa tante Marie Bonaparte, mais enfin c'est un roman
! Alors,
élevée en France chez sa tante Marie Bonaparte, avec un père qu'il appelle le petit viking, et qui lui dit « Philippe, n'oublie jamais ton sang danois, même si ta terre est grecque
». Ah oui,
alors
la double ascendance de Philippe de Grèce, qui a effectivement une famille totalement danoise, et un jour on met de façon, enfin l'Europe met de façon aléatoire,
un
roi danois sur le trône de Grèce. Mais la Grèce ne voudra jamais de ces rois-là. Et ce que j'ai aussi essayé de raconter, c'est que Philippe, son grand-père, son père, ses oncles, ses cousins, ont essayé de régner sur la Grèce, mais la Grèce les a toujours rejetés. Donc un jour, il y en a un qui se fait assassiner, un autre jour, il y en a un qui se fait mordre par un singe et qui en mourra. Il y a des rois qui sont déposés, aucun d'entre eux n'arrivera à tenir le trône de Grèce. Et l'exil, l'exil pour une romancière, c'est un sujet
fascinant.
Alors il a connu donc effectivement l'exil, donc une enfance assez rude, ils l'ont marqué,
qui
ont forgé son caractère finalement.
Ah,
tout à fait, une enfance rude, puisqu'il est séparé de sa mère, qui est envoyée dans une clinique pour soigner une maladie dont on ose prononcer le nom. Le père, lui, disparaît à Monte-Carlo avec une cocotte. Les sœurs se marient en Allemagne à une époque où justement, on ne veut surtout avoir aucune acquaintance avec l'Allemagne. Et Philippe, tout jeune, va se retrouver allé de pensionnat en pensionnat. Toute sa vie, il va chercher un mentor. Et la chance qu'il aura, c'est de rencontrer ses mentors. Alors il y aura cet Allemand extraordinaire qui s'appelle Kurt Hahn et qui fonde une école, Salem, en Allemagne, où l'on élève les enfants à la dure. Sauf que nous sommes en 1933.
Et quand il s'appelle Kurt Hahn et qu'on est juif, ça ne plaît pas à tout le monde. Et Kurt Hahn partira avec ses élèves en Écosse et fondera ce pensionnat, Gordon's Town, qui sera vraiment la base de l'éducation de Philippe.
Alors
après, vous citez les mentors, mais il y a son oncle.
Ah,
il y
a deux oncles. Il y
a l'oncle Georgie Mountbatten, qu'il adore, qui mourra d'un cancer assez jeune et ça sera un vrai, encore un nouveau déchirement dans le cœur déjà brisé de Philippe. Et il y aura celui qu'on connaît, Lord Mountbatten, surnommé Dickie, qui est par retort, mais qui aime à placer ses pions.
Alors, parmi les pions qu'il aime à placer, il y a aussi son neveu.
Parce
que finalement, à vous lire entre les lignes, cette rencontre avec Elisabeth, celle qui deviendra Elisabeth II, elle est un peu poussée par son
nom.
Alors, elle est un peu poussée, je l'avoue, et Philippe se laisse pousser. Et en fait, il va tomber sous le charme de cette jeune femme, qui n'est à l'époque que Lilibet, et en fait, qui est folle amoureuse de lui depuis longtemps. Parce que dans ces familles-là, on se croise, dans les mariages, les communions, etc. Elle est tombée folle amoureuse de lui à 8 ans, elle l'a retrouvée à 13 ans. Elle a décidé un jour qu'elle l'épouserait, ça serait lui et aucun autre. Et pour ce garçon qui a 5 ans de plus qu'elle, qui a connu une vie d'exil, qui n'avait pas de mère, pas de père, plus de sœur, tout d'un coup, il est submergé
par
un amour d'une profondeur, d'une pureté, et il n'y résistera pas. Et ce moment-là est assez magnifique, parce que vrai, et j'allais dire, il subit cet amour. Non, il ne le subit pas, il l'accepte, il s'en nourrit, et je pense que ce qui a uni ces deux êtres, et en tout cas, malgré quelques écarts, ce que j'ai voulu montrer, c'est que l'amour fou entre ces deux êtres a quand même eu une importance, une grande importance pour l'Angleterre.
Alors pourtant, vous le dites, le statut de prince-consort, c'est un drôle de statut, c'est comme première dame. En fait, d'ailleurs, vous commencez par la première scène avec Jackie Kennedy. Oui,
oui, ça, c'est mon petit clin d'œil. Qui leur fait votre
petit clin d'œil à la famille Kennedy, au livre que vous aviez écrit sur les deux sœurs. Et donc, elle est en voyage privé, Jackie Kennedy, et Philippe lui dit, à un moment, cette phrase, « Vous êtes comme moi, princesse, trois pas en arrière toujours, c'est là que se cache le vrai pouvoir.
»
En réalité, il n'y
en
a pas vraiment de pouvoir.
Non, il n'y en a pas. Jacques la
reine n'en a pas
énormément non
plus.
En fait, ce qui est très difficile, c'est que Philippe va se heurter au protocole. Et le protocole royal est quelque chose qui est extrêmement lourd, qui est profond, qui allie l'honneur au devoir. Et ça va être très difficile pour lui. Maintenant, c'est un garçon intelligent, et pour toucher à l'actualité, si vous voulez, rebondir sur son petit-fils Harry, Harry n'a pas su agir. Harry et Meghan n'ont pas su agir avec le protocole. Philippe va se battre, mais Philippe va arriver à trouver sa place, malgré ce protocole.
Et j'ai toute une partie de mon livre qui s'appelle « Le roi de cœur », où je montre que finalement, il va arriver à être plus fort, que tous les obstacles, il va les transformer pour faire naître quelque chose de très important, qui est aller vers une modernisation de la monarchie.
Alors, vous écrivez quand même que derrière le face de Westminster, se cache une vérité plus difficile, qu'en fait, devenir l'époux d'une reine, c'est renoncer à tout, et renoncer à soi.
Ah,
mais complètement. Donc, ce n'est
pas rien. Complètement. Philippe, il y avait une chose qui était importante dans sa vie, c'était la marine. Quand vous êtes marin, moi j
'ai
eu un fils qui était dans la marine, quand vous êtes marin, c'est quelque chose qui est plus fort que tout. Il a dû renoncer à cela. Il a dû renoncer à son nom. Les enfants ne portent pas le nom de Maud Batten. Il a dû renoncer à sa religion. Il a dû renoncer à sa couronne grecque. Il a dû renoncer à tout. Et d'ailleurs, à un moment, il va dire à Elisabeth, « Mais enfin, qu'est-ce que je suis ? Une foutue amibe ! Je suis la seule personne au monde dont les enfants ne portent pas le nom. Qui suis-je
? Qui
suis-je ? »
Quand
il était jeune, on lui demandait comment il s'appelait. Il disait « Philippe, juste
Philippe ».
D'autant que ses oncles ont dû changer de nom, parce que c'est vrai qu'avoir un nom
allemand… Oui. Alors, en 1917, il y a une germanophobie qui s'explique en Angleterre. Et les Battenbergs, notamment le grand-père du prince Philippe, doivent changer de nom. Et l'on passe de Battenberg à Maud Batten.
Alors, juste dernière question, rapidement. Quelle image gardez-vous de lui ? En fait, aimez-vous le plus de lui ? Qu'est-ce qui vous plaît chez lui
? Alors,
ce qui me plaît chez lui, c'est que c'est un… Je l'appelle le dernier prince, parce qu'en fait, il a régné sur rien.
Mais
pourtant, c'est un prince. Il avait le panache, il avait la flamboyance. On s'en souvient comme un prince. À une époque où ça ne veut plus rien dire, la monarchie. Plus rien aujourd'hui.
Et
pourtant,
il
est le prince. Et il reste cette espèce de magie
à
travers lui, à travers la reine. Bien sûr, magie qui est en train de disparaître de plus en plus.
En
tout
cas, si vous voulez découvrir ce personnage qui est très attachant, finalement, je vous conseille vraiment de lire ce livre. Ça se lit très facilement, comme toujours, avec beaucoup de bonheur. Ça s'appelle Philippe, le dernier prince.
C
'est paru Chalbain-Michel. Merci beaucoup, Stéphanie Désor. Merci. Merci.