Écologie : la rhétorique du catastrophisme est-elle efficace ? #RHÉTORIQUES
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
c'est une rhétorique du coup d'éclats et c'est une rhétorique de l'urgence dans le même temps dans ce type d'action comme ça a toujours été le cas bah la forme est au service du fond S [Musique] c'est de créer une audience dans un espace médiatique qui est saturé et bien ce qu'on va faire c'est essayer d'attirer les caméras sur un événement précis donc pour cela on utilise tous les articles du spectacle la peinture les gifles ou d'autres événements de ce type et ensuite dans le texte et c'est ça qui est intéressant c'est qu'on a souvent quelque chose qui tient de la rhétorique d'urgence nous n'avons pas d'autre choix nous aurions sans doute préféré ne pas le faire mais on n'a pas d'autre choix que de voir agir ainsi on est vraiment dans la spectacularisation du débat c'est-à-dire que on ne va pas débattre mais on est dans la performance dans le happning pour attirer l'attention ce qui permet d'attirer l'attention sur la crise climatique c'est une action spectaculaire ou on jette de la nourriture sur des tableaux célèbres et où on se colle aux dix tableaux pour attirer l'attention et donc oui il y a une forme de dissolution du débat dans le spectacle qui est absolument tragique en rhétorique quelque chose qui parfois s'approche même du faux dilemme parce que on essaie de coincer l'interlocuteur en lui disant que il n'a pas d'autre alternative que nous écoutait sinon il est dans le rôle du coupable [Musique] quand on a des études scientifiques qui tendent à dire que le réchauffement climatique est une réalité évidemment il y a quelque chose qui tient du domaine de la raison dans l'esprit mais ce qui est intéressant c'est de voir comment ces activistes utilisent un objet qui est davantage axé sur le pathos pour tenter de convaincre c'est-à-dire jouer sur la culpabilité jouer sur le doute et jouer sur la mauvaise conscience les personnes qui vont écouter l'histoire [Musique] et si on dit oui et bien dans ce cas-là on est catalogué comme étant une mauvaise personne en réalité si vous voulez c'est militants sont comme des coucou c'est à dire qu'ils font leur nuit dans le nid de la célébrité des tableaux il profite comme une sorte de passagers clandestin de la célébrité d'un tableau pour s'y accrocher et accrocher la notoriété qu'ils veulent voir affublé à leur acte parce que c'est les meules de monnaie parce que c'est la Joconde parce que c'est les tournesols de Van Gogh donc ils ne choisissent pas les œuvres au hasard [Musique] ce qui est intéressant là du coup d'éclat qui attire évidemment notre attention et la majorité des commentaires c'est que quand on s'intéresse au discours au final on se rend compte qu'il se réapproprie les codes de rhétorique qui sont extrêmement classiques c'est-à-dire qu'on voit bien le l'utilisation des questions rhétoriques l'utilisation des rythmes ternaires l'utilisation des formules de style l'utilisation aussi des arguments admiséricordial c'est-à-dire essayer de jouer sur la culpabilité de l'auditoire et là on voit bien que ce n'est pas une réinvention de la rhétorique mais ne réappropriation de la rhétorique qui au final a toujours été le manuel clé en main pour convaincre et là je pense que les activistes climatiques nous montrent une excellente démonstration du fait que ces outils sont en quelque sorte totalement immortels la femme a toujours été importante dans les discours et notamment dans les actions l'activiste on se souvient dactop qui non seulement avait des actions qui étaient très structurées sur le fond mais aussi des actions sur la forme on est dans une société et dont vous en réalité dans l'image que constitue ces deux jeunes femmes devant les tournesols avec la soupe jetée puis la colle sur les doigts et donc tout est subordonné soumis à l'image qui emporte le tout quel que soit les raisons de fond de la protestation là on voit bien que on a un type non pas de nouvelles activisme c'est la continuation d'un activisme notre manière aussi avec les réseaux sociaux avec une grande différence par rapport à top c'est dans les années 80 l'espace médiatique était assez limité et notamment par les médias et là désormais il faut créer une nouvelle audience par les réseaux sociaux mais ce qui implique un risque c'est que les réseaux sociaux se sont aussi des sociétés du commentaire c'est une question qui intéresse notamment beaucoup les scientifiques de savoir si au fond il y a pas un danger à trop accentuer sur le pathos mais cela on peut répondre aussi que convaincre uniquement par la raison ne marche pas non plus et donc il faut un équilibre entre la raison et l'émotion et la deuxième question qui est aussi liée à la première c'est malheureusement des études qui tendent à le démontrer est-ce qu'il n'y a pas un risque de ce qu'on appelle la réactance c'est-à-dire l'opinion publique face à des propos qui seraient justement à l'armistes et catastrophique va pas réaction ne prêter moins attention à ce type de discours un peu sur le modèle de si votre seul projet c'est la peur alors c'est que vous n'avez pas de projet malheureusement psychologie sociale ce sont des choses qui nous ont permis de voir d'aboutir à des résultats qui sont assez néfastes il faut savoir il faut se poser la question de savoir si il faut pas aussi donner des motifs d'espoir et parce que les sports c'est aussi un puissant levé de conviction [Musique]
Xavier Bertrand