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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 21 août 2026 9 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Du jardin au Cosmos, les Planètes de Momoko Seto à Chaumont-sur-Loire

Au micro : Julie Gacon Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Comment décrivez-vous ce jardin ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que toutes vos idées étaient réalisables ?

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a quelque chose de cinématographique dans la démarche ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Quel inframonde voulez-vous donner à voir dans ce jardin ?

  • 8:02OuverteRéponse directe

    Êtes-vous allée vous promener dans d'autres jardins ?

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Invité36 %

≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Culture Les matins d'été, Julie Gacon

0:06
Invité

Promis, je ne ferai pas comme les grandes personnes qui demandent au petit prince de quelle planète il est alors que lui, il veut parler de ses géraniums et surtout de sa rose. Bonjour Momo Cossetto. Bonjour. Merci d'être avec nous. Merci de passer par ce studio pour parler du jardin que vous avez créé pour le Festival international des jardins. Sur le thème cette année, le jardin fait son cinéma. Vous avez eu carte blanche ou plutôt carte verte comme on dit à Chaumont-sur-Loire. Et c'est vrai que votre jardin ressemble un peu à une planète. Vous nous faites visiter. On est sur le petit chemin qui le sépare en deux. Comment vous le décrivez ce jardin ?

0:40
Présentateur

Alors, le jardin, il n'est pas très très grand. Il fait entre 100 et 200 mètres carrés, je crois. C'est une petite planète. Celle du petit prince, elle est toute petite. C'est vrai. Et puis, il y a un petit clin d'œil puisque quand on rentre, le chemin est au milieu. Il divise le parcelle en deux parties. Donc, à gauche, j'ai mis des colonnes d'eau. Il y en a neuf où il y a des bulles d'eau qui montent du sol au ciel. On peut aussi voir le paysage à travers les colonnes d'eau. Donc, une déformation, un mouvement. On ne sait pas trop ce que c'est. Avec d'autres plantes qui font aussi référence au fond marin.

J'ai pas mal mis des plantes grasses, donc des succulents qui ressemblent à des algues comme les sénéciaux qui montent. Bien sûr, des papyrus puisque c'est des plantes marines. Et des calancoées, des plantes grasses comme les aéonium. Donc, c'est une grosse fleur très charnée, charnieuse.

1:36
Invité

Charnel.

1:37
Présentateur

Charnel. Charnu. Charnu, pardon. Voilà, je vais arriver. Voilà, qui fait référence. Puis aussi des cactus qui font aussi comme des oursins de mer. Donc, ça, c'est la partie gauche. La partie aquatique de votre jardin. Exactement. Et la partie droite, donc, on va voir trois grosses sphères qui font un peu référence au Petit Prince aussi parce que ça ressemble un peu à un coquet d'ama. Donc, c'est une sorte de l'art floral japonaise qui constitue une boule de mousse et une excroissance de plantes sur la tête. Donc, moi, ça me faisait un peu penser à les planètes de Petit Prince avec cette rose qui est sur la tête. En tout cas, il y en a trois de différentes couleurs.

Alors, on commence par une sphère bleue qui fait un peu penser à la planète Terre. Après, il y a une sphère verte qui est complètement verte. Donc, voilà, c'est pas trop.

2:25
Invité

Une nouvelle planète.

2:26
Présentateur

Une nouvelle planète. Et tout au fond, vers la fin de parcours, une grosse planète rouge, orangée. Donc, peut-être que ça nous ferait penser à la planète Mars. Et tout autour, on a mis aussi des plantes qui font penser à l'espace, comme les fleurs qui s'appellent danseuses étoiles. Donc, c'est une fleur qui fleurit toute blanche, qui ont des formes d'étoiles. On a mis un tapis de sédum. Donc, c'est aussi une petite succulente qui est de toutes les couleurs. Et surtout, une plante qui s'appelle le austin, qui a une feuille toute bleue, donc qui fait penser à l'espace.

3:00
Invité

Vous dites « on » parce que vous avez travaillé avec les jardiniers de Chaumont-sur-Loire, Momoko Seto. Est-ce que toutes vos idées étaient réalisables ? Ou parfois, ils ont dû vous faire savoir que telle idée ou telle autre ne tiendrait pas sur huit mois ? Parce que le jardin doit durer huit mois, le temps du festival.

3:15
Présentateur

Exactement. Donc, je dois particulièrement à Bernard Chapuis, qui était donc le jardinier qui m'a accompagnée. Mais je crois que c'est à peu près tout qui a été réalisé. J'étais même étonnée quand j'avais décrit ce jardin, que je voulais ce sphère qui bouge en synesthésie. Puisque tout ce qui était important pour moi dans l'idée de cinéma, c'était le mouvement. Donc, il fallait qu'il y ait du mouvement dans une idée de jardin qui est plutôt fixe, on va dire. Donc, je voulais que ces sphères bougent comme une planète. Je voulais que les bulles soient en mouvement constante. Donc, ce ne sont pas les mêmes mouvements.

Je voudrais que les spectateurs, en oscillant entre ces espaces-là, amènent aussi une sorte de mouvement, une sorte de montage par les paysages qui défilent. Donc, voilà, tout ça, c'était important. Et le fait qu'il a quand même construit avec son équipe d'ingénieurs, cette boule qui tourne 24 heures sur 24, ces bulles qui sont constantes, qui est quand même un peu de mécanique, de programmation, j'étais quand même un peu surprise.

4:16
Invité

Et les visiteurs évoluent sur ces morceaux de musique de votre film, morceaux de musique réalisés par Nicolas Becker. On les entend quand on se promène dans le jardin et ils sont dans le film que vous avez réalisé l'année dernière, Planète, votre premier long métrage, un film d'animation qui raconte le voyage de quatre graines de pisse en lit à la recherche d'un sol habitable sur une autre planète. Ce film a été présenté lors de la cérémonie de clôture de la semaine de la critique au Festival de Cannes. Vous avez, Momo Cossetto, reçu le prix de la critique internationale. Quand vous réalisez cette fois un jardin, est-ce qu'il y a quelque chose de cinématographique aussi dans la démarche ?

Est-ce qu'on peut faire un jardin cinématographique outre le mouvement que vous nous décriviez ?

4:58
Présentateur

Oui, alors juste une précision, la musique était composée par aussi Nicolas Becker, mais Quentin Sirjac qui écrit de l'orchestre. Oui, puisque la démarche artistique est toujours assez similaire, c'est-à-dire qu'on rêve déjà, puis on décrit, moi j'ai fait des croquis, j'ai échangé avec plusieurs personnes de Chaumont, on établit un petit budget. Après, on raconte une histoire aussi dans le parcours, puisque oui, le mouvement, oui, la musique, oui, le montage, mais il y a aussi une histoire qu'on raconte à travers ces deux mondes qui cohabitent. Donc voilà, tout ça a été préparé, réalisé avec toute une équipe.

C'est très différent d'une réalisation d'un film, bien sûr, mais il y a quand même quelque chose de similaire dans ces processus de création.

5:46
Invité

Et il y a quelque chose de très onirique aussi dans ces boules de pissenlit un peu partout, pour donner, oui, cet air onirique avec le pissenlit, avec ces aigrettes de soie qui s'accrochent aux ourlets des jupes et aux cheveux des enfants. Pour les pissenlits, les aigrettes de soie, on les appelle les aquennes. Voilà, c'est le mot aussi de ces graines de pissenlit qui se baladent dans votre film d'animation. On avance dans votre jardin comme on avance dans un film.

Film donc, depuis, enfin, quand vous filmez, on est, enfin, quand vous filmez, c'est de l'animation, mais on est à la hauteur de ces aquennes de pissenlit qui sont rescapées d'une série d'explosions nucléaires qui ont détruit la Terre. Tout est à hauteur de ces graines. Donc, tous les insectes et les petits animaux qu'ils croisent leur apparaissent comme des géants. Une menthe religieuse devient un monstre, une petite grenouille, n'en parlons pas. Quel inframonde, entre guillemets, quel monde qui nous échappe, voulez-vous nous donner à voir aussi dans ce jardin ?

Vous avez aussi sans doute été marquée comme, non, vous étiez au Japon quand c'est sorti, mais Microcosmos, on est des générations entières à avoir grandi aussi avec ce film.

6:46
Présentateur

Oui, tout à fait. Alors, quand je vous ai évoqué les sphères de Kokedama qui est géant, en fait, c'est vraiment une attention à ces mousses, les lichens qui constituent ces boules qu'on agrandit. Donc, on est obligé de les voir, on ne peut pas échapper de les voir. Donc, on est en train de voir ces détails-là et on voit que c'est constitué de ces lichens et des mousses qui sont quand même très particuliers. Le tapis de sédoume que je vous ai parlé aussi au sol, que j'aime beaucoup, c'est des petits, petits, petits plantes grasses. Et ces couleurs-là, on les a mis partout, on les a mis vraiment au relief pour qu'on puisse s'attarder pour les voir.

Et ce qui était important dans mon film, c'est-à-dire, comme vous avez bien décrit, c'est de cette, par l'agrandissement, par le changement d'échelle, à la fois d'espace et du temps, on voit des choses qu'on ne voit pas d'habitude et qu'on ignore presque. Et dans ce jardin, pareil, je voulais absolument mettre des bancs, enfin des sièges, pour que les spectateurs s'assoivent et prennent le temps de regarder. Prennent le temps de regarder ces bulles qui se déforment dans l'eau. Prennent le temps de regarder ces planètes qui bougent et ces petites plantes qui sont tout autour. Il n'y a pas grand-chose à voir, c'est que des petites choses.

Mais voilà, c'est ces attentions-là qui étaient primordiales, à la fois dans ce jardin comme dans le film.

8:02
Invité

Pour conclure, Momo Coseto, est-ce que vous êtes allée vous promener dans d'autres jardins à Chaumont-sur-Loire ?

8:06
Présentateur

Oui, tout à fait. Alors, j'ai eu un énorme plaisir d'aller voir les autres jardins, puisque je suis très cinéphile et que je retrouve des références. Notamment deux jardins que j'ai beaucoup adorés, qu'on est vraiment noués d'amitié aussi, avec des créateurs, le jardin Avatar, avec Alexis Tricouard et Romain Lebescon, qui ont fait un magnifique jardin avec de l'eau, toutes les couleurs, et puis référence à la forêt amazonienne. Et puis le jardin Jurassic Plant, de Romain Mer et Corentin Pfeiffer, qui était vraiment, pour moi, un retour dans ce film. et l'excitation qu'on a quand on voit, à travers les fougères, des formes un peu étonnantes.

8:50
Invité

Donc il y a à la fois les jardins permanents autour de Chaumont-sur-Loire et les jardins temporaires conçus spécialement pour le Festival international des jardins, qui se tient jusqu'au 1er novembre. Le thème cette année, le jardin fait son cinéma. Vous, Momo Coseto, vous y exposez votre jardin baptisé Planète. Merci d'être venu dans les Matins d'été sur France Culture. Merci beaucoup. Merci à vous. Merci à vous.