Je vous explique pourquoi sortir contre Macron
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
François Ruffin bonjour bonjour et bienvenue sur Inter beaucoup de questions évidemment sur la réforme des retraites présentées hier en conseil des ministres le président de la République la redit cette réforme doit se faire même si elle peut être enrichie dans le cadre du travail parlementaire on va y venir longuement malgré cela une nouvelle journée de mobilisation interditale aura lieu mardi prochain qu'en espérez-vous François Ruffin quel en est selon vous l'objectif mettre à nouveau plus d'un million de personnes dans la rue qu'est-ce qui s'est produit jeudi dernier déjà il s'est produit un dégel des cœurs une sortie de la torpeur moi qui craignais que la résignation l'emporte dans le pays quand je veux à 6h du matin sur le rond-point et je vois qu'il y a une aide-soignante qui a jamais fait grève en 33 ans et qui est là parce qu'elle a la polyarthrite et qu'elle est je demande comment elle va faire ses deux ans de plus qu'à son mari qui travaille chez Valo 39 ans de nuit et qui se demandent comment il va faire ses deux ans de plus quand je vois des gens qui donnent des cimetières militaires qui travaillent dans le froid qui travaille sous la pluie et qui viennent parce que là ils ils utilisent des engins vibreur et que ils se disent on va prendre deux ans de plus et que eux sont là qu'est-ce qui se passe il se passe une sortie de l'hibernation une sortie de la résignation et c'est essentielle qu'est-ce que j'attends de mardi prochain est-ce que ça va durer c'est ça la question puisque vous le savez ça coûte cher je suis inquiet moi-même pour beaucoup de choses mon sentiment aujourd'hui c'est que mardi prochain les gens vont aller chercher leurs copains leurs cousins leurs collègues pourquoi pour aller se bagarrer pour une réforme de retraite qui soit juste et pas ça surtout pour aller se bagarrer pour le partage allez bismailler contre une obscénité qu'est-ce que c'est que cette obscénité c'est qu'on a traversé la crise covid on a dit à tous ces gens que je cite là il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ses hommes que nous est connu reconnaissent et rémunir si mal c'était le président de la République il leur a dit il aura répété ça quel a été leur récompense derrière au contraire c'est leur salaire qui sont rognés par l'inflation et à l'arrivée on leur dit deux ans de plus deux ans de plus pendant que qui reçoit le président de la République à l'Élysée il rejoint je sois pas une aide-soignante il reçoit pas un ouvrier de chevalleo il reçoit pas les gars de l'entretien non qui reçoit il reçoit les patrons du CAC 40 et il reçoit pour leur dire quoi eux qui sont sur augmenter de 52 % les dernières eux dont les dividendes battent des records cette année madame Salamé non non on va venir je viens tout de suite madame Salamé et oui je viens tout de suite pourquoi parce qu'il reçoit l'Élysée en disant je vous garantis qu'il y aura pas de taxe sur la super dividendes je vous garantis qu'il y aura pas d'impôt sur les super profits c'est un gros souci c'est un gros souci économique parce que évidemment des milliards des dizaines du milliards qui sont à récupérer là et c'est un gros souci sur le sentiment d'injustice qui est en train de aujourd'hui de rogner le cœur des gens et je pense que voilà contre quoi les gens vont sortir le 31 ils vont sortir pour la justice ils vont sortir pour la justice ils vont sortir pour le partage pour cueillez de l’écuité dans ce pays pour que on n'est pas des politiques qui sont doivent être servi de la démocratie dans démocratie il y a des modes plus de milliardaires en France et des vampires et des égoïstes vous parlez pareil moi je dis pas qu'on veut plus de lumière des enfants je pense qu'il faut remettre de la décence dans tout ça ça veut dire quoi ça veut dire que ceux qui sont très hauts aujourd'hui qui se sont enrichis 200100 milliards d'euros pendant la crise covid pendant la guerre en Ukraine cela on doit leur faire remettre les pieds sur terre sur les pieds sur terre fiscalement les pieds sur terre socialement et je dis que le plancher c'est à dire tous les gens qui travaillent qui soignent qui est duc qui font tourner les usines cela on doit relever le plancher il doit pouvoir vivre de leur travail moi je suis pour une France où les gens vivent de leur travail présent c'est le salaire de leur travail passé c'est la retraite de leur travail à venir c'est la formation François Ruffin il y a eu une deuxième journée de mobilisation la semaine dernière celle de jeudi donc à rassemblé massivement et celle soutenue par la France insoumise qui a regroupé 14000 personnes selon le cabinet occurrence 150000 selon les organisateurs c'est pas beaucoup et est-ce une erreur est-ce qu'il faut coller au syndicats et les laisser aujourd'hui organiser la mobilisation samedi il y avait de l'énergie de l'envie il y avait un peu de monde bon franchement c'est pas le souci les rues de Paris étaient pleines vous savez il y a pas tant de manifs que ça ou ça déborde comme ça dans les rues de Paris qu'importe c'est pas le souci je le dis pour moi le point d'ancrage c'est le 19 et ce qu'on vise maintenant c'est le 31 et le 31 il y a du boulot à faire pour vous éditeurs vous auditeurs qui je pense pour beaucoup sont révoltés par le monde dans lequel on vit dans le monde dans lequel voilà on a un hôpital qui craque on a des trains qui arrivent pas à l'heure on a de l'électricité on se demande s'il va y avoir des coupures je veux dire on a une France à reconstruire je pense que les Français sont très conscients que pour ça il faut du travail mais il faut de la justice dans ce pays François Ruffin qui est au plus bas depuis depuis des années on a un pays qui a tenu grâce au quoiqu'il en coûte grâce au chômage partiel c'est pas que dépressif non la France je sais pas je pose la question parce que c'est vrai on vous écoutant on a l'impression qu'on est la dernière roue du carrosse des payer les pires qui souffrent le plus du monde je pense que il y a un besoin de justice dans ce pays il y a un besoin de justice quand le partage est aussi inéquitable vous savez il y a plus de questions sur le partage faire grossir le gâteau c'est plus nécessaire on a un gâteau qui est immense dans ce pays la question c'est comment on le répartit c'est pas un problème qui est spécifiquement français même si on le voit dans les stats on peut être très très fier vous dites on a on a des motifs de fierté dans ce pays parce que bah oui aussi de fierté c'est que jamais on a eu autant de milliardaires dans ce pays et on est on est le pays en tête là-dessus or un prix Nobel comme Joseph tigre ici aujourd'hui il y a là il y a une réserve il faut aller taxer là-dedans Gabriel zuckman dit on a quand même un problème les milliardaires sont accès à hauteur de 2% ce qui est pas votre cas madame Salamé ce qui est pas mon Canon donc il doit y avoir simplement une exigence de justice Vous savez enfin comment ça se fait qu'on a en même temps dans notre pays les piliers de la nation qui sont en train de craquer c'est-à-dire l'hôpital qui va mal le c'est le pilier de l'État social l'école pilier de la République l'électricité si on en a plus qu'est-ce qu'on fait tout ça craque en même temps tout quoi parce qu'on a 40 ans où on a dit qu'il fallait réduire les déficits on a 40 ans on laissez faire une élite qui nous mène dans le mur ce qui va être le déficit commercial c'est 120 milliards d'euros quand il y a un échec comme ça dans la durée parce que c'est dans la durée que c'est installé de déficit commercial ça pose une question sur l'élite qui nous gouverne l'élite qui a laissé fermer les usines de mon coin pendant des décennies voilà vous voyez l'élite qui nous gouvernent donc vous faites partie franchement en tant que Picard je m'en sors rattaché peut-être mais de très très loin de la République vous êtes à l'Assemblée nationale vous faites partie je suis désolé je n'ai fait partie d'aucun gouvernement et et apparemment ça va pas être mon tour dans dans les années à venir donc voilà c'est pas je pense que me rattacher à l'élite ça peut être un jeu rhétorique mais les gens me perçoivent pas du tout comme ça il y avait pas beaucoup de gens de l'élite j'ai vu sur les ronds d'Amiens et d'avril la semaine dernière monsieur du shop il est resté dans son ministère avec ses amis imaginaires qui sont plutôt des milliardaires donc bon je pense que de ce côté là c'est clair venons-en au syndicat de l'énergie qui serait prêt à bloquer la France pour stopper la réforme des retraites François Ruffin vous leur dites quoi allez-y les gars oui je dis que maintenant je suis convaincu que les Français veulent travailler reconstruire l'hôpital reconstruire l’école reconstruire l'énergie reconstruire le pays après la crise covid et après 40 ans de dégâts produits par cette élite les Français veulent ça maintenant ils veulent Emmanuel Macron Emmanuel Macron je vais pas vous faire refaire mon numéro sur la légitimité d'Emmanuel Macron à être à l'Élysée mais pas imposé son projet il a pas imposé son projet aujourd'hui contre cette Français sur 10 qui veulent pas de ça qui est arrivé en tête du premier tour c'est pas une raison vous savez on doit prendre soin de notre pays on doit prendre soin de notre pays aujourd'hui notre pays après trois années de crise de Chris covid de guerre en nuclane il réclame de la sagesse et ce que fait Emmanuel Macron ça n'est pas sage et il réclame de la tendresse est-ce qu'il fait aujourd'hui à l'égard des femmes et des hommes qui ont tenu pendant le coeur de la crise covid ça n'est pas tendre à leur égard c'est violent c'est brutal et ça les gens le ressentent et dites moi c'est de la tendresse quand Jean-Luc Mélenchon dit soyez maudit à la tension d'Emmanuel Macron soyez maudit soyez maudits de vouloir transformer toute notre existence en marchandise tout salir tout gâcher tout réduire tout quantifier c'est de la tendresse en tout cas il passe le bon problème et le problème c'est est-ce qu'on doit être des hamsters enfermés dans une cage dans le cage de la production et de la consommation vous savez c'est le même Emmanuel Macron qui a remis le travail du dimanche c'est-à-dire qui au fond on a Emmanuel Macron et les siens qui veulent que toute notre vie soit enfermées dans les marchés les supermarchés or je suis convaincu moi qu'il nous faut sortir des pans de nos existences la retraite est un pansa il nous faut sortir des pentes de l'existence des marchés des supermarchés il nous faut sortir il faut revaloriser le travail est-ce que vous êtes pas contradictoire ça vous êtes venus il y a six mois à ce micro nous expliquer que la gauche avait tort que vous êtes devenu le parti des assistés qui réclamait des aides en permanence vous l'avez dit vous avez d'ailleurs vous êtes pris une broncade votre article et là vous nous dites vous aurez habité le travail ou vous êtes formidable parce que vous confondez assister retraités la retraite c'est quoi c'est des gens qui ont travaillé pendant 40 ans qui ont travaillé dans des usines qui ont travaillé dans des hôpitaux qui ont travaillé dans des écoles pendant 40 années dans un travail qui est devenu plus en plus dur parce qu'il faut mesurer ça alors je peux le raconter avec mes histoires de gens qui ont de mal aux épaules de gens qui ont du mal au dos mais je peux vous donner des statistiques d'après le ministère du Travail en 1984 il y avait 12% des salariés qui subissaient trois contraintes physiques c'est-à-dire se baisser régulièrement porter des charges lourdes être dans des postures pénibles on se dit bon après 40 ans de robotique d'informatique de numérique avec la start-up nation tout ça doit cette formidablement allégé et ben au contraire on est passé de 12% à 34% des salariés qui subissent trois contraintes physiques aujourd'hui il en est de même pour les contraintes psychiques il y a en 1984 il y a 40 ans c'était 6% des salariés qui avaient des contraintes psychiques fortes c'est-à-dire devoir faire leur travail dans leur et ainsi de suite et on est passé à 35% si on ne comprend pas ça si on ne comprend pas l'intensification du travail on comprend pas le désir profond qu'on les gens n'en sortir mais voilà donc il faut lier les deux et évidemment être pour la valeur travail c'est pas dire qu'on doit travailler tout le temps si je suis pour la valeur travail en je vais devoir vouloir le retour du travail des enfants et ben non et je vais voir voilà vouloir le travail de retour des personnes âgées et ben non la valeur travail c'est justement pour donner une valeur au travail il faut que les travailleurs soient considérés soit considérés dans leur revenu les Français doivent pouvoir vivre de leur travail on doit l'indexer sur l'inflation ce qui est toujours refusé par le gouvernement et on doit avoir des temps libres des temps au travail des temps de respiration permettez-moi François Ruffin de revenir ou d'arriver en l'occurrence au Parlement c'est finalement par un projet de loi rectificatif du financement de la sécurité sociale que l'exécutif compte mener cette réforme grâce à un article de la Constitution le 47 1 la le processus parlementaire pourra être nettement accéléré le Parlement à 50 jours pour examiner la réforme 20 jours à l'Assemblée nationale quand la France insoumise menace de déposer 1000 amendements par député c'est-à-dire 75000 amendements n'est-ce pas normal que le gouvernement s'organise pour ne pas bloquer les institutions et aller vite bon écoutez moi je vais vous dire la mécanique perlementaire je pense qu'elle est pas très intéressante et que les Français se passionnent pas pour ça il se passionnent pour la voix réalité de ce qu'ils vont vivre dans le travail dans leur vie là il va y avoir un travail il va y avoir un travail parlementaire qui va donc être accéléré puisqu'on va avoir 15 jours d'amitié et je l'ai déjà dit mais nous ne déposerons pas minablement par des publics non non reconnaissez les choses m'a-t-il panneau a dit on va déposer 1000 amendements par député 75000 examiné dans le budget c'est plus le cas aujourd'hui la procédure parlementaire a changé on s'adapte la guérilla parlementaire est un art et donc il faut s'adapter aux situations donc on veut que le texte soit examiné pour montrer la nullité sur tous les points donc on évidemment batailler on va être une opposition très ferme à ce texte à la mesure centrale de ce texte parce que là le gouvernement il est en train de nous broder des trucs autour il est en train de nous aménager et nous en train de faire de du maquillage autour sur ce que vous appelez broder les trucs autour ça peut être quand même les gens les gens ont compris le cœur de la réforme et le cœur de la réforme c'est 2 ans de plus vous avez raison c'est la mesure forte de ce de cette réforme mais il y en a d'autres alors vous pouvez dire c'est imrod mais tout de même par exemple les 1200 euros minimum pour tout le monde brut vous allez le voter ou pas ça d'abord il faudrait que ça soit net quand même 1200 € net ça serait quand même beaucoup plus juste et que ça concerne pas qu'une minorité de personnes dans le pays parce qu'aujourd'hui on a un problème c'est que les gens qui ont été pendant un bout de leur carrière au dessus du SMIC ils pourront pas toucher ses 1000 200 euros donc il y a une étude qui a été menée qui montre que sur 2,5 millions de salariés ça serait 48 personnes qui seraient concernées enfin on est dans des trucs qui sont dérisoires bon et donc là on est en plus vous me mettez sur ce qui s'appelle le non contributif vous savez ça c'est c'est pas financé par les cotisations sociales et patronale les augmenter les cotisations c'est d'augmenter les cotisations patronales le Conseil d'analyse économique il dit que il y a une autre option c'est de se dire que les exonérations sur les eaux salaires ils sont aujourd'hui inutiles ça produit rien en terme de chômage il faut en finir avec ces exonérations et on peut dire que il faudrait faire surcotiser les salaires il y a des tas de pistes qui comme ça qui existe les mesures qui vont dans le bon sens à vos yeux vous les voterez les mesures sociales ou pas c'est juste pour savoir où votre nom à tout il y a plein de trucs qui là dedans les 1200 euros c'est un point intéressant mais je vous le redis pour l'instant ça ne concerne qu'une infime minorité 48 personnes sur 2,5 millions de salariés donc et alors quand je vois là que le gouvernement se flatte que ça va permettre d'augmenter les les petites retraites ainsi de suite bon ce qui sort c'est quand même qu'avec deux ans de plus ça faudra 3,5 % d'augmentation sur sur les petits sur les petites retraites excusez-moi 3,5 augmentation sur les petites retraites c'est pas énorme quand les patrons se prennent 52% on en fait pas tout un plat il faudrait même même pas en parler on passe au standard d'un terre Alain nous appelle du Var bonjour Alain bienvenue oui bonjour alors vous êtes en train d'enfumer tout le monde aussi bien rouge analyse que le député qui est en train de discuter hier il y a eu une très bonne émission sur France Culture sur laquelle d'ailleurs il n'y a aucune publicité alors allez-y oui alors allez-y je vais je vais il y a trois moyens soit d'augmentation soit on augmente le les prélèvements les prélèvements les cotisations voilà et soit on joue sur les pensions voilà donc il y a pas 36 solutions et ça c'était clairement exprimé hier car entre 14 et 15h à France Culture qu'est-ce que vous politisez le départ et alors en France on fait une réformes regardez le modèle scandinave il est égalitaire et personne ne le critique donc les députés ont des régimes entre autres trop favorables il y a un tas de registre spéciaux il faut supprimer ça arrêter avec cette réformette c'est tout merci Alain pour cette question on va essayer de dissiper la fumée qui a sur ce plateau François Ruffin sur le sur le régime scandinave qui est le cœur tout de même de la question d'Alain ce qui est intéressant salut nos amis de France Culture au passage le ministre suédois qui ont mis en place la réforme dit que c'est une catastrophe qui s'était passé en Suède de rallonger de faire un reportage là-bas et il a invité interpellé manuel Macron pour qu'il ne mette pas cette place cette réforme en France donc là la question c'est est-ce qu'on veut passer d'une retraite méritée à une allocation de pauvreté pour des tas de personnes qui arrivent pas à travailler jusqu'à 64 ans mais de manière plus générale il y a quand même des questions qui doivent se poser ça fait 40 ans qu'on a de la robotique on a du numérique on a de l'informatique dans le pays où passe les gains de productivité il a besoin de moins de salariés pour produire beaucoup plus où passe les gains de productivité c'est une vraie question qui me pour moi doit être de manière récurrente au patron la CGPME au de la République en marche au ministre où passe ses gains de productivité il y a une première réponse c'est que dans les années 80 on travaille une semaine par an pour les actionnaires on travaille aujourd'hui quatre semaines par an pour les actionnaires donc là il est évident que vous savez je vous le répète mais c'est beaucoup gros pour comme pour moi comme une vache au milieu du couloir et c'est cette question du partage de partage des richesses dans la société ça devrait être la question qui devrait être éternellement débattu et aujourd'hui ça presse ça passe presque à la trappe mais même dans le cadre d'une réforme comme celle des retraites ça doit être débattue de manière centrale
François Ruffin