Festival de Cannes : une toile entre le réel et la fiction -Emmanuel Carrère et Mahamat-Saleh Haroun
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[Applaudissements] les matins de france culture guillaume erner en direct du festival de cannes avec nos deux invités mahamat saleh haroun bonjour vous présentez votre film linguiste en compétition officielle emmanuel carrère bonjour vous présentez ouistreham en ouverture de la quinzaine des réalisateurs à la croisée entre fiction et réalité vo2 film aborde la condition des femmes qui vivent en marge de la société situé au tchad et en normandie vos films retracent chacun à leur manière bien sûr le destin de ces femmes en quête d'indépendance et on va aborder avec vous les liens entre art et politique et la responsabilité comporte en tant que cinéaste engagé je suis avec mon camarade antoine guillot et je vous propose tout d'abord d'entendre un extrait de ouistreham bonjour terminer ma copine quelques montées copine marianne ok marianne tu veux te croyais et oui tu as déjà fait ça oui dans les toits ya oui oui tu sais un petit peu comment ça se passe oui donc escale de 1h30 à une seconde de plus et au swing oui ok par contre c'est très dur faut aller très vite je peux te dire tu vas en chier passer ça se passe comme ça ferris et opérations commandos wii dont christelle tu va la prendre avec toi lui ce qui est un petit peu comment ça se passe ouais peux te fait justin avec toi justin qu'est la wii tué marie christelle expliqué marianne un petit peu comment ça se passe je peux lui faire voir par contre il ya pas d c'est un cessez-le-feu ou ça fait pas on est ok oui on y va parce que le but ce qui nous attend le ferry lui n'attend pas marché aux fêtes mariales je ne tolère aucune absence et aucun retard ni antoine guillot une présentation une présentation d'emmanuel carrère faut-il de présenter parce qu'ici vous le connaissez bien sans doute plus comme écrivain hors emmanuel carrère est aussi un grand cinéaste qui est trop rare moi je l'avais découvert comme cinéaste avec retour à kotelnitch qui était un documentaire tourné en russie complètement incroyable qui était très littéraire aussi parce que habité par toute une tout des bleus plusieurs strates de littérature russe qui le hantent et presque évidemment la moustache avec vincent lindon adaptée de son de son propre livre or ce qui est très passionnant avec ce oui ce tram c'est que pour la première fois les manuels carrère s'aventure hors de son territoire littéraire puisqu'il adapte le quai de ouistreham de florence aubenas on a entendu marianne mais ça aurait pu être florence prononcer mais c'est loin et il pour autant de son univers littéraire ça c'est une question intéressante et puis deuxième film celui de mahamat saleh haroun linguee je vous propose d'écouter un extrait de ce film je ne je suis vraiment désolé docteur s'il vous plaît mais abaisse de le supplier maman ça se voit mal à ses béquilles sans foule ils sont fous de son film la mi temps et on s'en va et elle a plein qui peut faire ça fait assez toi et ton père maria hill au courant il est mort djoko loges elle a 15 ans j'ai raison vous avez un milieu humide lien oui madame ne sais pas pour moi c'est pour payer la clinique et les infirmières tu accordes autant m ça se passera par ici mais ne vous inquiétez pas madame tout ira bien je vous en prie vous n'en parlez à personne ça doit rester entre nous d'accord un extrait de votre film linguee mahamat saleh haroun m guillot une présentation une présentation peut être de mahamat saleh haroun pour ceux qui le connaissent pas et aurait tort de ne pas le connaître en tout cas à cannes on connaît bien puisque on depuis 2002 avec à bouna qui avait été présenté à la quinzaine des réalisateurs un homme qui crie prix du jury en compétition au festival de cannes en 2010 mahamat saleh haroun c'est le premier cinéaste tchadien et c'est une filmographie qui racontent parfois directement comme dans son documentaire extraordinaire hissène habré est une tragédie tchadienne sur le procès d'hissène habré mais aussi par là par la fiction les ce pays qui a été traversée par par des guerres civiles par des blessures très profonde que mahamat saleh haroun non seulement met en scène mais travaille à réparer aussi dans des histoires qui jusqu'à présent était très masculine était beaucoup de questions de relations paternelles de perrin de père à fils est là pour la première fois des personnages féminins un film entièrement au féminin filmant des femmes non seulement en marge de la société non seulement comme on l'a entendu dans cette scène avec une jeune femme encombré d'un enfant dans un pays où l'avortement est interdit à la fois par la loi et par là par la religion mais aussi et c'est là sans doute un des points communs entre vos deux films des femmes au travail et oui vous vous alerter sur cette situation par le biais du cinéma il faut dire aussi que vous avez été pendant une année environ ministre de la culture du tchad mahamat saleh haroun pourquoi alerté de cette manière là pourquoi montrer cette réalité de la vie des femmes en août chad parce que les prégnante parce que je vois de plus en plus de faits divers dans les journaux avant on n'en parlait pas il ya une dizaine d'années est là des foetus enfin des nouveau nés abandonnés et tout fait c'est vraiment quelque chose d'horrible et d'insupportable de le lire comme ça tous les quatre matins et j'ai commencé donc en parler avec mon frère qui est médecin à n'djamena dans un hôpital et là j'ai découvert en fait la catastrophe comme interrogeant des femmes et ce qui était bouleversant ces deux en questionnant certaines femmes même de mon entourage c'est de se dire je ne savais pas ça qu'elle avait vécu tout ça en fait c'est des choses qui se passaient en fait dans la clandestinité et si j'en arrive à cette histoire là c'est parce que j'ai racontée ddd l'histoire des hommes dans un pays d'un gang rcd hommes qui tiennent les armes et c'est comme un livre en fait dire qu en tournant la page je tombe sur l'étape suivante et les femmes et sait comment elle s'est débrouillée en fait elles sont sous cloche les hommes sont au dessus j'ai laisé cartographier radiographier et puis en fait en dessous il y a des gens qui se battent pour essayer de deux de ses vingt six pay seulement quoi et cd vraiment des héroïnes du quotidien et cd figurent j'en ai vu des femmes comme ça à ccc extraordinaire je sais pas comment elles font pour tenir d'autant plus qu'elles ne peuvent pas partager des fois ces choses là avec les proches quoi donc voilà c'est une autre manière de filmer les femmes chez vous emmanuel carrère en france pourquoi l'avoir choisi est pourquoi avoir adopté là aussi ce regard qui empruntent et donc un livre signé florence aubenas c'est une autre manière je ne sais pas parce que malheureusement j'ai pas vu de film de mahamat saleh haroun je peux je fais juste une parenthèse pour dire que fois l'admiration que j'ai posées pour ses films j'en mangeais pas vu j'ai pas donc on est chacun dans notre couloir de nage à l'âme et que mais ce que je faisais gg j'ai eu l'honneur de faire partie du jury au festival de cannes qui avait attribué le prix du jury justement à votre film un homme qui crie et jeux j'y repensais c'est pas si fréquent que onze ans après un film laisse une trace comme ça je me rappelais je m'en rappeler des images me rappelais ddd voilà je voulais dire ça alors pour mon truc à moi il ya un point commun même si vous n'avez pas vu encore line guy emmanuel carrère c'est le fait qu'on s'attache donc à la condition de femme qui sont des femmes dans des conditions sociales très difficile là ça se passe pour vous à ouistreham à ouistreham en normandie les héroïnes du film sont pour la plupart femme de ménage pour certaines à bord d'un ferry ce qui est un vin de travail particulièrement difficiles particulièrement ingrat parce que les les les escales un ferry c'est énorme c'est je sais c'est 230 cabine ça durerait le temps d'escale c'est c'est une heure et demie c'est comme le dit la lah contremaître du ferry c'est vraiment opération commando c'est un boulot de fou quoi et donc on a essayé dans ce film en partant du livre de florence aubenas qui est un extraordinaire livre de journalisme d'immersion comme on dit bah ça date à peu près la même époque un homme qui crie quoi c'est un week end il est une une dizaine d'années qui de la même façon a vraiment marqué les consciences les gens se le rappelle quoi 7,7 au point d'ailleurs c'est très difficile aussi de faire un film là-dessus parce que voilà tout le monde se rappelle le livre tout le monde a été marqué par le livre donc on vous attend au tournant comme on dit mais voilà on y est on a essayé d'être d'être juste dance est dans cette description d'un travail et d'une condition d'une condition qui est aussi celle de de gens qui n'ont pas ce qu'on appelait autrefois ddd vrai métier au sens de métier avec un salaire avec la avec la sécurité sociale avec des congés payés toutes sortes de choses qui ont pour beaucoup disparus et ont donc qui font des heures par ci par là deux heures à un endroit deux heures à un autre ces endroits étant séparés par souvent de très longues distances on bouffe en essence le à peu près l'essentiel de ce qu'on gagne enfin c'est très dur on a essayé de montrer cette cette difficulté et le film et j'espère vous parliez d'héroïne du quotidien je pense qu'on pourrait dire la même chose là que quelques ça essaie de décrire ça et de décrire ça avec proximités sympathie et et et justesse bon finalement là aussi c'est vraiment un point commun avec votre film matin les séries tout à fait emmanuel carrère parler d'eux un homme qui crie il y à une sorte de lien moi j'avais découvert que retour à côté lisse qui m'avait beaucoup bouleversé en sortant de là donc c'est comme c'est par ce film que j'ai découvert en fait l'oeuvre littéraire donc que je suis entré dans votre oeuvre par le cinéma et le lien qui lie à enfin quand j'entends emmanuel parler de son film c'est et ces femmes en fête qui sont à la marge en fait et sait comment elles se débattent à la marge de ce centre qui lui domine un peu et c'est ce sentiment là en fait et moi en tout cas je je je suis sensible à ça parce que j'ai été élevé par ma grand-mère quand fête qui était une femme de caractère et qui a quand même je veux dire que même si elle avait été en france elle aurait marqué quand même un peu l'histoire parce que c'est une femme qui a divorcé en 1947 de mon grand père qui s'étant fille qui a pris mon père enfin comme ça sur un chevalet les parties et on l'a rattrapé on lui a arraché son enfant et elle n'a jamais en fait elle ne s'est jamais remariée jusqu'en 2000 2001 elle est décédée en 2001 c'est pour vous dire en fait est ce qu'elle a connu d'autres hameaux ou pas je n'en sais absolument rien mais cette femme là c'est une figure que je porte et je suis entouré de femmes et quatre soeurs j'ai des tentes j'ai ma mère enfin et j'ai découvert des histoires qui m'ont bouleversé du coup je me dis que en fait c'est au tchad c'est les femmes qui tiennent les rênes voilà l oms le second rôle mais en réalité c'est elles qui font tourner la machine ce sont des hommes qu'il commandait les femmes qui travaillent l'homme voilà les hommes paradent et les femmes en fête font font marcher là les choses quoi voilà swan guillaud c'est précisément ce qui est passionnant dans ce que vous montrez mahamat saleh haroun nord dans ce film linguee parce que ces femmes en marge de la société apparemment sont obligés de de toutes les pressions de toutes les convoitises enfin les ailes sont sujettes au pouvoir des hommes que ce soit un imam qui va faire expier avis le crime d'avoir eu un enfant en étant en étant fille mère que ce soit un voisin concupiscent qui m'a très bien dans son lit la mère et la fille en même temps de manière tout à fait légale puisqu'il se marierait avec elle lorsque vous montrer ce qu'il y à une sorte de contre société une société clandestine qui est celle justement de ces liens du titre du film une secousse qu'on pourrait pas on pourrait parler de sororité en tout cas il y a il y à une sorte de complot des femmes pour faire croire aux hommes qu'ils ont le pouvoir et pour en fait effectivement se tenir solidairement et pouvoir pouvoir survivre oui parce que comme elles sont on les prive un peu de tous les droits et elle essaie d'organiser une sorte de contre résistance et il faut bien continuer à survivre malgré toutes les oppressions et tout ça et il y à un phénomène enfin c'est un précepte un qui vient vraiment de la culture tchadienne qui s'appelle le lean guy qui est le lien sacré qui lie à rentrer pour faire société pour faire communauté et que quand on se connaît quand on partage c'est presque en france on le retrouve un le mot copain vient du fait que on partage le pain donc symboliquement si je partage un repas et même cette émission avec emmanuel carrère et si je devais le revoir ça créerait quelque chose qui s'appellerait le lundi et qui est cette loyauté en fait que je dois un moment donné en amitié à quelqu'un et c'est ça qui permet en fait aux gens de dettes que dans cette entraide d'être dans cette solidarité est dans une forme de loyauté c'est à dire qu'à un moment donné elles font des actions et elle garde tout ça secret parce qu'elles savent qu'elles francis une certaine ligne interdite par les hommes emmanuel carrère vous avez donc décidé de porter à l'écran quai de ouistreham de florence aubenas et c'est à la fois un livre éloigné de ce que vous faites et à ses proches en ceci que on a affaire à une écriture du réel c'est une forme d'écriture ou écrivains se met en scène comme ce que vous faites pourquoi avoir décidé d'adapter un livre et ce livre là en particulier c'est effectivement c'est pas absolument de mon registre a priori 7,7 c'est une c'est une chronique sociale que j'ai essayé de traiter au fond au plus près au plus au plus près du quotidien de mais il ya aussi une gt aussi intéressés par la démarche de de florence aubenas qui donc qui fait ce qu'on appelle du journalisme d'immersion c'est à dire qu'elles qu'elles ce qu'elle a fait et essayant de savoir ce que l'it ce que c'était que qu'on appelle la crise ce que c'était que 7,7 ce c'est ce travail qui devient de plus en plus rares de plus en plus difficile et c'est dit voyons voyons ce qui se passe pas en étant un observateur extérieur mais je me pointe à pôle emploi en disant ben je suis une femme de 50 ans qui a jamais vraiment travailler autrement que pour son mari pas qui était garagiste en faisant sa comptabilité son mari m'a larguée pour une jeunette et je me retrouve à devoir gagner ma vie alors que je n'ai jamais gagné donc quand je vais à pôle emploi où on me dit que je suis une personne éloignés de l'emploi et tout ce qu'elles trouvent les dans ces cas là qu'est ce qu'on trouve on trouve des job de femme de ménage et encore quand tu es quand on quand on lui annonce sa elle fait un peu groupe on lui et puis elle dit moi bon bah je prends ni bas prenez vous prenez encore faut-il qu'on vous prenne et elle rentre dans cette thèse dans ce dans ce monde du trot du du travail près souvent précaires qui est que voilà que décrit le film merci d'avoir présenté vos deux films je les rappelle emmanuel carrère ouistreham en ouverture de la quinzaine des réalisateurs et même saleh haroun ligne guy en compétition officielle merci à mon camarade antoine guillot de nous avoir accompagnés pour ces matins en direct de cannes france culture l'esprit d'ouverture [Musique]
Maryse Carrère