L'invité de Bourdin Direct : Louis Aliot - 25/01
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Une question d'abord sur cette campagne, Gilbert Collard.
- 1:03OuverteRéponse directe
Vous le trouvez bien ingrat, quoi ?
- 1:37RelanceRéponse directe
C'est quoi ? C'est un calcul politicien ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Ce n'est pas votre thématique aussi, ça ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Il y a une question qui se pose aussi sur la suite, c'est-à-dire qu'ils disent tous, Gilbert Collard, Damien Rieux, qu'ils ne sont pas les premiers, qu'il y en aura d'autres derrière.
- 3:04RelanceRéponse directe
Non mais pardon, ça vous satisfait de dire qu'elle sera du côté du mieux placé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Il ne l'a eu que parce qu'il était sur une liste à la proportionnelle du Rassemblement National. »
- 5:46Invité politiqueChiffre
« Le baril de pétrole est plus cher aujourd'hui qu'il ne l'était il y a un an ? Non. »
- 5:57PrésentateurFait
« 70% du prix qui est affiché à la pompe, c'est des taxes. »
- 6:45Invité politiqueChiffre
« On parle d'une baisse de 20% de la DGF. »
- 10:23Invité politiqueChiffre
« Dans les 10 ans qui arrivent, on va perdre 80% des médecins présents. »
- 14:11Invité politiqueFait
« On devrait les réexpédier dans leur pays d'origine tout de suite. »
- 14:20Invité politiqueFait
« Hors d'état de nuire ? En prison, tout simplement. »
- 16:55Invité politiqueFait
« Ce n'est pas la première fois que cette permanence se fait détruire et le député molesté. »
- 18:47Invité politiqueFait
« Qu'est-ce qu'il a fait contre les Gilets jaunes à part faire preuve d'arrogance et ça a dégénéré par la suite ? »
Temps de parole
- Louis Aliot71 %
- Présentateur29 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Louis Agneau. Bonjour. Merci d'être venu répondre à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Vous êtes le maire de Perpignan, apparenté Rassemblement National. Une question d'abord sur cette campagne, Gilbert Collard. Gilbert Collard qui est désormais aux côtés d'Éric Zemmour et qui se paye même le luxe de dire hier, Marine Le Pen est la bienvenue chez nous, c'est-à-dire chez Éric Zemmour. Ce n'est pas tout à fait le scénario que vous imaginez.
Écoutez, il fait du cola, tout le monde le connaît simplement. Je pense que Gilbert devrait tirer les conclusions de son engagement chez Zemmour car le mandat qu'il a eu, il ne l'a eu que parce qu'il était sur une liste à la proportionnelle du Rassemblement National. Il faut respecter les électeurs, il devrait démissionner de son mandat et à partir de là, je pense que sa démarche serait totalement admissible, crédible. Après tout, on est des hommes libres, mais il faut quand même respecter les gens qui nous ont mis en place et en l'occurrence, ce n'est pas ce qu'il fait.
Vous le trouvez bien ingrat, quoi ?
Je ne sais pas si c'est l'ingratitude, mais j'ai l'impression qu'il s'amuse un peu. J'ai écouté son discours, il rigole beaucoup. Alors, je ne sais pas si la situation l'amuse, mais moi, je peux vous dire que dans ma ville et un peu partout en France, la situation, elle est dramatique et que je pense que ces changements de posture politique en pleine campagne, ça n'arrange personne, ça ne permet à personne de pouvoir parler du fond et on reste tout le temps sur l'écume des choses. Et je pense que ces calculs politiciens, vous savez...
On va en parler, pour le coup, du fond ce matin. C'est quoi ? C'est un calcul politicien ? Pour autant, il va chez quelqu'un qui, aujourd'hui, est plutôt plus bas dans les sondages.
Oui, mais voilà, c'est incompréhensible de ce point de vue-là. Mais après, ils sont, j'allais dire, tous orientés, ceux qui sont partis chez Zemmour, sur, on pourrait dire, une thématique unique qui reste la défense de la civilisation, qu'il faut évidemment défendre.
Ce n'est pas votre thématique aussi, ça ?
Bien sûr, mais on ne peut pas faire une campagne électorale que sur ça. Parce que nous, ça fait 30 ans qu'on se bat sur ça. On n'a pas attendu, ni M. Collard, ni les autres, pour défendre cette thématique-là. D'ailleurs, ils sont venus chez nous, précisément, parce que nous défendions cette thématique-là. Mais aujourd'hui, à l'heure où on va parler du pouvoir d'achat, je suppose, et tous les problèmes que rencontrent les Français, notamment les plus pauvres, les plus modestes, je pense que ces migrations politiciennes ne sont pas du goût de tout le monde. Et je peux vous dire, pour être allé, samedi matin, un peu dans la rue, prendre la température, que les Français n'aiment pas ça.
Voilà, ils n'aiment pas.
Il y a une question qui se pose aussi sur la suite, c'est-à-dire qu'ils disent tous, Gilbert Collard, Damien Rieux, qu'ils ne sont pas les premiers, qu'il y en aura d'autres derrière. Ils parlent notamment de Marion Maréchal-Le Pen. Est-ce que vous redoutez éventuellement qu'elle aille rejoindre Éric Zemmour ?
Écoutez, elle a dit qu'elle se placerait derrière le mieux placé. Pour l'instant, c'est Marine Le Pen qui est la mieux placée dans les intentions de vote. On verra plus tard. Mais encore une fois, je pense qu'on ne se rend pas compte à quel point on est, avec ces choses-là, éloigné du débat.
Non mais pardon, ça vous satisfait de dire qu'elle sera du côté du mieux placé ? C'est-à-dire que c'est les sondages qui décident ? C'est tout ? En fait, visiblement, ça veut dire que Zemmour et Marine Le Pen, c'est kiff-kiff. On verra juste celui qui est le mieux placé.
Moi, je ne suis pas dans sa tête. Moi, je me bats dans mon mouvement depuis 30 ans. J'ai été à divers postes dans mon mouvement, malgré les vicissitudes, les querelles qui peuvent arriver, les désaccords quelquefois, les batailles, notamment avec Jean-Marie Le Pen, etc. Je suis là parce que je considère que le Rassemblement National est aujourd'hui la formation politique la seule capable à pouvoir rassembler pour défendre l'intérêt, aujourd'hui, des Français les plus modestes et de la France en général, en quelque sorte, de réconcilier le peuple avec la nation.
Et dans ce peuple-là, aujourd'hui, il y a, j'allais dire, beaucoup de Français, quelle que soit leur race ou leur religion, quelle que soit leur condition sociale, et c'est ce qui peut-être me différencier d'un certain nombre de positions que je trouve chez M. Zemmour. C'est très frappant ce que vous dites.
C'est-à-dire que, pour vous, vous devez rassembler et vous préciser quelles que soient les origines des uns et des autres.
Bien sûr. Je ne suis pas d'accord de ce point de vue-là. Je suis assez d'accord avec le maire de Béziers, mon collègue Robert Ménard. Il y a aujourd'hui des gens qui ne sont pas, je veux dire, des Français d'origine, mais qui sont dans leur comportement de tous les jours, des Français à part entière, et même, quand je regarde, des gens qui sont beaucoup plus patriotes que certains autres Français qui ont oublié qu'ils étaient Français et qui vivent quelquefois des situations privilégiées.
Vous dites que vous êtes dans le rassemblement. On y reviendra dans un instant, parce que Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, dit au contraire que ce serait la déconstruction. Mais vous le disiez, il y a une vraie préoccupation aujourd'hui des Français, et je voudrais qu'on en parle tout de suite, c'est la question du pouvoir d'achat, les prix de l'essence, l'essence qui n'a jamais été aussi élevée. Encore un record franchi cette semaine, 1,65€ le litre de gazole, 1,72€ pour le sans-plomb 95, et ça, c'est une moyenne. Comment est-ce qu'on fait ?
Est-ce que vous seriez partisan, comme le gouvernement semble l'indiquer, d'augmenter les indemnités kilométriques, c'est-à-dire augmenter les indemnités pour ceux qui travaillent, qui utilisent leur voiture pour aller travailler, et ce serait une déduction d'impôts ?
Je pense qu'ils se trompent, je pense que c'est une méconnaissance totale du tissu social de notre territoire. La voiture n'est pas un produit de luxe. Tous les jours, vous avez des ouvriers, des employés, des mères de famille qui utilisent leur voiture pour aller porter les enfants à l'école, pour aller travailler. L'histoire des indemnités kilométriques, pour beaucoup, ils ne savent même pas ce que c'est, parce qu'ils ne l'ont jamais fait. Tout ça, c'est du langage technocratique qui ne résout pas le problème de fond. Le problème de fond, il est à la pompe. Est-ce que le baril de pétrole est plus cher aujourd'hui qu'il ne l'était il y a un an ? Non. Voilà, la vérité, c'est ça.
En revanche, les taxes sont toujours les mêmes.
Alors, il est quand même plus haut. Il est quand même plus haut. Mais en effet, 70% du prix qui est affiché à la pompe, c'est des taxes.
Alors, on pourrait baisser la TVA, comme vient de le faire l'Espagne, par exemple. Pourquoi on ne baisse pas la TVA ? Pourquoi, si ça dure, et si le baril venait à progresser encore...
Vous la baisseriez, si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, vous la baisseriez à 5,5,
comme sur tous les autres produits, considérés comme de première nécessité. Parce qu'en plus de ce problème de l'essence, je le rappelle, qui n'est pas fait pour aller qu'en vacances, la voiture, c'est un outil de travail aujourd'hui. Il y a tout le reste. Et les gens qui reçoivent aujourd'hui les factures de l'électricité, les factures de gaz, les factures de l'eau, les impôts locaux, parce qu'on ne le dit pas, mais l'État est en train de restreindre les aides qu'il donne aux collectivités. Ça, il faudrait un jour en parler. Et ça prête à le faire d'une manière drastique. On parle, par exemple, pour une ville comme la mienne et l'agglomération. À Perpignan.
On parle d'une baisse de 20% de la DGF. C'est quoi la DGF ? C'est la dotation globale de fonctionnement sur les années à venir. Mais ça va être catastrophique pour les finances. Et il restera quoi au commun ?
Vous allez faire comment ? Vous allez augmenter de 20% les impôts locaux ?
Oui, mais non, parce que c'est déjà très haut. Et donc, il y aura une qualité de service moindre. Et l'État prend la responsabilité, non seulement d'appauvrir, mais de restreindre la qualité des services publics. Et donc, de mettre un peu plus des gens dans la rue et dans la résistance au système en place, avec malheureusement les débordements
que l'on connaît et qu'on en a connus. Dans la résistance. C'est-à-dire que vous vous dites que ça va créer à nouveau des mouvements de contestation, de colère ? Je peux vous dire que l'essence,
je vous le ressens aujourd'hui, l'essence redevient un sujet qui était le même qui a initié le mouvement des Gilets jaunes. Si on continue, on aura un mouvement style Gilets jaunes d'Ale-moi qui arrive peut-être même en pleine campagne électorale. Et on verra bien comment réagit ce gouvernement. Moi, je pense qu'il est très éloigné des préoccupations des Français et qu'il ne parle pas assez à ces gens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts. La qualité des services publics baisse et on le voit tous les jours en matière hospitalière, en matière de santé publique. On manque de médecins, on manque de soignants. Enfin, je veux dire, on dirait que la France est en faillite.
On va prendre les choses une par une. Pour vous, la France est en faillite. On vient de parler de... On dirait que la France est en faillite. On a d'un côté l'essence. On a bien compris pour vous l'indemnité kilométrique. Ce n'est pas le bon levier. Vous seriez pour baisser les taxes. Je dirais qu'on parle aussi de la baguette. Évidemment, c'est devenu tout un symbole. Michel-Edouard Leclerc qui avait annoncé sur RMC qu'il baissait la baguette à 29 centimes. Lidl qui a suivi. Super U ce matin qui nous disait qu'à l'inverse, eux faisaient un autre choix, ne voulaient pas rentrer dans cette guerre des prix. Où est-ce que vous vous situez ?
Est-ce que vous êtes du côté d'une baguette à 29 centimes d'euros qui dit pouvoir aider le pouvoir d'achat ? Ou est-ce que vous êtes plutôt du côté des artisans, des producteurs en vous disant qu'il ne faut pas casser la filière ? Comment on fait pour joindre ces deux exigences ?
Je dis d'abord d'où vient cette baguette ? Est-ce qu'elle est faite avec des produits français ? Est-ce qu'on a favorisé les circuits courts ? Quelle est la qualité du produit que l'on propose aux gens qui vont l'acheter ? Si c'est pour proposer en quelque sorte au foyer modeste des produits de qualité moindre, je trouve ça particulièrement odieux. En revanche, si on arrive à travailler sur les prix en favorisant les circuits courts, les produits français, les productions françaises et qu'on arrive à faire baisser le prix de la baguette, tant mieux. J'en profite pour saluer d'ailleurs, je vous signale le boulanger de Perpignan qui a gagné le concours du meilleur boulanger de France.
On le félicite au passage.
Et qui se trouve évidemment en concurrence avec les produits de Leclerc. Et ça ne rend pas hommage, en quelque sorte. Ça ne favorise pas la qualité de l'artisan en France, de l'artisanat, du métier.
Oui, mais encore faut-il pouvoir se le payer.
Oui, exactement. Mais je reviens à ma première question. Est-ce que la baguette à 29 centimes, elle est de la qualité ou d'une qualité qui est équivalente à celle qui vale 90 centimes ?
Louis Alliot, vous l'évoquiez à l'instant, la question des déserts médicaux. C'était l'un des thèmes de déplacement hier d'Emmanuel Macron. Précisément, vous, à Perpignan, comment vous faites ? Est-ce qu'il y a tous les médecins que vous souhaiteriez avoir ? Et quelles solutions vous proposeriez ?
On est en train de faire des maisons de santé, des maisons médicales qui accueillent des médecins et des professionnels de la santé. Et un lieu que nous avons payé, que la mairie a payé, qui a mis à disposition d'un certain nombre de médecins. On favorise dans les quartiers un certain nombre de médecins qui veulent se regrouper pour avoir une offre médicale. Mais on sait très bien que sur certains quartiers de la ville, dans les 10 ans qui arrivent, on va perdre 80% des médecins présents. Et donc, il faut déjà réfléchir à ce que l'on va proposer pour faire venir des médecins.
Est-ce que vous iriez jusqu'à remettre en question la liberté d'installation des médecins ? Est-ce qu'il faut imposer des médecins dans certains lieux ? Il ne faut pas imposer,
il faut ouvrir un peu plus. Il y a des étudiants français qui ont été frustrés pendant des décennies alors qu'ils avaient des moyennes très acceptables au concours précisément d'entrée en médecine. Ils se sont vus refuser, évidemment,
le fait de redoubler, par exemple, qui a été interdit. Est-ce que vous reviendriez là-dessus ? Est-ce que vous mettriez plus de souplesse dans les études de médecine ?
C'est-à-dire qu'on interdit à des élèves, de bons élèves français de pouvoir poursuivre des études de médecine et ceux-là, qu'est-ce qu'ils font d'après vous ? Ils partent en Belgique, en Espagne ou je ne sais où, en Roumanie, faire leurs études de médecine et ils reviennent après et en même temps, les hôpitaux et un certain nombre de villes qui n'ont pas les capacités d'avoir des médecins français font venir des médecins étrangers qui viennent jouer une espèce de concurrence un peu déloyale alors que nous pourrions nous-mêmes former nos propres médecins.
Cela dit, une fois qu'ils sortent de l'école, ils n'ont pas forcément envie de s'installer dans des déserts médicaux. Est-ce qu'il faut quand même les y inciter, voire même les y contraindre ? Vous voyez que Valérie Pécresse, par exemple, elle dit qu'il faut créer des docteurs juniors, c'est-à-dire que la dernière année d'études de médecine se ferait dans des déserts médicaux et ils devraient y rester les deux premières années de leur carrière.
On pourrait les inciter. Ça peut être cette dernière année effectivement de stage. Mais on pourrait aussi inciter les jeunes médecins par des aides de l'État à aller s'installer dans les endroits où il n'y en a plus. Dans la ruralité, il n'y en a plus. C'est quand même catastrophique quand vous voulez un rendez-vous. Même avec un généraliste, ça devient aujourd'hui difficile. Et quand je dis la ruralité, ce n'est pas le village de 10 habitants. Vous avez des villes de 1 500, 2 000 habitants qui ont de gros soucis d'offres médicales et c'est absolument inadmissible. Et que fait l'État ? J'ai l'impression qu'il parle beaucoup.
Donc on attend encore que l'État aide. Donc l'État doit aider en prenant moins de taxes. L'État doit aider en donnant de l'argent aux jeunes médecins, l'État...
Oui, d'accord. Mais on en est arrivé à cette situation parce que l'État n'a pas fait son travail jusque-là. Il faut donc aujourd'hui rompre avec l'ancien système et favoriser de nouvelles installations. Et ça, malheureusement, ce ne sont pas les partis qui ont gouverné la France depuis 40 ans et qui nous ont mis dans cette situation qui vont trouver les solutions demain pour changer cette situation. Donc je pense que cette élection présidentielle, c'est aussi le moment du débat et de remettre tout sur la table. Et à ce moment-là, on verra quelles sont les responsabilités de la droite de M. Pécresse et de la gauche qui est aujourd'hui, on peut le dire, aspirée par M. Macron et ses alliés.
Louis Alliot, vous avez regardé la télévision dimanche soir, Zone interdite dont tout le monde parle sur M6.
Oui, j'ai vu le reportage.
Le reportage, effectivement, consacré à la radicalisation dans quelques quartiers de France, notamment à Roubaix qui a fait beaucoup réagir ces quartiers islamisés où il n'y a plus de boucherie traditionnelle où on vend des jouets sans visage. Est-ce que vous êtes confronté à cette problématique à Perpignan ?
Pas autant qu'à Roubaix, mais si on n'y met pas garde, on pourrait demain y être confronté. Donc aujourd'hui, non. Mais si on ne remet pas de la diversité dans certains quartiers, si on n'interdit pas un certain nombre de comportements dans certains quartiers, eh bien, nous arriverons à cette situation.
Alors moi, j'aimerais bien savoir ce que vous mettez derrière certains comportements, certains quartiers, certains pratiques.
Par exemple, des femmes voilées qui sont de plus en plus nombreuses, c'est des choses qu'on ne voyait pas il y a encore 5, 10 ans. Mais il y a des voiles qui ne sont pas illégaux. Non, non. Vous allez les rendre illégaux. Quand je vous parle de voiles, c'est des voiles intégraux, en quelque sorte. Sur l'islam radical, je pense qu'aujourd'hui, c'est quand même surveillé par les pouvoirs publics. Mais là, je veux dire, il n'y a pas de tolérance zéro en la matière. Il y a un certain nombre de gens qu'on a vus dans ce reportage, on devrait les réexpédier dans leur pays d'origine tout de suite. Et s'ils sont français, les mettre hors d'état de nuire. Ça veut dire quoi,
hors d'état de nuire ?
En prison, tout simplement.
Mais en prison pour quoi ? En prison pour quel fait ? Par exemple, vous vendez des poupées sans visage, ce n'est pas interdit ? Eux,
on peut leur fermer, on peut leur fermer le magasin, ce n'est pas interdit, mais il va falloir quand même qu'on s'occupe de cette question. Parce que si on met des poupées sans visage au prétexte qu'une religion l'interdit, il faut quand même rappeler à ces gens-là que nous sommes dans un état laïque, que les religions, ça existe, elles sont, j'allais dire, protégées, mais elles ne doivent pas guider l'action publique et notamment dans l'espace public. Elles ne peuvent pas faire n'importe quoi et encore une fois, elles doivent respecter les lois de la République et les lois du pays
dans lequel nous vivons. Je s'entends bien, mais il n'y a pas de normes qui disent qu'il faut des poupées avec visage. C'est là-dessus que ça joue. On entend dans ce reportage une maman qui explique comment justement traverser les mailles du filet, dire que nos enfants écoutent de la musique parce qu'ils en écoutent simplement dans les centres commerciaux. Ils savent... Voilà, comment on fait ? Où est-ce que vous mettez la limite ?
Quand vous commencez à voir ça, à des horaires aménagés, à favoriser un certain nombre de menus dans divers restaurants, etc. Quand vous commencez à interdire certains quartiers à des gens qui ne sont pas de votre religion, ça commence à faire beaucoup et je pense que ça devrait être une priorité nationale pour expurger d'un certain nombre de quartiers des idéologies qui n'ont pas leur place chez nous. Par exemple, d'interdire l'idéologie des frères musulmans, on le demande depuis longtemps, dont je rappelle qu'ils sont interdits en Égypte, aux Émirats Arabes Unis notamment et qu'en France, ils sont curieusement autorisés. Vous vous trouvez très naïf ? Oui, enfin, naïf ou complice ?
Je commence à me poser la question parce que c'est quand même absolument incroyable de tolérer cela et les pouvoirs publics sont assez, j'allais dire, spectateurs de tout cela alors qu'ils devraient être intransigeants. Je pense qu'on a subi dans notre chair...
Vous venez de dire quand même à l'instant, Louis Alliot, que des contrôles de l'État avaient lieu, que ça s'améliorait de ce point de vue-là ?
Surveillance, je n'ai pas dit de contrôle de surveillance, mais vous pouvez surveiller quelqu'un, voir qu'il a des agissements qui sont contraires à la loi, notamment dans son comportement, et puis laisser faire la situation en arrivant à des aberrations et à tout ce qu'on a pu voir, malheureusement, de crimes et d'attentats dans notre pays depuis maintenant une dizaine d'années.
Je voudrais qu'on parle de la violence anti-élu qui s'installe parce qu'elle a eu lieu notamment ce week-end chez vous à Perpignan. Samedi, le député de La République en marche de chez vous, Romain Gros, a été agressé, coup de poing au menton, il a entendu des cris, à mort, et ça c'était des antipasses, des anti-vax qui étaient face à lui. D'abord, vous avez condamné, vous l'avez appelé, vous lui avez parlé ?
Oui, oui, non, je l'ai condamné, je ne l'ai pas eu au téléphone, mais d'abord, ce n'est pas la première fois que cette permanence se fait détruire et le député molesté. et moi je m'inscrirais toujours, la politique, ce n'est pas la guerre civile. La politique, c'est le débat d'idées, c'est le droit de manifestation, mais évidemment, dans les limites de la manifestation et pas dans la violence. Et malheureusement, aujourd'hui, on est souvent pris à partie, vous savez, les élus locaux, pas seulement le député, mais en tant que maire, il arrive qu'on ait quelques noms d'oiseaux qui fusent. Vous aussi ?
Vous avez ce genre de confrontation ?
Ça m'est arrivé avec quelques extrémistes cet été, notamment indépendantistes catalans, par exemple. Donc je veux dire, il y a un spectre large qui aujourd'hui banalise un peu des comportements de violence, en tout cas d'arrogance, de mise en cause. Mais vous ne jouez pas ce jeu-là, vous ? Ah pas du tout, sinon c'est la guerre civile. Est-ce que nous voulons demain la guerre civile ?
C'est exactement ce que nous dit le ministre intérieur. Le ministre intérieur, il estime, et je le cite, que finalement, cette violence, au fond, c'est vous qui l'a provoqué. Marine Le Pen est la personne la plus dangereuse du pays. Avec elle, ce sera la discorde et la guerre civile.
Ben, il se trompe parce que pour l'instant, la discorde et la guerre civile, ce sont messieurs Darmanin et les gouvernements de M. Macron qui les ont provoqués. Car toutes les violences aujourd'hui qui s'installent dans notre pays, c'est quand même sous un gouvernement castex et sous la présidence de M. Macron. En revanche, je pense que si nous avions un État fort dans une République française qui défend ses principes, qui défend son autorité, sa laïcité notamment, et qui remettraient l'État de droit à sa place, permettraient, je pense, un retour à l'équilibre et un retour à la raison. Tout simplement parce que la violence
aujourd'hui vient du gouvernement et d'Emmanuel Macron ?
Ben, écoutez, qu'est-ce qu'il a fait contre les Gilets jaunes à part faire preuve d'arrogance et ça a dégénéré par la suite ? Qu'est-ce qui se passe ?
C'est lui qui a créé la violence des Gilets jaunes ?
Il n'a pas, mais il aurait dû intervenir tout de suite. Il ne l'a pas fait. Il a cru que ça se réglerait tout seul et au final, ça s'est installé. Ils ont été dépassés par les événements. Ce qu'il faut, c'est évidemment créer les conditions, je vais dire, d'un équilibre. Je tiens à cette formule un équilibre dans notre société et à ne pas pousser les gens soit à la misère, soit à la contestation. Et le pouvoir d'achat, c'est précisément l'un des sujets qui, demain, pourrait mettre des millions de personnes dans la rue avec des conséquences que je ne souhaite pas pour mon pays.
La question du pass vaccinal qui était quand même à l'origine de cette altercation qui a dégénéré samedi à Perpignan, est-ce que ça vous apparaît quand même comme un outil utile qui arrive au bon moment ?
Ça ne sert à rien. Donc c'est rigolé ? Oui, parce qu'au moment où les pays sont en train de se libérer et d'enlever toutes les contraintes, nous, on a un parlement qui se réunit et qui discute d'un pass vaccinal qu'on sera obligé très certainement de suspendre dans un mois ou peut-être avant.
Alors, tous les pays ne sont pas en train de lever toutes les contraintes. Ce n'est pas vrai. C'est le cas de l'Angleterre mais qui était très en avant de l'Espagne. C'est vrai qu'il a décidé de grippaliser comme ils disent le Covid. Mais regardez, à l'inverse, les Italiens ont rendu obligatoire la vaccination par exemple.
Les Espagnols n'ont pas plus de cas que nous, ne sont pas plus idiots que nous et vivent, j'allais dire, aujourd'hui dans un état de liberté totale. Bon, voilà. Est-ce qu'on ne pourrait pas prendre l'exemple espagnol chez nous ? C'est la question que je pose. Dans tous les cas, vous savez, les Français sont des gens... Vous, vous seriez favorable carrément à ce qu'on fasse comme l'Espagne, on lève tout. Oui, aujourd'hui, oui. Oui, aujourd'hui, on lève toutes les contraintes. Oui, mais les Français sont des gens raisonnables. Quand vous leur dites...
Il y a quand même eu 400 morts hier. Oui, mais... Ça n'a pas disparu.
Est-ce que vous avez le nombre, par exemple, des gens qui meurent du cancer des poumons dû au tabagisme ? Là, sur moi, non. Non. Mais je sais que c'est beaucoup Et pourtant, les cigarettes sont en vente libre. Donc, il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. En revanche, il faut aussi les arrêter... On les laisse libres de s'empoisonner. Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles sur le vaccin lui-même puisqu'on nous dit qu'être vacciné, ce que je suis, c'est la garantie de la contamination. Ce n'est pas vrai car vous pouvez être contaminé et vous pouvez contaminer les autres.
Donc, à partir de ce moment-là, très honnêtement, il faut qu'on m'explique à quoi sert le pass vaccin. Donc, faire comme l'Espagne et donc lever
les contraintes. Merci, Louis Alliot, d'avoir répondu à mes questions ce matin sur AMC BFM TV. Vous êtes le maire de Perpignan. Il est 8h54.
Louis Aliot