Éric Kerrouche : « Il y a régulièrement dans le débat politique des expressions antisémites »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites des propos de Macron sur l'antisémitisme dans la France insoumise ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il y a des expressions antisémites chez certains membres de la France insoumise comme le dit le chef de l'État ?
- 6:00RelanceRéponse partielle
Que pensez-vous de la déclaration de Gérald Darmanin sur l'ultra-gauche responsable du meurtre de Quentin ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce que ça montre la fragilité de la démocratie ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique cette défiance française dans la politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Éric KerroucheFait
« Il y a une enquête que ça va établir les responsabilités, qu'il y a des soupçons actuellement. »
- 10:00Éric KerroucheChiffre
« 22 % des Français seulement ont confiance dans la politique. »
- 11:00Éric KerroucheChiffre
« Il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale, on avait jamais vu ça. »
- 13:00Éric KerroucheFait
« En France le compromis c'est de la compromission. Ailleurs, le compromis, c'est la façon de faire fonctionner le système politique. »
- 15:00Éric KerroucheChiffre
« 60 % des Français ont confiance dans leur maire. »
- 17:00Éric KerrouchePromesse
« Il faut plus de pouvoir pour les territoires, il faut plus de pouvoir pour les élus et sans doute plus de moyens. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Éric Kerouche, merci d'être notre invité sénateur socialiste des landes, vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. On va revenir sur la municipale. C'est dans un mois tout pile maintenant et sur la confiance entre les français et les politiques qui s'érode.
Mais d'abord, on regarde ensemble les unees de la presse régionale. Trois titres qu'on a sélectionné, la une de Sud-Ouest, la vie sous les eaux. Votre département des landes est en alerte comme beaucoup de départements voisins dans les communes touchées par les crues.
Les habitants qui le souhaitent sont évacués. Ce qui reste s'adapte tant bien que mal. Deuxème une, scène du Mine libre.
Police municipale, l'armement en débat. Ça fait partie une des questions qui anime la campagne des municipales alors que la sécurité reste la préoccupation majeure des Français. Faut-il armer la police municipale ?
Et puis la dernière rune, c'est celle du Dauphiné. C'est la joie des sportifs français au Jo, l'équipe de France qui bat son record de médailles aux Jeux Olympiques d'hiver. Déjà 15 médailles alors qu'il reste une semaine de compétition. des sourires à la une, ça fait du bien.
De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Euh bah peut-être la première parce que je suis concerné un peu par la par la par la situation. Euh on voit bien que avec le dérèglement climatique, il y a il y a vraiment ce genre d'événement extrême qui se qui se multiplie et dans le sud-ouest, ça a pris à la forme à la fois des des inondations et d'une tempête qui est passée notamment dans mon département, dans les landes et euh je pense qu'on on s'intéresse pas vraiment beaucoup à ces sujets.
En tout cas, il passe à l'arrière de l'actualité alors que pour les gens qui les vivent au quotidien, notamment dans les landes ces derniers jours, ça devient de plus en plus compliqué. Et je crois qu'il faut qu'on voit les choses en face et qu'on s'attelle à répondre à à des vrais problèmes et pas forcément à des des polémiques qui sont souvent superficielles mais qui oublient complètement le fait que de manière structurelle, on va vers un autre monde et que notre pays, nos départements vont être touchés progressivement. avec quoi plus de prévention un autre aménagement du territoire.
Il y a aussi chez vous la problématique de l'érosion du trait de côte. Comment on gère ça ? Bah d'abord pas en refusant la réalité ou en faisant comme aux États-Unis comme si le réchauffement climatique n'existait plus.
Mais qui fait ça ? Ah bah là euh Donald Trump parce que vous avez vous avez vu qu'il a Ah chez nous, il y a quand même le fait que de plus en plus l'ensemble de ces thèmes passe à l'arrière-plan de manière manifeste. On fait comme si on ne pouvait pas euh y arriver.
On fait comme si on ne pouvait pas s'adapter. Or encore une fois ça va voir des conséquences sur la vie de millions de Français. Et c'est vraiment ça qu'il faut qu'on regarde en face sans s'en cacher comme on le fait actuellement en se déviant sur d'autres thèmes qui à mon sens ne sont pas aussi importants.
Vous pensez auquel ? Je pense à grande partie des thèmes défendus par l'extrême droite. On on est dans le on est vraiment dans dans l'agitation dans je vraiment c'est ça c'est le refus de la réalité comme si en refusant l'obstacle on allait pouvoir le contourner.
Ça ne sera pas le cas. On va parler de ces déclarations d'Emmanuel Macron qui hier dans un entretien à Radio J euh a exprimé des positions vis-à-vis de la France insoumise concernant la question de l'antisémitisme. On va l'écouter le président de la République.
Il y a clairement des expressions antisémites qui qui émergent et qui doivent être combattus de toute façon où d'où qu'elles soit. Je constate que dans les positions qu'ils prennent, en particulier sur l'antisémétitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République. Allez parler de de certains membres de de la France insouise.
Qu'est-ce que vous dites de ces propos ? Je dis que l'antisémitisme pendant longtemps a été un poison français. Il a été un poison de la vie politique française en gros depuis l'affaire depuis l'affaire Drefus et que rien ne justifie l'antisémitisme.
C'est aussi simple que ça. Je pense qu'il il y a pas à rentrer dans les dans les détails. C'est un comportement global qui n'est pas acceptable.
C'est pas d'ailleurs une opinion, c'est un c'est un délit. Après, il y a les conséquences euh qu'envisage Emmanuel Macron du strict point de vue du strict point de vue de la classification politique de tel ou tel de tel ou tel parti. Mais revenir au fait que la France a vécu une bonne partie de son histoire avec un antisémitisme fort, qu'il a été difficile de s'en débarrasser, qu'il n'est pas question de revenir en arrière.
Ce n'est pas une dépense de l'État d'Israël, c'est simplement le fait que en République des opinions ne sont ni tenables ni acceptables. Mais est-ce qu'il y a des expressions antisémites chez certains membres de la France insoumise comme le dit le chef de l'État ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
Je pense qu'il y a des expressions antisémites dans le débat politique de manière de manière régulière. Après sur la stigmatisation des uns ou des autres, sur la stigmatisation des uns ou des autres, je pense encore une fois le on va coller des étiquettes sur les uns en oubliant ce que font en oubliant ce que font les autres. Ce que je vous dis moi, c'est que de manière de manière globale, toute expression en ce sens et d'où qu'elles viennent est condamnable.
Il a parlé de la France insoumise, il a aussi pointé du doigt à certaines expressions du Rassemblement national, mais là à la France insoumise, est-ce qu'aujourd'hui la rupture, elle est actée entre le PS et la France insoumise ? que c'est assez net, vous l'avez vu dans les différentes évolutions qu'on a eu ces ces derniers mois, il y a une il y a une vraie il y a une vraie rupture parce que la France insoumise se comporte sur beaucoup de sujets à mon sens de manière de manière irresponsable. Je pense pas et on l'a encore vu, on va y revenir, je pense pas que le fait de radicaliser la vie politique soit une bonne évolution.
Pour moi, c'est tout le contraire. C'est un retour, c'est un retour considérable en arrière et tout ce qui va dans ce sens entraîne des risques. Le jeune Quentin 23h 23 ans pardon est mort ce weekend après avoir été violemment agressé en marge d'une manifestation du collectif identitaire Nemmésis pour lequel il assurait la sécurité des militants.
C'était une manifestation pour protester contre une conférence de l'eur député LFI Rima Hassan. Quel est l'état d'une société qui en arrive à ce type d'acte ? Tout ce que je sais, c'est qu'à la fin un adolescent, un gamin de 23 ans est mort et que actuellement il y a sa famille, ses proches qui le qui qui le pleurent.
Et encore une fois revenir juste en arrière. Je voudrais pas que les années 30 de ce siècle ressemblent aux années 30 du siècle précédent avec une violence politique débridée et les conséquences que ça peut avoir les drames, le deuil et en fait et en fait le malheur. Donc encore une fois il y a un rôle je pense que de l'ensemble des des responsables politiques à faire en sorte que nous allons vers la pacification.
Je ne le vois pas dans les dernières expressions que j'ai pu entendre dont celle de Gérald Armanin. Vous visez qui hier Gérald Armanain ? On l'a entendu dans le journal.
J'entends j'entends j'entendais la Marian Maréchal Le Pen enfin je veux dire il y a pour moi il y a une il y a une certaine obscénité à la France a du sang sur les mais à vrai dire il y a une certaine obscénité d'où que ça vienne à utiliser quelque chose qui est aussi dramatique que que meurtre. C'est c'est et là aussi je pense que on a on doit raison garder. C'est manifestement pas le chemin que ça prend.
C'est l'ultra gauche qui a manifestement tué a dit hier Gérald Armanin sur notre antenne. Que pensez-vous de ça ? Ben, je pense que il y a une enquête que ça va établir les responsabilités, qu'il y a des soupçons actuellement, mais encore une fois, Gérald Armanin et garde des sauts et je pense qu'il doit attendre comme tous les autres qu'on sache exactement les tenants et les aboutissants.
Pour l'instant, tout le monde fait des suppositions mais à la fin, encore une fois, il ne reste qu'une chose. Cet adolescent plus là demain. et rien que ça devrait nous faire réfléchir.
Il a aussi dit Gérald Darmanin, il a aussi parlé dans cette même émission d'une complaisance de la France insoumise pour la violence politique. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Mais enfin encore une fois je je j'entends la la volonté de stigmatiser les uns ou les autres mais on devrait se poser la question pour l'ensemble du spectre politique.
Qui que ce soit qui a de la complaisance envers ce genre d'acte n'a pas sa place dans l'inscription républicaine qui est la nôtre. C'est aussi simple que ça pour moi. Est-ce que ça montre la fragilité de la démocratie ?
Ben ça montre que bah d'abord par définition et par essence la démocratie est fragile. Ça montre aussi que quand les affrontements politiques prennent le pas sur tout ce qui nous rassemble, voilà ce que voilà ce que ça donne et vo et et et justement on ne sait pas jusqu'où ça peut nous amener. Une fragilité de la démocratie qui s'illustre aussi par la rupture marquée entre les Français et les politiques.
Le baromètre annuel de Science Po et du CVPOP sur la confiance en politique n'est pas très encourageant. Alexandre, qu'en est-il ? Oui, selon cette enquête, 22 % des Français seulement ont confiance dans la politique et si on observe cette confiance chez nos voisins européens, et bien elle est nettement supérieur. 45 % des Allemands ont confiance dans la politique, 44 % des Britanniques et 40 % des Italiens.
Il y a donc une défiance française dans nos élus et dans nos responsables politiques et puis également dans le fonctionnement de notre démocratie. 23 % des Français pensent que la démocratie fonctionne bien. C'est deux fois moins qu'il y a 15 ans et encore une fois nettement inférieur à nos voisins européens. 52 % des Allemands estiment que leur système démocratique fonctionne bien, 54 % des Britanniques et 40 % des Italiens.
Selon vous Éric Kerouche, qu'est-ce qui explique cette défiance française dans la politique ? Alors, vous l'avez dit hein, c'est ça qui nous caractérise, c'est le fait qu'il y a un décrochage complet entre les Français et leur système politique, ce qui n'est pas très encourageant et que à chaque fois, à chaque baromètre, on voit que euh cette conscience, cette confiance, pardon diminue. Ce qui est quand même un un problème fondamental.
On ne peut pas continuer à construire, on ne peut pas continuer à vivre ensemble s'il n'y a pas un minimum de confiance politique. Or, il est vrai que dans le climat que nous traversons notamment depuis 2024, les Français, on a on ont l'impression que leur système institutionnel est complètement grippé et que d'une certaine façon, les responsables politiques vivent entre eux, mais pas pour eux. Et ça, je pense que ça explique une grande partie du fossé qui est en train de se creuser et qui est vraiment béant. un manque de confiance qui est dû à la situation parlementaire actuelle.
Oui, car selon ce baromètre face à face à cette situation parlementaire actuelle, vous en parliez Éric Kerouche avec une absence de majorité à l'Assemblée nationale où il faut débattre davantage et trouver des compromis entre les partis et trouver des compromis avec le gouvernement. Et bien 22 % des personnes interrogées pensent plutôt positivement que c'est le début d'un nouveau d'un nouveau fonctionnement démocratique et qu'il faut aller plus loin dans cette direction après la présidentielle de 2027. Mais 49 % des Français estiment que c'est une situation transitoire et qu'il faudrait revenir à une majorité nette à l'Assemblée nationale.
Quel est votre avis sur la question ? Est-ce que cette situation parlementaire inédite est plutôt positive et doit changer notre culture politique pour trouver des compromis ? Alors, d'abord, je vais peut-être répondre aux 49 % qui pensent que c'est une situation transitoire.
Ça ne l'est pas. En fait, il y a une fragmentation de plus en plus forte de notre espace politique et elle est structurelle entre et donc on ne reviendra pas en arrière. Il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale, on avait jamais vu ça.
Et en plus, il y a des groupes politiques qui visent en fait à ne pas continuer le chemin. Donc on a une incapacité à à se comprendre et en fait une grande partie de ce qui se passe actuellement est expliqué par le mode de scrutin majoritaire qui ne fonctionne plus dans les conditions qui sont celles de notre dépat. Donc faut aller vers la proportionnelle.
Alors pour moi c'est une c'est une évidence évidente et et j'en reviens au sujet j'en reviens au sujet précédent. Encore une fois en France le compromis c'est de la compromission. Ailleurs, le compromis, c'est la façon de faire fonctionner le système politique.
Donc où on va vers une logique de compromis plus importante ou alors on ira et on sautera de crise en crise parce que quand bien même il pourrait y avoir une majorité absolue, il n'en demeure pas moins que dans le temps la tripartition de l'espace politique, la fragmentation fait que nous serons obligés de coopérer ensemble. La première condition, c'est de mettre en place un scrutin proportionnel. Alexandre, en revanche, on peut dire que les Français ont confiance dans leurs élus locaux.
Oui, 60 % des Français ont confiance dans leur maire. C'est nettement plus que dans leurs députés, 20 % et dans leurs sénateurs, 26 %. D'ailleurs, une grande majorité des citoyens, 79 % estime qu'il faut donner plus de pouvoir aux collectivités locales face à l'État.
C'est ce qu'on appelle la décentralisation. 58 % des personnes interrogées veulent même transformer la France en un état fédéral comme l'Allemagne avec des régions qui ont beaucoup de pouvoir. Éric Kerouche, cette décentralisation donner plus de pouvoir aux élus locaux, est-ce que c'est la solution à notre crise politique ?
C'est une des solutions quand on voit les blocages notamment liés à l'action d'un état central qui veut encore être omnipotent alors qu'il n'en a plus les moyens. Il faut s'adapter au territoire et il faut que les territoires aient la capacité de s'adapter. Ça veut dire la différenciation parce que si on continue à traiter de manière égale des situations différentes, et bien on conforte les inégalités dans le temps.
Il faut plus de pouvoir pour les territoires, il faut plus de pouvoir pour les élus et sans doute plus de moyens contrairement à ce que fait l'État actuellement qui leur reprend. Oui, mais chaque territoire a des ressources différentes, notamment en terme de de croissance économique. Donc si on donne plus de compétences à chaque territoire, on va peut-être aggraver les inégalités.
D'où la volonté d'une différenciation. La différenciation, ça veut pas dire que on laisse les plus gros continuer à se développer. Il faut il faudra toujours qu'il y ait des mécanismes de compensation et de et de solidarité.
Ce que je dis simplement, c'est que tant qu'on ne continuera pas, parce que c'est le cas, à faire confiance au territoire au nom d'une prétendue expertise plus forte de l'État central, et bien on se trompe. C'est des territoires que viennent les solutions qui sont mises en œuvre. Et en France, en France, elles sont sous un dô, elles sont vraiment limitées.
On va reparler de décentralisation. Jefferson des sports est là avec nous de Sud-Ouest. Il va vous interroger là-dessus dans quelques instants.
Mais on finit Alex par ce baromètre et par la probité qui n'est pas la qualité première des responsables politiques selon les Français. Le chiffre est sans appel. 76 % des Français estiment dans cette enquête que les dirigeants politiques sont, je cite, plutôt corrompus.
Mais en revanche, il faut ils font confiance à la justice pour gérer les affaires politico-judiciaires. 55 % estiment que c'est aux juges et non aux citoyens de statuer sur l'inéligibilité des candidats qui ont enfrain la loi. Une question qui est forcément posée dans le contexte de l'affaire judiciaire qui vise Marine Le Pen et le Rassemblée nationale à l'approche de l'élection présidentielle.
Ce chiffre sur la confiance des Français dans la dans la justice pour juger les affaires politiques, il est quand même plutôt rassurant dans le contexte actuel où on a tendance dans les affaires politiquo-judiciaires à mettre le le curseur sur la justice. La justice est indépendante, elle doit être respectée et je suis heureux que les Français partagent majoritairement ce sentiment. Encore une fois, si des délits, si des crimes ont été euh commis, ils doivent être sanctionnés pas par une justice politique, pas par une justice citoyenne, mais bien entendu par ceux qui sont faits pour la mettre en place.
Et les municipales, on le disait, elles ont lieu dans un mois des mèes qui font le choix certains de ne pas se représenter. On va aller dans la manche. Bonjour Patrick Le Peltier, merci beaucoup d'être avec nous.
Euh vous êtes maire de Savini le vieux Patrick Le Peltier. Vous êtes élu depuis 30 ans, vous êtes maire depuis 12 ans. Pourquoi vous avez choisi de ne pas vous représenter ?
Mais bonjour, ben j'ai choisi d'arrêter la mairie parce que bon ça fait 30 ans que je suis dans le conseil municipal. Je suis en retraite. Euh on va j'ai pris ma retraite professionnelle il y a 2 ans.
J'ai pu partir à 60 ans. Puis bon je pense que j'ai fait tout le tour de la mairie quoi. Puis la dans nos petites collectivités on est on touche à tout hein.
C'est vrai que c'est vraiment beaucoup. On peut être appelé pour plein de choses. Donc un moment, j'ai envie de passer la main et puis ben profiter un peu de la vie quoi.
Vous vous le dites hein, le maire d'une petite commune aujourd'hui c'est un couteau suisse. Est-ce que la fonction de mer vous vous qui avez élu depuis des années, est-ce que la fonction de mer elle est de plus en plus difficile à exercer ? Oui, la fonction de mer est de plus en plus difficile.
On vit dans un monde d'abord qui est exigeant. Euh l'État nous nous demande de plus en plus de choses, on nous donne de moins en moins de moyens et puis nous bah on nous donne plein de ch. Les gens nous demandent des fois pour un weekend à choses, on peut nous demander pour couper du bois pour plein plein de choses.
On est toujours dérangé voilà quoi. Au bout d'un moment, j'ai plus envie de continuer cette profession. J'ai et on s'enaperçoit dans nos petites communes que comment plein de de ma arrêtent plus ou moins certains par l'âge et puis certains en ont marre quoi.
Monsieur Kérouge, vous entendez le le témoignage de de ce maire ? Ce ralbol, vous le comprenez ? Ah mais je le comprends complètement.
Il il a résumé la situation. C'est une tâche qui est de plus en plus exigeante, de plus en plus technique. Il y a des demandes de plus en plus fortes pour ne pas dire plus euh des citoyens et des moyens euh des moyens qui baissent, hein.
Il faut se souvenir qu'en France euh il y a 84 % des communes qui ont moins de qui ont moins de 2000 habitants. Il y a la moitié qui ont moins de 500 habitants. Donc on est dans une situation où on a un tissu communal qui a pas forcément beaucoup de moyens, ni financiers ni humain et dans ce cas-là et bien le poids, il est complètement sur les élus et singulièrement sur la personne du maire.
Donc c'est un rôle très compliqué. Monsieur le maire, il y a il y a il y a des lois, il y a des textes qui ont été pris notamment sous l'impulsion du Sénat pour essayer de de faciliter justement la tâche des élus, la tâche des maires. Ça ne suffit pas selon vous ?
Oui, il y a eu des lois et puis il y a aussi Oui, c'est vrai qu'il y a eu des choses comme ça, mais aussi dans dans nos campagnes par je par chez nous, le l'énorme problème c'est que on a on a on narrive pas à trouver le secrétaire de mairie notamment. Moi, j'ai connu quand j'ai commencé mon premier mandat euh la secrétaire la secrétaire de mairie s'est blessé, elle a été 3 mois arrêté, on trouve personne pour les remplacer. Alors nous, on n' pas les compétences pour gérer les fiches de paye, pour gérer un tas de choses et trouver des secrétaires de mairie.
Il va falloir qu'il soit fait quelque chose notamment par chez nous. On n'a pas de secrétaire de mairie. On est le maire et la secrétaire de mairie, c'est les deux points principaux dans nos dans nos petits villages quoi.
Clair, c'est un vrai sujet. C'est c'est clair le binôme le binôme entre le maire et son et souvent sa secrétaire de mairie, il est essentiel et on a essayé de revaloriser le statut des secrétaires de mairie, mais ce n'est pas ce n'est pas suffisant. Faut aller faut aller plus loin parce que encore une fois, monsieur le maire vient de le dire, s'il y a pas ce fonctionnement en binô en en en couple, l'un a besoin a besoin de l'autre.
Et s'il y a pas cette couverture administrative et bien ça encore une fois la commune devient dysfonctionnelle. Monsieur le maire juste une question parce que on voit là dans cette campagne municipale des maires qui arrêtent qui ne trouvent pas de successeur. Est-ce que vous vous en avez trouvé un ?
Oui, nous on a trouvé un maire et je voudrais rajouter ben un pe une petite chose où j'ai j'ai une équipe qui va me remplacer. Quand j'ai commencé dans le conseil municipal, on avait 25 personnes qui se présentaient. Maintenant nous c'est une équipe de 11 et trouver une équipe de 11 c'est difficile et nous dans nos petits villages on fait pas on fait pas partie de d'un groupe.
On est on peut voter à droite à gauche au centre n'importe quoi. Nous ce qu'on défend c'est notre village on veut garder notre identité quoi. Il il y a eu un changement du du mode de scrutin dans les dans les petites communes Éricou où avant il y avait ce qu'on appelait un panachage he c'est dire on pouvait barrer des noms et choisir sur différentes listes.
Là il y a un scrutin de liste avec la parité. Est-ce que ça a compliqué aussi la tâche pour dans les petites communes ou pas ? Alors moi je crois que c'est le je crois que c'est le contraire parce que d'abord al ayant travaillé fortement sur ce texte, d'abord on euh il y a une possibilité de présenter éventuellement deux personnes en moins sur la liste.
Donc la liste est complète plus euh plus vite. Et euh c'était aussi pour éviter ce qu'on ce dont on vient de parler parce que le tir au pigeon, la capacité à rayer le maire ou son premier adjoint, c'est aussi quelque chose qui pouvait être compliqué pour les maires à vivre. Donc l'idée c'était plutôt de leur simplifier la tâche.
Merci Patrick Le Peltier, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Maire de Savini Levieux, c'est dans la manche. Merci beaucoup.
On va Samichel, on va continuer à parler de des de décentralisation, je le disais avec Jefferson qui est grand reporter à Sud-Ouest. Bonjour Jefferson. Vous vouliez-vous interroger Éric Kerouche sur ce sujet ?
Bonjour Orian. Oui, bonjour Éric Kerouche pour rester dans le sujet des élus locaux. Sébastien Lecournu le premier ministre a promis un grand acte de décentralisation.
Concrètement, qu'est-ce que vous en attendez Éric Rouge, vous qui travaillez sur ces questionslà de l'acte de de décentralisation du premier ministre ? [rires] Qu'est-ce que j'en attends ? Je m'attendais pas à cette question.
Euh dans l'état sur la table dans l'état alors c'est sur la table mais dans l'état actuel des choses pas grand-chose. Mais pas grand-chose, pas forcément négativement. Je pense que on sera plutôt dans un texte de correction à la marge, mais que dans la situation la dans laquelle se trouve Sébastien Lecnu, il y a peu de chance qu'on soit dans un grand élan euh décentralisateur parce que il y aura même trois textes hein, d'après euh d'après les Oui, mais il y a déjà eu un grand décret de simplification.
Ce que ce que je veux dire par là, c'est que on est plutôt dans la logique de texte correctif jusqu'en 2027. On n'est absolument pas dans une dynamique de mouvement. Donc, j'en attends euh des corrections.
J'attends de voir aussi ce qui sera fait en terme de en terme de de moyens, mais j'attends pas un un grand soir de la de la décentralisation et donc de répondre au défi qu'on a évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire à la capacité à redonner un véritable pouvoir au territoire. de faire justement je reste je reste sur cette questionlà parce que vous venez de sortir un livre Éric Keret démocratique vous faites des propositions dedans. Il y en a notamment une peut-être que vous la formulerez à Sébastien Lancornu en tout cas c'est de revaloriser le rôle des oppositions municipales pour donner un peu plus de sens parce qu'on sait que dans les oppositions municipales, c'est souvent à faire acte de présence.
Est-ce que cette propositionlà vous êtes prêt à à la défendre, en tout cas à la reproposer ? Alors si je les ai faites, c'est forcément que je suis prêt à à les défendre. Encore faut-il qu'elle soit acceptée.
L'idée encore une fois, je je reviens parce que on revient toujours à ce thème, si on est dans une logique de polarisation, même au niveau national, on est dans une logique de radicalisation politique. Or et ben c'est le c'est la nécessité démocratique, c'est de savoir s'écouter. Et là le système démocratique local ne permet pas que l'on s'écoute en France.
Il dit juste que celui qui a été élu en mars, celui qui va être élu en mars prochain, ben pendant 6 ans, il aura la majorité et qu'on écoutera assez peu les oppositions. J'attends pas que les oppositions soient forcément vertueuses. J'attends seulement qu'il y a un débat plus important dans le conseil municipal pour éviter d'une certaine façon que l' vie des minorités soit systématiquement écrasée.
Jefferson. Oui. Bon, je reste là-dessus.
Donc on voit bien qu'il y a celle-ci, mais il y a aussi la question de la prime majoritaire là qui va alimenter les débats pour les semaines à venir. Là aussi, vous avez une proposition donner un peu plus de poids justement à ce qu'on ait un meilleur équilibre, une meilleure représentation. Là aussi euh cette proposition Kerouche, elle sera elle est sur la table, vous la proposez mais elle ne verra pas le jour sur ce scrutin là.
Donc quelle est votre horizon par rapport à ce sursaut démocratique auquel vous nous appelez ? Vous faites référence que vous appelez ? L'idée c'est de baisser la prime majoritaire de 50 à 25 % ce qui a été fait hein pour la loi PLM et là ça a posé ça a posé aucun souci.
C'est quoi ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait la majorité aura toujours la majorité mais qu'il y aura un peu plus de place pour l'opposition. Et là encore une fois, je pense que on est dans la perspective d'un fonctionnement plus sain et moins dirigiste, on va dire, de la réalité locale.
L'idée, encore une fois, c'est que il y ait de la place pour tout le monde et un respect des opinions de tous. C'est pas normal que quand vous gagnez d'une voix, vous ayez 3/4 du conseil municipal. On peut le dire comme on veut mais c'est cette déformation pose un problème démocratique.
Merci Jefferson. Vous enverrez votre livre à Matignon alors si j'ai bien compris. C'est déjà fait.
Vous avez une réponse ? C'est déjà fait. Non, pas encore.
Vous avez mis quoi comme dédicace ? Bonjour. Non.
Ben [rires] cordial hommage je crois. Voilà. Mais Pol quand même. [rires] Merci beaucoup.
Merci Jefferson d'avoir été avec nous la vie sous les eaux. C'est la une de votre journal Jefferson de Sud-Ouest ce matin.
Éric Kerrouche