Législatives anticipées : "C'est moi qui mène cette campagne", assure Gabriel Attal
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France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Yaël Gauze, nous recevons ce matin le Premier ministre dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. On a évidemment beaucoup de questions à vous poser sur la campagne éclair des législatives. Quels seront les grands axes que vous défendrez ? Quelle sera votre méthode, votre stratégie pour convaincre les Français ? Mais revenons d'abord quelques jours en arrière d'un mot.
Quand dimanche soir à 21h, Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale, cette décision de dissoudre le Président l'a prise seul avec quelques conseillers. Avez-vous été surpris, comme tous les Français, par ce coup de tonnerre ? Vous avez dit que c'était une décision soudaine et brutale.
Le Président a pris cette décision et c'est le seul qui est fondé à le faire au sens des institutions. Comme le prévoit l'article 12 de la Constitution, il m'a consulté en tant que Premier ministre. Maintenant, moi je le dis, je ne suis pas dans la sidération, je suis dans l'action. On a, je crois, 17 jours pour mener campagne avant ces élections législatives qui sont absolument majeures pour le pays. Et donc je crois, l'important, c'est aujourd'hui de parler des Français, de parler aux Français. Ce soir-là, étiez-vous dans la confidence ?
Je viens de vous le dire, l'article 12 de la Constitution prévoit que le Président de la République, quand il décide de dissoudre l'Assemblée Nationale, consulte le Premier ministre et les présidents des deux assemblées. Et là, vous lui dites quoi ? Est-ce que vous lui dites, je peux être le fusible, virez-moi ? Je n'ai jamais commenté les échanges que j'ai avec le Président de la République. Et surtout, je le dis ici, on ne va pas passer les 17 jours qui viennent à revenir sur cette décision.
Bien sûr, mais l'heure est grave quand même, les Français en droit de savoir, ce qui s'est passé dimanche soir.
Ce qui s'est passé, c'est que le Président de la République, et il s'en est expliqué, encore hier, il s'est exprimé, a décidé de dissoudre l'Assemblée Nationale. Il l'a dit pour deux raisons. D'abord, face à une Assemblée Nationale au bord de l'asphyxie, on le voyait avec des tensions de plus en plus fortes entre l'extrême droite et l'extrême gauche, qui menaçaient à un moment d'empêcher l'action et le travail. Et puis après, une défaite électorale. Il y a eu une défaite électorale au moment des européennes, avec près de 50% des Français qui ont fait le choix de voter pour les extrêmes.
Et donc, dans ces conditions, le Président de la République a décidé de ce qu'il appelle ce moment de clarification.
Oui, c'est le geste le plus clair, le plus radical, le plus fort. J'ai créé une élection intermédiaire pour clarifier la situation. Mais la crise politique dans laquelle se trouve le pays, peut-elle se régler en 15 jours d'une campagne expresse, Gabriel Attal ?
Écoutez, les Français sont devant un choix qui est un choix de société. Et on le voit bien, et on le voit ces derniers jours, avec un certain nombre de mouvements de partis que je déplore. Il y a aujourd'hui trois blocs. Il y a un bloc d'extrême droite qui carbure sur la division, sur l'opposition des Français entre eux, qui a un projet de ruine économique et, je le dis, d'un amateurisme sidérant. Vous avez un bloc d'extrême gauche qui carbure, hélas, lui aussi, à la division, à l'opposition les uns des autres, au communautarisme, à une forme de désordre. Et puis nous, un bloc que je qualifierais de progressiste, travailliste, démocrate, républicain, qui propose un autre chemin.
Si on résume, c'est le retour, l'énième retour du « vous » ou le chaos ? Non, ce n'est pas ce que je dirais. Je ne cherche pas non plus à rentrer dans des slogans. Moi, je prends acte des programmes et des positionnements des uns et des autres. Je prends acte de ce qui se joue dans le pays. Hier, je lisais un article de vos confrères de Libération, qui parlait d'un militant d'extrême droite qui avait été interpellé pour agression homophobe.
Gabriel Lousteau.
Voilà, et qui est le fils, je crois, d'un des cadres du Front National. Et qui déclarait, dans le moment de sa comparution, « Dans trois semaines, on pourra casser du PD comme on veut ». Voilà ce que la perspective de l'extrême droite libère, hélas, chez certains concitoyens. Voilà ce à quoi carbure l'extrême droite. Moi, je me suis toujours opposé à ça, je m'opposerai toujours à ça, et je vais me battre.
Je vais me battre avec un cap, je vais me battre avec une identité qui est la mienne, et je vais me battre avec des candidats à ces élections législatives qui veulent porter une autre voie, celle d'une société d'ouverture, de tolérance, où on prend soin les uns des autres, et on prend soin de ceux qui prennent soin des Français. C'est ça, moi, qui me fait vivre, et c'est ce pourquoi je m'engage, et c'est ce pourquoi je vais me battre.
Vous mettez toute la gauche dans le même sac avec les insoumis. Pour vous, le Front populaire né lundi est une extrême gauche antisémite, antiparlementariste et communautariste. Ce sont les mots du Président. Oui, comme l'a dit Emmanuel Macron hier.
Là aussi, moi, je suis impragmatique. Vous avez des partis de gauche qui ont annoncé un accord. On retrouve la NUPES qu'on a connue derrière la France insoumise, qui se taille la part du lion dans cet accord, avec la majorité des circonscriptions. Moins qu'avant. Oui, la majorité est derrière Jean-Luc Mélenchon, qui était hier au 20h de France 2, pour annoncer qu'il était prêt pour Matignon. Moi, je le dis, j'ai milité au Parti Socialiste. Donc oui, ça me rend triste. Un parti d'antisémite, antiparlementariste et communautariste ? Non, justement, ça me rend triste de voir ce parti, à nouveau, se mettre derrière et avancer avec la France insoumise.
Ça me rend triste de voir les sociodémocrates faire alliance avec le NPA de Philippe Poutou, parce que c'est ça dans cette alliance. Ça me rend triste de voir ceux qui ont inventé la laïcité se retrouver avec ceux qui carburent au communautarisme. Ça me rend triste de voir ceux qui ont été les défenseurs de Dreyfus avec ceux qui sont poursuivis pour apologie du terrorisme, parce qu'ils ont refusé de condamner ce qui s'est passé le 7 octobre. Évidemment que ça me rend triste. Mais c'est là, c'est un fait. Ça correspond par ailleurs à ce qu'on a vu dans l'hémicycle depuis deux ans.
Et moi, je pense à tous ces électeurs sociodémocrates de gauche qui ne se retrouvent pas là-dedans, qui pensent qu'il y a un autre chemin qui est possible, qui ne se disent probablement pas que je suis parfait ou que nos députés ou nos candidats sont parfaits, mais qui en tout cas se retrouvent davantage dans une ligne de tolérance, qui refusent la division, qui refusent de séparer les Français les uns des autres, qui refusent de carburer aux passions tristes qu'on peut voir hélas se développer dans le pays. Je fais confiance à ces Français-là.
Mais quelle est votre part de responsabilité dans l'état du pays précisément aujourd'hui ? Emmanuel Macron est au pouvoir depuis 7 ans. Il y a eu tout de même, vous l'avez reconnu, une très lourde défaite électorale aux élections européennes. Il y a aujourd'hui une situation de crise politique ouverte. Quel est votre examen de conscience, si j'ose dire ?
On a une part de responsabilité. Mais laquelle ? On a tous une part de responsabilité par ailleurs, y compris des partis démocratiques, républicains, qui manifestement ne constituent plus eux-mêmes une alternance pour un certain nombre de Français, et qui font le choix de rejoindre ces partis extrémistes, que ce soit le président de LR d'un côté qui rejoint le Rassemblement National, ou que ce soit le Parti Socialiste qui se met dans la roue de Jean-Luc Mélenchon. Oui, mais je dis que nous aussi, on a nécessairement une part de responsabilité.
Qu'on n'a pas réussi à régler tous les problèmes des Français, que sur un certain nombre de sujets, un certain nombre d'angoisse qui sont existentielles, on n'a pas réussi à y répondre. Je dis de l'autre côté que je pense qu'on a fait avancer un certain nombre de choses, que moi j'ai grandi en entendant en permanence que la France était condamnée au chômage de masse, qu'on en est sorti, qu'il y a ces sept dernières années, 2,5 millions d'emplois qui ont été créés, qu'on a le taux de chômage aujourd'hui le plus bas depuis 25 ans, le taux d'emploi le plus haut depuis qu'il est mesuré.
Je vois que sur la réduction des émissions de CO2, on n'a jamais autant réduit les émissions de gaz à effet de serre en France que depuis ces dernières années. L'an dernier, c'est six fois plus qu'avant 2017, parce qu'on a fait le choix d'investir, de décarboner l'industrie, d'accompagner les Français qui changent de véhicules, de les aider à rénover leur logement.
Alors pour expliquer ça, Emmanuel Macron disait hier, la poussée de l'extrême droite, c'est le sentiment d'une perte de contrôle, d'une dépossession, d'une peur, voire d'une colère. Un vote fondé sur la peur. Mais tous les sondeurs, l'Institut Ipsos, qui était notre partenaire, a identifié non pas une colère, une protestation, un vote d'adhésion désormais au RN. Même dans une France qui va bien. Par ailleurs, on constate aujourd'hui dans toute l'Europe,
et même on peut le dire à l'international, une poussée de ces idées extrêmes, qui ont trait, je pense, à une forme de globalisation, de mondialisation, qui peut être vue comme une forme d'effacement des identités de chacun, et de la capacité, effectivement, à contrôler son destin. Or, et c'est l'enjeu de ces élections européennes, ce sont les gouvernements, les politiques au niveau national, qui ont entre leurs mains le destin de leur pays. Et c'est pour ça que ces élections du 30 juin, elles sont majeures. C'est un choix de société. Le 30 juin, il y aura une majorité, et un gouvernement qui correspondra à cette majorité.
Est-ce que ce sera une majorité tirée par l'extrême droite, tirée par l'extrême gauche, ou par un bloc progressiste, humaniste, républicain, tourné vers la valeur de travail ?
Mais à force de renvoyer vos opposants dans les extrêmes, et là je reviens... Mais je ne renvoie personne, il y a le gauche... Le président l'a fait hier, l'extrême gauche. Mais je prends acte des alliances qui sont faites. Mais quand il y aura des duels, imaginons des duels de second tour, entre Renaissance, vos alliés, et le RN. Comment pourrez-vous appeler des électeurs de gauche à venir faire barrage au RN, après les avoir stigmatisés comme étant une extrême gauche antisémite, antiparlementariste et communautariste ?
Je ne stigmatise personne d'abord. Tu parles du président, c'est ce qu'il a dit hier. Mais je ne parle pas des électeurs. Moi je prends acte des programmes, des propos, des forces politiques et de leurs responsables politiques. Est-ce que dans tout ce que j'ai cité tout à l'heure, s'agissant de la France insoumise, vous avez à remettre en cause quoi que ce soit de ce que j'ai dit ? Non, c'est un fait. Et le fait est que le parti socialiste s'allie avec la France insoumise pour mettre Jean-Luc Mélenchon à Matignon en cette élection. De l'autre côté, ce que j'ai cité sur le Rassemblement national, c'est un fait, c'est leur programme. Et c'est en ça qu'il y a un choix pour les Français.
Si le RN est majoritaire, le lendemain ou quelques jours après, il n'y a plus de France inter. Ils ont annoncé qu'ils allaient privatiser l'audiovisuel public et le fermer. C'est juste du concret. Je prends acte des programmes, des positions qui sont prises. Et ensuite, moi je m'adresse aux électeurs. Et je le dis, pour moi, il y a une majorité de Français qui ne se retrouvent pas dans les valeurs et les propositions de ces extrêmes. Pour moi, il y a une majorité de Français qui sont attachés à l'humanisme, au progressisme, au travaillisme, à la valeur travail, au respect de l'autorité dans notre pays.
Et je le dis très sincèrement, je pense qu'ils trouveront davantage ces valeurs derrière les candidats avec lesquels je me présente, de la liste ensemble, que derrière ces alliances contre nature.
On va passer au standard d'Inter où nous attend Claudine. Bonjour et bienvenue.
Bonjour, je voulais demander à M. Attal s'il n'en avait pas marre de mettre sur le même plan extrême droite et extrême gauche que je ne définirais pas comme ça. Et si ce n'est pas ça aussi qui a participé à faire monter l'extrême droite.
Merci Claudine pour cette question. Gabriel Attal vous répond.
J'entends votre question, Claudine. Je pense qu'il y a beaucoup d'observateurs qui posent ces questions et qui eux-mêmes y apportent une forme de réponse. Moi, encore une fois, je prends acte des positions politiques de chacun et des propositions de chacun. Et je le vois en tant que Premier ministre dans l'hémicycle. Je le vois en tant que citoyen qui regarde les positions des uns et des autres. Moi, je vois qu'il y a beaucoup de partis et qu'il y a des partis qui carburent à la haine et à la division, alors qu'ils sont différents, avec des ressorts différents. Mais moi, c'est contre ça que je me bats. Moi, je crois à l'unité des Français, au rassemblement des Français.
C'est ce sur quoi je vais me battre.
Qui va mener la campagne pour le camp présidentiel ? Sur TF1, mardi soir, vous avez dit c'est moi qui vais faire la campagne. Hier, le président a pris deux heures presque devant 170 journalistes pour lancer la campagne conférence de presse XXL. Qui va faire la campagne ?
C'est moi qui mène cette campagne. Le président de la République l'a dit hier, d'ailleurs, à l'occasion de cette conférence de presse. Il donne un cap. Il est revenu aussi sur les raisons de la dissolution. C'était important qu'il le fasse. Il a donné un cap et il a indiqué qu'en tant que Premier ministre, chef de la majorité, je menais cette campagne. Vous savez... Est-ce qu'il faut que le président se taise ? Vous savez, le président de la République, il s'est exprimé lui-même dimanche soir et hier. Il l'a dit. Les Français l'ont élu en 2022. Il est président pour encore trois ans. Le résultat des élections législatives du 30 juin n'y changera rien.
Ces élections, ce n'est pas un référendum pour ou contre le président de la République.
Ça, vous l'avez déjà fait aux Européennes.
Mais c'est la réalité. Ce n'est pas un référendum pour ou contre le président de la République. C'est le choix d'une majorité et d'un gouvernement. Est-ce que c'est, encore une fois, l'extrême droite et ses alliés, l'extrême gauche et ses alliés, ou ce que je porte devant les Français ?
Je voudrais aller au bout de la campagne que vous allez mener. Est-ce que, sur votre affiche de campagne, vous collerez la photo d'Emmanuel Macron à vos côtés ?
Moi, j'ai toujours mis ma photo sur mon affiche de campagne.
Votre photo à vous, mais celle du président ?
Non. Je veux dire, en 2022, j'étais déjà candidat à ma réélection. J'ai une affiche avec... Parce qu'il y a énormément
de candidats Renaissance qui ne voudront pas mettre la photo d'Emmanuel Macron
parce qu'il est devenu repoussoir. C'est un choix de chacun. Encore une fois, je vais vous dire, on ne peut pas plaire à tout le monde. Encore une fois, l'enjeu de cette élection, ce n'est pas une élection présidentielle. C'est une élection législative. Quoi qu'il arrive, le président de la République, il est là jusqu'en 2027. Il l'a dit lui-même, je reprends ces mots. Et il l'a dit même... Qu'il ne démissionnerait pas. Non, il l'a dit même, je n'ai pas d'enjeu personnel parce que je ne peux pas me représenter en 2027. Mon seul enjeu, c'est l'intérêt des Français. Voilà.
Et donc, à partir de là, il y a un choix qui est fait pour les Français, savoir quelle majorité, quel gouvernement ils souhaitent
entre les trois blocs que j'évoquais. Question d'Aurélien sur l'application d'Inter. Ne croyez-vous pas que vous avez fait monter les extrêmes ?
Je le disais tout à l'heure. Il y a tous une part de responsabilité. On le voit dans tous les pays européens, il y a une montée des extrêmes. Moi, je pense que pour y répondre, il faut une clarté, une cohérence et des valeurs. Je crois qu'on les a. À la différence des extrêmes et notamment de l'extrême droite. Les Français peuvent nous aimer ou pas, m'aimer ou pas, considérer que ce que je fais est tout bien ou pas. En tout cas, ils savent ce pour quoi ils votent. On est clair, on est cohérent. Quand je vois, excusez-moi, Jordan Bardella et le Rassemblement National qui, depuis plusieurs années, nous expliquent en permanence que s'ils sont élus, ils vont annuler la réforme des retraites.
Et là, à quelques jours de l'élection, le même Jordan Bardella qui dit, ah bah finalement, non, on n'est pas sûr, on va peut-être pas annuler la réforme des retraites sur un sujet aussi fondamental que la question de nos retraites, qui est ce revirement absolu, ça montre deux choses. Un, un amateurisme total et deux, que finalement, c'est une forme de politicien
comme ce que les Français rejettent. Mais parlons de vos réformes aussi parce que l'un des points chauds de cette campagne express, c'est l'avenir de la réforme de l'assurance chômage. On le rappelle, il faudra avoir travaillé huit mois sur vingt au lieu de six sur vingt-quatre mois. Le décret doit être publié au premier juillet. La gauche, les syndicats vous demandent d'y renoncer puisque l'Assemblée est dissoute. Emmanuel Macron qualifiait hier cette réforme d'indispensable. Il est ouvert concernant ces modalités d'application. Est-ce que vous pouvez clarifier ce matin ? Ce décret, au 1er juillet, il va exister ou pas ? Il est levé ou pas ?
Je le disais tout à l'heure, on a le taux de chômage le plus bas depuis 25 ans, le taux d'emploi le plus haut qu'il est mesuré. Comment on y est arrivé ? Par des réformes ? D'accord, mais le 1er juillet, il se passe quoi ? Par des réformes, formation professionnelle, apprentissage et une première réforme de l'assurance chômage qui a été portée en 2019 dont les études montrent, je vous renvoie à l'étude de la Dares, qu'elle a produit des résultats et qu'elle a contribué à la baisse du chômage. Et oui, on veut atteindre le plein emploi. Et ça passe par quoi ? Ça passe par améliorer la qualité du travail.
On a trop d'accidents du travail en France, on a une organisation du travail qui doit mieux s'adapter aux aspirations des Français, ça passe par les rémunérations, on a des propositions aussi sur le sujet, et ça passe effectivement par un meilleur accompagnement des chômeurs vers l'emploi. 1er juillet, il se passe quoi ? Dans ce contexte, il y a une réforme de l'assurance chômage qui a été travaillée, on a demandé aux partenaires sociaux de trouver un accord. Ils avaient trois mois pour le faire. Vous faites tout le film, je vous demande 1er juillet, ça sera l'entre-deux-tours, ça sera essentiel cette question ?
J'y viens, je pense que vos auditeurs, c'est important peut-être de leur expliquer. On a confié aux partenaires sociaux le choix, la possibilité de négocier une réforme. Ils avaient trois mois. Ils nous ont demandé du temps en plus, au final, ils ont discuté pendant huit mois. Ils n'ont pas trouvé d'accord, donc c'est le gouvernement qui doit prendre la main. Effectivement, on a présenté une réforme, un décret sera pris d'ici au 1er juillet pour cette réforme qui reste sur des paramètres qui sont ceux qui avaient été mis en place dans la réforme de 2019 et qui surtout s'accompagnent d'un meilleur accompagnement des chômeurs vers le retour à l'emploi.
C'est une réforme qui consiste à dire qu'il faudra avoir travaillé huit mois sur les vingt derniers mois pour toucher le chômage. Et je vais vous dire, nous, au moins, c'est clair. Quand vous voyez le Rassemblement National qui dit, depuis des années, on annulera la réforme des retraites, on annulera la retraite à 60 ans, et là, au détour d'une phrase, quelques jours avant une élection, Jordan Bardella qui dit, finalement non, au moins, nous, c'est clair. Les Français, ils savent. On n'augmentera pas les impôts. Il y a une réforme de l'assurance chômage. On veut baisser les émissions de CO2, comme jamais, de 20% d'ici à 2027, comme on l'a fait depuis 2017.
On veut continuer à agir pour la progression des droits des Français. On avait engagé une discussion parlementaire sur la fin de vie avec un texte attendu, un progrès, je crois, profondément attendu par beaucoup de Français. Évidemment qu'on le reprendra si on a une majorité pour le faire aboutir.
Ça, c'est une information ce matin parce qu'on n'avait pas compris ça hier. Vous remettez le projet de loi fin de vie dans votre programme immédiat si vous gagnez le 7 juillet.
Évidemment. Enfin, dans le travail parlementaire, évidemment que le texte reviendra. Il est attendu par beaucoup de Français.
On passe au standard d'Inter. On nous attend Yves. Bonjour et bienvenue, Yves.
Oui, bonjour. Merci, M. Demorand. Bonjour, M. le Premier ministre. Je voudrais concrètement savoir ce que vous proposez aux Français pour les élections législatives. Étant donné que vous avez quand même été 7 ans en responsabilité, 7 ans avec un bilan où la dette publique explose, les services publics ont plus de financement et sont en déshérence, vous passez une réforme des retraites impopulaire qui ne correspond pas à ce que vous aviez annoncé en termes de réforme et qui finalement ne correspond à rien parce que le corps a un don et il y a toujours des problèmes de financement. Pour le chômage, vous aviez annoncé un chômage universel.
Finalement, on est sur une énième attaque des chômeurs, des responsabilisations, infantilisation. Donc, qu'est-ce que vous proposez concrètement pour faire en 5 ans et 3, entre guillemets, ce que vous n'avez toujours pas réussi à faire en 7 ans, tout en expliquant à tout le monde que vous aviez des solutions envers tout et sur une note peut-être plus personnelle. Au niveau des outrances, LFI est insupportable, vous n'êtes franchement pas mieux.
Merci Yves pour cette question que je livre à Gabriel Attal du début à la fin.
Merci Yves pour votre question. Moi, je me déplace tous les jours sur le terrain, je serai dans le Pacalet dans quelques jours et je vais à la confrontation et à l'écoute des Français qui régulièrement sont en colère, nous interpellent et nous disent qu'ils ne sont pas contents. Et c'est ça aussi de s'engager en politique. Voilà. Maintenant, je le disais, il y a un instant, on n'a pas tout réussi. On a même échoué sur un certain nombre de sujets. Il y a quand même des choses qui ont progressé dans notre pays, notamment sur le front de l'emploi, sur la réduction des émissions de CO2, l'apprentissage qui est un formidable succès dans notre pays.
Il y avait moins de 300 000 apprentis avant 2017, il y en a aujourd'hui près de 1 million sur les services publics. Je me suis énormément engagé et personnellement engagé sur l'école et on a réinvesti comme jamais dans l'éducation nationale. Évidemment que c'est dur, évidemment que pour les enseignants qui nous écoutent et que je salue et à qui je dis qu'ils ont tout mon soutien, ça reste difficile. Mais ce qui était frappant hier... On va continuer à agir et à investir pour l'éducation nationale et pour les Français.
Ce qui était frappant hier dans la conférence de presse du Président, c'est qu'on a eu l'impression qu'il re-récitait votre discours de politique générale du mois de janvier quand il vous a nommé à Matignon. Autrement dit, la feuille de route est restée la même sauf qu'avec la dissolution, tout est cassé, tout est mis à la poubelle. Qu'est-ce que vous dites aux acteurs du bâtiment ? Qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs ? Aux jeunes parents qui attendaient peut-être le congé de naissance ? Aux familles en détresse donc sur la question de la fin de vie. Tous attendaient l'examen ou l'adoption de lois déjà écrites, quasiment finalisées
et là tout s'arrête. D'abord, merci de mettre en avant un certain nombre de progrès et de réponses à des attentes des Français qui sont essentielles parce que c'est vrai qu'en dehors de ce moment de dissolution, on n'en entend pas souvent parler. Mais cet agenda est mort. Mais non, c'est les Français qui vont en décider, Yael Gauze. C'est les Français qui vont en décider. Effectivement, quand j'ai été nommé Premier ministre, il y avait un mouvement d'agriculteurs dans toute l'Europe. J'ai reçu les agriculteurs pendant des dizaines d'heures à Matignon. On a travaillé ensemble sur un certain nombre d'engagements. On a rédigé un texte de loi. Mais oui, mais la loi n'ira pas au bout.
Attendez, les principaux syndicats agricoles ont appelé eux-mêmes à ce que le projet de loi soit adopté. Il a été adopté par l'Assemblée nationale. Évidemment qu'on souhaite que le texte continue d'être examiné. Mais quand vous dites qu'il n'ira pas au bout, c'est les Français qui vont le décider. C'est les Français qui votent, qui vont désigner leurs parlementaires, leurs députés et qui vont choisir, encore une fois, un choix de société, un programme, une action au Parlement, un gouvernement pour agir pour eux. C'est ça l'enjeu de cette élection.
Emmanuel Macron a assuré hier qu'il faudra de toute façon gouverner différemment, avec respect, avec calme, avec dignité, au service du pays. Ça veut dire quoi ?
On a eu une défaite électorale au moment des élections européennes. C'est un fait. Et on doit forcément y voir une part de message qui a été envoyé par les Français. Et donc oui, gouverner différemment, ça veut dire passer davantage de temps à leur écoute, à leur côté. Moi, c'est ce que je cherche à faire en tant que Premier ministre depuis ma nomination. Je suis sur le terrain, j'ai échangé avec les Français. Même quand c'est pas facile, même quand ça fait pas plaisir d'entendre certaines choses, j'essaie d'avoir un constat lucide. Prenez ma déclaration de politique générale, toutes mes interventions depuis, je crois avoir toujours été lucide sur ce qui marche, ce qui marche pas.
Là, on a fait des bonnes choses, là, on s'est trompé. Et surtout, je cherche à prendre des décisions claires et essayer de répondre aux problèmes des Français.
Et il y a eu brutalité, précipitation, manque de dignité, si on prend les termes à l'inverse, les termes du Président de la République. Non, mais encore une fois, je pense que... Dans la manière de gouverner.
On apprend toujours. On apprend toujours de ses succès, on apprend de ses échecs et surtout, on apprend de nos échanges avec les Français. Moi, je pense qu'il n'y a pas mieux que les Français pour nous dire comment est-ce qu'il faut avancer et sur quel chemin. Et je vais vous dire, c'est aussi ça qui, quelque part, font que j'ai encore une part d'optimisme assez importante. C'est que moi, je le crois profondément que parmi les Français qui nous écoutent, évidemment qu'il y en a une majorité qui est attachée à un certain nombre de valeurs, de tolérance, d'humanisme, d'ouverture. Évidemment que les Français qui nous écoutent sont attachés à la valeur travail.
Évidemment que les Français qui nous écoutent, je le crois profondément, sont attachés à l'ordre. Ils ne veulent pas d'une forme de brutalité permanente dans le débat public, dans la manière dont on se parle entre responsables politiques, dans les images qu'on envoie de l'Assemblée nationale dans le spectacle qui est donné. Et je vais m'attacher pendant les 17 jours qui viennent à les convaincre que c'est le chemin que je propose aux Français.
Le Président de la République appelait hier également un rassemblement des sociodémocrates, des radicaux, des écologistes, autant de familles politiques qui n'ont pas voté pour vous aux élections européennes. Raphaël Glucksmann était d'un cheveu derrière Valérie Ayet. Est-ce que c'est un message à destination de la social-démocratie qu'il faut lire dans les propos d'Emmanuel Macron ?
Je ne m'adresse pas aux appareils politiques, je m'adresse aux Français. Parce que je trouve que le spectacle qui est donné depuis quelques jours par les partis d'opposition notamment, c'est quand même un milieu qui se parle à lui-même. Qui parle des Français ? Qui parle aux Français ? On voit des responsables politiques qui se répondent par tweets interposés ou par médias interposés. On voit des responsables politiques qui se volent les clés de leur parti ou les mots de passe de leur compte Facebook. Voilà, il y a un moment, il faut peut-être parler aux gens quand même, peut-être leur parler de nos propositions, de ce qu'on veut faire.
C'est ce que j'ai essayé de faire depuis le début de cette interview. Et vous, est-ce que vous voulez ? Oui, je le dis, pour des électeurs sociodémocrates, je me retrouve dans cette social-démocratie, j'en viens. Je le crois profondément que des valeurs, des idées qui sont portées, ce n'est peut-être pas à 100%, il n'y a pas nécessairement voté pour vous. Pour quelles raisons ? Parce qu'on doit convaincre, parce qu'on doit expliquer, parce qu'on doit ouvrir un chemin, parce qu'on doit dire plus clairement la manière dont on veut faire les choses, parce qu'il faut s'assumer comme travailliste, c'est mon cas, parce qu'il faut être clair.
Et surtout, pardon, la clarification, elle vient aussi des partis qui prétendent défendre la social-démocratie, du Parti socialiste qui, après avoir dit pique-pendre pendant cette élection européenne de Jean-Luc Mélenchon, j'entends encore Olivier Faure dire pendant cette campagne européenne, après les européennes, ça ne pourra plus être l'alliance NUPES derrière Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce qu'ils font le lendemain des élections européennes ? Ils se remettent derrière Mélenchon ?
Là, vous ne parlez pas aux Français, vous parlez aux chefs de parti. Juste une question, est-ce que vous voulez garder les clés de Matignon ? Dernière question.
Moi, je suis à la disposition. Moi, je veux servir. Je veux être utile à mon pays, c'est pour ça que je me suis engagé. Continue à Matignon si ça se passe bien le 7 juillet. Je veux être utile de la meilleure manière. En tout cas, les Français ont un choix le 30 juin, effectivement, c'est une majorité, un gouvernement, un Premier ministre qui peut être Jordan Bardella, qui peut être Jean-Luc Mélenchon puisque c'est ce qui nous a été annoncé hier et aujourd'hui, c'est moi qui suis Premier ministre et avec les candidats ensemble, je me présente évidemment pour pouvoir agir.
Merci Monsieur le Premier ministre. Merci Gabriel Attal d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Gabriel Attal