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AutreBrut (sur Dailymotion)· 30 juillet 2026 38 minMixte

Une semaine dans le chaos des incendies du Sud-Ouest

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Invité

C'est hyper dur parce que là, ils sont en train d'étendre un foyer qui est là-bas. Il y en a un autre qui prend ici, un autre qui prend là-bas. Prenez le tuyau les gars ! Là, on est vraiment sur le front, il y a des fumeroles juste ici, on voit les flammes derrière. Vous voyez les agriculteurs, tous les artisans qui viennent pour aider les pompiers. On va se passer quelque part, on n'a plus d'eau ! J'arrive ! Les hectares de forêt, les animaux, tout ça, tout ça brûle. On a de l'eau ou pas, caca ? Oui, tiens ! Non, on est au camion, au camion !

0:32
Présentateur

Les patients les plus graves arrivent là-bas et sortent ici dès qu'on a une place pour eux.

0:36
Invité

Je n'ai aucune nouvelle de la maison, enfin, je suis en vie pour le moment. Il y a des quartiers qui sont tout simplement disparus, où toutes les maisons ont été ravagées par les flammes, se sont effondrées. Aujourd'hui pour Brut, je me dirige vers la Gironde pour suivre les incendies qui touchent la région depuis trois jours maintenant. Et là, je suis à Poitiers, à plus de 200 km encore de Bordeaux, et il y a déjà de la fumée en fait partout dans le ciel. C'est assez effrayant, j'imagine même pas quand on va arriver dans la ville. Le 24 juillet, le train est quasiment vide. Normalement, à cette période de l'année, c'est plein de vacanciers.

Il n'y a personne au Vagoubar, ça montre quand même l'ampleur de la situation dans le sud-ouest de la France. Ça sent fort la fumée déjà à l'intérieur. Il y a pas mal de monde qui attend. Il y a pas mal de trains qui ont été annulés, il y a beaucoup de retard aussi là depuis trois jours. Donc je pense qu'il y en a qui essayent juste de rentrer chez eux, et d'autres qui n'y arrivent pas. Là, on vient d'arriver à Bordeaux, là, on voit le ciel, il est chargé, il y a vraiment beaucoup de fumée. Il y a pas mal de personnes qui ont des masques FFP2, c'est assez spécial. Même le soleil est caché en fait derrière la fumée, on a du mal à le distinguer.

Là, je vais rejoindre du coup les centres où les personnes ont été évacuées, et après, je vais essayer d'aller au plus près justement des fronts. Là, je suis en route vers le parc des expositions avec Seedou, qui est chauffeur de taxi. Il a été réquisitionné ce matin justement pour évacuer les personnes. Et là où on va, il y a plusieurs milliers de personnes qui ont été évacuées. Depuis ce matin, il y a eu un petit mouvement de panique. Les taxis de Bordeaux, on a été réquisitionné par l'office de tourisme de Lacanau, donc pour ramener un peu des gens qui n'étaient pas véhiculés, surtout des personnes âgées à mobilité réduite.

Ambulance, pompier, ça ne suffit plus, protection civile non plus. Il y a un manque considérable de moyens aussi. Donc forcément, on vient en soutien. Ils étaient débordés, les pauvres. C'est un peu chaotique, je vous dirais. Je n'arrivais même pas à faire le point. Mon objectif, il se met sur les cendres qui sont sur le pare-brise. Hier soir, quand ils ont annoncé de la pluie, je pensais que ça allait être de la pluie, mais au final, quand je regardais les dessus de ma voiture et le toit, finalement, ce n'était que des cendres. Bonjour. Bonjour, monsieur. Je suis journaliste, je viens pour filmer dans le parc. C'est au 3. Ok, merci beaucoup. Merci. Il y a beaucoup de monde.

Il y a entre 5 et 6 000 personnes actuellement. On va essayer de vous montrer un petit peu comment ça s'organise, d'aller au contact du SAMU, de la sécurité civile, mais aussi des bénévoles. Il y a plus de 200 personnes qui sont ici depuis deux jours pour essayer d'aider justement les populations évacuées.

3:59
Présentateur

J'ai une équipe qui part en Z3, donc vous remplacez Limoges.

4:02
Invité

Ok.

4:09
Présentateur

Là, vous avez tous les patients qui ont été évacués, qui ne sont pas des patients, ce ne sont pas des blessés, ils ne sont pas malades, ils n'ont juste pas de point de chute. Et on essaye de voir avec la mairie, c'est la mairie qui gère, des hôtels, des choses comme ça qu'on essaye de trouver pour eux. Toute la partie-là, c'est ce qu'on appelle un des PMA. Des patients qui sont relativement autonomes, mais qui par contre viennent d'EHPAD. On a les moyens d'évacuation et pour l'instant, on n'a pas toutes les places d'évacuation. Donc c'est ça le plus compliqué.

De l'autre côté, il y a la Z2, avec des patients qui sont beaucoup plus diminués, des patients parfois grabataires qu'on prend en charge ou des patients qui s'aggravent. Ça fait des heures et des heures qu'ils sont ou sur des brancards qui ne sont pas très confortables ou sur des chaises roulantes. Ils n'ont pas pu prendre de douche. Les toilettes ne sont pas tout prêtes. Donc avec des patients qui ne sont pas autonomes, c'est compliqué. Donc on essaye vraiment de les évacuer rapidement vers des structures adaptées.

5:02
Invité

Vous êtes combien ici du coup à les aider ?

5:04
Présentateur

On doit être une centaine en tout de soignants. On a eu plein de renforts. On a eu des renforts des SAMU, l'IMITROF. Et puis on a beaucoup de personnes qui se sont portées volontaires pour venir nous aider. Des aides-soignants, des infirmières, du personnel qui a travaillé toute la matinée dans leur service et qui après viennent nous aider. Franchement, il y a une entraide qui est vraiment extraordinaire. On a l'armée aussi qui est venue nous aider. Ça, c'est le deuxième PMA. Les patients les plus graves arrivent là-bas et sortent ici dès qu'on a une place pour eux.

5:32
Invité

J'ai simplement vu des fumées très épaisses et puis des cendres. Enfin, c'était très obscur. Le soir à 6h, on se parait en pleine nuit. À l'heure d'évacuation, il y a des amis qui sont venus me chercher. Il n'y a aucune nouvelle de la maison. Ça veut ça, vous imaginez, alors ? Ben, un petit peu, bien sûr, mais enfin, je suis en vie pour le moment. Donc, ça sera deux personnes qui habitent Samé d'Aranjal à leur domicile qui vont être évacuées sur le Creps à Talens. L'armée est venue en renfort parce qu'il y a une forte contrainte opérationnelle sur le secteur civil et que notre travail aussi, c'est de travailler main dans la main avec le secteur civil.

Et il y a le maire de Bordeaux, là, qui vient d'arriver pour faire un point presse. Il va justement expliquer un peu la situation et un peu le plan d'action pour les prochains jours. On va essayer d'écouter ce qu'il dit. Je souhaite désormais accompagner les personnes qui sont ici, valides. Ils ne nécessitent pas de trois. Il faut faire des solutions d'hébergement et de logement temporaire dans d'autres établissements. Par exemple, ça peut être des chambres d'étudiants, des chambres d'intervalle. La situation météo, c'est évidemment le point le plus important pour essayer d'anticiper les choses, d'anticiper la progression de ces feux.

Et les indices et les éléments que vous nous donnez, Loïc, ils ne sont pas très favorables. On voit qu'il y a quand même beaucoup moins de personnes qu'il y a quelques heures. Une partie d'entre eux a sûrement pu être logée pendant la nuit. Mais voilà, il y a quand même cet énorme hangar qui est plein. Et c'est assez impressionnant. On va passer nous la nuit ici avec ma famille qui est derrière moi. On est trois. Et demain matin, on va aller chez une cousine vers Saint-Denis-de-Pille. Je n'avais jamais vécu cette situation de ma vie, personnellement, 21 ans. J'ai déjà vu à la télévision, on a déjà vu des gens qui ont eu des incendies, des vacu.

Mais quand on le subit, quand on le vit réellement, il y a toujours des inquiétudes. Il y a du stress. Moi, j'avais anticipé question papier, portable et tout ça. J'ai commencé à faire mes affaires parce que c'est intenable. À Saint-Médard, ce n'est pas possible. Entre les cendres, les nuages, on ne pouvait plus respirer. Quand on est arrivé à Saint-Médard, j'avais 5 ans. J'en ai 57 cette année. On va prier pour ne pas que ça dégénère de plus en plus. On est en train d'organiser une nouvelle zone pour récupérer toutes les personnes qui sont évacuées en ce moment même avec le feu de Biscarrosse. Donc, c'est les personnes qui sont évacuées à Cestas, Marche Prime et qui vont arriver.

Donc, on est en train d'ouvrir cette nouvelle zone. Nous avons reçu jusqu'à 6 000 personnes. Actuellement, on est sur 3 000 personnes. Mais là, on attend un gros afflux dans la nuit. Donc, c'est pour ça qu'on a ouvert ce nouveau hall. On est rapproché du front des incendies. On voit vraiment le ciel qui est hyper chargé. On va voir. Après, on ne va pas se mettre en danger non plus. Mais le fer, elle est jaune. On dirait qu'on est dans un monde jaune. C'est très bizarre. De toute façon, on va se faire arrêter, je pense. Là, on arrive vraiment au niveau du front. Il y a un barrage de police juste ici. On ne peut pas aller plus loin pour l'instant.

On voit les pompiers qui sont en train de s'activer pour éteindre les flammes. Ils sont en train de mouiller aussi le sol avec l'aide des agriculteurs. Mais là, c'est terrifiant. On voit vraiment les flammes qui sont juste là avec la fumée qui est très forte. C'est assez dingue. Surtout quand on voit la carte avec l'ampleur des incendies. Là, ce matin, on était à 42 000 hectares brûlés, 220 000 personnes évacuées. Et le bilan est encore en cours. Donc là, pour l'instant, les journalistes doivent rester à cet endroit-là. Il y a des journalistes de plusieurs pays. Il y a la RTP. C'est un média portugais. Là, j'ai envoyé 4 du 13, 1 du 84 et 2 de la BSPP. La situation est complexe.

La situation est délicate, défavorable. Et c'est pour cela que les moyens sont conséquents. C'est pour cela que les renforts sont venus en nombre. Pendant ce temps-là, il y a notre collègue Rémi avec les personnes qui sont en train de lutter toujours activement contre les flammes. Et les images qu'on reçoit au fur et à mesure sont assez terrifiantes. Des citoyens venant des 4 coins de la région, de toute profession, qui s'unissent ensemble avec un seul objectif, celui d'éviter la propagation de cet incendie. On a des ministres qui ont balancé qu'il y avait les moyens en France. Et il n'y a pas de moyens, en fait. On voit bien que le feu a explosé et que les pompiers sont sous l'eau.

Là, on vient de s'arrêter. C'est absolument fou. Il y a l'A63 qui est totalement vide. Normalement, à cette période de l'année, c'est le chassé-croisé des vacances. On voit des images de bouchons sur les chaînes info. C'est glaçant avec ce ciel jaune. Franchement, c'est un paysage d'apocalypse. Les pauvres, j'espère que quelqu'un va venir les chercher parce que l'incendie se rapproche vraiment d'ici. Alors là, je suis au niveau de Saint-Médard-Rangelle. On a rejoint des habitants qui sont en train de remplir cet énorme camion qui est derrière moi avec de l'eau pour pouvoir aller sur le front, aider les pompiers. Il y a un manque de moyens. Aujourd'hui, les pompiers ne suffisent plus.

Donc il y a vraiment une mobilisation citoyenne hyper importante avec des habitants. Et là, on va suivre notamment Thierry, qui a une entreprise de BTP et qui est venue avec son camion, ses amis et son fils pour justement essayer d'éteindre les enceintes. C'est dans le canapé, regarde les infos. Ce n'est pas un truc qui m'intéresse. Donc voilà, j'ai dit pourquoi pas faire un appel de prêt de cuve sur les réseaux sociaux. Donc on va prêter des cuves. On a décidé de faire tout ça entre les copains pour aller arroser les petites fumérols, les petites fumées. On va faire des rotations. Tu es vide, tu vas charger. Tu reviens, tu revides. Là, on tient le tuyau, on remplit les cuves.

On a quand même huit ou neuf, je crois. Puis on va essayer de trouver un endroit où on peut aider. Pendant trois heures, on a réussi à sauver un rat et une maison. Les pompiers ont pris le relais après. On est partis se reposer pendant trois heures, de 18h30 à maintenant. Et là, on repart pour la nuit. Voilà, pour essayer de sauver notre forêt. Parce qu'on éteint ici, ça se rallume là. C'est lunaire le paysage. Si vous nous suivez, vous allez voir. Il y a du monde qui fait comme nous. Il y en a beaucoup. Parce qu'on veut sauver notre forêt. Puis on veut sauver le maximum de maisons. Que ça ne gagne pas Bordeaux et même Saint-Médard, tout ça.

Pas plus tard que ce matin, j'avais envie de pleurer. C'est notre forêt. C'est nos coins cèpes. Tout ça. Et là, on ne voit pas trop. Alors la journée, c'est horrible. Horrible, horrible. Et quand on voit qu'il n'y a pas de Canadair, il n'y a rien. Aujourd'hui, je n'ai même pas vu un Canadair. Même pas un hélicoptère, rien du tout. Des promesses et des promesses. Et elles ne sont pas là, les promesses. Elles ne sont pas là. Donc, on est au même point que 2022. Je ne comprends pas. Cette nuit, je ne vais peut-être pas dormir. Demain, j'ai l'entreprise à gérer. Et les pompiers sont contents de nous voir. Les pompiers du Calvados, j'ai vu les pompiers de Paris, des Landes.

Rématriculés 50, Vendée. On est là pour eux, on est là pour les aider, pour que ça se finisse vite, pour qu'ils rentrent chez eux. Retrouver leur famille, comme nous on fait tous les soirs. Vous voyez, ça c'est des gens comme nous, avec la roue morgue. Voilà. Cet après-midi, on a pompé l'eau de la piscine d'un particulier qui nous a donné son autorisation. Là, vous voyez, il y a des gros tracteurs qui sont en train de créer un pare-feu. On a le bois, la route et le bois. Et bien là, ils font bois, route et un champ, ils rase tout le bois sur 50-100 mètres de large pour éviter que quand les pins, ils tombent, ils traversent la route.

Parce que quand les pins prennent le feu, les pins, elles partent. Parce que le problème du feu, même quand il est arrêté, il couvre dans la terre. Parce qu'ici, la terre, c'est... Oh, c'est pas possible. C'est de la tourbe. Donc, les racines, elles se consument doucement. Le feu, il est arrêté ici et il ressort 50 mètres plus loin par la racine. Et ça ressort quand même pas. C'est pour ça que l'Andiras, ils ont mis deux ans pour l'arrêter, le feu. Là, on est entre Saint-Médard et le Temple. Les pompiers sont là-bas et ils ont besoin d'eau. Donc, on recharge, nous, les camions des pompiers. Vous voyez, là, les fumeroles ? On vient éteindre ça, les petites torches qu'on voit.

Eh, on est en train de perdre au salon, on est là-bas. Ah bon ? La salon en feu, t'as pas bien droit, tu vois, tu ouvrir. Oh putain, c'est pas possible, ça va pas s'arrêter. Ça va pas s'arrêter. On va aller éteindre le petit feu là-bas. Pour éviter que l'épingle s'enflamme. Voilà, c'est les petites mains, mais qui servent quand même. Faites attention, là, quand vous déroulez, qu'on n'y perde pas, ça. Ça, c'est la tourbe en sous-sol. On est en train de brancher la pompe. On va aspirer l'eau dans les cubes. Et on va aller éteindre ça. Là, on est vraiment sur le front. Il y a des fumerolles juste ici. On voit les flammes derrière.

Il y a vraiment énormément de monde, en fait, qui est ici pour essayer justement d'éteindre les flammes. Les pompiers sont juste un peu plus loin. C'est assez cool. Là, vous voyez juste derrière moi, il y a les citoyens et les pompiers qui travaillent main dans la main pour essayer justement d'éteindre les flammes. À la fois, les citoyens aident pour éteindre les fumerolles, mais également pour faire le plat, en fait, des camions de pontiers qui se rendent juste derrière. C'est assez fou. Il y a vraiment toute la région qui est mobilisée. En fait, c'est hyper dur parce que là, ils sont en train d'étendre, en fait, un foyer qui est là-bas.

Il y en a un autre qui prend ici, un autre qui prend là-bas. Ça reprend de manière incessante, comme expliquait Thierry. Tu peux régler le jet, il m'a dit. Non, non, mais attends, il y a un truc, il y a un réglage à faire. Je suis en colère, c'est pas normal. Vous voyez les agriculteurs, tous les artisans qui viennent pour aider les pompiers. C'est honteux, honteux, honteux, honteux. Mon collègue Rémi Buzi s'est surtout rendu, en fait, dans le village de Porges, qui a totalement brûlé, en fait, et il reste quasiment rien. C'est vraiment la désolation ici sur place. C'en est même bouleversant quand on arrive à Le Porges, en Gironde, après le passage de l'incendie.

Il y a des quartiers qui sont tout simplement disparus, où toutes les maisons ont été ravagées par les flammes, se sont effondrées. Et on découvre, dans un silence qui est très prenant, l'étendue des dégâts. Et c'est même difficile de mettre des mots sur ce que l'on voit ici, où tout un quartier de vie, vous aviez des dizaines de familles qui vivaient encore ici il y a quelques jours, ont tout simplement perdu leur lieu de vie, leurs souvenirs, l'endroit pour certains où ils ont grandi, et c'est vraiment touchant. En fait, nous-mêmes sur la route, c'est ambiance fantôme, quoi. Là, avec ma collègue Clémentine, on s'est rendu à Saint-Méda-Rangelle, qui a été évacuée pendant la nuit.

Ici, normalement, il y a plus de 33 000 habitants, on peut voir, il n'y a quasiment plus personne. On a croisé juste quelques personnes qui ont refusé de partir, mais là, c'est assez fou, la ville est totalement déserte. On pourrait vraiment être dans un no-man camp. Franchement, je n'ai jamais vécu ça. Un truc à ce point-là, c'est flippant. Et là, il y a quelques personnes qui sont en train d'évacuer en dernière minute, qui sont parties hier soir. On a évacué dans la nuit de vendredi à samedi, et vu que ça va durer et que ce n'est encore pas fermé, je suis venu récupérer des affaires pour pouvoir aller travailler demain. Ok. Et vous avez laissé beaucoup de choses ici ? Tout. Tout.

Dans la ville fantôme, on vient de voir un mec qui n'est pas du tout dans le même état d'esprit. Oui. Je fais une petite sortie comme tous les dimanches. Ce n'est pas hyper conseillé ? Ce n'est pas conseillé, je vous l'avoue, mais je ne prends pas de risques. Je connais mon circuit, je l'ai étudié, et je sais par quel chemin dois-je passer. Ceci étant, j'espère que ça va se calmer. Lui, je crois qu'il vit sur une autre planète, où tout le monde est hyper stressé, en train d'évacuer. Il est en train de faire sa balade à vélo, au milieu des forêts qui prennent feu. Allez, c'est parti.

On va dans un supermarché dont on nous a signalé qu'il avait été pris d'assaut en mode Covid et qu'il n'y avait plus rien dedans. Donc, on va aller voir ce qu'il en est. Tu vois, quand tu rentres l'adresse du supermarché où on veut aller tourner, ça nous met zone évacuée. Les conditions de circulation peuvent changer instantanément. Donc, ça nous met une petite alerte sur Waze pour nous dire de ne pas forcément aller dans ce coin-là. On croise un cortège avec une quinzaine de voitures de police. On se demande si ce n'est pas Emmanuel Macron qui vient d'arriver. On sait qu'il doit venir là dans l'après-midi. Il y a mon collègue Rémi Buzine qui est sur place.

On va vous montrer un petit peu ce qui se passe avec lui. Je suis là auprès de vous pour vous dire le soutien de toute la nation. Et la première chose, en le disant, c'est évidemment une pensée pour les deux collègues qui sont tombés il y a quelques jours et que leur famille et vous, elle est enterrée comme il se doit. Je veux ici redire le soutien de toute la nation. Là, on arrive au supermarché du Taillon. On nous a dit de venir ici parce qu'apparemment, c'est un peu la panique. Il y a les gens qui viennent acheter au maximum deux packs d'eau et de denrées parce qu'ils ne savent pas combien de temps ça va durer. On se dépêche parce qu'ils sont en train de fermer le supermarché carrément.

On voit qu'il n'y a vraiment quasiment plus rien. C'est assez fou. Là, c'est la partie eau. Tous les trucs de base. Et on a croisé aussi des personnes qui viennent acheter énormément de denrées pour les personnes qui ont été évacuées au parc des expositions de Bordeaux. On a un groupe de citoyens du Taillon-Médoc. On s'est mobilisés pour effectuer des collectes de denrées alimentaires et d'eau pour les pompiers et pour les personnes qui ont été évacuées à Bordeaux-Lac. Et là, les personnes, comme on voit aujourd'hui, ont amené depuis ce matin plus de deux tonnes d'eau au parc des expos. C'est vraiment énorme. La solidarité a joué son plein.

En quelques heures, on a des caddies, des caddies et des camions complets d'eau et de denrées. C'est un petit côté apocalyptique, mais bon, on fait ce qu'on peut. Alors là, on vient de revenir à l'hôtel. On a fait un point avec mes collègues Rémi Buzine et Clémentine Rouve. Le feu est pour l'instant stabilisé. Il ne progresse plus. C'est notamment grâce à la pluie. Il faut savoir que pendant la nuit, le feu peut progresser jusqu'à trois fois plus vite, notamment parce que les canadaires ne peuvent pas voler et les pompiers tournent au ralenti. Le problème, c'est que demain, des températures caniculaires sont annoncées. 34 à 35 degrés à Bordeaux et jusqu'à 40 degrés dans le sud-ouest.

Et ça, ça risque de faire dégénérer la situation. De prio, c'est essayer de se mettre avec une équipe qui part chercher des animaux à sauvetage aujourd'hui. Les gens qui retournent chez eux... Sur ce genre de situation, si t'attends qu'ils t'appellent, t'es toujours battu. Donc, il faut qu'on y aille. On ne campe pas avec eux. Allez, allez, allez, on le tombe, on le tombe ! On le tombe, les gars, au sol ! Avancer ! Avancer le pilon ! Avancer le pilon ! Ce qui est dingue, c'est que là, on a un feu qui n'arrête pas d'avancer, qu'avance, qu'avance. Et en parler, il y a très peu de pompiers qui sont sur place, il y a des pompiers de Marseille qui sont là.

Mais il y a un sentiment d'impuissance parce que le feu avance à une vitesse énorme. Il fait très chaud cet après-midi, 35 degrés à l'ombre. Et c'est compliqué. Par exemple, il y a un feu qui est juste là. Et vous en avez un autre, peut-être même encore plus conséquent, qui se trouve là-bas. On va se passer quelque part ! On n'a plus d'eau ! Elle arrive, quoi. Là, en fait, il n'y a plus d'eau, vous êtes obligés de faire avec les moyens du bord. Oui, on attend, ça arrive. Je suis arrivé 10 minutes trop tard, c'est moi qui ai vu le feu. J'ai prévenu, mais 10 minutes trop tard. Ça fait 4 jours qu'on surveille. Hier, on a surveillé toute la journée, c'est parti aujourd'hui, on est dégoûté.

On a des propriétaires qui sont restés pour pouvoir sauver nos familles, notre forêt et nos habitations. Et vous avez peur pour... Non, on n'a pas peur, mais c'est démoralisé. On était hier toute la journée. On a continué avec une peloteuse qui a fait un carré, qui a fait un carré au sol. Et on voit que ce n'est pas suffisant. On est dégoûté, quoi. J'ai fait le tour avec le 4x4, c'est les hectares de forêt, les animaux, tout ça, tout a brûlé. On a de l'eau ou pas, cacahuète ? Oui, tiens. Non, mais au camion, au camion. Attention qu'ils ne montent pas dans la cime ! À droite, à droite, les gars. Non, non, au-dessus, là, là ! Moi, j'ai 10-20.

10-20, j'ai eu tabiganos, et on se sent obligés de venir parce que c'est des forêts où on a grandi, où ça fait mal au cœur quand ça brûle. C'est au bout, c'est au bout. Vraiment, les pompiers sont main dans la main avec les citoyens pour éteindre ces incendies. C'est une alliance qui est vitale pour aller lutter contre le feu, parce que très régulièrement, les pompiers manquent d'eau, ont des difficultés à accéder sur les points d'incendie qui se développent très vite. On fait ce qu'on peut. Après, malheureusement, on est complètement impuissants. Puis ça tourne, ça nous encercle. Il faut rester vigilant, garder un oeil. Après, quoi vous dire de plus ?

Malheureusement, ça fait 4 jours que c'est le même scénario, donc on ne sait plus quoi dire. Voilà, les gars. Allô ? Allô, oui, bonjour. Florent Thomas, je suis journaliste pour Bruch avec ma collègue Clémentine. On vous contacte, on a eu votre numéro par Cyril qui nous a dit que vous alliez héberger des personnes évacuées de l'âge. Vous savez combien de temps il reste à peu près ? Bonjour, moi je suis l'évacuée. Bonjour. Nous, on a évacué jeudi soir en urgence. On avait le feu à 300 mètres de chez nous. C'était irrespirable. On est sortis avec des linges de toilette sur le visage. Et à 19h, le vendredi soir, on est partis à Blanquefort dans une nuit noire dans la fumée à 60 km heure.

Avec mes parents, chacun dans leur voiture, 80 ans, complètement paniqués. Ça a été extrêmement éprouvant. Et du coup, à chaque fois que vous êtes passée d'hébergement en hébergement, c'était chez des amis ou c'était des gens chez qui on vous envoyait ? On va faire notre première séquence à Taillant-Médoc. Il y a une dame qui héberge un couple de retraités chez elle. Donc on va faire ça. Là, on y est dans 45 minutes. On en a pour une petite heure à tourner, je pense. Et puis ensuite, on passe vous voir. Merci beaucoup, c'est très gentil. Merci. Merci. A tout à l'heure. Bonne journée. Merci. A tout à l'heure. Au revoir. Ils n'ont pas encore posé leurs affaires.

Ils n'ont pas déchargé leur voiture. On va peut-être s'installer. Oui, parce que je commence à tanguer. Alors, on va aller boire un petit coup. Oui, parce que là, je ne suis pas bien. Allez, venez, on ne va pas faire un malaise. Oui, non, non, ce n'est pas le moment. Ça va ? Vous avez le petit vent, vous êtes au frère. On a vu les flammes gigantesques. C'était énorme. J'avais très peur, très, très peur. Non, mais là, il faut vous rassurer. Oui, non, mais là, je suis tranquille avec vous. Ça va, ça va ? Non, non, non. Et en plus, c'est gentil de nous recevoir. Non, parce que, écoutez, c'est normal. Je t'emmène dans ton logement de fortune. Voilà.

Ce sont des gens qui ont été évacués de Saint-Médard-en-Jal et qui cherchaient un hébergement pour ne pas dormir au parc des expositions le temps que la situation se calme et revienne à la normale. Entre voisins, c'est normal d'être solidaires entre nous. On ne peut pas rentrer chez nous pour le moment. C'est fermé, bloqué. Comme nous, on a la chambre de notre fils qui n'est pas occupée parce qu'il ne vit plus là. On s'est dit, nous, pour l'instant, on n'est pas évacués. Donc, autant que ça serve à quelqu'un. Bien sûr. Ça, c'est super sympa. Et ça, c'est les provisions que vous avez eues où, alors ? Justement, là-bas. Au parc des expositions ? Au parc des expositions. Ah, d'accord.

Donc, vous êtes passé par le parc des expositions. Bien sûr. Vous avez fait les provisions. Voilà. Et on vous a dit de venir ici chez nous. T'as de quoi sentir bon. T'as de quoi te raser. Ah oui, parce qu'alors, ça fait 3 ou 4 jours que je ne peux pas me raser. C'est un peu embêtant. Là, ça fait depuis vendredi matin. Les 4 communes limitrophes sont évacuées. Donc, ça veut dire qu'il y a quand même un danger. Ici, on a eu du mal à respirer jusqu'à hier. Mais du coup, nous, c'est paradoxal. C'est que finalement, nous, on est un peu dans notre cocon privilégié. On est bien installé. On a de la place. Je me suis portée volontaire jusqu'à mi-septembre.

Bon, ça va bien se passer, cette cohabitation ? Bah, a priori. A priori. Merci, c'est gentil. Ils sont rassurés. Ils ne savaient pas trop où est-ce qu'ils arrivaient. Je suis en colère parce que je pense que les moyens ne sont pas mis au bon endroit. En 2022, il y a tout la test qu'a brûlé, la dune du Pila, on devait mettre les moyens. Ah là là, mais vous allez vous dire, on va en tirer les leçons. On en tire les leçons de que dalle. C'est pire. Je veux dire, s'ils n'arrêtent pas le dérèglement climatique, si ceux qui nous dirigent ou je ne sais qui qui prend les décisions disent « Bon, bah, ok, on continue comme ça. » Bah, dans ce cas-là, il faut préparer les populations.

Soit tu fais quelque chose pour arrêter le truc, soit tu prépares les populations si tu as décidé d'y aller. Mais là, personne n'est prêt. Quand il n'y aura plus de fruits et légumes et quand on ne pourra plus manger, ceux qui prennent les décisions, ils mangeront des billets de banque. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Quand il y a eu les deux grosses canicules au mois de juin, les amis de ma fille qui sont étudiants, ils avaient des plus de 40 degrés dans les appartements. J'ai ouvert l'extérieur de mon jardin avec la piscine pour que ces jeunes aient un endroit pour pouvoir reprendre un peu d'air. Et voilà, on les appelait nos petits réfugiés climatiques.

Mais en fait, là, avec Gérard et Marie-Christine, je me dis que là, maintenant, j'en ai des vrais, des réfugiés climatiques, des gens qui, potentiellement, peuvent perdre leur maison. Ça fait peur. Ça va devenir quoi ? Enfin, c'est hyper angoissant, en fait. Ça va devenir quoi ? Alors là, on s'éloigne des incendies. On est en train de prendre la route vers le sud, en direction de l'Andiras, où il y a un parc animalier qui sert de refuge. On va essayer de voir un petit peu la situation, parce qu'il y a aussi un impact énorme, en fait, sur les animaux. Là, on arrive sur place, on est en train de se garer.

Le contraste est assez saisissant entre la forêt qu'on a filmée pendant plusieurs jours et ici. Ça fait du bien de voir une forêt dans cet état. On est au parc animalier Sud-Gironde, à l'Andiras. On est dans un refuge où on récupère des animaux abandonnés, issus de saisies judiciaires ou maltraités. Regardez les petits bébés d'un, ça vous fait pas craquer ? On a vécu ça en 2022. On a retrouvé des animaux carbonisés. C'était limite de savoir quel animal c'était, parce qu'avec la puissance du feu et tout ça, il y a des animaux où on ne va rien retrouver, clairement. Les pertes vont être comptées en centaines de milliers d'individus, voire même plus. Il y a des millions de morts.

Je veux dire, on va parler des insectes, on va parler des batraciens, on va parler des serpents, on va parler des petits mammifères qui vont s'enterrer dans leur terrier, etc. C'est une catastrophe écologique. Les animaux, ils n'arrivent pas à s'enfuir. On va plus retrouver de cadavres d'animaux que d'animaux blessés. Forcément, ça nous met en colère de voir tout ça, de voir tous ces incendies. C'est juste de ne pas avoir les moyens, alors que ça aurait pu être prévu depuis longtemps. C'est des choses qui... Ce n'est pas... Oh là là, c'est arrivé, on ne sait pas quoi faire. On le savait que ça allait arriver.

Les scientifiques qui travaillent là-dedans, ça fait des années qu'ils nous préviennent là-dessus, ça fait des années qu'ils parlent du réchauffement climatique, et ça fait des années que personne ne fait rien. Par l'expérience qu'on a eue de 2022, nous ici, on sait que les animaux, entre autres les chevreuils, retournent sur le lieu de l'incendie, avec la problématique de se faire brûler les pattes par les cendres chaudes, etc. Il y a un deuxième danger, c'est-à-dire que ces animaux, quand ils sortent du feu, ils vont se confronter à des routes, à des grillages, etc. Et on a beaucoup d'accidents, qui sont pour moi des sur-accidents, en fait.

C'est-à-dire qu'ils ont réussi à sortir des flammes, mais ils vont se jeter dans des grillages, ils vont se faire taper par une bagnole, etc. On se retrouve avec quelques appels, mais vu qu'il y a beaucoup d'associations sur le coup, on essaie de dispatcher un peu tout ça. Là, c'est Nébo et Major, qu'on a récupérés hier, suite aux évacuations de Sestas. De l'autre côté, il y a deux ponettes qu'on a récupérées chez des gens, pour les sortir de la fumée. Ça, c'est les petites poules qu'on a récupérées. Mais oui, mais tu as faim, ça arrive.

32:47
Locuteur

Oui.

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Invité

Le réchauffement climatique, ça ne va pas en s'arrangeant. De toute façon, ça empire d'année en année. Les zones de rivières, elles sont vides, elles sont asséchées. Les animaux, ils n'ont plus de quoi boire, ils n'ont plus de quoi se nourrir. Enfin, c'est... Enfin, ça pourrait... Enfin, ouais, ouais, ça tend un petit peu, surtout quand tu travailles ici, quoi, tu t'es touché beaucoup plus. Là, on est dans le train retour avec Lémentine. On retourne à la rédac pour essayer de vous proposer le format long le plus vite possible. Rémi, il lui reste sur place pour l'instant. Il va continuer à nous envoyer des vidéos. Il va être appuyé par un nouveau collègue qui descend, Yohen.

Aujourd'hui, ils seront notamment à Biscarros pour suivre quelqu'un qui a tout perdu avec sa maison qui a été détruite par les flammes. Je m'apprête à rencontrer Mathieu et Nathalie. On est à Biscarros. Ça faisait 4 ans qu'ils étaient installés dans leur petit paradis, une magnifique maison avec piscine. Dans la nuit de jeudi à vendredi, elle a totalement cramé, totalement pris feu. Ils n'ont pu sauver que leurs chiens, leurs chats et leurs téléphones. Ils ont perdu tous leurs souvenirs. Ils sont forcément très tristes, mais ils ont voulu témoigner pour Brut. Ce que vous voyez là, c'est la partie nuit, les chambres. Ici, la salle de bain, la chambre de mon fils, Antoine.

La maison est partie en moins d'une heure. On n'imagine pas. On n'a pas vu, heureusement. On n'a pas vu ce qui se passait. Ici, on a le cellier. Là où il y avait la machine à laver, le chauffe-eau. Aussi, ici. Il manque de partie nuit. Je n'ai plus les photos de mes enfants, je n'ai plus les affaires de ma mère qui est laissée il y a peu de temps. Je n'ai absolument plus rien de personnel. C'était notre petit paradis, notre petit cocon. Il n'y a absolument plus rien. Vers minuit, les gendarmes sont arrivés. Après, on commence à vraiment plus respirer ici. Comme tout le monde, on a dormi dans nos voitures.

Comme on avait une caméra de surveillance, je regardais régulièrement ce qui se passait. Je me disais les murs sont toujours là, les murs sont toujours là. Et vers trois heures et demie, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de lumière de ce côté là-bas derrière. Et là, je me suis dit que ce n'est pas normal, cette luminosité. Et vers quatre heures et demie, notre caméra était hors ligne. Donc, on avait toujours un petit peu espoir en disant que c'est peut-être que c'est resté. Mais bon, c'est plutôt du déni. On ne voulait pas y croire. On a pris deux t-shirts, deux shorts.

Parce qu'on ne s'imagine pas au moment où ça se passe, au moment où vous êtes évacués, on ne s'imagine jamais qu'on ne va pas revenir, qu'on ne reviendra jamais. C'est inacceptable. On s'approche aux animaux et puis tout le reste, on se dit que c'est que du matériel. C'est qu'après, quand on prend conscience qu'il y a beaucoup de choses qui sont parties. Parce que je le gardais de mon grand-père et de mon oncle. Voilà, toutes ces choses-là, c'est parti en fumée en fait. Petit coin de terrasse, pergola, pour être un peu au frais sous les arbres justement. Plate de terrasse couverte qui donnait sur la piscine. Avec le salon de jardin, bien sûr. On voit encore les chaises.

Toute une haie végétalisée avec des bananiers. Voilà, les bananiers, c'était magnifique. C'était un petit paradis. On était trop bien. En gros, là, on a compté à peu près huit maisons dans le quartier qui sont parties. Et zéro victime. Ils ont permis un retour suivant le quartier qui était sécurisé. Et donc, c'est à ce moment-là qu'on a pu venir voir. Il y a de nouveau gros choc parce que le savoir, c'est une chose. Le voir, c'est... Heureusement, il y a des amis qui sont venus avec nous. On ne sait pas comment va se passer vraiment la suite. C'est étape par étape. C'est un peu le jour pour l'instant.

Franchement, sur la commune, il y a vraiment, comme vous le disiez tout à l'heure, beaucoup de soutien. On nous appelle sans arrêt. On nous propose sans arrêt plein de solutions pour nous habiller, pour nous loger. La mairie, on a été les voir. Ils ont été extraordinaires. Ils ont mis des cellules de crise en place. Les gens même dont on avait perdu de vue qui reprennent contact avec nous pour nous apporter tout leur soutien et ça, ça fait chaud au cœur. On ne se rend pas compte mais je crois que ça, c'est le plus important pour tourner la page. C'est l'humain aujourd'hui qui nous fait avancer. Comme vous l'avez entendu, le feu n'est toujours pas fixé.

Le vent, la sécheresse et les foyers qui couvrent sous terre lui permettent de repartir sans cesse. C'est un feu d'une intensité rarement vue en France. On parle de méga feu. Il vous tiendra informé sur Brut. J'espère que ce format vous aura permis d'avoir une meilleure vision de ce qui se passe sur place. Je voulais remercier également tous mes collègues, ceux qui étaient avec moi sur le terrain, Clémentine, Rémi et Yohan qui m'a relayé, mais aussi Lorraine, Laura et Pierre qui ont été nos relais depuis la rédac et Maxime qui a piloté les opérations, Delphine à la prod et bien sûr Amandine au montage.

Et j'aimerais finir en ayant une énorme pensée pour les pompiers, le SAMU, la protection civile, tous les citoyens qui luttent sur place, ceux qui luttent tous les jours contre les flammes, hébergent des évacués ou gèrent la logistique. Et si vous aussi vous voulez aider, on vous donne les informations en commentaire et ils en ont plus que jamais besoin.