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interviewBFM TV (sur YouTube)· 15 avril 2025 44 min

Finances publiques, dette... La conférence de presse de François Bayrou en intégralité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, président de commission en particulier, mesdames et messieurs les représentants des partenaires sociaux et mesdames et messieurs les représentants des associations d'élus locaux et mesdames et messieurs, il est des rendez-vous cruciaux dans l'agenda politique du gouvernement. Il est des heures de vérité décisiv et celle-ci en est une. Je le disais dès le discours de politique générale, les circonstances dans lesquelles ce gouvernement a été formé sont exceptionnel, je veux dire exceptionnellement exigeante, exceptionnellement difficile et c'est une raison de plus pour ressaisir les énergies et affronter les obstacles.

Car à nos yeux, c'est de cette confrontation, de cette seule confrontation entre le réel, aussi incommode qu'il soit et notre volonté, notre ambition pour la nation, c'est de cette seule confrontation que pourront naître les orientations d'avenir pour le pays. Je ne m'étendrai pas sur le labyrinthe des difficultés politiques. Le jour de la formation du gouvernement, le 23 décembre, il y a à peine 3 mois et demi, nous n'avions pas de majorité.

Le gouvernement de Michel Barnier avait été renversé. Nous n'avions pas de budget pour l'action publique. Nous avions encore moins de budget pour l'action sociale et 84 % des Français jugaient que le gouvernement ne passerait pas le moins.

Nous avions devant nous un parcours d'obstacles sans précédent. Chacune des forces politiques présentant ses lignes rouges comme autant de menaces braquées sur toute avancé. Nous avons dû en 5 semaines surmonter six motions de censure pour parvenir à faire adopter les deux budgets vitaux pour notre action, pour la capacité de la France, pour notre crédibilité comme nation et comme État.

Nous avons ensuite fait adopter des textes importants comme la loi d'orientation agricole, la loi d'urgence pour Mayotte, la loi sur le narcotrafic en tout 21 textes différents. Pendant ces quelques semaines, l'ouragan en marche sur la planète depuis le 24 février 2022, date de l'agression contre l'Ukraine indépendante et souveraine de la Russie de Vladimir Poutine, l'une des armées les plus puissantes de la planète. Cette ouragan s'est dramatiquement aggravée.

La guerre ne s'est pas calmée, les exactions ont continué. La mort a frappé des milliers de civils et de militaires supplémentaires. À ces confins orientaux, l'Europe se sent menacé dans son intégrité.

Mais surtout, comme si la guerre ne suffisait pas, un tsunami de déstabilisation est venu chambouler la planète. Ce tsunami est d'abord stratégique. Le monde ébahi a vécu en direct un renversement des alliances que nul ne pouvait imaginer.

C'était comme dans une série télévisée en direct du bureau oval de la Maison Blanche. Le président des États-Unis a intimer l'ordre à son allié agressé, le président ukrainien Volodimir Zelenski, d'avoir à se rendre sans délai aux exigences de son agresseur, c'est-à-dire à renoncer à la liberté, à la souveraineté de son pays, sous l'amenace de se voir privé de toute aide militaire. abandon et intimidation entre alliés.

Les États-Unis étaient jusqu'à ce jour le pays pivot de l'alliance des nations libres. Il était le pays qui accueille sur son sol le siège des Nations Unies. était la première économie du monde, membre essentiel du conseil de sécurité, garantit entre les nations et que cette nation et cette puissance, un des socles de l'ordre mondial, puisse en un instant passer du côté des agresseurs. pour le monde qu'on disait libre, c'est un coup de théâtre, un coup de semonce qui ruine notre vision fondamentale du monde.

Jusque- là, l'Occident, au sens le plus large du terme, le continent européen et le continent américain du Canada à de grands plans à de grands pans de l'Amérique latine et les leurs alliés en Asie, le Japon, la Corée du Sud, tous aussi différents qu'ils puissent être, étaient réunis autour de l'idée fondatrice des libertés et du droit. Et à leur tête, croyait-il, marchaient les États-Unis d'Amérique. C'est cette vision du monde qui s'est trouvé ruiné en un instant dans l'espace de quelques semaines à peine.

Et comme si cela ne suffisait pas, ce tremblement de terre suivi de tant de dégâts géopolitiques et moraux s'est doublé d'une réplique de terrible puissance, celle-là dans le domaine de l'économie, des échanges et du commerce. Le président des États-Unis a déclenché un cyclone dont les conséquences ne cesseront pas de si tôt en donnant le signal de départ d'une guerre commerciale planétaire sans avertissement du jour au lendemain frappant d'inimaginables droits de douane d'abord les leurs ses concurrents chinois et très vite ses plus proches alliés les obligeant à des mesures de rétorsion en elle-même dangereuse avant que se multiplie les voltes face imprévisibles, les allées et les retours, ce cyclone en quelques jours à jeter à bas le cadre même, les fondations et la charpente de notre vie économique mondiale. Les conséquences de cet épisode seront nécessairement de long terme car comme vous le savez, l'économie fonctionne sur deux principes : tous les deux atteints par la décision du président des États-Unis.

La confiance dans un certain nombre de règles intangibles connues de tous et l'idée que le progrès économique traverse les frontières pour le mieux-être de tous consommateurs et producteur. Si ces deux principes sont respectés, l'avenir est relativement lisible. On peut anticiper, investir, prendre des risques.

C'est cela qui s'est effondré. et la confiance qui considère que l'avenir est relativement garanti. Cette confiance, une fois jetée à terre par le cyclone ne se reconstruit pas d'un claquement de doigts.

Voilà le paysage désormais. Voilà le paysage tourmenté dans lequel se dresse montagne de difficultés que notre pays doit affronter et à laquelle se heurte les responsables politiques. Majorité après majorité, alternance après alternance, gouvernement après gouvernement sans semble-t-il jamais trouver de réponse.

Notre conviction, celle qui justifie la réunion de ce matin, que seule une prise de conscience de nos concitoyens, seul la confrontation les yeux ouverts avec la vérité de notre situation peut soutenir une action déterminée. Rien ne serait possible sans leur soutien et leur soutien ne viendra que de leur pleine information. Lénine etki que je ne cite pas tous les jours euh le disait déjà avec la même formule seul la vérité est révolutionnaire et quelqu'un dont je suis plus proche Pierre Mindes France qui s'adressant au parlementaires en 53 leur disait de la même manière ceci parler le langage de la vérité c'est le propre des véritables optimistes et je suis optimiste. qui pense que ce pays accepte la vérité, qu'il est prêt à prendre la résolution inflexible de guérir et qu'alors il guérira.

Nous devons, c'est l'objet de cette rencontre, mesurer la gravité de la situation en écartant comme nos pires ennemis la peur et la tentation du découragement. Ce temps de constat loin d'être un frein à l'action et donc dans mon esprit le temps de la mobilisation. Alors si l'on veut prendre la mesure de la situation de notre pays telle que la ressentent les Français eux-mêmes, la première considération est celle du manque de moyens financiers auquels nous sommes exposés tant pour l'action publique que pour la vie personnelle. pas assez de moyens pour les services publics, pas assez de ressources pour la vie personnelle ou la vie du foyer.

La question qui se pose à nous est celle-ci : "Y a-t-il une explication certaine et que nous pourrions partager sur la réalité de cette situation ?" Et notre réponse est oui. La première explication est simple et pourtant trop souvent ignorée.

Nous n'avons pas assez de ressources parce que notre pays ne produit pas assez. Nous manquons de ressources parce que nous ne produisons pas assez pour les créer. Si l'on veut mesurer ce déséquilibre, il est facile, vous l'avez sur vos écrans, il est facile de regarder la différence de production par habitant entre notre pays et ses principaux voisins de même niveau de développement.

La ligne bleue qui est désormais en bas de l'écran, c'est la production française et vous avez au-dessus toutes les autres productions qui sont nos principaux partenaires et nos principaux voisins. En rouge, c'est l'Allemagne, en vert, c'est l'Italie et tout en haut de la courbe, il y a les Pays-Bas et les États-Unis. Et vous voyez qu'au travers du temps, la différence se s'agrandit, s'accuse.

Le produit intérieur par habitant est inférieur en France à celui de l'Allemagne de 10 à 15 % selon les années. Produit intérieur par habitant. Il est inférieur à celui des Pays-Bas de presque 25 %.

Il est inférieur à celui des États-Unis de 30 %. Si notre production par habitant était dans la même gamme que celle de nos voisins européens, nous n'aurions pas de déficit budgétaire et nos consyens qui gagnent quelques 2000 € par mois approcheraient les 2500 € et cela changerait notre vie et la leur ne produisons pas assez et il n'y a aucune raison acceptable pour pour un tel retard. Suffit d'examiner les résultats de notre commerce extérieur qui va s'afficher maintenant sur vos écrans, en rouge et vous voyez que c'est tous les ans de l'excédent, c'est l'Allemagne.

En vert, devenu accédentair, c'est nos voisins et amis italiens. En jaune, c'est nos voisins et amis espagnols et en bleu constamment déficit depuis au moins un quart de siècle, c'est la France. Nous sommes le seul pays de notre niveau dans l'Union européenne qui accumule un tel déficit commercial.

En l'an 2000, la France avait un solde commercial équilibré et nous avons aujourd'hui un déficit commercial qui s'élève à 100 milliards par an. Naturellement sur ces 100 milliards, 40 nous sont imposés parce que c'est notre déficit sur le poste des hydrocarbures, le gaz et le pétrole. Mais bien d'autres postes sont améliorables.

Il est impératif de réduire nos dépendances agricoles, industriell intellectuel, soit en produisant davantage ce que nous achetons, soit en modifiant nos modes de consommation. Par exemple, grand domaine d'action, le domaine de la décarbonation de nos usages, l'électrification qui doit par exemple nous aider à réduire notre dépendance aux hydrocarbures importées. Le commerce extérieur, vous le voyez, offre de la crise de notre appareil productif une photographie cruelle.

Et cette situation est d'autant plus paradoxale et d'autant plus insupportable que nous avons toutes les capacité de produire les réussites les plus exigeantes. Nous savons produire des fusées, nous savons produire des satellites, les meilleurs avions du monde, les hélicoptères, des navires, des sous-marins, des centrales nucléaires, des voitures de qualité, des trains remarquables. Nous avons des chercheurs et des entreprises de pointe dans le secteur de l'intelligence artificielle, des logiciels, de l'algorithmique, de la robotique dans le domaine ou pharmaceutique.

Nous sommes leaders dans nombre de productions agricoles que le monde nous envie. Les grands vins, les champagnes, les cognacles, les armagnaques, les spiritueux. En général, dans tous ces domaines de la production, nous maîtrisons le haut de la pyramide. ce qui est le plus difficile, ce qui est inatteignable et nous sommes presque totalement absent de la base des produits industriels et agricoles que consomment les Français.

La politique de retour de la production et de réindustrialisation, si l'on veut s'y engager avec l'énergie nécessaire, doit devenir une obsession pour notre nation toute entière et un principe d'organisation de notre économie. Et nous avons besoin, je ne sais pas si j'ai besoin de le rappeler, d'une Europe unie et puissante pour garantir que les conditions de production et de commerce seront un seront un jour équitables pour écarter le dumping systématique qui constitue une menace létale. Car si nous étions seuls dans le monde de ces puissances sans scrupules, nous serions réduits à la dernière impuissance.

Nous sommes aussi avec nos productions une puissance exportatrice et l'on voit comme les dernières crispations sont pour nous menaçantes. Parmi les domaines qui commandent la production, il y a le travail et une nouvelle courbe s'affiche sur vos écrans. Le travail n'est pas pour nous seulement un facteur de production, il est aussi et autant facteur d'équilibre et d'épanouissement personnel.

Mais du point de vue de la société, l'exclusion du travail est un malheur. Et cette exclusion, si vous regardez bien la courbe et la courbe bleue, cette exclusion, elle se concentre sur les plus jeunes, sur les juniors et sur les plus âgés du monde du travail, sur les seniors. Les jeunes français sont travaillent beaucoup moins que le taux d'emploi des jeunes français est beaucoup plus faible que chez nos voisins. européen et le taux d'emploi des seniors est aussi plus faible que chez nos voisins européens.

C'est l'explication brute du taux d'emploi qui est faible chez les travailleurs français. Voilà la première série d'explications. Nous ne produisons pas assez et nous ne travaillons pas assez.

La deuxième grande série d'explications de nos difficultés est que nous n'avons pas assez de ressources. parce que nous dépensons trop par rapport à nos recettes. La le schéma qui s'affiche sur vos écrans, c'est en bleu la courbe de nos recettes et en vert la courbe des dépenses du pays.

Et le l'espace entre les deux achuré, c'est la croissance constante du déficit du pays. Nous sommes le pays du monde qui dépense le plus d'argent public. 57 % de notre produit intérieur contre 50 % de recettes entre les deux, c'est le déficit.

Et pourtant, la France est loin d'être au sommet du classement des pays de l'OCDE pour le niveau de vie. Nous ne sommes que 16e pour le PIB par tête en 2022. Pour le taux de chômage, nous sommes en 30e position.

Pour les inégalités, nous sommes en 12e position. Or, une politique de rééquilibrage des dépenses publiques, politique à nos yeux nécessaires, est possible comme le montrent les comparaisons internationales. Beaucoup de pays plus développés que nous, du point de vue de l'épanouissement de leurs citoyens, de l'éducation, de la santé, ont fortement réduit leurs dépenses publiques lorsqu'elles ont été menacées de déséquilibre.

Le Canada, la Suède, les Pays-Bas qui ne sont pas réputés pour être des pays où les citoyens sont abandonnés ont réussi à les maîtriser alors qu'elle ne cessait d'augmenter chez nous. Et ce qui est frappant, ce qui est terrible, c'est que les habitants de ces pays où les efforts de rééquilibrage ont été conduits sont précisément ceux qui se déclarent les plus heureux dans les comparaisons internationales. Alors que 64 % des Français dans un sondage récent s'affirment pessimiste pour leur propre avenir et que 84 % d'entre eux, même 87 dans certaines enquêtes, s'affirment pessimistes pour l'avenir du pays et notamment l'avenir économique du pays.

Dépense publique maximale, morale minimale. Ce constat a une signification précise. L'excès de dépenses publiques ne fait pas le bonheur des peuples.

Nos dépenses sont les plus lourdes de tous les pays du monde, mais elles n'ont pas l'efficacité à laquelle nos concitoyens devraient avoir droit. Pour parler simplement, ils n'en ont pas pour leur argent. Alors, comment rééquilibrer ?

Deux solutions de facilité à mon avis doivent être écartées. Elles ne peuvent plus être choisies parce qu'elles sont intenables. La première solution serait de penser que si l'État n'a plus d'argent dans ses caisses, il suffit d'augmenter les prélèvements.

C'est un raisonnement qui paraît simple mais qui est intenable car la France est déjà le pays qui détient le taux de prélèvement obligatoire d'impôts et de taxes de toute nature. le plus élevé dans le monde. En 2024, le taux de prélèvement obligatoire s'établit à près de 43 % du produit intérieur.

Les prélèvements en Allemagne sont autour de 6 points de moins. Et si nous choisissions de continuer à augmenter ces prélèvements, c'est notre pays qui au bout du compte en souffrirait parce que c'est devenu une loi presque universelle. Plus l'impôt est lourd, plus les contribuables se dérobent et moins les investisseurs s'engagent.

La deuxième solution de facilité serait d'emprunter. Et c'est ce que nous faisons depuis des décennies. Nous nous trouvons aujourd'hui au bord d'une situation de de surendettement.

La comparaison avec notre voisin allemand est à cet égard très frappante. Vous avez la courbe sous les yeux. Elle part des années 2000 et l'endettement de la France et l'endettement de l'Allemagne sont au même niveau et même légèrement supérieur pour l'endettement de l'Allemagne qui a vécu 10 ans avant sa réunification.

Nous avions à cette époque une dette du même niveau de l'ordre de 60 % du produit intérieur. Et puis les trajectoires ont gravement divergé il y a 25 ans. Ce qui veut dire que toutes les majorités sensibilités politique ou presque en tout cas ayant exercé le gouvernement ont leur part dans l'évolution de cette courbe qui est quasiment ininterrompu.

Aujourd'hui, la dette de l'Allemagne se trouve toujours à ce niveau de 60 % du produit intérieur brut, même si on peut penser qu'avec la formation du gouvernement et les annonces qui ont été faites, elles vont largement augmenter mais il se trouve toujours au niveau de 60 % du PIB alors qu'en France, elle a dépassé 110 % 3300 milliards d'euros exactement. Alors qu'est-ce que c'est 3300 milliards d'euros ? plus d'une année de la totalité de ce que le pays a produit dans toutes ces activités agricoles, industrielles, intellectuelles, dans la santé, dans le soin.

Et c'est une situation d'endettement telle que c'est comme si chaque français de celui qui vient de naître à celui qui est très avancé en âge, quel que soit son âge, devait à sa banque près de 50000 € 200000 € pour une famille de 4 personnes. C'est ça l'endettement que nous avons laissé s'accumuler au travers du temps. J'ai l'impression de revivre des combats anciens.

Or, plus notre dette s'accroit dans un contexte où les taux d'intérêt progressent, plus le remboursement de cette dette pèse dans notre budget annuel. Notre dette pèse de plus en plus lourd dans le budget, ce qui fait que toutes nos marges de manœuvre, notre capacité d'action ne cesse de se réduire. la charge de la dette, c'est-à-dire l'ensemble des dépenses des administrations publiques consacrées au paiement des intérêts de cette dette et cette année de 62 milliards, c'est-à-dire d'ors et déjà similaire au montant des crédits consacrés à notre défense qui est de 62 milliards exactement ou à l'éducation hors pension de retraite qui est de 63 milliards.

Et c'est la balance que vous avez sous les yeux. 63 milliards pour l'éducation, 62 milliards pour la charge de la dette. Or, ce budget, cette charge de la dette est partie presque inexorablement pour atteindre 100 milliards d'euros en 2029 dans 3 ou 4 ans.

Et bien pour nous, cette fatalité du surendettement est inacceptable. Non pas parce qu'elle ne serait pas agréable ou ou tolérable, mais au sens plein du mot, elle est inacceptable parce que nous ne pourrons pas en supporter durablement la charge. À l'heure où le contexte géopolitique devrait nous obliger à investir dans notre défense ou dans notre recherche, nous ne pouvons pas nous saigner aux quatre veines chaque année pour rembourser nos dettes passées plutôt que de préparer l'avenir.

Une telle situation menace gravement notre indépendance. Il suffit de songer que tout abaissement de la notation de la dette de la France par les agences dont vous connaissez maintenant tous le nom Standard and Pur, smoothies, Fitch, tout abaissement de la note de la France entraînerait une augmentation des taux d'intérêt et donc une augmentation plus forte encore de la charge de remboursement que cette dette impose au pays. C'est un cercle vicieux, c'est un piège dangereux, potentiellement irréversible, un piège dangereux, potentiellement irréversible qu'il convient d'identifier et dont nous devons partager la connaissance avec les Français.

Ce risque est politiquement insoutenable, mais plus profondément encore à mes yeux, il est moralement inacceptable. Quand on parle de morale en politique, on juge souvent les conséquences présentes des actions menées par les responsables politiques, mais on devrait aussi juger les conséquences futures de leurs actions. Car la responsabilité de toute femme ou de tout homme politique s'étend aux générations à venir.

La question devant nous est très simple. Voulons-nous leur transmettre un héritage grevé de dette ? Il y a une grande différence dans le statut de l'héritage personnel et le statut de l'héritage d'une nation.

Quand vous héritez à titre personnel d'un patrimoine trop endetté, vous avez toujours la possibilité d'y renoncer. C'est la loi qui régitages familiaux. Mais l'héritage national, il n'est pas récusable.

Les salariés d'aujourd'hui qui sont en première ligne dans cette charge de la dette. pas plus que nos enfants ou nos petits-enfants n'auront aucune possibilité de refuser la charge que la nation leur aura laissé et il est moralement insoutenable de faire supporter aux générations de travailleurs actuels et futurs nos dépenses de tous les jours. C'est souvent que si cette réalité était dans la conscience de nos concitoyens, les plus jeunes des Français seraient dans la rue pour manifester contre les responsables qui leur laissent une charge aussi lourde et qui grèvera leur action dans les décennies qui viennent.

Et pourtant, il y a une bonne dette à côté d'une mauvaise. La dette légitime et utile, c'est celle qui permet de financer des investissements porteurs d'avenir, des écoles, des universités, des voies de chemin de fer. Mais ce n'est pas cette dette que nous avons privilégié.

Nous aurions dû investir dans la recherche et dans l'innovation. Nous avons préféré la dette de facilité qui finance le train de vie quotidien, nos feuilles de maladie d'aujourd'hui, les déficits de fonctionnement et les dépenses courantes. Si nous avons les yeux ouverts, alors nous devons constater qu'en fait nous n'avons pas le choix et que nous devons agir.

Nous devons agir avec résolution, mais aussi dans le respect de ce que nous sommes, de notre modèle social et de notre République décentralisée. Nous devons agir pour garantir la survie de notre modèle social, modèle unique de solidarité qui se décline aussi bien dans le domaine de l'éducation, de la santé ou de l'emploi. Notre modèle social sait une part de notre identité française.

Chaque français sait, c'est un modèle unique au monde, qu'il peut compter sur ses concitoyens, sur ses voisins au sens large pour faire face aux accidents de la vie. Enfant, adolescent, actif, retraité, chômeur. À tout âge de la vie, la solidarité nationale s'exerce et elle s'exprime dans tous les champs de la vie, dans la sphère familiale aussi bien que dans la sphère professionnelle.

C'est notre modèle de société qui est inséparable de notre modèle national depuis le Conseil national de la résistance. Mais nous savons aussi que notre système doit connaître des évolutions, doit accepter des évolutions et même des révolutions afin d'affronter le plus grave des défis àir, le défi démographique, l'effondrement de la natalité, le vieillissement de notre population. nous oblige à nous obligerons à ajuster et même à réinventer notre système de protection collective qui repose en fait sur une nécessité, une pyramide des âges équilibrées afin de garantir la pérennité et la générosité de notre contrat social.

Et nous devons également agir en restant fidèle à notre organisation décentralisée, en préservant l'autonomie des collectivités locales. Ce sont elles qui portent une grande part de l'investissement de notre pays, beaucoup plus que l'État. 70 % de l'investissement en France est porté par les collectivités locales, le bâtiment, les travaux publics, l'équipement de nos villes, l'implantation d'entreprise, le soutien aux associations.

Sans la présence active des collectivités, tous ces secteurs d'activité, tous ces secteurs essentiels de notre tissu social et économique ne pourrai résister. et elle se révèle ces collectivités d'autant plus indispensables aujourd'hui que de très nombreux enjeux sont territoriaux. Je pense à la santé notamment à la question urgente des déserts médicaux sur lesquels le gouvernement travaille pour apporter avant la fin avril des réponses efficaces, immédiates et concrètes.

Je pourrais aussi citer bien sûr le logement ou les transports et tous ces secteurs d'activité sont en réalité les lignes de bataille de la défense du premier terme de notre devise nationale l'égalité mais aussi du 3è la fraternité car c'est la cohésion nationale qui est en jeu. C'est dans ce cadre en prenant appui sur la prise de conscience des citoyens de la réalité de la situation du pays que le gouvernement choisit les quatre orientations de son action qui seront pour reprendre l'image de l'Himalaya quatre voies d'ascension. Premièrement, notre indépendance en matière de sécurité et de défense.

Nous ne pouvons pas être pris en défaut du point de vue de notre sécurité devant le gigantesque effort d'armement de la Russie, le gigantesque effort d'armement de la Chine, le pas de côté des États-Unis doté de la première armée au monde, mais ne considérant plus que l'Europe soit pour l'avenir leur priorité de défense, l'Union européenne a le devoir impérieux de construire une défense autonome. Cette défense autonome doit être le résultat d'un immense effort partagé, nécessaire de la part des autres pays européens qui étaient sans doute moins habitués que nous le sommes. Et d'abord de nos partenaires allemands qui se sont engagés résolument dans cette voie avec la formation de leur nouveau gouvernement, mais aussi d'un effort français renforcé.

Le gouvernement affirme donc ses choix pour répondre à l'effort nécessaire. Respecter les engagements pris dans le cadre de la loi de programmation, 50,4 milliards cette année. Prendre notre part de la remise à niveau en tenant compte des efforts que la France a déjà consenti, par exemple pour notre force de dissuasion. ce qui signifiera sans doute un effort de quelques trards supplémentaires l'année prochaine.

Être présent au rendez-vous de la garantie de sécurité de nos alliés ukrainiens si un accord équilibré venait à être signé, ce qui, je vous l'accorde, est loin d'être garanti. Cette question de la sécurité collective est un défi. notre continent tout entier à la seule exception de la France s'en était remis pour sa sécurité aux États-Unis les yeux fermés nous savons aujourd'hui ce qu'il en est ce qu'il en est et combien les avertissements du général de Gaulle sur le tout peut arriver et effondé il est de notre responsabilité de faire face comme dans l'histoire la France hélas n'a pas su le faire attendre dans les années 30 et comme au contraire Elle l'assuma dans les années 60.

À chaque génération, son rendez-vous d'indépendance et de sécurité pour notre pays. Mais cette fois, l'échelle est celle de l'Union européenne tout entière. Deuxème choix, le refus du surendettement.

La trajectoire budgétaire définie pour 2025 et 2026 un peu théoriquement doit être maintenu en gardant l'objectif d'un retour au 3 % de déficit en 2029. Contrairement à ce que l'on a beaucoup entendu dire, ce chiffre des 3 % n'est pas un chiffre au doigt mouillé. 3 % de déficit, c'est le seuil en dessin duquel la dette n'augmente plus.

J'avoue queon pourrait trouver des des centièmes ou des dièmes de différence entre 3 et 2,6 ou 2,7, mais 3 % c'est un seuil d'indépendance. Or, nous avons déjà réussi à baisser nos déficits dans des domaines cruciaux. Le tableau que vous avez sous les yeux, c'est la baisse des dépenses sociales dans les années de 2017 à 2019.

Et si vous regardez bien, nous nous étions remontés des profondeurs pour repasser la barre des 3 % de déficit et se rapprocher de l'équilibre. Vous avez cela, c'est le bâton le plus court avant la plongée du Covid. et la succession des crises, celle que nous évoquons la crise sociale des gilets jaunes, la crise sanitaire du Covid, la crise géopolitique liée à la guerre d'Ukraine et la crise de confiance stratégique, industrielle et commerciale dans laquelle nous sommes plongés aujourd'hui.

Tout cela nous a fait perdre pied et nous devons nous rétablir. 3è choix, la refondation de l'action publique. Nous ne pouvons pas accepter que la France soit le pays où l'on dépense le plus d'argent public, où l'on prélève le plus d'impôts et de taxe diverses et de cotisation et que pourtant les Français s'accordent unanimement à constater que l'action publique ne marche pas.

Pour beaucoup d'entre eux, la frontière en traction et inaction publique est devenue trouble. Le gouvernement a donc engagé une véritable remise à plat des missions et des budgets de nos administrations. Le 21 février dernier, j'ai réuni tous les ministres, tous les directeurs d'administration centrale, des représentants des préfets de région et de département et nous avons lancé la première étape de cette refondation de l'action publique. demander à chaque administration une formulation claire des missions dont elle a la charge afin que puisse être vérifier la pertinence de ces missions et identifier les doublons et les redondances.

L'étape suivante sera celle de l'évaluation de l'exécution de ces missions. Et c'est pourquoi j'ai décidé de transmettre ce document des missions de l'État définies par l'État de transmettre ce document pour appréciation aux commissions parlementaires. Enfin 4e choix.

Les trois premiers ne seront pas suivis des faits si nous ne garantissons pas la vitalité économique de notre pays. La bonne santé de notre société passe par des choix politiques qui encouragent et aident l'activité économique pour que la France soit une terre attractive d'investissement, d'emploi tournés vers l'innovation et la production. Depuis 2017, notre pays a réussi à retrouver un élan.

Nous avions perdu en 20 ans 900000 emplois industriels. 130000 ont été recréés les dernières années. Notre industrie a su se renouveler et s'emparer des sujets d'avenir en prenant en compte les défis écologiques.

Cela passe par l'innovation et nous avons vérifié la semaine dernière que dans le cadre du programme d'investissement en France 2030, 15 milliards allaient pouvoir financer les projets innovants. Cela passe par la simplification. Ni l'administration, ni la bureaucratie, ni les normes ne devrai constituer des obstacles à l'initiative économique.

Ce travail de levée d'obstacles, nous allons le conduire avec les intéressés eux-mêmes, entreprises, artisans, famille. Cela passe aussi par la formation au métier d'avenir et l'acquisition et le renforcement des compétences. Je sais très bien que le contexte actuel est difficile pour de nombreuses entreprises, de nombreux sites, de nombreux emplois.

Nous vérifions tous les jours que le protectionnisme américain risque de nous faire perdre des débouchés. Il les fait aussi perdre à la Chine qui dès lors risque de se réorienter avec puissance, parfois agressivité vers le marché européen, sans parler des prix de l'énergie qui sont nettement plus élevés chez nous que sur d'autres continents. La question première est celle de la reconstitution de notre base productive, du redressement de nos productions, industrie, énergie, agriculture.

J'ajoute création intellectuelle filière par filière et c'est un défi de plus en plus difficile à relever sans doute mais de plus en plus nécessaire. J'ai la conviction que la démocratie sociale doit prendre sa part dans la résolution de ces problèmes. L'exigence de redressement du pays doit se faire avec un sentiment de justice qui garantisse l'adhésion de tous.

C'est toute notre société qui doit participer au mouvement nécessaires pour regagner notre indépendance et notre souveraineté. L'exercice de vérité que nous faisons ce matin ensemble est essentiel ou devrais-je dire les preuves de vérité tant les constats dressés nous font prendre conscience des déséquilibres que notre pays traîne depuis des décennies. Ces constats et ces déséquilibres, ils sont objectifs.

Aucun des éléments que nous avons partagé, aucun des chiffres avancés n'est une opinion ou une interprétation. sont des faits. Tous sont officiels et contrôlables.

Ils sont le constat de notre situation même. C'est pourquoi nous abordons ce constat et nous exprimons cette détermination avec, je vous l'assure, humilité. Nous avons une conscience aigue de la difficulté de la situation, mais il serait lâche et irresponsable de fermer les yeux, de pousser la poussière sous le tapis, de faire semblant.

Ce n'est pas notre choix. J'ajoute donc qu'aucun gouvernement, ni le nôtre, ni ceux qui viendront après nous ne pourra éluder cette question. C'est de la survie de notre pays qu'il s'agit, de son indépendance, de sa liberté, de son équilibre et de sa paix civile.

Et c'est pourquoi c'est à quoi, mesdames et messieurs, nous avons décidé de ne pas manquer. Enfin, une dernière conviction. Tous ces défis, sans exception, nous pouvons les relever.

Les capacités de notre nation, elles sont plus puissantes qu'aucune de celles des pays qui nous entourent et qui sont nos partenaires. Il y a des continents d'énergie qui ne demandent qu'à s'exprimer. Il suffit que nous les libériions et que nous nous libérions des pesanteurs et des entraves qui nous emprisonnent.

C'est ce mouvement de libération que nous avons entrepris ensemble ce matin. Un mot enfin du calendrier. Ce que nous avons ce matin pris ensemble, c'est les éléments d'un diagnostic sur la sécurité du pays.

Ce diagnostic doit nous permettre dans les semaines et les mois qui viennent de proposer des orientations et des solutions sur lesquelles naturellement nous serons jugés. Vous connaissez le calendrier habituel de la préparation des budgets. Le calendrier habituel, c'est septembre.

C'est en septembre que sont révélé les exigences, parfois les obstacles et les difficulté que l'examen du budget à l'Assemblée nationale et au Sénat va permettre de mettre en évidence. Nous avons décidé d'aller plus vite, de prendre les devants, de choisir un calendrier beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus exigeant. Ce calendrier, va permettre de rassembler toutes les contributions, toutes les suggestions, toutes les consultation pendant quelques semaines autour de l'avenir et des choix que nous allons devoir faire.

Notre but, c'est que ces grandes orientations et ces grands choix soient proposé avant le avant les vacances, avant le 14 juillet, que nous ayons pu auparavant réunir tous ceux qui doivent prendre leur part, que les travaux engagés se poursuivent et que nous puissions avoir une vision plus juste et plus nette des [Musique] solutions des possibilités, des euh opportunités, comme on dit en mauvais français euh qui se présenteront devant nous. C'est un travail tout à fait considérable mais c'est un travail dont nous considérons qu'il est pour notre pays au sens propre vital. Je vous remercie. [Applaudissements]