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interviewPS - Parti socialiste· 11 mars 2023 36 min

Conseil national du 11 mars 2023 | Discours du Premier secrétaire Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Olivier Faure

la façon dont tu as animé cette séance. Je veux à mon tour saluer la mémoire des deux disparus que tu as évoqués, Jean Le Garec et puis Jean-Michel Rosenfeld, et dire à la fois les souvenirs émus que j'ai en évoquant leur mémoire. Avec l'un et avec l'autre, il y a eu de longs débats, de longs combats, et je pense pouvoir dire en votre nom à toutes et tous que ces combats, évidemment, nous les prolongerons, et c'est certainement le meilleur hommage qu'on puisse leur rendre. Ils ont été des combattants de tous les instants.

Je crois qu'on peut dire que de l'âge de la conscience jusqu'à leur mort, ils ont été socialistes jusqu'au bout des ongles, et ils ont porté avec constance, avec force, nos combats. Et donc, oui, cher Jean-Michel, cher Jean, nous sommes là, et nous essaierons d'être à la hauteur des combats que vous avez portés. Vous pouvez les applaudir. Je suis désolé de commencer ce discours avec quelques mots graves, mais vous dire que nous sommes le 11 mars, et que le 11 mars, c'est aussi la journée nationale qui rend hommage aux victimes du terrorisme.

Et je n'oublie pas non plus que c'est un 11 mars que Mohamed Merah, à Toulouse, avait frappé des innocents, des enfants, simplement parce qu'ils étaient juifs. Et donc, rappeler notre combat contre le racisme, contre l'antisémitisme, contre l'obscurantisme religieux, contre le fanatisme islamiste, qui reste un adversaire parfois tapis dans l'ombre, mais que nous ne nous lasserons pas de combattre et, évidemment, rendre à notre tour aussi hommage aux victimes et en mémoire et à celles et ceux qui l'auront survécu et qui vivent depuis dans le deuil. Je veux maintenant rentrer dans l'essentiel de notre débat.

D'abord, le faire, là aussi, avec une certaine gravité et, je tiens, même une certaine inquiétude. Oui, je suis inquiet. Et je voudrais, pour cela, vous livrer deux anecdotes. La première, c'est une caissière avec laquelle j'ai parlé dans ma circonscription et qui me racontait ce que vivent, en fait, celles et ceux qui, dans ce supermarché, viennent jusqu'à elles à la caisse. Elle voit les caddies qui sont plus vides qu'autrefois. Elle voit les gens qui lui demandent de comptabiliser lot par lot ce qu'il y a à mettre dans le caddie. et quand une certaine somme est atteinte, d'arrêter et de laisser ce qui a été pris en trop de côté. Je pourrais prolonger et raconter tout ce qu'elle m'a dit.

Mais vous l'avez compris, ce qu'elle nous dit, c'est que la question du pouvoir d'achat, en ce mois de mars, est une question qui est aujourd'hui une question cruciale. Une question qui frappe d'abord les plus modestes, évidemment. Et il n'est pas tout à fait juste de prétendre que cette inflation est de 6 %. Elle est évidemment en moyenne de 6 %. Et si vous achetez un ordinateur cette semaine, vous verrez même que les prix ont plutôt baissé.

Mais si vous êtes avec une consommation qui est essentiellement vivrière, eh bien, si vous avez une consommation qui est essentiellement liée à votre alimentation et puis à votre énergie, chauffage, déplacement, etc., l'inflation, elle est en moyenne pour l'alimentaire autour de 15 % comme pour l'énergie. Et pour les produits de première nécessité, c'est souvent des bons plus incroyables qui ont été réalisés pour l'huile, pour les pâtes, pour la viande. Vous savez très bien que ce qu'il en est aujourd'hui est malheureusement très supérieur aux moyennes que l'on peut donner.

Et ce que je sens, ce que je ressens, c'est qu'y compris le fait que cette fin de la semaine ou de la fin du mois soit déjà un problème, pèse y compris sur la mobilisation sociale. Je vois des gens qui me disent « Mais je suis absolument contre cette réforme des retraites. Mais comprenez que pour moi, cette échéance, elle est lointaine. Je n'arrive même pas à voir comment je vais finir la semaine ou le mois. » Alors me demander de travailler deux ans de plus, ça me paraît juste impossible. Mais c'est aussi ce qui pèse sur cette mobilisation, la résignation, le sentiment que rien n'est possible, que de toute façon, le rouleau compresseur va continuer.

Et au fond, ce qui nous paraît un obstacle à la démocratie, l'utilisation du 49-3, du 47-1, du 44-3, de l'article 38 du règlement du Sénat, bref, tous ces articles qui s'additionnent et qui nous font hurler, sont aussi un élément de la communication gouvernementale. un élément pour dire aux Françaises et aux Français « Vous pouvez manifester, faites ce que vous voulez, mais nous ne bougerons pas. » Vous avez peut-être lu cette semaine le fait que l'un des proches du Président ait expliqué, sans rougir, que le Président ne baisserait pas la garde, qu'il irait jusqu'au bout, sauf violence, sauf blocage complet du pays, sauf mort. Et là, on se dit « Mais qu'ont-ils en tête ?

» Et j'en viens à ma deuxième anecdote. Une anecdote qui est plus lointaine. Sur un rond-point, dans ma circonscription, au moment des gilets jaunes, je vais voir, donc, sur un rond-point, ces femmes, ces hommes qui manifestent et je leur demande, en fait, pourquoi ils sont encore là, alors que ça fait plusieurs semaines. Et ils me disent, ils me regardent et ils me disent « Mais vous savez, monsieur le député, on a voté pour vous. Je suis content, je me dis « C'est bien. » Ils me disent « Mais, en fait, vous, vous pouvez faire quoi à l'Assemblée ?

» Alors je leur dis « Je défends des amendements, je me bats, je fais en sorte qu'une autre voie soit perceptible, perçue et peut-être même, parfois, gagnée. » Ils me disent « Vous gagnez sur quoi ? Vous gagnez souvent, vos amendements ? » Alors je leur dis « Non, pas souvent, je suis en l'opposition. » Ils me disent « Vous savez, en fait, nous, on a regardé ce qui se passait. On a vu aussi, on est au début du quinquennat, enfin, vous vous souvenez de la période des Gilets jaunes. » Et donc, ils me disent « On a regardé ce que faisaient les syndicats. » Les syndicats, contre les lois Pénicaud, contre la SNCF, etc., ils ont manifesté. Monsieur le député, ils ont tenu quoi ?

Alors je leur dis « C'est vrai, pas grand-chose. » Ils me disent « Vous savez, nous, on a pris les ronds-points. Et pendant deux semaines, on a été exactement comme vous, très respectueux. » Et puis, la troisième semaine, on a vu arriver les Black Blocs. Et on a vu les dégâts qu'ils ont causés à l'Arc de Triomphe. Et là, on a vu les milliards tombés. Alors, monsieur le député, expliquez-nous comment les choses marchent. Est-ce que, finalement, quand on a une démarche pacifique, démocratique et qu'on n'ait pas entendu, est-ce que ce ne sont pas ceux qui prônent la violence qui ont raison ? Eh bien, c'est là le problème auquel nous sommes confrontés.

On a beaucoup parlé ce matin de la radicalité des uns, des autres, etc. La réalité, c'est que ce gouvernement a malheureusement poussé à la radicalité une partie de ce pays. Et c'est extrêmement grave. Parce que quand l'expression démocratique n'est plus entendue, quand il n'y a plus de possibilité pour trouver les voies de l'aménagement, du compromis, eh bien, alors, une partie de l'opinion, effectivement, passe dans une autre forme de revendication. Et là, c'est non pas la crise, mais, finalement, une situation que personne ne sait gérer et personne ne sait comment on en sortira.

Et le vrai problème de ce gouvernement et de ce président, c'est que depuis six ans maintenant, il fracture consciencieusement, mesure après mesure, ce qu'est le modèle social français. Et donc, c'est la raison pour laquelle nous devons, nous, non pas abonder, dans le sens de ceux qui diraient qu'il faut faire maintenant preuve de violences, mais nous devons devenir, naturellement, un débouché politique. Parce que si l'espoir disparaît, alors c'est la violence qui remplacera. Et nous avons vocation, et quand je dis nous, je parle de nous socialistes, je parle aussi de l'ensemble de la gauche, nous avons vocation à donner un débouché politique à ce mouvement.

Parce que si nous ne le donnions pas, nous savons aussi que l'autre s'y prépare. Et même si, tout à l'heure, ça a été rappelé à la tribune par Arthur, même si, dans le débat sur les retraites, on assiste là à une vraie imposture de l'extrême droite, et que nous aurons à continuer à dénoncer, et là, il faudra continuer à travailler sur ce qu'ils sont vraiment, là où ils sont en responsabilité. Mais nous devons, effectivement, tout faire pour que la gauche soit en mesure d'être la vraie force alternative en 2027. Donner un débouché politique à ce mouvement, à ces femmes et à ces hommes qui les espèrent. Alors, j'en viens, du coup, à notre façon de nous organiser, nous, dans ce moment-là.

D'abord, je reviens de quelques mots sur le secrétariat. ça a été dit à l'instant, nous avons conçu un secrétariat qui peut paraître nombreux. Il l'est. Il l'est, pour des raisons qui sont liées au fait que nous avons, que j'ai fait le choix, de segmenter au maximum les secteurs. Non pas pour diviser, pour mieux régner, non, simplement pour que chacun ait en charge un domaine dans lequel ils s'investissent pleinement, qu'ils puissent y rencontrer toutes les actrices et les acteurs qui doivent être rencontrés sur son domaine et permettre d'aller le plus loin possible pour pouvoir arriver à réaliser ce que nous n'avons pas réalisé jusqu'ici. Nous avons travaillé. Il y a eu des projets.

Et même, je veux souligner tout de suite la question qui est posée tout à l'heure par Nicolas. Il y a eu un projet qui a été présenté par la NUPES au moment des élections législatives et qui a fait l'objet d'un accord. Mais cet accord, malheureusement, n'a pas été victorieux. Nous avons perdu ensemble l'élection législative. Et donc, il va falloir se remettre ensemble à travailler. Et la vocation de chacune des formations politiques qui composent aujourd'hui cette nouvelle Union populaire économique et sociale ont toutes vocation à continuer à travailler.

Parce qu'on ne peut pas se reposer en disant finalement, parce qu'on avait un projet, on le conserve pour la fois suivante et puis la fois suivante encore si ça ne marche pas. Non, nous avons vocation évidemment à avancer. Donc, nous avons cherché à avoir un secrétariat national qui soit un secrétariat national fourni et qui permette de travailler et je note avec plaisir celles et ceux qui ont fait le choix de nous rejoindre. Il n'est pas indifférent que des gens qui avaient choisi d'autres routes, d'autres voies. Je pense à Émilie Cariot ou à Jean-Pierre Mignard qui ont dans un premier temps fait le choix d'Emmanuel Macron. Et ils ne sont pas les seuls.

Il y a des gens parmi nous aussi qui avaient d'abord fait le choix d'Emmanuel Macron dans la campagne des législatives ou même après. Je vous rappelle que dans le début de la législature, nous avions majoritairement choisi l'abstention du vote de confiance laissant sa chance au produit comme qui dirait l'autre. Il y avait eu beaucoup de confusion à cette époque-là. Mais il y a eu ensuite une prise de conscience et s'agissant... Et c'est là la distinction que j'opère avec Patrick tout à l'heure qui disait « Regardez, finalement, plus personne ne peut être taxé de macronisme puisque désormais vous accueillez des gens qui ont fait un jour le choix d'Emmanuel Macron. » Je partage ce choix-là.

Je dis... J'assume parfaitement le fait qu'il y ait des gens qui un jour fait le choix d'Emmanuel Macron qui puissent revenir vers nous. Mais à la différence près que s'agissant d'Émilie et de Jean-Pierre, ils ont aussi fait le choix de la NUPES. Ils ont aussi fait le choix du rassemblement de la gauche et des écologistes dans leur ensemble. Et c'est ce qui les distingue aussi de celles et ceux qui pourraient être tentés à un moment de rejoindre un vaste mouvement mais qui ne seraient pas prêts à composer avec l'ensemble de la gauche et des écologistes. Je dis aussi ma fierté de voir des gens qui, jusqu'ici, n'ont pas été tendres avec nous. N'est-ce pas, Chloé ?

Mais je pourrais évoquer en fait d'autres camarades qui nous rejoignent maintenant. Stéphane Ravaclet qui est ce boulanger du Doubs qui avait fait cette grève de la faim pour soutenir son apprenti guinéen, son papier. Il y a des gens aussi, je pense à l'autre fille, qui a d'abord combattu ce que nous étions et qui ont fait le choix pourtant de nous rejoindre. Alors, un jour, peut-être dans ce Conseil national, ils nous diront quelles sont les motivations qui sont certainement liées au fait qu'ils n'ont pas trouvé ailleurs ce qu'ils pouvaient trouver chez nous et peut-être l'espérance que nous pouvons nouer ensemble.

Mais dire quand même cette immense fierté de voir qu'aujourd'hui, donc je ne sais pas si tout le monde connaît Chloé, mais je crois que la plupart d'entre vous la connaissent. Directrice adjointe de l'Institut Rousseau qui vient de commettre un livre d'une guerre à l'autre sur la guerre en Ukraine qui a été l'une des figures de proue aussi de son association qui s'appelle Voter, Mieux Voter. Bon, et je pourrais dire toutes tes qualités, mais ça va être long, donc vos fonctionnaires, etc. Bon, bref, je m'arrête là. Ma fierté de voir que Jérôme Sadier, je ne donnerai pas le nom de sa banque, mais enfin, disons qu'il est facile de la trouver sur Google.

Jérôme, qui est le président d'une banque coopérative, qui est aussi le patron d'un grand secteur d'activité. Non plus, je ne dirai pas lequel, mais enfin, chacun trouvera. C'est important d'avoir des gens qui aussi, pour la première fois depuis longtemps, ont envie de mobiliser leur savoir, leur intelligence, peut-être aussi leur réseau, pour venir renforcer ce que nous sommes. Et à chaque fois qu'on retrouve des gens qui, parfois, ont été dans le doute par rapport à nous, dans l'hésitation, et qui nous rejoignent, effectivement, nous devons être fiers ensemble. J'ai sûrement oublié des gens, et je me frangueuler après, mais c'est pas grave.

Non, Luc nous avait déjà rejoints depuis longtemps, et donc, je n'avais pas oublié Luc, qui est inoubliable. Voilà. Donc, j'y vois aussi le signe d'une certaine forme d'attractivité retrouvée. Mais cette attractivité, je la lis à quelque chose qui est assez simple, et de ce point de vue, je suis assez d'accord avec ce qu'a dit Patrick. Il y a dans un parti politique un débat nécessaire. Et il est même impératif qu'il continue à avoir lieu dans ses murs. Patrick, Hélène, aspirent à devenir majoritaires. C'est parfaitement légitime. Et personne ne peut ici reprocher à qui que ce soit de vouloir un jour devenir majoritaire.

Personne ne peut non plus reprocher à qui que ce soit d'émettre des positions qui sont différentes de celles de la majorité. C'est le parti d'Épinay. Cette capacité, justement, à maintenir dans nos rangs des gens qui ne pensent pas exactement la même chose, mais qui partagent un objectif, celui, un jour, de changer à nouveau la vie. Et donc, je suis d'accord avec ça, mais ce que Patrick a dit aussi, et il a parfaitement raison, dans une direction, il faut qu'on indique, justement, la même direction. Et ça n'est pas un problème lié, j'ai entendu que tout à l'heure, David disait, c'est à cause de l'Ariège. Non, ce n'est pas à cause de l'Ariège. C'est aussi à cause de l'Ariège.

Mais c'est d'abord un problème de loyauté entre nous. Cette question, je le dis, elle a été évoquée avant Marseille entre nous, pendant Marseille entre nous, comme l'une des conditions à l'accord. Et donc, voir que cette condition-là n'est pas respectée, voir que se multiplient les accros dans la presse, eh bien, effectivement, je n'ai pas de problème avec le fait que des gens disent des choses différentes de moi, mais je ne veux pas qu'on puisse dire qu'il y a une direction qui ne sait pas où elle va. Ça, ça n'est pas possible. Et donc, comme la confiance n'est exclusivement en réalité des preuves que l'on se donne, la porte restera ouverte.

Les remaniements sont toujours possibles, mais à la condition exclusive, effectivement, de s'en tenir à une discipline collective, quand on appartient à une majorité, à une direction commune, eh bien, on en défend ensemble les décisions. Et quand la décision n'est pas intervenue, on s'abstient déjà de commencer par donner les siennes partout où l'on le peut, histoire de prendre date face à l'opinion publique et ensuite avoir réussi à tenir, finalement, sur le pour et le contre. Le en même temps, pour dire les choses autrement. Donc, ça n'était pas exclusivement par rapport à l'Ariège, mais je veux quand même revenir d'un mot sur l'Ariège.

parce que ce n'est évidemment pas la seule question d'une fédération ou d'une élection partielle qui nous occupe quand on parle de l'Ariège. On parle en réalité de tout un équilibre qu'il reste à maintenir entre nous et nos partenaires de la gauche et des écologistes. La première chose s'a été dit, donc je n'irai rien que d'un mot, nous avons une signature que nous devons honorer. Quand on signe quelque chose, il faut que les gens aient le sentiment que ce sera respecté. Figurez-vous que nous ne négocions pas uniquement en Ariège. Nous discutons en ce moment.

Pierre a commencé à discuter avec les communistes, avec les écologistes, même avec les insoumis, en réalité, même si on ne voit pas très bien où il y a possibilité de faire accord avec eux sur les sénatoriales. Dans cette discussion, chacun nous demande à chaque fois quel est le sens de l'accord passé avec vous. Parce qu'en fait, est-ce qu'il y a des départements dans lesquels ça ne vaut pas ? Est-ce que quand on est second sur la liste, ça veut dire qu'en fait, on peut se retrouver avec une liste dissidente qui sera en fait une liste contrôlée par la fédération et qui fera que vous n'aurez non pas un socialiste élu puis un écologiste ou un communiste, mais deux socialistes qui seront élus ?

Et c'est ça, la première question qu'il nous pose. Et donc, nous, nous devons leur donner une réponse claire. Oui, quand nous signons quelque chose, nous tenons nos engagements. La fiabilité, la confiance, c'est essentiel. ensuite, ensuite, j'ai entendu des choses sur le caractère particulier des candidats. Je suis moi-même partisan du vaccin, de la science, et je considère que notre histoire nous conduit à être du côté de ceux qui défendent, qui luttent contre toute forme d'obscurantisme. ceci posé. Est-ce que vous considérez les uns et les autres que nous devons exclure dans nos propres rangs tous ceux qui demandent la réintégration des soignants non vaccinés ?

Je pose la question parce qu'outre-mer, par exemple, il n'est pas un député de droite ou de gauche qui ne défend la réintégration des soignants non vaccinés. Et donc, ça pose un sujet, c'est que est-ce qu'y compris on peut avoir à gauche des positions différentes sur ce sujet-là ? C'est une question qui est ouverte. Je laisse à votre entendement. J'entends ensuite qu'elle aurait voté, même pas voté, qu'elle aurait signé une résolution que nous, nous n'avons pas signée, qu'elle était une résolution non pas des Insoumis, mais une résolution du Parti communiste qui qualifiait le régime actuel en Israël des régimes d'Apartheid. Cette résolution est une résolution communiste.

Est-ce que cela veut dire que désormais, nous considérons que tous ceux qui ont un jour signé cette résolution, avec lesquels nous devons avoir un débat franc, vif, mais cela veut dire que tous ceux qui ont signé cette résolution ne peuvent plus être des gens qui sont candidats à un accord avec nous, auquel cas, on ne pourrait plus, après avoir retranché tous les Outre-mer, on ne pourrait plus discuter que les communistes. Le dernier point qui a été cité, c'est ceux qui ont manifesté dans cette manifestation à laquelle nous, nous avons refusé de manifester, celle dite contre l'islamophobie à l'appel du CCIF.

Je rappelle que nous sommes la seule organisation de gauche à avoir refusé d'y être présents. La seule. Et donc, après avoir retiré les Outre-mer, retiré les communistes, on retire ce qui reste de la gauche.

Et là, vous voyez qu'on a une petite difficulté, c'est que nous ne sommes pas seuls, que nous ne sommes pas hégémoniques, que nous n'avons pas le monopole de la gauche et que nous devons donc chercher non pas à contraindre, mais à convaincre de nos positions et à amener progressivement sur nos positions et à faire en sorte que nous puissions non pas renoncer à ce que nous sommes, mais convaincre que ce que nous portons est la meilleure voie pour le pays et la meilleure voie pour retrouver aussi les traces du pouvoir. Et donc, j'en viens maintenant, non, j'en viens même pas, j'en viens au deuxième tour de l'élection de l'Ariège et après, j'ai fini sur l'Ariège, définitivement.

Je n'ai pas compris quelle était la position que vous défendiez pour le TO1 et pour le TO3. Je le dis aussi, je vois bien ce qui se prépare. Si l'idée était que la candidate LFI étant très largement en tête des premiers tours précédents, mais il y a un match pour la deuxième place entre le RN, les LR et notre camarade dissidente, eh bien, si l'idée était qu'il fallait à tout prix chercher un deuxième tour qui oppose la gauche à la gauche. Je rappelle là aussi qu'il y a une vieille jurisprudence à laquelle nous tenons particulièrement.

C'est le fait que jamais, au grand jamais, nous ne souhaitons que soient arbitrés les débats entre la gauche et la gauche par la droite et par l'extrême droite. et que j'aimerais à tout le moins que les camarades qui ne partagent pas la position que nous défendons, eh bien, que cela exprime dès à présent leur souhait, leur volonté de faire en sorte qu'au deuxième tour, tout le monde se retrouve derrière le, là en l'occurrence, candidate de gauche la mieux placée. J'en ai fini donc avec la question de l'Ariège et j'en viens donc à ce que je disais.

Notre problème n'est pas d'aller chercher à disqualifier les autres, mais de chercher à se qualifier nous-mêmes et à devenir ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être, une force motrice, une force centrale. Et c'est la raison pour laquelle nous avons décidé dans le Congrès d'engager plusieurs grands chantiers. D'abord, des conventions. Des conventions qui, les trois premières, et je dis bien que ce sont les trois premières, il y en aura beaucoup d'autres qui vont avoir vocation à élargir notre spectre, à les chercher auprès de ceux qui travaillent au-delà de nos rangs, des positions, des revendications, des expertises.

Donc faire en sorte d'abord dans ces conventions qui seront consacrées pour la première à la grande révolution en cours, la grande révolution féministe, quelles sont nos positions. Et ce n'est pas toujours si simple parce que nous avons nous aussi beaucoup de progrès en la matière à faire. Ça a été, pour la première fois, nous aurons, non pas pour la première fois, nous aurons un SN parfaitement paritaire. Mais je sais les enjeux qui sont devant nous, notamment sur les questions électorales. Je sais combien ce sera difficile de le faire sur les sénatoriales. Je sais tout ça. et donc, d'abord, la révolution féministe. Ensuite, reconquérir les classes populaires.

Puis viendra la convention sur la question européenne. Qu'est-ce que c'est qu'une convention ? Une convention, ce n'est pas simplement un moment de grand-messe où on est très content d'avoir cinq lignes dans la presse et 15 secondes à la télévision. Non, non. Une convention, c'est un long processus qui va durer des années pour chacune d'entre elles. Je m'explique.

Avant la grand-messe, celle qui permettra de consacrer les votes militants, de comprendre quelles sont nos positions, il y a d'abord toute une phase qui est une phase préparatoire, d'une phase d'audition, d'une phase de débat partout en France où on cherche à déjà faire passer un message et que nous travaillons sur tel et tel sujet. Des conventions, c'est donc des conventions très ouvertes qui seront ouvertes à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le travail que nous fournissons. Ce n'est pas un huis clos entre nous. Il faudra élargir au maximum, faire en sorte que tout le monde puisse avoir le sentiment qu'il a été à un moment invité à participer à ces débats.

Puis, il y a donc la convention et ensuite, quand la convention a tranché sur 4 ou 5 propositions par thème, par exemple, eh bien, ça ne s'arrête pas là. Ça commence même dans une démarche que je pourrais baptiser une démarche de plaidoyer, comme disent les ONG, une démarche de campagne active pour promouvoir dans la société française les positions qui sont les nôtres, permettre une appropriation par le plus grand nombre des revendications que nous portons. Je prends un exemple. Non, je n'en prends pas parce que ça va être toujours, ça sera critiquable si j'en prends une et pas l'autre.

Mais disons que, y compris sur la question féministe, il y a beaucoup de sujets sur lesquels il va falloir bousculer l'opinion. Et on sait très bien que ça n'est pas si simple de revenir non pas sur 10 ans, sur 15 ans, sur 20 ans, mais sur des délais millénaires de comportement. depuis que, j'allais dire, dans un réflexe bien genré, depuis que l'homme est homme. Donc depuis que l'homme est homme, depuis que la femme est femme, depuis que l'être humain est apparu, eh bien, ça n'a fait que renforcer cette domination que nous connaissons, que la domination patriarcale. Et on ne revient pas en un an, en deux ans, en trois ans, sur des millénaires qui sont notre habitus et nous compris.

Et donc, ça supposera parfois de nous affronter à des incompréhensions. Et ça suppose donc que de ne pas attendre simplement une élection présidentielle, une élection législative pour entamer ce travail de conviction sur les thèmes que nous jugerons prioritaires. Donc, vous comprenez à travers ce que je viens de dire que, en fait, je vous propose une campagne permanente, une campagne qui ne va plus s'arrêter pendant les quatre prochaines années. Pas de même intensité, je rassure tout le monde, on ne fera pas tous les jours, de même, on ne fera pas une campagne présidentielle toutes les heures.

Mais, malgré tout, être dans une démarche qui est une démarche d'aller vers, comme on dit maintenant, une démarche qui permet d'aller rencontrer les Françaises et les Français avec des propositions concrètes, thème après thème, pour leur dire voilà ce que nous portons et dire aussi au reste de la gauche ce que nous portons et ce que nous voulons porter avec elles et avec eux. Ce sera notre part du travail, notre contribution aussi à ce que j'espère adviendra, c'est-à-dire un contrat de coalition qui nous liera toutes et tous pour la prochaine élection présidentielle et élection législative. Mais ça, on n'y est pas encore, on en parlera bien plus tard.

Et voilà donc ce que je voulais vous dire ce matin parce que maintenant il est tard et que nous devons aussi aller manifester. pour ceux qui veulent manger il y aura des stands merguez sur place donc ça n'est pas la peine de vous échapper entre les deux pour oublier d'aller manifester et aller renforcer le mouvement syndical. Ce que je voulais vous dire ce matin simplement c'est que le message que nous devons adresser dans les prochains jours à nos militantes et à nos militants vous en êtes l'expression et en même temps vous êtes celles et ceux qui de retour dans vos fédérations allaient entraîner le reste de notre mouvement.

Eh bien ce que nous devons leur dire c'est que nous sommes à nouveau au travail. La difficulté on la connaît on sait les haies qui sont devant nous on sait l'immense difficulté que nous aurons à convaincre les uns et les autres et que même dans ce mouvement social il n'est pas sûr que la gauche ait réussi à convaincre.

Tout cela nous le savons mais que précisément pour ces raisons-là et parce que nous avons un enjeu qui nous dépasse toutes et tous et qui dépasse de très très loin nos querelles internes parce que nous avons un enjeu essentiel qui est celui d'être présent au deuxième tour de l'élection présidentielle prochaine que nous avons un enjeu de battre l'extrême droite et la droite à la prochaine élection présidentielle. Eh bien nous devons tout faire dès à présent pour nous mettre au travail.

Je l'ai dit plusieurs fois pendant le congrès et je le dis encore ce matin si nous sommes restés dans ce parti les uns et les autres dans un moment où il aurait été tellement plus simple d'être ailleurs ou d'arrêter dans un moment où nous n'avions plus comme ça avait été le cas parfois souvent grâce à l'élan donné par François Mitterrand nous étions dans des fédérations dans des circonscriptions où il suffisait de mettre un point et la rose pour être élu et il y avait là à ce moment-là y compris des gens qui ont montré par la suite que c'était plus l'opportunisme que la réelle sincérité la réelle volonté de s'ancrer dans des valeurs qui sont maintenant pluricentenaires et donc il y a aujourd'hui des gens qui sont restés et qui le sont restés par conviction nous n'avons pas de postes à distribuer nous n'avons pas d'héritage à accorder aux uns et aux autres il n'y a aucune évidence y compris à notre propre survie ça dit la presse tous les allez tous les tous les ans tous les six mois prédit notre mort ils n'ont pas encore réussi et ils ne réussiront pas mais ce que je veux dire là c'est qu'il n'y a chez nous aujourd'hui que des militantes et des militants qui ont ancré au plus profond d'eux-mêmes une conviction sincère et que ça vaut toutes les armées du monde et que ça vaut tous les opportunistes du monde et que ma conviction c'est que parce que nous avons réussi ensemble malgré nos désaccords à retrouver ce sens du travail commun j'ai la conviction que nous pourrons aussi demain redevenir la France centrale et je le dis sans aucun effet de manche parce que il y a des moments où la question n'est pas simplement de se déployer dans les slogans ou de chercher les effets de tribune mais simplement de poser les choses calmement et de les dire de manière à ce que chacun s'en imprègne nous avons une volonté elle est simple elle est claire faire en sorte de battre la droite et l'extrême droite nous avons pour cela une stratégie celle d'être dans la réaffirmation de nous-mêmes mais au coeur de la gauche sans jamais franchir la ligne jaune sans jamais considérer que le combat prioritaire devienne le combat contre celui qui nous est le plus proche plutôt que contre celui qui nous est le plus éloigné et à ces conditions-là je crois que nous pouvons être entendus je crois qu'il y a des millions de femmes et d'hommes qui aujourd'hui désespèrent de la politique qui ne comprennent pas toujours nos oppositions les uns avec les autres mais qui peuvent comprendre que si nous sommes là à mettre toujours au-dessus de tout leur intérêt de faire en sorte que ce qui nous guide à chaque instant ce ne soit pas notre intérêt mais leur intérêt l'intérêt général faire en sorte que celles et ceux dont je parlais en introduction qui aujourd'hui ont des problèmes de pouvoir d'achat qui s'interrogent sur ce qu'ils toucheront au chômage qui s'interrogent sur ce qui se passera pour eux à la retraite qui s'interrogent tout simplement sur la vision de la vie qui nous porte si nous savons nous adresser à tous ces gens-là d'une même voix et bien ma conviction absolue c'est que nous serons plus vite que nous ne l'imaginons de retour aux affaires de retour aux responsabilités et que nous serons à nouveau là pour changer leur vie et c'est la condition pour que nous puissions aussi gagner ce qui permet de reboucler avec le Congrès mais cette fois-ci la question n'est plus de gagner les uns contre les autres mais de gagner ensemble merci