Omicron, pass vaccinal... L'intégralité de l'interview de Jean Castex face à Jean-Jacques Bourdin
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Jean Castex, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous.
Avant de revenir sur les propos tenus par le Président de la République face au lecteur du Parisien, propos qui ont fait beaucoup de bruit, avant de revenir sur l'élection présidentielle, sur d'autres sujets d'actualité, parlons du pass vaccinal, projet de loi du gouvernement qui a été adopté ce matin. Quand entrera-t-il en vigueur ? Nous l'espérons le 15, ça ne dépend pas que de moi et que du gouvernement.
Évidemment, il faut désormais que ce texte passe au Sénat. Donc il vient d'être voté, vous venez de le dire ce matin, et c'est heureux. Permettez-moi quand même de m'en féliciter.
C'est une bonne chose, pas simplement pour le gouvernement, pour le pays, pour les Français, pour la lutte contre la pandémie. Donc disais-je, ce texte doit aller au Sénat. Nous espérons qu'il pourra être examiné le plus rapidement possible.
Le Sénat qui prend son temps. Lundi, commission, mardi, mercredi, débat au Sénat. Oui, oui.
Vous le regrettez ? Alors écoutez. Les sénateurs, nous sommes jeudi, les sénateurs ne travaillent pas le vendredi, le samedi, le dimanche ?
Là, vous cherchez, vous cherchez, M. Bourdin, vous commencez fort à ce que nous ferraillons avec eux. Le Sénat, ce n'est pas mon objectif.
Je vais essayer, effectivement. Je veux dire, soyons honnêtes, le Sénat m'avait dit, le président du Sénat plus exactement, que si le calendrier initial à l'Assemblée nationale avait été respecté, le Sénat en aurait débattu dès cette semaine. Le calendrier à l'Assemblée nationale a été décalé, légèrement décalé, ce qui avait conduit, vous venez de le dire, le Sénat a envisagé un examen en commission, puis en séance plénière au début de la semaine prochaine.
Là, il y a eu à nouveau une petite accélération cette nuit. Tant mieux, le texte a été adopté. Nous allons donc, comme on dit, prendre langue, ou moi-même, ou le ministre chargé des relations avec le Parlement, avec le Sénat, pour essayer, effectivement, d'anticiper le plus possible ce calendrier.
Donc, lequel c'est possible ? Je l'espère vivement. Vous l'espérez vivement.
Bien. Est-ce que le pass vaccinal sera limité dans le temps ? Je vous dis ça parce que c'est un débat.
Limité dans le temps, ça veut dire quoi ? Ça veut dire arrêt du pass vaccinal quand l'épidémie descendra en dessous, par exemple, d'un certain niveau. Vous y êtes favorable ou pas ?
C'est une demande des Républicains, j'ai vu. Écoutez, ce n'est pas ce qui, à ce stade, est prévu, puisque vous suivez tout ça. Oui, pas prévu sur le texte, mais ça peut être modifié au Sénat.
Je vais vous faire une réponse générale, M. Bourdin. Plus vite l'épidémie baisse et plus on pourra s'abstenir de recourir à tous ces outils, plus vous aurez face à vous un Premier ministre, un pays heureux.
Bon, malheureusement. Malheureusement. Je reviens à des considérations de fonds.
Ce n'est pas le cas. La situation sanitaire. Pourquoi on fait cette loi ?
Pourquoi on ne limite pas pour l'instant dans le temps ? Parce que la situation sanitaire est très préoccupante. Oui.
Voilà, je le dis solennellement. Je vais y revenir, évidemment. Nous allons y revenir dans le détail.
C'est la réponse à votre question de fond du problème, absolument. On verra bien, il sera, M. Bourdin.
Vous savez, il est toujours plus facile, Jean-Jacques, d'alléger des choses que de prendre des mesures difficiles. Mais c'est notre responsabilité parce que la situation le commande. Bien, le pass vaccinal.
Je vais vous poser une question qui me taraude depuis quelques jours. Oui, diable. Je prends le TGV.
Je suis vacciné. Vacciné. J'ai mon schéma vaccinal total.
Mais je suis positif. J'ai été testé la veille. Est-ce que je pourrais voyager ?
Alors, avec le schéma vaccinal, vous aurez donc votre schéma complet. Néanmoins, si vous êtes positif, vous irez voir votre médecin, je suppose, M. Bourdin.
Mais non, je me suis testé. Je suis allé à la pharmacie où j'ai pris un autotest. J'ai acheté un autotest.
Je me suis testé positif. Oui, je vous décommande de prendre le TGV. Bon, et si je suis non vacciné, si je n'ai pas mon schéma vaccinal...
Bien, vous ne pourrez pas accéder. Même si je suis testé négatif. Mais oui, pourquoi, encore une fois ?
Parce que, vous le savez très bien, vous pouvez...
Il faut ramener les choses à l'essentiel, encore une fois. Justement, c'est pour bien expliquer pourquoi il se passe vaccinal. Moi, j'aimerais savoir.
Les Français veulent le savoir. Les Français comprennent, les Français, que, avec notamment le nouveau variant Omicron, on peut, effectivement, même en étant vacciné, c'était votre exemple, contracter la maladie, autrement dit être positif. D'accord ?
Bien. On le sait. Donc, effectivement, à un moment donné, peut-être, on a pu penser qu'être vacciné, avoir un schéma vaccinal complet, vous empêchait d'avoir la maladie, d'être positif.
Bon. Alors, ça diminue, quand même, les possibilités de l'avoir et les possibilités, aussi, c'est très important, par rapport à votre question, de le transmettre. Mais surtout, surtout, qu'est-ce qui est le point central dans la lutte contre cette pandémie ?
C'est de savoir si vous pouvez avoir une forme grave de la maladie. D'abord pour vous, M. Bourdin.
Oui. Et ensuite, pour tout notre système hospitalier, qui est dans une situation extrêmement tendue, nos soignants qui sont fatigués. Donc, le sujet majeur, c'est quand même d'être vacciné.
Car là, les chiffres sont très clairs. Si vous êtes vacciné, je reviens à votre exemple, même si vous êtes positif, si vous êtes vacciné, vous avez 20 fois, 20 fois moins de chances d'aller...
Ou de risque, plus exactement, vous avez raison, d'aller en soins critiques. C'est majeur, c'est le sujet majeur. D'ailleurs, tous les débats se rendent autour de ça.
Il faut aller à l'essentiel. Oui. Nous allons aller à l'essentiel.
Effectivement, l'utilité du pass vaccinal, c'est évidemment d'alléger la pression sur le système hospitalier. On est bien d'accord. C'est la première utilité du pass vaccinal.
C'est d'inciter, je dirais, pardonnez-moi, à la vaccination. Inciter la vaccination. Faire peser, comme on dit, faire peser la contrainte sur les non-vaccinés, plutôt que sur toutes celles et ceux, vous en faites partie, qui suivent les règles générales, c'est-à-dire ont un comportement citoyen et civique.
Oui, nous allons revenir sur celles et ceux qui ne suivent pas les règles ou qui ont choisi de ne pas être vaccinés. Bien, parlons quand même des plus de 16 ans. Ce sont les plus de 16 ans qui devront présenter un schéma vaccinal complet.
Je dis bien 16 ans. C'est bien cela. Oui, vous avez suivi les...
Et pourquoi pas 18 ans ? Je dis ça parce que dans une famille à 16 ans, si j'ai bien compris à 16 ans, un enfant pourra aller se faire vacciner contre la vie de ses parents. En tout cas, il n'en aura pas besoin.
Il n'en aura pas besoin. Oui, il y a une sorte de majorité vaccinale. Voilà, il y a une majorité vaccinale.
Pourquoi pas la mettre à 18 ans ? Pourquoi 16 ans ? Pourquoi pas ?
Pourquoi pas, M. Bon. Mais en réalité, là aussi, objectivons les choses.
Savez-vous que d'ores et déjà, M. Bourdin, et c'est ça la bonne nouvelle, dans cette catégorie d'âge dont vous parlez, il y a plus de 80% de vaccinés. 80% de vaccinés.
Et je pense, je pense, au-delà des questions juridiques, votre question était plutôt juridique. Juridique, oui. Eh bien, ça va pousser, je l'espère, la disposition qui vient d'être votée à tendons, si vous le voulez bien, à la fin du texte, ça va pousser les autres à se faire vacciner également.
Et dans ce cas-là, il n'y a plus aucune difficulté. Alors, la vaccination obligatoire, parce que tout le monde en parle, on en parle beaucoup en Europe. L'Italie vient de décider une vaccination obligatoire.
Pour les plus de 50 ans, j'ai vu qu'Édouard Philippe, qui vous précédait à Matignon, est favorable à la vaccination obligatoire. Est-ce que vous y êtes favorable ? D'abord, ce n'est pas une question, si je puis me permettre, de religion ou d'idéologie.
L'objectif...
Non, non, M. Bourdin, allez-y. Je me pose très souvent la question, et je n'ai pas de doctrine.
L'objectif, c'est le plus de gens vaccinés possible. La vaccination obligatoire, c'est un moyen, c'est un outil. Ce n'est pas une finalité.
Un, un, je regarde ce qui se passe à l'étranger, je commence à vous dire ça. Il y a des pays qui ont très peu, jusqu'à présent, vous citez l'Italie, hier elle a décidé pour les plus de 50 ans. L'Autriche, par exemple, a décidé, mais ça va s'appliquer le 1er février.
Vous êtes bien informé, comme d'habitude. Mais jusqu'à présent, ceux qui l'ont fait, avaient des taux de vaccination très très bas. Très très bas.
Et donc, ça leur a permis de progresser, mais même pas au niveau où nous sommes nous. Pourquoi ? Parce que, écoutez, la vaccination obligatoire, en réalité, c'est quoi ?
Je regarde, c'est une amende. Vous n'êtes pas vacciné, vous avez une amende. L'objectif, c'est de faire vacciner les gens, ce n'est pas de faire entrer de l'argent dans les caisses de l'État.
Donc, on va contrôler ça comment ? Il y a un sujet d'opérationnalité. Le pass, c'est beaucoup plus efficace, parce que là, en tout cas, pour les secteurs auxquels il est applicable, ça concerne tout le monde.
Et donc, on a déjà, me ferez-vous observer, des difficultés à contre le pass. On en aura encore plus, ou on en aurait encore plus, à contrôler l'obligation vaccinale. J'ajoute, pardon, parce que je vais être complet.
Allez-y, terminez, terminez. J'ajoute, que vous avez toute une catégorie de gens non vaccinés, non vaccinés, non vaccinés, on a la cartographie, qui sont des gens qui ne sont pas forcément anti-vax au sens idéologique, mais qui sont des personnes démunies, dans des quartiers très populaires, qui sont éloignés du soin, si vous voulez, qui ne vont pas davantage se faire vacciner, qu'ils vont chez le dentiste ou chez le médecin quand ils ont un problème de santé. Bon, mettre une obligation vaccinale, dont la sanction serait une amende sur ces gens-là, ne nous permettrait pas d'atteindre l'objectif. – Est-ce que vous ne craignez pas le risque pénal ? – Pour moi ? – Non. – Oui, pour les dirigeants, dans l'ensemble.
Le risque pénal, si on met en place une obligation vaccinale. Ça peut exister, le risque pénal. – Mais le risque pénal, M.
Bourdet, je comprends fort bien. – Vous comprenez ce que je veux dire. – Je comprends très bien, M.
Bourdet. Enfin, si je me mets, bien sûr... – À penser à tout ça, vous ne faites plus rien. – Oui, M.
Bourdet, ce n'est pas qu'un risque, d'ailleurs, n'est-ce pas ? Je crois que des procédures, on ne peut pas dire qu'on ne soit pas sous contrôle permanent, et des juges, et des médias, et du politique. Ainsi va la démocratie.
Mais pardon, non, mais c'est un sujet, y compris qui me concerne très personnellement, mais je veux dire, tous les jours, j'essaie avec le gouvernement, le président de la République, de faire au mieux pour gérer cette pandémie. Mais si je commence à me dire, oh là là, ma responsabilité pénale risque d'être engagée, alors là, je tourne... – Vous ne faites plus rien ? – Surtout, surtout, ce n'est pas que je ne fais plus rien, c'est que je tourne la préoccupation vers ma propre personne, et vers mon propre sort, et pas vers celui des Français. – Bien, Jean Castex, vous parliez de contrôle d'amende, pas sanitaire, des amendes sont prévues dans le texte, ce sont les policiers qui vont vérifier si l'on est titulaire d'un pass vaccinal, mais aussi un patron de bar ou un patron de restaurant.
Ils ne veulent pas. – Alors, ça, c'est ce qu'on appelle, soyons-nous prêts, la vérification d'identité. – Oui, la vérification d'identité. – Non, mais vous savez, il y a un débat qui n'est pas faux, il y a le contrôle d'identité qui relève uniquement des forces de police et de gendarmerie, d'accord ?
Et puis, il y a la vérification d'identité. On y avait songé, je ne sais pas si vous vous souvenez, quand on a introduit, à l'été dernier, le pass sanitaire. – Effectivement, il y a eu, « Ah non, on n'est pas là pour ça, etc. » Bon, on avait dit, voyons, on ne savait pas, finalement, c'était peut-être préjugé de savoir si il y aurait des fraudes.
Maintenant, il y en a, on constate qu'il y en a. Donc, effectivement, on voudrait impliquer les gestionnaires d'établissements recevant du public dans la vérification d'identité. Pardon, monsieur, il faut quand même, là aussi, dire les choses très concrètes.
Ça existe déjà, d'identité. – Pour les mineurs, par exemple. – Et quand vous payez en chèque… – Ça n'est jamais fait, malheureusement. – Ah non, pardon, pardon, quand vous payez en chèque, on vous demande votre pièce d'identité. – Oui, mais personne ne paye en chèque, Jean Castex. – Mais, si, si, si. – De moins en moins. – De moins en moins. – À Prades, oui, peut-être. – Et à Prades et ailleurs. – Oui. – Merci de citer Prades.
Au passage, je salue les Prades. – Mais, non, non, je veux dire, ce n'est pas nouveau. Ce que je veux vous dire, ce n'est pas nouveau que de faire ces vérifications.
Donc, ça veut dire quoi aussi, finalement ? Bien sûr, je comprends que ce n'est pas moi aussi, je souhaiterais les dispenser de ça. Mais, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire, ce Bourdin, que dans la lutte contre une pandémie de la nature de celle qui nous affecte depuis des mois et des mois, chacun doit faire son petit effort, chacun doit apporter son écho. Voilà. Donc, je regrette, je préférais qu'il n'y ait pas de fraude.
Et qu'il n'y ait pas de contraintes à faire. Mais je ne suis pas naïf, il y en a. Donc, les forces de sécurité vont amplifier leur contrôle et puis on donnera la possibilité… – Donc, ce sont les patrons de restaurants qui vont emmerder les Français, si j'ai bien compris.
Les patrons de bar qui vont emmerder les Français, Jean Castex. – Mais, si nous sommes tous citoyens, personne n'emmerdera personne, monsieur. – Je vais y revenir. – Oui. – Je vais y revenir.
Mais, en France, revenons sur l'épidémie, quelle est en France la part de variant Omicron dans la contamination, aujourd'hui ? Est-ce qu'on sait, vraiment ? – Alors, les chiffres qu'on a, ça dépend des régions, mais c'est entre 70 et 80 %, selon les informations que j'ai.
Je peux m'arrêter à ça ? – Allez-y. – Parce que ça veut dire quand même, je le dis pour celles et ceux qui nous écoutent, que du coup, nous gérons encore deux… – Du Delta. – Exactement. – Or, que sait-on d'Omicron par rapport à Delta ?
Il est beaucoup plus contagieux, vous le savez. Il a peut-être un temps de contagiosité un peu plus court, donc il est plus intense dans un temps plus ramassé. Mais surtout, la bonne nouvelle, je le dis avec prudence, ce qui résulte des premières observations, c'est qu'il est moins nocif, moins dangereux.
Il entraîne moins de formes graves. Mais Delta est toujours là. – Oui, Delta est toujours là. – Delta est toujours là, et lui, on le connaît bien. – Le pass vaccinal est dirigé principalement contre Delta. – Mais, monsieur Vaudin, contre les deux. – Contre les deux, oui. – Mais pourquoi ?
Parce que, vous me demandez la part des contaminations, mais j'ai encore 9% de gens non vaccinés. – Oui, en plus. – Eh bien oui, mais en plus, en plus, pardon, excusez-moi, pardon votre honneur, mais c'est pas rien. – Oui, ça, j'ai compris. – Eh oui, et donc ceux-là, ceux-là, ils sont des cibles et des sources de transmission beaucoup plus importantes. – Donc le pass vaccinal ne sert pas pour Omicron, il sert pour Delta, et il sert pour les non-vaccinés principalement. – Il sert pour nous protéger de la pandémie. – Mais imaginons que Delta disparaisse, qu'Omicron prenne le pas sur Delta.
À quoi servirait le pass vaccinal, finalement ? – Parce qu'une injection égale une infection, ou une infection égale une injection. – Qui dit cela ?
C'est le ministre de la Santé. – Oui, mais bien sûr, non, non, mais quand vous dites une injection égale une infection, il faut… – Pour être protégé. – Oui, il faut qu'il y ait l'injection, n'est-ce pas ?
Il faut aussi, on sait aussi, ne l'oubliez pas, puisque vous voulez tout dire et vous dites tout, que l'idéal, c'est quand même, et vous avez commencé par ça, c'était le schéma vaccinal complet. C'est ça qui nous prête la tête le plus. Le risque, c'est de se dire, pardon, mais je vais être très pédagogique avec vous, si on a une infection, parce que vraisemblablement, Dieu merci, dans mes non-vaccinés, il y a des gens qui ont dû s'infecter, donc avoir une petite dose d'immunité grâce à cette infection.
Mais ce qui protège le plus, ça, on en est sûr, c'est le schéma vaccinal complet, incluant la dose de rappel. – Bien, alors parlons des doses, l'épidémie, je redonne les chiffres, 335 000 cas en 24 heures, 20 186 patients hospitalisés, 3 665 en soins critiques, et 297 décès ces dernières 24 heures, il faut rappeler toujours ces chiffres et les avoir à l'esprit. – Alors vous avez parfaitement raison, l'épidémie est toujours là. – Bon, vous promettez 25 millions d'injections en 5 semaines. – 25 millions en 5 semaines, comment allez-vous faire ? – Eh bien, en continuant à faire ce que nous avons fait, je rappelle juste un petit chiffre, si vous avez dit ça, même Jean-Jacques Bourdin, je prenais les questions à serrer, mais on m'aurait dit, monsieur le Premier ministre, ça ne peut pas aller.
Souvenez-vous, on est en juillet, d'accord ? – Oui. – Il y avait 35 millions de vaccinés, si je vous avais dit, on sera en 53, 6 mois plus tard, vous m'auriez dit, galéjade. – Bon, on l'a fait. – Ça fait 25 millions en 6 mois. – Ben oui. – Là, c'est 25 millions en 5 semaines. – Ben oui, mais il faut accélérer, parce que les gens éligibles aux vaccins sont beaucoup plus nombreux, je vous rappelle, on a diminué la période à partir de laquelle on peut recevoir la troisième injection.
Donc voilà, c'est notre rôle, monsieur Bourdin, puisque nous pensons que la vaccination, enfin nous, tous les pays du monde en réalité, pensent que la vaccination est vraiment l'arme majeure pour nous sortir de ça, pour nous protéger collectivement, ben nous devons nous fixer des objectifs ambitieux. Et tous les jours quand même, tous les jours, il y a ces centres de vaccination, ces élus, les professionnels de santé, les pompiers, les associations, tout le monde est sur le pont pour vacciner. Et donc je redis à votre micro, il faut se faire vacciner.
Allez-y. – La quatrième dose, la quatrième dose multiplie par 5 les anticorps, les anticorps sont dans les premiers résultats d'une étude israélienne, les Israéliens sont toujours très en avance, et protègent contre les complications graves. Est-ce que vous allez ouvrir l'accès à une quatrième dose devant l'ampleur de l'épidémie ? – Comme toujours dans ces sujets, même doctrine, même réponse, les Israéliens l'ont fait, je suis ça à la loupe, après avis de leurs autorités sanitaires, qui elles-mêmes ont fait sur la base d'observation, puisqu'ils ont un peu plus d'avance, ils ont des cohortes, comme on dit, de patients plus importantes.
Donc dès que nos autorités sanitaires auront dit oui, dans telles conditions, et je vois bien se dessiner, surtout ceux des Français, exactement, on y va pour la quatrième dose, nous irons, c'est clair. – Nous sommes prêts. – Nous serons prêts. – Bien, Jean Castex, je me mets à la place des parents qui ont appris dimanche soir, tout à coup, que le protocole sanitaire allait changer en cas de cas dans une classe, la classe de leur enfant.
Et alors tout de suite, il faut, évidemment, par précaution, il faut absolument que les enfants aillent se faire tester. C'est le casse-tête aujourd'hui pour trouver une place libre, pour se faire tester. Il faut se faire tester plusieurs fois.
On a appris ça le dimanche soir. Le président de la République lui-même l'a regretté, vous aussi. – Oui, je peux. – C'est une erreur de communication, c'est quoi ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? – Allez-y, on va expliquer, bien sûr. – C'est le propre de la gestion d'une crise, M.
Bourdin. – Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui a changé ?
Ce n'est pas tellement, si vous me permettez d'être précis, le protocole dans les écoles qui a changé. C'est la définition de l'isolement de tous nos concitoyens, notamment, effectivement, les enfants, mais pas que. C'est-à-dire à la fois ceux qui sont positifs et les cas contacts.
Les autorités sanitaires, sur la base desquelles nous avons toujours fondé la doctrine, combien de jours vous devez vous isoler, à quel rythme vous devez faire les tests, les autorités sanitaires ont adapté à Omicron ces règles. Oui, mais M. Bourdin, elles m'ont répondu, et je vais vous expliquer, le 31 décembre, à 15h.
Le 31 décembre, à 15h. – Le vendredi, à 15h. – Le vendredi, j'étais à mon bureau, à 15h, nous attendions ça.
Bon, j'avais réuni le ministre de l'Éducation nationale à 11h, pour nous préparer à tout ça, à 15h. D'accord ? Alors, évidemment, pourquoi, je ne veux pas donner le sentiment que je leur jette la pierre ?
Pourquoi ? Parce qu'elles-mêmes, pour adapter leur doctrine, il fallait qu'elles aient des contacts avec les pays qui étaient un peu en avance sur la connaissance d'Omicron, ce qu'on pouvait faire ou pas faire, parce que c'est aussi une forme d'allègement. Donc, comment il y a Omicron qui progresse et vous allégez les durées, ou vous diminuez les durées d'isolement ?
Bon, donc, les autorités sanitaires ont pris les temps d'étudier, mais c'est comme ça, la crise, elle arrive en fin d'année, en France, et les autorités sanitaires s'adaptent, et nous avec. Donc, si vous cherchez à me dire que le Premier ministre, que je suis le gouvernement, aurait souhaité avoir, tout ça, 15 jours avant, bien préparé...
Mais, pardon, M. Baudet, on est en crise, je ne suis pas dans une merdue huile ! Non, mais je comprends très bien, mais...
J'ai reçu le 31 décembre, le ministère en interne, par ses voix internes, a diffusé les informations, et on l'a appliqué dès la rentrée. Et, comment vous dire, si vous cherchez à me faire dire que tout ça n'est pas très satisfaisant, je vous le concède volontiers. Je vous en ai donné, mais c'est ce à quoi nous sommes...
Vous apportez une explication ? Non, mais comprenons-nous, M. Baudet, on n'est pas en temps normal, on est en crise.
Je comprends, Jean Castex, mais...
Et donc, oui, mais aussi, ça entraîne des difficultés. Je viens à la deuxième partie de votre question sur les tests. Ah, sur les tests, oui.
Bon, alors, un, sur les tests. Quand même...
Est-ce que vous allez simplifier les choses ? Quand même. M.
Bourdet, ces règles-là, j'en profite pour vous dire, que la France n'est pas une île. Oui. Ces règles relatives à l'isolement, au cas contact, aux trois tests que vous évoquez, la plupart des pays les adoptent.
C'est normal, hein, puisque c'est le même virus, ou en tout cas, les mêmes variants qui les frappent. On ne fait pas preuve d'originalité, j'entends dire qu'on serait, je crois, absurdis-là, en disant, non, non, oui, c'est compliqué, oui, c'est compliqué, la gestion de l'épidémie est compliquée. Bon, donc, malgré tout, il faut tester, c'était votre question.
Oui. Un, la France est le deuxième pays au monde à tester. On peut dire, c'est pas assez, il y a des queues, il faut attendre, tout ça est juste.
Mais on a mis le paquet, et nous testons beaucoup, dès lors, et on peut le comprendre, que les autorités scientifiques nous disent, si vous voulez alléger, enfin alléger, raccourcir l'isolement, si vous voulez, là aussi, je rappelle, nous sommes cohérents, les règles ne sont pas les mêmes, selon que vous êtes vacciné ou pas vacciné, on ne va pas simplifier, non, vous dites, c'est une simplification de mettre tout le monde sur le même pied, sûrement pas, sûrement pas. Donc on va garder les mêmes règles, les mêmes protocoles. Elles entrent en vigueur, elles sont entrent en vigueur, il faut les appliquer, je le dis à mes conseillers, nous nous fournissons la dette.
Dites aux parents, comment, comment, mais comment faire ? Comment faire pour faire dépister son enfant alors qu'on a des rendez-vous à trois jours, qu'est-ce qu'on fait ? Les parents travaillent, leurs enfants doivent aller à l'école, comment faire ?
Ça, c'est le, comment dire, la raison majeure de ça, c'est que nous avons souhaité que les écoles restent ouvertes et je revendique devant vous ce choix. Bon, effectivement, le système de test est en tension, incontestablement. Bon, j'ai vu que les délais s'allongent un peu.
Alors, il y a des endroits où c'est plus accusé que d'autres, mais les moyennes ne sont pas aussi, enfin, ne sont pas celles que vous décrivez. Le ministre de la Santé est en lien permanent avec les laboratoires, avec les représentants des pharmacies. Il faut tenir le choc.
Je crois que 8 millions d'autotests seront distribués la semaine prochaine dans les pharmacies. C'est ça ? Vous avez raison.
Oui, oui. Non, pardon, excusez-moi, le problème est moins la fourniture des dispositifs que les bras. Que les bras.
Que les bras dans les laboratoires. On n'a pas besoin de bras. Voilà.
D'où l'ouverture d'ailleurs, la possibilité de les distribuer, de les vendre en grande surface. Est-ce que vous allez distribuer des masques FFP2 à tous les agents du service public au contact avec les usagers ? Je pensais que cette question viendrait.
Eh bien, elle vient de sûr. Parce que le masque FFP2 protège mieux. Jean Castex.
Oui, Jean-Jacques Bourdin. Là aussi, il y a un conseil de santé publique. Ce n'est pas moi qui dis comment les masques protègent ou pas.
Mais il y a eu des avis. Absolument. Eh bien, nous les suivons scrupuleusement.
C'est-à-dire, qu'est-ce qu'ils disent en l'état, ces avis ? Ils disent que les masques FFP2, je vous rappelle, un masque FFP2+, c'est un masque très...
Enfin, il faut le porter très bien. Il représente une contrainte très forte. Donc, il est réservé au terme des avis dont vous parlez au personnel soignant et s'agissant des patients, des malades, aux gens ayant des formes graves.
Ça, c'est la doctrine actuelle. Nous avons, au vu de l'évolution de la pandémie, ressaisi le Haut Conseil de Santé publique qui devra nous rendre son avis normalement vendredi pour savoir s'il nous dit de faire évoluer cette doctrine. Et s'il le dit, on le fera.
D'ici là...
Quelle évolution ? Quelle évolution possible ? Alors, il y en a une que nous allons prendre tout de suite, je vous le dis par anticipation, qui concerne les personnels enseignants.
Oui. Les personnels enseignants, pourquoi ? Parce que le virus galope.
Vous le savez, par exemple, pour les maternelles, il n'y a pas de masque. Et puis, il n'y a pas, on a parlé tout à l'heure, tous les deux, de la vaccination des enfants de plus de 11 ans. Et les autres, ça commence à peine, donc ils sont moins vaccinés.
Donc déjà, avec le ministre de l'Éducation nationale, nous avons décidé d'ici la fin de ce mois, ça va commencer très vite, de fournir à tous les personnels enseignants des masques chirurgicaux. Vous savez qu'ils avaient des masques tissus. Jusqu'après, ce n'est pas le FFP2, ça s'appelle le FFP1.
Et évidemment, cher M. Bourdin, dès que, si le Haut Conseil de santé publique nous dit il faut passer à l'étage au-dessus, nous passerons à l'étage au-dessus. Et tous les enseignants recevront un masque FFP2.
S'il le faut. Ceci dit, la doctrine actuelle rappelle que déjà, le masque FFP1 est très protecteur. Bien.
Je vais revenir sur les propos du président de la République. Vous avez tardé. Mais volontairement.
Ah, très bon. Mais vous savez, ça a perduré le suspense. Oui, mais je comprends.
Parce que, pardon, mais avant les propos du président de la République, le plus important, c'est la situation sanitaire en France, le pass sanitaire, et les mesures que vous prenez, qui sont acceptées ou pas. Peu. Là n'est pas le débat pour nous.
Jean Castex, je reprends l'interview du président de la République face au lecteur du Parisien, interview qui a été relu par l'Elysée, je le précise, parce que c'est important de le préciser, avant sa diffusion, pas de réaction particulière, pas de retouche de la part de l'Elysée. Vous m'arrêtez si je dis une bêtise, hein ? Bon.
Je relis. Après 1h10, 1h15 de dialogue avec les Français, le président de la République a déclaré, je cite, je cite sur la longueur, « Nous mettons une pression sur les non-vaccinés en limitant pour eux, autant que possible, l'accès aux activités de la vie sociale. Plus loin, une toute petite minorité réfractaire au vaccin, comment peut-on la réduire ? » On la réduit, pardon de le dire comme ça, en l'emmerdant encore davantage.
Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français, je peste toute la journée contre l'administration quand elle est bloquée, eh bien là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder, et donc on va continuer à le faire jusqu'au bout. – C'est-à-dire jusqu'au bout ? – Ça veut dire que vous auriez préféré qu'il les félicite, M.
Bourdin ? – Non, non, mais j'aimerais qu'ils expliquent, ça veut dire quoi, emmerder jusqu'au bout ? – Pardonnez-moi, je crois que ce que vous venez de lire là, vous m'avez interrogé d'abord sur la politique que nous conduisons pour faire face à la crise sanitaire, et ce depuis des mois, c'est parfaitement cohérent.
Nous souhaitons, je l'ai dit d'ailleurs, souvenez-vous à plusieurs reprises dans mes interventions publiques, de plus en plus, faire peser la pression sur les non-vaccinés. Nous avons un problème. Vous, il y a beaucoup de reportages sur vos antennes dans les services hospitaliers, n'est-ce pas ?
Vous voyez ces gens qui sont admirables, qui sont épuisés, et qui ont dans les services de soins critiques des patients qui sont à 80-90% des non-vaccinés, avec dans certains endroits des déprogrammations, avec tout ce que ça entraîne ? – Ben oui, oui, oui, je crois que le président de la République est… – Donc on va les continuer à les emmerder ? – On va continuer à faire peser sur eux la pression. – Vous, le président de la République, vous allez les emmerder. – Mais le mot, le mot est dans la vie courante, c'est pas gênant. – Le mot est dans la vie courante.
Le mot est dans la vie courante, d'ailleurs, vous l'avez dit, vous êtes suffisamment éclairé sur tout ça, a été emmerdé les Français, pardon, mais emmerdé les Français, petite bouche historique, vous savez très bien, c'est une formule, l'emploi du mot, puisque c'est ce qui semble choquer, c'est une formule qu'avait envoyé le président Pompidou. – C'est ça qui a choqué. Ce qui a choqué, c'est la suite.
Parce que le président de la République a ajouté plus loin, les anti-vax viennent saper ce qu'est la solidité d'une nation, quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable, un irresponsable n'est plus un citoyen. Ça veut dire que les anti-vax ne sont plus des citoyens ? – Mais non, mais non, mais non, mais non. – C'est le président de la République qui le dit, c'est pas moi. – Mais vous, Jean Castel. – Alors, si vous m'invitez pour m'interroger sur ce qu'a voulu dire le président de la République, acceptez que je vous réponde. – Alors, répondez-moi. – Et que j'éclaire. – Alors, répondez-moi. – Ne jouons pas sur les mots, bien entendu.
Les non-vaccinés restent des citoyens. Ce qu'a voulu dire le président de la République, et que je vous confirme, et au contraire, que je relais avec force, c'est que quand on est citoyen de notre belle République, on a des droits, mais on a aussi des devoirs. Ça s'appelle le civisme, ça s'appelle le sens des responsabilités.
Et je le dis comme je l'entends, et vous devez l'entendre tous les jours autour de vous, être anti-vax, c'est pas simplement un choix. personnel. Encore que je fais quand même une mention.
C'est aussi bon de voir, de protéger peut-être aussi ces gens malgré eux. Vous savez, des fois, je suis emmerdant avec mes propres enfants, parce que je veux les protéger, parce que je veux leur faire faire des choses qu'ils ne voudraient pas faire, et qui sont pourtant nécessaires. Regardez, frère Bogdanov, moi, c'est une partie de ma jeunesse, qui sont morts parce qu'ils avaient fait le choix de ne pas se faire vacciner.
Bon, ils sont morts de la Covid. Bon, mais surtout, au-delà de ce choix personnel, on est en société. On doit être responsable et solidaire, c'est ça un citoyen.
Bon, et donc, on ne peut pas dire que, ben voilà, par mon choix, j'embolise les services de réanimation, je mets le système de soins au tapis, je contamine mon voyageur. Ça, c'est pas possible. Est-ce que vous croyez qu'il a...
Écoutez-moi, M. Bourdin, et ça l'est d'autant moins. Non, mais je le dis que ça n'a pas commencé hier, si vous voulez.
Maintenant, on sait, au début, après tout, au début, quand on a lancé la vaccination, moi, j'étais certain, les autorités sanitaires avaient pris toutes leurs précautions pour autoriser la vaccination, mais ça a fait peur, ça posait des interrogations, quels effets sont...
Aujourd'hui, il y a des centaines de millions de gens dans le monde qui sont vaccinés. On sait ce que ça produit, la vaccination. Donc, le temps passe et rend effectivement de plus en plus insupportables ces comportements irresponsables.
Celui dit, nous allons continuer notre politique, y compris à aller vers eux, à les convaincre, à faire en sorte qu'ils accèdent à la vaccination. Par tout moyen, ça doit progresser. Je me souviens, le 2 décembre 2020, vous étiez ici, avec moi, et vous nous disiez, mon rôle, c'est de calmer le jeu.
C'est votre rôle. Ce matin, vous calmez le jeu. Le jeu et toute la tempête provoquée par les propos du président de la République.
Est-ce que vous en avez parlé avec lui ? Il a regretté ces mots ? Vous ne dites rien de vos...
Je vous ai déjà répondu là-dessus. Mais attendez, la tempête provoquée, oui, dans un certain milieu, je n'en doute pas. En tout cas, je le constate avec vous, cher Jean-Jacques.
Bon, le président de la République, il peut aussi dire parfois, tout haut, ce que beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens pensent. Tout bas, parce que, si vous voulez, donc, il y a quand même, ne l'oubliez pas, c'est une fierté du pays, je ne sais pas si je veux calmer, je crois qu'il faut être ferme, et en même temps très incitatif, il y a quand même 80, bientôt 12%, 12% de nos concitoyens qui sont allés vers la vaccination. Et certains, je le reconnais bien volontiers.
Un peu forcé. Pas de gaieté de cœur. Ben oui, mais il faut continuer.
C'est comme ça, parce que c'est l'intérêt collectif du pays. 66 000 primo-vaccinés hier. Formidable.
Le dernier chiffre, je crois, Jean-Castex. Regardez, vous me posiez tout à l'heure, excusez-moi, la question de l'utilité du pass vaccinal, ça a donné lieu à plusieurs questions. Le fait même, et c'est très intéressant, moi je suis comme vous, au jour le jour, les chiffres.
Depuis qu'on l'a annoncé, c'est-à-dire la transformation du pass sanitaire au pass vaccinal, les primo-vaccinations, c'est-à-dire que c'est assez décisif, les primo-vaccinations. Bien sûr, on les rappelle aussi, mais les primo, comme dirait l'autre, on ne peut pas avoir trois doses si on n'en a pas une. Ça progresse significativement.
Pas assez, mais ça progresse. Ça a repris la marche à l'avant. Donc c'est une réponse à votre question sur l'efficacité.
Oui. L'efficacité, c'est ça, notre sujet. Un jour prochain, nous n'aurons plus besoin de vaccins.
Peut-être. Espérons-le. On est bien d'accord.
C'est un pari que vous faites, évidemment. Enfin, ce n'est pas un pari, c'est un espoir. C'est un espoir sur lequel vous fondez peut-être d'ailleurs toute votre stratégie, Jean Castex.
Évidemment, évidemment, tout gouvernement, tout responsable, se donne tous les moyens à sa disposition pour qu'on en finisse avec cette pandémie. Ne me demandez pas quand elle va finir, parce que ce serait osé de vous donner une réponse. La seule chose, nous aimons l'histoire.
Nous aimons l'histoire. Toutes les pandémies se sont arrêtées, M. Bond.
Elle s'arrêtera. La question pour nous, c'est de savoir si nous avons su prendre les mesures équilibrées. Vous voyez ?
Est-ce qu'on met le pays sous cloche ? Est-ce que pour autant, on ne fait rien alors que notre système hospitalier menace de craquer ? Le rôle, c'est que nous soyons pragmatiques, mais aussi déterminés.
Et pardon de le redire devant vous, cette épidémie, vous interrogez le chef du gouvernement, bien entendu, elle dépend des mesures que prennent les pouvoirs publics, mais elle dépend aussi, dans une république, du comportement individuel de chacune et chacun d'entre nous. Vous avez dit, ah oui, il faut faire la queue pour faire des tests, oui, il faut, quand je suis patron de bar, peut-être faire une vérification d'identité, oui, et il faut surtout se faire vacciner et faire peser la pression. La responsabilité, c'est le mot que vous avancez, c'est le mot de cette période.
C'est une éthique de la société. C'est une éthique de la société, j'en casse texte, oui. Mais enfin, on n'aurait pas cette pression sur l'hôpital si on n'avait pas fermé 5700 lits d'hospitalisation en 2020, non ?
Alors, être très précis, monsieur. Oui, soyez précis. Les lits fermés aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on fait naître une ambiguïté très dommageable, ne sont pas des lits fermés, ça a eu, existé, monsieur Baudin, vous êtes en faisant, parce que les hôpitaux manquaient de crédit pour les ouvrir.
Aujourd'hui, les lits fermés le sont soit parce qu'on en a ouvert d'autres, soit parce qu'on ne trouve pas de personnel médical ou paramédical, mais que ce soit dit aux Français, les moyens mis à l'hôpital, écoutez bien, par rapport aux 10 années antérieures, vous voyez, je pense là, nous les avons, mon gouvernement les a doublés, les a doublés, les budgets hospitaliers, on les a sûrement trop mégotés par le passé, nous les avons doublés. Mais même chose, les médecins qui manquent, dans les réanimations, ou à Prades, partout il manque les médecins. Et là aussi, c'est-à-dire, mais qu'est-ce que vous foutez ?
Mais qu'est-ce que vous foutez ? Le numerus clausus, c'est-à-dire, chacun comprend ça. Écoutez-moi, monsieur Baudin, ça a été créé en 1972.
En 2017, le numerus clausus, c'est-à-dire le nombre de médecins qu'on formait chacun, qu'on autorisait à former chacun en France, il était inférieur à ce qu'il était en 72. Comme si la population n'avait pas vieilli, comme si la population n'avait pas augmenté. Nous avons fait cette réforme.
Mais toutes celles et ceux qui m'écoutent savent bien que pour former un médecin, il faut un certain temps. On a augmenté, monsieur Baudin, je veux vous répondre pour ouvrir ces lits, de 20% le nombre de places dans les écoles d'infirmières. Et je vous le dis, je suis très heureux de constater qu'il y a beaucoup de candidats pour occuper ces postes, même s'il y a aussi des démissions, parce que c'est très difficile.
On revalorise ces métiers comme jamais. C'est le Ségur de la santé. Donc on a engagé tout ça, il faut le dire.
Mais on a un retard...
On aurait pu l'engager en 2017, quand le président de la République est arrivé au pouvoir. On a commencé en 2017, on a accéléré. Mais ça, c'est le rôle des crises, Baudin.
C'est qu'elles mettent en évidence nos propres faiblesses. C'est aussi de prévoir les crises. Mais bon, ça c'est un autre débat.
On ne va pas entrer dans ce débat, Jean Castex, mais je voudrais revenir sur les propos du président de la République, non pas sur le fond, mais sur le moment. C'est par hasard si le président de la République a prononcé ces mots-là. Je le disais tout à l'heure, il assume totalement cette déclaration.
Enfin, ce n'est pas un hasard, parce que c'est le candidat S, le candidat Emmanuel Macron, qui s'est exprimé mardi. Franchement. Soyons honnêtes.
Mais vous avez lu comme moi l'interview. Oui, je l'ai lu. Emmanuel Macron dit qu'il n'est pas candidat, mais...
Non, il ne dit pas qu'il n'est pas candidat. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Il n'y a pas de faux suspense, c'est ce qu'il dit.
Oui. J'en ai envie. Bon, très bien.
Il dit je suis candidat, quoi. Pour autant, il n'a pas déclaré sa candidature. Officiellement.
Alors, écoutez, moi je ne suis pas Emmanuel Macron. Oui. Bon, et qu'est-ce que je vous réponds, moi, Premier ministre, si vous m'évoquez ce sujet ?
Oui. Moi, je souhaiterais qu'il soit candidat avec vous. Mais en même temps, je dis, et je le vois tous les jours à la manœuvre, puisque nous y sommes ensemble, l'heure, c'est de gérer la crise sanitaire, de gérer le pays et de prendre les responsabilités qui nous incombent.
Et nous le faisons, et voyez-vous quand même, nous le faisons en prenant des mesures difficiles. Difficiles. Pas forcément...
Oui, un confinement des non-vaccinés, quoi. Une sorte de confinement social des non-vaccinés. En tout cas, on prend des mesures qui sont de notre responsabilité.
Et ce que je veux vous dire, mais je vous l'ai redis, il y a un an, il y a six mois, dont le fil conducteur n'est pas la recherche de la popularité, M. Bourdin. Dont le fil conducteur n'est pas la recherche de la popularité.
Cette crise sanitaire va occulter, pour l'instant occulte, tous les sujets qui, à l'automne, par exemple, agitaient l'opinion publique. Je parle de l'immigration, de l'insécurité, je parle de l'économie, du pouvoir d'achat. Tout ça est occulté par ce qui se passe aujourd'hui, par la situation épidémique.
Et est occulté, M. Bourdin, au niveau, évidemment, des débats publics, etc. – Mais pas dans l'opinion. – Un pas dans l'opinion, et surtout pas, permettez-moi de le dire, vous avez le Premier ministre devant vous, pas dans le travail gouvernemental.
Je veux dire, sur tous les sujets que vous avez évoqués, les questions de sécurité, la question de la transition écologique, nous avons fait adopter des textes, nous avons déployé des moyens. Alors, que vous me disiez, et je suis le premier à le regretter, ça n'efflure pas assez dans le débat public. – Ça veut dire quoi ? – Ça veut dire que l'élection présidentielle se jouera sur le bilan ? – Je ne sais pas, M.
Bourdin, sur quoi se jouera l'élection présidentielle. Ce que je veux vous dire, c'est qu'assurément, assurément, les Français regarderont si pendant cette pandémie historique, nous les avons protégées. Si nous avons protégé notre système de santé, si nous avons protégé notre économie qui menaçait de s'écrouler à cause de la pandémie, si nous avons pris les mesures adaptées.
Vous avez raison, moi je pourrais regretter qu'on ne dise pas que la France, mais non, aujourd'hui, M. Bourdin, c'est le premier pays en matière de croissance économique en Europe. Le chômage, il est retombé nettement en dessous de ce qu'il était avant la crise.
L'inflation, vous avez parlé de l'inflation. – Combien, l'inflation sur 2021 ? – Alors, à la fin de l'année, on était à 2,9, je crois, je vais vous dire le chiffre exact. – Sur l'année, ça fait combien ? – Le problème, c'est qu'au début de l'année, il n'y avait pas d'inflation.
De 9, on va dire, en décembre. Si je vous dis ce chiffre, surtout, M. Bourdin, bien moins que les autres pays qui nous entourent, bien moins que les autres, c'est trop de 9.
Ça va avoir des conséquences, le pouvoir d'achat. – Le pouvoir d'achat, M. Bourdin, pardon. – Oui, alors justement, le pouvoir d'achat, j'ai deux, trois questions et des réponses courtes. – Eh bien, le pouvoir d'achat, moi, je vous en donne une d'abord, parce que je me suis engagé à plusieurs reprises chez vos confrères.
À l'Assemblée nationale, j'ai dit, le pouvoir d'achat de nos concitoyens en 2021 augmentera. Nous avons les résultats, il a augmenté de plus de 2%. Alors que dans d'autres pays, il a diminué. – Avec des inégalités, mais on ne va pas entrer, c'est normal. – Eh bien, il faudrait le faire. – Il faudrait le faire. – Il faudrait le faire parce qu'on a des réponses à apporter sur ce sujet aussi, comme nous le faisons devant la représentation nationale régulièrement. – Alors, vous parlez de l'information, le livret A hausse le 1er février.
Combien ? Quelle hausse ? Je sais bien que c'est la Banque de France qui va faire sa proposition, mais le gouvernement Hadoube, ça sera quoi ? 0,8 ?
Le taux sera fixé à 0,8 ? Même 1% si vous donnez un coup de pouce ? – Alors, écoutez-moi bien. – Oui. – D'abord, vous observerez qu'il n'a pas augmenté, je crois, depuis 2011. – Oui. – Bon, bien, le Premier ministre de la France applique la loi. – D'accord ?
Bon, eh bien oui. Donc, je crois que c'est le 15 janvier, je n'ai pas révisé mes classiques avant de venir, mais je crois que c'est le 15 janvier que M. le gouverneur de la Banque de France, l'application de la loi, proposera au gouvernement l'augmentation du taux du livret A lié à toute une série de paramètres, il n'y a pas que l'inflation.
Et effectivement, nous adopterons les propositions du gouverneur pour les mettre en application à partir du 1er février. – Oui, parce que c'est possible. – Oui, mais ce n'est pas envisagé, je vous le dis. – Ce n'est pas envisagé, il n'y a pas de plus clair. – Vous voyez, là aussi, pas de… – Bon, très bien. – Mais ce sera 0,8, je pense, d'après tous les calculs. – J'ai regardé de près tous les calculs. – J'en ferai part à M. le gouverneur. – Bon, ben oui, vous avez raison.
Bon, en ce qui concerne l'insécurité, Valérie Pécresse est dans le sud, elle est à Marseille, et elle nous a dit, elle veut ressortir le Karcher de la cave pour nettoyer les quartiers. Il s'agit de remettre de l'ordre dans la rue. « La sécurité, ajoute-t-elle, est la première des libertés ».
C'est la première des libertés, la sécurité. – Alors, sur le dernier point, ça, je pense que… Non, ce n'est pas tout le monde qui peut être d'accord, évidemment. – C'est le disait Marine Le Pen aussi, d'ailleurs. – Oui, il y a toute une série comme ça de formules générales qui peuvent recueillir l'adhésion.
Le Karcher, un peu moins, quoi. Là aussi, il faudrait prouver que ça a marché. Bon, moi, ce que je pourrais faire, il me faudrait un peu de temps, si vous l'acceptiez, M.
Bourdin, c'est vous dire ce que nous faisons dans tous ces quartiers dans lesquels je me rends inlassablement. Je suis allé à Rennes, je suis allé à Seine-Saint-Denis, je suis allé à Lyon, je suis allé à Marseille. La sécurité dans les quartiers, plus que jamais.
On a créé des forces de sécurité quand Mme Pécresse en avait diminué. Alors, je sais bien qu'on va vous expliquer qu'on fera demain ce qu'on n'a pas fait hier. C'est un grand classique. – Mais vous serviez ce gouvernement à l'époque. – Oui, mais moi, j'ai fait le choix. – Je me souviens. – Mais bien sûr, mais je ne renie rien.
J'ai fait le choix d'évoluer et nous avons pris aujourd'hui les décisions. C'est-à-dire qu'on a créé 10 000 postes de fonctionnaires de police, en particulier dans ces quartiers. Il y a des quartiers de reconquête républicaine.
Je vais vous faire une confidence. Quand je vais dans les villes, hors caméra, hors vos confrères, je vais toujours dans ces quartiers faire des tours la nuit avec la BAC, la brigade anticriminalité. Le dernier que j'ai fait, c'était dans les quartiers nord de Marseille.
La première question que je pose au fonctionnaire de la police, c'est est-ce que vous rentrez partout ? Est-ce qu'il y a un seul endroit, un seul immeuble dans lequel vous n'entriez pas ? Et la réponse est de dire, mais alors on rentre partout. – Oui, la police rentre partout, mais une fois la police partie, hop, le trafic reprend. – Oui, mais on en démentèle, on démentèle des trains.
Mais oui, oui, non, mais ce n'est pas aussi simple que ça. On a des résultats, on a des résultats importants. Le sujet majeur, je vais le dire pour les uns et les autres, ceux qui nous écoutent, je comprends très bien.
Il faut encore améliorer l'efficacité de nos forces de sécurité. Il faut surtout, vous me l'avez entendu dire 20 fois, monsieur, restaurer l'efficacité du service public, de la justice. Et là aussi, oui, oui, non, mais monsieur Vaudet, les gens, ils le savent, s'il n'y a pas de suite pénale, on pourra aller chercher tous les karchers que vous voulez, ça ne marchera pas, ce n'est pas une bonne méthode.
Il faut aussi faire de la prévention, il faut relancer la machine à intégrer Républicaine. Une politique de sécurité, ce n'est pas une politique de formule, c'est une politique de fond et c'est une politique complète. J'ai appelé ça la sécurité intégrée et on contractualise avec beaucoup de grandes collectivités de tous bords politiques pour faire reculer l'insécurité.
Jean Castex, j'ai deux questions, réponse très courte à propos de l'immigration. Je vous demande un chiffre. Combien d'étrangers déboutés du droit d'asile ont-ils été reconduits dans leur pays en 2021 ?
Alors, des déboutés du droit d'asile reconduits dans leur pays en 2021, il n'y en a pas eu énormément, d'abord parce que...
Oui, il n'y en a pas eu énormément, mais du coup, je vous le rappelle, nous avons en conséquence vis-à-vis des pays concernés revu considérablement notre politique de visa. Oui, mais il n'y en a pas eu énormément. On a beau revoir nos politiques de visa, il n'y en a pas eu énormément.
Vous n'avez pas le chiffre. Non, je n'ai pas le chiffre exact, mais on le communiquera. Pardon, pardon.
L'affaire de la politique de visa, qui est quand même extrêmement importante, on a quand même diminué avec certains pays jusqu'à 50% le nombre de visas octroyés, montre quand même que ça signifie qu'on ne peut pas entrer...
Non seulement qu'il y a une volonté, mais surtout qu'on ne peut pas entrer dans notre pays en provenance de ces pays-là si ces derniers ne reprennent pas effectivement les déboutés, et en particulier ceux d'entre eux qui sont à la tête de condamnation. Donc on a obtenu des résultats un peu plus forts avec certains pays que dans d'autres. C'est une mobilisation constante.
Je réunis régulièrement les ambassadeurs des pays concernés, mais là aussi, nous sommes sur une logique de fermeté et de clarté. Merci Jean Castex d'être venu nous voir ce matin pour trois quarts d'heure d'interview sur RMC et BFM TV. Il est 9h16.
Françoise Castex