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interviewJean Massiet· 28 juin 2021 114 min

BACKSEAT #1 avec Rivenzi et Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ça fait 6 ans que je vous parle de politique sur internet. Aujourd'hui j'ai décidé que j'allais essayer de vous expliquer ce que c'est que le 49.3. Et c'est toujours aussi difficile d'aborder la complexité, la subtilité. Et c'est pénible. Peut-être même que c'est impossible.

0:13
Locuteur

Alors !

0:17
Présentateur

Pour autant je continue à penser que ça en vaut la peine.

0:20
Invité

Les histoires de financement des partis politiques.

0:23
Présentateur

Aujourd'hui plus que jamais. Il est peut-être temps de passer la vitesse supérieure. La politique c'est chiant.

0:35
Invité

La droite et le centre, quel gâchis.

0:39
Présentateur

Il n'y a rien à faire. Ça reste des sujets sérieux et conflictuels, abordés par des personnes tristes.

0:43
Invité

Elles peuvent aussi, quand il n'y a pas d'inflation, essayer de combattre le chômage.

0:47
Présentateur

Pire que ça, c'est censé être concerné, mais il tient pas ta place.

0:51
Invité

Votre génération, je pense que c'est une chance inouïe.

0:54
Présentateur

Alors on en fait un spectacle et même un cirque. Mais il n'y a pas de fatalité. Il n'y en a jamais eu. La politique finira par vous appartenir. Parce que vous en valez la peine. Une élection présidentielle, c'est pas une élection comme une autre. Que ça nous plaise ou non, c'est toujours une étape importante. On en attend beaucoup. Peut-être trop. Et on finit toujours par être déçus. Mais celle-ci, on veut qu'elle soit différente. Je veux qu'elle soit différente. Avec une nouvelle émission. Et on va la faire ensemble. Ok, on y est. Bonsoir à toutes et à tous. Salut, bienvenue, bonsoir. Je suis super content de vous accueillir et de vous présenter, de vous dévoiler ce soir.

Un projet sur lequel je travaille avec toute une équipe depuis bientôt six mois. Le grand talk show d'actualité politique sur Twitch, c'est Backseat. Et ça commence ce soir. Bienvenue à vous. J'espère que vous allez bien. On a un super beau plateau. Ça fait super plaisir de vous le dévoiler. On va passer plus de deux heures ensemble ce soir dans Backseat. Backseat, c'est une émission qui aura lieu chaque semaine. Chaque semaine, le jeudi à 20h. Je vous donne rendez-vous pour un talk show d'actualité politique qui a l'ambition immense d'être votre talk show. Le talk show où on va parler de politique dans la perspective de l'élection présidentielle de 2022. Je suis super stressé.

Je ne vous le cache pas. J'ai très très mal dormi. Ça fait depuis le début de la journée qu'on est sur le pont avec toute l'équipe. Très content de vous accueillir. Ce soir, je ne suis pas seul. J'ai le plaisir d'être sur ce plateau avec deux invités, avec deux chroniqueurs. Et non des moindres. Avec Usul et Léa. Salut tous les deux. Salut. Très content de vous accueillir. Léa Chamboncel d'abord. Salut Léa. Léa, tu es podcasteuse.

3:12
Invité

Tout à fait. Je fais des podcasts.

3:14
Présentateur

Tu fais des podcasts politiques. Absolument. Tu en as deux en l'occurrence.

3:17
Invité

Ouais. Place du Palais Bourbon pour celles qui ne connaissent pas encore. C'est un podcast dans lequel j'interview des députés devant l'Assemblée nationale sur des questions d'intérêt général. Et il y a aussi Popol. Popol, c'est le premier talk show d'actualité politique qui est réservé aux femmes.

3:31
Présentateur

Et avec nous également Usul. Usul que vous connaissez peut-être ou peut-être pas. Usul, tu es chroniqueur pour Mediapart et t'es également streamer. Exactement.

3:39
Invité

Ta chronique s'appelle ouvrez les guillemets. Ma chronique s'appelle ouvrez les guillemets. Dernier épisode lundi d'ailleurs. Lundi prochain, ouais. Ouais, ce lundi là. Après ses vacances. Et après ses vacances. Et puis non, vu que je vais revenir ici je pense.

3:50
Présentateur

Chaque semaine, chaque semaine, chaque semaine, Usul et Léa seront mes deux chroniqueurs. Avec moi, on ne sera pas seul. On aura des invités, on aura des jeux, on aura des personnalités politiques, des potes streamers, youtubeurs qui viendront aussi avec nous pour parler avec vous d'actualité politique. Donc je vous le disais, voilà, cette émission Backseat, on va la faire ensemble, on va la faire pour vous. On va essayer de s'adresser à vous, de vous parler de ce qui nous, nous touche beaucoup qu'est l'actualité politique, qui nous touche toutes et tous, mais pas tous avec la même intensité.

Et voilà, vous avez vu évidemment, et on va bien évidemment en parler, les élections régionales qui nous ont fait réfléchir aussi bien évidemment avec le taux d'abstention et plus globalement le rapport qu'on a avec la politique. Bon, qu'est-ce qui va se passer dans cette émission les amis ?

4:34
Invité

Moi j'ai hâte que tu nous l'annonces, ça fait un moment qu'on attend qu'à 20h, il va dire quelque chose, il va annoncer un truc.

4:40
Présentateur

Il y a un truc avec des invités, non ? Il va y avoir des trucs, mais d'abord on va discuter de cette émission. Pourquoi vous avez accepté de venir à mon invitation dans cette émission tous les deux ?

4:48
Invité

Oh le salaire !

4:49
Présentateur

Facile, facile.

4:51
Invité

Non oui, parce que je pense que c'est intéressant aussi d'avoir d'autres espaces pour discuter de l'actualité que les espaces, on va dire, mainstream, dans lesquels en effet, soit c'est le cirque, c'est d'ailleurs de plus en plus le cirque, souvent très orienté aussi politiquement d'ailleurs. Donc non, ici on va essayer de développer un ton un petit peu différent et de pouvoir parler de l'actualité comme elle vient au fur et à mesure, mais un peu comme on fait déjà dans nos streams perso quoi.

5:14
Présentateur

Il se trouve que oui, nous trois on est un peu à l'image de ce qui existe sur internet depuis plusieurs années, en fait la politique c'est pas nouveau. Sur Twitch c'est pas nouveau sur internet, et même d'ailleurs on peut dire aussi qu'internet est devenu un enjeu majeur où se passent beaucoup de choses en politique.

5:26
Invité

Absolument.

5:26
Présentateur

Les dernières années, toi aussi tu l'as vu Léa ?

5:28
Invité

Ah bah ouais c'est clair, même avant qu'on débarque j'ai envie de dire.

5:31
Présentateur

Ouais ?

5:31
Invité

Clairement.

5:32
Présentateur

Toi t'as commencé quand ?

5:32
Invité

Moi j'ai commencé en 2018, début 2018, avec le podcast. Le podcast c'était vraiment essayer de mettre à profit en fait mon expertise que j'avais accumulé avec mon taf en me disant moi je connais bien les arcanes du pouvoir, j'aimerais bien vulgariser un peu les choses et expliquer aux gens ce qui se passe devant l'Assemblée Nationale. Et c'est comme ça que c'est venu en fait. Au début je voulais écrire et j'ai un pote qui est producteur, et qui est producteur audiovisuel en l'occurrence, qui m'a dit ah mais t'as une voix sympa, tu dois peut-être essayer le podcast. Puis là on s'est marré, on a développé le format comme ça, et depuis ben ça continue.

6:02
Présentateur

Ok d'accord, très bien. Bon, qu'est-ce qu'on va essayer ? Tu parlais tout à l'heure, Usul, de ce ton un peu différent qu'on va essayer de faire. Est-ce qu'on a la prétention de dire qu'on réinvente les missions politiques ?

6:10
Invité

Je pense pas, je pense que c'est quand même un exercice dans lequel il y a beaucoup de monde qui a déjà essayé de tout réinventer beaucoup de fois. Mais on va le faire à notre sauce quoi. Bah ouais mais c'est quoi notre sauce du coup Léa ? Tu dirais que c'est quoi ? Je pense qu'on va essayer déjà de casser les codes classiques des médias traditionnels et aussi le côté un peu austère qu'on peut attribuer à la politique. On va essayer d'avoir, peut-être pas d'être plus détendu, mais en tout cas d'avoir un ton plus sympathique et puis faire des choses plus accessibles. Et prendre le temps, surtout, ça aussi c'est fondamental, prendre le temps d'échanger avec les invités et d'expliquer aussi.

Peut-être, moi il y a un truc aussi que j'aimerais bien faire aussi, c'est de sortir un petit peu de, même si je sais que je le fais aussi, d'en ouvrir les guillemets, de sortir un petit peu de la politique politicienne, des petits arrangements, des petits trucs, pour essayer de rapprocher aussi de choses un petit peu plus concrètes, un petit peu plus proches aussi de ce qu'il y a dans la tête des gens. Il y a une élection régionale, là nous on est d'accord tous les trois pour dire que c'est intéressant, on analyse les résultats.

Je pense que le soir de la soirée électorale, on était tous devant notre télé à regarder, même à zapper entre les plateaux pour voir, tiens, il y a qui, il y a quoi, qui, qui a dit qui, sur quoi. Or, dans la tranche des 18, je crois que c'est 18-35 ans, le taux d'abstention était de 85%. Ça veut dire que majoritairement, les gens, ça les blase ces trucs-là, ils en ont plein le cul, ils en ont plein le cul de voir ces gens-là, ils en ont plein le cul aussi d'avoir des journalistes en face qui posent un petit peu toujours les mêmes questions sur les petits arrangements. Alors vous avez fait la petite phrase, contre machin, est-ce que ça voulait dire que truc, machin ?

Bon, essayez peut-être de, c'est ça aussi, de vulgariser un petit peu la politique un petit peu différemment, essayez de faire comprendre aux gens pourquoi nous ça nous intéresse et pourquoi ça peut quand même être intéressant, tout en ne prenant pas de haut le fait que, eux, ça se trouve, ils passent complètement à côté de plein de trucs parce qu'ils font ça chiant.

7:53
Présentateur

Mais d'ailleurs c'est intéressant parce que tu soulignes en fait aussi une divergence qu'on a sur ce que c'est qu'en fait la politique. Le mot politique, c'est un mot qui recouvre des réalités très différentes. Il y a des gens qui sont passionnés de politique et qui en fait sont des passionnés des jeux partisans, des jeux de pouvoir et des jeux électoraux. Et c'est tout à fait légitime, ce n'est pas une critique. Il y a des personnes, et c'est vrai que c'est un peu ma manière à moi de faire de la politique depuis six ans maintenant sur Internet, très institutionnelle en fait.

Moi la politique, je la vois beaucoup, en tout cas je la montre beaucoup dans ses aspects, pouvoir législatif, pouvoir exécutif, etc. Et je suis beaucoup moins branché que toi, Usul, sur le débat d'idées, sur la philo politique, sur les mouvements de fond, les mouvements sociaux, ces genres de choses-là. Et c'est vrai qu'on n'a pas tout à fait la même approche. Et c'est une des raisons d'ailleurs pour lesquelles je voulais que tu sois avec nous sur ce plateau. Parce que voilà, la politique, ça recouvre beaucoup de réalités très différentes. Et je trouve ça intéressant. Et je suis d'accord avec toi qu'aussi on va essayer de parler d'actu politique.

On va parler chaque semaine du coup de l'actu de la semaine évidemment. La perspective qu'on se donne, c'est bien sûr celle de l'élection présidentielle. Je le disais dans le teaser, c'est pas une élection comme une autre. Que ça nous plaise ou non, en fait. Parce que d'ailleurs, j'aimerais bien qu'on parle aussi de l'objet présidence de la République, comme d'un objet sur lequel on peut réfléchir, on peut avoir un discours, on peut aussi se poser des questions sur l'hystérie que représente une campagne présidentielle tous les cinq ans. Mais c'est vrai que dans cette émission, on va aussi se donner le rôle de...

Ouais, je sais pas, d'avoir ce recul aussi intelligent que possible sur les différentes manières qu'on peut avoir de voir la politique. Et qu'il n'y a pas de... Je sais pas s'il y a une hiérarchie d'ailleurs. Il y a une politique noble et une politique qui est moins noble pour toi, Usul ?

9:17
Invité

Oui, donc moi tu disais si t'avais fait appel à mon regard. C'est aussi parce que moi je regarde pas mal ce qu'il y a dans tout ce qui est les mouvements sociaux, de manière très générale, que ce soit...

9:26
Présentateur

Ouais, et la littérature, politique.

9:30
Invité

Oui, d'accord. Mais c'est vrai que dans les mouvements sociaux, il y a plein de gens qui s'engagent de plein de manières différentes, qui vont s'engager pour des causes ponctuelles, tout en étant complètement dégoûtés par les candidats, les partis politiques, le système électoral, qui sont des choses qui vous deux, par contre, vous passionnent déjà un petit peu plus, le jeu des cabinets ministériels, la valse des conseillers, etc. Moi c'est pas du tout mon truc, j'avoue, mais là-dessus du coup j'ai aucune expertise. Par contre, bon, tout ce qui est mouvements sociaux, trucs politiques un peu plus proches de comment les gens s'engagent, voilà, on va dire ça comme ça.

Donc non, il n'y a pas noble, il n'y a pas noble, pas noble, mais en tout cas il y a un truc qui est très exposé, qui passionne tous les journalistes politiques, et il y a un volet qui passionne un petit peu moins, qui en général, quand il est montré dans les médias, est caricaturé, alors on va montrer les violences, on va montrer ceci, on va montrer cela, mais on parle rarement des choses qui secouent le fond de l'opinion française.

Je repense au mouvement de la réforme des retraites, il y avait une majorité de la population qui soutenait le mouvement contre la réforme des retraites, je repense au mouvement pour les gilets jaunes, qui a eu une sympathie dans l'opinion très haute pendant très longtemps.

10:37
Présentateur

Qui était très particulière, oui, oui.

10:38
Invité

Alors qu'il y avait, alors que les, voilà...

10:40
Présentateur

Et sans déboucher politique institutionnel, pour le coup.

10:42
Invité

Et sans déboucher politique, c'est tout le problème de faire la jonction après entre des colères fortes dans la population et le jeu de la valse des places et des élections.

10:50
Présentateur

Est-ce que vous êtes d'accord avec moi quand je dis que la politique c'est chiant ? Qu'il y a toujours été un constat que moi je pose avant de parler ?

10:55
Invité

C'est pas que c'est chiant en fait, très rapidement ça a été un truc d'élitiste, perçu comme un truc d'élitiste. En voulant écarter du pouvoir un certain nombre de personnes et de catégories de personnes, on a créé quelque chose qui ressemble à un entre-soi, où il y a des codes effectivement, où il y a un jargon particulier, c'est un peu corporatiste en fait. C'est pas chiant, c'est juste qu'on le rend, je pense, volontairement chiant.

11:16
Présentateur

Il y a J.Fouji dans le chat qui dit c'est pas chiant, c'est frustrant.

11:20
Invité

J'aime bien le mot. Frustrant parce que t'as le sentiment que finalement tout ce que tu fais ça sert à rien. C'est vrai qu'aller glisser un bulletin dans l'urne, c'est finalement aujourd'hui l'expression la plus démocratique qu'on a dans notre système politique et t'as pas l'impression que ça a vraiment un impact sur ta vie au quotidien. C'est peut-être ça aussi qui explique les 66,7% d'abstention au premier tour des régionales.

11:43
Présentateur

Je comprends la notion de frustration mais c'est vrai que c'est un truc aussi qu'on constate. La politique c'est le clivage. Certains diraient même que c'est la lutte. Oui complètement, bien sûr, il y a des enjeux de pouvoir. Les sujets politiques sont les sujets clivants. C'est même peut-être la plus haute forme de clivage c'est les enjeux politiques. Et c'est vrai que dans une société du divertissement c'est un peu plus chiant de regarder une émission politique qu'une émission de divertissement. Et c'est vrai en fait et c'est pas grave.

Moi je considère que derrière le clivage il peut aussi y avoir un intérêt à l'intellectuel voire même une forme aussi, oui, d'une forme de divertissement mais il faut aimer apprendre, il faut aimer se confronter à des regards et tout. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde et encore une fois il n'y a pas de problème là-dessus. Mais c'est aussi pour ça peut-être que cette émission j'ai voulu qu'elle soit la plus détendue possible dans l'ambiance entre nous. Et ça revient à ce que tu disais Usul, le but de Backseat, c'est que ce soit notre émission. C'est pas une émission, c'est pas une fausse émission de télévision, c'est pas un demi-stream non plus.

C'est une émission dans laquelle on a construit ensemble un projet dans le but que vous vous sentiez le plus à l'aise possible quand vous regardez cette émission, qui que vous soyez. Et quand je dis qui que vous soyez, c'est que vous votiez ou que vous ne votiez pas. Et on ne va pas vous dire de voter d'ailleurs, c'est pas le but, on n'est pas du tout là pour vous donner des consignes, bien au contraire, vous me connaissez, ça n'a jamais été ma souple. Cette émission a pour but de vous faire rencontrer des gens, de vous faire réfléchir sur l'actualité. Et si ça doit être la première émission politique que certaines personnes regardent, notamment les jeunes, ce sera avec grand plaisir.

Elle est là pour ça cette émission. Donc j'espère carrément que ça va marcher. J'avais une question à vous poser à tous les deux et particulièrement à toi, Usul. Est-ce que c'est une émission de gauche, Backseat ?

13:16
Invité

Ah oui, oui, oui. Moi, j'ai pris le téléphone pour y aller dans le chat. Alors quand ils ont vu Usul sur le plan large, il y a eu ceux qui ont dit « Ah ouais, chouette, il y a Usul ! » Et les autres qui ont fait « Ah putain, Usul, ça va être orienté ! » Alors moi, j'ai souhaité faire…

13:28
Présentateur

Alors je te pose la question, est-ce que dès que tu poses ton cul dans un plateau télé, ça devient une émission de télé de gauche ?

13:32
Invité

Ah oui, déjà, oui. Non mais c'est marrant. Déjà, on n'aura pas des invités que de gauche, évidemment, ça va de soi. Et d'autre part, moi, j'ai subi pendant des années des émissions dans lesquelles il y avait des chroniqueurs politiques qui étaient là toutes les semaines, avec lesquels je n'étais pas d'accord. Je regardais quand même l'émission politique. Oui, c'est vrai. Si les questions étaient… Voilà, si les échanges étaient intéressants, les invités étaient intéressants, ça pouvait être intéressant quand même aussi de confronter. Après, ça ne veut pas dire… Moi, je ne viens pas là pour m'en servir comme une tribune où je vais déballer mes discours politiques.

J'ai déjà un espace pour faire ça. Oui, c'est vrai. Là, je viens… Enfin, j'ai déjà même plusieurs espaces pour faire ça. Donc là, je viens en qualité d'observateur de la vie politique et puis éventuellement poser quelques questions. Souffrez que je pose quelques questions. Bien sûr. Et franchement, le paysage politique, le paysage médiatique, c'est vraiment… Enfin, en ce moment, on est en train vraiment de s'extrême-droitiser, de se droitiser. Bon, ça peut être pas mal d'entendre aussi peut-être un autre son de cloche. Je pense que vous pourrez me tolérer à terme.

14:27
Présentateur

Je ne suis pas si terrible. Vous allez y arriver. J'en suis absolument persuadé. Léa, tu penses que c'est une émission de gauche ?

14:34
Invité

C'est difficile à dire. Il faut voir la tournure que ça va prendre. D'ailleurs, c'est quoi une émission de gauche ? Ça fait 10 minutes qu'on a commencé. C'est difficile de dire si… Moi, je ne sais même pas ce que tu votes. Toi, d'ailleurs, tu es à gauche, toi ? Je ne sais rien. Non, je ne sais pas. Moi non plus. Non, non. Alors, je pense qu'effectivement, tous les trois, on a quand même une sensibilité qui, vraisemblablement, sera peut-être un peu marquée à gauche. Mais encore une fois, c'est aussi à nous de faire l'effort de s'en défaire, dans une certaine mesure ou pas, d'ailleurs. Et puis, on n'est pas là pour effectivement développer nos opinions personnelles.

On est là pour apporter notre expertise de ce monde que l'on connaît et pour le rendre accessible. C'est comme ça que je vois les choses. Mais d'ailleurs, c'est vrai

15:10
Présentateur

que je vous ai présenté comme chroniqueur, mais c'est vrai que tous les deux dans cette émission, vous n'allez pas présenter des chroniques. Je ne vous ai pas demandé de préparer un travail. Ça va être des conversations entre nous. Et c'est vrai qu'on s'est tous les trois d'ailleurs mis d'accord sur le fait que le but de cette émission, c'était qu'on se parle, qu'on échange ensemble, qu'on se pose des questions. Moi, je ne vais pas être le présentateur qui vous relance toutes les deux minutes en vous demandant votre avis, surtout. Moi aussi, j'ai bien l'intention de parler dans cette émission avec vous, de m'ouvrir avec vous le chat aussi, comme d'habitude. Mais après, vous me connaissez.

Ça fait des années que je fais ça avec vous, que je me pose ouvertement des questions sur l'actualité, que vous aussi, dans le chat, vous nous nourrissez de vos réflexions et c'est hyper précieux pour nous. Donc, cette émission, évidemment, on l'a fait avec vous. D'ailleurs, vous êtes en face de nous. Pour ceux qui ne s'en rendent pas compte, le chat est juste là. Il est aussi sur nos PC.

15:48
Invité

Je voudrais ajouter un truc. Déjà, une émission neutre, ça me paraît difficile. Même quand toi, tu animes ton truc tout seul, en vérité, tu es quand même engagé sur un certain nombre de questions qui sont celles de la démocratie. C'est ce que j'allais dire. Démocratiser, c'est déjà... Tout le monde n'est pas pour qu'il y ait une démocratisation totale de tous les enjeux, de mettre à plat les choses.

16:08
Présentateur

Non, mais c'est vrai. Je suis absolument d'accord avec toi. La neutralité, on sait tous que c'est... Ce n'est pas possible de l'atteindre. On peut le viser si on souhaite. Il peut y avoir de la noblesse à chercher à être objectif, même si ce mot est très particulier. Pour autant, je n'ai jamais caché effectivement que le simple fait que j'existe et que je fais ce que je fais, c'est déjà engagé. Et c'est engagé en faveur. Alors, c'est vous, vous latéralisez où vous voulez dans la droite et la gauche, je m'en fous, mais la démocratie. Alors, ce beau mot de démocratie, d'ailleurs, tout le monde met ce qu'il veut dedans. Et en fait, ce n'est pas très grave. Ça m'intéresse aussi qu'on en discute.

Mais c'est vrai que si je vous parle de politique et si Baxit existe, c'est parce que je crois dans le fait que vous avez votre place dans la politique. Et ça, c'est un engagement. C'est une manière de voir les choses. Et on peut d'ailleurs la critiquer. Et je n'ai pas de problème avec ça. Au contraire, c'est cool.

16:49
Invité

Je pense que c'est une discussion qui va revenir et qu'on l'aura assez souvent au fur et à mesure des émissions sur neutralité, pas neutralité. Oui, et puis on va aussi peut-être se poser la question de savoir qu'est-ce que c'est que quête de gauche aujourd'hui ? Qu'est-ce que c'est que quête de droite aussi ? On va en discuter. Mais carrément, parlons-en-en

17:03
Présentateur

parce que d'ailleurs, les termes droite et gauche eux-mêmes ont été pas mal bousculés ces dernières années par certaines personnalités politiques. Peut-être aussi par des gens qui se questionnent en se disant « Tiens, c'est vrai, après tout, est-ce que les vieux clivages à la papa existent toujours ? » Ça, cette question-là, les amis, on va se la poser toutes les semaines. Et ça, c'est cool. Ça fait super plaisir. Ça va commencer évidemment dès cette semaine et dans les semaines qui viennent. Donc voilà. L'autre chose, les amis, que je voulais vous dire, merci, je vois que vous êtes de plus en plus nombreux et nombreux et ça fait super plaisir.

L'autre chose qui est très importante, c'est que quand je dis que cette émission, on va la faire avec vous, c'est parce que pour la première fois depuis que je fais des choses sur Internet, je vais vous proposer de participer directement au financement de ce projet. L'émission que je vous présente ce soir, Backseat, vous allez la voir toutes les semaines jusqu'à la fin du mois de juillet. Et en fait, c'est une présaison qui va surtout être une campagne de financement participatif. Il y a une page Ulule qui est ouverte que j'avais déjà partagée sur mon Twitter. Je vais vous redonner le lien dans le chat d'ailleurs. Il faut que je retrouve un moyen de vous le donner sur le chat ici.

une page Ulule sur laquelle on va vous proposer du coup de nous aider à financer cette émission à la rendre possible. Vous allez voir que vous allez avoir plusieurs paliers. Je vais être très clair, on essaye de réunir 70 000 euros pour vous permettre d'avoir cette émission chaque semaine à partir du mois de septembre. Donc là, on a une présaison qui va avoir lieu, c'est sûr, jusqu'à la fin du mois de juillet. Mais le but, c'est que vous et moi, que nous tous ensemble, on réussisse à la financer pour arriver à 70 000 euros. On a plusieurs paliers dans cette campagne de financement participatif. On a un premier palier à 30 000 euros.

Si on atteint 30 000 euros, on se donne les moyens ensemble de faire une émission une fois par mois. Si on arrive à 50 000 euros, on arrive à avoir une émission deux fois par mois, donc toutes les deux semaines. Et si on arrive à 70 000 euros, on a une émission chaque semaine. Si on arrive aussi à 100 000 euros, encore plus que 70 000, et ce serait extraordinaire, on se donne les moyens de se faire une édition de cette émission dans un lieu à Paris, un lieu en public, un théâtre, un ciné, je ne sais pas encore, mais on va faire une très très belle émission, probablement au moment de l'élection présidentielle.

Donc voilà, il y a plus d'une dizaine de personnes qui travaillent sur ce projet avec toute l'équipe de production, avec les techniciens qui travaillent sur cette émission, avec toute l'équipe éditoriale, avec les journalistes qui bossent avec moi, avec mes chroniqueurs. On est toute une équipe ultra mobilisée depuis plusieurs mois pour préparer cette émission. Et on compte sur vous, je compte sur vous pour nous permettre de financer cette émission. Alors la page Ulule, normalement, elle devrait être en ligne ce soir, mais visiblement, on a eu des problèmes. Elle n'est pas encore complètement en ligne, donc inscrivez-vous par mail.

Donc s'il y a des gens du Ulule d'ailleurs qui nous regardent, n'hésitez surtout pas. C'est bon, elle est en ligne ? Let's go ! Elle est en ligne. Incroyable ! Vous avez le lien dans le chat et vous allez voir donc que vous allez pouvoir participer au financement de cette émission. Vous avez plusieurs possibilités pour nous aider. Vous pouvez nous aider dès 1 euro. Vous pouvez aussi donner plus. Il y a plusieurs packs. Vous savez comment ça fonctionne. Vous pouvez nous donner 10 euros et il y aura une alerte sur le live à partir de la semaine prochaine, normalement, parce qu'on est encore en train de faire des réglages techniques.

Je crois que c'est la première fois que ça existe sur Ulule, ce truc-là. Donc voilà, une alerte sur le live et je vous remercierai bien évidemment. À partir de 25 euros, vous aurez votre nom au générique de l'émission. À 50 euros, vous aurez une carte postale dédicacée que vous recevrez ainsi qu'un stickers de l'émission. Et vous aurez aussi un e-book qui va être fait à la fin de l'année. À la fin de l'année, à la fin du coup de la saison, après l'élection présidentielle. Un e-book qui va vous proposer de revoir toute cette année d'élection présidentielle. Un souvenir que vous garderez. Un e-book sur comment est-ce que Backseat a traité cette émission.

Il y aura des photos, il y aura des verbatims, des citations, il y aura des interviews, d'ailleurs, des chroniqueurs, de nos invités et tout. Donc vous aurez accès à tout ça. À 100 euros, vous aurez accès au plateau pendant l'émission parce que cette émission va se faire en public. Alors à partir de septembre, si on réussit à la financer ensemble, vous pourrez venir ici en public avec nous, participer à cette émission, applaudir, rigoler, faire tout ce qu'un public fait dans une émission. Donc une peluche usule. Non, il n'y aura pas de peluche usule. Donc voilà, ça nous ferait plaisir. Ça, c'est un pack limité compte tenu du nombre de places.

Donc il n'y a pas plus de 400 personnes qui pourront avoir la possibilité de venir assister à une émission. si vous donnez 250 euros. Donc à chaque fois, évidemment, c'est cumulatif. Vous avez tous les trucs précédents. En plus, vous aurez le e-book, mais cette fois-ci en version imprimée que vous recevrez par la Poste en tant qu'un très beau papier, un très beau souvenir que vous pourrez poser comme ça nonchalamment sur votre table basse quand vous recevrez des invités. Ce sera absolument classe. Donc pour 250 euros.

Et le pack à 500 euros, vous recevrez évidemment tout ce que je viens de citer, plus un tee-shirt de l'émission, plus une conférence communautaire de rédaction que je ferai avec vous en vocal pour que vous m'aidiez à préparer certaines des émissions. Donc si vous voulez avoir un temps de discussion éditoriale, c'est aussi l'occasion. C'est vraiment important pour moi de pouvoir vous inclure dans la préparation de cette émission. Et si vous... Ni la Pierre Belmar, là. Non, mais attends, attends, je continue. C'est important, attends, c'est important. Et si vous donnez 1000 euros, vous avez le pack VIP.

Et là, vous venez assister, vous allez passer une demi-journée entière avec nous ici au plateau. Ici en studio, vous viendrez rencontrer toute l'équipe technique. Vous visiterez le studio, la régie. Vous viendrez évidemment passer du temps bouffé avec nous, avec Usul et Léa dans un restaurant traditionnel gastronomique d'Amérique du Nord. Ou un kebab, évidemment. Un kebab. Et vous viendrez évidemment assister à l'émission. On passera du temps ensemble, etc. Voilà. Donc je compte évidemment sur vous pour nous aider à financer cette émission. Merci du fond du cœur à celles et ceux qui sont déjà en train de donner. Ça fait super plaisir. Donc voilà. Non, ça va, c'était pas trop long ?

22:19
Invité

Juju, mais...

22:20
Présentateur

J'ai le temps de financer un peu.

22:22
Invité

C'est cool. Je vais faire un peu à warm-up, on dit.

22:24
Présentateur

C'est ça ? Oui, c'est ça. Non, ils ne sont pas partis.

22:25
Invité

Du coup, je suis prête, là.

22:27
Présentateur

T'es prête ? Vous êtes prêts ? Très bien. Je vous ai dit donc que cette émission, on allait la faire ensemble. On n'a pas envie de la faire qu'entre nous avec Usul et Léa. On a aussi envie de recevoir des invités, des potes, des gens qui ne parlent pas de politique le reste du temps mais qui sont quand même des gens inspirants sur Internet. Et on a le grand plaisir de vous annoncer que notre premier invité pour ce premier numéro de Backseat, c'est l'ami Rivenzi. Rivenzi qui peut faire son entrée en plateau. Viens pour Rivenzi. Incroyable.

22:49
Invité

Oh. Rivenzi, comment tu vas ? Écoutez, ça va très bien. Merci beaucoup pour l'invitation. Ça fait plaisir de te recevoir. Comme tu disais, je ne parle pas de politique sur ma chaîne, du coup...

22:57
Présentateur

Eh bien, on va en parler. On va en parler avec toi. Rivenzi, tu es streamer.

23:02
Invité

Exactement. Depuis combien de temps ? Depuis 2017. À plein temps, en tout cas. C'est mon métier depuis 2017. C'est ça. Et ça se passe bien ? Ça se passe bien. Écoute, c'est très cool. Mais du coup, le métier de streamer a fait que c'est beaucoup d'heures, etc. Donc, j'ai eu moins l'occasion de m'intéresser à la politique mais j'ai eu l'occasion de beaucoup m'y intéresser étant plus jeune. Donc, voilà. Et tu fais quoi alors sur ta chaîne Twitch ? Alors, sur ma chaîne, du coup, je fais... Pour ceux qui ne me connaissent pas, du coup, comme beaucoup de streamers, je fais des jeux vidéo mais aussi je parle d'histoire. Donc, voilà. Un sujet qui fait beaucoup parler aussi, évidemment.

Et donc, c'est l'occasion dans ces émissions que je fais aussi de manière hebdomadaire d'inviter des spécialistes sur certains sujets. On avait fait un live histoire à l'occasion du bicentenaire de la disparition de Napoléon. On avait fait un live sur le Rwanda aussi à l'occasion des rapports qui étaient sortis Donc, c'est toujours l'occasion un peu de donner la parole aussi. Je me retrouve pas mal dans ce que tu fais finalement dans d'autres espaces que la télé ou la radio. Et puis, comme on est sur Twitch, on a le temps de parler.

Et c'est vrai que quand tu dis à des historiens que vous avez deux heures pour parler d'un sujet qui est votre sujet de thèse, de mémoire, ils se sont en mode c'est trop bien. Et donc, c'est des formats qui sont vraiment super chouettes à faire, à préparer et donc qui sont toutes les semaines.

24:11
Présentateur

C'est un élément vachement important ça pour tous les streamers et les streameuses et même aussi les podcasteurs et les youtubeurs le temps qu'on se donne. C'est un truc qui est devenu rare dans les médias, vous trouvez tous les deux ?

24:18
Invité

Complètement, c'est super contraint.

24:20
Présentateur

Oui, ben oui.

24:21
Invité

Moi, je me souviens quand j'ai lancé, j'avais lancé pendant le confinement parce que je m'étais rendu compte que les députés se faisaient un peu chier des lives sur Instagram pour qu'on puisse discuter et j'avais des députés qui pourtant sont porte-parole de ceci, de cela qui se tapent des plateaux télé quasiment toutes les journées qui m'appelaient parce qu'ils avaient besoin de parler au moins 45 minutes et pas 10 minutes de manière contrainte. Non, non, le temps c'est fondamental et d'ailleurs, je pense que c'est aussi pour ça que beaucoup de jeunes ne s'intéressent pas en fait aux médias traditionnels parce qu'ils ont besoin d'avoir des informations, beaucoup ont envie de creuser.

Je pense que c'est une erreur que de penser que les jeunes ont envie de voir une vidéo de 3 minutes et c'est tout. C'est faux en fait. Moi, il y en a plein qui m'écrivent en me disant merci, j'ai pu enfin piger ce problème-là parce que j'ai écouté pendant 30 minutes, 45 minutes. Il y a certains sujets qui sont incompressibles, c'est-à-dire que si tu veux expliquer, je ne sais pas, je suis sur le Rwanda, tu ne peux pas expliquer le Rwanda en 2 minutes. Ou alors, un beau challenge. Oui, c'est ça.

Du coup, tu vas raccourcir et c'est ce qui te permet d'aller sur des sujets très touchy sans, on va dire, tomber dans un truc caricatural où le chat va être illisible parce que genre oui, vous n'avez pas parlé de ça, vous n'avez pas parlé de ça ou quoi que ce soit. On avait fait un live avec un historien qui s'appelle Christian Ingrao sur les intellectuels dans l'armée SS et du coup, les nazis sont des intellectuels aussi. En gros, on parlait du fait que parmi les pires meurtriers nazis, il y avait des gens qui étaient juristes, géographes, historiens, philosophes et qui pourtant, après leurs études, se retrouvaient à tuer des femmes et des enfants sur le front de l'Est.

Et comment tu expliques ça en 2 minutes ? Comment tu peux expliquer que finalement, l'intelligence ne protège pas de la barbarie ? Bien sûr. Et l'intelligence, comme on l'entend, comme elle peut être reconnue par l'université. Et donc, il faut du temps pour expliquer tout ça et en fait, quand ils viennent te voir, les historiens, après, ils sont en mode mais on le refait quand tu veux parce que c'était chouette, on était détendus. Je suis beaucoup moins fatigué qu'après 15 minutes sur France Culture mais parce qu'on a juste eu le temps de discuter.

26:09
Présentateur

Et le public qui t'en dit quoi ? Tu sens qu'il y a un amour de l'histoire ? Il y a une curiosité de l'histoire de la part des gens qui te regardent ?

26:14
Invité

Oui, il y avait des chiffres qui étaient sortis. Je crois que l'histoire, c'est un des sujets qui passionnent le plus les gens. Carrément, les Français, oui. Les Français, ça les passionne énormément et puis il y a tellement de choses à dire. Tu vois, c'est un sujet aussi qui est évidemment politique dans les choix que tu fais aussi donc qui peut être aussi clivant. C'est pour ça que ça peut passionner. Tu vois, quand je fais un truc sur Napoléon, on me taxe de « Ah, putain, ça y est, le mec fait la promotion d'un gars, Pierre Hitler, est en mode « Wow ! » Je ne pense pas que c'est exactement ça que je veux faire passer.

Et quand on parle du Rwanda, on parle « Tu donnes la parole à des islamo-gauchistes, tu es en mode « Ouh ! » » Et tu vois, du coup, tu joues dans les deux trucs mais moi, j'aime bien cultiver cette chose-là, de ne pas me limiter au sujet. Si j'ai quelqu'un qui je sais est spécialiste qui a travaillé dessus, j'y vais les yeux fermés et puis on y va. Et puis évidemment, le but, c'est de critiquer, de demander, de voir où aussi se trouvent les limites de la recherche et quelles sont les questions qu'on se pose encore sur l'histoire. Et puis pour expliquer aussi que des fois, l'histoire, quand on ne sait pas, on ne sait pas.

Et que quand les pyramides, on ne sait pas trop comment ça s'est fait, ce n'est pas les aliens. On peut réussir à expliquer aussi. On peut réussir à expliquer d'autres choses. Une petite question, si je peux me permettre. Finalement, l'histoire, et surtout le traitement de l'histoire, c'est éminemment politique. Oui, c'est sûr que dans le choix que tu fais des invités, ce genre de choses, forcément, il faut faire très attention. Mais ce qui est rigolo, c'est que les gens l'ignorent complètement. C'est-à-dire que des fois, on me propose des invités et je suis en mode, les gars, vous savez que la personne que vous me proposez est complotiste, limite négationniste, ce genre de choses.

Il faut faire très attention. Et il faut faire attention, évidemment, aux gens qu'on invite. Et puis à l'inverse, à l'inverse, quand tu reçois Boucheron, tu dois en avoir l'histoire mondiale de la France, mais c'était un mondialiste, machin. Historien de cours, ce genre de choses-là. Mais écoute, je compose avec. Et je dis, écoutez, sur le sujet, en tout cas, que j'avais trouvé, c'était celui qui me semblait le plus pertinent. Et puis à un moment donné, il faut assumer son choix aussi. Mais évidemment, je ne me défends de ne pas vouloir parler. C'est sûr que je ne veux pas parler politique. Je dis, j'évite le plus possible.

Mais c'est pour ça que j'essaie de varier mes sujets le plus possible. À un moment donné, il faut faire des choix on essaie de varier les points de vue le plus possible. Avec Pierre-Jean Chalençon. Pierre-Jean Chalençon. Alors, pas tout de suite encore, évidemment. On n'a pas encore préparé de Poisson d'avril. Mais voilà, tu vois, c'est aussi changé. C'est-à-dire qu'il y a des historiens aujourd'hui, comme Patrick Boucheron, tu le disais, qui sont des historiens ultra reconnus. Et pourtant, on ne le sait pas. Tu vois, il y a plein de gens qui sont en mode Patrick Boucheron, on verra.

Et le but, c'est de faire découvrir aussi ces gens-là et de les faire découvrir à une autre manière, à une hauteur qui est un peu plus horizontale aussi. Donc, c'est pour ça que j'abandonne le vouvoiement, qu'on parle aussi des fois aussi du parcours des historiens. C'est super intéressant aussi de faire comprendre aux gens que les historiens, c'est aussi des êtres humains qui sont dans une société, dans un temps donné, qui viennent d'une réalité sociale différente et donc qui peut canaliser leur manière de penser et aussi expliquer aux gens. Et ça, c'est très intéressant que souvent l'histoire, c'est un reflet de notre pensée, c'est un reflet de nos questionnements actuels.

C'est pour ça que, par exemple, Napoléon, on a beaucoup parlé de la question de l'esclavage mais en fêtant le bicentenaire de sa disparition, c'était le sujet qu'il faisait parler. Mais quand on a fêté le bicentenaire de sa naissance, c'était plus la question des milliers de morts qui avaient été occasionnés par Napoléon qui étaient ressortis sur la place publique. Donc, c'est toujours des questions qui sont le reflet de nos problèmes ou de nos questionnements actuels. Et les buts, ce n'est pas de les esquiver, c'est aussi, toujours dans le cadre de l'histoire, d'en discuter.

C'est vrai que oui, en choisissant l'histoire aussi, ce n'est pas que tu as choisi l'histoire, c'est que c'est ta passion. Moi, j'ai fait des études dedans aussi. Du coup, c'était chouette de pouvoir en parler sur Twitch. Après, je ne me sens pas plus légitime qu'un autre, c'est juste que moi, quand on faisait des conférences d'historien, je trouvais ça passionnant. Sauf qu'ils faisaient leur truc pendant deux heures et tu avais 15 minutes pour poser des questions entre 50 personnes et les questions de merde. Alors, excusez-moi, c'est pas tellement une question, c'est plutôt une remarque. Il te source lui-même son propre sujet de mémoire. C'est exactement ça.

29:54
Présentateur

Je voudrais juste revenir avec toi rapidement sur un truc que tu as dit. D'ailleurs, tu as dit, on ne peut pas parler de... J'ai pas envie de parler de politique. Et c'est vrai que c'est un truc que je reconnais beaucoup chez tous les potes streamers que toi et moi, on connaît des amis au demeurant. C'est vrai que la politique, quand tu es influenceur, quand tu fais des choses sur Internet, du jeu vidéo ou autre chose, tu n'as pas envie d'en parler. Oui. Mais c'est intéressant, ça dit quoi ? C'est ça ? On n'a pas envie de cliver son public ?

30:13
Invité

C'est ça, tu n'as pas envie de cliver ton public ? C'est marrant parce que je ne suis pas historien, je n'ai pas écrit de thèse, donc je ne me sens pas légitime. Mais je me sens quand même légitime parce que j'ai une sorte d'autorité qui est avec moi, qui peut en discuter, etc. Mais c'est vrai que la politique, je n'ai pas envie de dire de bêtises. Et je sais aussi que les gens qui me suivent sont contents de me suivre. Et puis même, tu n'as pas envie d'influencer les gens par ton propre opinion aussi. C'est-à-dire que... Tu pourrais avoir envie de le faire. Oui, pourquoi pas. Oui, c'est ça, bien sûr.

Mais de manière involontaire ou non, écoute, ont une oreille un peu plus tendue vers ce qu'ils sont envers leurs streamers, moi et les autres, évidemment. Et donc, du coup, je n'ai pas envie d'avoir cette responsabilité-là qu'une personne, du coup, se dise « Ah, putain, il avait dit ça et tout. » C'est vrai que du coup, j'ai peut-être envie de plus voter pour un tel ou un tel. Est-ce que ce n'est pas surtout aussi une manière de se protéger ? Parce que bon, en effet, comme on l'a dit, la politique, c'est conflictuelle. Commencer à y mettre, à énoncer des positions claires, c'est aussi prêter le flanc aux critiques adverses et des critiques qui peuvent…

On sait que le champ politique, en fait, il est extrêmement violent. C'est ça. Ah oui, c'est sûr. C'est aussi une manière de se protéger. En fait, c'est ça. C'est quand tu vois que c'est très polarisé, tu vois. Évidemment, moi, je regarde beaucoup de choses. Enfin, je regarde pas mal la politique. Je vois ce qui se fait sur Internet et je vois ce qui… Comment c'est polarisant. Et en fait, je vois qu'il y a des… Moi, j'aime beaucoup la nuance. C'est pour ça que dans les médias actuels, tu vois, quand j'ai fait un stage à la radio, quand je commençais à travailler, je me dis, je vais faire des stages en radio. On te dit, ouais, quand tu fais un sujet, c'est 1 minute 15.

Et t'as 1 minute 15 à la radio pour parler, etc. Il faut que tu trouves un angle. Tu vois, j'en m'adore. Mais là, c'était un sujet où on parlait de la maltraitance animale, tu vois, dans les cirques. C'était un sujet très intéressant parce que, finalement, ce que disaient les ONG, c'était L214, c'était intéressant. On pouvait critiquer ce qu'ils disaient. Mais on n'avait pas le temps dans ces 1 minute 15 de pouvoir dire… de donner les deux facettes et d'amener de la nuance. Et en fait, c'est ça que tu vois, tu vas énoncer une phrase et ils vont retenir que la première partie de ta phrase, on va dire, ah, bah, si t'as dit ça, super, du coup, t'es de gauche, t'es de droite, t'es en mode…

Non, mais les gars, vous avez écouté la première partie, vous avez commencé à écrire, mais vous n'avez pas écouté la deuxième. Et c'est ça qui est un peu fatigant, des fois.

32:17
Présentateur

On a plusieurs sujets. En tout cas, merci, Rive, d'avoir accepté mon invitation. J'ai parfaitement conscience qu'inviter des copains qui ne parlent pas de politique d'habitude dans une émission qui ambitionne d'en parler, bah, ouais, t'as dû te dire qu'est-ce que je vais foutre là, putain.

32:28
Invité

Ouais, mais après, après, je savais que ce serait fait avec bienveillance, que ce serait plus sur mon rapport à la politique parce que c'est mes opinions politiques. Donc, en vrai, il n'y avait pas ce sujet avec quelques petits trucs à décider si t'es un facho ou pas. C'est vrai, s'il y a un petit marteau, tu t'as fait un facho. Moi, je fais ça. Le cauchemar.

32:44
Présentateur

Je décrète. On a plusieurs sujets. Je cancel. À tout moment, j'ai le droit. Ça me va. C'est Zul qui décide. On a plusieurs sujets, d'ailleurs, dans la semaine, dans l'actualité récente de la semaine. Est-ce que tu étais au courant la semaine dernière qu'il y avait des élections régionales ?

32:57
Invité

Oui, oui, je le savais. Je n'ai pas voté, malheureusement. Je n'ai pas demandé à mes parents d'aller voter pour moi parce que j'habite en région parisienne mais je vote, enfin, j'ai toujours mes bureaux de vote en Bretagne donc je n'ai pas voté, malheureusement.

33:07
Présentateur

Tu enchaînes directes sur l'abstention.

33:08
Invité

Non, mais c'est normal. En plus, tu te sens un peu gêné. Non, mais c'est intéressant. Évidemment, tout le monde en live est en mode « t'as voté, t'as voté ? » J'étais en mode « iiii, j'ai pas voté. » Mais non, mais j'expliquais que oui, je n'avais pas voté. Pourtant, c'est vrai qu'en général, je prends plutôt le temps de voter mais là, ayant déménagé il y a peu, du coup, c'est les premières élections et donc du coup, je n'avais pas le temps de...

33:24
Présentateur

C'est quand même la première chose dont on a beaucoup parlé au cours de cette élection, quand même le taux d'abstention qui est le plus grand jamais atteint dans une élection sous la Ve République. 66% d'abstention au niveau national, 82% chez les jeunes. Chez les jeunes, ça fait énormément parler. Est-ce que ça dit forcément quelque chose en taux d'abstention ? Ou est-ce que c'est juste quelque chose qui évolue en fonction des élections ? Léa ?

33:47
Invité

C'est tellement difficile de répondre à cette question. Ça dit des choses, mais ça peut dire plein de choses. Après, quelles conclusions en tirer ? Moi, ce qui me chagrine et qui m'inquiète particulièrement dans cette histoire, c'est que ce n'est pas nouveau l'abstention. C'est un phénomène qui est effectivement peut-être grandissant. Alors, j'ose espérer que c'est un aspect conjoncturel compte tenu de la crise, etc. Que les gens se sont dit oui, bon, voilà, je n'ai pas envie. Effectivement, je préfère partir en week-end. Je peux comprendre dans une certaine mesure. Ça fait des mois et des mois qu'on est enfermé chez nous. Et enfin, on peut sortir un peu.

J'espère donc que c'est conjoncturel. Mais on voit qu'il y a quand même une abstention, quoi qu'il en soit, structurelle, clairement. Enfin, on va quand même rappeler les chiffres du second tour des élections législatives en 2017. 57,6% d'abstention. Ce n'est pas rien. Et pourtant, c'était une élection au niveau national. Juste après les présidentielles, on aurait pu espérer que les gens étaient encore dans le move et seraient allés voter. Eh bien, non. Alors, ce qui, moi, me chagrine profondément, c'est qu'en fait, on ne prend pas la mesure de cette abstention. On en parle. Alors là, on va en parler effectivement toute la semaine. Et puis après, quand ce sera passé, on n'en parlera plus.

Et tous les gouvernements successifs jusqu'à présent n'ont finalement pas fait grand-chose pour lutter contre cette abstention. Je ne dis pas que j'ai la formule magique. Mais je n'ai pas le sentiment que ce soit le gouvernement actuel, que ce soit l'ancien gouvernement ou encore le précédent, qu'il y a eu des choses qui ont été faites pour donner envie aux gens de s'intéresser à la chose publique, que la notion d'intérêt général est vraiment en train de se déliter, vraiment, mais d'une manière qui, moi, m'inquiète particulièrement. et je peux comprendre que finalement, cette abstention ne cesse de croître puisque rien n'est fait pour la contrer au niveau institutionnel.

35:27
Présentateur

Alors, mais parlons-en. Déjà, juste une petite page pour vous dire qu'on a atteint les 10 000 euros déjà sur le Hulule. Ça fait super plaisir. Merci pour votre mobilisation. C'est extraordinaire.

35:35
Invité

Pas d'abstention là-dessus.

35:36
Présentateur

Pas d'abstention sur le financement participatif de Baxit. C'est votre émission.

35:40
Invité

Du coup, on va pouvoir aller boire des coups avec tout ça.

35:42
Présentateur

Offrez-vous votre émission. Non, on va produire des émissions. Pourquoi est-ce qu'on s'est abstenu autant à cette élection ? Est-ce qu'on a saoulé les gens ? Est-ce que les régionales, pardon, les départementales tombaient au mauvais moment ? Moi, je vous avoue, moi-même, j'ai beau faire de la politique H24, etc., depuis des années, je n'étais pas dedans. Celle-là, vraiment, je n'étais pas dedans. Mais oui, je pensais à autre chose.

36:02
Invité

Parce que si les régionales, moi, ça m'a un petit peu... Si, il y avait des enjeux dans les régionales. Il y avait des enjeux nationaux dans les régionales, quoi.

36:08
Présentateur

En fait, ça a été, mais les thèmes étaient nationaux. Je ne sais pas. Il y avait la préparation de back-seat, mais il y avait l'euro, il y avait la rouverture des bars, il y avait des trucs de la famille. Oui, c'est ça, toi. Je me suis dit,

36:17
Invité

c'est un peu conjoncturel. Je me suis senti le travail en Bretagne, c'est bien parce qu'on se demande toujours combien vont faire les indépendantistes. Du coup, je n'ai pas regardé le taux qu'on fait. Ah, attends, ne bouge pas. Je ne pouvais regarder combien ça a fait. Parce que c'est toujours un proche de l'État qui dit, il y a un proche du chef de l'État qui dit dans le monde qu'est-ce que les électeurs en ont à faire de voter pour quelqu'un qui s'occupe du roulement des TER ? Voilà, donc même eux... Ah oui, d'accord.

36:40
Présentateur

Non, mais évidemment, cette abstention, elle est jugée. Est-ce que pour vous, c'est une abstention qui est d'abord militante ? Parce que ça existe, l'abstention volontaire de contestation du système ou l'abstention de... Le OSEF. Oui, le OSEF, c'est-à-dire le... Ah oui, il y a des élections.

36:55
Invité

Est-ce que tu ne crois pas que quand c'est du blanc... Est-ce que ce n'est pas plus dans des élections comme les présidentielles on est passé à côté et du coup, on n'est pas allé voter parce qu'on ne comprend pas trop bien pourquoi on vote ? Ce qui est sûr, c'est que historiquement,

37:07
Présentateur

en France, les deux élections préférées des Français, c'est la présidentielle et les municipales, avec les législatives qui sont avec les présidentielles à peu près similaires. Les deux élections les moins aimées, c'est les européennes et les régionales et les départementales qui, c'est vrai, historiquement, rassemblent moins. Mais jamais à ce point-là. Donc moi, je suis assez d'accord avec...

37:23
Invité

Il y a un truc qui n'est pas du tout conjoncturel, quoi. Il y a un fond structurel, c'est pour ça ? Oui, il y a un fond structurel. Je pense que c'est ce dont on va parler aussi toute l'année. On va parler de la crise de la démocratie, la crise de la représentation. Mais est-ce qu'on va en parler ? Bah oui, on va en parler. Non, mais justement, comment est-ce que vous trouvez d'ailleurs que la classe politique... Si on reçoit des gens ici,

37:39
Présentateur

c'est précisément... Ça va être aussi précisément pour... Nous, on a bien l'intention de leur en parler, mais comment est-ce que vous trouvez que les politiques parlent de l'abstention là depuis quelques jours ? Bah, mal.

37:47
Invité

Ouais.

37:47
Présentateur

Ouais, non, mais on est d'accord. C'est-à-dire que la crise de la démocratie, à quelques exceptions près, ils en parlent très peu. Moi, je suis extrêmement surpris. Il y a même qui engueule les Français,

37:55
Invité

alors ça, particulièrement le Rassemblement National, qui a engueulé ses électeurs.

37:58
Présentateur

Elle engueule son électorat qui ne s'est pas mobilisé, ce qui d'ailleurs est très intéressant parce que c'est vrai que Marine Le Pen, là, elle se rend compte qu'elle aussi peut être victime de l'abstention alors que ça fait des décennies que ça la sert plutôt le Rassemblement National l'abstention. Mais là, il se trouve que même son électorat, elle se démobilise. Et ça, du coup, c'est un peu une nouvelle donne que je trouve très intéressante. Mais pour revenir sur le traitement politique, tu as entendu, toi, parler depuis ces quelques jours, là, de solutions pour lutter contre l'abstention ?

38:21
Invité

Pas du tout. En fait, le truc de l'abstention, c'est qu'il y a un truc, alors je ne sais pas si ça rentre dans le sujet ou pas, mais c'est vrai qu'il y a un truc par rapport aussi au vote blanc qui est aussi assez important. C'est-à-dire que moi, j'ai déjà voté blanc pour des élections, ça m'est arrivé. Et je me suis souvent posé la question de pourquoi est-ce qu'on ne le comptabilise pas ? Pourquoi on ne le comptabilise jamais ? Peut-être qu'il y aurait plus de... Et en vrai, moi, je pense que ça peut... Quand tu sais qu'un vote blanc, c'est un vote nul, moi, je ne suis pas d'accord.

Tu vois, pour le coup, il y a plein de fois où c'est hyper intéressant de pouvoir décompter un vote blanc parce que ça énonce des choses. Ça veut dire qu'on se sent... Justement, on parle de représentativité, c'est qu'on ne se sent pas représenté par les propositions politiques de telle ou telle élection. Après, j'imagine qu'il doit y avoir des questions autres qui doivent rendre la chose compliquée. Mais c'est vrai que moi, peut-être que ça peut jouer, en tout cas, en discutant avec certains potes ou certains amis, je sais que ça peut jouer.

39:08
Présentateur

Il y a Toro Picana dans le chat qui a dit « Le gouvernement n'a pas l'intention de faire une appli ? » Point d'interrogation.

39:12
Invité

Alors, justement, il y a un papier dans le monde sur comment stimuler la participation. C'est dans le monde d'hier.

39:17
Présentateur

Alors, comment on fait ?

39:18
Invité

Reconnaissance du vote blanc, vote obligatoire, vote électronique. Plusieurs options existent. Il y a plein de trucs. Ils sont en train de se creuser quand même un petit peu, de parler, de dire « On pourrait essayer ceci, essayer cela. » Moi, je pense, et je crois que c'est la conclusion d'ailleurs du papier, que ce n'est pas en rajoutant des petits gadgets, des accessoires, des petits trucs. Il faut que les politiques arrivent à redonner envie aux gens de croire en eux, de croire dans les... Je crois que les gens en ont marre des politiques en général, du personnel politique, des partis. Les gens ne croient plus aux partis, ils ne croient plus aux syndicats, ils ne croient plus en rien.

Et donc, du coup, croire en un projet politique, je pense que c'est ça aussi le défi pour les politiques, c'est d'arriver à mobiliser les gens en leur disant « On va là, on va quelque part, on a un projet, on a un truc, on a un truc pour vous. » Et les gens sont là à se dire plutôt « Bravo, la politique, ça ne sert à rien, ils sont tous corrompus, ils sont tous cons, ils sont tous nuls. » Et le papier se termine d'ailleurs sur un truc, c'est qu'ils sont passés au vote électronique en Estonie, par Internet, début 2005. Et en tout cas, ça a eu un effet. L'abstention, en effet, dans un premier temps, s'est un petit peu tassée parce que des jeunes disaient « C'est plus simple de voter comme ça.

» Et puis après, elle a retrouvé son niveau normal parce que si tu ne changes pas le jeu politique, si tu ne changes pas le... Moi, je pense que c'est ce que je disais sur mon stream l'autre soir, je crois qu'il serait peut-être plus intéressant de modifier les règles des partis que de modifier les modes de scrutin. C'est-à-dire ? Qu'on se pose collectivement la question « C'est quoi un parti ? Comment ça marche ? » Est-ce que, par exemple, est-ce que des gens peuvent être réélus trois fois, quatre fois, cinq fois ? Comment on sélectionne ? Comment on trie ? Comment on expulse aussi notre personnel politique ?

40:53
Présentateur

Non, mais c'est intéressant. Il y a déjà eu des choses qui ont été faites sur le cumul des mandats, mais ça m'a fait des générations pour se mettre en place. les partis

40:58
Invité

et l'engagement des citoyens aussi parce que je rappelle qu'un parti, normalement, un parti, ce n'est pas juste un endroit dans lequel il y a des gens qui sont au-dessus de nous, qui sont des hommes et des femmes politiques qui vont nous gouverner et passer d'un parti à l'autre comme on l'a vu en plus récemment. Les partis, c'est censé être des espaces dans lesquels vous, vous pouvez rentrer, faire un peu de politique, même si ce n'est pas le cœur de votre vie, il serait bien déprofessionnalisé de la politique. Je pense que ce serait déjà une bonne chose, en tout cas. Et donc, pour ça, il faut repenser le parti, il faut repenser le rôle de cette classe politique, de cette classe dirigeante.

Les partis politiques, c'est un truc qui t'attire ? Tu as déjà hésité

41:31
Présentateur

un moment dans ta vie ?

41:32
Invité

Non, mais j'étais en étant à un parcours universitaire, donc évidemment, c'est un creusot très fort quand même de politisation. Moi, c'est la première fois que j'ai été au contact de personnes politisées, etc. Je suis allé à des meetings politiques plusieurs fois. Je suis allé aux élections présidentielles, j'étais allé à Macron, Mélenchon, Fillon, pour me faire un avis politique, pour voir... Tu es allé physiquement voir vos meetings ? Oui, je t'avais trois meetings. En fait, c'était histoire de voir à quoi ça ressemblait. En fait, tu vois, voir à quoi ressemblaient ces meetings, qu'est-ce qui s'y passait, qu'est-ce qui s'y disait, tu vois ?

Et du coup, ce qui fait que je n'ai jamais été, pour le coup, intéressé à être encarté ou quoi, mais j'ai déjà discuté avec, oui, des gens qui posent des affiches, qui se sont présentés pour des parties aux législatives, notamment. Mais c'est un concept qui, je vois, est très mouvant, qui est mouvant dans la forme, mais finalement, assez peu dans le fond. C'est-à-dire qu'on change les noms de certains partis, RPR, UMP, Les Républicains, mais du coup, tu retrouves les mêmes noms, les mêmes personnes, du coup, c'est assez... Même les mouvements qui se disent des mouvements non partis au début, deviennent des partis aussi.

Et regardez les effectifs des partis, regardez les effectifs des militants des partis qui ont tous fondu. Ils ont tous un problème. Tous. Tous sans exception. Mais non au Rassemblement National, il y a un problème avec la base, les gens s'engagent, ils y croient, et puis après, il faudra, mais tout est décidé par Le Pen et ses copains. Et je pense qu'il peut se passer aussi la même chose, j'imagine, chez les Insoumis, on a vu des gens qui sont barrés.

42:55
Présentateur

Complètement. Mais d'ailleurs, c'est intéressant, je trouve ça d'autant plus intéressant de voir effectivement beaucoup de personnalités politiques qui sont gênées aux entournures quand il s'agit de parler du taux d'abstention parce qu'ils sont parfaitement conscients parce qu'ils ont une part de responsabilité eux aussi. Alors il ne s'agit pas de dire que c'est toi, Michel, petit député du Loir-et-Cher, qui est responsable à toi tout seul du taux d'abstention, mais collectivement, en fait, vous y participez par vos jeux, par vos sorties et aussi par l'image que renvoient certains politiques. Et ça, avec les régionales, c'est l'affaire Big Malion.

Nicolas Sarkozy, un ancien président de la République, traduit en justice. Il a déjà été condamné une première fois dans le cadre d'une autre affaire de financement de campagne électorale à six mois de prison avec sursis. À six mois fermes, pardon, il a fait appel de sa décision et là, il est à nouveau devant les tribunaux actuellement dans le cadre de l'affaire Big Malion. Est-ce que tu suis, toi, les affaires judiciaires des politiques ?

43:45
Invité

J'avais pas mal suivi l'affaire Le Valois-Péret, notre ami Balkany, bien sûr, parce que j'avais trouvé ça passionnant, très intéressant. Cette histoire de petit riad au Maroc qui n'était qu'une cabane, finalement. J'avais suivi ça, mais après, beaucoup moins l'histoire Big Malion avec Nicolas Sarkozy, mais on en discutait un tout petit peu en off pour le coup. C'est vrai que moi, Sarkozy, c'est le premier président. Mais oui,

44:07
Présentateur

on en parlait d'ailleurs avant l'émission. Notre génération, c'est notre premier président.

44:10
Invité

C'est ça, parce que je vous souviens, je suis au collège, lycée, un truc, dans le collège. Du coup, c'est notre premier président, tu vois, où effectivement, je sais qu'avant, il est à l'intérieur et puis après, il devient président. Donc, du coup, c'est assez particulier. Mais je pense que je vivrais autrement cette histoire si j'avais voté pour lui, si j'avais suivi son parcours politique, si j'avais été, tu vois, alors que là, finalement, je le connais jeune et je le vois changer et arriver dans autre chose.

Tu vois, si un homme politique venait, tu vois, si Emmanuel Macron, par exemple, venait arriver à avoir des affaires comme ça, peut-être que je le vivrais un peu autrement et que je le suivrais d'un autre regard, tu vois.

44:44
Présentateur

C'est intéressant. Vous aussi, ça vous rappelle des souvenirs de Nicolas Sarkozy, le fait qu'il soit présenté parce que Sarkozy, il est parti sans jamais être parti. C'est un peu la particularité de ce bonhomme quand même. Il a une place significative.

44:54
Invité

Il a une place particulière dans le paysage politique français et puis il place ses pions. Il a une influence qui, moi, m'échappe un peu, c'est vrai. Et puis, pour répondre à ta question initiale, moi, j'ai bien suivi ses affaires, clairement, et je précise qu'il a été condamné à deux ans de prison, pardon, trois ans de prison en fait, dans l'affaire Bismuth, dont un ferme. Pourquoi j'ai dit six mois ? Ah non, c'est ce qu'ils ont demandé pour... C'est la roquette du procureur. J'aimerais bien rappeler quand même qu'il est plus ou moins mouillé dans une douzaine d'affaires. Ce qui est quand même incroyable pour une personnalité politique. Mais alors... C'est beaucoup, pour...

Oui, c'est pas mal. Du coup, je pense que... Je ne sais pas comment ça. Oui, c'est pas mal. On t'applode du panique. C'est assez sérieux. Il faut rappeler aussi que Chirac aussi a été condamné, que si la justice avait... Non, non, non. Ça, c'est exceptionnel pour le coup. Oui, je ne sais plus. Il a quand même été condamné et en vrai, il aurait pu être condamné aussi pour d'autres trucs, mais bon, il était vieux, il a foutu la paix. Mitterrand aurait pu trouver des trucs aussi pour le condamné. Le gars, il est mort direct après la fin de son mandat.

On peut trouver des trucs, je veux dire, il y a un gros boulot à faire et je pense que ça aussi, ça participe du tous pourris, du machin, c'est que quand tu regardes dans les faits, en effet, il y a des affaires, il y a des trucs, il y a des magos.

46:00
Présentateur

Pour autant, tu vois, je trouve qu'il y a quand même un paradoxe derrière ça que je trouve très intéressant, c'est que paradoxalement, ça va mieux sur le fond des affaires justement parce que maintenant, on est au courant et maintenant, les affaires sortent. Si les affaires sortent, c'est parce que par rapport aux années Mitterrand, etc., maintenant, on a des journalistes qui ont un courage énorme de sortir des affaires, etc., et qui font un travail gigantesque. Il y en avait déjà à l'époque de Mitterrand. Oui, mais je ne sais pas comment te dire, il y a aussi des règles, il y a aussi des lois. Mais il y avait déjà Edoui Plenel qui était au Monde.

Oui, il y avait déjà la cellule investigation du Monde, évidemment, mais je ne sais pas comment dire, mais il y a aussi des magistrats qui ont le courage de poursuivre, d'aller au bout des affaires, etc. Oui, il y a une ambiance qui a changé,

46:38
Invité

t'as raison.

46:39
Présentateur

Je prends l'exemple parce que j'en avais énormément parlé en stream de l'affaire de Jean-Paul Delevoye, par exemple. Jean-Paul Delevoye, il a caché des trucs, etc. Mais c'est intéressant parce que si Jean-Paul Delevoye a été dégagé de la scène politique, c'est parce qu'il n'a pas déclaré son patrimoine, ses conflits d'intérêt au sein de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique. Le simple fait que ce truc-là existe, c'est une nouveauté. Et c'est pour ça qu'il est tombé. C'est-à-dire que dans les années 90, il serait resté encore très très longtemps.

47:01
Invité

Avant qu'on s'en rende compte. Avant qu'on s'en rende compte. Non, c'est pas encore usul. L'achat TVP, ça a été créé après l'affaire Cahuzac.

47:07
Présentateur

L'affaire Cahuzac. Les socialistes, à ce moment-là, avaient pris des décisions.

47:09
Invité

Qui n'y en bloc, n'y en bloc, n'y en bloc. Et pendant ce temps-là, il est quand même resté des mois et des mois au gouvernement. Je crois que tu te rapproches de ton micro-là. Je me souviens d'années 90, dans lesquelles il fallait mettre à plat aussi les règles de financement des partis politiques parce que pendant longtemps, on a financé les partis politiques un petit peu n'importe comment. Et bon, il a fallu mettre à plat, il a fallu que quelques-uns payent dans les années 90. Et ça choquerait aujourd'hui, mais il y en a qui ont fait de la prison. Pas mal. Dans les années 90. Aujourd'hui, qui fait de la prison ? Balkany un petit peu ? Ouais, peut-être. J'espère que Sarkozy va.

C'était pas l'une de ses défenses principales ? Balkany a son procès. C'était lui pris pour les autres et du coup... Ah bah, toujours. Là, en l'occurrence,

47:49
Présentateur

il n'y avait pas grand-chose, grand monde d'autre que lui. Oui, mais oui.

47:52
Invité

C'est son avocat qui disait en mode...

47:54
Présentateur

Ah oui, mais c'est... On avait quelqu'un qui est l'actuel d'ailleurs garde des Sceaux, mais oui. Ah voilà. Tu comprends, moi, effectivement,

47:59
Invité

il n'y a pas pour les autres. Comme tout le monde à l'époque, finalement. Donc, il était pris dans un système. Balkany, c'était pas le maillon d'un système plus gros. Balkany, c'était un système à lui tout seul. Un gros maillon à lui tout seul. Donc bon. Ok, d'accord. Après, c'est par exemple, Juppé avait été condamné aussi, il me semble. Oui, oui, bien sûr. Il était entre autres.

48:14
Présentateur

Mais il était revenu plus tard. Est-ce que vous pensez que Nicolas Sarkozy peut revenir ?

48:17
Invité

Oui, oui, oui, c'est sûr. Comme tu le disais, il n'est jamais vraiment parti. Alors, il a une aura qui est encore présente pour plein de raisons. Je veux dire, déjà, les anciens présidents, de fait, restent importants. Ça reste des influences. Et c'est pas valable qu'en France. On voit encore l'influence que peut avoir Barack Obama, par exemple, sur les élections américaines, sur les dernières élections. C'est assez intéressant. Donc, il y a toujours ça. Et il faut savoir que, finalement, Nicolas Sarkozy, effectivement, n'a jamais trop lâché le pouvoir. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a un pion au sein du gouvernement qui s'appelle Gérald Darmanin.

On sait qu'il y a des dialogues qui se font directement avec l'Élysée. Enfin, il est très, très, très présent.

48:52
Présentateur

Mais il est très présent. Et d'ailleurs, il y a quelqu'un dans le chat qui disait qu'il a une fanbase de ouf. En plus, Nicolas Sarkozy reste une personnalité politique à droite extrêmement puissante, extrêmement marquante parce que la droite, son camp, la droite du gouvernement, la droite républicaine, n'a jamais réussi à se relever après Nicolas Sarkozy. Quand Nicolas Sarkozy a quitté le pouvoir en 2012, ils se sont pétrés dans le copé Fillon qui s'est très mal passée. Par ailleurs, il y avait quand même eu le Sarkoton entre-temps, etc. Ensuite, ça s'est très mal passé la campagne présidentielle de 2017.

Et Nicolas Sarkozy reste pour beaucoup d'électeurs de droite le dernier grand homme de droite. Et tous les autres ne valent pas le coup. Et ça, je trouve ça très intéressant parce que ça dit quelque chose politiquement. S'il y avait... Parce que la droite fonctionne beaucoup comme ça, par champions, par légitimistes, par impartistes égaulistes. C'est leur manière à eux de fonctionner.

49:37
Invité

Je sais que mes grands-parents qui étaient plutôt de ce bord-là étaient bien Sarkozy parce qu'il incarnait un truc un peu fort aussi. Il avait une personnalité... Très verticale. Voilà, c'est ça. Et donc, c'est vrai que ça parle encore à beaucoup de gens, effectivement. Oui, tout à fait. C'est un peu ce qu'incarne Macron dans une certaine mesure aussi.

49:52
Présentateur

Alors qu'à gauche, il existe moins cette aura du retour du champion. Et Lionel Jospin ? Je ne sais pas qui a le retour de François Hollande. Non, Lionel Jospin.

49:58
Invité

On attend le retour de Lionel Jospin.

50:00
Présentateur

On l'attend toujours. Lionel, si tu nous écoutes. Non, je ne sais pas. À gauche, on a moins ça. Enfin, je dis qu'on a moins ça, mais on a déjà eu l'occasion d'en parler. Il y a quand même un délire autour de Taubira. Il y a un espèce de... Oui, c'est vrai. Non, non, mais il y a un substrat du retour du Deus ex machina qui va réussir à régler à lui ou à elle toute seule. Oui, et puis il y a un délire

50:14
Invité

autour de Mélenchon, quand même. On ne va pas se mentir.

50:17
Présentateur

Oui, mais ce n'est pas un retour, Jean-Luc Mélenchon. Ah non, ce n'est pas un retour,

50:20
Invité

c'est sûr, mais il y a quand même sa personnalité est centrale dans le mouvement de la France insoumise. Et c'est moins vrai au PS. Il n'y a personne. Je veux dire, Olivier Faure est bien gentil, mais il n'a pas du tout cette capacité à fédérer autour de sa personne. Il n'a pas le côté retour, Mélenchon, parce que tu as l'impression qu'il a toujours été là. Oui, il a toujours été là, mais il s'est... L'éternel retour. C'est un peu ça. Il a su muer, en quelque sorte.

50:41
Présentateur

Il a su muer, effectivement, voire même se racheter une forme de virginité. Moi, j'étais très, très surpris de voir une nouvelle génération de jeunes qui tombaient des nus quand je leur apprenais que Mélenchon avait été ministre. de préciser des entreprises. Ah bon ? Mais très intéressant, tu vois, de dire oui. Pour vous, Mélenchon, c'est une extraction... Mais très intéressant. Il était sénateur socialiste pendant des décennies, évidemment. Mais bref... Oui, Mélenchon, c'est un chef. C'est un chef.

51:08
Invité

Pour le coup, c'est un chef. Mais ça a des avantages. Ça a des inconvénients, mais ça a des avantages. Et c'est vrai qu'à gauche, on n'aime pas trop les chefs. On n'aime pas trop les... Tu vois, les gens ont voté pour Benoît Hamon à la primaire socialiste. Le mec a un petit filet de voix qui ne fait pas peur. À côté, Mélenchon, il était là, il donne des ordres, il écoutait moins les gens. Alors attends, ça, c'est un sujet, quoi. C'est quand même l'aspect très genré de la politique. Et si tu veux qu'on en parle, on peut en parler. Est-ce qu'on doit continuer d'adopter ces codes très virilistes, très masculins ? On peut se poser la question.

Je dis que ça a des inconvénients parce que, notamment, à droite, ils aiment tous les chefs, les gens qui ont de la poigne et tout. À gauche, bon, il y a plus de réticence. On le voit encore aujourd'hui. Mélenchon, s'il parle trop fort, ça fait un peu peur. Mais il y a quand même des avantages, c'est qu'il a quand même accompli des choses extraordinaires en 10 ans, Mélenchon. À gauche, ouais. De 2008 à maintenant. Et parce qu'il a mené sa barque et qu'il doit avoir une manière de gérer ses groupes, de taffer, c'est un monstre. C'est des gros bosseurs, c'est certain.

52:03
Présentateur

Est-ce que tu penses, toi, Rivenzi, que les jeunes sont aussi en attente d'une personnalité politique forte pour sauver la situation ? Tu penses qu'il y a un effet de génération là-dedans ?

52:14
Invité

Ouais, je ne sais pas. C'est vrai qu'il y a beaucoup de jeunes qui avaient voté pour Mélenchon aux dernières élections, effectivement. Obama. Ouais, tu vois. Est-ce que c'est une nouvelle personnalité puisque les jeunes votent plus pour Macron ou quoi ? Alors qu'il est finalement assez nouveau dans le jeu politique. Je ne sais pas si c'est ça ou si c'est un pas vers eux. Tu vois, plus une offre politique différente avec un truc qui leur parle. Parce que finalement, c'est vrai que, et vous l'avez dit en intro d'émission, c'est vrai que quand tu parles de politique, tu as quand même rapidement l'impression que tu t'élèves à un niveau très élitiste ou quoi.

Enfin, c'est vrai que moi, les premières fois où j'arrive à la fac et on parle de politique, je suis en mode « oh, je suis perdu ». Et j'ai 18 ans, tu vois, et je suis en mode et je n'ai… Parce qu'il n'y a rien qui m'a éveillé à ça. Non, mais moi, j'en parle pas avant. Et ça, c'est un vrai problème. Donc, en fait, c'est plus le fait que c'est un océan où tu es un peu perdu. Et où tu ne sais pas… Enfin, voilà, tes parents… On t'explique les institutions politiques. Qui sont sa droite, soit de gauche. Donc, du coup, tu as plus ou moins des idées préfètes sur telle ou telle chose. Oui, puis tu ne sais pas comment fonctionne le Parlement. Tu ne sais pas à quoi sert le président.

Et puis, c'est parce qu'il y a l'Union Européenne. Et puis, tu as les discussions en famille. Je ne sais pas à mon chose. Si, mais si, c'est fondamental. Et puis, tu as les discussions en famille pendant la déprésidentielle où ça se prend un peu le bec. Et puis, voilà quoi, tu vois. Sur les opinions politiques, le plus marquant, c'est que je crois que c'est… Je n'ai plus les chiffres, mais je crois que c'est un sur dix. Il n'y a qu'un gamin sur dix qui ne vote pas comme ses parents.

53:24
Présentateur

Ah non, mais le vote familial en France, c'est un mouvement majeur, effectivement. Et ce n'est pas absurde. D'ailleurs, il y a des unités culturelles, sociologiques. Voilà, oui. Et ce n'est pas grave. Si vous votez comme vos parents, ce n'est pas grave en soi. C'est même plutôt normal. En vrai, c'est même plutôt habituel. Ils ont transmis des valeurs.

53:39
Invité

Parce que tu vois, je pensais qu'il y avait un côté un peu défiant, tu vois, en mode, mes parents, ils sont comme ça. Du coup, je vais voter contre eux. Tu vois, il y avait un petit côté rebelle. Je me disais peut-être que tu allais… Ça arrive. Mais c'est comme les poissons volants, quoi. Ça existe, mais ce n'est pas la majorité.

53:54
Présentateur

Ça parlait politique, toi, à table, quand tu étais jeune ?

53:58
Invité

Oui, oui. En gros, j'ai une partie de ma famille qui est plutôt communiste de gauche et une autre partie qui est plutôt RPR, etc. C'est cool. Mais après, ça s'entendait plutôt bien. Plutôt famille de commerçants et famille plutôt ouvrier et tout. Ce qui fait que j'avais plusieurs sons de cloche. Ça parlait un peu politique. Mais après, on n'a jamais été très politisés. Je n'ai aucun grand-parent ou parent qui a été… Ah, peut-être grand-parent encarté, peut-être. Mais pas très peu. On en a finalement assez peu parlé. C'était plus des réflexions à table quand j'étais chez mes grands-parents, quand on regardait la télé, qu'il y avait les infos, etc. Tu vois, je me souviens…

Le coup de Karcher, je crois que j'étais avec mes grands-parents. Le coup de Karcher de Sarkozy, tu vois. Et c'est vrai que moi, j'étais en mode OK. Et du coup, je n'avais pas eu des réflexions en mode « Quoi, il a dit quoi ? » Alors que, tu vois, de l'autre côté de la famille, il s'arrêtait en mode « Waouh, il vient de dire un truc, c'est fou. » Donc, c'était plus le retour des actualités du 20h qu'on regardait parfois à la télé qui faisait planer un truc un peu politique au-delà des conversations, tu vois, qu'on pouvait avoir en repas de famille.

54:58
Présentateur

Dernier sujet qu'on voulait aborder ensemble, quand même, c'est une ambiance en ce moment, spécifiquement sur une catégorie de la population, qui sont les jeunes. Je ne sais pas ce que tu en penses, Rivenzi, mais là, ces dernières semaines, ces derniers jours même, il y a quand même une ambiance assez délétère qui, évidemment, le clin d'œil, il y a Antoine Daniel qu'on embrasse. Il y a quand même une ambiance assez délétère autour des jeunes. Je pense au baccalauréat, nouvelle formule, et puis la réforme du bac, le grand oral du bac qui s'organise dans des conditions très compliquées suite à la crise du Covid. Les enseignants en témoignent.

Il y a aussi les images qu'on a vues de la fête de la musique où des jeunes ont été chassés, et même ces derniers jours, en fait, ça continue. Les jeunes n'arrivent pas à se rassembler pour faire la fête comme on avait pu le faire par le passé. Est-ce que tu trouves que c'est plus dur d'être jeune en 2021 qu'en 2020, qu'en 2019, qu'en 2018 ?

55:45
Invité

Moi, c'est sûr qu'avoir traversé cette période en tant que jeune, c'est sûr que ça doit être quelque chose d'assez terrible. Parce que je le vis au travers d'amis qui sont désormais professeurs d'histoire et qui me racontent, évidemment, ce que c'est. Et puis, je discute évidemment que la plupart des historiens sont professeurs. Donc, évidemment, il y a un truc où c'est très dur d'être jeune aujourd'hui. Et je suis bien content d'avoir été quelques années avant. Mais après, je ne sais pas, pour revenir sur le grand oral, c'est vrai que je trouve que c'est une bonne idée en tant que telle.

Après, je ne sais pas si c'était au bon moment parce qu'évidemment, tout le contexte fait que c'est horrible de demander à des gens d'être en présentiel alors qu'ils, pour la plupart, ne l'ont pas été de toute l'année. Mais évidemment, cette détresse, tu la sens, moi, de manière très indirecte sur mes lives parce qu'évidemment, il y a beaucoup de jeunes qui regardent Twitch et du coup, qui te disent merci, ça fait plaisir dans cette période compliquée, etc. Mais je pense que je n'ai aucune manière de me rendre compte à quel point c'est difficile au-delà des témoignages d'amis parce que je pense qu'il faut le vivre pour comprendre à quel point c'est dur en ce moment.

56:50
Présentateur

Usul et Léa, vous trouvez qu'il y a, je ne sais pas, il y a un souci avec la jeunesse actuellement ? Oui, elle fait chier.

56:58
Invité

Oui, c'est toujours. Ils cassent les couilles, les arrêtent la roque souvent. Ils veulent des transports gratuits, ils veulent de la bouffe. Ils veulent garder leurs mains quand ils vont faire des fêtes. Non, mais c'est ça. Et leurs sons. Ils ne veulent pas

57:11
Présentateur

se faire détruire leurs enceintes. Non, non. Est-ce que les jeunes sont sous-investis politiquement ? Parce qu'ils s'abstiennent peut-être ? Je n'en sais rien, je tente l'explication. Non, ils s'investissent de plein d'autres manières.

57:22
Invité

Pour reprendre la fête à Redon sur laquelle j'ai fait un peu d'humour noir, mais en vrai, c'est très significatif politiquement. C'est quoi ? J'avoue, je n'ai pas trop compris. Vas-y, tiens, j'ai vu l'explication. Il y a eu une fête, un genre de technival, un genre de truc un peu sauvage, je ne sais plus comment on dit maintenant, free party un petit peu. C'est organisé entre Nantes et Rennes. Les flics ont débarqué direct. Ça a été une nuit d'affrontement dans le noir avec plus d'un millier de grenades lacrymaux qui ont été jetées. Pendant la fête de la musique ? Oui, oui, oui. C'est ça, oui. Pendant le soir, oui. Près d'un millier de lacrymaux qui ont été jetés. Il y a eu des blessés.

Il y a eu des blessés, évidemment, aussi du côté des gendarmes parce que les autres ont répliqué, ils ont aussi lancé des trucs. Ça a vraiment été une nuit d'affrontement. Il y a un jeune qui a littéralement perdu sa main à cause d'une grenade qu'il a dû ramasser ou un truc comme ça ou qui a explosé trop près de sa main. Voilà la fête de la musique. Voilà quand les jeunes veulent, après un an et demi de privation de liberté de ce qui fait le sel aussi de la jeunesse et ces moments de rencontre où on se lâche, ces moments initiatiques où on va avoir, y compris, voilà. Bon, on leur envoie les flics alors qu'on laisse les gens à Roland-Garros jouer les prolongations à la finale.

58:29
Présentateur

Mais d'ailleurs, c'était intéressant, effectivement, cet épisode-là de la demi-finale de Roland-Garros qui a continué pendant qu'au même moment le couvre-feu était imposé. C'était la demi-finale, ouais. Pendant que le couvre-feu était imposé au même moment en place des Invalides. Alors pour les non-parisiens, les Invalides, en fait, c'est un quartier dans Paris où il y a des grandes pelouses et c'est vrai que c'est un... Mais c'est historique. C'est un lieu de rendez-vous des jeunes où on s'assoit en tailleur, on fume des clopes, on voit des mauvaises bières. Enfin, généralement, ça a été les années lycées. C'est symbolique.

En fait, évidemment, on parle d'une soirée par-ci, par-là, mais c'est symbolique et ça vient couronner une période très difficile. Rappelez-vous, on en parlait déjà en janvier dernier, les jeunes qui, à ce moment-là, faisaient la queue à l'aide alimentaire.

59:09
Invité

C'est aussi difficile, tu vois. Moi, j'étais à Repu quand ils ont chargé le soir de la fête de la musique et qu'il y avait des gens qui étaient obligés de courir parce qu'il y avait des policiers qui débarquaient et qui les dispersaient. Franchement, c'était une sale ambiance, quoi. Enfin, c'était pas symbolique, là. C'était violent, dur et ça laisse des mauvais souvenirs. Et c'est pas... Et par ailleurs, après, on a Macron qui invite McFly et Carlito, qui invite Justin Bieber et compagnie pour essayer de draguer cette jeunesse mais qui ne parle pas à cette jeunesse et qui ne fait aucun effort. Je veux dire, on parle du RSA jeune, c'est passé à Trappes.

Qu'est-ce qui a été fait pour les jeunes récemment ? Il te répondrait qu'il y a le passe culture,

59:46
Présentateur

qu'il y a...

59:46
Invité

Ouais, super.

59:48
Présentateur

Il te répondrait qu'il y a eu un jeune une solution. Enfin, tu vois, il te répondrait que des dispositifs sont mis en place pour accompagner les jeunes.

59:54
Invité

Est-ce que ça fonctionne ? Est-ce que les jeunes sont moins dans la merde aujourd'hui ?

59:58
Présentateur

Je pense que c'est... Symboliquement, ça fonctionne... En tout cas, c'est moins spectaculaire. Ça, c'est certain. Ça, c'est absolument certain.

1:00:03
Invité

Non, mais c'est quand même très symbolique quand même d'envoyer les flics sur la jeunesse. Alors même que... Là, ils font pas de manif, là. Là, ils demandent... C'était pas... Ouais, on bref des coups, ouais. Ok, ok, ouais, faire... Il y a eu des violences, quand même. Faire une free party, il y a quand même un côté un petit peu politique parce que tu crées un espace de résistance aussi parce que c'est interdit. Il y a le côté on brave l'interdit. Mais ça, c'est normal. Ça fait partie de la construction de la jeunesse que de braver quelques interdits. Et là, c'est relativement pas très grave. Ils sont dans un champ, ils dansent. Bon, ça va comme... Voilà, comme audace. Ça va ?

Tu peux faire une petite marche de tolérance, quoi. Bah non, non. On leur tape sur la gueule, quoi. On est vraiment dans une époque assez inquiétante.

1:00:41
Présentateur

Si je faisais le truc un peu cliché, arrivé que je te disais est-ce que t'as un truc que t'aurais envie de dire aux politiques ? Un message à faire passer.

1:00:50
Invité

Un message à faire passer. C'est tellement dur. C'est... Tu me dis dans une situation que j'avais... Non, non, t'es pas obligé. Non, non, t'es pas obligé. Non, t'es pas obligé. Non, t'es pas obligé. Un message à faire passer aux politiques. Non, je... C'est compliqué. Alors moi, je parle évidemment de l'histoire pour ce qui est de mon cas parce que c'est un sujet que je connais un petit peu mieux. C'est dur d'être historien aujourd'hui quand même parce que moi, l'épisode politique qui m'a le plus marqué, c'est évidemment que le gouvernement reprenne le terme islamo-gauchiste pour parler de chercheurs d'histoire. C'est quand même... J'ai été...

J'ai été atterré parce que pour être au contact avec eux, pour discuter avec eux, pour avoir écouté leurs cours, je suis en mode mais waouh, c'est tellement difficile d'utiliser un terme qui pourtant n'a pas vraiment de sens pour des gens qui sont des chercheurs qui, tu vois, mettent des années à essayer de créer... Enfin, tu vois, être chercheur, c'est pas essayer de vouloir mettre en avant ses convictions, c'est mettre parfois de côté ses convictions. C'est d'ailleurs la première chose qu'on fait quand on est dans un cours d'histoire, c'est... Sachez qu'évidemment, vous êtes à la recherche d'une certaine objectivité. C'est pas...

Les historiens écrivent l'histoire mais évidemment, c'est pas les vainqueurs. Donc, il faut faire confiance aussi à ces gens-là. Il existe aujourd'hui, évidemment, une histoire qui est engagée. C'est plus... On parlera plus de mémoire à ce moment-là. On avait discuté un petit peu. C'est-à-dire qu'autant les mémoires sont vivaces, les mémoires de l'Algérie, évidemment, aujourd'hui encore. Mais l'histoire, elle, pour le coup, est une science, pour le coup, une science qui tend à être... qui s'interdisciplinarise. Donc, on va chercher donc des ethnologues, on va chercher... aussi, on va discuter avec des géologues aussi.

Donc, le but pour l'histoire, c'est évidemment de créer un endroit de dialogue et d'inscrire aussi et d'avancer et de parfois faire aussi parfois le miroir de notre société. Mais l'historien n'a pas envie de faire de la... n'a pas de but à aller défendre des opinions. Voilà. Il y a des mémoires pour ça aujourd'hui. Il y a de la place, évidemment. On peut faire appel à la mémoire qui a fait beaucoup parler lors des dernières élections, à la mémoire de l'Algérie encore, qui est encore très vive. C'est encore des matériaux qu'on appelle chauds en histoire. Mais voilà.

Entendre le truc, le terme islamo-gauchiste pour parler des universitaires, notamment des universitaires du CNRS, ça faisait un petit peu mal à entendre parce qu'on peut se tromper, évidemment, dans les analyses historiques. On va contredire. Mais évidemment, même dans les mathématiques, on remet en cause certaines choses bien des années plus tard. Newton a été remis en cause par Einstein. On remettra en cause très certainement des historiens aujourd'hui dans quelques années. Mais voilà. Donc, c'est ça qui m'a fait un petit peu mal. Mais c'est très intéressant, en tout cas, merci Rive

1:03:19
Présentateur

de nous avoir parlé de ça. On va enchaîner sur la séquence suivante, les amis, avant de retrouver notre invité politique qui viendra tout à l'heure. On a un petit quiz à la con qu'on va faire chaque semaine, mais tu restes avec nous. C'est parti pour le quiz à la con. Je ne sais plus si on a un bumper ou si on a un... Ouais, incroyable. Qu'est-ce qu'il est beau. Alors, les amis, le jeu est très, très simple. Je vais vous poser des questions. Vous allez avoir le choix entre quatre réponses. Vous devez essayer de trouver la bonne réponse. Ça a le mérite d'être clair. Le tchat ne pourra pas jouer encore aujourd'hui.

On est encore en train de paramétrer le bordel, mais ça arrivera dans les semaines prochaines. Le tchat, vous allez jouer avec nous. On va commencer avec la toute première question. La première question de ce quiz à la con si vous êtes prêt en régie, c'est Jean Castex a le même âge que qui ? Ah, je sais.

1:04:06
Invité

Ouais, moi aussi. Mais non.

1:04:08
Présentateur

Est-ce que c'est... Ah oui, mais je crois que j'ai entendu un truc là. Robert Donnet Junior ? Je crois qu'en régie, ils sont en train de paniquer de chercher le bon... Mais c'est bon, c'est la première. Ça va, c'est tranquille.

1:04:17
Invité

Attends, c'était qui ? Attends, il y avait Robert Donnet Junior ?

1:04:19
Présentateur

J'en profite. Tout petit souci d'affichage, vous inquiétez pas à la régie, je vous embrasse, il n'y a pas de problème. J'en profite pour dire qu'il y a déjà 11 600 euros sur le Ulule. C'est énorme. Merci beaucoup du fond du cœur à toutes les personnes qui ont donné. Vous êtes plus de 11 600 à regarder ce stream. Si chacun donne 5 balles, on peut financer un an de backseat chaque semaine. Vous vous rendez compte ? Je vous fais confiance. Allez sur le Ulule, vous avez le lien dans le tchat qui va vous être partagé par les modos incessamment sous peu. Du coup, la question, c'est bon, elle s'affiche. Incroyable. Jean Castex. Il ne faut peut-être pas qu'on regarde le tchat, nous, Léa.

1:04:49
Invité

Ah non, non, non.

1:04:49
Présentateur

On ne regardait pas le tchat. Je pense que ça a donné les infos. Avril Lavigne. Jean Castex a le même âge que qui ? Robert Donnet Junior. Brad Pitt. Réponse B. Moi, je cache. Madonna. Réponse C. La jeune Madonna. Et Booba. Réponse D. B2O.

1:05:05
Invité

Moi, j'hésite entre Donnet Junior et Brad Pitt, mais il me semble que c'était un acteur américain. Effectivement.

1:05:08
Présentateur

Alors, il va falloir que vous me donniez une réponse, les amis. B. La réponse B. Donc, Jean Castex aurait le même âge que Brad Pitt, selon toi. B aussi. B aussi. Eh bien, je vous révèle que la bonne réponse, c'était la réponse. Ah, Robert Donnet Junior.

1:05:22
Invité

What ? Oh, la dingue.

1:05:23
Présentateur

Jean Castex a le même âge que Robert Donnet Junior. Il est né en 1965. T'es sûr que ce n'est pas Brad Pitt ? Sur Twitter, j'ai vu Brad Pitt, moi, le 3. Brad Pitt a 57 ans. Brad Pitt est plus vieux que Jean Castex. Ah, c'est peut-être ça. Il y avait un piège. Madonna, il n'est pas aussi beau, mais il est plus vieux.

1:05:37
Invité

Jean Castex, c'était le petit Brad Pitt, quoi.

1:05:40
Présentateur

C'est son petit gars, quoi. C'était le petit, exactement. Il lui voit laissé ses bonbons, quoi. Je suis sûr que dans le chat, il y en avait plein que s'était planté. Eh bien, on en apprend tous les jours dans Maxite, c'est incroyable. Allez, la deuxième question, c'est parti. Fin 19e siècle, quel sport pouvait-on pratiquer sur la belle pelouse de l'Elysée si on était genre politicien ou influenceur et invité à sa garden party ? La réponse A, c'est pas de sport, juste un concert de métal. De la chasse à cour à l'ancienne. Un jardin. Réponse B. Ah, c'est un grand jardin. Réponse C, du tennis sur gazon, British style. Et réponse D, du badminton version chic, petit polo, casquette visière.

J'ai envie de croire. Fin 19e siècle, dans les pelouses, t'es déjà allé à l'Elysée, toi ? Non, jamais. C'est très joli.

1:06:26
Invité

Comment tu fais avec son soirée ? T'es déjà allé à l'Elysée, toi ? Non. C'est super. On peut faire des galices, concert de métal sur la pelouse. Toi, t'es allé à l'Elysée, Léa ? On n'a pas demandé à Léa. Une fois, oui.

1:06:36
Présentateur

Et toi, Jules, t'es déjà allé à l'Elysée ?

1:06:37
Invité

Mais évidemment que non.

1:06:38
Présentateur

Je n'en sais rien.

1:06:39
Invité

T'aurais pu être invité. Mais pour qui ? Maintenant, les influenceurs, ils ont portes ouvertes. Par qui je serais invité à l'Elysée ? Par qui je serais invité à l'Elysée ?

1:06:45
Présentateur

Alors, j'ai envie de croire en badminton version chic, petit polo casquette visière. Alors, le badminton à la fin du deuxième siècle sur les pelouses de l'Elysée. J'ai envie d'y croire.

1:06:53
Invité

Moi, je dis tennis.

1:06:55
Présentateur

Et toi, tu dis tennis sur gazon.

1:06:57
Invité

Oui, tennis sur gazon aussi.

1:06:58
Présentateur

Tennis sur gazon. Tennis sur gazon. Tennis sur gazon. Tennis sur gazon. 19ème. Très bien. Eh bien, vous avez tous les trois raisons. Puisqu'en fait, les deux sports étaient pratiqués à la fin du deuxième siècle. On faisait du petit tennis sur gazon ainsi que du badminton. D'ailleurs, c'est la reine Victoria qui a lancé dans les années 60 le concept de garden party. Et ça a été repris en France à la fin des années 80.

1:07:15
Invité

D'où l'idée la garden party de l'Elysée ?

1:07:17
Présentateur

Absolument.

1:07:19
Invité

Oui, on ne dit pas la teuf ou le barbecue à l'Elysée. On dit garden party.

1:07:22
Présentateur

On remercie la reine Victoria, évidemment, qui nous écoute, qui a inventé ce truc-là. Moi, je n'ai jamais été invité à une garden party à l'Elysée. Oui, mais c'est bon. T'as déjà fait une garden party à l'Elysée ? Tu veux y aller ? Tu sais, comme sur les plousses des Invalides, on se pose en rond, et puis on boit des bières, on fume des clubs. Moi, je suis chaud. Allez, la question suivante, les amis. Qu'est-ce que Montbatten Winsor ? Qu'est-ce que Montbatten Winsor ?

1:07:45
Invité

Imagine, assis dans la plouze de l'Elysée, creuser pour faire un petit sandard.

1:07:49
Présentateur

Je suis trop chaud. Qu'est-ce que Montbatten Winsor ? Est-ce que c'est le prénom du chien de Margrette II, la souveraine du Danemark ? Oh là ! Est-ce que c'est le véritable nom de famille de la reine d'Angleterre ? Est-ce que c'est le coiffeur londonien prestigieux qui s'occupe de Boris Johnson ?

1:08:04
Invité

Pardon !

1:08:05
Présentateur

Est-ce que c'est le photographe réputé du portrait présidentiel de Joe Biden ?

1:08:10
Invité

C'est la B pour moi. Moi aussi, j'aurais dit B.

1:08:14
Présentateur

Winsor, c'est le nom de la famille royale en angleterre.

1:08:16
Invité

C'est un piège.

1:08:18
Présentateur

Eh bien, c'était la bonne réponse. C'est la réponse B, effectivement. Elle s'est mariée à Lord Mondbatten. Donc, Winsor Mondbatten. C'est son nom de famille absolument officiel.

1:08:28
Invité

Qui en gros, qui était relancé. Mais en fait, ils ont changé le nom au XXe siècle parce que ça sonnait trop allemand. Parce que sinon, c'était les... Les gens vont l'avoir dans le chat, mais j'ai un trou. C'était les... Je ne sais pas. C'était un nom allemand.

1:08:39
Présentateur

Mais par ailleurs, la famille de Mondbatten, effectivement, était... Il y a Habsbourg, c'était des Habsbourg. Très proche.

1:08:45
Invité

C'était des gens vont l'avoir dans le chat, mais... Saxbourg ? Oui, Saxbourg et Gotha. Et en fait, ça sonnait trop allemand. Ça sonne un peu allemand. Voilà. Et en fait, au lendemain de la Première Guerre mondiale, il fallait pas s'en aller trop allemand.

1:08:59
Présentateur

Donc, ils ont changé le nom. D'ailleurs, si vous n'avez pas fait, je vous invite à foncer, regardez la série The Crown. Tu l'as vu ? Non, je n'ai pas encore vu. Eh bien, écoute, pour un passionné d'histoire, c'est un cours d'histoire contemporaine sur la chute de l'Empire britannique, sur la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'installation, même d'ailleurs d'un point de vue purement politique, etc. C'est un petit bijou de série d'un point de vue politique que j'ai adoré. La question suivante. D'où vient l'image de l'explosion utilisée dans le montage Bayou-Pulvard-Ottin ? Très bonne question. Que Léo-François a fait. Je ne sais même pas de quoi tu parles.

Est-ce que vous voulez pour l'afficher ? Oui, pour l'afficher, oui.

1:09:32
Invité

Salutations à Léo-François. Qui s'en est pris plein la gueule. Le gars, c'est juste un petit journaliste, machin. Il a fait un petit montage pour rigoler. Je crois que Bayou l'a republié le montage. Il a republié rigolo. Et je ne sais pas si Bayou lui a demandé avant Léo. Je ne sais pas du tout. En tout cas, l'autre la republié. Et puis, du coup, après, l'autre s'y mangeait. Une bonne journée, je cherche. Je cherche Bayou-explosion. On me propose une autre explosion. C'est pas du tout bon. Explosion ! Bayou, tu vas le trouver, non ? On va aller sur Twitter. Les gens disent dans le chat, c'est approuvé par Baird. Voilà, je l'ai trouvé.

1:10:07
Présentateur

La régie, vous pouvez afficher mon ordinateur. Non, tu sais pas, j'aime besoin d'une... Un petit F11, ouais, un petit F11 des familles. Let's go. Ce sera plus joli. Je n'arrive pas à voir les propositions. C'est écrit trop petit. Je suis désolé.

1:10:18
Invité

Le petit trailer de Tenet.

1:10:20
Présentateur

Voilà, on parle de cette photo-là. Donc, c'est un montage qui a été publié, là, vous voyez, par la tête de liste, Julien Bayou, tête de liste écologiste au second tour pour l'élection régionale, avec à sa droite, Audrey Pulvar et à sa gauche, Clémentine Autain, qui sera notre invité politique tout à l'heure. Et Julien Bayou, donc, il a publié cette photo de l'union de la gauche qui claque. Et ça a fait beaucoup parler. La question que je vous pose, c'est d'où vient l'image de l'explosion, alors, que je retrouve. De Twitter. Est-ce que ça vient du premier trailer de Tenet ? Réponse A. Est-ce que ça vient de C'est pas sorcier sur les incendies ? Réponse B.

Est-ce que ça vient des Slow Mo Guys, les youtubeurs ? Vous connaissez les Slow Mo Guys ? Non. Tu connais pas les Slow Mo Guys ? Non, je connais pas les Slow Mo Guys. C'est une chaîne YouTube la plus suivie au monde. Et ils font que des Slow Mo sur plein truc. Ils s'amusent avec des caméras Slow Mo à filmer, des balles de fusil, des explosions. Un truc genre très satisfaisant à regarder parce que c'était du Slow Mo. Ouais, mais il y a plein d'explications, les mecs sont très sympas. Ok, ok, ok. Je t'invite à découvrir.

1:11:14
Invité

Et est-ce que c'est Rambo ? Mais on vous dit pas le combien tiens ? Alors, j'ai très envie que ce soit Rambo. Ouais, moi aussi. J'ai très, très, très envie que ce soit Rambo. J'ai très envie que ce soit C'est pas sorcier. Ah oui. Donc, Julien dit réponse B, C'est pas sorcier sur les incendies.

1:11:29
Présentateur

J'aurais une explosion comme ça. Et vous deux vous dites réponse D, Rambo, mais on vous dit pas la combientième. Eh bien, la bonne réponse, les amis, c'était la réponse C. Ça vient de cette chaîne YouTube, les Slow Mo guys. Ah non, la dingue ça. Ouais, ouais. Ils ont le droit. Ah, ils ont absolument certainement pas le droit, mais tu sais ce que c'est. Peut-être que moi, t'es sur Internet, on récupère les images, on s'en branle. C'est vrai, on s'en fout. Bisous, bisous, évidemment. Donc voilà, ça venait de là. Très bien. Allez, on continue avec la question suivante, on enchaîne. Complétez cette phrase de Nadine Morano. Oh oui. Ça commence bien. Oh oui.

Le vol, je cite, le vol de portable à l'arrachet n'existait pas avant. La mention du portable. Réponse A, que les portables existent. Oui, voilà. Réponse B, la montée en flèche de l'islamo-gauchisme. Oh non. Réponse C, c'est les Fortnite, Pokémon, Machin, Call of Duty et compagnie. Réponse D, jeudi dernier. C'est un classique.

1:12:18
Invité

Bon, je dirais A.

1:12:21
Présentateur

D'après toi, qu'est-ce qu'elle a dit ?

1:12:22
Invité

Ce soit A, j'aimerais tellement que ce soit A.

1:12:24
Présentateur

Et c'est la bonne réponse, effectivement. Croyable. J'ai eu la raison, c'est un classique. Il y avait quand même beaucoup moins de vols de téléphones portables avant l'avention des téléphones portables.

1:12:29
Invité

Si j'ai la réponse, je ne spoil plus avant.

1:12:30
Présentateur

C'est évité, c'est mieux. On est parodés. Il y en a plein qui avaient trouvé dans le chat.

1:12:35
Invité

Les vols de téléphones portables n'existaient pas avant les téléphones portables. Il fallait y penser. C'est pas très très bien. C'est comme les Japonais, ils sont japonais. Les Japonais, ils sont japonais. C'est qui qui avait dit ça ? C'était François Langlais. François Langlais.

1:12:51
Présentateur

Mélenchon. Très bien. Donc il y a un chroniqueur devant Mélenchon sur un plateau télé. Il avait dit « Ouais, mais les Japonais, ils sont japonais. » Mélenchon l'avait regardé en disant « Ah bon ? » « Ah, on en est là. » Les Japonais, ils sont japonais.

1:13:01
Invité

Pour faire redescendre la pression, Langlais.

1:13:04
Présentateur

Ça turbine, là-haut, l'anglais. Très bien. Parfait. François Langlais, tous les jours. Ok, alors la question suivante. Corinne Imbert et Bruno Belin sont deux sénateurs voisins dans l'hémicycle. Mais ils ont un autre point commun. Lequel ? Réponse A. Ils sont frères et sœurs. Réponse B. Ils sont voisins d'enfance. Réponse C. Ils aiment tous les deux le karaoké. Tout le monde aime le karaoké. Et réponse D. Ils se sont rencontrés à la fac.

1:13:34
Invité

C'est quand même le pire excuse pour crush quelqu'un que de dire « On t'aime leur karaoké ? » Mais moi aussi, j'aime leur karaoké. C'est fou ! On a tellement de points communs. C'est dingue. J'aimerais qu'ils soient frères et sœurs. Belin, oui. Mais il y a beaucoup de gens, je pense, en France, qui s'appellent Belin, à mon avis. Allez, on va dire frères et sœurs. Moi, je dis voisins d'enfance. Ouais. Rencontrés à la fac. Rivenzy, tu dis quoi, rencontrés à la fac ? Je dis frères et sœurs aussi. Tu dis frères et sœurs aussi ?

1:13:58
Présentateur

C'est la bonne réponse, les amis. Corinne Imbert et Bruno Belin sont frères et sœurs. Ils sont dans le même camp. Ils siègent tous les deux au sein du groupe Les Républicains. Au Sénat. C'est encore des gens qui votent comme leurs parents. Tu vois, on en parlait, le vote familial. C'est ça. J'imagine. Mon fils est sénateur. Ouais, mais moi, j'en ai deux au Sénat. Deux enfants au Sénat. J'en ai deux. Super. Ok, la question suivante, ce sera la dernière. Il existe un lien particulier entre Michel Rocard et Lionel Jospin. Oh là. Ils sont voisins d'enfance. Lequel est-il ? Celle-là, si je ne l'ai pas. Ils aiment le cara, ok, elle aussi. Réponse A. Ça va s'afficher bientôt.

Ils ont grandi dans la même ville. Réponse B. Ils ont un cousin en commun.

1:14:38
Invité

Donc, ils sont cousins ?

1:14:39
Présentateur

Non. Pas forcément.

1:14:41
Invité

Pas de seconde de vie, je ne sais pas. Un cousin en commun. Donc, forcément.

1:14:44
Présentateur

Non, parce que si c'est par du côté de la mère versus du côté du père, tu as une alliance chelou, un format témoin pour eux. Non, mais si, remarque, ça aurait du sens. Ça veut dire qu'il y a un grand-parent en commun.

1:14:54
Invité

Du coup, tu es un cousin éloigné, quoi, tu vois. Ouais. On demandera à Pierre-Jean Chalençon, il nous dira.

1:15:00
Présentateur

Donc, Michel Rocard et Lionel Jospin. Réponse C. Ils sont fans de basket, tous les deux. Ça me semble difficile. Ou réponse D. Ils ont été scout ensemble.

1:15:09
Invité

Je dirais C, parce que je crois qu'il est fan de basket, Jospin. Il n'a pas été président de club ou un truc comme ça à une époque. Jospin ? Je crois qu'il y avait un truc avec un club. Je sais qu'il fait du vélo sur l'île de Rome. Non, Jospin, il est full basket. Ouais, ouais, il est full basket. Son équipe universitaire est super grand. D'accord, ok, ok. Il est super grand ? Oui, grand, Jospin. À mettre combien ? Je ne sais pas, mais je crois qu'il est grand. Non, je sais. Tu rajoutes les cheveux ? J'avoue, on a des vidéos de lui en train de m'aquer. Ah, moi, j'ai une photo en tête de Jospin. J'ai plus de mal à voir Rocard faire du basket. Moi, je dirais le basket.

1:15:42
Présentateur

Quel est le lien particulier qui existe entre Michel Roquin et Lionel Jospin ? Est-ce qu'ils ont grandi dans la même ville ? Est-ce qu'ils ont un cousin en commun ? Est-ce qu'ils sont fans de basket ou est-ce qu'ils ont été scouts ensemble ?

1:15:50
Invité

Moi, je dis scouts. 1m80.

1:15:52
Présentateur

C'est plus grand que moi. Et quelle taille tu fais, toi ?

1:15:56
Invité

Pas beaucoup. Voilà, tu le regardes comme ça, je n'ose pas. Moins que je n'ose pas.

1:16:01
Présentateur

Donc, votre réponse, les amis ? Basket. Basket. Donc, réponse C, ils ont été fans de basket. Toi, tu dis ? Scoot. Réponse D, ils ont été scouts ensemble. Et c'est Léa qui a la bonne réponse. Ils ont été scouts ensemble. Ah. Si ce n'est pas mignon, ça. Scoot d'Europe ? Alors, je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse à ça. Est-ce qu'ils ont été scouts unitaires de France, scouts de France, scouts d'Europe ?

1:16:18
Invité

Ça, il y a plein de trucs sur les mouvements scouts. C'est vachement intéressant.

1:16:20
Présentateur

C'est super intéressant, le scoutisme, historiquement, d'ailleurs, comme mouvement d'éducation populaire.

1:16:24
Invité

Des scouts laïcs, des scouts cathos, des scouts anarchistes, des scouts... Ah, bien sûr, il y a même le scout wiki. Scoutopédia, l'encyclopédie scouts. Alors, au revoir. C'était quoi son petit nom, Lionel Jospin ? Au revoir. Chevrolet Agile. Chevrolet Maline. Alors. Ibboufuté. Hamster Érudit. Hamster Érudit. Je l'ai déjà lu, ça, en plus. Ah, non, c'était Rocard qui s'appelait Hamster Érudit. Mais, en fait, je crois que j'avais lu l'info... Langagile. Langagile, c'est pas vrai. Jospin ?

1:16:54
Présentateur

C'est hyper prédestiné, quand même, en vrai, quand tu penses. Langagile.

1:16:57
Invité

Ça joue la germe. Écléreur Unioniste de France.

1:17:00
Présentateur

Ils étaient chez les unionistes, d'accord. J'ai jamais entendu que... Écléreur, c'est laïc.

1:17:04
Invité

Je savais que Rocard, c'était le scoutisme et l'autre, le basket. Mais alors... Et Hamster Érudit, je l'avais déjà entendu. Langagile, pas du tout. Là, c'est tellement précis, Langagile. C'est parce que quand le mec devient politique derrière, tu te dis...

1:17:15
Présentateur

C'est spécifique. Quoi qu'il en soit, les amis, on arrive à la fin de cette première partie de l'émission. On va remercier chaleureusement Rivenzy d'avoir accepté. Je suis très heureux que tu sois venu, Rivenzy. Merci beaucoup de t'être livré un peu sur ton rapport à la politique.

1:17:27
Invité

Merci beaucoup.

1:17:27
Présentateur

J'espère que je n'ai pas dit trop de bêtises.

1:17:29
Invité

Absolument pas. Moi, mon verdict, c'est pour l'instant pas facho.

1:17:34
Présentateur

Non, et puis merci aussi d'avoir été le premier invité de cette émission. Je sais que c'était d'autant plus particulier.

1:17:38
Invité

Merci beaucoup. Je trouve ça cool que tu fasses ça, pour le coup, vraiment, à titre de... Voilà, moi, j'ai les premières élections présidentielles, vraiment, que j'ai suivies. J'ai suivi sur Acropolis. Ah, la grande époque d'Acropolis. Donc, je trouvais ça cool que tu essaies de mettre ça en avant. Et je trouve ça chouette que tu essaies aussi de passer par ce système-là. Donc, merci beaucoup de m'avoir invité pour cette première. Merci à toi. Il y a plein de cœur dans le chat pour toi.

1:17:56
Présentateur

On va marquer une page de pause, les amis, rapidement. On se retrouve ensuite avec notre invité politique de la semaine. Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Clémentine Autain, qui fait partie, du coup, de la liste de Julien Bayou pour le second tour de l'élection régionale en Ile-de-France. On a plein de questions à lui poser. C'est parti pour la pause à toutes. Salut à toutes et à tous. De retour sur le plateau de Baxit avec vous, les amis. Toujours très content de vous accueillir dans votre talk show d'actualité politique sur Twitch. C'est le premier numéro ce soir. Je suis très heureux. J'ai l'impression que ça vous plaît. Et ça, c'est vraiment super.

J'ai aussi l'impression que ça vous plaît, puisqu'on est déjà à bientôt 14 000 euros réunis sur le financement participatif, la page Ulule. Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont donné pour financer cette émission, pour financer ce projet d'une émission politique pour les jeunes à l'occasion de l'élection présidentielle. Ça fait super plaisir. On est dans la deuxième partie de l'émission. Et chaque semaine, avec Ulule et Léa, on souhaite recevoir une personnalité politique de premier plan. Quelqu'un qui va venir répondre à nos questions, à notre manière d'aborder l'actualité politique. Et cette semaine, en première invitée, nous avons l'immense plaisir de recevoir Clémentine Autain.

Bonjour. Clémentine Autain qui prend place autour du plateau de Baxit. Soyez la bienvenue. Merci encore une fois.

1:19:02
Clémentine Autain

C'est moi qui suis ravie en fait.

1:19:03
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation, Clémentine Autain. Vous étiez la tête de liste de la liste La France Insoumise au premier tour de l'élection régionale en Ile-de-France. Et vous avez fusionné les listes avec vos camarades écologistes et socialistes derrière Julien Bayou. Et là d'ailleurs, vous revenez d'un meeting.

1:19:20
Clémentine Autain

Exactement.

1:19:20
Présentateur

Juste avant, vous avez quitté le meeting pour venir nous rejoindre.

1:19:22
Clémentine Autain

Comment s'est passé ce meeting-là ? On était avec Audrey Pulvar et Julien Bayou. Dernier meeting de campagne d'entre deux tours où l'enjeu c'est la mobilisation notamment de celles et ceux qui ne sont pas allés voter dimanche dernier et qui pourtant peuvent partager nos convictions d'en finir avec cette droite régionale qui est quand même très réactionnaire, très libérale sur le plan économique et qui marche dans les pas de l'extrême droite. Et puis quand on vit d'un changement social, écologique, mais qui peut-être dimanche mernet était...

1:19:51
Présentateur

On en parlait dans la première partie de l'émission de ce taux d'abstention. Je me doute que pour les personnalités politiques comme vous, vous avez fait campagne régionale, vous pensez régionale depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois. De longs mois. Non mais j'imagine, voilà. Et le fait que 82% des jeunes ne se déplacent pas, vous le vivez comment ?

1:20:06
Clémentine Autain

D'abord en fait, ce n'est pas spécifique à cette élection-là parce que ça fait 20 ans qu'on a d'élection en élection une abstention qui est record. Donc à chaque fois, on bat des records, de record en record. Donc c'est structurel maintenant, c'est structurel et la pente est tout à fait terrifiante. Ce n'est pas en une élection qu'on va réussir à remonter la pente.

Ma position, qui est la position de ma famille politique, c'est que je crois que si on n'a pas une nouvelle république, c'est-à-dire à un moment donné un coup de tonnerre où on dit bon, ça ne va pas du tout, système institutionnel, il ne vous plaît pas, la politique telle qu'elle va ne va pas, les médias, il faut avoir aussi un travail pour les refondre, il faut changer la justice, il faut changer la démocratie dans l'entreprise. Voilà, une espèce de grand chambardement. Je ne vois pas comment on peut renouer un lien de confiance entre les jeunes et les moins jeunes et la politique et les institutions.

Et puis après, il y a aussi la gauche, parce que ce qui m'intéresse aussi, c'est nous, c'est-à-dire la déception, qui n'est pas non plus complètement nouvelle, mais qui s'est accélérée avec l'ère Hollande, où le mot gauche lui-même, je vois chez les jeunes générations, c'est que ça parle peu. Et ce n'est pas une promesse en soi, c'est-à-dire que le mot gauche n'ouvre pas un sésame, on se dit tiens, on voit ce que ça va être. Donc il y a tout un travail pour re-remplir le mot et que ça corresponde à des aspirations chez les jeunes. Alors les jeunes, ce n'est pas tous les jeunes, ce n'est pas la même chose. On dit les jeunes, mais les jeunes, ils ne pensent pas tous la même chose.

Il y en a qui sont très séduits par l'extrême droite, d'autres qui sont dans les manifs climat ou dans des jeunesses engagées diversement du côté de la solidarité. Bon, ce n'est pas tout à fait la même chose.

1:21:45
Présentateur

C'est intéressant que vous parliez de l'ère François Hollande et du mot gauche, parce que pour le coup, la France insoumise, et c'est les scores du premier tour des régionales, n'est plus une force centrale à gauche. C'est même plutôt redevenu le Parti Socialiste, qui s'en sort assez bien, quand même, dans ces régions.

1:21:57
Clémentine Autain

C'est plus compliqué que ça.

1:21:58
Présentateur

Dites-nous alors comment vous le voyez ?

1:22:00
Clémentine Autain

D'abord, nous, on est un mouvement très récent, donc c'est plus facile, entre guillemets, à la présidentielle que sur des scrutins, qui sont des scrutins avec des sortants, scrutins de listes, qui correspondent aussi à des implantations plus anciennes. Moi, la liste que j'ai conduite était avec la France insoumise et le Parti communiste français, qui a une implantation très forte en ligne de France, avec beaucoup de maires qui m'ont soutenue, qui se sont engagées. Pourquoi ça n'a pas si bien marché que ça, alors ? Ça n'a plutôt pas trop mal marché, parce que la dernière fois, on a fait 6,5, et cette fois-ci, on a fait plus de 10.

Donc moi, j'estime qu'on a progressé dans un moment qui n'est pas un moment facile pour nous tous, et qu'on était dans un mouchoir de proches, avec la liste de Julien et la liste d'Audrey. Donc c'est là où ça a plutôt fonctionné. Mais après, pour avoir cette implantation, c'est quelque chose d'assez long, et le Parti socialiste semble le plus fort aussi, parce qu'il a beaucoup de sortants. Mais quand on regarde ses scores, je suis désolée, mais en Ile-de-France, le Parti socialiste faisait 25% la dernière fois. En 2015. En 2015, ce n'est pas si vieux, et là, il a 11. Donc c'est une chute qui, en réalité, est assez vertigineuse pour ce parti qui était au centre de la gauche.

Et moi, je ne crois plus à la centralité aujourd'hui, d'ailleurs, d'aucun. Et c'est la dispute en ce moment entre nous, elle est vraiment là-dessus. Elle est intéressante pour ça aussi, bien sûr, sur le leadership, bien sûr. Le leadership qui était évident, le PS était devant tout le monde, et puis il fallait ajouter un petit peu de communistes, un petit peu d'écolos, et puis on avait une gauche qui tenait debout.

1:23:24
Présentateur

Et maintenant, c'est rebelote avec les écolos qui sont devant et qui, du coup...

1:23:27
Clémentine Autain

Pas vraiment. Je pense que ça dépend des élections. La présidentielle, c'est plutôt nous. Aux élections européennes, ça a été les verts. Voilà, il n'y a pas de... Justement, je pense que là, on est dans un moment de refondation où les rapports de force à l'intérieur de la gauche ne sont absolument pas joués. Et c'est une des raisons des disputes, qui ne sont pas que des affaires d'égo, qui ne sont pas que... C'est quelque chose de profond qui se joue dans ce travail de refondation nécessaire.

1:23:50
Présentateur

Qu'est-ce que vous en pensez, Usul et Léa, du coup, de cet enjeu de refondation de la gauche que l'on voit, notamment en Ile-de-France ? C'est pour ça que ça nous fait plaisir de vous avoir comme invité, mais qu'on voit aussi partout en France.

1:23:58
Invité

Oui, oui, oui, oui. Non, mais il y a plein de choses, en effet, à réinventer, y compris... Je parlais tout à l'heure du rôle des partis, et on a parlé aussi, donc j'ai discuté avec certains de vos camarades, parler d'associer aussi le secteur militant, associatif, un petit peu plus largement, pour constituer une coalition qui dépasse le seul cadre des appareils qui se mettraient un petit peu d'accord entre eux, mais qui permettrait d'associer aussi un peu différemment tous ces gens qui sont prêts à s'engager, mais qui ont beaucoup plus de réticence à voter, à croire à un programme politique, à un élu, à... Voilà.

Et du coup, le problème, c'est que là, il y a une candidature qui est lancée, quoi. Il y a Jean-Luc qui s'est lancé...

1:24:35
Clémentine Autain

Pour la présidentielle.

1:24:36
Invité

Pour la présidentielle, mais c'est la grosse échéance, c'est cette grosse échéance.

1:24:38
Clémentine Autain

Oui, parce qu'en fait, il y a une primaire à l'Europe Écologie-Liver, donc ils sont aussi déjà lancés. Et puis chez les socialistes, il y a aussi les candidats qui sont déjà lancés. Donc en fait, tout est un peu déjà lancé.

1:24:50
Présentateur

Là, c'est trop tard, c'est fini, il n'y aura pas de millions de la gauche en 2022 ? De ce que vous nous dites, de ce que j'entends, c'est ça.

1:24:54
Clémentine Autain

D'abord, il faudrait partir du contenu, c'est-à-dire, est-ce qu'il y a la possibilité que tout le monde s'entende ? Autant sur la régionale, c'est l'élection, c'est dimanche, mais moi, je suis quand même très heureuse qu'on ait réussi ce rassemblement. Mais on l'a fait sur la base de contenu. Alors c'est plus facile au régional qu'à l'échelon national. Peut-être aussi avec des personnalités, j'ai envie de dire, plus nouvelles. En tout cas, nous, on n'avait pas d'histoire en commun. Le fait que ce soit Audrey Poulvard, qui représente le Parti socialiste, mais qui n'est pas du Parti socialiste. Bref, je pense qu'on a eu une alchimie qui a permis d'avoir quelque chose d'assez solide.

Mais à l'échelle nationale, il y a encore des débats, qui sont des débats de fond. Quand Anne Hidalgo, par exemple, dit que ses partenaires potentiels ont des ambiguïtés avec la République... Elle parle de vous, clairement. Oui, des verts aussi. En l'occurrence, c'était sur Europe Écologie et des verts. Mais ce que je veux dire, c'est que ça donne aussi une tonalité, une ambiance. Quand on n'est pas d'accord sur la réforme des retraites, on l'a combattu ensemble à l'Assemblée nationale, toute la gauche, avec les socialistes. Moi, j'étais dans le groupe de travail pour être avec les socialistes, pour imaginer un projet alternatif. Bon, ça a accouché de pas grand-chose.

Parce qu'en fait, la base d'accord n'est pas suffisamment grande. Or, si on ne peut pas s'entendre sur la réforme des retraites, sur la réforme de l'assurance chômage, sur des grandes choses, sur le rapport à l'Union européenne, sur le nucléaire... Bon, ce n'est pas des petits sujets. Sur la VIème République, tout le monde n'est pas d'accord pour une nouvelle République. Donc, je ne veux pas dire... Moi, je suis... Vous connaissez dans ma famille politique plutôt celle qui cherche à rassembler vraiment. Je ne suis pas la seule, ce n'est pas ça que je veux dire. Mais je suis plutôt connue pour, en tout cas, faire des efforts de ce côté-là.

Mais à un moment donné, il faut qu'il y ait des bases de contenu. Et si ce contenu n'existe pas, on ne peut pas être sur un moins dix ans et quelque chose qui n'aurait pas d'allure. D'ailleurs, quand on regarde les sondages, on se rend compte que les électorats sont fâchés. Ce n'est pas seulement les partis ou les personnalités. Mais si vous mettez Anne Hidalgo, candidate de toute la gauche, elle fait deux ou trois points de plus. Si vous mettez Jean-Luc Mélenchon, candidate de toute la gauche, il fait quelques points de plus. Alors, c'est lui qui fait le plus de points, c'est clair. Mais il ne ramasse pas la mise.

Donc, c'est bien qu'il y a deux électorats qui, malheureusement, je dis malheureusement, d'une certaine manière, sont aujourd'hui assez fâchés.

1:27:07
Présentateur

Mais pourtant, vous arrivez à vous unir. En Ile-de-France. En Ile-de-France, c'est entre les deux tours. Dans les Hauts-France, c'était même avant le premier tour. Léa, est-ce que tu penses que là, on a le format de quelque chose ?

1:27:16
Invité

Je suis d'accord avec vous, Clémentine, dans le sens où, effectivement, on n'est pas du tout sur le même type d'élection. C'est-à-dire que ce qu'on expérimente aujourd'hui pour l'élection régionale n'est pas du tout ce qu'on peut expérimenter pour une présidentielle pour un tas de raisons que vous venez d'évoquer, que ce soit en termes de personnalité, que ce soit aussi sur les sujets. Mais moi, j'étais très intéressée de voir, vous avez eu très, très peu de temps pour vous mettre d'accord sur un programme commun, sur le second tour. J'imagine que vous aviez quand même réfléchi en amont sur l'éventualité d'une alliance, en imaginant que ça pouvait être envisageable.

Comment ça s'est passé, concrètement, les négociations ? Enfin, sans rentrer vraiment dans les détails, mais je vois typiquement qu'une mesure phare du programme d'Audrey Pulvar, que beaucoup de personnes appréciaient, c'était la gratuité des transports en commun. Là, on voit finalement dans votre... Je présente le programme pour celles et ceux qui ne l'ont pas vu. Il s'est consultable aussi sur Internet. On voit que finalement, cette mesure qui pouvait pourtant nous sembler être quelque chose sur laquelle la France Insoumise et les Verts auraient pu aussi se mettre d'accord. Enfin, tout le monde est d'accord pour des transports en commun. Non, ce n'est pas le cas.

Vous avez prévu finalement la gratuité des transports pour les bénéficiaires d'Aminema Sociaux, les moins de 18 ans et les 18-25 ans étudiants. Et bien voilà, vous avez ce qu'on appelle un compromis. Oui, mais pourquoi ? Justement, je sais ce qu'est un compromis, mais je voulais savoir précisément comment vous êtes d'accord.

1:28:31
Clémentine Autain

Julien Bayou, je ne suis pas sa porte-parole, mais Julien Bayou, au premier tour, n'avait pas de mesure spécialement de gratuité. Il n'était pas sur cet horizon. Nous, moi, je portais la gratuité pour les moins de 25 ans, pour tous les bénéficiaires des Minema Sociaux et au cours de la mandature pour les personnes retraitées sous condition de ressources. Finalement, on n'est pas très loin du compromis. Et Audrey Pulvar était pour la gratuité totale. Le débat, je dirais que là, c'est ce que je disais aussi, et Julien le disait, c'est qu'on ne peut pas lever l'impôt. Donc, on n'a pas un budget qui est extensible à l'infini.

Et on a un enjeu qui est le développement des transports en commun, notamment pour tous ceux qui habitent en banlieue en Grande Couronne. Le premier problème, malheureusement, ce n'est pas d'abord l'argent, même si ça peut être, je ne dis pas que ce n'est pas un problème pour plein de gens. Mais ce que je veux dire, c'est que quand on habite Paris, intra-muros, on a envie de la gratuité. Quand on est en Première Couronne, on aimerait bien que les transports marchent. Et quand on est en Grande Couronne, on aimerait bien qu'il y ait des transports. Donc, il faut trouver un projet qui permette de satisfaire l'ensemble. Moi, je suis vraiment pour l'horizon de gratuité.

Ma famille politique l'a toujours défendu depuis très longtemps. Mais là, il fallait qu'on trouve un équilibre. Donc, moi, j'estime que ce à quoi on arrive, c'est un bon compromis. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui fait avancer la gratuité.

1:29:46
Invité

On est sur une mesure qui finalement était une mesure que vous aviez un peu imaginée déjà dans votre programme initial. Si j'entends bien, c'est finalement assez proche de votre programme initial.

1:29:53
Clémentine Autain

Oui, il y a de la gratuité, mais il n'y a pas toute la gratuité. C'est un compromis et je pense que c'est positif. Typiquement, vous, vous avez dû lâcher sur quoi ? Moi, j'avoue que nous, on n'a pas tellement lâché, en fait. On n'a pas eu à lâcher.

1:30:04
Invité

Personne n'a lâché grand-chose.

1:30:05
Clémentine Autain

Non, mais on n'a pas eu tellement à lâcher. En fait, on a enrichi. Mais non, c'est la vérité. D'ailleurs, c'était assez rigolo ce que je disais au meeting tout à l'heure. C'est qu'au premier tour, tout le monde disait, mais pourquoi vous avez trois listes ? Vous racontez la même chose, c'est pareil. Pourquoi vous avez trois listes ? Et depuis qu'on est ensemble, au second tour, tout le monde nous dit, mais je ne comprends pas. Vous êtes ensemble alors que vous n'êtes vraiment tellement pas d'accord. Donc, il faudrait s'entendre. On est trop d'accord ou pas assez d'accord.

En vrai, je trouve aussi que chemin en faisant dans la campagne, alors que nous avons des formations politiques différentes, des profils différents, des sensibilités différentes, au fur et à mesure des débats, y compris plein de débats qu'on a eus dans des secteurs, puisqu'on a fait des débats pour l'économie sociale et solidaire à la Chambre de commerce et d'industrie. Enfin, on a fait plein de débats, en fait. Et au fur et à mesure, on s'est dit, c'est vrai que ce qu'on raconte, finalement, ça converge. C'est-à-dire qu'on avait des mots communs, des propositions communes. Et après, on a enrichi.

Par exemple, il n'y avait pas dans le programme de Julien Bayou la gratuité des cantines pour les lycéens, les quatre premières tranches du quotient familial. Et voilà, ça a été intégré. Donc, c'est ce que j'estime être enrichi.

1:31:03
Invité

Est-ce que vous trouvez que c'est une expérience qui vous permet de ressortir encore plus enthousiaste à l'idée de composer avec d'autres forces politiques de gauche ?

1:31:15
Clémentine Autain

Non, mais il n'y a pas d'issue, sinon. Y compris la présidentielle, ne croyez pas que c'est amusant de se dire, il va y avoir 25 candidats à gauche. J'ironise, mais ce n'est forcément pas une bonne nouvelle. Bien que, je rappelle que quand Mitterrand a gagné, qui quand même, il n'y a pas eu 50 fois, où la gauche a été au pouvoir, c'est la fois où il y avait marché en face. En 1974, il était candidat seul, et là, il a perdu. Donc, il ne faut pas non plus se raconter que l'unité, dès le premier tour, est le sésame pour gagner une élection présidentielle. J'insiste là-dessus, parce que le problème, c'est la faiblesse de la gauche. C'est d'abord sa faiblesse.

1:31:49
Invité

Justement, justement, Jules. C'est aussi parce qu'il y a une faiblesse de la gauche, parce qu'il y a une offensive idéologique, un glissement à droite de tous les repères de tout le monde. Moi, je voudrais revenir sur cette interview de Valérie Pécresse dans Le Figaro. La présidente sortante de la région Île-de-France. Voilà, je me suis fait un plaisir de lire. On voit que son élément de langage, d'ailleurs, c'est de parler, à propos de votre alliance, de gauche extrême. Elle ne dit pas extrême-gauche, elle dit gauche extrême. Elle le martèle plusieurs fois dans l'interview. Et alors, là, attention, c'est parti.

Monsieur Hamon, Madame Autain et plusieurs colistiers ont manifesté en 2019 avec le CCIF. Association dissoute depuis pour son rôle dans l'assassinat de Samuel Paty. On va même plus loin. Allez, voter RN ou même voter LREM, c'est faire élire cette gauche extrême. Donc, en gros, même voter LREM, finalement, c'est voter pour ceux qui ont tué Samuel Paty. Enfin, voilà, on est dans une...

1:32:38
Clémentine Autain

Oui, oui, en ce moment, ça y va, depuis le début de la semaine.

1:32:40
Invité

Comment on gère cette violence-là ? Comment on ressent, comment on arrive à reparler sérieusement quand, là, les débats...

1:32:47
Clémentine Autain

Je suis désolée, nous n'avons pas... Pourtant, on a essayé, ça fait des semaines. Parce qu'en fait, à aucun moment, on n'a réussi à avoir vraiment un débat de fond avec Valérie Pécresse. D'ailleurs, elle n'est venue dans aucun des débats dont je vous parlais tout à l'heure. Les débats qu'on a eus sur chaque secteur. Elle a envoyé des vice-présidents. Elle est entrée en campagne très tard. Et, au fond, elle ne veut pas qu'on parle de son bilan. D'ailleurs, je comprends, parce que le bilan n'est pas flatteur. Elle a, par exemple, divisé par 2,5 le budget logement en Ile-de-France. Qui le sait, d'ailleurs ? Personne ne le sait. 750 000 demandent de logement en Ile-de-France.

Et Valérie Pécresse divise par 2,5 le budget logement. C'est pas rien, quand même. Elle a baissé considérablement les dotations par habitant dans tous les départements, à l'exception d'un. Je vous le donne en mille. On fait le quiz. C'est moi qui vais faire le quiz. Je vous fais le quiz, là. Le quiz à la cour. C'est les Hauts-de-Seine, qui est le seul département où la dotation a été augmentée. Alors que c'est un département assez riche, qui a un bas de laine d'un demi-million d'euros. Quand même, on aurait peut-être pu faire autrement. Donc on n'a pas réussi. Je pourrais passer la soirée sur les exemples du bilan de Valérie Pécresse. Mais c'est quand même assez dramatique.

1:33:50
Invité

Je ne vous ai pas entendu l'attaquer sur le fameux meeting de Brive-la-Gaillard. Bien sûr qu'on l'a fait. Si vous l'avez fait, non ?

1:33:57
Clémentine Autain

Je l'ai fait dans mon meeting, d'ailleurs.

1:33:59
Invité

Ce n'est pas très peu repris par la presse. Vous n'êtes pas aidé par la presse aussi là-dessus.

1:34:02
Clémentine Autain

Ça a été assez peu repris, cette enquête de Mediapart tout à fait révélatrice. Où on voit, il faut peut-être expliquer pour ceux qui regardent, mais en fait, elle crée son mouvement libre. Elle crée son mouvement libre. Et là, viennent dans ce meeting décentralisé, si j'ose dire, à la campagne, en week-end, des responsables associatifs. Qui souvent représentent, pas qu'eux, peuvent représenter des communautés diverses et variées. Et en fait, un certain nombre ne savent pas exactement où ils sont. Mais par contre, quelques temps plus tard, ils voient leur subvention augmenter. Donc c'est vraiment une utilisation... Ah oui, dans le plus abject, quand même, le plus abject.

Vraiment le plus abject. Donc bref, j'étais partie sur Valérie Pécresse. Et du coup, comme elle ne veut pas ce débat, elle fait un peu comme ce que fait Trump. D'abord, elle invente des faits alternatifs, parce qu'elle raconte une autre histoire sur à la fois sa gestion, son bilan, ce qu'elle veut pour la région, par rapport à ce qu'elle fait. Et ce qui a été fait, elle raconte une histoire aux franciliennes et aux franciliens. Et elle affuble de noms infernaux. C'est-à-dire que ça disqualifie quand on dit extrême-gauche. Ce qui d'ailleurs est terrible, parce que ça existe, l'extrême-gauche, dans notre pays. C'est une tradition.

1:35:12
Invité

Ah mais là, c'est gauche extrême, là, dans le figurant.

1:35:15
Clémentine Autain

Mais ça existe dans ce pays. Et d'ailleurs, il y avait une candidate à la régionale, Nathalie Arthaud, qui mérite le respect. Et moi, je la respecte. Mais nous, nous avons fait une alliance qui n'est pas une alliance d'extrême-gauche. Donc, elle utilise ce terme exprès pour effrayer. Après, on a eu droit, évidemment, à islamo-gauchistes, indigénistes, décroissants, adeptes de la désobéissance civile, les mensonges. Avec moi, bien sûr, et mon fameux meeting où j'ai invité Tarek Ramadan, qui n'a jamais existé. Je n'ai jamais rencontré de ma vie Tarek Ramadan, quand même, que tout le monde le sache. Jamais de ma vie, absolument.

Et j'ai même retiré ma signature d'un appel en 2005, parce qu'il y avait Tarek Ramadan. Et cette tribune est toujours publique, dans laquelle j'explique...

1:35:52
Présentateur

Il y a beaucoup de gens dans notre chat qui se plaignent, parce que vous parlez beaucoup. Et parce qu'ils trouvent qu'il n'y a pas assez de... Non, non, non, non, mais je vous en prie, c'est pas contre vous. Mais parce qu'ils se trouvent que je ne reprends pas assez la main, donc c'est pour moi, c'est pas pour vous. Améro prenait la main, mais absolument.

1:36:02
Clémentine Autain

En gros, ils disent qu'ils n'étaient pas en train de bosser, quoi.

1:36:04
Présentateur

Oui, c'est ça que je voulais parler.

1:36:04
Clémentine Autain

Et ils parlent, ils parlent, ils parlent, et on n'a pas leurs questions, c'est ça ?

1:36:07
Présentateur

Non, non, non, non, si, si, c'est ça, non. Mais ils écoutent, et je suis d'accord, effectivement, il y a un manque de reprises, il n'y a aucun souci, les amis, ne vous inquiétez pas. Non, mais ce qui m'intéresse, c'est que justement, depuis tout à l'heure, on est en train de parler d'une élection régionale, et en fait, on est déjà en train de faire du règlement de compte entre vous et la présidente sortante, Valérie Pécresse. Valérie Pécresse, est-ce que ça ne participe pas aussi du taux d'abstention ?

1:36:25
Clémentine Autain

C'est elle, là, qui... Usu m'interroge sur la façon dont elle m'attaque. Je suis obligée de répondre, donc moi, je veux bien parler que de la région. Voilà, c'est le climat qui pèse et qui fait que, d'ailleurs, on n'arrive pas à parler du contenu et des projets.

1:36:38
Présentateur

On a du mal à parler du fond, d'ailleurs, vous avez été... Enfin, je ne sais pas si vous avez été empêchée de parler du fond, mais il y a aussi des attaques qui sont venues, je trouve, de manière assez surprenante, de la part de Jean-Paul Huchon. Jean-Paul Huchon, ancien président de la région... Non, mais du coup, Jean-Paul Huchon met une pièce dans la machine.

1:36:48
Clémentine Autain

Ah, bah oui, alors moi, je ne sais plus quoi faire, là. Oui, c'est vrai.

1:36:50
Présentateur

Pourquoi est-ce que Jean-Paul Huchon s'en prend à vous en disant qu'il votera sans problème pour la droite ?

1:36:55
Clémentine Autain

Qu'est-ce que c'est que cette gauche dégouche sur les... Manuel Valls aussi, hein. Manuel Valls, pour le coup, je m'y attendais. Mais bon, je dirais, on a l'habitude. C'est un peu ce que j'allais dire, Manuel Valls, bon, d'accord, mais je l'ai mis dans une case, ok. Il est parti loin, très, très, très loin.

1:37:06
Présentateur

Huchon, qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que, pourquoi ?

1:37:07
Clémentine Autain

Mais pareil, en fait, je pense qu'à un moment donné, il y a des digues qui sautent. On parlait de refondation et de recomposition. Je pense qu'il y a des choses qui s'éclaircissent. Et c'est vrai que c'est assourdissant, parce que, bon, alors évidemment, il n'a plus de boussole à gauche. Je veux dire, il n'appelle même pas à voter pour Laurent Saint-Martin en marche, ce que font souvent les socialistes qui suivent Laurent Saint-Martin. Là, ça y est, c'est direct Valérie Pécresse, et qui, en plus, ne cesse de l'accuser de tous les maux, puisque le bilan de Valérie Pécresse est empêché par toutes les horreurs qu'a fait son prédécesseur, Jean-Paul Luchon.

Donc, il n'a, en plus, vraiment pas beaucoup de dignité pour lui-même. Donc, tout ça est complètement fou, mais c'est peut-être parce qu'on fait...

1:37:47
Invité

Est-ce que ça a vraiment de l'importance, je veux dire Jean-Paul Luchon, après tout ?

1:37:49
Clémentine Autain

Bah, c'est quand même l'ancien président de la région.

1:37:51
Invité

Oui, oui, bien sûr, mais typiquement le tchat, qu'est-ce que vous en pensez ? Jean-Paul Luchon ? Oui, voilà, Jean-Paul Luchon, qui ? Les gens ne savent pas, forcément, qui c'est ? Non, mais c'est vrai qu'il y a des gens, c'est vrai que Carole Delga, j'aimerais bien savoir aussi ce qu'elle ferait, on voit que...

1:38:03
Clémentine Autain

Bah, Carole Delga, elle n'a pas voulu s'allier, même pas, avec l'Europe Écologie L'Hiver.

1:38:07
Invité

Qu'est-ce qui se passe ? Elle est là, la frontière entre ces gauches irréconciliables, elle existe vraiment ? Il a raison, Valse ?

1:38:13
Clémentine Autain

C'est aussi une question de personnalité, non ? Non, Valse, c'est...

1:38:15
Présentateur

Je crois que le tchat, ils ont réglé pour Huchon, c'est PTDR, TK, genre, j'en ressens, ça va... Il n'y a pas de soucis, ok ? Non, non, ok, d'accord.

1:38:21
Clémentine Autain

Valse, Valse, vous voyez ou pas ? Non, non, Valse s'identifie, je suppose.

1:38:25
Présentateur

Non, mais du coup, la question du Jules est intéressante, encore une fois, sur ces deux gauches irréconciliables.

1:38:30
Clémentine Autain

La question de l'Occitanie ?

1:38:32
Présentateur

La question de l'Occitanie, la question même plus globalement, est-ce qu'il y a une frontière infranchissable ?

1:38:36
Clémentine Autain

Non, alors c'est Manuel Valls qui avait théorisé les fameuses deux gauches irréconciliables. Moi, j'estime que c'est Manuel Valls et la gauche qui sont irréconciliables. Ça, ça me paraît désormais absolument clair. Donc après, à l'intérieur de la gauche, il y a toujours différentes familles politiques. On a fini d'ailleurs par parler des gauches. Puis on a la question écolo, qui s'estime un peu en dehors de la gauche, tout en étant quand même inscrite dans l'histoire de la gauche. Tout ça est quand même un peu compliqué. Mais ce qu'on cherche, c'est un nouveau tout dans lequel il pourrait y avoir différentes sensibilités. Toujours des traditions, des histoires, des apports.

Mais une perspective quand même commune. Et c'est ça qu'on essaie de bâtir. Et c'est pour ça qu'en Ile-de-France, ça donne de l'espoir. Et c'est d'ailleurs pourquoi je pense que d'ici à dimanche, quelque chose peut un peu se réveiller. C'est-à-dire que l'image de cette union qui n'est pas factice, qui repose sur du solide, qui a l'air sincère parce qu'elle l'est, etc. Je me dis que ça peut peut-être réveiller quelque chose, un premier pas. Je ne dis pas qu'on est au bout du chemin, mais il faut bien qu'on commence par quelque chose. Donc on est dans ce travail de refondation. Moi, je crois que la clé, c'est l'articulation entre le social et l'écologie.

C'est ça qui va nous faire inventer la gauche du 21e siècle. C'est absolument clair. Et puis des termes pour raconter les choses qui ne sont forcément pas ceux d'hier. Des questions qui n'ont pas intéressé nos prédécesseurs. J'en prends juste une. Mais pendant longtemps, la gauche, elle s'intéressait au partage des richesses. C'est-à-dire qu'on crée des richesses. Puis la question, c'est comment on les répartit.

1:39:58
Présentateur

Et alors, ce n'est plus le cas aujourd'hui ?

1:39:59
Clémentine Autain

Non, parce que la question maintenant, c'est aussi qu'est-ce qu'on produit comme richesse ? Et qui en décide ? Et qu'est-ce que la richesse ? Et ça, ce n'était pas des questions qu'on se posait dans la gauche d'avant. Oui, mais ça percute tout.

1:40:09
Présentateur

Est-ce que c'est la question climatique aussi qui vient rebattre les cartes ?

1:40:12
Clémentine Autain

Bien sûr, elle a à voir. Et donc, pour moi, la grande question du XXIe siècle, c'est quels sont nos besoins véritables ?

1:40:18
Présentateur

Et c'est peut-être là-dessus qu'il y a un clivage à gauche ?

1:40:20
Clémentine Autain

Et je pense que ceux qui nous regardent sont sensibles à ça. Parce qu'on est harcelé en permanence pour acheter le nouveau machin, pour avoir envie d'eux, pour être... Et il y a un truc qui suffoque comme ça, dans lequel on est pris, et qui bousille la planète. Mais aussi un problème avec nos propres désirs. C'est-à-dire qu'on finit par perdre le fil de nos propres désirs et de nos propres besoins. Il y a une autonomie qui se perd. Exactement. Et donc, retrouver de l'autonomie, de la liberté véritable dans nos désirs, ça, c'est quelque chose qui percute, en fait, le modèle capitaliste et productiviste. C'est ça. Donc, ça se joue un peu là, le projet du XXIe siècle pour la gauche.

1:40:58
Présentateur

Est-ce que vous pensez que des jeunes qui se sont abstenus de voter dimanche dernier vont retourner aux unes dimanche prochain ? En ligne de France. Est-ce que vous pensez que cette union de la gauche peut créer l'espoir ?

1:41:07
Clémentine Autain

Je le souhaite. J'ai l'optimisme de la volonté. J'en sais rien. C'est à eux qu'il faut demander.

1:41:12
Présentateur

C'est à eux qu'il faut poser la question. Est-ce que parmi les gens qui se sont abstenus de voter dimanche dernier, il y en a parmi vous qui se disent qu'ils vont aller voter dimanche prochain ? Et je ne parle qu'aux abstentionnistes. Ceux qui ont déjà voté dimanche dernier, je me doute que vous avez plutôt des chances de retourner dimanche prochain. Pour les autres, ça m'intéresse un peu de savoir s'il se passe un truc dans votre région qui justifie...

1:41:29
Invité

Je dis ça, je ne dis rien, mais Pécresse, elle a dit qu'elle arrêtait la politique si elle perdait. Non mais arrête ça. C'est un bel argument pour aller voter. C'est un bon argument pour aller voter. Si vous êtes au gouvernement de la région Île-de-France, si vous gouvernez l'exécutif de la région Île-de-France demain, comment vous imaginez vos premières actions ? Est-ce que vous imaginez que vous allez tomber face à un dossier en quelque sorte très très difficile à reprendre ?

Ou est-ce que vous imaginez que vous allez pouvoir très vite, tous ensemble du coup, cette nouvelle force de gauche que vous êtes en train de créer, insuffler aujourd'hui, arriver à faire des choses très concrètes rapidement ? Vous pensez qu'il y a vraiment... Parce que parfois, il y a aussi ce qu'on espère pouvoir faire, et puis la réalité du terrain.

1:42:11
Présentateur

Avant que vous répondiez, je vais faire un sondage dans le chat, parce que là, je voulais demander à la volée, du coup, je suis en train de me faire allumer la gueule par mes modérateurs. Je vous embrasse, les amis, évidemment. Je vous fais un sondage dans le chat, vous répondez à la question, et pendant ce temps-là, allez-y, vous répondez à la question.

1:42:21
Clémentine Autain

Qui va voter, n'a pas voté au premier ?

1:42:22
Présentateur

Oui, c'est ça, c'est la question. Je vais faire un sondage, comme vous me disiez. Donc allez-y, par contre, répondez-vous à la question de Léa.

1:42:27
Clémentine Autain

Oui, de ce qu'on peut faire immédiatement pour transformer. Oui, oui, si, on peut faire. La région a des moyens. Alors il y a beaucoup qui est pris par les transports, des budgets impondérables, lycées impondérables, mais il y a quand même beaucoup de mesures immédiates qu'on peut prendre. La gratuité dans les cantines, c'est immédiat, c'est septembre, et voilà, ça compte, c'est la gratuité dans les transports, pareil. On va à la fois avoir des mesures d'urgence de ce type, donc qui vont se voir immédiatement. Oui, immédiatement.

Mais je dirais que le plus intéressant et le plus profond, c'est le changement qu'on veut faire, la bifurcation sociale et écologique qu'on veut enclencher en Ile-de-France. C'est-à-dire qu'on veut être justement cette première région qui prend à bras le corps cette question et qui essaye de penser son modèle de développement. Je prends un exemple, mais c'est un temps plus long. On a une région, Ile-de-France, où il y a des villes dortoirs d'un côté, en gros, et des centres d'affaires de l'autre. Ça, c'est pas possible comme modèle de développement.

Donc, il faut qu'on ait notre schéma directeur qui existe, qui est un document qui s'appelle le ZDRIF, et que grâce à ce schéma qui nous permet de piloter l'avenir de la région, qu'on arrive à rééquilibrer les territoires pour que chacun, en proximité, puisse avoir des emplois, des services publics, des espaces culturels et sportifs, etc. Et non pas, comme c'est aujourd'hui, le besoin en permanence de faire un grand déménagement à l'intérieur de l'Ile-de-France. Ça, c'est un vrai projet. Ça, ça va parler aux gens, le ZDRIF. Mais c'est le projet, c'est notre projet pour l'Ile-de-France. C'est notre projet, c'est entendu. Le ZDRIF, non, ça parle pas, mais j'explique ce que c'est.

1:43:56
Présentateur

C'est le schéma directeur. Ça m'intéresse parce qu'une des raisons pour lesquelles les personnes s'abtiennent quand on leur demande pourquoi ils s'abtiennent, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui parlent de leur méconnaissance du rôle des collectivités locales.

1:44:04
Clémentine Autain

C'est toute la région, c'est hyper opaque.

1:44:06
Présentateur

La région et le conseil départemental, c'est vrai que ça parle pas à tout le monde, c'est difficile. Il se trouve que c'est mon boulot, moi, d'essayer d'expliquer, mais moi, je suis pas dans la politique, à votre différence. Est-ce que vous aussi, vous rencontrez des électeurs, quand vous faites du porte-à-porte, etc., qui vous renvoient cette image de méconnaissance totale de ce à quoi vous servez ?

1:44:20
Clémentine Autain

Absolument. Surtout la région, qui est très lointaine, et on a besoin que ça n'a rien à voir avec notre quotidien. C'est, il faut dire la vérité. Et Valérie Pécresse, comme les deux autres candidats de droite, les trois droites, ne nous aident pas, puisqu'ils n'ont parlé que d'une chose dans cette campagne, c'est de la sécurité. Or, la sécurité n'est pas une compétence de la région. Et donc, transport, lycée, aménagement du territoire, activité économique, tourisme, tout ça, on n'en a pas parlé. Et ça, pour moi, c'est un vrai problème démocratique.

C'est-à-dire que si vous avez des gens qui sont aux manettes et qui vous parlent d'autre chose que ce dont il est question pour l'élection, ça peut pas aider à mobiliser les électeurs.

1:44:56
Présentateur

Il y a un risque que ce soit également la même chose en 2022 ? Vous pensez que le débat politique va se jouer à l'élection présidentielle sur des sujets vraiment importants ?

1:45:03
Invité

Oui, parce que pour compléter, mettons que vous preniez la région, on a vu aussi des maires écolos prendre de grandes villes. Moi, j'habite à Lyon, par exemple. On voit aussitôt toute la presse conservatrice se jeter sur eux, sur la moindre petite phrase, sur le moindre... Je ne sais plus quel journal a titré maire écolos. Je crois que c'était Marianne. Maire écolos, pourquoi sont-ils tous nuls ? Vous allez avoir devant vous une presse déchaînée, si vous prenez la moindre région.

1:45:27
Clémentine Autain

Vu qu'elle est déjà déchaînée, on est mûrs.

1:45:30
Invité

Oui, et un écosystème médiatique derrière qui donne beaucoup d'écho à ces thématiques identitaires, ces thématiques réactionnaires. Comment on impose un débat dans ce contexte-là ? Vous avez parlé tout à l'heure des médias. Comment on mène une bataille là-dessus ?

1:45:45
Clémentine Autain

D'abord, on a une grosse, grosse, grosse bataille en ce moment. On est dans une tempête idéologique énormissime. Il faut se rendre compte de ce qui se passe. Les idées de l'extrême droite, maintenant, c'est tapis rouge partout. Ils ont leur ronde serviette dans un nombre toujours plus grand de médias. Et le focus, tout est inversé. C'est-à-dire qu'on pèse et on sous-pèse les mots de Jean-Luc Mélenchon ou d'autres chez nous, ou chez les écolos. Et par contre, on ne voit rien du rouleau compresseur aujourd'hui, qui est celui de l'extrême droite et qui est le vrai danger, la vraie menace pour la République en particulier. Donc ça, c'est...

Enfin, voilà, on est devant un problème qui est un problème de masse. Moi, je ne crois pas qu'on va résoudre cette question-là en montrant pâtes blanches, en s'excusant. Moi, je ne crois pas à ça. Je pense qu'il y a une confrontation.

1:46:29
Invité

Pourtant, c'est ce qu'on fait les insoumis toute la journée. Pas du tout. Non, sur Twitter, il y avait un hashtag. Comment c'était le hashtag ? Je suis un ennemi de la République. Je ne sais pas quoi. C'est ironique. Oui, oui, mais justement, en montrant en pâtes blanches, justement, en disant, moi, je suis professeur, j'ai deux enfants, je paye mes impôts, je suis un ennemi de la République. Mais donc, il y a fatalement...

1:46:51
Clémentine Autain

Globalement, je n'ai pas ce sentiment de la part des insoumis en particulier, mais pas seulement. J'ai l'impression qu'on mène quand même la confrontation. Globalement. Je ne sais pas, cette journée, tous ces tweets, mais globalement, on mène cette confrontation-là et je pense qu'il faut la mener. C'est-à-dire qu'on ne va pas s'en sortir uniquement en faisant dos rond, en attendant que ça se passe. Je ne crois pas ça. Je pense qu'il faut y aller. Parce qu'à chaque fois, sinon, c'est faire reculer pour faire reculer.

1:47:16
Invité

Il y a les contrôles extrément-droites et dire, parler de la fascisation, de l'extrément-droitisation. Bien sûr. Ça, ça peut être un ciment aussi d'une gauche qui retrouille ses repères. Il faut dire la vérité.

1:47:24
Clémentine Autain

On est dans une société qui est préfasciste. C'est ça, la réalité de notre pays. Donc, il va falloir qu'on se réveille. Et en particulier, la jeunesse. La jeunesse, c'est encore une fois, pas tous les jeunes, mais je pense qu'il y a une grande partie de la jeunesse qui n'est pas du tout sur ses coordonnées, qui rêve d'un autre monde. Je sais qu'il y a un pessimisme très grand chez les jeunes à l'égard de la politique, à l'égard de l'avenir. Donc, c'est à nous aussi d'être capables de rouvrir l'espoir. Mais on ne va pas le faire tout seul. Et ça passera par cette confrontation.

Et pour revenir à l'élection régionale, c'est vrai que là, on sent une espèce d'ambiance, un peu comme on avait en 81 avec les chars soviétiques qui allaient arriver à la place de la concorde.

1:48:03
Présentateur

Pour ceux qui ont parlé à l'EF et qui n'étaient pas nés, effectivement, c'était la peur qui était utilisée par la droite et la presse de droite à l'époque face au risque de l'élection de François Mitterrand. Le socialo-communiste. Il y avait un risque que les chars soviétiques arrivent, place de l'étoile à Paris. On en rigole, mais à l'époque, il y avait vraiment des gens qui ont eu peur de ça.

1:48:21
Invité

C'est pas que ça. Les riches vont partir, évidemment. Les riches qui ont essayé de partir, ils sont revenus au bout d'un moment. On a même l'histoire oublie,

1:48:27
Clémentine Autain

mais Mitterrand était parlé de capitalisme. Celui qui ne combat pas le capitalisme n'a pas sa place au parti socialiste. Là, c'est vraiment, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est juste pour dire que le projet était très radical. Il était d'ailleurs insufflé par les mobilisations de 68. Il n'y a pas 81 s'il n'y a pas le grand mouvement social des années 68. C'est ça qui donne le souffle à la victoire de 81.

1:48:51
Présentateur

Pourquoi est-ce qu'on en fait appel à Mitterrand quand il s'agit de parler des grands moments de la gauche ? C'est le dernier grand souvenir fédérateur de l'union de la gauche, c'était 81 ? Je pense que ça ne fait rêver personne à cause des privatisations, Hollande à cause des compromissions.

1:49:04
Clémentine Autain

Il y a aussi à dire sur Mitterrand. Là, je parle de la victoire de Mitterrand, d'un programme qui, entre 81 et 83, a quand même apporté des conquêtes fortes. Et puis après, il y a eu cette fameuse parenthèse qui ne s'est jamais refermée, la parenthèse libérale. Et là, c'est une autre histoire. J'ose pas, ça n'incarne pas exactement le même niveau de rupture que ce qu'avait été 81. C'est pour ça qu'on en fait. Mais je ne suis pas pour faire des références, sinon c'est 36. Je préfère prendre 1789.

J'ai toujours plus de mal avec 48, 1848, ou la commune où j'ai plus de mal, au sens où à la fois je trouve merveilleuses les aspirations qui sont nées à ce moment-là, et en même temps, il y a cette défaite si violente que, voilà, c'est un moment...

1:49:52
Invité

36, c'est pas mal, là, pour le contexte. C'est ce que je dis, moi, 36, c'est bien, 36.

1:49:56
Clémentine Autain

Mais il n'y a pas de modèle, il ne faut pas croire. Moi, je suis pour qu'on tire les fils de l'histoire, mais qu'on en tire aussi des leçons. Donc, je n'ai pas un modèle que je veux reproduire. On va faire autrement, y compris dans les relations dont parlait Usul, entre le mouvement social et le politique. qu'on a des choses à inventer, des liens à trouver. Là, pour le coup, plus comme en 36, c'est ça qui a apporté. La CGT, la CGTE, qui se réunit. Voilà, quelque chose qui a apporté. Et je ressens plus aussi, parce que les années 30, malheureusement, c'est le parfum du moment. C'est ça qu'on ressent.

On sent qu'il y a une violence, y compris, mais délirante, une violence dans le débat public qui ne donne pas très envie de s'en mêler. Enfin, je veux dire, les jeunes qui regardent ça, ça casse la tête.

1:50:39
Présentateur

Pas sur ce plateau, pas sur ce plateau, j'espère pas. En tout cas, on arrive déjà à la fin de cette interview, Clémentine Autain, donc je rappelle que vous êtes candidate sur la liste de François Bayrou, de François, oh putain, de Julien Bayou, je suis désolé, je suis claqué, de Julien Bayou.

1:50:53
Clémentine Autain

Et qui la fête, celle-là, c'est Anne Hidalgo ?

1:50:54
Présentateur

Je crois que c'est Anne Hidalgo qui a fait la même à la radio.

1:50:56
Clémentine Autain

Anne Hidalgo qui a fait cette erreur-là. Alors vous, on vous pardonne, Anne Hidalgo, c'était plus étrange.

1:50:59
Présentateur

Oui, c'est un peu gênant. Non, non, donc Julien Bayou, candidat de cette liste du nom de la gauche, face à qui se place. Donc Valérie Pécresse, présidente sortante Les Républicains, et par ailleurs, elle est en tête au premier tour, ainsi que Laurent Saint-Martin.

1:51:12
Clémentine Autain

Un bel espoir de changement à la clé dimanche.

1:51:13
Présentateur

De La République en marche. Non, mais je dis ça pour que les gens qui habitent en Ile-de-France sachent de qui on est en train de parler. Merci beaucoup Clémentine Autain. Merci de l'invitation. D'avoir accepté notre invitation. Avec grand plaisir. Je vais vous laisser repartir du plateau, nous on va conclure rapidement cette émission.

1:51:22
Clémentine Autain

Très bien, je vous écoute.

1:51:24
Présentateur

Merci beaucoup. Merci, merci. Merci beaucoup. Merci les gars. Bon, on va conclure cette émission tranquillement. J'espère que ça vous a plu pour cette première.

1:51:33
Invité

Oui, c'est chouette.

1:51:34
Présentateur

Ça vous a plu ?

1:51:34
Invité

C'est cool.

1:51:35
Présentateur

J'étais un peu stressé. Dans le chat, il y a beaucoup de réactions très mitigées, d'ailleurs, sur la partie de l'interview politique. Il y en a plein qui trouvent qu'il n'y avait pas assez de contradictions.

1:51:44
Invité

Ah, mais non, tu te doutes bien que dans un paysage, en effet, le paysage médiatique a tellement basculé à droite, à l'extrême droite, etc.

1:51:50
Présentateur

Non, non, c'est pas que ça. C'est qu'après, par ailleurs, non, non, mais c'est... Mais on en parlait d'ailleurs au début dans l'introduction de cette émission. Il aurait fallu qu'on la traite d'islamo-gauchiste, directement ? Non, je ne dis pas ça. Non, non, non, ça, ça, c'est pas à portée de la contradiction. Mais c'est vrai que... Mais je vous invite, d'ailleurs, je nous invite collectivement à réfléchir à ce qu'on appelle de la contradiction sur un plateau télé. Voilà. Réfléchissez à ça, ça m'intéresse. En tout cas, nous, quand on reçoit des invités pour les interviewer, c'est pour qu'eux parlent, pas nous. On est là pour les entendre, parce qu'on a des questions à leur poser.

Et je ne pense pas que toutes les questions qu'on lui a posées aient été des questions faciles. On a aussi parlé des trucs qui fâchent. Ma chaîne pour en reparler avec vous de Backseat, parce que je me rends compte que c'est bien la première, etc. Je le disais, donc, c'est la première émission de Backseat. On a déjà, sur le Ulule, remporté 15 500 euros. À l'heure où je vous parle, merci pour votre mobilisation. Je vous rappelle que l'objectif, d'ici la fin du mois de juillet, c'est d'arriver à 70 000 euros, ce qui nous permettra, ce qui vous permettra d'avoir cette émission Backseat chaque semaine, à partir du mois de septembre, pour toute l'élection présidentielle.

On a l'ambition de recevoir sur ce plateau, en inviter nos amis influenceurs, copains, streamers, youtubeurs, etc. Surtout, surtout ceux qui ne parlent pas de politique, parce que c'est eux qui nous intéressent le plus. Et par ailleurs, les candidats à l'élection présidentielle, des personnalités politiques de premier plan, qu'on a envie d'entendre. Voilà, merci à vous d'avoir suivi cette émission. Un mot de conclusion, les copains, on va se retrouver jeudi prochain ?

1:53:09
Invité

Ouais, moi je ferai plus d'imitations. Moi j'arrêterai de renifler. D'accord, super, incroyable. L'allergie au bambou derrière, je crois.

1:53:18
Présentateur

C'est ça, l'allergie au bambou. Merci à toutes et à tous d'avoir suivi cette première émission de Backseat. Je vous fais des gros bisous. Je vous dis à la semaine prochaine, jeudi prochain à 20h. Ciao, bye.

BACKSEAT #1 avec Rivenzi et Clémentine Autain — Clémentine Autain · Pourquijevote