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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 28 mars 2025 8 min

Face à Poutine, l’Europe durcit le ton - Reportage C dans l'air 27.03.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

se réunissent aujourd'hui à Paris. Parmi les messages adressés: le refus de lever les sanctions économiques contre Moscou. - Une photo de famille très élargie. 31 dirigeants de l'UE et de l'Otan réunis à Paris pour une démonstration d'unité et de soutien à l'Ukraine.

Après plus de 3 heures de réunion, E.Macron dévoile les contours de ce qu'il appelle des forces de réassurance que l'Europe pourrait déployer en Ukraine si un accord de paix parvient à être établi. - E.Macron: Elles n'ont pas vocation à être des forces présentes sur la ligne de contact.

Elles n'ont pas vocation à être des forces qui se substituent aux armées ukrainiennes. Mais ce serait des forces de quelques Etats membres présents, parce qu'il n'y a pas d'unanimité sur ce point, qui seraient présentes dans certains endroits stratégiques pré-identifiés avec les Ukrainiens. - Des forces de réassurance au caractère dissuasif vis-à-vis de la Russie.

Il n'a fallu que quelques minutes au Kremlin pour réagir à cette annonce. - Je voudrais attirer votre attention une fois de plus sur le fait que la Russie est opposée à un tel scénario, qui crée un risque de conflit direct entre la Russie et l'Otan. - Alors que V.Poutine impose la levée des sanctions comme condition préalable à tout accord de paix, le Vieux Continent, épaulé par son allié britannique, renchérit. - K.Starmer: Le moment n'est pas venu de lever les sanctions.

Nous avons discuté de la manière de les renforcer. - L'Europe, pas invitée à la table des négociations menées par les Etats-Unis, sort les muscles pour parvenir à un cessez-le-feu temporaire. - E.Macron: Je constate la volonté aujourd'hui clairement établie par la Russie de réinterpréter ce qui aurait été discuté ou agréé en listant de nouvelles conditions.

La Russie n'a apporté aucune réponse solide. Par ses actes, elle a montré sa volonté de guerre et de continuer l'agression. - Pour soutenir l'Ukraine, derrière les paroles, les actes.

L'Allemagne a débloqué une nouvelle aide militaire de 3 milliards d'euros. La France rallonge elle aussi de 2 milliards, malgré les tensions budgétaires. De quoi renforcer l'arsenal militaire ukrainien. - V.Zelensky: Aujourd'hui, ce sont vos armes, mais elles sont aussi devenues les nôtres.

Vos Mirage, les avions de combat fabriqués en France, et je vous en remercie particulièrement, sont devenus une partie intégrante de notre système de défense dans les airs. Ils nous permettent de nous défendre. - La venue de V.Zelensky à Paris, une offensive diplomatique et médiatique.

Hier soir, son interview est diffusée en direct dans une cinquantaine de pays. Une tribune unique, dont il se saisit pour tenter de faire le trait d'union entre l'Europe et les Etats-Unis. - V.Zelensky: J'ai toujours dit au président Trump que nous voulons que les Américains soient de notre côté.

Même si les Etats-Unis ont choisi d'être au milieu, alors il faut rester au milieu et pas plus proche du Kremlin. - Les Etats-Unis, eux, vantent leurs efforts diplomatiques. - M.Rubio: L'objectif est de mettre fin à une guerre où les gens meurent.

Tout le monde devrait se réjouir que les Etats-Unis participent à un processus pour mettre fin à la guerre et instaurer la paix. Ce ne sera pas facile mais nous sommes sur cette voie. - Alors que les discussions sur un cessez-le-feu sont dans l'impasse, sur le front, l'Ukraine perd du terrain.

Dans la région russe de Koursk, elle ne contrôle plus que 80 des 1000 km2 conquis lors d'une incursion l'été dernier. - C.Roux: Question. - P.Haroche: La force de maintien de la paix, ce n'est pas la même chose.

C'est un peu comme des Casques bleus. Ils sont là pour s'interposer et, souvent, ils sont acceptés par les 2 parties. Ils ne sont pas là pour donner des garanties à l'une ou l'autre.

On a vu les limites des Casques bleus dans la guerre en ex-Yougoslavie. Non seulement ils ne protégeaient pas les populations civiles des génocides, mais en plus, ils pouvaient se faire prendre en otage et il fallait négocier leur libération. L'idée est qu'ils sont là pour être du côté de l'Ukraine, pour rassurer l'Ukraine.

Mais ils ne sont pas là non plus pour être en première ligne. Ils sont là pour donner une garantie politique. Si la Russie, après un cessez-le-feu, décide une nouvelle agression, elle comprend qu'elle rentre dans un pays soutenu par l'Europe et qu'elle fait face aux garanties européennes. - C.Roux: Cette force de réassurance, ce n'est pas une force qui serait en mesure de sécuriser un cessez-le-feu?

Ce qu'on comprend de ce qui est expliqué par l'Elysée et les nouveaux partenaires de V.Zelensky, c'est que c'est dans l'idée d'une sécurisation à long terme de l'Ukraine? - D.Moïsi: Il y a traditionnellement 2 mots que l'on oppose: "peacemaker", faiseur de paix, et "peacekeeper", gardien de la paix.

On vient de rajouter un 3e vocable: les forces de réassurance, qui visent à renforcer la dissuasion. Il s'agit de dire aux Russes: "Nous ne laissons pas tomber l'Ukraine. Nous ne plierons pas.

Vous, vous vous arrogez le droit d'appeler des forces asiatiques d'un pays despotique, la Corée du Nord. Et quand elles disparaissent, vous les remplacez." Alors que nous, nous sommes européens et ce conflit a lieu en Europe, sur le terrain d'un pays européen qui partage nos valeurs.

Donc ces forces de réassurance ont vocation à montrer le sérieux de notre volonté de dissuasion. Des leaders européens Qui ont l'air de balayer d'un revers de la main les menaces de la Russie, de nouveau formulées... "Attention, s'il y avait des présences militaires sur le terrain ukrainien, ce serait considéré comme une attaque directe contre la Russie." On a l'impression que tout ça pèse moins? - I.Lasserre: V.Poutine a fait de la présence de troupes européennes en Ukraine une ligne rouge.

Quand il l'a redit il y a 10 jours, E.Macron a clairement dit que nous n'avions pas à demander la permission à V.Poutine pour envoyer des forces qui vont sécuriser, réassurer notre allié européen.

Donc nous pouvons nous passer de l'accord de V.Poutine. C'est ça, la différence.

Jusque-là, à chaque menace de V.Poutine, on pliait, on reculait. Ca Ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de gardien de la paix...

Ca marche quand c'est au Timor, à la fin des années 90, et que les 2 parties sont d'accord pour préserver la paix qu'elles ont volontairement signée. Ce n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Je ne sais plus ce que je voulais dire...

Là, c'est la 1re fois qu'on passe outre la menace de V.Poutine. Ce n'est pas sans conséquence.

Cette décision a été mûrement travaillée par E.Macron et par K.Starmer.

Une force de réassurance franco-britannique, même placée dans des endroits stratégiques qui ne sont pas des endroits

Face à Poutine, l’Europe durcit le ton - Reportage C dans l'air 27.03.2025 — Emmanuel Macron · Pourquijevote