Meeting de l'Union populaire à Angoulême avec M. Aubry, M. Larive et C. Autain
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Bonsoir. Bonsoir.
Merci à vous toutes et tous d'être venus nombreux à ce sting de l'Union Populaire à Angoulême. Nous sommes très heureux parce que trois députés ont répondu présents. Et ils vont pouvoir vous présenter un peu plus le programme. Si nous pouvons nous retrouver ce soir dans cette jolie salle de la mosaïque, c'est grâce à son directeur Jean-Pierre Bidet que nous remercions donc chaleureusement, ainsi qu'à ses collaborateurs, ses collaboratrices, et particulièrement un grand merci à Didine et à Isabelle qui nous ont vraiment organisé, nous ont permis d'organiser ça de façon efficace. Voilà. Donc René Pilato et moi-même avons été désignés comme chef de file pour la circonscription 1 de Charente.
D'autres binômes vont apparaître en chef de file dans les autres circonscriptions. Et nous tenions à profiter de ce meeting pour remercier les militants et sympathisants qui nous ont permis d'obtenir 12 parrainages, ce qui n'est pas un petit travail. Ça a été un gros, gros travail, beaucoup d'énergie dépensée. Et nous remercions les maires également qui ont parrainé et permis cette candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et la belle récompense au final, c'est qu'on va pouvoir tous et toutes porter nos voix dans les urnes pour porter ce programme le 10 avril.
Donc on compte tous sur vous et pour faire votre travail, à votre tour de militant, parler autour de vous et que les urnes soient bien pleines de ce joli programme.
Alors si la campagne de Jean-Luc Mélenchon est commencée depuis novembre 2020, nous, haut des mois, donc l'animons ici localement depuis les fêtes de Noël. Nous percevons vraiment depuis quelques semaines une dynamique. On sent des attitudes et des réactions de plus en plus positives sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et aujourd'hui, il est donné troisième dans les sondages. Donc tout est possible, tout est possible si on se mobilise. Vous pouvez contribuer à amplifier cette dynamique. Pour celles et ceux qui le souhaitent, on se retrouve samedi, salle du temps libre, au Grand Pont-Oubre, pour la dernière ligne droite de cette campagne présidentielle.
Vous pouvez vous inscrire à la table, je dirais, qui est à l'entrée. Nous avons besoin de relais et de présence dans chaque commune et dans chaque bureau de vote. Plus vous serez et plus nous serons nombreux, et plus on va mailler le terrain et on va emmener des gens vers les urnes qui s'en sont détournés depuis plus de trois mandats. L'Union populaire, c'est ça.
On part de la base et effectivement, il y a aussi, au-delà de tous les militants qui travaillent, des députés qui ne ménagent pas leurs efforts, qui ne comptent pas leur temps, qui sont sans arrêt sur les routes, dans les trains et dans les salles comme celle-ci, pour venir nous soutenir et pour vous encourager, pour nous encourager à amplifier cette campagne. Donc ce que je vous propose, effectivement, c'est de dire, maintenant, il reste trois semaines, Jean-Luc Mélenchon est le candidat qui porte notre programme, l'Avenir en commun, Un autre monde est possible, oui, un autre monde est possible.
Et pour nous en parler, nous vous demandons, Aude et moi, d'accueillir chaleureusement Manon Aubry, députée et les filles au Parlement européen, co-présidente du groupe de la gauche au Parlement européen. Michel Larive, députée et les filles de la deuxième circonscription de l'Ariège. Il siège à la Commission des Affaires culturelles et de l'éducation. Et enfin, Clémentine Autain, qui est arrivée juste, juste maintenant, députée et les filles de la onzième circonscription de Seine-Saint-Denis, conseillère régionale de l'Île-de-France. On leur laisse la parole. Et bonne soirée à toutes et à tous.
Merci. Un plaisir d'être ici. D'abord, je tenais... La première chose, elle est évidente, c'est à remercier les militantes et les militants qui ont permis cette réunion publique ce soir, ce meeting. Vous avez été nombreux à coller des affiches, diffuser des tracts, et si nous, d'être dans des trains, mais en fait, notre force politique, elle n'existerait pas si chacune et chacune d'entre vous, vous ne passiez pas un petit peu de votre temps. Parfois, c'est juste quelques minutes, parfois, c'est des heures entières.
Et la preuve du succès de cette réunion publique et de ce meeting ce soir, avec une mobilisation, comme certainement il n'y en a pas eu à Angoulême dans le cadre de cette élection présidentielle, donc je voulais d'abord dire un immense merci à celles et ceux, et un immense merci à vous toutes et vous tous d'avoir répondu si nombreuses et si nombreuses. Et dans le pays, c'est pas inédit. C'est inédit, pardon, je vais y arriver. C'est inédit parce que, en gros, vous le mesurez. Partout dans le pays, la semaine dernière, c'est de ce genre que nous avons eu. C'est capable, pique Jean-Luc Mélenchon, pour cette élection présidentielle, on a des aspirations, je crois, la démonstration.
Peut-être que vous êtes même endormi devant sa conférence de presse tellement elle était longue, mais le fétion de la démocratie de M. Macron, il faut s'en contenter. Un résumé, c'est assez rapide. On a eu, aujourd'hui, le président de la République, Emmanuel Macron, qui est venu présenter son programme, son projet. J'ai envie de dire, trois semaines avant la date de l'élection présidentielle, il était temps. Nous, le note, il est prêt depuis octobre, novembre, je sais plus. Ces 694 propositions, elles sont écrites avec nous, vous savez à quoi vous en tenir.
Pour celles et ceux qui ne se sont pas encore procurés, vous avez des programmes à la sortie ici du meeting, et c'est bien la démonstration que, en fait, on a la naïveté de penser qu'une campagne politique, elle se fait sur des idées et sur un programme. Mais pour M. Macron, celui qui pense que sa réélection devrait être, vous savez, un petit peu automatique, il est venu se présenter, non pas devant les Français, non pas dans un cadre démocratique, non, devant des journalistes, pour dire son projet et pour dire à quoi s'attendre pour les cinq prochaines années. Alors je passe sur la forme. Vous aviez...
Moi, j'avais l'impression d'assister à un PDG qui venait présenter devant ses actionnaires ses bons résultats de cette année. Alors vous savez, il avait un beau PowerPoint derrière lui. Et finalement, il est venu vendre son bilan comme un PDG, comme le PDG Patrick Pouyanné, par exemple, le PDG de Total, vend son bilan auprès de ses actionnaires et les remercie à coup de dividendes bien généreux. Eh bien, on a un président de la République, le chef de la Startup Nation, qui est venu exactement faire ça et qui nous a prévenu pour les cinq prochaines années, vous n'en avez pas eu assez de la casse sociale, vous n'en avez pas eu assez d'un homme qui décide tout...
Vous n'en avez pas eu assez du matraquage des Gilets jaunes ? Vous n'en avez pas eu assez des poches faites aux plus pauvres de notre pays ? Eh bien, vous en reprendrez pour 50 plus, bien sûr. En résumé, c'est ça, le programme d'Emmanuel Macron. C'est ça qu'il est venu nous présenter ce soir. Alors, je vais faire dans l'ordre et je vais reprendre un petit peu ce qu'il nous a raconté. D'abord, il est venu défendre son bilan. Et honnêtement, dans un cadre assez méprisant, il fait même plus semblant, Emmanuel Macron.
Et il est venu nous dire qu'avec lui, vous l'avez remarqué, notre pays va beaucoup mieux, le pouvoir d'achat a augmenté, c'est la fin du chômage, est heureux, et évidemment, la planète est sauvée. Voilà le bilan qu'il a fait. Il a dit, par exemple, qu'ils avaient investi dans les hôpitaux. En fait, c'est un comique, Emmanuel Macron. Je ne sais pas vous, mais je pense qu'il pourrait concourir, alors peut-être pas pour le festival de la BD, mais au moins pour un petit festival d'humoristes. Donc, première blague, omettant au passage les 17 600 suppressions d'emplois de son quinquennat, il nous a dit à quel point il avait augmenté le pouvoir d'achat. Vous l'avez tous remarqué.
En fait, avec Emmanuel Macron, il faut toujours voir les petites lignes. Vous savez, la petite astérix, comme dans un contrat qu'on essaie de vous vendre quelque chose, la petite ligne derrière, c'est oui, il a augmenté le pouvoir d'achat pour les plus riches. De la même manière, il nous dit que le chômage est à son niveau le plus bas depuis 15 ans. Et là, je pense que ça vaut le coup de s'y arrêter quelques instants. Le chômage est au plus bas depuis 15 ans. Alors déjà, vous regardez autour de vous, vous dire, ah oui, alors j'ai tel ami qui est au chômage, tel ami qui travaille pour Uber ou Deliveroo, et qui a un emploi extrêmement précaire.
Bon, on n'a pas forcément le sentiment qu'on soit aujourd'hui dans une période de plein emploi. Mais en réalité, si le chômage est au plus bas, c'est les statistiques qui ne tiennent pas compte, par exemple, des catégories B et C du chômage, où le chômage a augmenté de plus de 8%. Qui ne tient pas compte du record de radiation à Pôle emploi, qui est quand même juste, c'est le record depuis 25 ans, 52 300 au dernier trimestre. Et surtout, de quoi ça ne tient pas compte ? De la précarisation de notre monde du travail. En réalité, un tiers des emplois qui ont été créés ce dernier trimestre sont des emplois par intérim.
Pour quitter les chiffres du chômage, il suffit d'avoir un emploi, ne serait-ce qu'une heure. Et pouf, vous n'êtes plus comptabilisés. Pouf, vous n'êtes plus dans les statistiques. Pouf, on ne s'occupe plus de vous et le problème est réglé. Voilà la technique d'Emmanuel Macron. Et il a le cynisme. Le cynisme. Parce que si on veut faire son bilan, c'est ça le bilan d'Emmanuel Macron. Le cynisme d'avoir fait la poche des plus précaires de notre pays, des chômeurs, avec sa réforme de l'assurance chômage, qui a coupé jusqu'à 40% dans les allocations des plus pauvres de notre pays et des chômeurs. Non, Emmanuel Macron.
Contrairement à ce que vous pouvez penser, il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver du boulot. Non, Emmanuel Macron. Être chômeur de notre pays n'est pas un choix. Non, Emmanuel Macron. Être chômeur dans notre pays, ce n'est pas être assisté. C'est aujourd'hui bénéficier des cotisations sociales qui ont été payées par les salariés. Que oui, aujourd'hui, on ne choisit pas de vivre avec un minimum de misère pour survivre, que touchent énormément aujourd'hui des locataires chômage. Non, Emmanuel Macron. On ne lutte pas contre le chômage en faisant la poche des chômeurs.
On lutte contre le chômage en partageant le temps de travail, en partageant les richesses, en faisant la planification écologique. Voilà comment on lutte contre le chômage. Et je vous le dis, pour arriver au pouvoir, une des premières choses, c'est précisément d'abroger cette réforme de l'assurance chômage. Et moi, je suis un peu naïve. Je me suis dit, quand même, il a tellement fait la poche des chômeurs, il va s'arrêter là. Ah ! Ben non ! Non, parce qu'il trouve qu'il faut davantage inciter, si vous prenez tous les mots de Macron pendant sa conférence de presse, vous avez l'espèce de meilleure sélection de la start-up mission.
Vous avez la simplification, la libéralisation des énergies, l'autonomie. Bref, vous voyez un peu le topo. Moi, je vous fais la traduction. Alors, je ne sais pas si je parle Emmanuel Macron de manière courante. Mais, dans le langage courant, en réalité, ça veut dire davantage de casse des services publics, davantage de cadeaux faits aux plus riches, dans le même temps où il fait payer cette crise aux plus pauvres de notre pays. Et là, je vais m'arrêter vraiment. Je pense que c'est une des informations principales de cette conférence de presse, parce qu'on peine à trouver des nouvelles propositions dans ce qu'il a raconté.
Mais, le cœur de ce qu'il a raconté et ce qu'il a annoncé, qui est, à mon sens, aujourd'hui, une des plus grandes atteintes aux droits sociaux de notre pays, c'est le RSA. Alors, dans la tête de M. Macron, qui n'a certainement jamais de sa vie touché le RSA, ni bénéficié du RSA, il pense que, oui, c'est un choix de vivre avec 550 euros par mois dans notre pays. Et donc, il pense que, puisque c'est un choix, évidemment, on va demander des contreparties, parce que, vous comprenez bien, vous autres, là, puisqu'il suffisait de traverser la rue pour trouver un boulot, ce sera, évidemment, extrêmement facile.
Eh bien, il a eu le culot, et je pèse bien le culot, de demander aux bénéficiaires du RSA de travailler 15 à 20 heures par semaine pour toucher le même montant de RSA. Donc, en fait, Emmanuel Macron est en train d'inventer une forme de prolétariat. Vous n'étiez pas assez fliqués, pas assez précarisés. Eh bien, il invente 11 à 20 heures par semaine. Est-ce qu'on mesure bien la stigmatisation des plus pauvres de notre pays qu'Emmanuel Macron est en train de faire en la matière ? Et l'objectif, derrière, c'est de mettre pression davantage encore sur le monde du travail, sur les droits des travailleurs qui ne travaillent pour rien, gratuitement, 15 à 20 heures par semaine.
Pourquoi on va augmenter votre salaire ? Et vous voyez bien l'effet en chaîne, derrière. Ce n'est pas seulement pour les bénéficiaires du RSA que c'est problématique. C'est pour toute la considération de notre système de protection sociale. C'est pour tout le monde du travail, derrière, qui va être directement atteint par cette vision-là du monde du travail. Eh bien, moi, je le dis. Et c'est une des propositions phares de notre programme. D'abord, le RSA, vous savez, contrairement à ce que pense Emmanuel Macron, il y a plus d'un tiers des gens de notre pays qui ont droit au RSA, qui ne le demandent pas. Et que la première des batailles, c'est lutter contre le non-recours.
Faire en sorte que toutes celles et tous ceux qui ont droit puissent en bénéficier. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, je vais le dire très clairement, pour tous les bénéficiaires du RSA, pour tous ceux qui sont en minimum vieillesse, pour tous les jeunes de notre pays qui se retrouvent à faire et accumuler plusieurs boulots, souvent pour financer leurs études. Eh bien, nous proposons une garantie d'autonomie à 1 063 euros par mois. Plus aucune personne de notre pays ne doit vivre en dessous du seuil de pauvreté. Ce n'est pas de la charité, ce n'est pas de l'aumône, c'est un combat minimum pour la dignité humaine. Et ça aussi, il faudra le rappeler, Emmanuel Macron.
Et puis, évidemment, il a repris son mantra qu'il nous avait déjà fait dans sa lettre. Vous savez, il nous avait envoyé une petite lettre il y a deux semaines, en guise de candidature. C'est vrai, avec le débat démocratique. C'est so old school. Alors, pour quelqu'un, au passage, qui voulait être super disruptif, c'est raté. Et il nous avait dit, il avait annoncé la couleur, il faudra travailler davantage, travailler plus. Alors, ce n'est même pas du Sarkozy dans le texte. À l'époque, je ne sais pas si vous vous souvenez, c'était travailler plus pour gagner plus. Avec Macron, c'est travailler plus pour gagner moins.
Et vous serez ravis d'apprendre, vous toutes et vous tous dans cette salle, qui n'avez pas encore la chance d'être à la retraite, eh bien, avec Emmanuel Macron, vous devrez travailler jusqu'à 65 ans. La pandémie m'a fait reculer des retraites. Non, M. Macron, c'est la mobilisation sociale qui l'a fait reculer. Et c'est cette mobilisation sociale qui devra aussi se traduire dans les urnes le 10 avril. Parce que tous, Emmanuel Macron, que ce soit Valérie Pécresse, que ce soit Éric Zemmour, que ce soit Marine Le Pen, ils ont un certain nombre de points communs. Et parmi lesquels, celui de travailler plus longtemps.
Alors qu'on a un quart des travailleurs les plus pauvres qui n'atteindront même pas l'âge de 65 ans. Eh bien, nous nous assumons de proposer un âge de départ à la retraite à 60 ans et 40 annuités. La retraite n'est pas un luxe, c'est un droit ! Évidemment, il nous a parlé un petit peu de pouvoir d'achat. Alors, il a fait le service après-vente de sa toute nouvelle mesure. Vous savez, les mesures qui sont annoncées et qui vont être mises en oeuvre le 1er avril ? Attendez, en dehors du fait que je me demande si c'est un poisson d'avril, c'est quand même 10 jours avant le premier tour, mais 15 centimes de remise à la pompe. Alors, pour vous, ici, en voiture, voilà, ça fait pas mal de gens.
Vous toutes et vous tous, quand vous faites votre plein ici, alors j'ai pas regardé les stations d'Angoulême, mais j'imagine que ça doit être comme partout en France, autour de 2 euros. 2,5 euros. Ah, c'est du vol, là ! Enfin, c'est déjà du vol, vous allez me dire. 1, d'essence. Alors d'abord, je voudrais penser à à toutes celles et à tous ceux qui utilisent leur voiture dans le cadre du travail. C'est peut-être le cas d'un certain nombre d'entre vous dans cette salle. Je pense notamment à ces métiers du soin. Vous savez, c'est elle qu'on a dit, notre pays tout entier repose sur ces femmes et ces hommes, en particulier ces femmes, que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal.
C'est du Macron dans le texte. La seule fois où il a été un peu de coche. Sauf que c'est toujours dans les paroles et jamais dans les actes. Et donc, je voudrais penser à ces aides-soignantes, notamment, et à ces infirmières qui font ces travaux en tournée et qui se retrouvent à devoir payer encore plus cher juste pour pouvoir exercer leur métier alors qu'elles ont souvent des salaires de misère autour de 800 euros par mois. Et donc, vous serez ravis d'apprendre que vous allez avoir une ristourne de 15 centimes. Sauf que la logique, c'est la même. Sans remettre au marché, le litre d'essence continue à augmenter de 15 centimes, la baisse de 15 centimes, walou, il n'y aura plus rien.
Parce qu'en réalité, Emmanuel Macron ne veut pas s'attaquer à la logique du marché. Que c'est toujours celle-là qui prédomine. Et que c'est pour ça, sur les prix de l'essence, mais aussi sur les prix de l'énergie, sur les prix des produits de première nécessité qui ont explosé depuis un certain nombre de mois, en particulier, vous vous en apercevez quand vous faites vos courses. Eh bien, la proposition qui est la nôtre, elle tient dans un décret. Il est prêt. Jean-Luc Mélenchon, élu président de la République, il n'aura plus qu'à le signer. C'est de bloquer l'ensemble des produits, le prix de l'ensemble des produits de première nécessité.
Que aujourd'hui, se déplacer, faire un plein d'essence, se chauffer, se nourrir, ne doivent pas être un luxe dans notre pays. Et que oui, quand je vois que des entreprises, du pétrole, comme Total, ont fait des bénéfices records l'an dernier, non pas de l'histoire de Total, mais de toute l'histoire du CAC 40, vous ne croyez pas qu'on aurait les moyens de les mettre à contribution ? Voilà aussi comment nous allons nous attaquer au problème du pouvoir d'achat.
Pas sans remettre aveuglément la logique du marché, comme le fait depuis le début Emmanuel Macron, mais bloquer les prix des produits de première nécessité, l'énergie, l'essence, les courses que vous allez faire, et s'assurer que tout ça ne soit pas un luxe dans la sixième plus grande puissance économique mondiale. Alors, tout ça, on n'a pas le... Parce qu'apparemment, c'est un luxe de pouvoir débattre avec M. Macron. Vous comprenez, descendre dans l'arène avec vous autres les gueux serait quand même pas à sa hauteur.
J'ai entendu, c'est plus son nom, je ne sais pas si vous vous souvenez, un député de La République En Marche qui a dit que le débat politique ne serait pas suffisamment élevé face à Emmanuel Macron, pardon. En fait, ça s'appelle la démocratie. Alors, je sais, vous l'avez un peu bafoué ces cinq dernières années, mais on est ravis de vous rappeler qu'il y avait une Assemblée nationale, des contre-pouvoirs, et qu'on a tenté de faire des propositions pendant ces cinq dernières années. Que certes, le Jupiter a décidé tout seul du haut de sa tour dorée de l'Elysée, mais quand même, au moins qu'il s'en rappelle une fois dans les cinq ans, une, ça se stade.
Juste un cadre démocratique de la confrontation. Des débats comme on a vu, où il connaît déjà les questions, ou alors le débat, si vous l'avez vu, cette semaine sur TF1, franchement, c'était ridicule, ce côté un par un, rond d'oignon. C'est ça, le débat démocratique, aujourd'hui ? Jusqu'au débat, il devait y avoir un débat le 23 mars sur BFM. Ce débat est annulé parce que, monsieur le chef de l'État, le débat politique n'est pas suffisamment à sa hauteur, et Marine Le Pen, dont la seule stratégie est de se cacher derrière ce duel Le Pen-Macron, s'est dit, ah, c'est l'occasion de ne pas débattre, je m'enfuis en courant. Voilà aujourd'hui à quoi est réduit notre débat démocratique.
Alors, je voudrais le dire aussi, une élection présidentielle, qui plus est, sous la Ve République, où on donne tous les pouvoirs au président de la République, ça aussi, ça changera avec nous. En réalité, cette élection, c'est pas une forme de contrat de téléphone, vous savez, où vous êtes reconduit de manière tacite, chaque année, on vous reconduit comme si c'était un truc qui était automatique. Non, c'est pas ça. Et qu'on peut changer d'opérateur téléphonique, librement, et qu'on peut aussi changer d'opérateur politique, et de logique politique, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et que c'est aussi tout ça l'enjeu aujourd'hui de cette campagne politique.
Et j'ai envie de le dire clairement à M. Macron, lui qui disait, vous vous souvenez, c'était pendant les Gilets jaunes, il y a un responsable ici, qu'il vienne me chercher, voire de la France insoumise et de l'Union populaire, croyants de notre pays, qui veulent aller vous chercher, qui veulent un débat démocratique. Il n'y aura pas de mandat sans un débat démocratique à débattre avec nous. Au moins, ça vous fera l'espace d'un instant. Vous rappelez que la démocratie existe et que ce sont les citoyens qui doivent la faire vivre. Alors M. Macron, venez débattre avec nous.
D'Emmanuel Macron, alors je pourrais en parler longuement, vous faire l'analyse, les petites astérixes à chacune des lignes. Mais en réalité, sérieusement, c'est une lettre d'excuse qu'il aurait dû écrire au français. C'est vrai ! Il aurait dû dire, désolé, j'ai augmenté les inégalités comme jamais. Désolé, je me suis fait condamner pour une action climatique. Désolé pour les quelques éborgnés ou mains arrachées des gilets jaunes. Désolé pour avoir bafoué la démocratie ces cinq dernières années. Désolé de vous avoir méprisé.
Emmanuel Macron, c'est ceux qui ne sont rien, c'est les gaulois réfractaires, les pognons dingues sur les allocations sociales, ce qui rend cohérent sa proposition sur le RSA. Bref, Emmanuel Macron, c'est un mépris démocratique, aussi avec une Assemblée nationale qui a été réduite trop souvent à une chambre d'enregistrement, malgré l'incroyable mobilisation que je voudrais leur rendre hommage ce soir de mes collègues députés à l'Assemblée nationale qui ont montré qu'à seulement 17, on pouvait faire autant de bruit
que vous êtes capables
de faire à 17. La majorité parlementaire à l'Assemblée nationale, cette majorité en capacité de transformer le pays. Et c'est ça tout l'enjeu vers lequel aujourd'hui on se trouve et vers lequel on marche. Oui, 300 députés ! 300 ? Imaginez ! Imaginez ! 300 Clémentine Autain, 300 Michel Larive, 300 Jean-Luc Mélenchon, etc. En réalité, Emmanuel Macron, il doit s'excuser. Et s'il y a bien une chose sur laquelle il doit s'excuser, c'est d'avoir été le président des riches.
Parce que ce quinquennat, c'est le jackpot pour les entreprises du CAC 40, bénéfice record, je vous parlais de Total tout à l'heure, mais c'est aussi bénéfice record pour toutes les entreprises du CAC 40, dividende record pour les actionnaires du CAC 40, bizarrement pour revenir, parce que vraiment s'il y a un truc qui m'a énervée, c'est sa proposition sur le RSA plus que toutes les autres. Parce que c'est toujours aux plus pauvres de notre pays qu'on demande des contreparties, qu'on demande de faire des efforts. Et c'est jamais aux grandes entreprises à qui ils ont versé près de 140 milliards d'euros d'aide. C'est jamais aux plus riches de notre pays.
L'impôt de solidarité sur la fortune, la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, la mise en place de la flat tax, 1,8 million d'euros qui a été fait aux 100 familles les plus riches. Imaginez, si vous tous dans cette salle, je vous faisais la séance tenante un petit chèque de 1,8 million d'euros. En réalité, c'est ce qu'il a fait pour les 100 familles les plus riches de notre pays. sans jamais demander la moindre contrepartie. Et donc, à toutes ces entreprises, notamment, qui se sont enrichies sur le dos de la crise.
Et puisque Emmanuel Macron a eu coutume de répéter bien avant la guerre en Ukraine que notre pays était en guerre, eh bien, puisque notre pays était en guerre, il faut mettre à contribution les entreprises qui s'enrichissent sur le dos de cette guerre. C'est pourquoi une de nos propositions et de mettre en place une taxe exceptionnelle sur les profiteurs de la crise. Que des entreprises comme Total, comme Carrefour, comme Amazon, comme Facebook et autres, qui ont plus que jamais augmenté leurs bénéfices l'an dernier, qu'elles soient françaises ou non, nous irons les chercher à partir du moment où elles ont une activité sur le sol français.
Eh bien, nous les taxerons et nous les mettrons à contribution. Et puis, bien sûr, ça a été le jackpot pour les milliardaires. Les 500 plus grandes fortunes de notre pays ont multiplié par deux leurs richesses. Imaginez-vous si votre richesse avait été multipliée par deux en l'espace de ce temps. Et juste l'an dernier, juste l'an dernier, c'est 200 qu'ont fait les milliardaires. Alors 236 milliards d'euros, vous allez me dire c'est sympa Manon, on ne va jamais gagner ça dans notre vie, moi je ne sais pas ce que ça représente 236 milliards d'euros. C'est vrai. Alors ramenez à des minutes, puis à des secondes, ça donne une idée de l'indécence du niveau d'enrichissement.
Par seconde, tenez-vous bien, ces milliardaires, c'est 4790 euros par seconde. Donc laissez passer les secondes dans votre tête et à chaque seconde, imaginez qu'ils s'enrichissent de quatre fois le SMIC. Et j'ai même une question. Une fois qu'on s'est acheté, je ne sais pas, trois Porsches, deux Ferrari, une maison, deux maisons, trois châteaux, on en fait quoi tout cet argent ? Si Bernard Arnault avait dépensé 8500 euros par jour depuis la prise de la Bastille en 1789, ce qui voudrait dire qu'il est immortel, eh bien on en serait qu'à 1% de sa richesse. C'est pour vous donner un ordre d'idée aujourd'hui de l'indécence.
Le résultat, c'est qu'on a cinq personnes, elles tiennent autour de cette table ici, cinq personnes qui possèdent autant que 28 millions de personnes dans notre pays. Imaginez seulement, autant que 28 millions de personnes dans notre pays. Voilà le bilan du président des riches qu'il faut qu'il vienne assumer devant nous. Et vous savez, c'est Victor Hugo qui disait « L'enfer des pauvres est fait du paradis des riches ». Parce que dans le même temps, puisque c'est une expression qui l'affectionne, dans le même temps, notre pays compte plus de 10 millions de pauvres, 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
Voilà le résultat de l'action du gouvernement, de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, de la mise en place de la plate-taxe dans le même temps où il faisait la poche des plus pauvres, en supprimant de 5 euros les APL, en mettant en place la réforme de l'assurance chômage. Voilà aujourd'hui le résultat de la stratégie d'Emmanuel Macron. Parce qu'à ce niveau d'augmentation des inégalités, on peut dire que c'est une stratégie. Eh bien, la proposition et ce que nous mettons sur la table de notre côté, c'est un véritable plan pour lutter contre les inégalités, en faire une des priorités principales du quinquennat de Jean-Luc Mélenchon.
Je vous parlais du blocage des prix tout à l'heure, c'est un des enjeux pour faire en sorte que se chauffer, etc. ne soit pas un luxe. Mais on va agir sur un deuxième levier, qui est le levier des salaires. Il n'en a pas dit un mot dans sa conférence tout à l'heure, Emmanuel Macron. Il a parlé, je crois, à deux heures, deux heures et demie. Pas une seule fois le mot SMIC. Le mot SMIC. Nous, nous proposons de le porter à 1 400 euros net par mois et de limiter les écarts de salaire de 1 à 20. S'ils veulent augmenter le salaire des plus riches alors qu'ils augmentent le salaire minimum.
Et je vous invite toutes et tous à regarder le plan sur la justice fiscale que nous allons publier dans les prochains jours. parce qu'ils l'ont pour objectif de véritablement tourner la page du président des riches. Je vais vous donner juste quelques mesures ici. J'ai des questions pour vous. Qui dans cette salle gagne moins de 4 000 euros par mois ? Alors pour ceux qui ne lèvent pas la main, vous avez la possibilité de faire un don à la sortie.
Pour ceux qui ont levé la main, eh bien sachez qu'avec nous, vous paierez moins d'impôts sur le revenu parce que nous le rendrons davantage progressif en passant de 5 à 14 tranches comme c'était à sa création et nous renouerons avec un principe qui a été un des principes mobilisateurs chez les Gilets jaunes, que les gros payent gros et que les petits payent petit pour enfin rétablir de la justice fiscale dans notre pays. De la même manière, qui dans cette salle a un patrimoine inférieur à 550 000 euros ? Ça fait pas mal de gens. Eh bien sachez qu'avec nous, vous paierez aussi moins d'impôts sur le patrimoine.
Pensez à cette taxe foncière pour ceux qui sont propriétaires qui est profondément injuste parce qu'on ne prend pas en compte, par exemple, le fait que vous soyez endettés pour acheter votre maison. Et quand vous vous endettez, c'est la banque qui détient une partie de votre maison. Rassurez-vous, Bernard Arnault, lui, il n'en a pas besoin de s'endetter. Eh bien on prendra en compte l'ensemble de votre patrimoine. On retranchera notamment l'emprunt que vous avez fait à la banque. Et on pose un principe très clair. Tous ceux qui ont un patrimoine en dessous de 550 000 euros paieront moins d'impôts sur le patrimoine.
Et les 1% les plus riches qui ont un patrimoine à 1 750 000 euros, nous les mettrons davantage à contribution comme les 1% les plus riches qui ont les revenus les plus élevés. Voilà comment nous rétablirons de la justice fiscale, notamment en rétablissant l'impôt de solidarité sur la fortune. Et il y a un autre truc qu'a dit Emmanuel Macron dans sa conférence. C'est que il devait trouver que les inégalités entre générations n'étaient pas suffisantes dans notre pays, sachant que 8 milliardaires sur 10 sont quand même des héritiers.
Il s'est dit, tiens, on va encore donner plus aux héritiers de notre pays en allégeant davantage la taxation sur l'héritage qui permet de remettre notamment les compteurs tous les 15 ans à zéro et qui permet aux riches de ce pays, parce qu'ils connaissent très bien les stratégies fiscales, d'ailleurs ils sont conseillés par les mêmes qui conseillent l'État.
Vous avez peut-être vu aujourd'hui le scandale McKinsey, une entreprise, c'est quand même, je m'arrête juste une seconde là-dessus, après je finis ma digression, McKinsey, une entreprise qui conseille l'État à qui on sous-traite pour des milliards et des milliards d'euros de conseils, c'est eux qui nous ont pondu, vous savez, Jacques a dit ça, Jacques a dit pas ça avec la super déclaration de sortie, l'autorisation de sortie qu'on remplissait, qui coûtent des milliards d'euros, donc on se fait arnaquer une première fois et on se fait arnaquer une deuxième fois parce qu'ils ne payent pas leur juste part d'impôt, on a appris qu'ils ont payé zéro euro d'impôt depuis 10 ans.
Et devinez quoi, ça va, pour aller jusqu'au bout, le conseiller, je crois que c'était le responsable d'affaires publiques de McKinsey, était un des donateurs et des soutiens à la campagne d'Emmanuel Macron. Comme ça, la boucle est bouclée. Eh bien, deux choses. La première, sur des entreprises comme McKinsey. D'abord, nous arrêterons de sous-traiter les services de l'État, des entreprises qui s'en mettent plein les fouilles. Et deuxièmement, nous mettrons en place un impôt universel pour que toutes les grandes entreprises multinationales payent leur juste part d'impôt. Nous reprendrons à la source en fonction de leur activité économique réelle.
Pensez à toutes ces petites entreprises autour de chez nous, ces bars, ces librairies qui n'ont pas de filiales dans les paradis fiscaux, qui n'évitent pas l'impôt. Eh bien, à ces libéraux, ça devrait leur plaire de rétablir un peu d'équité, un peu d'égalité. Et grâce à un impôt universel, nous récolterons 28 milliards d'euros qui nous servira à financer la garantie d'autonomie à 1 063 euros par mois. La logique, elle est simple, que les évadés fiscaux sortent les plus pauvres de notre pays de la pauvreté. Je crois que c'est un juste retour des choses.
Et pour finir, sur l'héritage, eh bien, notre proposition, elle est simple, davantage de progressivité et qu'au-dessus de 12 millions d'euros, on prend tout. 12 millions d'euros. Ça va, c'est 8 siècles de SMIC, ça va, pour commencer dans la vie, non ? Plutôt confortable. On est sympa, on en laisse quand même 12 millions. Et avec ça, on finance la garantie d'autonomie pour les jeunes, spécifiquement. Et donc, il y a aussi un sens de transmission de génération en génération. Voilà quelques-unes des propositions. Je ne vais pas être trop longue, les amis. Et je vais terminer en vous disant qu'on est aujourd'hui à moins de 3 semaines de cette échéance électorale.
Moins de 3 semaines c'est beaucoup et peu à la fois. On a vu et on a utilisé cette image de la tortue sagace qui porte sa petite maison sur le dos, qui est partie depuis un moment en campagne et qui fait la démonstration que quand on a un projet sérieux, un programme, 694 propositions, 12 plans, une quarantaine de livrets, avec nous, en tout cas, vous savez à quoi vous en tenir. Et aujourd'hui, la question qui est posée, c'est notre capacité d'accéder au second tour. C'est notre capacité de changer le destin de millions de Français. On a deux alternatives. Soit un débat entre 50 nuances de droite et d'extrême droite. Combien de fonctionnaires vous allez supprimer ?
Combien de milliards d'euros vous allez faire de cadeaux fiscaux aux plus riches ? Combien de réfugiés vous allez reconduire à la frontière ? Ou alors, l'autre alternative. C'est deux projets de société qui s'affrontent. La retraite à 60 ans ou à 65 ans. Le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune ou les cadeaux aux plus riches. La 6e République ou la monarchie présidentielle. Voilà le débat qui est posé aujourd'hui, à quelques jours à peine de ce second tour. Et c'est le message que je voudrais vous faire passer.
Peut-être, sans doute, dans cette salle, il y a des gens, des curieux, des gens qui ne sont pas convaincus ou des gens qui se disent « Bon, je suis venue voir mais je ne sais pas si j'ai envie de faire campagne. » En fait, chaque contribution comptera. Et c'est d'ailleurs une question que j'avais pour vous qui, ici, dans cette salle, vient pour la première fois dans un meeting de l'Union populaire ? Voilà, regardez-vous. Regardez-vous. Vous êtes la démonstration aujourd'hui de la dynamique qui se crée autour de nous.
Vous êtes la démonstration aujourd'hui que tous les jours des nouvelles personnes viennent faire campagne avec nous qu'aujourd'hui, la mobilisation, la dynamique qui est en train de se créer partout dans le pays, on l'entend, cette petite musique. Oui, les amis, plus que jamais, nous sommes en capacité d'accéder au second tour. Déjà, trois instituts de sondage nous donnent en troisième position juste à quelques encablures du second tour. et que la mobilisation pour accéder au second tour dépendra de chacune et chacun d'entre vous. Du déjeuner en famille le dimanche, de la pause café au moment où vous allez, où vous travaillez, de vos discussions avec vos voisins, vos amis.
Tu sais, je suis allée à ce meeting à Angoulême. Bon, Manon Oubrien nous a saoulés avec tous ces chiffres des très riches, mais en réalité, bah oui, en fait, je pense qu'on peut y arriver. et c'est ça le message avec lequel vous pouvez repartir ce soir. Que cette mobilisation, elle dépendra de chacune et chacun d'entre vous. Bien sûr, nous allons faire le tour du territoire et nous allons continuer avec nos amis. Mais que la plus grande force de notre mobilisation, c'est en réalité vous toutes et vous tous ici dans cette salle qui pouvez repartir avec quelques tracts, avec deux.
Parce que toutes celles et tous ceux aussi à qui on a dit depuis un an et demi que le second tour, ce serait Emmanuel Macron et l'extrême droite, voit bien qu'aujourd'hui le trou de souris est en train de se transformer en un trou de tortue et qui sait demain en un trou d'éléphant. Je ne dis pas ça pour le Parti Socialiste. Et c'est bien ça tout l'enjeu. Et cet espoir, c'est avec cet espoir que j'ai envie de terminer. Vous connaissez cette phrase de Jean Jaurès qui dit « L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements mais elle justifie l'invincible espoir.
» Alors ce soir, soyez plein d'espoir que oui, la retraite à 60 ans, le SMIC à 1 400 euros, la redistribution des richesses, la 6e République, la planification écologique est plus que jamais en capacité d'arriver au second tour et que si nous nous regroupons nombreuses et nombreux autour de ces idées, alors les amis, nous pouvons y arriver. Merci.
Bonsoir Angoulême. J'étais venu, je vois René, j'en vois d'autres que j'avais déjà vus, il est là à René. J'étais venu il y a quelques années et puis il s'est passé des choses depuis. Voilà, j'étais venu parler culture et devinez quoi ? C'est le festival de la BD, et bien je vais vous parler culture. Et alors moi, je suis relativement tranquille parce qu'Emmanuel Macron, il n'en a pas parlé. Alors je ne peux pas lui répondre, mais ça m'arrange parce que moi j'ai un truc à dire et puis comme lui, il n'a rien à dire, ça va plutôt nous arranger.
En tout cas, je suis très très très heureux d'être là à nouveau et on chope une énergie ici, je ne sais pas si vous ressentez ça, mais on attrape une énergie. Alors peut-être que nous, on vous en file, mais vous nous en donnez beaucoup. Merci beaucoup. Et il nous en faut un petit peu pour arriver jusqu'au 10 avril au rythme où on va. Mais tant mieux, tant mieux puisque la tortue avance effectivement. Alors, effectivement, l'art et la culture doivent enfin s'installer au cœur de la construction de nos sociétés. Et c'est juste la continuité d'un processus qui a commencé depuis la nuit des temps et que la Révolution française a organisé au service de la régénération de cette société.
Alors à cette occasion est né le patrimoine national et qui pose la question de la liberté de création. Aujourd'hui, le patrimoine national, il est mis à mal, bien entendu. Et le financement de l'État n'existe quasiment plus. Et il est remplacé, notamment, par un loto du patrimoine. Voilà. Alors j'ai eu l'honneur de faire un rapport, un rapport de mission sur le loto du patrimoine. J'ai eu l'honneur d'interviewer M. Stéphane Bern. Et voilà ce que j'en retire. Alors je vais continuer. Et la liberté, la liberté de création, elle, elle est toute relative. Quand les grands diffuseurs imposent aux artistes les standards qu'ils doivent suivre dans leur art, ça fait 40 ans.
Ça fait 40 ans que les politiques culturelles ne sont regardées que par le prisme de l'accès à la culture ou de la diffusion. En aucun cas, cette politique culturelle n'est regardée sous le prisme de la création, de la validation, de l'acquisition, de la diffusion, de la mémoire et enfin de la perspective. Je me rappelle d'une niche parlementaire. Une niche parlementaire, c'est un jour, parce que nous sommes un petit groupe, donc nous avons un jour où nous pouvons proposer des propositions de loi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Alors chacun y propose des propositions et moi j'avais proposé cette proposition de loi d'aide à la création.
Je leur parlais création, ils me répondaient diffusion. J'avais l'impression de parler à des gens qui ne me comprenaient pas, à part une qui comprenait très bien ce que je disais et qui ne voulait pas m'entendre, qui était la ministre de la Culture. Alors, pourtant, on sait qu'on ne peut plus penser aujourd'hui la culture uniquement comme un bien de consommation dont certains sont carrément exclus. à cause de la machandisation mais aussi de l'abêtissement. Je m'excuse bien de tous les médias. Je m'excuse bien. Quand on regarde à une heure de grande écoute nos télés et qu'on voit une émission comme les Ch'ti à Miami, on n'est pas sûr d'avoir des prix Nobel après. C'est pas certain.
Alors, aujourd'hui, on assiste à du prêt-à-penser, mais c'est là que c'est dangereux. Parce que c'est dangereux pour notre démocratie. Et notre démocratie, c'est pas un truc d'improvisé, quoi. La démocratie, c'est le résultat d'une construction sociale et elle est même d'un processus de réflexion et d'enseignement. D'où l'importance de la culture. Et pour construire une politique culturelle éminemment républicaine, nous devons nous intéresser à tous les aspects qui la composent. La validation, alors la création, bien sûr. La validation, l'acquisition, la transmission, la diffusion, la mémoire et enfin la perspective.
Et c'est ces étapes de la vie culturelle qui permettent d'ouvrir le grand chantier politique que doit être le droit social à la culture. Le droit social à la culture. Droit social à la culture qui n'est pas à confondre avec les droits marchands. Les droits marchands des TAFTA, CETA et tout ce qui finit en A, à part le TAFTA. Tous ces grands marchés qui s'occupent, eux, de diversité culturelle, de manière à pouvoir diffuser leurs produits, je parle là des grands marchés transatlantiques, et puis les autres qui, eux, parlent d'exception culturelle. Nous, on parle de droits sociaux et on parle d'exception culturelle.
Pas d'exception culturelle dans le fait de se renfermer, non, d'exception culturelle dans le fait de dire la culture n'est pas seulement un produit de marchand. Voilà. Parce que la culture, la culture, c'est pas une industrie. C'est pas une industrie, la culture. Le fait d'écrire, c'est pas un acte industriel. Bon, peut-être pour quelques-uns. Mais sinon, le fait d'écrire, c'est pas un acte industriel. Par contre, produire des livres, construire des livres, oui, c'est sur des lignes. Ça, c'est un acte industriel. Alors, le support culturel, c'est industriel. La culture, c'est pas industriel. Je voudrais aussi, ici, poser une précision sémantique entre l'art et la culture.
L'art, c'est le début, c'est le sentiment. C'est... Ah, ouf ! Moi, je suis d'un département où nous avons des grottes. Et donc, il y a un art pariétal. Lorsque l'homme préhistorique fait le négatif de sa main sur le rocher, à ce moment-là, il se passe quelque chose. Et là, c'est de l'art. Il y a une émotion. Quand il le codifie, quand il le valide, quand il le transmet, quand tout ceci va de génération en génération, là, c'est culturel. Vous comprenez ? C'est comme ça qu'effectivement, on peut entendre la culture. C'est pour ça qu'on ne peut pas s'occuper que de la diffusion, mais il faut s'occuper d'effectivement, de la création. Merci. Clémentine suit.
Alors, rien n'existe sans les gens qui créent. La culture, c'est le pivot essentiel du développement de nos sociétés. Il n'y a pas de diffusion artistique sans création artistique et sans artistes créateurs pour donner du sens à cette création. Il n'y a pas de découverte scientifique sans chercheur. Aujourd'hui, malheureusement, les artistes vivent très souvent en dessous du seuil de pauvreté et sont contraints souvent de prendre un autre emploi, notamment à la sortie de leurs études, autre que leur activité principale qui est celle de créer.
Et c'est là qu'on constate, notamment à la sortie des écoles d'art, que très peu d'élèves arrivent à vivre de leur création artistique et ils sont nombreux à bifurquer dans d'autres secteurs d'activité qui n'ont rien à voir parfois avec l'art. Avant la crise sanitaire, la moitié des écrivains gagnaient moins de 1,6% du SMIC et dans 88% des cas obligés d'exercer une autre activité professionnelle. Et 20% d'entre eux étaient sous le seuil de pauvreté. Alors aujourd'hui, c'est peut-être pire, mais c'est les données que j'ai juste avant la crise du Covid. Alors que ce taux, le taux de... le seuil de pauvreté, 20% des écrivains, donc, il s'établit pour l'ensemble de la population française à 14%.
Alors, ici, nous sommes à Angoulême, il y a le festival de la BD, et bien, la situation des auteurs de bandes dessinées, elle, est même encore pire puisque 53% d'entre eux sont en dessous du salaire minimum et 50% des femmes auteurs de bandes dessinées vivent en dessous du seuil de pauvreté. Des oeuvres qui nécessitent souvent un an de travail, un an de travail sont souvent rémunérées moins de 7000 euros par mois. Alors, les plasticiens également. Par an, oui, parce que par mois, c'est pas mal quand même. Ah, finalement, ça va pour eux. Non, non, c'est par an, bien sûr. Merci. Voilà, vous suivez, heureusement.
Ouh, je vous dis, on est là, c'est le sprint final, on en a fait quelques-unes et on continue. Donc, 7000 euros par an. Et les plasticiens, énorme taux de pauvreté, extrêmement, 53% d'entre eux vivent avec moins de 8700 euros. Voilà, merci. Alors, je préfère que ce soit vous parce que moi, je ne suis pas sûr. Alors, il existe des aides privées, il existe des aides publiques, privées, mais elles n'ont en aucun cas ni l'objectif ni la vocation à remédier à la situation de pauvreté dans laquelle sont les artistes auteurs. De fait, elles concernent généralement qu'une très petite partie des artistes, notamment chez les plasticiens, ceux qu'on appelle les repérés.
Les repérés, donc ceux-là, on va, plus, ils n'en ont pas besoin, eux, ils n'en ont pas besoin, mais on va aider ceux qu'on a décidé d'aider, c'est-à-dire les repérés. Et alors, par exemple, l'aide du Centre national des arts plastiques a été distribuée à 19 artistes en 2018, 19 artistes sur une population de 61 223. Voilà, voilà où on en est, voilà où on est cette politique culturelle. Alors, puisque cette politique n'a d'évidence en aucun objectif ni pour effet de remédier à cette précarité, il reste quoi aux artistes-auteurs in fine ? Eh bien, le droit commun, le RSA. Alors, bien sûr, nous, on a des propositions. Alors déjà, pour commencer, la FRAC. Ce qui existe déjà, la FRAC.
La FRAC, on va revoir un petit peu ce qu'ils font. Parce que la FRAC, ce sont les fonds régionaux d'action culturelle, ils avaient pour objectif d'aider les jeunes créateurs. Et ils sont tombés dans l'objectif de faire des musées. Ils sont tombés dans un truc de muséologie. Donc, en fait, ils achètent des tableaux, parfois étrangers, et ils sont dans une démarche muséologique. On ne leur a jamais demandé si on peut faire ça. Il y a des musées pour ça. Il faut redéfinir l'émission de la FRAC. L'émission de la FRAC, et ce n'est pas à cause des FRAC. Les FRAC, écoutez, nous, en Ariège, au niveau population, c'est à peu près la moitié de la Charentin. Donc, voilà.
Donc, à partir de ce moment-là, nous, il vient deux fois, deux, trois fois, il dit OK, 20 000, 20 000, 20 000, salut, et on ne le voit plus. Mais ce n'est pas, je ne lui en veux pas. Il a, dans sa région, Toulouse et Montpellier. Boum. Là, c'est fini. Là, c'est fini, métropolisation, 90% de subsides, et voilà. Et donc, nous, on essaye en ce moment de monter un centre national de la marionnette en Ariège. Et ça va le faire parce que j'insiste. Voilà. Et puis, le travail qu'on a fait à l'Assemblée. Manon a parlé, ce travail qu'on a fait à l'Assemblée. Effectivement, j'ai posé ce fonds d'aide à la création.
L'idée, c'était de donner des subsides pendant la période de latence, la période de création aux artistes-auteurs. Et pour ce faire, pour aller trouver les recettes, je demandais 1%, 1% sur les bénéfices d'une option lucrative de diffusion d'œuvres qui étaient tombées dans le domaine public. Donc, ça veut dire que, très concrètement, moi, je suis un ancien président du festival de théâtre, quand une troupe de théâtre aurait, après avoir tout payé, fait un bénéfice de 50 000 euros, ils en donnaient 500. Ils m'ont dit, d'accord, surtout si c'est pour aider les copains. Et puis, un centre national des artistes-auteurs, ils ne sont pas représentés.
C'est une catégorie de la société, un secteur d'activité de la société qui n'a pas de représentativité propre et dont Mme la ministre de la Culture ne veut pas de cette représentativité, notamment au travers des syndicats, que je salue d'ailleurs. l'acquisition et la validation de la transmission, je vais aller un peu plus vite, la place de l'enseignement public dans le rôle de la formation des esprits critiques, bien entendu. Exemple, ce n'est pas en faisant des tarifs réduits pour les enfants des quartiers populaires pour aller au musée qu'on va remplir le musée. Le fond du problème, il n'est pas là.
Il est à restituer sur l'éducation en apprenant de nouvelles saveurs, de nouveaux goûts, de nouveaux sens artistiques. Avant de vouloir mettre des bus à disposition pour aller au musée, il faut d'abord et surtout que les enfants comprennent l'intérêt qu'ils ont à aller au musée. Alors, le droit à l'éducation culturelle et à l'enseignement artistique, c'est incontournable d'une politique culturelle émancipatrice, bien entendu. Et Bourdieu disait c'est par le capital culturel que se définissent les classes. Alors, l'accès à la culture, c'est un aspect social. Et la culture doit être au centre de la construction de l'État.
Alors, ce droit social à la culture, il permet justement de connaître ce rédourat. Et notamment, il y a un article 1 de la loi contre la discrimination en 2008 que la France a reconnu que l'accès à la culture comme droit humain inaliénable et donc ne pas y avoir assez est discriminatoire. Et l'accès à ces discriminations culturelles, elles sont à la fois directes et indirectes parce qu'elles y incluent aussi le lieu de vie et le territoire. Et je peux vous en parler. Chez moi, il n'y a pas un bâtiment où il est inscrit au théâtre, au fronton, pardon, théâtre. Je n'ai pas de théâtre. J'ai des théâtres de verdure, mais je n'ai pas de théâtre.
Alors, justement, le fait de l'action culturelle, le fait de l'éducation populaire, notamment, eh bien ça, ça permet de pouvoir appréhender ces discriminations et de les dénoncer. Aujourd'hui, par exemple, un tiers des bénéficiaires du RSA ne le demandent pas. Ça, c'est une conséquence du manque d'éducation populaire. Alors, l'éducation populaire, effectivement, je vais m'y attarder un petit peu parce que je crois que c'est très important. C'est différent de l'instruction scolaire. Parce que l'histoire nous a montré qu'on peut être très, très instruit, voire érudit, sans pour autant être le plus grand humaniste.
Donc, la convention de 1790, je l'avais déjà compris et Condorcet, c'est lui qui a inventé en 1792 le terme d'éducation populaire. Et il disait à cette occasion, le genre humain restera partagé en deux classes, celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient, celle des maîtres, celle des esclaves. Alors, l'éducation populaire, effectivement, amène une meilleure compréhension du monde et surtout une éducation au discernement. Et ça, on en a besoin. On en a beaucoup besoin, notamment en termes d'écologie. Il faut comprendre que la problématique écologique, elle est systémique. C'est le capitalisme qui fait ça. Le Brésil est un des premiers producteurs d'agro-corburants.
Pour ce faire, il plante des choses et pour planter ces choses, il brûle l'Amazonie. Voilà. Donc, à partir de ce moment-là, d'ailleurs, on avait un très grand philosophe qui l'avait résumé, ça. Il s'appelait Coluche. Coluche a dit « Vous mettez un technocrate dans le désert du Sahara, vous êtes sûr que dans 5 ans, il achète du sable. » L'éducation populaire, c'est la meilleure antidote à tous les obscurantismes.
Allez, bien entendu, ce que j'ai dit est vrai parce qu'au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, Christiane Faure, après l'horreur de ce qu'ils avaient évoqué, avait réfléchi justement à un processus qui permettrait de susciter la réflexion et la pratique d'une attitude propice à l'éducation des adultes. Malheureusement, ça n'a duré que 4 ans. Il faut remettre l'éducation populaire au centre de nos projets de société aussi. Et il ne faut pas confondre l'éducation populaire et la démocratisation de la culture à la sauce néolibérale. Dans ce qu'on voit aujourd'hui qui est nommé la démocratisation de la culture, par exemple sur le pass culture. Le pass culture, c'est un business.
La culture, c'est le lien social, c'est aller vers l'autre. Le pass culture, c'est l'inverse, c'est l'individualisation. C'est je prends mon pognon, je vais acheter mon truc, je rentre chez moi. C'est l'inverse. C'est pas comme ça qu'on fait République. C'est pas comme ça qu'on fait République. Il faut faire exactement l'inverse. Je vous l'ai dit, je vous le dis, ce qui est proposé, maintenant on l'a dit, ce qui est proposé par M. le Président de la République, vous le prenez ici et vous le mettez carrément en face et là vous avez juste. Il faut faire strictement le contraire de ce qu'il nous raconte et notamment en matière de culture.
Parce que ce qu'ils font dans le pass culture, c'est formidable. On a des domaines où on n'est pas mauvais, cinéma et autres et tout. Et bien avec ce pass culture, on est en train de flinguer ces secteurs. Parce que que font les jeunes ? Ben forcément, Netflix, Spotify, machin, c'est normal. C'est comme ça. Et puis alors Netflix, on lui dit, wow, qu'est-ce qui se passe ? Mais non, mais je vais contribuer à la production cinématographique française. Oui, à combien ? Ben ça, je ne sais pas. Et donc, voilà. Et donc, il y a un énorme problème sur la conception, cette conception d'éducation populaire pour ceux qui sont aujourd'hui en place.
Éducation populaire comme des fois économie sociale et solidaire qui dans certains cas ne sert qu'à repeindre et humaniser le capitalisme. Et puis, il y a la transmission, il y a la langue, il y a la francophonie. Alors la francophonie, ici, dans ce quinquennat, ils l'ont oubliée. Ils ont enlevé le secrétariat d'État, il n'y a plus de ministère. Il y avait une seule scène nationale à Paris qui était une seule nationale de la francophonie. Eh bien, ils l'ont fermée. Le tarmac, on a lutté pour contre sa fermeture, mais ils sont au pouvoir et pas nous. Et voilà, ici, il a fait quelque chose, M.
Macron, il a lommé une dame, Leila Slemani, et quand elle a été nommée, a dit cette phrase, maintenant, qui est historique. Elle a dit « Le français, c'est cool ». Voilà, alors là, on n'est pas sortis des ronces, comme on dit chez nous. La francophonie, c'est cool. Alors, alors, alors qu'en fait, la francophonie, c'est un espace des imaginaires différents qui sont portés par un même véhicule. Et la francophonie, c'est pas la France. Il y a plus de locuteurs français à l'extérieur de l'Hexagone qu'à l'intérieur de l'Hexagone. C'est une chance pour nous, la francophonie. J'arrive à la diffusion. La diffusion, ça va très vite.
Diffusion artistique, le spectacle vivant, bien sûr qu'il faut le repenser. Moi, je travaille avec les états généraux du Hof à Avignon. Effectivement, on repense, donc je te dis, c'est normal qu'il y ait 1800 types qui sont hommes-sandwiches types et dames, pardon, qui sont hommes-sandwiches en même temps. Là, au même moment, non, non, non, c'est l'industrie. Je ne me suis pas fait que des potes quand j'ai dit que c'était le Lidl du théâtre. Effectivement, le truc, c'est qu'on a un problème. Il y a des gens qui sont excellents là-dedans, mais on ne les verra pas. Ils sont noyés dans la masse. Donc, il faut repenser ces grands événements. J'en suis certain.
Bien sûr, il faut regarder ce qu'il y a des rémunérations des intermittents du spectacle. Il faut stabiliser ces rémunérations et arrêter les attaques sur les annexes 8 et 10 pour ceux qui connaissent. Les médias, effectivement, les médias, à partir du moment où on a commencé à vendre le premier média à Bouygues, Bouygues, il fait des ponts, normalement. Il ne fait pas des médias. Donc, le truc, le Lidl a dit que nous, ce qu'il nous faut, c'est du temps de cerveau disponible pour vous vendre du coca. C'est ça. Donc, les médias, ils sont ce qu'on en a fait. Voilà. Donc, nous, on va effectivement essayer d'en faire autrement.
Parce qu'en plus, le danger des médias, c'est que les médias construisent l'opinion, qu'on le veuille ou non. Et donc, à partir de ce moment-là, quand on a une concentration des médias d'entre les mains d'un type qui diffuse des idées nauséabondes, là, ça devient dangereux pour la démocratie. Là, ça devient dangereux. Je ne le nomme pas. Je ne veux pas nommer non plus le candidat parce que ça va, il est trop nommé. Mais par contre, ce que je sais, c'est que le racisme, c'est un délit, pas une opinion. Alors, en ce sens, la culture, la culture, là, dans ce cas-là, devient que communication. D'ailleurs, jusqu'en 2017, c'était le ministère de la Culture et de la Communication.
Aujourd'hui, c'est que de la communication. Alors, sur des propositions que nous avons sur la concentration de l'édition littéraire aussi, il faudra limiter le nombre de mises d'édition qu'on a en droit de posséder. Pareil pour les télévisions. 90% des médias sont la propriété de 9 milliardaires. Eh bien, il va falloir abaisser les parts de marché, le nombre d'autorisations de télé, les parts d'audience radio. Voilà. Il va falloir une vraie loi sur la création d'un véritable conseil de déontologie où le public sera admis. Il faudra bien sûr repenser la circulation des artistes, mais au niveau national, mais surtout au niveau local.
Et puis, d'autres choses nouvelles, créer un centre national du jeu vidéo parce que le jeu de vidéo est devenu culturel. Effectivement. Il faudra promouvoir la culture scientifique pour éviter ce que l'on entend. Et puis enfin, il faudra peut-être quand même taxer les GAFAM, ces GAFAM, ces grandes plateformes américaines, sur le chiffre d'affaires qu'ils dégagent dans le pays de réception de leur programme, pas d'émission de leur programme. Et la directive SMA malheureusement a décidé que ce serait dans les pays d'émission. Donc, ils vont se placer où d'après vous ? Luxembourg, Pays-Bas, Irlande. Voilà. Alors, Macron était très content. C'est un alternatif également.
Oui, mais ça, je vais le dire. C'est dans le truc. Si tu veux, j'y viens. J'y viens. Non, mais tu viens un peu, si tu veux. Désolé. Alors, j'y viens. Ce que je veux dire pour continuer sur les GAFAM, c'est que Macron a levé les bras en disant on va les taxer à 15%. Déjà, c'est pas fait du tout. Par contre, quand il est taxé à 15%, moi, j'ai mon artisan d'art en pas de chez moi, c'est 25%. Il en manque 10%. Donc, une plateforme pour une médiathèque publique. Voilà. C'est ça ? Bon, presque ça. En tout cas, nous, on va la proposer cette plateforme. Et la mémoire. Et la mémoire. La mémoire, c'est un acquis pour soi et le commun, bien sûr. C'est le compte-rendu du passé.
Alors, effectivement, là, les outils de la mémoire, c'est les archives nationales qu'il faudra préserver, les moyens humains et les moyens structurels. L'INA, l'INA qui veut le refondre dans un grand service public, qui veut complètement détricoter. Et les musées. Les musées, dont nous, voulons très largement défendre la gratuité. Et puis, l'archéologie, ils sont en train d'attaquer l'INRAP en ce moment. Et puis, il y a des choses dont il va falloir, parce que nos sociétés évoluent, parce que nos réflexions évoluent. On va peut-être se poser la question aussi des vestiges anthropobiologiques. Voilà. Et les inscrire dans une loi.
Parce que ces vestiges-là, quand on les touche, on a le droit des pompes funèbres, le droit civil, le droit... Il y a plusieurs droits qui arrivent et on ne sait pas trop quoi en faire. Et puis, on arrive peut-être dans un domaine là, sacré. On arrive peut-être dans un domaine qui veut dire quelque chose pour les gens. avec nos nouvelles technologies, a-t-on besoin à nouveau, à chaque fois, de détruire ou de ramener ou de piller, de mettre dans des musées ? Il va falloir se poser la question. Parce que ça aussi, c'est une démarche humaniste. Le respect de la mémoire.
Il faudra donner les moyens matériels de sauvegarder le patrimoine matériel, mais aussi matériel, les savoir-faire, les métiers. Je parlais des artisans d'art, bien entendu. Et les perspectives ? Les perspectives, c'est quoi ? On a commencé par la création, la validation, la diffusion, et puis la mémoire. Et on met tout ça en perspective pour revenir à la création. Et alors, à ce moment-là, on met un mouvement culturel. Oui, effectivement, en mouvement. Et ça, ça peut être une politique culturelle. Parce qu'en plus, c'est administrable à chaque fois. Et la culture, elle doit être à chaque instant critiquée pour avancer.
Et donc, c'est la construction qui nous intéresse, cette construction d'un commun culturel à partir d'une culture en commun. Édouard Glissant, Jean-Luc Mélenchon, en parle, il conceptualise cette chose sociologiquement dans le concept de créolisation. Alors, il faut s'emparer de ces perspectives avant que nous les subissions. Et la culture ne doit plus être la variable d'ajustement des budgets. J'étais président d'un festival de théâtre, à chaque fois que j'arrivais, je leur disais, bonjour, c'est moi, je pèse 25 mètres de route départementale de voie. Vous avez compris ce que ça veut dire. Ça veut dire que si leur manque ces 25 mètres, on va d'abord le piquer dans la culture.
Alors, je vais finir. Notre mesure phare. Oui, non, ça va, je suis dans le temps. C'est bien. Non, non, je suis pas mal. Finalement, je suis pas mal. Non, je sais, je me dis, tiens. La mesure phare, la mesure phare, parce qu'il faut la financière, tout ça, c'est imposer que 1% du PIB de notre pays soit consacré à la culture.
Voilà.
Alors, j'ai dit ça à Mme Bachelot. J'ai dit ça à Mme Bachelot. Elle m'a dit, vous vous rendez compte, nous, au maximum, c'est 4 milliards. Vous voulez faire, nous, on est à, ça va faire quoi, 21 milliards. Et je lui ai dit, mais attendez, attendez, 4 milliards là, mais il n'y a pas que vous qui faites de la culture, heureusement, sinon. Il y a les collectivités territoriales, les mairies, donc le tout, ça fait 19,7 milliards. Donc, nous, on augmente d'1,7 milliards et un peu plus peut-être parce que le PIB a monté, je n'en sais rien. Mais enfin, voilà, donc ça fait un peu plus. Eh bien, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que, nous, ce qu'on est en train de dire, ce que je vous ai dit, ça coûte 1,586 milliards. Et ce qui rapporte, c'est cette ouverture de crédit, 1,7 milliards, abroger les niches du mécénat parce qu'on veut abroger les niches du mécénat. J'en dis deux mots là-dessus. Le mécénat, c'est super pour les très riches, bien sûr, parce qu'en fait, vous payez leur goût. Parce que, quand ils sont exonérés de 66%, chaque exonération, l'État compense avec vos sous. Voilà. Donc, en fait, vous payez le goût des riches. J'espère que ça vous fait plaisir. Moi, pas trop quand même. Alors, bien sûr, abroger la niche fiscale sur l'ISF, sur les œuvres d'art, ça, c'est 100 millions.
1% sur le bénéfice du chiffre d'affaires après 70 ans, ce que je vous ai parlé tout à l'heure, ça fait quand même 800 millions. Parce que la petite troupe, elle donne 500 euros. Mais celui, je ne vais pas le citer non plus, qui diffuse un opéra rock, Mozart, celui-là, quand on va lui prendre 1%, ça a commencé à tomber quand même. Et comme ils sont plusieurs à faire ça, ça va rapporter 800 millions. Donc, instaurer un domaine public commun, parce qu'effectivement, je ne vous l'ai pas dit, nous avons aussi proposé une proposition de loi sur les droits d'auteur. On a été moins à gauche que Victor Hugo. Je m'excuse. Victor Hugo, elle a dit, moi, les morts, je prends tout, je file aux vivants.
Non, on a dit, attends, ils vont gueuler. Non, alors on a dit, écoute, on va prendre la moitié. On va prendre la moitié, parce qu'en plus, ce n'est pas un travail, c'est une rente. Ceux qui ont bossé, c'est ceux qui étaient vivants. Ceux qui sont morts, bon, ils ne pensent plus. Et donc, à partir de ce moment-là, cette rente-là, on dit, la moitié pour aider les vivants et l'autre moitié pour la famille. Les affectations, il en reste, puisqu'il reste une finée, 1,4 milliard d'euros supplémentaires. 410 millions sur les subventions fléchées pour la culture sur les collectivités territoriales. 1 milliard sur le patrimoine des infrastructures, avec le personnel qui l'accompagne, bien entendu.
Et si on veut qu'une politique culturelle soit forte, elle doit être portée par toute la société. Parce que la création, elle est notamment essentielle et constitutive de notre humanité. Elle est ce qui fait bouger l'art, la science, les biens immatériels, la culture. et il ne s'agit pas là, comme le fait, comme l'ont fait tous ces gouvernements successifs, de penser la culture comme un pansement social destiné à créer du lien, là où on a fait disparaître le service public, en étant les roues de secours des politiques défaillantes. Avec la recherche des politiques culturelles publiques, c'est de la construction de notre humanité qu'il s'agit.
Pour finir, je voudrais finir en empruntant ces quelques phrases au philosophe et historien de l'art, Walter Benjamin, suicidé à Portbou, pas très loin de chez moi, en 1940, dans les Pyrénées-Orientales, victime de la barbarie nazie. Chaque mot de notre langage contient, comme enroulé sur elle-même, une pelote de temps constituée d'opérations historiques.
Alors que le prophète et le politicien s'efforcent de sacraliser les mots en occultant leur historicité, il appartient à la philosophie et à la poésie, la tâche profane de restituer les mots sacralisés à un usage quotidien, défaire les nœuds du temps, arracher les mots vainqueurs pour les remettre sur la place publique où ils pourront faire l'objet d'une ressignification collective. Un autre monde est possible ! Un autre monde est possible ! Au 10 avril, les amis ! Au 10 avril !
Angoumoisin, Angoumoisin, bonsoir. Très heureuse d'être là ce soir et j'ai quelques heures de vol à mon compte. Je parle d'heures de vol militantes et je crois de mémoire que c'est la première fois de ma vie que je fais un meeting où l'un des intervenants, surtout quand on est trois, fait un discours intégralement sur la culture. et je pense que ce n'est pas une petite histoire parce que la culture est sortie des radars, n'est plus un sujet politique dans notre pays et c'est particulièrement grave parce que c'est le sel de la vie, parce que c'est le sens de la vie et donc moi, je voudrais remercier le travail de Michel Larive parce que je pense qu'il est décisif.
Il sait que j'ai un biais parce que je suis fille d'artiste mais honnêtement, ce n'est pas simplement parce que je suis fille d'artiste, je sais que chacune et chacun d'entre nous est touchée par cela et au fond, on est dans un monde qui nous dit sans arrêt ne pense plus dépense et ça, ce n'est pas possible. Il faut qu'on arrête cette société qui nous dit ne pense plus dépense. Alors, il y a un sujet en revanche et c'est celui dont je vais vous parler ce soir, dont vous êtes abreuvés, on est abreuvés depuis un certain nombre d'années, c'est la République, n'est-ce pas ? puisqu'ici, nous sommes le camp des antirépublicains comme vous le savez.
Donc, ce dont je voudrais vous parler, oh là là, je me sens énervée déjà tout de suite. Ce dont je voudrais vous parler, c'est du hold-up, du hold-up qui a été fait sur la République et je me souviens du moment où cette histoire, ce hold-up, cette prise en otage de la République m'est apparu clairement. C'était le 15 décembre 2016, j'étais chez moi, je prenais mon petit déjeuner et j'écoutais France Inter à l'époque et là, oui, ça va, et l'invité était Manuel Valls. Je savais que ça vous mettrait d'emblée de bonne humeur.
Et, bon, je ne savais pas comment j'allais digérer mais quand même, j'écoute et là, j'entends sérieusement Manuel Valls d'un seul coup citer mon nom et dire Clémentine Autain a noué des accords avec les frères musulmans. Texto, Clémentine Autain a noué des accords avec les frères musulmans. Je dis quand même breaking news parce qu'une femme, une féministe qui a noué des accords avec les frères musulmans, quand même faut, bravo. Donc, je me dis, Patrick Cohen qui était à l'époque l'animateur de l'émission va dire quelque chose. Les journalistes qui sont sur le plateau ne vont pas laisser passer un truc pareil.
Non seulement, ils ne disent rien mais à un moment donné, on entend même Patrick Cohen dire oui, oui, opiné du chef. Et en réalité, à ce moment-là, ça n'est que le début d'une histoire qui est une histoire qui a départagé deux camps de façon artificielle entre, d'un côté, ceux qui sont des républicains autoprogrammés, dont Manuel Valls, et de l'autre, eh bien, tous les antirépublicains, les ennemis de la République. Et ils le font par le biais de contre-vérités, de calomnies dont malheureusement on a depuis vu l'ampleur des dégâts, c'est-à-dire qu'ils n'ont quand même pas cessé de le faire.
Et donc les adversaires, pour eux, les fameux républicains autoproclamés, ce ne sont pas, ce n'est pas l'extrême droite par exemple, qui pourtant, le premier danger aujourd'hui, la première menace par rapport à notre République. Non, c'est en gros l'essentiel de la gauche que nous sommes et des écologistes. C'est exactement là que se situe ce hold-up. Et c'est une toile de fond qui a en réalité facilité la montée en puissance des idées d'extrême droite qui les a banalisées et qui a fait en sorte que, d'une certaine manière, l'ensemble du débat public soit sous l'hégémonie des partis pris de l'extrême droite.
Il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé ensuite, c'est-à-dire qu'on a vu apparaître Éric Zemmour, Éric Zemmour qui a d'abord été un éditorialiste, puis d'un seul coup il a eu son heure quotidienne sur CNews. Le voilà candidat à la présidence de la République avec toujours en poche son grand remplacement et sa folie première, c'est le cas de le dire, puisque quand il est apparu sur la scène publique, son premier livre qu'il a fait sortir de terre, ça s'appelait Le premier sexe. C'était à l'époque son obsession qui est toujours là, même si on la voit moins, de la complainte de l'homme blanc.
Vous savez, la complainte de l'homme blanc est quand même très très mal traité, notamment par les féministes que nous sommes. Et donc, moralité, cet homme-là, Éric Zemmour, qui a dit récemment que Pétain a protégé les Juifs, ne fait pas partie de ceux qui ont droit à la chasse aux sorcières pour ne pas être des républicains dignes de ce nom. Mais ensuite, la droite s'est mise à courir après cette extrême droite. Et on ne s'y attendait pas, mais je vous rappelle que dans la primaire des républicains, Éric Ciotti, vous savez, cet homme merveilleux qui veut un Guantanamo à la française, a quand même fait 40% des voix.
Et Valérie Pécresse, qui est sortie en tête, n'est pas en reste parce que même avant d'être candidate, elle avait dit qu'il fallait que les peines soient doublées dans certains quartiers. Alors, certains quartiers, il faut les traduire, c'est les quartiers populaires. Doubler les peines dans certains quartiers, ça, c'est contraire à l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui dit très clairement que la loi doit être la même pour tous et partout.
Voilà.
Mais cette Valérie Pécresse, cette Valérie Pécresse qui court après l'extrême drape, elle a fait encore mieux après parce qu'après, elle a dit qu'être français, vous en souvenez peut-être, être français, c'est avoir un sapin de Noël, manger du foie gras et élire Mire France. Si ! Eh bien, pour nous, la France, c'est liberté, égalité, fraternité. Forcément, dans ce climat, Marine Le Pen, elle n'a rien à faire, elle attend, elle se frotte les mains et elle en grange. C'est ça, la réalité de la situation politique dans laquelle nous sommes. Alors, c'est vrai que, avant même tout ça, la République avait déjà perdu de sa force.
Elle avait perdu de sa force, on le sait, avec les affaires de corruption qui ont enfin émergé, mais qui ont entaché la vision que nous avons de nos institutions et surtout de leurs représentants. Et plus fondamentalement, je dirais que la République, elle a été malmenée parce que sa promesse républicaine, elle s'est fracassée sur le mur d'une liberté qui a été confondue avec le libéralisme économique, avec une égalité qui est en réalité une égalité en marche arrière et une fraternité qui s'est noyée dans la mer Méditerranée. C'est cette situation que nous avons aujourd'hui, c'est-à-dire une République qui va très, très mal.
Et l'opération de Manuel Valls, qui a ensuite été relayée par le Printemps républicain, par toute une série d'éditorialistes, de grands médias, dans tous les sens, cette opération, elle a un but politique. Et le but politique, c'est de discréditer, d'une certaine manière, tous ceux qui, à gauche, ont critiqué le bilan de la Hollandie. C'est-à-dire que pendant ce temps-là, vous faites une grande affaire de diversion et vous disqualifiez tous ceux qui, à gauche, sont capables de relever la tête, de disputer ce bilan de cette Hollandie et de dire qu'un autre projet, qu'une gauche digne de ce nom, est possible dans notre pays.
Et cette opération, elle est extrêmement grave parce qu'elle contourne, elle contourne le débat et au moment où Emmanuel Macron arrive au pouvoir, finalement, il n'a plus qu'à se mouler là-dedans. Le terrain est préparé et il y va. Il y va parce qu'il a non seulement repris toute une série de discours empruntés à Manuel Valls, mais il a aussi posé des actes. Je pense en paroxysme à la loi séparatisme, la fameuse loi dite séparatisme. Quand même, on a entendu un paquet d'horreurs à l'Assemblée nationale.
C'est le moins qu'on puisse dire puisqu'elle a validé les obsessions identitaires imposées par l'extrême droite rien que dans l'intitulé de la loi et qu'en plus, elle était assez ridicule parce qu'on avait des articles à l'intérieur qui, en fait, reprenaient des choses qui existent déjà dans la loi. Il s'agissait d'interdire des choses qui sont déjà interdites. Donc, au mépris de la loi existante, au risque du ridicule, Emmanuel Macron a enfourché le pas de cette folie. Et ces ministres ont été, eux aussi, totalement au rendez-vous.
Vous vous souvenez peut-être de Dominique Vidal, la ministre qui est chargée de l'enseignement supérieur, qui a été complètement au diapason des unes de valeurs actuelles puisqu'elle a expliqué quand même que les universités étaient un laboratoire de l'islamo-gauchisme, le fameux mot tiroir. On avait autrefois les hitlerotrotskistes, on a eu les judéo-bolchéviques et maintenant, nous avons les islamo-gauchistes qui ne veulent strictement rien dire et qu'une ministre se l'approprie en mettant en cause le secteur de la recherche est quand même une atteinte assez profonde à ce qu'est la liberté de la recherche et aussi au sens des mots tout simplement.
Mais Blanquer a fait la même chose par lui, il s'en est plus wokisme parce qu'ils se sont lassés avec l'islamo-gauchisme et il s'est dit wokisme, on va y arriver. On n'a toujours pas compris ce qu'était le wokisme. Woke, c'est être éveillé. Donc s'il s'agit de s'en prendre à tous ceux qui veulent en effet se battre contre les inégalités, les injustices, moi, je ne vois pas très bien quels les problèmes du wokisme. Mais comme ils ont mis tout un tas d'autres choses à l'intérieur du mot, on finit par ne plus rien comprendre et c'est un mot-valise qui est un mot-valise tout à fait insupportable comme petite musique dans laquelle Blanquer s'est bien engouffré.
Et dans ce glissement idéologique, au fur et à mesure, la République s'est trouvée instrumentalisée et elle a été déshabillée, profondément déshabillée de son sens, d'ailleurs totalement assimilée à la laïcité, c'est-à-dire qu'on avait l'impression que la République n'était plus que la laïcité et la laïcité comprise dans un sens qui n'avait au fond rien à voir avec ces concepteurs, notamment, je pense, à tous ces ardents défenseurs de la loi de 1905 où ça a été quand même une sacrée bataille.
Et l'état d'esprit était d'aller vers une paix civile et non pas vers la guerre civile comme aujourd'hui semble nous amener un débat public qui est un débat public qui fige, qui clive et non qui rassemble et qui permet de faire en sorte que la laïcité soit bien comprise et correctement appliquée. Donc dans cette histoire-là, ce que j'ai envie de vous dire ce soir, c'est qu'il faut qu'on arrête de s'excuser, qu'on arrête de montrer patte blanche, qu'on relève la tête et qu'on défende la République, la vraie, celle que nous voulons et celle dont je veux précisément vous parler ce soir.
Parce que non seulement nous ne supportons pas la chasse aux musulmans qui est faite dans notre pays, ça c'est clair, on l'assume et il faut l'assumer quand on a une telle offensive de l'extrême droite sur ce sujet-là. Mais en prime, nous sommes là pour redonner de la vigueur à la République, pour relancer la dynamique de l'égalité, de la liberté et de la fraternité. L'émancipation est pour nous un fil protecteur, profondément protecteur contre l'obscurantisme et contre le néofascisme. Et avec Jaurès, avec Jaurès, nous savons à quel point la logique de guerre, par exemple, ne conduit pas à la paix. Elle ne peut pas conduire à la paix.
Et si dans la période que nous traversons avec ce qui se passe d'effroyable en Ukraine, avec l'agression de Poutine, Poutine d'ailleurs, vous avez peut-être vu aujourd'hui, dont le projet commence petit à petit à s'éclairer, qui est un projet dangereux, effrayant à tout point de vue. Non seulement ce type est un tyran, mais il a une vision expansionniste très inquiétante et de trac de tous ses opposants qui est là aussi particulièrement dangereuse. Donc il y a bien un peuple qui est attaqué par un tyran russe et nous, nous voulons entraîner le camp de la guerre. Ça ne veut pas être le camp de la paix contre ceux qui sont vattes en guerre.
Entraîner le camp de la paix contre ceux qui sont vattes en guerre parce que nous sommes convaincus que la solution doit être diplomatique et pour réussir sur un plan diplomatique, il faut mener le rapport de force avec Poutine. Et ce rapport de force peut se faire en essayant de toucher à la tête les oligarques en particulier, en tout cas de s'y mettre.
Et aussi d'affirmer notre solidarité avec le peuple ukrainien et notre solidarité avec le peuple russe qui se lève, la partie des Russes qui se lève avec un courage exemplaire que nous pouvons ici dans cette salle saluer parce que franchement entre ceux qui se prennent, entre ceux qui en Ukraine se prennent les bombes sur la tête, tu voyais l'autre jour horrifié, une femme, 19 ans, qui sortait pour aller chercher son bébé, tout petit bébé et juste le temps de faire quelques centaines de mètres, une bombe lui est tombée sur la tête. C'est ça la guerre. C'est affreux, c'est horrible, c'est innommable.
Et évidemment que nous sentons une empathie, une humanité commune qui nous fait détester la guerre qu'elle soit en Ukraine ou qu'elle soit en Syrie. ça serait bien qu'on ait aussi une émotion qui ne soit pas à géométrie variable. Qui ne soit pas à géométrie variable. Donc nous devons dans cette affaire garder cet objectif, cet objectif de paix qui nous guide, qui nous guide profondément. Et pour revenir à la République, il faut se rendre compte que la République, évidemment, elle est menacée par ceux qui la détestent. Enfin franchement, ceux qui détestent absolument la République, c'est tout petit. C'est absolument marginal dans notre pays.
En revanche, ce qu'il faut savoir, c'est que dans l'histoire, la République a toujours été un enjeu de débat. Il n'y a pas les républicains et les antirépublicains. Il y a à l'intérieur des républicains des confrontations qui sont des confrontations très fortes. Entre ceux qui sont pour une République monarchiste, entre ceux qui aiment les châteaux versaillais et puis ceux qui s'en prennent justement à cette monarchie présidentielle, c'est un gouffre. Vous voyez, c'est un gouffre. On n'a pas la même conception. Et donc, il faut repolitiser la République et lui redonner sa force.
Quand je dis sa force, c'est parce que bien souvent, la République, elle a produit quelque chose quand elle a été dans un moment de rencontre avec des dynamiques populaires. C'est 1789, évidemment, à sa naissance, mais ce sont d'autres moments aussi d'inventions incroyables. Je pense à la commune, la commune de Paris en 1870. Il faut savoir que des inventions qui paraissaient à l'époque folles ont été mises sur la table, justement d'ailleurs sur la laïcité, sur l'union civile, sur tellement de choses, évidemment, sur l'impôt, sur beaucoup, beaucoup, beaucoup de sujets. Et ces sujets-là ont été laminés. D'abord, ils ont été broyés par ceux qui ne voulaient pas de ce mouvement révolutionnaire.
et il a à chaque fois fallu attendre 10 ans, 20 ans, un siècle pour que les mesures proposées à ce moment-là entrent dans le droit commun que nous connaissons aujourd'hui. Donc, ça veut dire que ces idées qui naissent de cette volonté de rebâtir une République, mais une République sociale, ce sont des moments politiques qui sont des moments politiques particulièrement forts, populaires et qui nous tirent vers le haut. Et donc, c'est cette jonction-là que nous, nous voulons voir advenir. Et le programme que nous proposons, notre programme, il est celui qui donne du sens à une République.
D'abord, nous voulons une 6e République et je vous rappelle qu'on est les seuls à vouloir une 6e République. Les seuls ! Et c'est dingue ! Ils n'ont pas vu que les Français étaient dans un état de défiance à l'égard de leurs institutions, à l'égard de leurs représentants tels que ce n'est pas avec du rafistolage qu'on va se sortir de là. Il faut quelque chose de beaucoup plus profond.
Donc, nous proposons un processus constituant pour remettre complètement à plat l'ensemble de notre modèle institutionnel pour sortir de la monarchie présidentielle, pour donner du pouvoir aux législatifs, pour que les citoyennes et les citoyens aient davantage de pouvoir dans leur ville, dans leur vie, au regard de leurs services publics, mais aussi pour que les travailleurs et les travailleuses dans leur entreprise aient davantage de droits. Parce que la 6e République, c'est une République qui concerne l'ensemble des champs. Ça va aussi, par exemple, aller chercher du côté des médias.
Vous croyez qu'il y a une démocratie digne de ce nom, une République digne de ce nom, si on continue à avoir des médias qui sont sous influence d'une poignée d'hyper-riches ? Ce n'est absolument pas possible, ces conglomérats. De la même manière, la justice, refonder une justice de telle sorte qu'elle ressemble à quelque chose digne de ce nom, pas que je mets en cause les magistrats tels qu'ils sont, mais ça dysfonctionne et la confiance n'est pas là et tout le monde n'est pas à égalité devant cette justice.
Donc, il faut la remettre à plat pour vous dire que ce processus constituant est un processus qui va toucher, concerner beaucoup, beaucoup de champs institutionnels qui aujourd'hui sont à bout de souffle, profondément à bout de souffle et c'est pourquoi nous voulons cette 6e République. Mais on ne va pas s'arrêter là parce que quand on dit qu'on veut une République, on ne veut pas simplement modifier le modèle démocratique qui est dysfonctionnel aujourd'hui, on veut que notre République soit sociale. On veut que notre République soit sociale parce que, comme le disait là aussi Jean Jaurès, la République doit être laïque et sociale mais restera laïque parce qu'elle aura su être sociale.
Et donc, si on n'est pas capable de répondre à cet enjeu d'égalité, à cet enjeu de partage, à cet enjeu d'éducation, alors nous ne saurons pas faire vivre une République qui soit à la hauteur des enjeux qui sont posés. Or, cette République sociale, elle suppose des mesures là aussi radicales au sens de prendre à la racine les problèmes.
Comme Manon l'a expliqué très bien au début, ce qu'on veut faire, c'est assez simple en réalité, on veut prendre aux hyper-riches, aux grands groupes économiques, au monde de la finance, l'argent qu'ils volent aujourd'hui pour le partager et faire en sorte que ceux qui n'ont rien, ceux qui ont peu, ceux qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, ceux pour qui les fins de mois commencent dès début de mois, puissent avoir de quoi vivre dans la dignité. C'est simple dit comme ça. Ça, c'est la République sociale. Et c'est de ça dont tous ceux qui nous font la leçon sur la République, c'est de ça dont ils ne veulent pas parler. Parce que les privilèges, ils veulent les garder.
Et donc, tant qu'on est en train de s'engueuler sur un morceau de voile, vous voyez bien, on ne voit pas l'ampleur des sujets. Et ils ont réussi leur coup parce que sur le foulard, comme sur d'autres, et là, après, quand c'est pas le foulard, c'est le burkini, je sais pas jusqu'où on va aller comme ça, qui prend une place pas possible, entre nous même, on est capable de s'engueuler à l'infini. Mais sans voir la masse du problème de ce que signifie une République digne de ce nom, debout, qui soit inclusive et qui ne permette pas, justement, qu'on ait des situations d'exclusion comme on les connaît aujourd'hui, ou de stigmatisation raciste absolument insupportable. C'est de ça dont il s'agit.
Et donc, nous, on veut mettre au cœur de notre République ces questions d'égalité et de liberté parce que la liberté, même topo, Emmanuel Macron avec sa mine en farinée quand il est arrivé la dernière fois, vous avez vu, on a pensé, il a l'air sympa, tout ça, libre, c'est joli, dit comme ça, mais la liberté, c'est pas le libéralisme parce qu'il n'y a pas de liberté si vous ne mangez pas votre faim, si vous n'avez pas de toit sur la tête, si vous n'avez pas accès à la santé, si vous n'avez pas accès à la culture et à l'éducation, il n'y a pas de liberté possible.
Donc, le préalable à la liberté, c'est permettre à tout le monde d'avoir un travail, un logement et des services publics à proximité, de qualité. Ça, c'est la condition indispensable sinon il n'y a personne qui a les moyens d'être libre au sens fort. Ça ne suffit pas, il y a encore d'autres choses, mais ce sont des conditions sine qua non pour faire en sorte qu'il y ait cette liberté.
C'est pour ça que j'aime bien moi le néologisme égale-liberté parce que égale-liberté, il dit la tension, tension, vous voyez ce que je viens là plus loin, tension nécessaire entre l'objectif de liberté et l'exigence d'égalité et c'est ça qu'on doit travailler et c'est ça qu'on travaille dans notre programme et c'est ça qu'on est capable de réussir si demain nous sommes en responsabilité parce que nous avons le programme républicain le plus conséquent, le plus conséquent.
Alors maintenant, il faut le faire arriver au XXIe siècle parce que tout ce que je vous dis, partage des richesses, laïcité, les questions que je vous ai dites sur l'égalité, etc., l'égalité d'un point de vue social classique, je dirais que c'est un peu l'apport de ce qu'on appelle le mouvement ouvrier. C'est notre apport culturel historique fort. Mais depuis au XXIe siècle, on sait que notre République, elle doit aussi être écologiste. Elle doit être une République du XXIe siècle et pour qu'elle soit une République du XXIe siècle, il faut qu'on inscrive dans sa Constitution que nous ne pouvons pas prendre à la nature plus que ce qu'elle est capable de donner.
C'est la règle verte que nous dépendons dans notre programme. Et c'est ça de travailler aujourd'hui de façon contemporaine une certaine idée de la République. Mais ça non plus, ils n'ont pas tellement envie d'en parler. Ils font du greenwashing et la modification en profondeur du modèle de développement qu'impose de répondre au réchauffement climatique et à tout le bazar qu'il y a sur l'écosystème extrêmement dangereux, ce n'est pas avec des petites mesurettes qu'on va y aller. Ça veut dire qu'il faut qu'on remette en cause notre modèle de productiviste, notre modèle consumériste parce que c'est aussi dans nos têtes que ça se passe.
Cette histoire de consumérisme, il faut qu'on s'interroge sur cette obsession toujours d'avoir plus, de penser que le plus, c'est le mieux. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai que le plus, c'est toujours le mieux. Et je pense que les jeunes générations en ont une conscience extrêmement aiguisée. Eh bien moi, je crois que nous sommes les candidats qui allons remettre en place une politique publique capable de changer ce modèle de développement, de rompre le lien entre le plus et le mieux, de remettre en cause le productivisme et le consumérisme et non pas d'être des espèces d'amis tristus. Mais au contraire, mais non, mais c'est complètement con.
Parce qu'en réalité, c'est très joyeux de se dire qu'on va arrêter d'être obsédé de savoir si on va avoir le dernier iPhone, le machin, le truc. Tout ça n'a pas de sens. Tout ça n'a pas de sens. Et c'est là où on en revient à la culture. On en revient à la culture parce que la gangrène, elle est là aussi.
Quand je vois des parents qui sont prêts à se saigner aux quatre veines, qui n'ont pas de pognon et qui, parce qu'ils ne veulent pas que leur gamin ait un cartable qui ne soit pas de bonne marque ou qui n'ait pas le dernier iPhone, etc., sont prêts à manger des pâtes toute la semaine, je me dis qu'on vit dans une société qui marche sur la tête et que si la seule chose qu'on a à proposer aux enfants, c'est le désir de parvenir comme à nous-mêmes, c'est-à-dire de parvenir pour être... Vous voyez ce que je veux dire ? Toujours parvenir. Non, c'est pas ça la vie. C'est pas ce désir-là.
Et moi, j'ai pas envie d'une société où, comme le propose Emmanuel Macron, ce qu'on dit aux jeunes, c'est qu'il faut qu'ils rêvent d'être milliardaires. Ben non. Non. Nous, nos rêves, c'est pas d'être milliardaires. Et puisqu'on est au XXIe siècle, non seulement cette République doit être démocratique, sociale, laïque, écologiste, mais comme c'est marqué là-haut, il faut impérativement que cette République, elle soit féministe. Déjà, si on pouvait commencer par un truc simple, on a demandé un milliard. On l'a demandé, hein ? On l'a demandé sur tous les tons, dans la rue, en chantant, en chantant pas. Un milliard contre les violences faites aux femmes, c'est rien.
C'est rien dans le budget de l'État. Eh bien, on les mettra, les un milliard. On les mettra, les un milliard contre les violences faites aux femmes. Parce que le féminisme de pure communication, ça devient insupportable. Vous avez les ministres, ils sont là en chaîne, ils parlent la langue féministe, ça c'est sûr. Et quand vous arrivez dans l'hémicycle, on a des lois misérables avec trois fois rien dedans et surtout, jamais, jamais de moyens.
Or, si vous voulez lutter contre les violences faites aux femmes, il faut des moyens pour former les policiers, il faut des moyens pour les associations, il faut des moyens pour l'hébergement de qualité et d'urgence pour les femmes victimes de violences conjugales. Il faut investir dans l'éducation. Ça demande des moyens financiers et humains. Même topo sur l'endométriose.
Merci !
Même topo ! Femme sur disque et touchée. Il y en a peut-être encore dans cette salle qui ne connaissent pas cette maladie et ce n'est pas moi qui vais leur jeter la pierre parce que moi-même, je ne la connais pas depuis si longtemps tellement le tabou était grand. Donc, c'est une maladie qui vient de la muqueuse utérine où vous avez des morceaux qui se baladent dans le corps et qui peuvent soit vous générer des règles terriblement douloureuses, ce n'est pas juste ça la tête et la anania, non, c'est des trucs très, très violents et très douloureux, ou alors carrément se nicher dans d'autres organes et vous handicaper lourdement.
On a enfin sorti de là, là aussi, comme le disait Michel, dans une niche parlementaire, une proposition de loi sur l'endométriose pour que ça rentre dans ce qu'on appelle les ALD 30, c'est-à-dire affection longue durée, ce qui veut dire très concrètement ouvrir des droits à des remboursements à 100% par la sécurité sociale ou des droits d'aménagement du temps de travail puisqu'il y a des moments où vous pouvez ne pas être bien du tout et pas être en capacité de travailler, mais que ce ne soit pas, vous voyez, en fonction du praticien que vous allez voir, mais que ce soit réglementé.
Le Parlement a l'unanimité, ça n'arrive jamais, même pas une abstention, à voter pour cette entrée de la ALD 30. Bravo. Mais, mais, on était contents à ce moment-là, ça s'affiche, tout ça, on était heureux, on avait gagné et là, le ministre Véran prend la parole, nous avons été douchés immédiatement, il nous a expliqué oui, mais non, en fait, oui, c'est bon, mais non. Et bien, mais non, c'est-à-dire qu'ils ne nous l'ont pas fait et comme c'est une proposition de résolution qui suppose pour sa mise en application un décret, et bien le gouvernement n'a pas émis ce décret et vous voulez savoir pourquoi il n'a pas émis ce décret ? Parce que ça coûte de l'argent.
Ça coûte de l'argent parce qu'on retombe toujours là-dessus, c'est que tant qu'ils sont englués dans la règle d'or et dans l'austérité budgétaire, tous leurs discours sur les droits des femmes comme sur d'autres sujets, et bien en réalité, c'est de la flûte parce qu'ils ne peuvent pas répondre concrètement aux besoins urgents que nous ressentons et que nous vivons. C'est ça le nerf de la guerre. Et bien moi, je vous dis que si nous sommes au pouvoir dans quelques mois, nous ferons ce décret pour la LD30. Alors si, j'ai écouté Macron, j'ai écouté Macron, c'est la punition, on est obligés tous, tout ça.
Et moi, ce que j'ai retenu, c'est qu'il avait un budget de 50 milliards, donc il a quand même 50 milliards, mais ces 50 milliards, comment il les prend ? Il fait les poches des retraités puisqu'il s'agit d'augmenter l'âge de départ à la retraite et ça, c'est une bonne partie et la deuxième pioche, elle est dans celle des chômeurs puisqu'il s'agit là aussi de gagner de l'argent sur le dos des chômeurs et donc sur le dos des retraités en grignotant sur le droit à la retraite.
Et avec ces 50 milliards, non seulement il nous les a pris dans nos poches sans toucher une seconde à ceux qui ont beaucoup d'argent, mais en plus, quand je regarde pourquoi c'est faire, c'est la déprime puisqu'en gros, il veut faire une école, libéraliser l'école, toujours tout son discours sur l'autonomie, blablabla, il veut diminuer le droit d'asile, il veut des contraintes supplémentaires pour les bénéficiaires du RSA, donc c'est une immense régression qui est en marche, qui nous est proposée par le président sortant Emmanuel Macron. Donc on en arrive au fait puisque maintenant, il nous reste trois semaines, trois semaines, c'est pas long, il nous reste trois semaines.
Or, ce qui est en train de se passer et vous le matérialisez ici parce que c'est quand même beaucoup de monde, je ne suis pas sûre que ce soit souvent à Angoulême d'avoir des meetings avec autant de... Si, non, je ne veux pas... Non, on est d'accord. Donc bravo. Il y a 20 ans. Il y a 20 ans, ils n'ont pas vu un meeting comme ça. Donc quand même, chapeau là. Bravo. Donc, il nous reste trois semaines. Moi, je vais vous dire comment je vois l'enjeu par rapport justement à tout ce que je viens de vous dire. Imaginez trois secondes, un second tour, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron. Juste.
C'est-à-dire que si c'est Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu'on va parler de l'âge de départ à la retraite, qu'on va parler augmentation du SMIC à 1 400 euros, qu'on va parler taxation des dividendes, qu'on va parler blocage des prix, etc., etc. Mais sinon, c'est Macron-Le Pen ou Macron-Pécresse ou Macron-Zemmour. Et là, de quoi on va vous parler ? Vous connaissez le topo. Donc c'est une ambiance qui est radicalement différente si nous sommes capables d'accéder au second tour. Si un candidat de gauche va au second tour, nous changeons le paysage politique, nous changeons les termes du débat politique.
Et je m'adresse là, notamment, peut-être qu'il y en a dans la salle, des gens qui ne sont pas encore totalement décidés. Soit décidés d'aller voter... Il y en a peut-être qui hésitent. Soit qui hésitent carrément à aller voter en se disant on est trop loin, la gauche est dans les choux, ils ne sont pas ensemble, tout ça, ça ne va pas. Je passe mon tour. Ou d'autres qui ont une petite préférence pour un autre candidat à gauche, j'ai vraiment envie de m'adresser à eux, à ces deux-là, en leur disant écoutez, franchement, il faut être sérieux. Dans 15 jours, on a la possibilité de changer le climat dans le pays et c'est entre vos mains. Entre vos mains à chacune et chacun d'entre vous.
C'est vrai que nous, on tourne, nous, vous faites plein de boulot. Et le boulot de proximité, il n'y a rien de mieux que le travail de proximité, de pouvoir parler dans les repas en famille, de pouvoir parler à la machine à café, de pouvoir parler sur le marché en allant tracter. C'est vous qui avez la clé entre les mains. La dynamique, elle est là, on la sent. Ce n'est pas gagné d'avance, mais c'est une vraie hypothèse que nous soyons au second tour. Et si nous sommes au second tour, alors ça rebat les cartes parce que ce serait une telle surprise qu'on aurait déjoué les scénarios et qu'à ce moment-là, tout est ouvert. Absolument, tout est ouvert.
Alors voilà, moi, je veux juste terminer sur ça et vous dire que je ne sais pas quand on va gagner, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'on va gagner.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Clémentine Autain