Rétention administrative des étrangers, AME, enquête pour prise illégale d'intérêts... Le "8h30 franceinfo" de Vincent Jeanbrun
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Bonjour Vincent Jeanbrun, le débat sur les OQTF est revenu après le meurtre de la jeune Philippine, le suspect aurait dû être envoyé vers le Maroc. Est-ce que vous nous dites ce matin, maintenant que vous êtes au gouvernement, 100% ou en tout cas beaucoup plus d'OQTF seront exécutés ?
J'ai la certitude que c'est la feuille de route que vont se fixer le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot. Mais on comprend bien aussi, quand on rentre dans cette affaire et toute l'inefficacité du système qui s'est installé dans notre pays, qu'il va falloir qu'on aide le gouvernement en portant des propositions à l'Assemblée nationale et au Sénat pour que le cadre législatif change. On a découvert par exemple ce maximum de 90 jours qui nécessite 4 passages devant un juge des libertés. La plupart des pays en Europe qui sont des grandes démocraties et qui respectent les droits de l'homme se fixent des échéances beaucoup plus longues.
C'est pour ça qu'avec le groupe La Droite Républicaine autour de Laurent Wauquiez, on va faire des propositions en ce sens pour allonger ce délai maximum dans un certain nombre de cas d'OQTF. Et lorsqu'on est face...
C'est-à-dire pour être précis, je vous interromps, mais allonger la durée de rétention, le temps d'examiner, c'est ça que vous voulez dire ?
Absolument. Et puis dans les cas plus particuliers, comme ceux qui, par exemple, ont déjà un casier judiciaire, ont commis des crimes, comme c'est le cas de l'assassin de la jeune Philippine, et évidemment il faut qu'on puisse aller même encore au-delà, puisque au fond l'objectif c'est qu'ils ne puissent pas ressortir de rétention avant d'être envoyés dans leur pays d'origine.
Sur la rétention précisément, juste pour être bien précis et pour être sûr de bien comprendre, on rallonge la durée, même sans condamnation.
En fait, on va porter...
Il y a un moment, la situation provisoire, s'il n'y a pas de condamnation judiciaire, devient problématique, non ?
Deux éléments pour ça. La première, on part sur une base, aujourd'hui, dans le cadre légal, il faudrait qu'on puisse se dire, c'est 90 jours, tout de suite, automatiquement, c'est un maximum, parce que si la personne est renvoyée avant, elle est renvoyée avant, 90 jours, et si la personne présente des risques pour la sécurité, eh bien qu'on puisse aller encore plus loin. Mais moi, je vais vous dire, il faut surtout revenir un tout petit peu en arrière, c'est le gouvernement de François Hollande qui a transformé le fait d'être sur notre territoire sans doigne ni titre, en simple procédure administrative, alors qu'avant, c'était un délit.
Et comme c'était un délit, ça changeait déjà à l'époque beaucoup de choses, puisque ça voulait dire que la police qui fait un contrôle se rend compte que l'individu n'a pas de titre de séjour, on n'a pas le droit légalement d'être sur notre territoire, il peut être mis en garde à vue, déféré le cas échéant, et donc gardé en prison aussi longtemps que nécessaire, évidemment sous le contrôle du juge des libertés. Mais ça changerait énormément de choses, et ça vaudrait le coup de se poser la question.
Et je vais vous dire simplement, je pense à titre personnel, je n'engage que moi, qu'on doit aux parents de Philippines, on doit à tous ces parents qui ont été endeuillés par toutes ces affaires sordides et indignes, on leur doit de dire, quand quelqu'un est condamné à quitter le territoire de manière obligatoire, on doit vous garantir qu'on ne quittera plus des yeux les OQTF. Ça veut dire que les personnes qui ont obligation de quitter le territoire, on doit savoir qu'elles sont en permanence, et il y a des choses qu'on doit pouvoir investiguer, comme peut-être les bracelets électroniques par exemple.
Pour revenir sur l'objectif, parce que là vous avez présenté les propositions qui sont les vôtres, cette idée de loi effectivement pour rallonger les délais, ça doit permettre de réaliser combien d'OQTF en plus, c'est quand même ça le sujet principal.
Mais d'une certaine façon, je crois que là encore une fois, on doit à ces familles le fait de pouvoir mettre dehors tous les OQTF qui auraient commis des crimes et des délits. Mais plus largement encore. Ça représente quoi ? C'est pas à moi de le dire, mais plus largement.
Si, on sait, pardon, mais que les OQTF, 96% visent des étrangers qui ne sont pas délinquants. Ça veut dire que c'est 4%. Est-ce que ça ne pose pas la question de la façon dont on délivre ces OQTF ?
Clairement, il y en a effectivement... Trop ! Surtout, il y a trop de personnes qui rentrent illégalement sur notre territoire. Non, c'est pas la question. Je comprends bien, mais Bruno Rotaillot disait, la France ne peut pas être un hall de gare. Alors, à un moment donné, on doit protéger nos frontières pour éviter d'avoir à la fois des personnes qui viennent de l'étranger et qui peuvent devenir ici des criminels, mais aussi, c'est une question d'humanité...
Bien sûr, mais heureusement, vous savez, j'ai fait nuit blanche cette nuit,
parce que j'étais sur le marché international de Rungis, qui est au cœur de ma circonscription. Le marché tient par plein de citoyens engagés qui font tourner des entreprises toute la nuit pour nous permettre de manger et manger des produits de qualité. Beaucoup viennent de l'étranger. Donc, vous n'entendrez pas dans mes propos le fait de dire, on n'a pas besoin de forces vives qui viennent du monde entier. La différence, c'est que là, vous avez des personnes qui ont choisi de venir en France, qui se sont fait signaler quand ils sont rentrés sur notre territoire et ont un titre de séjour pour pouvoir travailler et accompagner le pays dans sa réussite.
C'est pas la même chose quand vous avez sciemment franchi la frontière illégalement. Il faut être capable de distinguer les deux.
On peut imaginer que Gérald Darmanin, prédécesseur de Bruno Retailleau, il a quand même essayé de faire un certain nombre de choses. Ça n'a pas beaucoup marché. Est-ce que sur les aspects diplomatiques, par exemple, qui sont un aspect très important, puisqu'il faut que le pays qui doit accueillir la personne sous le coup d'une OQTF, accepte de l'accueillir, est-ce que là, il faut engager un bras de fer, par exemple, je ne sais pas, avec l'Algérie, avec le Maroc, avec ces pays-là ?
C'est une évidence, parce qu'encore une fois, ça doit être donnant. Le gouvernement actuel, Michel Barnier, peut-être aller au bras de fer. En fait, c'est un rapport diplomatique. Il faut faire attention aux mots qu'on fait de la diplomatie. Mais on met, évidemment, l'ensemble des autres titres de séjour et de visa pour commencer. Mais on a aussi énormément de partenariats de co-développement ou de coopération. Donc, c'est compliqué de donner à certains pays et qu'il n'y ait pas une réponse en face. Donc, ces bras de fer diplomatiques, ils sont une évidence. Mais de manière générale, parce qu'on se disait, mais quel est le bon pourcentage ?
Le bon pourcentage, quand on parle de OQTF, normalement, c'est 100%, parce qu'à un moment donné, la parole de l'État, elle doit avoir un sens et elle doit être suivie des faits. Si vous avez la parole de l'État...
Donc, vous ne questionnez pas la délivrance elle-même de l'OQTF ? Vous questionnez juste son application ?
Moi, je considère qu'à un moment donné, on doit pouvoir choisir qui rentre et qui sort de notre territoire. Et moi, j'irais même plus loin. Et encore une fois, je n'engage que moi et c'est à titre personnel. Mais je considère qu'une personne qui est rentrée une fois illégalement sur notre territoire, on doit pouvoir lui dire, c'est fini, tu ne seras plus jamais régularisé sur notre sol parce que tu as enfreint la frontière et tu as enfreint la règle.
C'est un message qu'il faut envoyer parce que derrière les quelques cas de criminels extrêmement graves, comme ceux qui défrèrent la chronique actuellement, vous avez aussi plein de drames humains, c'est-à-dire des personnes à qui on a promis de l'Eldorado en France, qui arrivent parfois dans des centres d'accueil des demandeurs d'asile. J'en ai un sur la commune de la Île-de-Rose, dont je suis maire. Et on voit bien, on leur a promis l'Eldorado. Et en fait, c'est la misère, c'est des conditions qui ne sont pas acceptables. Donc autant envoyer un message très clair. Ça ne marche pas. La fraude, ça ne marche pas.
Est-ce que, Vincent Jambrun, il faut expulser automatiquement, à l'issue de leur peine, les étrangers condamnés à au moins trois ans de prison ?
Ça me paraît évident, mais de manière générale, quand même fois, si on...
Donc vous allez voter la proposition de loi du Rassemblement national qui sera présentée le 31 octobre ? C'est ce qu'il propose ?
Moi, je vais regarder ce qu'il y a dedans, mais je pense que... Vous pourriez la voter ? On aura des propositions de la droite républicaine. Et c'est nos propositions que nous allons défendre. La première qui arrive, c'est celle du Rassemblement national. Et nos propositions, c'est celle-là que j'ai l'intention de voter. Mais derrière, vous comprenez bien que nos concitoyens, ils n'arrivent pas à entendre que l'État prononce des obligations de quitter le territoire et que ça ne soit pas suivi des faits. Donc on se doit se donner les moyens. Et effectivement, Gérald Darmanin avait pris ce sujet à bras-le-corps, mais a souligné à quel point le cadre légal était contraignant.
Et je pense qu'il faut avoir le courage de dire qu'on doit muscler notre réponse judiciaire et policière de manière à ce qu'on n'est plus jamais à commenter des drames aussi horribles que celui qui concerne la famille de Philippine.
Vincent Jambrun, dans cette affaire du viol et du meurtre de Philippine, est-ce qu'il n'y a qu'un sujet immigration et un sujet judiciaire, selon vous ? Est-ce que ça ne pose pas aussi la question du viol dans notre société ?
Ça la pose évidemment. Mais par contre, attention à ne pas réduire de façon assez scandaleuse cette situation à une simple question autour de la place...
C'est d'abord un étranger ou c'est d'abord un violeur ? C'est d'abord un récidiviste du viol ? Et la France entière s'est émue par exemple du procès de Mazan ?
Je pense qu'il ne faut pas se poser la question comme ça, sincèrement. Mettez-vous deux secondes à la place des parents de Philippine. Mettez-vous deux secondes à leur place. Cet individu ne devait pas être là. Il ne devait pas être là. On aurait dû le renvoyer dans son pays d'origine. Donc, violeur ou pas violeur, prédateur ou pas prédateur, prédateur ou pas prédateur, il ne devait pas être là. C'est donc dans ce sens-là que je veux poser la question suite à ce qu'il y a particulier.
Mais pourquoi vous vous refusez cette partie-là du débat ?
Je ne la refuse pas. Je dis simplement qu'on ne peut pas poser la question du violeur sans partir du principe qu'il n'avait juste pas physiquement à être présent sur notre territoire. Et j'ai vu le syndicat de la magistrature qui s'est fendu d'un texte pour dire c'est d'abord une question de prédateur sexuel avant d'être une question d'OQTF. Moi, je crois que c'est une faute de séparer les deux. Il faut les prendre de face, ces deux sujets, et ne pas ignorer le côté OQTF.
On a parlé du premier. Comment on change la société, si on peut dire, sur le viol ? Il y a eu beaucoup d'émotions, vous le savez, et vous la partagez peut-être, sur le procès de Mazan qui pose la question notamment d'une éventuelle culture du viol en France. Elle existe pour vous ?
Je ne veux pas rentrer dans des expressions qui d'ailleurs peuvent être parfois un peu creuses. Je vous le disais hors antenne. Et qui expliquent qu'on n'a peut-être pas agi suffisamment sur certains dossiers. On écoute tous les matins France Info avec ma famille. J'ai mon grand garçon de 9 ans qui entend les commentaires sur l'affaire de Mazan. Et c'est compliqué, quand vous êtes parent, de prendre ces sujets-là et d'expliquer à votre enfant ce qui est en train de se passer. Qu'est-ce que vous lui dites ?
Évidemment que nous, on fait le choix, non pas d'ignorer, mais de commencer à poser le débat et d'expliquer qu'il y a des personnes dans notre société qui ont des pulsions qui sont inadmissibles, condamnables et criminelles et qu'on doit collectivement être vigilants. Et ça passe par le soutien à un certain nombre d'associations. D'ailleurs, ce qui est vrai sur la culture du viol est vrai aussi sur les violences intrafamiliales. Et on a, moi je l'ai vécu en temps de mère, combien de fois on a accueilli des femmes qui allaient mourir sous les coups de leur mari ? Il y a toute une prévention considérable à faire.
Ça passe par identifier, ça passe par libérer la parole, ça passe évidemment par l'éducation pour que très tôt, très jeune, les enfants comprennent ce que c'est que le respect de l'autre et le respect d'autrui. Ça passera aussi probablement par un meilleur contrôle des réseaux sociaux et de la pornographie parce qu'ils installent dans la culture notamment de nos jeunes. J'ai eu des discussions avec certains jeunes là aussi de ma commune.
Demander une carte d'identité peut-être ?
Ça me paraît fondamental de mieux encadrer parce qu'on a, on le sait, on l'a vu, on peut faire le test demain matin si on veut, des mineurs très très très très jeunes qui ont accès à des contenus pornographiques qui mettent en avant la culture du viol.
C'est quelque chose qui sera porté peut-être par le gouvernement ou par des députés de la droite ?
Je ne prendrai pas l'engagement aujourd'hui parce que le calendrier est plein d'énormément de priorités mais ça mérite évidemment d'être un débat d'ailleurs transpartisan à l'Assemblée nationale. Encore une fois, moi je suis devant vous en tant que député mais d'abord en tant que citoyen et père de famille. Moi j'ai envie qu'on protège mes enfants et qu'ils grandissent dans une société avec des valeurs, j'allais dire, nobles, des valeurs saines. Et on voit bien qu'il y a aujourd'hui des outils qui vont à l'encontre de ça et qui pervertissent probablement une partie de notre jeunesse.
Vincent Jambrun, vous restez avec nous. On se retrouve dans une petite minute pour continuer à évoquer l'actualité politique, l'actualité gouvernementale également. Juste après, le fil info 9h moins le quart, Maureen Suignard.
C'est une fraude à 100 millions d'euros que France Info vous révèle ce matin. Une fraude qui a touché qui habille ? L'enseigne d'habillement victime d'une escroquerie. C'est une ancienne comptable qui a réussi à usurper l'identité d'un responsable de l'entreprise de prêt-à-porter. Elle a réussi à virer la somme d'un compte bancaire de l'entreprise à un autre. Elle est en détention provisoire. Benhamin Netanyahou à la tribune de l'ONU. Aujourd'hui, le premier ministre israélien qui n'entend pas pour le moment arrêter ses frappes contre l'Hezbollah au Liban. 92 morts de plus hier. Refuser un cessez-le-feu serait une faute de Netanyahou, dit Emmanuel Macron.
Le chef de l'État qui s'exprime aussi sur le meurtre de Philippines. Un crime odieux, dit Emmanuel Macron, qui exprime l'émotion de toute la nation. Le corps de l'étudiante a été retrouvé dans le bois de Boulogne le week-end dernier. Le suspect est un Marocat de 22 ans en détention, en voie d'expulsion, pardon. Une victoire pour le premier match de l'OL en Ligue Europa de football. 2-0 contre Lyon, contre les Grecs de Lyon, contre les Grecs de l'Olympiakos. Chez les femmes, grosse déception. Le Paris SG éliminé lors des barrages de la Ligue des Champions. Une première depuis 2007. France Info
Le 8.30 France Info Bérangère Bonte, Adrien Beck
Vincent Jeanbrun, ce matin député porte-parole du groupe droite républicaine. Il y a un autre débat qui est relancé. C'est celui sur l'AME, aide médicale d'État. 8 anciens ministres de la Santé appellent ce matin au gouvernement à ne pas supprimer cette AME pour les sans-papiers. Agnès Buzyn disait tout à l'heure ici sur France Info que ce n'est pas un dispositif de samaritains de gauche. C'est une question de santé publique. Est-ce que vous êtes d'accord ?
Il faut évidemment raison garder. Et je rappelle que c'est la droite du temps de Jacques Chirac qui a lancé cette aide médicale d'État parce qu'il y avait des situations de santé publique et puis des principes d'humanité et d'humanisme qui font qu'on se doit en tant que nation, en tant que pays, d'avoir cette vigilance sur la santé publique et puis cette main tendue humanitaire pour ceux qui seraient en détresse. Au fond, on reprend la philosophie du serment d'Hippocrate que les médecins sur lesquels les médecins jurent.
L'obligation de soins, de porter assistance.
Mais après, quand on rentre dans le détail, on se rend compte que l'AME, aujourd'hui, elle est terriblement détournée et qu'il y a énormément d'exagérations et d'abus. Quelles sont les exagérations ? Quels sont les abus ? Je peux vous donner quelques exemples ? Allez-y. Le propos ne sera pas tant de la supprimer, à proprement parler, mais de la transformer pour être uniquement concentré sur une aide médicale d'urgence qui fait que quelqu'un en grave détresse, on doit pouvoir venir à son aide et s'il y a une problématique de santé publique avec des maladies contagieuses, évidemment que pour protéger les Français, on doit le faire. Donc se concentrer là-dessus.
Si on prend un exemple très concret, Vincent Jean-Brun, qui était pris par Agnès Buzyn ce matin, si on prend par exemple quelqu'un qui doit aller voir un médecin en ville pour des soins auxquels donc il pourrait ne plus avoir droit si c'était juste limité à des soins d'urgence, il faudrait donc qu'il se rende aux urgences pour se faire soigner. Donc ça engorgerait les urgences, donc ça coûterait probablement plus cher. Est-ce que vous entendez cet argument ?
Mais j'entends surtout que de qui parle-t-on ? On ne parle pas de quelqu'un en situation régulière, on est d'accord. On parle de quelqu'un qui n'a pas le droit d'être sur notre territoire.
On parle d'un être humain qui est à la base de cette mesure. On est bien d'accord.
Et donc cette personne, si elle est en situation d'urgence, elle se présente aux urgences et je sais que nos médecins la prendront en charge et c'est tout l'honneur de la France. Non mais ce que dit Agnès Buzyn c'est que l'urgence coûte plus cher aussi. Mais aller voir et bénéficier de l'AME pour avoir des soins complémentaires que certains français qui cotisent depuis des années ou sortant ces étrangers d'ailleurs en situation régulière ont du mal à se payer c'est quand même compliqué. Et je vais vous donner un exemple absurde parce qu'il faut quand même l'avoir en tête.
La région Île-de-France se bat depuis des années parce que figurez-vous que quand vous êtes un citoyen français ou un étranger en situation régulière vous payez vos transports plein pot. Et bien quand vous êtes en situation irrégulière sur le sol français vous n'êtes pas censé être là parce que vous bénéficiez de l'AME et de la CMU vous avez la gratuité sur votre titre de transport de 75%. Est-ce que vous trouvez normal qu'aujourd'hui quand on est en situation irrégulière quand on n'a pas le droit d'être là on bénéficie d'une protection totale avec la CMU parce que c'est ça dont on parle globalement pour que les auditeurs comprennent bien vous êtes couvert à 100%.
Vous sous-entendez qu'on est dans des soins de confort etc. Je ne veux pas parler de confort. Le rapport Stéphanie qui n'est pas exactement un homme d'extrême gauche est très clair là-dessus. d'abord le budget lui-même est relativement modeste on est sur un milliard
C'est un milliard ce n'est pas modeste et les turmissos font les grandes rivières.
C'est une très petite proportion du coût de la santé en France et encore une fois c'est un calcul on peut le penser aussi comme ça de santé publique ça coûte plus cher de soigner quelqu'un en urgence que de le soigner au départ en ville.
La question c'est est-ce que l'individu qui donc n'a pas le droit d'être sur notre territoire a vocation à rester sur notre territoire ou pas avec tout ce qu'on s'est dit tout à l'heure
sur le fait que c'est un délit Est-ce qu'on a vocation à le soigner ?
Si c'est une situation d'urgence bien sûr je vous le redis c'est une question d'humanité En revanche Prendre la question la prise en charge des lunettes des soins dentaires à 100% parce que les personnes en situation irrégulière aujourd'hui ont la ME donc ont les mêmes droits que la CMU ça pose question parce que prioritairement on a envie de faire en sorte que ce soit les français qui a accès aux soins et les étrangers en situation régulière encore une fois quand vous respectez les lois du pays c'est normal qu'il y ait une solidarité nationale qui s'applique quand vous ne respectez pas nos règles et nos lois vous n'êtes pas prioritaire pour des soins du type qu'on vient d'évoquer en revanche les soins d'urgence ça va de soi ça permettrait d'économiser combien Vincent Jambrin parce que c'est à peu près un milliard on parle effectivement d'à peu près un milliard oui mais vous n'allez pas si vous gardez une aide d'urgence ça ne fait pas un milliard écoutez ça fait partie proposition qu'on fera avec la droite républicaine oui mais vous dites ça comme si c'était rien mais je peux vous assurer que si on réinjecte même un demi milliard dans le budget de la santé on soigne mieux et on a des hôpitaux qui fonctionnent mieux vous pensez qu'on peut économiser jusqu'à un demi milliard sur l'AME on le dira dans les prochaines semaines je pense que la vérité sera effectivement entre le demi milliard et le milliard maintenant encore une fois protéger toute personne qui est en situation d'urgence oui maintenant l'AME aujourd'hui il y a beaucoup trop d'abus et je pense qu'il faut être capable de dire aux français on va corriger ça
Vincent Jambrin les 20 milliards c'est peut-être même 50 ce que dit Pierre Moscovici dont la France a besoin le premier ministre Michel Barnier réunit les ministres les LR les ensembles pour la république aujourd'hui en séminaire pour préparer donc sa déclaration de politique générale de mardi ce sera sans doute question d'impôts est-ce qu'on peut éviter des hausses d'impôts avec un déficit qui devrait dépasser les 6% du PIB
à titre personnel j'ai envie de vous dire ce serait vraiment souhaitable qu'on puisse les éviter la priorité et c'est ce que l'on porte avec la droite républicaine et on fera des propositions en ce sens c'est la baisse des dépenses c'est le train de vie de l'état c'est la gabgie à beaucoup d'étages par une multiplication d'acteurs par une multiplication de la bureaucratie d'un certain nombre de normes et donc la priorité c'est de dire aux français on va faire en sorte d'avoir moins de dépenses au niveau de l'état le tout en préservant au maximum les services publics de proximité donc l'équation n'est pas simple et la feuille de route du premier ministre est complexe et donc si on peut éviter les impôts il faut absolument le faire aujourd'hui on est quand même je le rappelle champion du monde des impôts la pression fiscale est énorme en France et pour autant on ne peut pas dire que l'hôpital aille mieux que l'école aille mieux que la sécurité aille mieux donc il y a un défi là-dessus et il faut changer notre philosophie moi personnellement j'en suis convaincu après je comprends aussi que le premier ministre ait besoin d'explorer toutes les pistes parce que ce budget 2025 il va falloir le boucler la France en a besoin et donc évidemment on va être à l'écoute de ces propositions
Comment vous jugez les débuts de ce gouvernement Barnier marqué par une série de couacs
disons-le ? Écoutez je crois qu'il faut prendre un tout petit peu de hauteur c'est le gouvernement le plus complexe à rassembler de la Ve République c'est pas une cohabitation c'est pas non plus une coalition on est sur une mutualisation de forces politiques c'est normal que le chef d'orchestre qu'est Michel Barnier puisse ajuster et mettre au diapason les forces politiques qui composent ce gouvernement maintenant on a parlé tout à l'heure de situations graves la France regarde ce gouvernement et je vais vous dire sincèrement tous ceux que je croise qu'ils aiment ou pas les LR qu'ils aiment ou pas les macronistes etc ils nous demandent de réussir et je crois qu'on a l'obligation de réussir
Sur la méthode Vincent Jambrun recadrer un ministre c'est une chose appeler Marine Le Pen pour s'excuser comme l'a fait Michel Barnier après les propos de son ministre de l'économie est-ce que c'est pas un petit peu excessif ?
D'abord moi je n'étais pas dans ce coup de téléphone et je n'ai pas de certitude qu'il se soit excusé on est d'accord simplement ils se sont appelés pour affirmer qu'effectivement toutes les forces politiques présentes à l'Assemblée nationale et légitimement élue seraient bien reçues donc là-dessus il faut être très clair mais encore une fois
vous ne répondez pas à la question si je peux me permettre vous êtes à l'aise avec ça
qui recadre son ministre est une chose mais que le premier ministre parle avec les forces politiques légalement et démocratiquement élue ne me choque pas encore une fois
pardon mais ça n'est pas la question
qu'il parle à la LFI ou au Rassemblement National ça devrait être pris de la même façon
la présidente du groupe Rassemblement National pour lui confirmer
qu'elle serait reçue comme les autres formations politiques
de l'économie
mais ça avait été déjà fait par communiqué du ministre de l'économie justement écoutez encore une fois le premier ministre il est en droit de parler à toutes les forces politiques démocratiquement ça ne met pas dans une position
de faiblesse vis-à-vis du RN clairement
ce n'est pas une position de faiblesse le RN s'amuse à dire que le gouvernement serait sous surveillance mais effectivement le gouvernement il est sous surveillance des français les français nous regardent et on se doit de réussir et on ne réussira pas dans la situation de majorité totalement relative qu'on connaît à l'Assemblée Nationale si on n'est pas capable de parler à toutes les forces politiques parce qu'encore une fois il ne s'agit pas de faire tel ou tel signe à Marine Le Pen il s'agit de parler aux français et les français ils ont été 11 millions à voter démocratiquement pour la formation de Madame Le Pen personnellement je le regrette moi je les combats sur le terrain des idées ce n'est évidemment pas ma formation politique et je ne souhaite pas être en partenariat avec eux pour autant je respecte les électeurs qui ont voté pour eux Vincent Jérin
le parquet de Créteil a ouvert une enquête préliminaire contre vous pour prise illégale d'intérêt notamment on vous soupçonne d'avoir attribué des logements appartenant à un syndicat intercommunal à deux de vos collaborateurs alors vous dites que c'était une pratique déjà en oeuvre au sein du syndicat lorsque vous êtes arrivé à la mairie pourquoi avoir
continué ? Je ne veux pas commenter cette affaire que j'ai découvert comme vous dans la presse hier en l'occurrence j'apprends qu'il y a une enquête je me tiens évidemment à disposition pour prouver et la légalité et la bonne foi de tout ça ce qui est gênant
c'est qu'on vous a souvent entendu parler de l'assistanat qui tue notre pays comme vous dites vous le pensez toujours ça ?
Je ne crois pas avoir dit que l'assistanat tue notre pays mais je pense que l'assistanat est un problème parce que moi j'ai grandi en cité HLM dans la ville où je suis maire aujourd'hui j'ai connu au sein de ma famille les difficultés que pouvait engendrer le chômage et surtout quand c'est du chômage j'allais dire choisi parce qu'au fond retourner travailler coûte presque plus cher que rester à la maison je crois que là-dessus il faut qu'on revalorise le travail c'est d'ailleurs le combat qu'on mène avec la droite républicaine autour de Laurent Wauquiez faire en sorte que le travail paye mieux paye plus que les aides et on aura d'ailleurs des propositions en ce sens je pense qu'il faut vraiment sortir de la logique de la Sistana quand elle est là pour mettre la France au travail et renforcer la méritocratie
on parle là pour un directeur de cabinet un chef de cabinet de deux maisons de 150 mètres carrés à cheville la rue 700 euros de loyer mensuel c'est 5 fois en deçà du prix du marché d'après les calculs de l'association Anticor
je vous le répète il y a une enquête
plus les factures d'électricité 45 000 euros payées par la mairie
on montrera sans aucune difficulté et la légalité et la bonne foi qui est la nôtre les articles oublient peut-être de préciser qu'il s'agissait de beaux précaires quand le bail est précaire ce ne sont pas les mêmes droits pour le locataire et donc ce ne sont pas les mêmes loyers c'est vrai pour le marché privé également et en l'occurrence on n'est pas sur une maison de 150 mètres carrés tel que vous le laissez entendre mais on est sur des bâtiments connexes à des garages et au cimetière intercommunal je peux vous assurer qu'on est loin d'être dans un palace mais à la limite peu importe évidemment je suis un citoyen comme tout le monde si il y a une enquête on est à la disposition de la justice et on leur montrera l'égalité et bonne foi
Merci pour ces explications Merci Vincent Jambrun député et porte-parole du groupe Droite Républicaine d'avoir été avec nous ce matin dans le 8.30 France Info sur le 8.30 France Info
et sur le 8.30 France Info est sous le 8.30 France Info
Vincent Jeanbrun