Mercosur : un traité qui "arrive à un moment où personne n'attend ça", et qui "paraît presque grotesque", estime le co-fondateur de Veja
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19InvitéFait
« Elles sont éthiques, durables, réparables, bref, meilleurs élèves de la classe. »
- 0:26InvitéFait
« Mais finalement, pour vous, ce ne serait pas si mal ? »
- 0:43PrésentateurFait
« Et que, après, personnellement, et je parle pour mon associé, mon meilleur ami et moi, on en parlait ce matin, mettre les gens, les agricultrices, les agriculteurs, en concurrence les uns avec les autres, perpétuellement, je ne sais pas si c'est ça dont le monde a besoin aujourd'hui. »
- 1:06PrésentateurFait
« C'est là où ce traité, il arrive à un moment spécial dans le monde, il arrive à un moment où personne n'attend ça, et il paraît presque grotesque aujourd'hui. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité27 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sébastien Coppe, bonjour. Vous êtes le cofondateur de Véja. Ce sont les baskets, évidemment, avec un V sur le côté. Elles sont éthiques, durables, réparables, bref, meilleurs élèves de la classe. Et en même temps, fabriquées très majoritairement au Brésil, c'est l'un des grands pays du Mercosur, avec lequel on prévoit un accord commercial si décrié. Mais finalement, pour vous, ce ne serait pas si mal ?
Bonsoir. Pour nous, ce n'est pas un dossier qu'on suit activement, dans le sens où on n'a jamais suivi les droits de douane de tel ou tel pays. Et que, après, personnellement, et je parle pour mon associé, mon meilleur ami et moi, on en parlait ce matin, mettre les gens, les agricultrices, les agriculteurs, en concurrence les uns avec les autres, perpétuellement, je ne sais pas si c'est ça dont le monde a besoin aujourd'hui. C'est là où ce traité, il arrive à un moment spécial dans le monde, il arrive à un moment où personne n'attend ça, et il paraît presque grotesque aujourd'hui.
Alors, je reviens tout de même à votre entreprise personnelle depuis maintenant 20 ans. Vous payez des droits de douane pour faire venir vos sneakers en France ? D'ailleurs, des taxes à hauteur de quel pourcentage ?
On paye des droits de douane entre 8 et 20% pour faire venir les Véjars en Europe. C'est très élevé quand on compare ces droits de douane aux pays asiatiques, mais c'est quelque chose qui ne nous a jamais ennuyés, dans le sens où on n'a jamais créé notre projet selon les droits de douane, etc. On ne suit pas ces choses-là, on ne fait pas du lobbying pour ça. D'ailleurs, si on devait faire du lobbying, on ferait plutôt contre ce traité.
Est-ce que c'est pour répondre notamment à d'éventuelles critiques que vous commencez à produire en Europe depuis l'an dernier, je crois, et au Portugal précisément ? Pourquoi ?
Ah non, pas du tout. C'est le Brésil est le centre de Véjars depuis le début. C'est le pays dans lequel on est allé chercher toutes les matières premières écologiques avec lesquelles on produit les baskets, c'est-à-dire que c'est toute la déconstruction de la chaîne de production pour la reconstruire de manière clean, c'est-à-dire utiliser du coton bio, utiliser du caoutchouc, travailler directement avec les producteurs de matières premières. Donc le Brésil est dans notre cœur, il restera à vie.
Mais on produit au Portugal par amour aussi, parce qu'on trouve ça génial de pouvoir produire en Europe avec des usines géniales qui nous ont écoutés, qui connaissaient bien Véja et qui nous suivent aujourd'hui. Ça fait seulement deux ans qu'on produit là-bas. On n'en parle pas trop, ça représente, je crois, 2 ou 3% de la production. Mais on trouve ça génial de créer une nouvelle aventure, de nouvelles filières aussi pour le futur, peut-être avec l'Afrique, etc.
J'allais vous demander, vous pourriez rapatrier une partie de votre production un peu plus près de la France ?
Ah bah oui, complètement. Et c'est le but, je pense qu'on aimerait d'ailleurs que le futur soit relocalisé. La mondialisation est partie dans tous les sens. Elle a amené plein de bonnes choses, mais beaucoup de mauvaises aussi. Et le projet Véja part-delà de reconstruire une autre mondialisation, de dire qu'une autre mondialisation est possible, qui respecte les travailleurs et les travailleuses, qui respecte les agriculteurs, qui respecte en fait tout ce champ que les gens ne voient pas, que nous, en tant que consommatrices et consommateurs, on ne voit pas.
Et que vous montrez, les contrats de travail sont visibles sur Internet, par exemple, vous les montrez à qui veut les voir.
On a créé Véja très égoïstement pour nous, c'est-à-dire pour nous en tant que consommateurs. Nous, on aime bien savoir, voir et savoir ce qu'il y a derrière les baskets, c'est-à-dire combien sont payées les ouvrières et les ouvriers, combien sont payées les producteurs de coton bio. C'est ce qui nous anime. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'on n'a jamais fait de publicité. Donc déjà, ce n'est pas une marque très connue non plus, parce qu'on n'a jamais fait de publicité. Il y a plein de gens qui ne nous connaissent pas.
Sans publicité, vous êtes malgré tout très connue. C'est précisément un de vos modèles économiques.
Oui, on ne fait pas de publicité, parce que nos baskets coûtent beaucoup plus cher à produire que des baskets qui seraient produites, comme toutes les grandes marques le font en Chine, au Vietnam, en Indonésie. Donc elles coûtent entre trois fois et quatre fois plus cher avec des matériaux écologiques. Et on a décidé de sacrifier la publicité sur l'hôtel de cette chaîne bénéfique aux agriculteurs, aux agricultrices et aux producteurs.
Alors précisément, les matériaux, effectivement, on le dit, vos baskets sont des modèles avec des matériaux naturels, bio, recyclés, quand il s'agit de plastique. Mais pourquoi pas d'approvisionnement en France ? Un exemple, vous le dites, vous utilisez beaucoup de coton, très gourmand en eau. Pourquoi pas du lin qui pousse en France
et qui est si économe ? Parce qu'on a tout fait au Brésil. Et on a créé une chaîne locale. Tous les matériaux proviennent du Brésil. On fabrique au Brésil, dans le sud, à côté de Porto Alegre. Et je réponds à votre première question. Importer du lin au Brésil, c'est déjà, pour moi, quelque chose qui est contre-productif dans le sens mondialisation. Vous faites trois fois le tour de la planète pour produire une paire de baskets. Là, non. Tout est fabriqué au Brésil. Les matières premières écologiques viennent du Brésil. Et, en plus, le lin serait taxé à plus de 100% s'il devait être importé.
Ce serait la même chose pour du cuir ? Parce que vous vous évertuez à tracer au Brésil des vaches qui n'ont pas mangé d'OGM. Or, le cuir sans OGM, il est là. Il est en France.
Oui, mais ça va plus loin que sans OGM. C'est-à-dire qu'on veut la traçabilité totale sur notre chaîne de production. Et on va beaucoup plus loin que les autres marques de mode ou que les autres marques de baskets. C'est-à-dire qu'on a créé ce projet de traçabilité du cuir depuis 2015-2016. On a mis 4 ou 5 ans à le réussir. Et aujourd'hui, le cuir des Véja vient de vaches du Ruguay qui mangent bio et qui grandissent à ciel ouvert.
En revanche, l'empreinte carbone, évidemment, là, elle est importante. Vos allers-retours, j'imagine, mais surtout, évidemment, le transport de vos baskets.
Oui, le transport se fait en porte-container à travers l'Atlantique. On exporte un peu partout dans le monde. Véja, aujourd'hui, le plus gros marché de Véja est aux États-Unis. Le deuxième plus gros de marché de Véja est au Brésil. Donc là, pour le coup, on vend deux fois plus qu'en France. Et si vous voulez, au Brésil, c'est la basket parfaite puisqu'elle est faite localement.
Alors, parfaite, mais vous avez tout de même été l'un des premiers à miser sur la réparabilité, précisément, d'une simple paire de baskets. Ça pourrait être l'avenir ? Pour l'instant, c'est une poignée de chaussures.
Dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, on est dans la semaine du Black Friday, c'est-à-dire dans la semaine de la surconsommation et de la folie de la consommation, d'acheter des choses inutiles. Et nous, on pense, et c'est peut-être un vœu qui ne sera jamais réalisé, on pense qu'on achète trop, on jette sans même avoir fini de consommer nos vêtements ou nos baskets. Et on pense que cette réparabilité, c'est un pied aussi dans l'avenir, une marche vers l'avenir que de pouvoir réparer avec des cordonnières et des cordonnières qui font un travail extraordinaire et qui vous remettent à neuf une paire alors que vous croyez complètement fichu et ils vous la refont super bien.
Donc, c'est un pari. On a commencé il y a quatre ans. Ça marche incroyablement bien et on répare les Veja et toutes les autres marques. Sébastien Coppe, cofondateur des baskets Veja.
Invité Éco de France Info. Merci à vous. Merci.