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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 mars 2022 90 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesOutre-merEurope & international

Contre-matinale #107 | L'affaire Colonna secoue la Corse, scandale Alstom, l'actu du jour

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 67 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:19OuverteRéponse directe

    Ange, est-ce que les Corses, ou du moins les nationalistes corses, croient en son innocence ?

  • 11:41RelanceRéponse directe

    Une justice d'exception, c'est ce que vous voulez dire ?

  • 12:40OuverteRéponse directe

    Cette agression interroge sur les conditions carcérales des détenus en France et leur sécurité.

  • 13:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une façon de dire que les Corses doutent de la version des faits quant aux événements qui entourent la tentative d'assassinat ?

  • 17:11OuverteRéponse directe

    Ange, qu'est-ce que ça veut dire l'État assassin ? Est-ce que ça vise d'ailleurs uniquement la responsabilité de l'État dans cette tentative d'assassinat en particulier ?

  • 20:13OuverteRéponse directe

    Vous avez parlé de droit au rapatriement. Donc, c'est considéré que la Corse est une patrie distincte de la patrie française ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:26Invité politiqueFait
    « Oui, beaucoup de corses croient en son innocence, d'autant que votre petit reportage est très intéressant, parce qu'on voit bien, comme par hasard, on arrête quelqu'un deux jours avant un référendum, comme par hasard. »
  • 10:43Invité politiqueFait
    « Petit détail, la personne qui à l'époque se vantait de l'arrestation d'Yvan Colonna, à savoir l'ex-président de la République française, Nicolas Sarkozy, la première femme de Nicolas Sarkozy, est de la même région qu'Yvan Colonna, comme par hasard. »
  • 11:03Invité politiqueFait
    « Il y a eu aussi des éléments relativement à des études balistiques, je ne suis pas spécialiste de ça, je suis médecin, je ne suis pas médecin légiste, mais il y a eu des témoignages disant qu'Yvan Colonna est trop petit pour avoir pu tuer le préfet Irina, compte tenu de la balistique. »
  • 11:47Invité politiqueFait
    « il fallait punir un tueur de préfet. Il en fallait bien, puisque le ministre de l'Intérieur de l'époque ne rêvait que d'être président de la République. »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « Totalement. C'est-à-dire qu'au minimum... Certains vont jusqu'à dire que c'est la meurtre aux commandités. »
  • 13:40Invité politiqueFait
    « Effectivement, Yvan Colonna a été un détenu surveillé. A l'évidence, la surveillance n'a pas eu lieu puisqu'ils l'ont laissé dans un gymnase seul. Ils ont laissé rentrer quelqu'un. Et ils ne sont intervenus. Et c'est ça qui est calamiteux. »
  • 13:57Invité politiqueFait
    « Au bout de huit minutes après qu'il ait été agressé, l'agression a duré huit minutes. Et c'est lui-même, l'agresseur, qui est allé prévenir les gardiens. »
  • 15:01Invité politiqueFait
    « Pourquoi ne lui applique-t-on pas le droit commun ? Et là, la réponse de ce merveilleux État, « Ah mais ce n'est pas pareil. » »
  • 15:44Invité politiqueFait
    « C'est qu'il y a eu des rencontres au plus haut niveau, justement, même au niveau de l'État, pour rappeler ça. Et la réponse de l'État, c'est « On sait, on ne respecte pas la loi, mais on assume. » »
  • 17:33Invité politiqueFait
    « Le droit au rapatriement existe. Pourquoi ils ne le font pas ? Et là, c'est une responsabilité politique. »
  • 18:21Invité politiqueFait
    « Que sont les préfets, sinon les larbins de l'État ? »
  • 19:03Invité politiqueFait
    « Et qui avait dit à un avocat, un avocat, le cas de Colonna est indéfendable, en regardant Gilles Siméon. »
  • 19:30Invité politiqueFait
    « Alors, pourquoi le Macron, il a pris comme ministre de l'Intérieur Dupond-Moretti ? Qui n'est pas Corse, je précise. »
  • 28:27Invité politiqueFait
    « quand Macron regarde fixement dans les yeux Gilles Siméon et en disant défendre, c'est impensable de défendre. »
  • 30:50Invité politiqueFait
    « La France a voulu la cage, mais ne veut pas les oiseaux. Et si effectivement les Corses disparaissaient, ils seraient très contents. »
  • 34:40Invité politiqueFait
    « On ne cédera pas au terrorisme. »
  • 36:01Invité politiqueFait
    « Je ne supportais pas quant à l'école. On me demandait... Je disais je suis corse et les instits me disaient non, non, non, mais tu n'es pas corse, tu es d'origine corse. »
  • 36:46Invité politiqueFait
    « Je confondais la République corse, celle de Pascal Paoli, celle à laquelle a participé ma famille, puisqu'un de mes ancêtres a déclenché la guerre d'indépendance contre les Génois, et puis la République française. »
  • 38:54Invité politiqueFait
    « La révolution corse a plus de points avec la révolution américaine parce que les Corses comme les Américains se sont libérés d'un État qui les opprimait. »
  • 40:31Invité politiqueFait
    « Si Colonna est réellement le tueur du préfet Erignac, il mérite sa peine parce qu'on ne tue pas les gens pour des raisons politiques. »
  • 41:41Invité politiqueFait
    « Il n'y a que la France avec son centralisme idiot ? »
  • 44:54Invité politiqueFait
    « La Corse est un pays de tradition fondamentalement catholique. »
  • 45:30Invité politiqueFait
    « Notre hymne national, c'est le Diovis Alviridjina, qui est un hymne à la Vierge Marie. »
  • 45:45Invité politiqueFait
    « Dans la constitution de Pascal Paoli, il est dit que la religion de la Corse est l'église catholique romaine. »
  • 47:27Invité politiqueFait
    « La laïcité française, c'est de l'anti-religion et tout spécialement de l'anti-christianisme et encore plus de l'anti-catholicisme. »
  • 53:06InvitéChiffre
    « Dès 2030, soit 10 ans plus tôt que la précédente prévision du GIEC, la température de la planète devrait atteindre 1,5 degré. »
  • 53:38InvitéChiffre
    « Au-dessus de 2 degrés, les pénuries d'eau toucheraient un tiers de la population du sud de l'Europe. »
  • 54:46InvitéChiffre
    « 63 milliardaires français qui polluent plus que 50% de tous les Français. »
  • 55:40Invité politiqueFait
    « Une des mesures pour essayer d'atténuer nos émissions de gaz à effet de serre, c'est de changer notre régime alimentaire, de le rendre plus végétal. »
  • 56:09InvitéChiffre
    « En France, on tue 3 millions d'animaux par jour. »
  • 56:14Invité politiqueChiffre
    « La pêche industrielle, c'est 1 000 milliards de poissons qui sont pêchés chaque année. »
  • 58:23Invité politiqueFait
    « Alstom c'est l'entreprise qui nous permettait de vendre des centrales nucléaires 100% françaises et qui avait donné son indépendance énergétique et nucléaire à la France. »
  • 1:05:08InvitéChiffre
    « le coût de l'opération pour Alstom s'est élevé à 262 millions d'euros »
  • 1:11:05InvitéFait
    « soit que l'État nationalise Alstom totalement ou partiellement, soit qu'il y a un autre racheteur comme Siemens »
  • 1:15:34InvitéChiffre
    « c'est pas 1000 emplois qui ont été créés, c'est 5000-6000 emplois qui ont été détruits en France »
  • 1:20:36InvitéFait
    « Frédéric Pierucci qui est un otage économique qui a été pris au piège de ce rachat à l'estom général électrique »
  • 1:27:21InvitéFait
    « Sébastien Provent il a été licencié en septembre 2021 »

Temps de parole

  • Invité politique37 %
  • Invité31 %
  • Présentateur25 %
  • Invité 22 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour à vous chers matinaux, on se retrouve déjà pour la dernière contre-matinale de la semaine, car il y a un rendez-vous à ne pas manquer ce soir à 19h, c'est face aux indés, l'invité est Anne Hidalgo. Aujourd'hui, programme très chargé, nous commencerons comme toujours avec la revue des unes de la presse française, immédiatement suivie par un entretien avec un célèbre auteur bien connu au sein des mouvements nationalistes corse, le docteur Ange Mathieu Mezzadry. Nous reviendrons ensemble sur la mobilisation en soutien au militant indépendantiste corse Ivan Colonna, victime d'une tentative d'assassinat par un djihadiste à la maison centrale d'Arles.

C'était le 2 mars dernier et l'homme de 61 ans est toujours entre la vie et la mort. Une mobilisation qui grandit et qui fait craindre une résurgence de la violence nationaliste. Nous recevrons également notre consoeur Lucille Berlan du Media of Investigation, autrice d'une enquête vidéo publiée avant-hier sur un scandale d'État devenu l'un des talons d'Achille d'Emmanuel Macron, la vente de la branche énergie du géant industriel ASTOM au groupe Général Électrique au détriment des intérêts de la France. Un documentaire publié avant-hier qui risque d'embarrasser la majorité et des personnalités politiques de droite. On vous donne des nouvelles de la cagnotte spéciale enquête.

À ce jour, nous avons récolté 22 594 euros, soit près de la moitié de l'objectif. Encore quelques efforts pour atteindre les 50 000 euros qui nous permettront de publier une enquête ou un grand reportage écrit par semaine et une version vidéo par mois. En effet, mener une enquête en demande du temps et de l'argent. Pendant plusieurs mois, notre journaliste Thomas Dietrich a mené un énorme travail d'investigation sur l'argent sale, qui a permis d'équilibrer les comptes de Marine Le Pen après la présidentielle de 2017, de bénéficier ainsi de remboursements des frais de campagne par l'État. Des remboursements qui étaient lourdement compromis.

Pour la première fois, la véritable origine et l'incroyable itinéraire de ces fonds est retracée. De nombreuses enquêtes suivront, dont nous pouvons juste vous dire, pour des raisons de confidentialité, qu'elles se rapprocheront de plus en plus de la Macronie des gouvernants et de celles et ceux qui préfèreraient cacher aux électeurs. Surtout en ce moment. Mais pour continuer, pour finaliser les chantiers déjà entamés et lancés, des nouveaux chantiers, nous avons besoin de votre soutien. On compte sur vous. Place désormais à la titrologie du jour. Armée russe en Ukraine. Pourquoi Poutine patine ?

Libé nous donne des nouvelles du front et nous dévoile une stratégie militaire russe émaillée de failles surprenantes malgré une armée largement supérieure numériquement. Si l'armée de Moscou continue de gagner du terrain, les deux premières semaines de l'offensive ont montré ses faiblesses. Libération des nombreux cinq, que le journal prend le soin de décrypter, un flottement stratégique, des problèmes logistiques, des lacunes du renseignement, des pertes déjà considérables et des réserves de soldats limitées. On apprend ainsi qu'une partie des troupes de Moscou utilisent des radios civiles non sécurisées sur le front ukrainien.

Des échanges écoutables par des simples kidams sur les ondes hertsiennes. Pour l'historien et spécialiste en stratégie militaire Martin Mott, interviewé par Libé, si les Russes ont mené une première offensive sous-dimensionnée et probablement mal évaluée à la situation, il ne fait pas trop vite la disqualifier pour autant. Contre l'avancée russe, les Occidentaux ont rapidement approvisionné Kiev de missiles anti-chars et anti-aériens, mais restent frileux dans l'envoi d'avions qui risquerait de faire déborder le conflit. La course au réarmement.

A l'occasion du Conseil européen informel qui se tient aujourd'hui et demain à Versailles, Macron pousse les feux d'une défense européenne, rapporte l'humanité. L'Union européenne devrait appeler à une reprise des dépenses militaires. L'ordre du jour, bousculé par la guerre en Ukraine, portera principalement sur la défense et l'énergie, avec en ligne de mire une plus grande autonomie vis-à-vis du gaz russe. Une course au réarmement qui inquiète les partisans de la non-violence du désarmement. Il redoute une remilitarisation des sociétés. Alerte Basta.

Face à la guerre en Ukraine, les mouvements non-violents prônent des actions de désobéissance civile, propose d'accorder l'asile aux déserteurs de l'armée russe et appelle à s'engager en faveur des traités d'interdiction de l'armée nucléaire. On continue de parler de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars au Bondy Blog. Égalité hommes-femmes, petites avancées et stigmatisation pour Macron. Quelques mois seulement après son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il ferait de l'égalité entre les femmes et les hommes la grande cause du quinquennat. Cinq ans après cette déclaration, alors que son mandat touche à sa fin, qu'en est-il ?

C'est la question que se pose le Bondy Blog, qui dresse un bilan mitigé, fait de symboles, d'occasions manquées et de stigmatisation. Parmi les progrès sociaux obtenus notamment grâce à la pression des militantes féministes, on peut compter l'élargissement de l'accès à la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires finalement votées en 2021 et qui figuraient dans les promesses de campagne d'Emmanuel Macron dès 2017 ou l'allongement du délai d'interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines finalement adopté en février 2022 après des années de mobilisation militante et des semaines de débats parlementaires.

Mais les impacts du mandat d'Emmanuel Macron sur les femmes ne sauraient être appréhendés hors du contexte économique néolibéral, nuance le journal. Ainsi, les mobilisations sociales contre la réforme des retraites déployées à la fin de l'année 2019 ont été l'occasion pour des militantes féministes et syndicalistes de souligner la manière dont ces politiques économiques pénalisent spécifiquement les femmes avec des pensions plus faibles de 42% moyennes que celles des hommes du fait de carrières hachées par des congés maternités et des emplois à temps partiel.

La réforme portée, puis finalement suspendue par le gouvernement Macron, ne saurait combler cette inégalité inhérente à l'organisation du travail. Plus de 600 féminicides ont eu lieu pendant ce quinquennat, rappelle le Bondyblog, et le Grenelle contre les violences conjugales organisées en septembre et novembre 2019 ne s'est soldé par aucune augmentation dans le budget alloué aux associations de lutte contre ces violences.

Yvan Colonna, entre la vie et la mort, la vive colère qui s'est emparée d'une partie de la population corse à la suite de la tentative d'assassinat du militant indépendantiste corse à la prison d'Arles, mercredi 2 mars dernier, par un co-détenu djihadiste, continue de s'exprimer au cours de plusieurs rassemblements organisés à travers l'île. Une mobilisation qui grandit et qui fait craindre une résurgence de la violence nationaliste. Yvan Colonna, c'est l'homme qui a tué le préfet de Corse, Claude Erignac. On vous propose un bref rappel des faits.

7:22
Invité politique

Les auteurs de l'assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio

7:28
Présentateur

seraient aujourd'hui identifiés. Selon les enquêteurs, le commando était composé d'au moins 5 hommes du milieu nationaliste corse. 4 d'entre eux seraient détenus par la police. L'auteur présumé des coups de feu serait toujours en fuite. Ajaccio, Michel Fin et Diane Richard. L'un après l'autre, 2 des 4 hommes du commando arrêtés en Corse ce vendredi matin ont quitté les locaux de la division nationale antiterroriste. Didier Maranelli, comptable de Sagonne, a déjà été mis en examen dans la soirée pour assassinat. Les deux autres seront transférés au palais de justice pour être mis en examen demain matin.

Tous les gardés à vue, à l'exception d'un seul, auraient avoué leur participation au meurtre. Les policiers connaissent désormais le rôle de chacun. Selon les enquêteurs, Alain Ferrandi, un employé de l'agence de location Hertz, serait l'un des organisateurs de l'assassinat. Le 6 février 98, vers 21h, il se serait posté à l'arrivée du préfet près du Théâtre Calisté. Didier Maranelli, lui, aurait donné le signal du départ de la voiture à la sortie de la préfecture. Pierre Alessandri, un parfumeur, aurait servi quant à lui de couverture au tueur. C'est le seul membre du commando qui manquerait aux policiers.

Selon eux, le tireur serait Yvan Colonna, un berger, fils d'un ancien député des Alpes-Maritimes. Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Claude Erignac à Ajaccio en 1998, a été arrêté ce vendredi en fin d'après-midi. Il se trouvait dans une bergerie près de Porto Polio, en Corse du Sud. Cette arrestation intervient après cinq semaines de procès des autres coupables présumés de cet assassinat et 48 heures avant la tenue du référendum sur le statut de Lille. Yvan Colonna était dans le bureau du juge antiterroriste Laurence Le Vert cet après-midi à Paris. L'assassin présumé du préfet Erignac était interrogé pour la première fois sur le fond du dossier. Il clame toujours son innocence.

Yvan Colonna qui répète qu'il n'est absolument pas dans l'assassinat du préfet Erignac et puis à la fin de son intervention qui a duré une dizaine de minutes,

9:34
Invité politique

Yvan Colonna a dit « Je veux vous demander de me croire, je ne peux pas vous demander de me supplier, mais je suis fatiguée, je veux rentrer à la maison. »

9:42
Présentateur

Ange Mathieu-Mézadry, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes médecin, auteur et nationaliste corse. Votre dernier ouvrage, « Le Fils de la Nation », normalement on diffuse la photo, la page de couverture, évoque de manière métaphorique cette histoire d'amour ou de désamour entre la Corse et le continent. Votre famille est originaire de Corté, berceau du nationalisme corse, où la mobilisation en soutien à Yvan Colonna s'intensifie. Condamné trois fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, il n'a cessé de clamer son innocence pendant 23 ans.

Ange, est-ce que les corses, ou du moins les nationalistes corses, croient en son innocence ?

10:24
Invité politique

Oui, beaucoup de corses croient en son innocence, d'autant que votre petit reportage est très intéressant, parce qu'on voit bien, comme par hasard, on arrête quelqu'un deux jours avant un référendum, comme par hasard. Petit détail, la personne qui à l'époque se vantait de l'arrestation d'Yvan Colonna, à savoir l'ex-président de la République française, Nicolas Sarkozy, la première femme de Nicolas Sarkozy, est de la même région qu'Yvan Colonna, comme par hasard. Donc il y a des tas de choses qui sont louches.

Il y a eu aussi des éléments relativement à des études balistiques, je ne suis pas spécialiste de ça, je suis médecin, je ne suis pas médecin légiste, mais il y a eu des témoignages disant qu'Yvan Colonna est trop petit pour avoir pu tuer le préfet Irina, compte tenu de la balistique. Donc normalement, dans un état qui est un état dit de droit, ce que la France se dit tous les jours, normalement, le doute bénéficie aux prévenus.

Alors on me dira, il y a eu trois procès, certes, il y a eu trois procès, mais des procès un peu particuliers, pour autant que je puisse en juger, parce que je ne suis pas sûr, mais je dis peut-être une bêtise, ce n'est pas ma spécialité, mais ce n'était pas tout à fait des tribunaux d'assises classiques.

11:41
Présentateur

Une justice d'exception, c'est ce que vous voulez dire ?

11:44
Invité politique

Ça y ressemble beaucoup, parce qu'effectivement, entre guillemets, il fallait punir un tueur de préfet. Il en fallait bien, puisque le ministre de l'Intérieur de l'époque ne rêvait que d'être président de la République. Et d'ailleurs, quand on a vu l'arrestation d'Yvan Colonna, Sarkozy avec son appoint habituel et son acte habituel, il y en a arrêté l'assassin. Ah bon ? Ce n'est pas la justice de dire qui est un criminel ou pas ? C'est-à-dire que depuis le début, il y a des choses douteuses. Lui, il clame son innocence. Peut-être est-il innocent, peut-être est-il coupable. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que... En tout cas, l'appareil d'État, lui, a tranché.

Il fallait bien un coupable. Ils l'ont, c'est très bien. C'est ironique quand je dis que c'est très bien.

12:38
Présentateur

On va revenir sur cette agression. Donc, cette agression, qui quand même intervient sur un des détenus les plus surveillés de France, interroge sur les conditions carcérales des détenus en France et leur sécurité. On rappelle qu'Yvan Colonna était inscrit dans le répertoire des détenus, particulièrement signalé jusqu'à sa récente radiation par le Premier ministre, Jean Castex. Évoquant le trouble qui entoure les circonstances de l'agression, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale Corse, Gilles Geméoni, a demandé une commission d'enquête mixte. Gilles Geméoni parle de trouble.

Est-ce que c'est une façon de dire que les Corses doutent de la version des faits quant aux événements qui entourent la tentative d'assassinat ?

13:20
Invité politique

Totalement. C'est-à-dire qu'au minimum... Certains vont jusqu'à dire que c'est la meurtre aux commandités. Ce n'est pas très difficile de trouver un espèce d'abruti dans les prisons qui va être capable d'être manipulé. On en trouve assez facilement et ce n'est pas la première fois que ce genre de choses peut exister. Mais n'allons même pas là. Effectivement, Yvan Colonna a été un détenu surveillé. A l'évidence, la surveillance n'a pas eu lieu puisqu'ils l'ont laissé dans un gymnase seul. Ils ont laissé rentrer quelqu'un. Et ils ne sont intervenus. Et c'est ça qui est calamiteux. Au bout de huit minutes après qu'il ait été agressé, l'agression a duré huit minutes.

Et c'est lui-même, l'agresseur, qui est allé prévenir les gardiens. Lesquels gardiens, de toute façon, avaient des caméras de surveillance qui, a priori, n'ont pas regardé. Donc, soit il y a une volonté délibérée d'éliminer quelqu'un via un complice débile, soit, au minimum, au minimum, au minimum, il y a des négligences. Et puis, le problème se corse, c'est le cas de le dire. Parce que, de toute façon, les trois personnes dont on a parlé, puisque d'autres ne sont plus de ce monde, Ferrandi, Colonna et Alessandri, de toute façon, ils devaient être rapatriés sur Borgo. Pourquoi ?

Parce que l'État n'arrête pas de dire, notamment aux nationalistes corse, « Ah non, il n'y a pas de prisonniers politiques en France. » « Ah non, la France est un État de droit. » Alors, si ces gens-là ne sont pas des prisonniers politiques, ce sont donc des droits communs. Admettons qu'Ivan Colonna ait tué le préfet Rignac. Lui, il clame son innocence. La justice dit que c'est des criminels. Partons sur le fait qu'ils soient criminels, admettons. Prenons cette hypothèse. Puisqu'il n'est pas un prisonnier politique, c'est un prisonnier de droit commun. Pourquoi ne lui applique-t-on pas le droit commun ? Et là, la réponse de ce merveilleux État, « Ah mais ce n'est pas pareil.

» C'est toujours la réponse des Français, de l'État français. « Ah mais ça, ce n'est pas pareil. » En fait, nous le savons bien. Il se trouve que je garderai pour moi le nom de l'avocat de Colonna, que je connais particulièrement bien, parce que je ne sais pas dire son nom ici, mais ce que je vais vous dire a été reporté par la presse. C'est qu'il y a eu des rencontres au plus haut niveau, justement, même au niveau de l'État, pour rappeler ça. Et la réponse de l'État, c'est « On sait, on ne respecte pas la loi, mais on assume. » Eh bien, mon grand, tu vas assumer maintenant ce qui se passe.

15:52
Présentateur

Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la collectivité territoriale. Corse va même plus loin. Il impute la responsabilité de la tentative d'assassinat d'Ivan Colonna à l'État. On l'écoute.

16:05
Invité

Ce soir, c'est un rassemblement pacifique. Ce qui est certain, c'est que ce qui s'est passé ce matin est d'une gravité extrême. Mais je pense que tous les démocrates, et ils sont nombreux, en Corse, bien sûr, en France également, ne peuvent pas accepter. Il y a, bien sûr, la responsabilité de l'auteur présumé et de ses éventuels complices. Mais il y a, au premier rang, au premier chef, la responsabilité majeure du gouvernement et de l'État qui avait été dûment informé à plusieurs reprises de ce type de risque et qui, par ailleurs, a refusé systématiquement pour des prétextes méprisables d'appliquer le droit au rapprochement. Je le redis avec force, détermination et solennité.

Si le droit au rapprochement avait été appliqué par le gouvernement, par l'État et par la France... C'est l'État directement en cause, ce soir, dans l'État du Mont-Cologne, qui est en état de mort cérébrale, on le rappelle. Ce n'est pas moi qui le mets en cause, l'État. L'État est en cause, l'État est directement impliqué, l'État est directement responsable de ce qui s'est passé ce matin.

17:03
Présentateur

D'ailleurs, même des centaines de jeunes ont également gagné les rues des principales villes insulaires pour dénoncer l'État français assassin. Ange, qu'est-ce que ça veut dire l'État assassin ? Est-ce que ça vise d'ailleurs uniquement la responsabilité de l'État dans cette tentative d'assassinat en particulier ?

17:19
Invité politique

Oui, parce que Gilles a... Enfin, je m'excuse, on se connaît. Donc, Gilles a tout dit, quoi. Il est clair que même peu de temps... Je pars de l'hypothèse que Colonna est coupable, même s'il y a des doutes. Mais je reste sur cette hypothèse-là. On lui applique le droit, comme à tout le monde. Point à la ligne. Le droit au rapatriement existe. Pourquoi ils ne le font pas ? Et là, c'est une responsabilité politique. De toute façon, comme je l'ai dit tout à l'heure, les avocats de ces trois prisonniers, de ce qu'on appelle le commande de Rignac, l'ont dit, l'ont revu, mais l'ont réexpliqué. L'État n'assume pas. Que se passe-t-il en réalité ?

Ça, il faut le savoir, tel qu'on en m'a raconté l'affaire. C'est qu'à chaque fois que la chancellerie veut faire appliquer la loi dans le cas particulier, il y a un lobbying qui est fait, la pression qui est faite par la famille Rignac, bon, ça peut se comprendre du point de vue humain, mais surtout par le corps de la préfectorale et de l'énergie. Parce qu'effectivement, je vais dire des choses très désagréables. Que sont les préfets, sinon les larbins de l'État ? Eh bien, ils ont envie d'être protégés. Et l'État, il fait, protège ses ouailles. Et contre le droit, et ça, ça ne peut pas aller. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

Et alors, en plus, Gilles Siméon, il faut savoir que Gilles est un avocat. Gilles était aussi un des avocats d'Yvan Colonne. Je me rappelle l'arrivée d'une brillante présidente de la République française en Corse, à savoir Emmanuel Macron, pour lequel j'ai une estime extraordinaire. Vous êtes encore ironique, une fois de plus. Oui, totalement. Et qui avait dit à un avocat, un avocat, le cas de Colonna est indéfendable, en regardant Gilles Siméon. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans un pays qui se veut un État de droit, on n'a pas le droit de défendre ? Tout le monde a le droit d'être défendu, y compris des gens. Forcément, on a quelqu'un qui viole un enfant, bon, ok.

Mais même ces gens-là, ils ont le droit d'être défendus. Qu'est-ce que ça veut dire un président de la République qui dit partout, on est dans un État de droit, on est dans un État de droit ? Tu tiens des propos pareils ? Et puis, allez, admettons, allez, admettons, le cas d'Yvon Colonna est indéfendable. Alors, pourquoi le Macron, il a pris comme ministre de l'Intérieur Dupond-Moretti ? Qui n'est pas Corse, je précise. Dupond-Moretti, qui a été aussi un avocat de Colonna. Mais il faut être logique, quand même, ça ne tient pas la route. C'est toutes ces incohérences-là qui nous...

D'ailleurs, vous le voyez que je suis en colère, et qui met en colère l'ensemble des Corses, et pas que les Corses d'ailleurs, parce qu'il y a plein de gens, notamment dans les mouvements plutôt régionalistes, voire autres, sur tout le territoire national français, qui se disent, mais dans quel pays on est, quoi ? L'État de droit ? Le pays des droits de l'homme ? Le pays qui donne des leçons de morale à tout le monde ? Et tu te comportes comme ça ? Mais ça ne va pas du tout, quoi.

20:13
Présentateur

Vous avez dit quelque chose de très intéressant, en tout cas, que j'aimerais relever ici. Vous avez parlé de droit au rapatriement. Donc, c'est considéré que la Corse est une patrie distincte de la patrie française ?

20:26
Invité politique

C'est un peu notre histoire. C'est ce que je raconte un peu dans mon roman, Le fils de la nation. Après, je vous expliquerai, si vous le voulez, pourquoi je vais l'appeler comme ça, ce livre. C'est que la Corse a été rattachée de force à la France. Certains trouvent que c'est bien, d'autres trouvent que c'est mal. À l'intérieur du peuple corse, ou de la communauté corse, il y a des positions diverses. Certains veulent que nous restions français, d'autres pensent que nous n'avons rien à faire avec la France. Mais on est tous d'accord sur un point. Nous étions un pays indépendant. Nous avons eu la première constitution républicaine de l'ère moderne, la constitution de Pascal Paoli, 1755.

D'ailleurs, qui a été honorée aux Etats-Unis, puisqu'il y a plusieurs villes qui s'appellent Paoli. Ce n'est pas parce que c'était fondé par des corses. C'est simplement les insurgés américains qui ont donné le nom de Paoli à des comtés par solidarité. 1755, avant la France. Et on a été annexés de force. Nous, on n'a pas choisi. Donc, un certain nombre d'entre nous considérons que, oui, il y a une patrie qui est la patrie corse et la France n'a rien à faire sur notre sol. D'autres pensent le contraire, bien sûr. Mais je donne cet élément-là. Et puis, il faudrait aussi voir une chose. qu'une île, c'est une île. Les gens des îles, c'est un peu particulier.

Quel que soit l'état auquel est rattachée telle ou telle île, les gens des îles sont un peu différents des autres parce qu'ils ont un plus grand sens de la communauté, parce qu'il y a des liens familiaux, parce que les gens se connaissent et on ne vit pas les choses de la même façon. Effectivement, certains vont dire le rapprochement. Pour Ivan Colonna, ils sont tous d'accord là-dessus. Par exemple, l'Assemblée de Corse est aujourd'hui de manière écrasante nationaliste. Le vote des Corses au régional a été d'une manière écrasante nationaliste. Et ça ne veut pas dire, d'ailleurs, que les 30% des autres qui avaient voté soient pour la droite dite française ou pour la gauche.

Ils n'étaient pas non plus des tendances nationalistes. Mais tous, tous, tous, tous les élus corses, toutes tendances ont tous voté pour le rapprochement des prisonniers, y compris ceux qui sont de droite, y compris, par exemple, des amis que je peux connaître, puisque nous nous connaissons tous, qui vont faire soit campagne pour... Bah tiens, on va faire campagne pour Mme Hidalgo, ou pour Mme Pécresse, ou pour Mélenchon. Tout le monde est d'accord là-dessus. Les ramener au pays.

22:57
Présentateur

D'ailleurs, on pourrait... Les mots sont importants. Il est peut-être important, justement, de préciser la nuance entre qu'est-ce que le nationalisme corse, est-ce qu'il se distingue de la mouvance indépendantiste, séparatiste, autonomiste, est-ce que c'est la même chose ou pas du tout ?

23:14
Invité politique

D'abord, première chose, je vais préciser... Alors là, c'est l'auteur, c'est le directeur de collection. Le nationalisme corse n'a strictement rien à voir avec le racisme de d'autres populations. En particulier, le racisme qui peut exister sur le territoire hexagonal. Ça n'est pas la même chose. Parce que d'abord, une nation, ce n'est pas une race, et je mets le mot race entre guillemets. Ça n'a rien à voir. Donc déjà, premièrement, quand par exemple, il y a des donneurs de leçons de droite, de gauche, ou continua, mais vous, les Corses, vous êtes nationalistes, alors vous êtes... Ben tiens, comme des candidats que vous aimez peut-être pas beaucoup aux médias.

Ouais, vous êtes comme Zemmour, vous êtes comme... Non, ça n'a rien à voir. Ce n'est pas la même chose. Il n'y a pas cette dimension-là de raciale. Ça n'existe pas. D'abord, ça n'existe pas dans la culture méditerranéenne. Il n'y a pas l'idée d'infériorité des uns par rapport aux autres. C'est simplement un petit peuple qui a envie de vivre avec ses valeurs. Ce n'est pas parce qu'on est petit qu'on n'a pas le droit d'exister. Parce qu'effectivement, si la Corse, nous étions un territoire plus grand et si nous étions 15 millions, les Français, ils ne nous casseraient plus les pieds. Donc, c'est un peu facile. Vous voyez ce que je veux dire ?

Alors, déjà, premièrement, le nationalisme corse, ce n'est pas le racisme de certains, de certains Gaulois, par exemple, pour parler clair.

24:38
Présentateur

Vous êtes nationaliste mais pas autonomiste.

24:40
Invité politique

Alors, dans le nationalisme, il y a les deux tendances. La tendance qu'il dit, il faut se séparer de la France. Il y a une partie de la population qui pense ça. Et puis d'autres qui disent non parce que de toute façon, on a des liens. Par exemple, il y a des Corses qui se sont mariés avec des continentaux et tout. Non, il suffit simplement un statut par exemple, comparable, pour rester dans le cadre français, comparable à la Polynésie et tout ça, il s'est irréterait bien parce que ça éviterait le déchirement, les déchirements familiaux parce que, par exemple, si on bascule dans l'indépendance, effectivement, il va y avoir des déchirements familiaux. C'est clair.

Et certains se disent non, on ne va pas passer par ça. Mais l'idée, dans tous les cas, dans tous les cas, y compris d'ailleurs chez les gens qui se disent corsistes mais non nationalistes, c'est l'idée de dire qu'il y a une communauté qui a sa langue, sa culture, sa façon de vivre, qui a son territoire, qui n'a rien demandé à personne et on les a intégrés à autre chose et on a le droit de vivre sur nos propres valeurs. C'est uniquement de ça qu'il s'agit. Alors, qu'est-ce qui est maintenant prédomine ? À l'Assemblée de Corse, ce qui prédomine, c'est plutôt les autonomistes comme Gilles Siméon.

Mais, avec la façon dont l'État gère les choses, il va y avoir de plus en plus de basculements du côté indépendantiste et c'est très net chez les jeunes, ça.

26:06
Présentateur

Justement, la colère ne faiblit pas. Des heurts avec les forces de l'ordre ont émaillé les manifestations. Il y a cinq jours, des marins du syndicat des travailleurs corses ont bloqué dans le port d'Ajaccio en Ferry où se trouvaient les gendarmes dépêchant en renfort ainsi que leurs cinq camions les empêchant d'accoster. Je le disais, un des centaines de jeunes aussi ont gagné les rues des principales villes insulaires pour dénoncer l'État français assassin. Plusieurs lycées ont été bloqués par des élèves. La police se livre aussi à une répression ultra-violente.

Le bilan est particulièrement lourd et grave du côté des lycéens dont au moins deux mineurs ont été gravement blessés par des tirs de LBD. Ange Mathieu, pourquoi la jeunesse corse est aux avant-postes de la contestation alors que la plupart de ces jeunes n'étaient même pas nés le 6 février 1998 lorsque le préfet a été abattu ?

26:54
Invité politique

C'est parce que, premièrement, il y a le sentiment d'appartenance. C'est un sentiment d'appartenance. Aujourd'hui, dans le monde dans lequel nous vivons, notamment dans la société que nous prépare l'admirateur de la Stabtum Nation, voilà, c'est le fait de gommage des identités, des valeurs qui peuvent être éventuellement des valeurs dissidentes par rapport au modèle global. Ces corses ont le sentiment de leur appartenance. C'est comme ça, ils sont comme ça. Et puis, c'est normal. Par exemple, moi, si on me demande si pour être français, il faut que je nie le fait que je suis corse, je ne peux pas.

C'est comme si on me demandait de changer de couleur de peau ou si on me demandait de changer la forme de mes yeux. Je ne peux pas. Je suis corse, point. j'ai une nationalité française, certes, mais je suis corse, c'est clair.

27:48
Présentateur

La psychologie et la psychanalyse rappellent qu'un individu avec une identité, ça n'existe pas.

27:53
Invité politique

Donc, ça, ce n'est pas étonnant qu'il y ait un attachement aux valeurs.

28:03
Présentateur

Mais cette jeunesse qui, déjà, à 25 ans, il y avait certains témoignages, se sent méprisé par le pouvoir central.

28:10
Invité politique

Mais c'est le cas. Mais c'est le cas. Par exemple, c'est le cas tous les jours. Moi, effectivement, ça ne me touche plus vraiment. Mais c'est le cas. Par exemple, quand, je reprends cet exemple, quand Macron regarde fixement dans les yeux Gilles Siméon et en disant défendre, c'est impensable de défendre. C'est quoi, ça ? C'est du mépris. C'est quoi, ce truc ? Qu'est-ce que c'est, ce système ? Alors, quand il va en Polynésie, celui-là, il se grime comme un débile en prenant les... Et puis, quand il vient chez nous, non, il ne faut pas le moindre signe corse, mais c'est quoi, ça ?

Quand, par exemple, moi, j'avais fait de la politique, pas forcément dans un endroit qui correspond à vos idées ici, mais quand j'ai entendu le débat, y compris pour mes ex-copains, j'ai complètement rompu avec eux, parler une langue régionale, c'est mettre en cause l'identité nationale. Mais qu'est-ce que c'est que ce genre de raisonnement ? Ma famille, qui était dans les forces françaises libres, il parlait le corse entre eux, ça faisait d'eux, des sous-citoyens. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? C'est du mépris.

Quand tous les jours, par exemple, revenons au brillant président de la République française qui nous explique qu'il n'y a pas de culture française, mais si tu n'as pas de culture française, mon grand, tu ne me reproches pas à moi de vouloir garder ma culture corse. quand on explique lui toujours le même que le français, l'allemand qui ne connaît pas, qui ne comprend pas plus de charme que le français, si ta langue maternelle ne t'a pas de charme, ne me reproche pas de parler la mienne, non ? Quand on nous dit tous les jours l'Europe, l'Europe, l'Europe, très bien, passons. L'Europe demande à tous les États membres de protéger leur langue minoritaire. La France ne le fait pas.

Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est tout simple. Si, par exemple, par les Bretons, par les Alsaciens, par les Occitans, par les Créoles, par les Corses, par les Basques, ça ne fait pas partie du patrimoine national français, très bien. Mais alors, que fait le drapeau tricolore sur tous ces territoires-là ? On ne peut pas tenir de discours. Et la France, en permanence, tient de discours.

30:19
Présentateur

Alors, Ange, pour venir... C'est pour ça qu'il est pour ce point,

30:22
Invité politique

les jeunes Corses.

30:23
Présentateur

D'accord. Justement, et ces jeunes Corses, on les entend créer dans ces manifestations l'État français, l'État assassin, assassin d'Yvan Colonna qui aurait laissé faire et assassin de l'identité Corse également. Exactement.

30:38
Invité politique

Exactement. Je suis de ceux qui pensent que... Alors, c'est très dur ce que je vais dire. Il y a quelques années, je n'aurais pas parlé comme ça. C'est concernant le territoire Corse. La France a voulu la cage, mais ne veut pas les oiseaux. Et si effectivement les Corses disparaissaient, ils seraient très contents. C'est clair, c'est ce qu'on pense. Et d'ailleurs, parmi les petits jeunes qui ont été touchés, ça c'est important que vous le sachiez, peut-être que le détail vous a échappé. Il y a un petit jeune homme, un gamin de 16 ans, qui s'est pris une LBD en plein visage pour... En aparté, j'ai participé aux manifestations Gilets jaunes.

Donc ce qu'ont été capables de faire les tirs de LBD, je les ai eus, en plus en tant que médecin. Je les ai vus. Moi j'étais là quand par exemple Fernandez a été bornier et ainsi de suite. Donc je le sais très bien parce que normalement les LBD, on tire dans les jambes, on ne tire pas au visage. Bon, passons. Ça a été fait. Mais là, parmi les petits qui ont été touchés, il y a un jeune gars qui s'appelle Jean-Claude Benedetti, je prononce à la française, qui est le neveu d'un des chefs nationalistes qui s'appelle Jean-Félix Benedetti. C'était le président de Corinne Front et c'est la tendance indépendantiste plutôt de gauche. Et là, j'ai vu ce que les Benedetti ont dit passer.

C'est leur neveu qui est entre la vie et la mort.

32:00
Présentateur

Les risques d'embrasement sont grands.

32:03
Invité politique

Quel besoin ils avaient de tirer au visage d'un gosse de 16 ans ? Tire-lui dans les jambes au pire, mais pas au visage. Ils auraient fait ça, leur gosse. Le connard de flic qui a fait ça, excusez-moi, le connard qui a fait ça, il y a pensé alors que c'est interdit de le faire. On ne tire pas au visage. Il l'aurait fait pour son gosse ? Ben non. Et en plus, c'est pas tout. Ils l'ont traîné comme si c'était... Ben oui, il est parti sur Marseille avec traumatisme crânien et tout ça. Ça va pas passer très bien.

32:38
Présentateur

C'est peut-être l'affaire de trop. Et d'ailleurs, c'est vrai que l'électorat corse n'est pas suffisamment important pour empêcher le candidat Macron. Mais est-ce qu'on peut imaginer que le mouvement de contestation qui s'amplifie pourrait embarrasser le président de la République

32:56
Invité politique

dans sa campagne ? Pour être clair, je l'espère. Pour être clair, excusez-moi, je ne devrais pas parler comme ça, mais ce type-là, pourvu qu'il ne soit pas réélu, je voterai pour n'importe qui, jamais pour lui. Vous voyez ? Ça, c'est clair. N'importe qui, y compris des gens.

33:12
Présentateur

Ça, c'est vos souhaits.

33:13
Invité politique

Oui, ça, c'est clair. Mais alors, comment il peut être gêné ? D'abord, il a une épine dans le pied parce que son... Ben, c'est clair, quoi. Vous voyez, c'est souvent le petit clou dans la chaussure, le petit grain de sable dans la chaussure qui fait que... Mais, il se trompe sur un point, Macron. Parce que, comme beaucoup de journalistes, ils ont oublié le poids de la diaspora à Corse. Pour un là-bas, on est dix à l'extérieur. Et là, électoralement, ce n'est plus la même histoire. Moi, effectivement, pour aller jusqu'au bout du raisonnement, je souhaite que tous les Corses et tous les gens attachés à la Corse fassent battre le bonhomme dont on parle. Je ne peux pas être plus clair.

33:53
Présentateur

Oui. C'est clair. Bien évidemment, aux urnes. S'il n'y a pas de malentendus. Non, mais bien sûr. La page de la violence nationaliste est tournée depuis le dépôt des armes du FLNC. Est-ce que la mort officielle, on ne souhaite pas, bien évidemment, dit Ivan Colonna, pourrait pousser l'organisation à reprendre les armes ?

34:15
Invité politique

Alors, la tendance existe depuis pas mal de temps. Même avant ça. Pourquoi ? Parce que, si vous voulez, les mouvements armés ont posé les armes. Et je pense qu'ils ont eu raison. De surcroît, les Corses se sont engagés dans un processus de type démocratique en votant pour des élus nationalistes ou autonomistes ou indépendantistes. Parce que l'État avait mis ça comme préalable. On ne cédera pas au terrorisme. Bon, ils nous considéraient comme des terroristes. Très bien. mais les Corses ont arrêté ça. Ils sont rentrés dans un processus démocratique. Eh bien, que constate-t-on ? C'est que l'État continue pareil à mépriser les gens, à ne pas respecter ses propres lois, d'ailleurs.

En plus, ses propres lois. Donc, beaucoup de Corses commencent à dire mais attends, on a fait ce qu'on avait, on nous a, entre guillemets, demandé de faire et puis c'était normal que nous le fassions parce que, comme je vous l'ai dit, dans nos familles, par exemple, moi je suis plutôt nationaliste alors que je ne l'étais pas. Mais d'autres ne le sont pas. Certains d'entre nous sont mariés avec des continentaux et donc on n'a pas envie de déchirements dans les familles. Et en plus...

35:28
Présentateur

Qu'est-ce qui a changé d'ailleurs ? Qu'est-ce qui a basculé ? Parce qu'on parle beaucoup de repli communautaire quand on parle d'autres communautés en France. Qu'est-ce qui vous a... Qu'est-ce qui a fait que ce sentiment nationaliste vous traverse ? Maintenant, aujourd'hui ?

35:42
Invité politique

En réfléchissant, en venant, je crois avoir trouvé la réponse, en tout cas, ce qui me concerne. Parce que mon basculement se fait au fil des livres que j'écris. Je me suis toujours senti corse. Ça, c'est clair, net et précis. Vous voyez ? Toujours, toujours, toujours. Par exemple, je l'écris dans un de mes livres. Je ne supportais pas quant à l'école. On me demandait... Je disais je suis corse et les instits me disaient non, non, non, mais tu n'es pas corse, tu es d'origine corse. J'avais envie de lire espèce d'abruti. Tu sais mieux que moi ce que je suis. Parce que ça, c'est aussi une des caractéristiques de notre charmant pays, la France, d'attribuer aux autres des identités fictives.

On me dit voilà, toi, tu es ça. Bon, très bien, parfait. Mais j'ai cru longtemps, parce que ma famille était plutôt dans l'armée, plutôt dans les forces françaises libres. j'ai longtemps cru à la République. Mais je me suis trompé. Pourquoi ? Parce que dans ma tête à moi, je crois que c'est ça et je l'explique dans un roman qui s'appelle « L'être à la femme de l'autre ». C'est... En fait, je confondais la République corse, celle de Pascal Paoli, celle à laquelle a participé ma famille, puisqu'un de mes ancêtres a déclenché la guerre d'indépendance contre les Génois, et puis la République française. En fait, pour beaucoup de Corses, dont moi d'ailleurs, mais beaucoup de Corses ont ça.

En fait, la France, c'est la Corse en plus grand. Et ils ont ça dans leur tête. Ça relève de la folie. Je suis assez d'accord. Et en plus, il y a un élément moteur là-dedans, c'est le mythe napoléonien. Alors, on a été rattaché de force à la France, mais comme l'empereur des Français est l'un des nôtres, en fait, on a la victoire. Vous voyez ? Cette idée de grandeur qu'ils ont obtenue par le fait d'être Français. Et ils pensaient que la République était quelque chose de bien. J'ai des doutes quand on voit comment ça marche. Et en plus, j'ai eu des doutes. Pourquoi ?

Parce que je me suis moi-même engagé en politique, pas forcément dans le bord qui est celui du Média, mais ça, ce n'est pas le problème. C'est que je me suis rendu compte comment fonctionne la classe politique française. Notamment, les partis dits de gouvernement. Ils ne défendent que des intérêts privés. ils ne défendent que leurs intérêts propres en tant qu'élus. Et puis, des intérêts privés contre l'intérêt général. Donc là, on n'est plus dans la République. Et je me suis posé la question pourquoi on en est là ? Et puis, là, en allant aux États-Unis, d'ailleurs, j'ai eu mon illumination, peut-être tel sol de Tars sur le chemin de Damas qu'il est devenu symbole.

je me suis dit mais cette révolution française dont on nous rebat les oreilles constamment partout, tiens, mais ici, pas très loin d'ici, il y a Robespierre, tout ça. C'est de quoi, de quoi s'agit-il ? Eh bien, j'ai comparé, enfin, moi, et puis je le dis dans ce roman, la révolution corse, la révolution américaine et la révolution française. En fait, la révolution corse a plus de points avec la révolution américaine parce que les Corses comme les Américains se sont libérés d'un État qui les opprimait. Les Américains se sont libérés des Anglais qui étaient leurs cousins quand même. Nous, nous sommes libérés des Génois qui sont quand même nos cousins mais les Français, c'est pas ça.

C'est une révolution bourgeoise. C'est la bourgeoisie affairiste qui a réglé ses comptes avec la noblesse qui était devenue dégénérée d'ailleurs. Mais est-ce qu'ils ont libéré le peuple ? Mais rien du tout. Quand on lit, par exemple, les textes de CIS et des grandes penseurs de la révolution française, on sent bien le mépris qu'ils ont pour le peuple. Nous, nous sommes l'élite, l'élite bourgeoise qui se venge de ce qu'elle considérait comme étant des humiliations venant de l'aristocratie mais qui méprisent le peuple. Et donc, de quoi s'agit-il en France ? Non, c'est une classe sociale qui a pris le pouvoir.

Elle a pris le pouvoir depuis la révolution et selon moi, elle amène la France à sa perte. Mais bon, ça, c'est mon opinion personnelle. Donc, je vois la différence et ce n'est pas la même histoire. Et donc,

39:54
Présentateur

Ange, oui, je serais que je vous ai un peu interrompu pour préciser votre pensée. Pour revenir à cette question, vous pensez que ces tensions qui grandissent sur l'île pourraient pousser le FLNC ou d'autres organisations indépendantistes à reprendre les armes ?

40:06
Invité politique

Oui, malheureusement, oui. Si, parce que moi, je suis, alors, pour que les choses soient claires, personnellement, je suis contre la violence politique. On ne tue pas des gens pour des questions politiques. On ne tue pas les gens pour des questions religieuses. Ça, non, c'est clair. Si lutte armée, il doit y avoir, c'est la lutte armée défensive. Voilà, ça, c'est clair. Si on est agressé, on est agressé. Mais sinon, on ne fait pas ça. Par exemple, si Colonna est réellement le tueur du préfet Erignac, il mérite sa peine parce qu'on ne tue pas les gens pour des raisons politiques. Ça, ça ne se fait pas.

C'est contraire à mes convictions politiques, c'est contraire à mes convictions philosophiques et encore plus à mes convictions religieuses. Non, ça, ça ne se fait pas. Donc, je ne suis pas pour l'appel à la violence et tout. Mais il faut aussi que l'État comprenne que ce que demandent les Corses, et d'ailleurs, j'ai parlé de Benedetti, par exemple, de Corinne Fronte, dont le neveu est plutôt à l'hôpital de Marseille dans un sale État. Benedetti a rappelé que ce que demandent les Corses, lui, ce n'est simplement qu'un statut comparable à ce qui se fait pour toutes les îles européennes. C'est rien de plus, quoi. Et la France n'est pas capable de faire ça ?

Comment ça se fait que le pays voisin d'Italie a donné un statut particulier à la Sicile, à la Sardaigne ? Comment se fait-il que l'Espagne ait donné un statut particulier aux Baleares, aux Canaries ? Comment se fait-il que les îles de la Baltique, les îles allemandes de la Baltique, elles ont un statut particulier ? Il n'y a que la France avec son centralisme idiot ? Et pourquoi ils continuent comme ça ? Pour prouver qu'ils sont une grande puissance ? C'est ridicule.

41:52
Présentateur

On n'a pas la chance d'inviter très souvent des militants, un des nationalistes corse, donc on en profite. On regarde encore un petit peu, Ange, pour vous poser d'autres questions qui dépassent l'affaire Colonna. On a parlé assez longuement d'Emmanuel Macron. On a parlé d'un autre candidat qui a visité la Corse et qui n'a pas reçu l'accueil escompté.

42:16
Invité

Mais en marge du rassemblement, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies spontanément ou à l'appel de syndicats pour protester contre sa venue.

42:28
Invité politique

À certains endroits, des échauffourées éclatent. Des personnes à l'intérieur du groupe de M. Zemmour sont sorties et en sont venues aux mains directement. Il n'y a qu'à voir le monde qui est présent aujourd'hui derrière nous, les personnes qui sont présentes

42:45
Présentateur

autour de lui, ce n'est pas un rapport de force. Les choses, elles sont claires. On ne veut pas de son discours, on ne veut pas de sa personne sur notre île. Dans l'imaginaire collectif, les Corses, ou plutôt les nationalistes Corses, voteraient à droite, voire à l'extrême droite, mais là, la réalité semble plus nuancée. Alors,

43:01
Invité politique

déjà, les critères de droite et de gauche, chez nous, bof. Bof. C'est... Je vois, puisque ça se passe à Jacques Chaud, je vous raconterai une anecdote qui illustre parfaitement ce que je suis en train de vous dire. Mais clairement, le problème d'Éric Zemmour, c'est qu'il confond ses fantasmes avec notre réalité. Clairement, nous, nous sommes dans l'idée de défendre notre identité qui est en train d'être détruite. Il est clair que si cet homme, alors, il peut peut-être changer s'il était président de la République, toujours, la grâce divine peut faire que... On peut toujours l'imaginer. Mais si cet homme était au pouvoir, de toute façon, il serait encore pire avec nous que les autres.

c'est ça que les Corses voient. D'abord, il utilise les Corses pour essayer de justifier certaines de ses idées sur la montée en puissance d'un certain type de séparatisme. Je dis ça, je précise pas les mots parce que je pense que c'est des analyses fausses qu'il fait. Mais voilà. Mais il nous utilise alors que ce n'est pas sur la même longueur d'onde. et c'est ça que lui disent les jeunes Corses. C'est même pas une question de droite ou de gauche. C'est simplement une question. On ne parle pas de la même chose. Notre nationalisme, en tant que directeur de collection, par exemple, j'ai le projet de l'écrire. Moi, je voudrais le faire écrire par quelqu'un.

Quelqu'un m'a dit qu'il le ferait, mais un livre sur notre nationalisme n'est pas votre racisme. là, il confond tout le garçon. Ce n'est pas la même chose.

44:49
Présentateur

Autre question, Ange, quel est le rapport des Corses à la laïcité ?

44:53
Invité politique

Alors, la Corse est un pays de tradition fondamentalement catholique. Même les gens qui ne sont pas forcément très pratiquants, ils sont marqués par ça. C'est comme ça, c'est l'histoire de la Corse. Quand notre pays est devenu indépendant, la Corse a été mise sous la protection de la Vierge Marie. Et puis, il faut savoir, et ça explique aussi une partie des polémiques qu'il y a actuellement, c'est que la Corse est quasiment depuis le 8e siècle, c'est un état pontifical. Ça, il faut le savoir. Je reviendrai après sur les Français et l'état pontifical. On continue sur la laïcité. Notre hymne national, c'est le Diovis Alviridjina, qui est un hymne à la Vierge Marie.

La fête nationale de la nation corse, c'est le 8 décembre, la fête de l'Immaculée Conception. Dans la constitution de Pascal Paoli, il est dit que la religion de la Corse est l'église catholique romaine. Très bien, on va dire que ce sont des cathos complètement intégristes. Très bien, parfait. C'est ce que diront les laïcars français. Ils oublient simplement qu'après, il y a un autre alinéa. Tous les cultes sont autorisés. Et d'ailleurs, Pascal Paoli l'a montré lui-même, puisqu'il a favorisé pour développer le commerce et l'installation de communautés juives venant de Livourne.

Donc, clairement, notre conception de la République n'a strictement, et donc, et le rapport à la religion n'a strictement rien à voir avec celui des, on va dire, des Gaulois. une lecture

46:26
Présentateur

un peu plus fidèle à l'esprit et à la lettre de la loi 1905, finalement.

46:30
Invité politique

Je pense que ça doit être ça, oui. Mais nous, la question comme ça religieuse, je peux vous donner que la constitution de Pascal Paoli, voilà, la religion de la Corse et l'Église catholique romaine, oui, et puis les autres cultes sont autorisés. Donc, les gens qui pratiquent leur culte en n'embêtant personne, il n'y a aucun souci.

46:52
Présentateur

D'accord. qu'il n'y a pas de tensions intercommunautaires sur l'île ?

47:00
Invité politique

Non, il peut y avoir des... Sur la base religieuse, non. Objectivement, non. Après, il peut y avoir des querelles de mauvais voisinage et tout, ça peut toujours exister. Mais sur ce principe-là, non, parce que ce n'est pas... Ce n'est pas un sujet. Parce que le problème de la laïcité à la française d'aujourd'hui, ce n'est pas de la laïcité. Et ça, je l'ai écrit, donc je le redis. La laïcité française, c'est de l'anti-religion et tout spécialement de l'anti-christianisme et encore plus de l'anti-catholicisme. Si la laïcité, c'est la stricte neutralité de l'État en matière religieuse, qui peut être contre ça ? Personne. Y compris les gens qui sont croyants et pratiquants.

Personne ne peut être contre ça. Si maintenant, la laïcité, c'est un prétexte pour insulter les gens qui sont croyants, alors là, que ce soit ma religion ou celle des autres, alors là, je ne suis plus du tout.

47:58
Présentateur

J'ai une dernière question, Ange, avant d'accueillir notre prochaine invitée, Lucille Berland. Comment ont été accueillis par les Corses les débats sur la loi confortant les principes républicains, dites-la loi, sur le séparatisme ? Alors, par séparatisme, la France visait autrefois les Corses ou les Basques. Alors, aujourd'hui, ce sont les islamistes, voire les musulmans dans leur ensemble. Est-ce que cette loi, l'hiberticide, n'est pas aussi un message adressé aux Corses qui pourrait être de nouveau tenté par la lutte indépendantiste ou séparatiste ou nationaliste ?

48:31
Invité politique

C'est un peu de ça. Effectivement, on pense qu'une fois de plus, l'État est hypocrite, il n'est pas capable d'assumer ce qu'il pense. Mais l'analyse que l'on peut faire de ça, de ces fichus lois sur le séparatisme, c'est un emplâtre sur une jambe de bois parce qu'il est clair que ce qu'il raconte est faux. C'est faux. Pourquoi ? Parce que si séparatisme, il y a, ça veut dire simplement qu'il n'y a plus de nation française. Et là, on rejoint, par exemple, le livre de Jérôme Fourquet qui parle de l'archipel français. Si la France, elle est dans cet état-là, ils pourront faire toutes les lois anti-séparatistes qu'ils veulent, c'est fini.

C'est comme un vase qui est cassé, il est cassé, il est cassé. Il ne sera jamais plus ce qu'il était avant. Alors, c'est bien, c'est mal, c'est un autre débat. Maintenant, si le vase, il n'est pas cassé, ce n'est pas la peine d'aller trouver des sujets où il n'y en a pas. Parce que, qu'est-ce que ça veut dire aussi derrière ça ? Parce que si c'est vraiment la République au vrai sens du terme, par exemple, la République au sens corps du terme, celle de Pascal Paoli, c'est-à-dire la chose publique, c'est quelque chose de bien. La communauté, la communauté nationale trouve ses valeurs qui permettent de vivre ensemble. C'est parfait, ça. Mais là, ce n'est pas de ça du tout.

C'est un bonhomme, l'intelligente suprême qui est à l'Élysée qui va me dire la République, pour toi, ça sera ça. Mais je n'en veux pas de ça. Je n'en veux pas. En termes de droit à la République, je vais être très dur là. À Tauroiraison, ma famille s'est battue pour la France. Il est là pour me donner des leçons, ce type ? Qu'est-ce qu'elle a fait sa famille à lui pendant la guerre ? Qu'est-ce qu'il vient me raconter ce mec ? De quoi il s'agit ? C'est inacceptable. Que ce soit les lois communes dans l'ensemble de la nation et que ceux qui vivent dans la nation les appliquent. Très bien. Très bien. Parce que c'est un choix collectif, un choix démocratique, un choix de...

Mais c'est lui qui va venir me dire ce qu'est la République ? Mais je m'en fous de ce que dit ce type. Il n'applique même pas les lois de son fichu pays. Il n'applique même pas son programme, d'ailleurs, vous l'avez rappelé tout à l'heure par rapport au fin. Aucun intérêt ce que raconte ce type.

50:53
Présentateur

Ange, Mathieu, Metsadry, merci d'avoir répondu à nos questions sans embages avec la franchise qui est la vôtre. D'ailleurs, pour ceux qui voudraient poursuivre l'échange, découvrir un peu plus vos réflexions. Il y a vos ouvrages, celui que vous avez apporté ici, Le Fils de la Nation.

51:11
Invité politique

Alors ça, c'est un roman de politique fiction que j'ai écrit suite à une nouvelle que j'avais écrite là. Et pourquoi Le Fils de la Nation ? Parce que Pascal Paoli, dont j'ai parlé plusieurs fois, on l'appelle le Père de la Nation. Et mon personnage est le fils, c'est-à-dire le fils spirituel. Ça raconte l'histoire d'un jeune Corse qui s'est réfugié aux Etats-Unis pour échapper au rafle français suite à la mort d'un représentant de l'État. Oui, on y revient. et qui deviendra citoyen américain puis qui reviendra en Corse pour libérer la nation Corse. Alors c'est un livre, on peut le prendre comme un livre, un manifeste nationaliste, ça on peut le voir comme ça.

On peut le voir aussi comme un roman d'action. Mais on peut le voir aussi comme une réflexion sur ce que je crois en tout cas être l'état actuel du pays dont j'ai la nationalité.

52:03
Présentateur

Merci, Ange-Mathieu Mezzadry. Vous êtes médecin, auteur et nationaliste corse. On peut trouver toute votre actualité assez facilement sur Internet ainsi que vos livres qui sont accessibles à la vente. Cher Matino, on vous garde encore. Alors, on vous garde aussi un petit instant, Ange, comme chaque semaine. Alors, on va faire une petite pause avant que Lucille Berland nous rejoigne avec ce zapping des sociaux engagés, c'est le point de vue que nous offrent les sociaux engagés sur les programmes du Média la semaine passée au travers d'un zapping. Ça dure quelques minutes. Restez avec nous et on se retrouve juste après avec Lucille Berland, autrice de l'enquête vidéo sur le géant Alstom.

52:51
Invité

Lundi 28 février est sorti le rapport du groupe 2 du GIEC qui travaille sur les impacts, l'adaptation et la vulnérabilité. L'idée, c'est un peu de dire que c'est un terrible avertissement qui nous est à toutes et tous donnée. C'est un peu dommage qu'il y ait un terrible avertissement qui sorte et qu'il passe totalement sous les radars. Dès 2030, soit 10 ans plus tôt que la précédente prévision du GIEC, la température de la planète devrait atteindre 1,5 degré. On est au niveau mondial à 1,1. On a déjà des conséquences dramatiques, absolument dramatiques. 1,5, ce sera très très dur. Au-dessus de 2 degrés, les pénuries d'eau toucheraient un tiers de la population du sud de l'Europe.

A 3 degrés, ce sont les 2 tiers qui seront concernés. Et au-dessus, les villes de l'ouest, du centre et du sud du continent manqueraient d'eau. Il y a 50% de la population qui subit déjà les pertes de la catastrophe climatique en cours. Elle est déjà commencée et elle a d'autant plus vite commencé qu'il y a des effets qui étaient prévus au départ comme arrivant en 2100 qui sont déjà en cours actuellement. L'humain joue un rôle majeur dans cette tamboule planétaire de par son évolution démographique explosive qui, en partie, le pousse à surexploiter et donc sur-interagir avec son environnement naturel.

Tout ça pour se nourrir mais aussi, peut-être même surtout, pour gaver un système capitaliste mondialisé, pourtant déjà obèse et qui menace désormais le vivant tout entier. L'ensemble de la crise écologique est de très loin très très lourde et particulièrement lourde pour les classes populaires dans notre pays, que ce soit la pollution de l'air, que ce soit la malbouffe, que ce soit les déplacements contraints, que ce soit l'ensemble des inégalités scolaires ou sociales ou territoriales de notre pays. Aujourd'hui, il y a 63 milliardaires français qui polluent plus que 50% de tous les Français. C'est un des chiffres qui est sorti dans le rapport d'Oxfam.

63 êtres humains français qui polluent plus que la moitié du pays. Oui, tout à fait. Plus vous oserez une société inégalitaire, plus vous aurez de complications pour régler les problèmes et faire face aux dérèglements climatiques. Donc les politiques sociales, c'est de l'adaptation. Ça veut dire quoi dans mon projet ? Ça veut dire qu'évidemment, il y a tout un aspect aujourd'hui qui relève des hausses de salaires, des hausses de revenus attaquer ce qui est un peu notre spécificité, toutes les dépenses contraintes, le logement.

Je ne dis pas mauvaise compréhension, mais cette incapacité des populations de réaliser leurs propres risques, ça ajoute à la situation qui est difficile à gérer pour l'adaptation.

55:39
Invité politique

On parle du rapport du GIEC. Une des mesures pour essayer d'atténuer nos émissions de gaz à effet de serre,

55:44
Invité

c'est de changer notre régime alimentaire, de le rendre plus végétal.

55:50
Invité politique

La question animale, elle doit irriguer l'ensemble de nos préoccupations et qu'à chaque fois qu'on a une politique publique à réfléchir, à mettre en œuvre, il faut évidemment intégrer les intérêts des humains, les intérêts de l'environnement, la protection de l'environnement,

56:02
Invité

mais aussi les animaux. Toutes ces questions sont interconnectées. La question animale en elle-même est importante pour les animaux, bien entendu. En France, on tue 3 millions d'animaux par jour.

56:12
Invité politique

Voilà. La pêche industrielle, c'est 1 000 milliards de poissons qui sont pêchés chaque année. 1 000 milliards. On a même du mal à s'imaginer ce que ça représente, mais c'est dévastateur. C'est même criminel.

56:27
Invité

On dit, oui, mais c'est de l'économie et tout ça, mais on voit bien que c'est une économie qui mène les gens droit dans le mur.

56:33
Invité politique

La façon dont on traite les animaux, c'est une tâche vraiment sur notre humanité. Ça devrait nous faire honte et j'espère qu'on va enfin bientôt réaliser que c'est inacceptable, que c'est honteux et que, vraiment, on ne peut pas continuer de cette façon-là.

57:01
Présentateur

Retour sur le plateau avec Lucille Berland. Bonjour, Lucille. Bonjour. Tu es l'autrice de l'enquête vidéo sur le géant ASTOM. Alors, c'est l'histoire d'un naufrage industriel et d'une faillite politique. En 2015, sous François Hollande et alors qu'Emmanuel Macron est ministre de l'économie, l'État français autorise la vente de la branche énergie du géant industriel ASTOM au groupe Général Électrique. Une vente problématique aux allures de sabordage de coups de force contre les intérêts nationaux de la France. Une opération dans laquelle les conflits d'intérêts et les petits arrangements entre amis vont tenir un rôle inédit.

Une histoire de fou qu'Emmanuel Macron voudrait bien oublier et que le tout Nouveau Média offre investigation déterre et décortique dans un documentaire sorti avant-hier et consultable sur sa chaîne YouTube et son site Internet. Un documentaire que nous vous invitons à regarder et à partager. Nous avons d'ailleurs invité son notrice à venir le pitcher pour vous mais regardons d'abord la bande-annonce de cette enquête vidéo.

58:02
Invité

Là en face vous avez le centre technologique qui a été construit pour Général Électrique où on devait embaucher des centaines d'ingénieurs hautement qualifiés et ce bâtiment est maintenant vide suite au plan social. On vous dit les Indiens et les Chinois sont plus compétitifs. Alstom

58:23
Invité politique

c'est l'entreprise qui nous permettait de vendre des centrales nucléaires 100% françaises et qui avait donné son indépendance énergétique et nucléaire à la France. On a vendu nos turbines nucléaires et personne n'a réagi.

58:37
Invité

Bien évidemment qu'il y avait un lien et il y a potentiellement un conflit d'intérêts entre guillemets comme ancien collaborateur de Rothschild pour Emmanuel Macron quand il est secrétaire général à douane de l'Élysée sur un plan purement sexuel. Emmanuel Macron a eu son rôle mais le président de la République de l'époque François Hollande a eu également son rôle. Oui, je me suis entretenu

58:56
Invité politique

avec le président Hollande en début de semaine. Ce qui est très important pour lui sont les emplois et j'ai pu en effet le rassurer que nous avons l'intention d'accroître le nombre de salariés des usines d'Alstom en France. Ils avaient loué

59:11
Invité

tout le monde. En fait, la descente aux enfers c'est après la belle propagande on se rend compte que tout est fait pour être sabordé. Ça veut dire qu'on réorganise tout on change tous les process on change les logiciels on change les personnes on change le management et on éparpille tout pour bien semer le désordre semer la zizanie décourager les gens clairement. Et c'est tout est fait pour que les gens partent d'eux-mêmes. Tout ça ça se termine comment ? Ils vendent leur entreprise ou un bout de leur entreprise contre un chèque en gros entre 10 et 20 millions d'euros. Alors pour une personne physique c'est considérable mais au regard des enjeux de la nation c'est gravissime.

1:00:06
Présentateur

Alors que la présidentielle s'approche Off Investigation publie désormais une fois par semaine une enquête vidéo sur le thème Emmanuel un homme d'affaires à l'Elysée et cette semaine c'est ton documentaire Alstom la France à vendre qui est sorti Pourquoi Alstom ce gérant industriel français dans la branche la plus stratégique qui a été vendue aux Américains puis quasiment sabotée est-il si important ?

1:00:31
Invité

Alors c'est difficile de répondre très rapidement à cette question il faut aller voir le doc pour ça mais moi peut-être à titre personnel racontez déjà comment je suis rentrée dedans parce que c'est ce qui va faire que les gens vont rentrer dedans peut-être aussi en fait l'affaire Alstom c'est quelque chose dont on entend parler dans un espèce de bruit de fond depuis 2014 sans vraiment savoir tout ce qui se trame derrière et nous on a découvert un dossier mais vraiment tentaculaire avec tout un tas de sujets d'intérêt public qu'on parle de casse sociale qu'on parle de souveraineté énergétique de notre accès en fait à la production d'électricité parce qu'Alstom c'est une industrie stratégique dans le nucléaire et le nucléaire c'est de là que viennent 70% de l'électricité produite en France de guerre économique des enjeux de guerre économique qui sont passionnants aussi dont j'avais pas du tout conscience avant de bosser là-dessus notamment par rapport aux Américains on en reparlera peut-être des enjeux de conflits d'intérêts là on entend Arnaud Montebourg dans la bande-annonce qui dit ils avaient loué tout le monde on a découvert que dans cette vente donc ce rachat de la branche énergie d'Alstom par le général électrique en 2014 il y avait énormément d'argent qui avait été dépensé en amont et énormément de lobbying sur la place de Paris il y a des conseils des cabinets d'avocats des agences de communication des conseillers spéciaux pour que personne ne s'oppose finalement à cette vente et qu'elle se fasse alors que c'était un outil stratégique un outil industriel hyper puissant en France sur certaines tranches sur certains secteurs de son activité Alstom Energy c'était un leader mondial on était numéro 1 du marché sur les réseaux électriques sur l'hydroélectricité sur les turbines vapeur les fameuses turbines arabelle c'est des choses qui ne sont pas très connues du grand public parce que c'est assez précis et c'est assez technique comme sujet mais en réalité ça nous concerne tous on dépend tous de l'électricité tous les jours au quotidien et le fait d'avoir vendu ce fleuron là donc d'avoir vendu des savoir-faire d'avoir vendu un outil de production industriel unique au monde et d'avoir vendu des brevets en fait à une puissance étrangère quelle qu'elle soit et de perdre depuis en compétences et la casse sociale qui s'en est suivie c'est vraiment avoir perdu un outil industriel hyper précieux qu'on va avoir énormément de mal à reconstruire si c'est possible d'ailleurs c'est pour ça que tu parlais de souveraineté

1:03:05
Présentateur

industrielle et énergétique

1:03:06
Invité

ouais c'est vraiment c'est un terme clé qui émaille tout le documentaire parce que bon souveraineté c'est marrant d'ailleurs des politiques le disent mais de Montebourg qui n'est pas de à la base c'est un terme plutôt de droite la souveraineté le nationalisme etc ils disent tous depuis quelques mois notamment avec le Covid que c'est un terme qui est revenu très à la mode et qui est partagé partout maintenant parce qu'on se rend compte qu'avoir la main être indépendant sur l'énergie sur notre production d'électricité en fait c'est pas une question de droite ou de gauche c'est une question d'indépendance c'est une question de survie pour un pays en fait aucune entreprise ne peut fonctionner aucune entreprise aucun foyer ne peut vivre ne peut fonctionner sans électricité on en dépend au quotidien donc c'est vraiment un enjeu un enjeu très fort et ce qui est dramatique et qu'on a découvert en fait tout au long du documentaire c'est que finalement dans cette affaire sur une thématique aussi importante aussi sensible nous on a l'impression à la fin de ces 3, 4, 5 mois d'enquête que c'est pas l'intérêt général qui a été défendu qui a été défendu dans cette affaire que c'est des intérêts particuliers qui ont primé ou en tout cas qui ont un poids en fait énorme avec des intérêts financiers avec du pantouflage avec des postes des uns et des autres qui sont passés d'un point à point B qui étaient au service de l'État mais qui sont partis dans les grandes banques etc.

donc vraiment ça interroge ça interroge et ça évidemment ça questionne nous les journalistes qu'on aime et j'imagine aussi les citoyens sur la défense de l'intérêt général par les personnes qui nous gouvernent

1:04:47
Présentateur

exactement tout s'est passé dans un environnement de conflit d'intérêts tu le disais et de pantouflage extrêmement choquant on regarde un extrait de ton film

1:04:56
Invité

dans le cas Alstom la commission va découvrir que des honoraires extravagants ont été dépensés pour faciliter la vente le coût de l'opération pour Alstom s'est élevé à 262 millions d'euros il est difficile d'imaginer que General Electric n'a pas mis autant d'argent sur la table avec cet argent Alstom a rémunéré 10 cabinets d'avocats 2 banques conseils Rothschild & Co la banque où a travaillé Emmanuel Macron jusqu'en 2012 et la Bank of America Merrill Lynch et 2 agences de communication DGM et Publicis côté américain General Electric s'est entouré de nombreux cabinets d'avocats de 3 banques conseils Lazare Crédit Suisse et Bank of America et de l'agence de communication Avas du groupe Bolloré

1:05:45
Invité politique

Il y a une telle débauche de moyens une telle surabondance de moyens qu'en réalité tous les gens qui sont en mesure d'influer sur la décision se sont neutralisés quelque part ne serait-ce que par le fait qu'il y avait-il encore une agence de communication une agence de lobbying disponible disponible sur Paris pour dire que ce deal n'était pas un bon deal et qu'il fallait faire autre chose tout le monde était au service de cette opération C'est assez juste de voir comment

1:06:20
Invité

finalement General Electric et le patron d'Alstom ont acheté Paris Ils avaient loué tout le monde

1:06:29
Présentateur

Arnaud Montebourg évoque le fait que le tout Paris avait été acheté Est-ce que les sociétés de conseil les cabinets d'avocats d'affaires et les agences de com jouent un rôle dans ce qu'on pourrait appeler une corruption structurelle en France notamment en attirant les serviteurs de l'État en leur offrant des prébandes

1:06:48
Invité

Alors en tout cas cette affaire c'en est une illustration je ne sais pas à quel point on peut parler de corruption ou pas parce que c'est un terme qui est régi par la loi etc mais en tout cas dans cette affaire c'est clair que ce n'est pas l'intérêt général qui a primé c'est ce que nous disent les personnes interviewées dans le film et à tous les étages que ce soit certains responsables politiques qui s'en sont inquiétés eux qui ne se sont pas laissés justement prendre par ça ou les salariés d'Alstom et les syndicats d'Alstom General Electric avec qui on a été en lien qui ont vraiment l'impression de s'être fait trahi quand vous voyez qu'en 2014 quand General Electric rachète cette branche énergie pour 12 ou 13 milliards à l'époque avec des grandes promesses d'en faire un outil industriel majeur de créer de l'emploi en France on a vu dans la bande-annonce Jeff Immelt le patron de G donc le racheteur l'acheteur américain qui vient convaincre sur les plateaux télé à l'époque sur France 2 le même soir il y a Patrick Cron sur TF1 le PDG d'Alstom donc la machine aussi médiatique se met en branle et ils viennent sur les plateaux pour vendre absolument ce rachat comme une alliance une alliance d'égal à égal et donc à chaque fois on voit que c'est vendu comme ça et en fait qu'est-ce qu'on voit et je dis à chaque fois parce qu'il n'y a pas qu'Alstom il y a eu Alcatel il y a eu STX il y a eu Lafarge il y a eu plein d'autres sociétés il y a eu un espèce d'âge d'or des fusions acquisitions depuis qu'Emmanuel Macron en tout cas ça coïncide les dates entre 2014 et aujourd'hui était ministre donc de l'économie depuis président de la République il y a eu vraiment beaucoup de fusions acquisitions de grands groupes cotés au CAC 40 et donc et donc à chaque fois en fait il y a un espèce d'écosystème où il y a de l'argent qui circule via ces grosses boîtes où il y a du pantouflage aussi c'est-à-dire du passage de serviteurs de l'État on en revient toujours à l'intérêt général de fonctionnaires de hauts fonctionnaires qui sont censés travailler qui travaillent à Bercy à l'agence des participations de l'État il y avait notamment David Azema Frédéric Rottenberger qui ont travaillé qui a travaillé pour Arnaud Montebourg quand il était ministre du redressement productif au moment du rachat d'Alstom et les deux sont partis dans des banques conseils à la Banque Lazare ou à la Banque of America alors qu'ils ont possiblement travaillé sur cette question du rachat côté État quelques mois plus tôt donc vraiment ça interroge vraiment ça interroge et on a une autre autorité de la vie publique pour la transparence de la vie publique on a des instances qui sont censées surveiller ça mais on se demande à quel point elles ont un rôle réellement parce que là c'est comme pour Hugues Bellet c'est un autre cas qu'on évoque dans le documentaire son départ en tant que président de GIFrance a été validé quelques années après alors qu'il était passé au cabinet en tant que conseiller d'Emmanuel Macron pendant le rachat d'Alstom donc vraiment voilà il y a des choses qui interrogent et la puissance publique pourrait être beaucoup plus ferme là-dessus pourrait être beaucoup plus exigeante rigoureuse pourrait poser des bases beaucoup plus fermes mais force est de constater que c'est pas le cas

1:09:59
Présentateur

je pourrais faire preuve d'exemplarité au lieu d'attendre ça des footballeurs je pourrais commencer par les personnalités politiques alors Emmanuel Macron semble embarrassé aujourd'hui quand on lui parle de son rôle dans cette vente pourquoi ? on peut expliquer avant

1:10:15
Invité

ouais ouais non mais c'est vrai que ça émaille aussi un peu tout le documentaire c'est quand même une série pour rappel donc c'est une série sur Emmanuel Macron qui a produit off en neuf épisodes donc là c'est l'épisode 5 donc nous c'était notre fil rouge alors le dossier Alstom c'est bien plus bien au-delà que d'Emmanuel Macron mais Emmanuel Macron est quand même le fil rouge de 2014 jusqu'à aujourd'hui donc du moment où il est secrétaire général adjoint de l'Elysée même donc avant à partir de 2012 jusqu'à aujourd'hui en étant passé ministre de l'économie et président de la république pourquoi ?

parce que l'affaire commence vous le verrez dans le documentaire par un ministre de l'économie qui s'appelle Arnaud Montebourg donc qu'on interview qui a eu un rôle lui et qui a poussé pendant un temps comme il pouvait pendant quelques semaines en mai-juin 2014 pour que ce rachat par General Electric n'ait pas lieu mais soit que l'Etat nationalise Alstom totalement ou partiellement soit qu'il y a un autre racheteur comme Siemens le concurrent allemand qui était plus dans la branche transport mais en tout cas que ça ne se fasse pas au bénéfice de GE et que ce rouleau compresseur dont on a parlé politique, médiatique et du monde économique qui s'était mis en branle pour dire oui oui GE on les accueille venez racheter on vous donne tout on est content que ce rouleau compresseur là on l'arrête et on dise attendez est-ce qu'il n'y a pas d'autre choix d'autre solution Montebourg en réalité il a été totalement court-circuité c'est raconté dans le doc par François Hollande qui est président de la république à l'époque Manuel Valls et par aussi un secrétaire général adjoint de l'Elysée à l'époque qui se permet de dire dans une réunion alors que ce n'est pas spécialement non plus sa place qui se permet d'exprimer un avis et quand Montebourg propose la nationalisation totale ou partielle on a Emmanuel Macron qui dit mais on n'est pas au Venezuela sous-entendu ce serait déjà c'est une politique entre guillemets d'extrême gauche ou communiste que de vouloir nationaliser en fait protéger aussi l'un de nos fleurons industriels donc on voit là en fait toute la couleur la coloration idéologique derrière du libéralisme du capitalisme qui ne doit pas être régulé et de la course au marché à tout craint sans jalon qui a mené à cette perte et donc tout au long depuis 2014 jusqu'à aujourd'hui Emmanuel Macron a un rôle à différents égards en tant que ministre de l'économie c'est lui qui signe en novembre 2014 la vente définitive de GE et Alstom et à ce moment là ce qui est très important de comprendre dans cette affaire parce qu'on peut se dire ok mais c'est la vente entre deux entreprises donc l'état n'a pas de rôle tellement à jouer l'accord de novembre 2014 c'est un accord tripartite entre Alstom General Electric et l'état c'est un accord contractuel c'est pas simplement des belles promesses l'état s'engage à ce moment là et c'est Emmanuel Macron qui signe en tant que ministre de l'économie et qui dit on va suivre les promesses de General Electric ces engagements là on va les suivre et attention s'ils ne sont pas tenus on va veiller à ce qu'ils soient suivis et donc il y avait pas mal d'engagements mais dans les deux trois qu'on a retenus nous il y avait notamment la création de 1000 emplois création nette de 1000 emplois le maintien des sièges sociaux en France pendant au moins 10 ans et d'autres points un peu plus techniques sur des parts du rachat d'actions des choses comme ça ou une golden share dans la partie nucléaire justement qui était particulièrement sensible donc un mécanisme pour pouvoir bloquer des potentiels rachats ultérieurs mais en tout cas sur ces points là l'enquête le montre on est allé voir si l'état avait fait ce suivi avait fait cette surveillance avait joué son rôle de gendarme mais force est de constater que pas du tout en tout cas pas du tout assez on a notamment un point où moi qui ai un des points qui m'a le plus interpellé on a Philippe Petit-Colin dans ce documentaire qui est un leader syndical de l'intersyndical donc du groupement et notamment de CFE-CGC le syndicat majoritaire dans l'industrie notamment de la métallurgie et de ces industries là qui nous dit donc en 2015 quand G s'engage sur les centres de décision par exemple ils disent il faut maintenir les centres de décision pendant 10 ans en France c'est important parce que avoir des directions en France c'est protéger aussi les intérêts de la France d'avoir des français alors que quand c'est des américains des suisses etc ils vont peut-être pas forcément prendre les mêmes décisions et bien donc c'est un engagement qui est pris et en fait il se trouve que l'intersyndicale en 2019 donc 4 ans plus tard à l'été 2019 il me semble a rendez-vous avec Bercy pour toujours continuer parce qu'il y a les plans sociaux s'enchaînent que ça se délite qu'ils sont dans une bataille pour essayer de conserver ce qu'ils peuvent et d'agiter Bercy en disant mais faites quelque chose aidez-nous GIE fait tout l'inverse de ce qu'ils ont dit au départ et on est en train d'être dépecés et là Philippe Petit-Colin et ses collègues de l'intersyndicale quand ils posent la question à Bercy et au fait sur les centres de décision sur les sièges sociaux vous avez regardé ce qui se fait et est-ce que vous savez s'ils sont maintenus en France on leur répond ah bon mais il y avait un engagement sur les centres enfin ah bon vous pouvez nous communiquer les documents ah non ça n'a pas été suivi du tout enfin je veux dire il y a une forme on a découvert qu'il y avait une forme d'amateurisme presque et de et j'allais dire je sais pas si c'est du je m'en foutisme de la complaisance c'est un mélange de plein de choses on parle aussi du fait qu'il y a vraiment une complaisance vis-à-vis des américains particulièrement on a laissé faire on ne va pas chercher c'est le marché c'est les entreprises ça s'autorégule on laisse faire non surtout dans un accord tripartite où l'état a pris l'engagement de suivre ces engagements là et où rien n'a été respecté pour rappel c'est pas 1000 emplois qui ont été créés c'est 5000-6000 emplois qui ont été détruits en France et donc ça veut dire aussi que c'est des brevets des brevets qui sont partis à l'étranger qui sont passés dans des mains du coup aux Etats-Unis alors qu'on avait des un savoir-faire des compétences des outils de production qui étaient uniques au monde sur lesquels encore une fois on était leader parfois sur certains segments numéro 1 mondiaux et on a laissé filer ça et on a détruit de l'emploi depuis et détruire de l'emploi c'est pas que de la casse sociale et c'est déjà dramatique sur le territoire de Belfort c'est dramatique on y est allé on le voit dans le documentaire c'est des classes qui ferment c'est des commerces qui ferment c'est des logements vacants c'est le prix de l'immobilier qui s'effondre c'est le chômage qui explose c'est de l'abstentionnisme etc.

une colère une frustration mais qu'on comprend très bien on tue la vie de la cité par la même occasion

1:16:28
Présentateur

et alors nouveau rebondissement encore dans cette affaire finalement début 2022 EDF a racheté une partie de ce qui avait été vendu par Alstom à Général Électrique alors à quoi ça rime tout ça et qui a été le plus grand gagnant de ce petit jeu compliqué

1:16:42
Invité

mais c'est vrai que donc pour rappel le mois dernier il y a eu un grand déplacement d'Emmanuel Macron qui n'était pas encore candidat officiellement à l'époque en février donc à Belfort le siège d'Alstom Général Électrique et donc le siège le plus gros site en France et donc pour dire mais attendez regardez je vous ai pas oublié je reviens aujourd'hui et je vous annonce dans un grand plan France Relance 2030 la reprise du secteur du nucléaire donc un grand plan avec la construction de PR etc enfin la construction de un grand plan d'investissement sur le nucléaire et attention je vous annonce que la France via EDF en fait va racheter l'entité GIST qui est l'entité qui possède notamment les turbines Arabel les turbines vapeur dont je vous ai parlé qui sont considérées comme les plus sûres et les plus puissantes au monde à l'heure actuelle encore aujourd'hui malgré les sous-investissements chroniques depuis le rachat par G et en fait on se dit à ce moment-là bon bah c'est génial enfin je veux dire dans la couverture rapide médiatique d'un JT on se dit ah bah Emmanuel Macron annonce des milliards annonce racheter un truc c'est génial oui mais à aucun moment il a rappelé que c'était quand même lui qui avait signé ce rachat et qui avait autorisé ce rachat 7 ans après ça il s'est pas il s'est bien gardé de le rappeler que les engagements n'avaient pas été suivis depuis que Bercy n'avait pas joué son rôle clairement qu'il y avait une casse sociale énorme et donc un oui il rachète à ce moment-là une petite partie de ces entités-là donc sur le nucléaire donc c'est bien plusieurs acteurs du documentaire qu'on a interviewé au cœur du dossier l'appeler de leur vœu depuis longtemps parce que c'est quand même spécifiquement stratégique mais déjà quid des 9-10 000 salariés d'Alstom General Electric qui vont rester là et qui n'ont aucune idée à quelle sauce ils vont être mangés parce que General Electric il y a quelques mois ça y est elle l'a annoncé va se retirer définitivement de la France d'ici 2023-2024 donc sur 10 ans ça aurait été un dépeçage vraiment là on peut le dire aujourd'hui avec ce recul-là sauf que dès 2014 et dès 2015 certains salariés certains syndicats alertaient mais l'État n'a pas joué son rôle et on se demande même si l'État si les pouvoirs publics si les sénateurs les députés j'en parlais encore récemment avec des sénateurs des députés on les outils si l'arsenal législatif français est vraiment adapté pour lutter contre une extraterritorialité américaine donc très puissante qui permet de faire pression sur la France de faire des pressions économiques très fortes etc.

lors de rachats on n'est pas assez outillé on n'est pas assez armé ça a un petit peu évolué ces dernières années parce que beaucoup d'hommes politiques l'ont mis sur le devant de la scène mais on n'est encore sans doute pas assez armé dans cette guerre économique là

1:19:25
Présentateur

l'affaire Lestom a aussi mis en lumière une sorte de guerre économique tu en parlais que les États-Unis livrent y compris à leurs alliés via la fameuse extraterritorialité je suis arrivée du droit américain tu l'as évoqué est-ce que tu peux nous expliquer le concept et pourquoi il représente vraiment une menace

1:19:43
Invité

oui alors c'est vraiment une loi qui est unique au monde on estime que à part les États-Unis il n'y a pas d'autres pays qui ont cet arsenal là et c'est simplement un espèce de paquet de lois qui a été voté dans les années 70 aux États-Unis mais qui est surtout utilisé depuis la fin des années 90 qui permet aux États-Unis de faire des procès on va dire beaucoup plus facilement à des entreprises concurrentes partout dans le monde à partir de critères qui sont en fait des critères d'entrée hyper courants c'est-à-dire par exemple s'il y a des transactions dans cette entreprise qu'elles soient tchèques péruviennes ou je ne sais quoi ou nigériennes si elles utilisent par exemple dans ces transactions du dollar et bien les États-Unis avec leur loi extraterritoriale ont le droit de traîner cette entreprise en justice donc en fait en réalité ça leur donne pratiquement le pouvoir de traîner en justice n'importe quelle entreprise concurrente dans le monde et de fait Frédéric Pierucci qui est un otage économique qui a été pris au piège de ce rachat à l'estom général électrique il en parle dans le documentaire le dit et pas mal d'analystes le disent cette loi en fait américaine est une forme d'outil de guerre économique utilisé par les États-Unis pour intimider notamment lorsqu'ils veulent racheter un concurrent étranger et dans l'affaire Alstom par exemple c'est assez flagrant parce que depuis 2010 il y avait des procédures contre Alstom qui avaient été engagées pour des affaires de corruption à Taïwan en Égypte dans différentes régions du monde et Alstom risquait une amende à l'époque on parlait de 1 milliard d'amendes sur le groupe donc évidemment que ça aurait pesé énormément sur le groupe et de l'arrestation d'une soixantaine de hauts cadres dirigeants potentiellement jusqu'au patron Patrick Cron et donc pour beaucoup d'observateurs cette menace énorme venant des États-Unis a en fait joué énormément au fait que du coup la France s'est résolue à dire bon bah on revend aux Américains parce que de toute façon sinon et on négocie de faire baisser le paquet de sanctions de peut-être pas qu'ils arrêtent nos dirigeants etc mais on fait en gros on obtempère tant pis s'ils rachètent tant pis on leur vend ce pan là mais on se débarrasse on va pas envoyer nos cadres en prison etc donc c'est une partie de ce qui explique aux yeux de ceux qui connaissent ça le fait qu'on ait vendu un de nos fleurons industriel parce que d'un point de vue purement industriel c'était quand même un feuilleton ce que tu décris c'est vraiment un feuilleton c'est vraiment un feuilleton avec des rebondissements plein de personnes qui se sont battues les premiers retours qu'on a sont hyper positifs vraiment donc on est on est ravis le truc qu'il y a comme souvent dans l'investigation qu'on me dit beaucoup c'est qu'on ressort avec beaucoup de colère parce qu'en fait on se dit mais quand est-ce que l'intérêt général a été défendu sur quels critères on a décidé de vendre ce fleuron qui va en payer l'époque assez qui en a tiré profit toujours une espèce d'élite politique économique qui s'enrichit énormément dans ce genre de deal et puis finalement derrière la casse sociale donc les employés ils n'ont plus de boulot ils sont licenciés etc la perte des brevets la hausse des prix etc et donc en fait c'est très frustrant ça crée beaucoup de colère mais il faut aussi voir que du coup les personnes qui témoignent dans ce documentaire par exemple ont essayé de jouer un rôle par exemple Olivier Marlex je ne prends qu'un exemple mais c'est un député Les Républicains dans ce documentaire vous allez voir que la droite française est quand même pas mal pointée du doigt à différents échelons notamment quand on aborde la question des conflits d'intérêts il y a des noms qui sortent comme Jérôme Pécresse comme Clara Guémard donc Jérôme Pécresse le mari de Valérie Pécresse candidate actuelle à l'élection présidentielle Clara Guémard la femme d'Hervé Guémard ancien ministre de Nicolas Sarkozy on a différents noms qui sortent à droite et Olivier Marlex député Les Républicains d'Heure et Loire a pris la décision entre guillemets j'allais dire contre son camp alors c'est pas contre son camp mais de prendre le risque de lancer une commission d'enquête sur ces genres de fusion-acquisition qui ont eu lieu donc sur STX Alcatel et Alstom en disant mais attendez on va aller voir quand même derrière c'est eux qui découvrent qu'il y a 300 millions côté Alstom 262 millions et côté de GI au moins autant qui ont été dépensés avant en lobbying en cabinet d'avocat en com etc et donc il y a quand même des gens il y a quand même quelques personnes aussi tout n'est pas noir il y a quand même quelques lanceurs d'alerte quelques personnes qui sont encore mues on espère en tout cas sur certains dossiers quand même par un souci de transparence d'éthique etc et qui essayent de se battre pour ça donc tout n'est pas tout noir mais c'est vrai que c'est le genre d'affaire qui est révoltante et dont on paye les pots cassés dont les citoyens payent clairement les pots cassés

1:24:27
Présentateur

merci Lucille d'être venue nous présenter ton travail off à off investigation vous préparez de nouveaux épisodes de votre série Emmanuel homme d'affaires à l'Elysée est-ce que tu peux nous les pitcher ou en tout cas le prochain très rapidement

1:24:42
Invité

très rapidement alors le prochain ça va être Macron l'Algérien qui est réalisé par Yanis Mandy oh là vous allez avoir du monde qui va se connecter à cet épisode il faut c'est mercredi prochain donc ça revient sur des présomptions des soupçons peut-être de financement alors je ne connais pas du tout aussi bien l'histoire que Yanis c'est Yanis qui sera vraiment plus apte à vous en parler mais de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron en 2017 et les épisodes suivants il y en aura un autre que j'ai réalisé sur Sanofi qui revient sur les liens troubles entre notamment Emmanuel Macron et Sanofi dans différentes histoires et la responsabilité que porte Sanofi sur le plan sanitaire et environnemental sur différentes affaires et le fait que l'Etat se montre très complaisant avec ce laboratoire donc voilà et puis il va y avoir un super épisode de Jean-Baptiste Rivoire qui est notre rédacteur en chef mais qui réalise aussi un épisode sur les finances d'Emmanuel Macron et notamment ses déclarations de patrimoine qui sont a priori très sous-évaluées 500 000 euros on l'a vu on l'a vu il n'y a pas longtemps c'est en train de ressortir mais donc voilà une belle enquête là-dessus aussi donc voilà c'est un épisode par semaine ça sort le mardi le mercredi on débriefe aussi sur un canal Telegram auprès des abonnés qui nous ont financés parce qu'on rappelle et on leur dit merci encore que cette série elle a été financée grâce à 4500 à peu près contributeurs qui nous ont donné des sous et qui nous permettent d'être 100% indépendants parce que pour rappel cette série elle a été refusée par toutes les chaînes de télévision

1:26:17
Présentateur

c'est quand même incroyable c'est quand même incroyable et vous menez un travail enfin c'est juste remarquable comme tout le travail d'investigation mené par des journalistes c'est un véritable travail de juges d'instruction sans avoir les moyens de la justice c'est juste incroyable

1:26:31
Invité

sans avoir l'arsenal législatif après on ne se prétend pas juge parce qu'on n'a pas les mêmes moyens etc ni financiers ni législatifs et pas les mêmes pouvoirs mais on essaye en tout cas d'aller chercher d'aller chercher les détails le font l'info de l'analyse et du témoignage et dans le Doc Alstom je trouve qu'on a réussi à le faire aussi grâce à Jean-Baptiste mais c'est pas que du technique et que de l'info on en a mis beaucoup parce que c'est un sujet assez technique mais il y a aussi beaucoup d'humains beaucoup de témoignages la parole est beaucoup donnée aux personnes qui ont subi cette casse sociale aux personnes qui vivent ces humiliations notamment je pense à Sébastien Provent qui nous a donné son témoignage à Philippe Petit-Colin évidemment aussi donc aux gens qui vivent ça sur le terrain c'est pas que des histoires dans les hautes sphères de gens qui gagnent beaucoup d'argent très concrètement sur le terrain c'est les gens qui sont au chômage Sébastien Provent il a été licencié en septembre 2021 il a une femme il vient d'avoir des jumeaux voilà c'est ça la casse sociale aussi c'est des histoires humaines des familles qui sont en difficulté financière donc voilà c'est un peu tout ça craquant de ce doc

1:27:32
Présentateur

je rappelle que ton documentaire Alstom la France à vendre est disponible sur la chaîne YouTube d'Off Investigation et sur votre site internet et qu'Off Investigation est un média indépendant qui ne vit que du soutien des citoyens votre levée de fonds initial est arrivée à son terme mais on peut et on doit toujours soutenir Off comment ?

1:27:52
Invité

via le site internet via oh là là ils vont m'engueuler parce qu'ils vont dire que je sais pas mais il y a un site par lequel on peut donner et j'imagine qu'en regardant sur notre site internet c'est pas eu lieu c'est pas sur le site sur le site on voit et puis on fait régulièrement des communications sur Twitter ou sur nos autres canaux pour dire il y a toujours le petit lien données soutenées Off Investigation donc voilà si notre travail vous plaît effectivement et merci pour l'invitation

1:28:18
Présentateur

avec grand plaisir Lucie de toute façon on recevra prochainement Yanis pour pitcher le prochain épisode on vous rappelle que ce soir c'est face aux indés le rendez-vous donc est pris pour vous à 19h à nos confrères et consoeurs oui de ce collectif de médias indépendants qui anime cette émission reçoit ce soir Anne Hidalgo quant à moi je vous retrouve la semaine prochaine mercredi lundi Théophile sera là bien évidemment je vous souhaite un bon week-end et à très bientôt Sous-titrage ST' 501