Quel avenir pour le PS et pour le courant social-démocrate ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:22OuverteRéponse directe
Aurélie Philippetti, comment voyez-vous l'avenir de cet important courant de pensée politique aujourd'hui réduit à un très faible résultat électoral ?
- 4:23OuverteRéponse partielle
Jean-Marc Le Gall, est-ce qu'il y a un espace électoral à la social-démocratie en France ?
- 5:22RelanceÉludée
Est-ce qu'il y a un espace électoral pour une gauche qui ne soit pas alliée ou soumise à la France insoumise ?
- 11:19OuverteRéponse directe
Quelles sont les conditions de la rénovation ?
- 13:51OuverteRéponse directe
Pourquoi Paul Magnette a-t-il soulevé l'enthousiasme des foules au congrès de Marseille ?
- 15:29OuverteRéponse directe
Vous êtes toujours optimiste, Aurélie Philippetti ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55InvitéFait
« Olivier Faure défend l'objectif de 60 ans, comme la NUPES. »
- 0:59InvitéFait
« Nicolas Maillère-Rossignol reste sur 62 ans, comme l'ex-candidat de PS à la présidentielle, Anne Hidalgo. »
- 2:31InvitéFait
« Je pense qu'il y a vraiment un espace pour la social-démocratie, pour une social-démocratie écologiste. »
- 3:29InvitéFait
« L'effondrement du Parti Socialiste à la suite du quinquennat de François Hollande, on n'en est pas relevé. »
- 4:29InvitéFait
« Pour la social-démocratie, absolument pas. Pour une bonne raison, c'est qu'il n'y a pas de social-démocratie en France. »
- 5:05InvitéFait
« Est-ce que Lionel Jospin n'était pas, peut-être, une très bonne incarnation de la social-démocratie ? »
- 6:36InvitéFait
« Moi, la question nodale que je me pose, c'est recul provisoire ou déclin historique ? »
- 7:41InvitéFait
« Pour moi, l'horizon politique du parti socialiste, ce n'est pas 2027, c'est 2032. »
- 8:22InvitéFait
« Premièrement, réhabiliter la valeur travail, au sens conceptuel, théorique du terme. »
- 10:45InvitéChiffre
« Vous l'avez rappelé, de 2017 et 2022, 6% en 2017, à peine 2% en 2022, le PS est objectivement marginalisé et en dépression lourde. »
- 11:37InvitéFait
« L'actuelle stratégie est de s'être mis à la remorque de la France insoumise pour sauver à peine une trentaine de députés. »
- 12:31InvitéFait
« Il n'a pas réussi, ou il n'a pas su, il n'a pas voulu, il n'a pas osé trancher quelques questions clés que sont le rapport entre l'État et le marché. »
- 16:09InvitéFait
« Le premier parti ouvrier, ce n'est pas le Rassemblement National, c'est l'abstention. »
- 18:01InvitéFait
« Il y a un espace possible dans le temps qui peut se dégager, comme l'espère Aurélie Filippetti, c'est qu'à la fin du mandat d'Emmanuel Macron, il y aura un espace central pour un parti de gouvernement. »
Temps de parole
- Invité33 %
- Invité 226 %
- Invité 318 %
- Invité 414 %
- Présentateur9 %
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France Culture, l'esprit public.
Olivier Faure a donc été réélu dimanche dernier à la tête du Parti Socialiste, flanqué d'une direction où il détient une courte majorité et où il a dû installer son principal rival, le maire de Rouen, Nicolas Maillère-Rossignol, avec le titre inédit de premier secrétaire délégué. Nul ne sait comment va fonctionner un parti dont les deux composantes dirigeantes se sont si violemment affrontées sur des accusations de fraudes électorales. Le maire de Rouen, qui a salué cette réconciliation, n'a pas formellement reconnu la victoire d'Olivier Faure et il répète que la NUPES et l'alliance avec les insoumis de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas l'alpha et l'oméga du rassemblement de la gauche.
Le dossier des retraites fait d'ailleurs partie des désaccords. Olivier Faure défend l'objectif de 60 ans, comme la NUPES. Nicolas Maillère-Rossignol reste sur 62 ans, comme l'ex-candidat de PS à la présidentielle, Anne Hidalgo. Enfin, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS l'an dernier, vient d'appeler à la création d'un mouvement pour fédérer les tendances de gauche hostiles à la NUPES pour susciter de nouveau l'espoir, dit-il, et éviter à tout prix la victoire de l'extrême droite en 2027. Aurélie Philippetti, comment voyez-vous l'avenir de cet important courant de pensée politique aujourd'hui réduit à un très faible résultat électoral ?
Écoutez, d'abord, moi, je suis plutôt satisfaite qu'il y ait eu une issue à ce congrès qui s'annonçait comme extrêmement fratricide. Des tandems ou des attelages à la tête du Parti Socialiste avec des gens extrêmement opposés, on en a eu, par le passé, ça a existé. J'ai un souvenir, voilà, François Hollande et Laurent Fabius, par exemple. Bon, après le congrès de Reims, Martine Aubry avait pris la tête du Parti courant de Ségolène Royale participé à la direction et au bureau national. Mais pas Ségolène Royale elle-même. Pas Ségolène Royale elle-même. Bon, mais enfin, il y a eu... C'est quelque chose d'assez constant dans l'histoire du Parti Socialiste.
Et finalement, la question n'est peut-être pas tant celle-là que celle de l'analyse politique et de... Voilà, moi, je pense qu'il y a vraiment un espace pour la social-démocratie, pour une social-démocratie écologiste. Ça, c'est certain. Je pense que c'est absolument... Et voilà, qu'est-ce qu'on veut faire qui reposerait sur des questions ? Comment on transforme, on adapte, mais on maintient et on protège l'État social qui a toute sa pertinence et qui a montré sa pertinence, notamment dans la crise du Covid. Quelle est la vision qu'on a de la place de la France en Europe face à une mondialisation extrêmement libérale ?
Comment on assure la transition écologique en luttant contre les inégalités, etc. Enfin, ces questions-là, à mon sens, elles sont vraiment très d'actualité et donnent à la social-démocratie toute sa pertinence. La question, c'est quel parti pour ça ? Quel mouvement politique ? Et c'est vrai que là, il y a un manque parce qu'au fond, l'effondrement du Parti Socialiste à la suite du quinquennat de François Hollande, on n'en est pas relevé. Donc voilà, il faut un ou des leaders, il faut des équipes dirigeantes, il faut une analyse idéologique au sens positif du terme de la société pour pouvoir porter un projet avec des idées. Et puis, il faut des militants et des élus.
Et pour l'instant, sur tous ces aspects, il y a vraiment un effondrement important. Mais je dirais que l'aspect le plus crucial, c'est sans doute sur celui des idées et de l'analyse de la société. Mais je pense que, autant j'étais pessimiste il y a un an ou deux, je pense que malgré tout, aujourd'hui, on peut se dire qu'il y a, dans les années qui viennent, un espace pour cette social-démocratie-là. Jean-Marc Le Gall, est-ce qu'il y a un espace électoral à la social-démocratie en France ? Pour la social-démocratie, absolument pas. Pour une bonne raison, c'est qu'il n'y a pas de social-démocratie en France. C'est un abus de langage.
Il y a un parti socialiste, mais une social-démocratie, c'est... C'était même un vilain mot. C'est même un vilain... Non mais, alors, je vois bien au double sens. Mais moi, je le prends littéralement. Commençons à le définir. Social-démocratie, c'est par un certain rapport au marxisme. d'une part, et d'autre part, un lien organique avec la société civile, notamment syndicale. Mais moi, dans ce débat-là, quand j'avais 18 ans et 25 ans, ça me passionnait, mais maintenant... Est-ce que Lionel Jospin n'était pas, peut-être, une très bonne incarnation de la social-démocratie ? Donc, ça existait en France, la social-démocratie, quand même. Léon Blum, on peut dire...
Mais Léon Blum, il n'était pas social-démocrate. Il était socialiste, c'est la social-démocratie. Il y en a vu de l'engagement. Bon, écoutez, écoutez. Alors, je reformule ma question, parce que là, on part sur autre chose. Est-ce qu'il y a un espace électoral... Mais est-ce que Lionel Jospin n'était pas social-démocrate ? Si, je crois. Les croyances, c'est une chose. La vérité en est une autre. Je ne sais pas si on peut parler de vérité dans ces cas-là. Est-ce qu'on peut répondre ? S'il n'y a pas d'espace pour la social-démocratie... Je réponds, cher Aurélie... Charles Le Gall, est-ce qu'il y a un espace électoral pour une gauche qui ne soit pas alliée ou soumise ou inféodée ?
En tout cas, la remorque de sa partie la plus extrême représentée aujourd'hui par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Les partis sont comme les hommes et les civilisations, ils sont mortels. Annick Régel, qui avait parfois de l'humour, pas toujours, mais avait dit que les astres morts continuent à faire des révolutions. En d'autres termes, voilà. Et donc, si on analyse la galaxie de la gauche depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à maintenant, on voit des partis qui disparaissent tout en étant là, le parti radical, le parti communiste, etc. Alors maintenant, pour répondre à la question. Moi, la question nodale que je me pose, c'est recul provisoire ou déclin historique ?
C'est ça la vraie question, me semble-t-il, la vraie alternative. Et c'est prématuré, je crois que je l'avais dit dans une précédente émission d'ailleurs, c'est encore prématuré pour porter le diagnostic. Le médecin voit toutes les fractures, voit toutes les dysfonctions du corps, etc. Il n'a pas encore la posologie. Aurélie a commencé à la définir. Mais il me semble que, pour quelques années, le centre de gravité de la gauche est à la gauche de la gauche. Ça, c'est une trace forte. Et donc, ça renverrait la métamorphose de l'actuel parti socialiste. On a parti socialiste vivant, créatif, producteur d'idées, en capillarité avec la société. C'est un sacré boulot.
Donc, pour moi, l'horizon politique du parti socialiste, ce n'est pas 2027, c'est 2032. Donc, pour ça, effectivement, il faut des incarnations. Des incarnations, des gens qui ont un peu de charisme, disons, du talent, un animateur. Or, on ne voit pas, dans les jeunesses socialistes, on peut regarder, on ne voit pas le François Mitterrand d'après-guerre, on ne voit pas le Michel Rocard des années 60, on ne voit pas... Bon, bref, voilà. Alors, à quelles conditions le PS peut-il surmonter ou être en récession par rapport à son déclin ou rebondir tel le Phénix ? Alors, le rebond, d'après ce que j'ai dit précédemment, je n'y crois pas beaucoup.
Premièrement, réhabiliter la valeur travail, au sens conceptuel, théorique du terme, avant de développer un discours idéologique. C'est un discours idéologique, ok, on a donné dans le genre, ça ne sert pas à grand-chose. Alors, retrouver la valeur travail d'un parti politique, concepteur. Bon, à partir d'un. Dans une démocratie d'opinion, nécessairement, un leader ou plusieurs leaders, c'est encore mieux, comme ça il y a une compétition, comme il y a eu entre Jospin, Fabius, Mitterrand, Rocard, etc., qui crée un dynamique, qui crée des polarisations apparemment antagoniques et qui, ultérieurement, produisent l'arrivée au pouvoir, tout simplement.
Mitterrand, Rocard, alors, on ne va pas refaire le film, réfléchir sur l'individualisme moderne, à l'œuvre. Et quand on a parlé tout à l'heure, on a esquissé sur le rapport au travail, c'est l'individualisme moderne, c'est depuis 40-50 ans, ça n'a rien à voir avec l'égoïsme, c'est l'autonomie de l'homme, en fait, c'est le siècle des Lumières, quoi, qui s'accomplit dans chaque alvéole de la société, dans chaque lieu, le lieu du travail, le lieu de la politique, le lieu des médias, etc., où chacun revendique sa part, presque, vous allez dire, de souveraineté, dans l'action qu'il conduit et dans l'action qu'il subit en réaction.
Bref, c'est ce sur quoi, et non plus les militants, les trucs, les machins, ça, ça ne marche plus, et puis la dernière idée, peut-être, oui, une accélération des réflexions sur un certain nombre de sujets, et puis surtout sur la mondialisation, sur l'Europe, sur l'Europe de la défense, sur la conflictualité, enfin, la question de la guerre, je ne sais pas si elle a été abordée au congrès de Marseille, mais la question de la guerre, elle se pose, et moi, quand j'étais étudiant, puisque ça en a fait référence tout à l'heure, dans mon cours, je disais, mais n'oubliez pas, je faisais un cours sur la prospective, et n'oubliez pas la guerre, et puis il y a une étudiante qui s'est levée, elle me dit, mais monsieur Le Gall, pourquoi vous parlez de la guerre ?
Et je lui ai répondu, parce qu'il y en a toujours eu. Gérard Courtois. Je vais faire bref, après les deux résultats électoraux, vous l'avez rappelé, de 2017 et 2022, 6% en 2017, à peine 2% en 2022, le PS est objectivement marginalisé et en dépression lourde. En alternative à cette marginalisation, ce que tous les responsables socialistes répètent, et que portait tout à l'heure Aurélie Filippetti, c'est, voilà, l'alternative, c'est la rénovation. Très bien. Quelles sont les conditions de la rénovation ? On les a évoquées, je les rappelle, il faut un leader. Et c'est une condition sine qua non dans le système présidentiel français. Il n'y en a pas.
Il faut une stratégie, si possible conquérante. L'actuelle stratégie est de s'être mis à la remorque de la France insoumise pour sauver à peine une trentaine de députés. Ce n'est pas une stratégie conquérante. Un parti puissant, il a perdu en 10 ans 80% de ses militants, 90% de ses députés. Voilà, c'est la réalité. Et en plus, plus il rétrécit, plus il se fracture. C'est un classique, mais enfin c'est ce qu'on constate. Quatrième condition, un travail intellectuel sérieux pour repenser un projet.
Or, une des raisons pour lesquelles le PS a fini par se déliter, en tout cas s'éclater pendant le quinquennat de François Hollande, c'est qu'en réalité il n'a pas réussi, ou il n'a pas su, il n'a pas voulu, il n'a pas osé trancher quelques questions clés que sont le rapport entre l'État et le marché, que sont la nature de l'engagement européen, qu'est-ce qu'on fait avec la mondialisation, comment on se situe dans ce paysage-là, le paysage dominant. Et ça renvoie effectivement à la crise de la social-démocratie. Je ne veux pas relancer les débats byzantins sur est-ce que le PS est social-démocrate ou pas. Bien. Mais à partir du moment où le PS n'a pas tranché ça, c'est très simple.
Il y a deux parties qui l'ont tranché pour lui. D'un côté Mélenchon, de l'autre côté Macron. Voilà. Et l'électorat socialiste s'est explosé entre ces deux pôles. Et enfin, et ce n'est pas la chose la moins compliquée à résoudre, mais c'est la résultante de tout ça, c'est que le PS n'est plus une alternative naturelle pour reconquérir le pouvoir. Voilà. Il a perdu son statut d'alternative face à la droite. Dans le système tripolaire qui s'est installé, avec un parti central, une gauche radicale et une extrême droite populiste, le PS n'a plus sa place. Il faudrait qu'il réunisse les quatre conditions que je disais pour la retrouver. Et quelques autres. Et quelques autres. Christine Ocran.
Mais à lire le compte-rendu de ce qui s'est passé au congrès de Marseille, j'ai noté que le seul qui ait véritablement soulevé l'enthousiasme des foules, c'est Paul Magnette, qui est le bourgmestre, c'est-à-dire le maire de Charleroi, et donc un Belge. Pourquoi ? Parce que la social-démocratie, dans la plupart des pays européens, je ne vais pas vous infliger la liste des pays où les sociodémocrates sont au pouvoir, mais il y en a énormément au sein de l'Union européenne, le problème en France, c'est que pendant très longtemps, ce terme même, et on ne va pas revenir sur Bad Godesberg, etc., mais le terme était interdit. Et on peut imaginer, mais ça ne sert à rien de refaire l'histoire.
Où il servait d'insulte.
Où il servait d'insulte. Et alors, le fait que maintenant on dise, oh là là, mais le parti socialiste peut être social-démocrate, c'est quand même, me semble-t-il, une réécriture de l'histoire, et probablement le fantôme de Michel Rocard doit se marrer quelque part. Et par rapport à cela, il est quand même très difficile, comme Gérard vient de le souligner, de réunir tous les facteurs qui pourraient, et ce serait utile et nécessaire, qui pourraient ressusciter, ou plutôt faire naître, en France, un vrai parti social-démocrate. Ça tiendrait à peu près du miracle politique.
Vous êtes toujours optimiste, Aurélie Philippetti ? En fait, il y a une chose dont on ne va pas parler, c'est qu'il y a aussi la nécessité de s'interroger sur qui on représente. Je pense que quand on fait de la politique, il faut savoir quels intérêts on défend dans la société. Ce qui a permis la victoire de la gauche, à chaque fois, c'est que c'est les moments où elle a su défendre une alliance entre les classes moyennes, les classes intellectuelles et les classes populaires. Et aujourd'hui, le problème majeur, mais effectivement, c'est la question de la reconquête des classes populaires. Parce qu'au fond, aujourd'hui, les classes populaires sont parties.
Alors d'abord, numéro un, l'abstention. Le premier parti ouvrier, ce n'est pas le Rassemblement National, c'est l'abstention. C'est l'abstention. Et deuxièmement, le Rassemblement National. Comment on fait pour que la gauche retrouve la confiance des classes populaires ? Dans la NUPES, il y avait cette volonté de se dire « c'est peut-être comme ça qu'on va retrouver les classes populaires ». En fait, on voit que sociologiquement, l'électorat de la NUP, ce pari n'est pas gagné. C'est ce qu'essaye de faire aujourd'hui François Ruffin, par exemple. Il essaye de dire « ben oui, on doit reconquérir cet électorat-là ». Mais pour l'instant, effectivement, la gauche n'y arrive toujours pas.
Et donc, je pense que la question majeure que la gauche sociale-démocrate ou pas devra se poser dans les années à venir, c'est « comment on fait ? ». Et là, j'avoue, je n'ai pas la solution. Jean-Luc Gal, là-dessus ? Oh non, mais la reconquête des couches populaires, ça fait 40 ans qu'on en parle. De toute façon, les dirigeants du Parti Socialiste ne sont pas d'émanation des couches populaires. Je pense qu'il les comprend... Moi, je me souviens des débats entre DSK et Henri-Emmanueli. Henri-Emmanueli, c'était le bulletin de salaire. Il disait « c'est ça qui accroche », ce qui n'est pas faux d'ailleurs, c'est un matérialisme de base et communicatif. Mais il y a d'autres éléments.
Et quand vous suggérez qu'ils ont basculé vers le rassemblement... La moitié du Front National, c'est des ouvriers, enfin, ou la classe ouvrière au sens-là, retraité ou pas. Et par ailleurs, chez les abstentionnistes... Mais les abstentionnistes, on croit toujours... C'est des débats que j'avais avec Jean-Paul Prenne, l'armée de réserve. C'est une armée de réserve, les abstentionnistes. Ce n'est pas faux, ils se distribuent assez homothétiquement. Sans une partie des classes populaires, François Hollande... Gérard, cinq secondes. Un mot très bref et optimiste.
Il y a un espace possible dans le temps qui peut se dégager, comme l'espère Aurélie Filippetti, c'est qu'à la fin du mandat d'Emmanuel Macron, il y aura un espace central pour un parti de gouvernement. Est-ce que ce sera le Parti Socialiste rénové ? Bon, imaginons-le. Merci Aurélie Filippetti, Christine Ocren, Gérard Courtois, Gérard Legal. Cette émission a été préparée par Anne-Claire Bazin, réalisée par Luc Jean-Rénaud, avec à la technique Florent Dujon. Je vous donne rendez-vous dimanche prochain à 11h. Dans un instant, les bonnes choses, avec Caroline Brouet et les chefs Alice Arnoux et Pascal Barbeau. Sous-titrage Société Radio-Canada