Embargo sur le gaz russe, éducation, l'"impasse" Mélenchon... Le 8h30 franceinfo spécial présidentielle d'Anne Hidalgo
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Bonjour Anne Hidalgo, 9ème invité des matins présidentiels de France Info, vous répondrez tout à l'heure à partir de 9h aux questions des auditeurs et des téléspectateurs 0809 40 41 42, vous pouvez continuer à nous appeler, c'est au prix évidemment d'un appel local, on va parler de votre programme dans quelques instants. Anne Hidalgo, d'abord la situation en Ukraine, hier le premier ministre polonais a estimé qu'Emmanuel Macron avait tort de continuer à parler avec Vladimir Poutine, on ne négocie pas dit-il avec Hitler, avec Staline ou avec Pol Pot, est-ce que vous dites la même chose ?
Je ne dis pas la même chose bien sûr mais ce que je dis c'est qu'il faut être beaucoup plus ferme avec Poutine et que bien sûr que le dialogue est nécessaire mais il faut imposer un rapport de force et ce rapport de force n'est pas suffisamment imposé. Je pense maintenant qu'il faut arrêter mais arrêter tout ce qui a trait aux importations de gaz russe, c'est un gaz de la honte parce qu'il finance la guerre contre l'Ukraine et il faut arrêter. On a eu hier une avancée et une parole importante de la ministre de la Défense allemande qui laissait envisager cette possibilité là.
Il faut vraiment qu'Emmanuel Macron, président français et président aussi aujourd'hui d'Union Européenne soit beaucoup plus allant, beaucoup plus fort sur cet embargo vis-à-vis de ce gaz russe.
Vous dites aux Français il va falloir faire des sacrifices au nom de la paix, au nom de la solidarité avec l'Ukraine ?
En fait bien sûr qu'il faut poser la question de l'humanité, la question de notre propre sécurité. Vous savez c'est pas en cédant à Poutine, en cédant à son chantage aussi sur le paiement de ce gaz en rouble qu'on va maintenir la paix. C'est en étant fort, unis, en prenant des sanctions qui amèneront Vladimir Poutine à arrêter le plus vite possible cette guerre, que nous serons forts, que nous nous protégerons et que nous nous protégerons aussi en limitant dans le temps les effets de cette guerre. Et donc pour les efforts des Français et des Européens, évidemment qu'il faut mettre en place au niveau européen tout le matelas de protection nécessaire.
Je l'ai évoqué déjà depuis de longs mois, il s'agit de baisser les taxes sur la TVA, l'Espagne vient de le faire aussi, les taxes, pardon, la TVA sur l'essence. Il s'agit aussi de bloquer temporairement les prix des énergies qui sont des réponses immédiates. Et puis parce que c'est aussi une réponse rapide, se lancer dans un plan qui doit pouvoir être soutenu au niveau européen sur notamment toute la rénovation des bâtiments, des logements, pour que d'ici l'hiver prochain, et c'est jouable, d'ici l'hiver prochain, on ait réduit la facture par l'isolation des logements. Donc voilà les mesures qu'Emmanuel Macron devrait porter avec beaucoup plus de force que ça n'est fait aujourd'hui.
Anne Hidalgo, reste que si on se prive du gaz russe, il va falloir s'approvisionner ailleurs. Jean-Luc Mélenchon explique que ça ne sert à rien car on va passer du gaz russe au gaz de schiste américain. Et donc la dépendance est à la rigueur la même chose.
Oui bien sûr, et Jean-Luc Mélenchon d'ailleurs ne veut pas aider les Ukrainiens, considère que l'agresseur c'est Poutine. Il dit qu'il est non-aligné. L'OTAN n'est pas Poutine, et il nous explique effectivement qu'il faut laisser les choses aller comme elles vont, c'est-à-dire laisser finalement Poutine commettre ses crimes de guerre. Il est en train de commettre des crimes de guerre en Ukraine. Il ne dit pas ça Jean-Luc Mélenchon pour être... Non, mais il faut évidemment ne pas suivre cette voie, et je n'y reviens pas. Il faut absolument avancer et bien sûr aller chercher du gaz en Algérie, du gaz américain et beaucoup d'autres solutions pour accélérer la transition économique.
Tant pis si c'est du gaz de schiste. Non, non, attendez, je crois que ce matin, il y a aussi un rapport du Conseil d'analyse économique qui explique qu'en fait l'impact de l'embargo serait relativement faible sur nos économies. Donc c'est ça aussi qu'il faut commencer par dire, et je pense qu'on doit pouvoir effectivement, et on doit absolument, au nom quand même d'une éthique, au nom de notre propre protection en tant que Français et Européens, sortir de cette dépendance au gaz russe qui aujourd'hui finance la guerre en Ukraine.
Encore un mot sur Jean-Luc Mélenchon, parce que vous le ciblez beaucoup dans vos meetings ces dernières semaines à Hidalgo. Il dit que votre seul but désormais dans cette campagne, c'est de l'empêcher d'être au second tour. Est-ce que c'est vrai ?
Mon but dans cette campagne, je vais parler à nos auditeurs, à vos auditeurs, aux Françaises et aux Français, mon but dans cette campagne, c'est de faire comprendre quoi ? D'abord, vous avez d'un côté Emmanuel Macron qui n'est plus une option pour les gens de gauche qui ont la générosité, l'humanisme au cœur. On voit bien que les cinq années passées avec Emmanuel Macron ont été très dures socialement, et que les cinq qu'il préparait le seront encore plus, vu ces réformes proposées sur la retraite et autres. Et de l'autre côté, vous avez Jean-Luc Mélenchon qui vient expliquer qu'il serait ce vote utile pour la gauche. Mais c'est une impasse.
D'un côté, ce n'est pas une option, et de l'autre côté, c'est une impasse avec Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ? Parce qu'il avait cinq ans pour rassembler la gauche s'il le voulait. Il ne l'a pas fait. D'ailleurs, ça fait quelques années qu'il ne se dit plus de gauche, il se dit du peuple. Là, il redécouvre que la gauche, ça existe. Donc quand il dit ça, quand il dit « vous faites tout pour qu'il ne soit pas au second tour », vous êtes d'accord avec lui ?
Et par ailleurs, ce n'est pas du tout une option, c'est une impasse, Jean-Luc Mélenchon, parce que par ailleurs, ces positions, on y revient, sur l'Ukraine, sur les questions internationales, où il confond vraiment les alliés historiques de la France, de l'Europe, avec ceux pour lesquels il a eu tant de complaisance, ou sur les questions de République, sur les questions de laïcité. Mélenchon, ce n'est pas la même gauche que vous ? Écoutez, franchement, moi, je ne peux pas oublier ces images où on le voit affronter des policiers, des magistrats, en expliquant que la République, c'est lui. Ça n'est pas possible.
L'État de droit, le respect des policiers, le respect de la justice, le respect de nos institutions, même s'il faut les changer, parce qu'il faut les changer, c'est quelque chose qui doit être au cœur de l'engagement politique de quelqu'un qui voudrait devenir président. Ça n'est pas le cas. Donc d'un côté, ce n'est plus une option. Et je sais que, je le dis, je vous le dis, auditeurs et auditrices qui écoutez, je sais qu'en 2017, un certain nombre d'entre vous, vous vous êtes dit, peut-être que du côté d'Emmanuel Macron, il y a quelque chose qui ressemble à la gauche, qui peut être une option sociale. Vous le savez aujourd'hui, je l'ai dit lors de mon meeting, il ne vous calcule même pas.
Il ne calcule pas du tout le social. C'est parce qu'il l'a dit lors de son dernier meeting. Ça ne fait pas partie de son logiciel. Et d'ailleurs, il en a apporté la preuve pendant 5 ans. Donc on n'a pas besoin de se repayer 5 ans de plus. Et de l'autre côté, quelqu'un qui vient aujourd'hui chercher les suffrages de la gauche, alors qu'il l'a fracturé et qu'il n'a jamais, jamais voulu faire d'alliance ou porter une voix commune, y compris avec les sociodémocrates que je représente, c'est une impasse.
Mais ça veut dire, Anne Hidalgo, qu'en 4 second tour, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, vous restez à la maison ?
Moi, je n'ai pas à vous dire aujourd'hui ce que je ferai au second tour. Je sais une chose, c'est que face à l'extrême droite, je serai là, quoi qu'il arrive. Mais de l'autre côté, aujourd'hui, je suis engagée dans ce premier tour qui n'est pas encore terminé. Et je veux convaincre les Françaises et les Français qu'il y a une gauche républicaine, laïque, écologique, sociale, européenne, que j'incarne. Et c'est cette gauche-là que je veux leur proposer. Et c'est celle qui peut créer l'alternative dans le pays.
Le climat, le pouvoir d'achat dans un instant, après le fil info, il est 8h40, Solène Cressan, et puis vos appels également. Au standard, on compte toujours sur vous, 0809 40 41 42, vous aurez la parole dans 20 minutes précisément.
Cet appel à la vigilance. Si vous avez chez vous des Kinder Surprise ou des Chocobons, au moins 15 cas de Salmonellose recensés en France, la moitié des victimes a moins de 4 ans. Ferrero rappelle plusieurs centaines de tonnes de chocolat fabriquées en Belgique. Le président ukrainien attendu pour la première fois devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Aujourd'hui, nouvelle visioconférence de Volodymyr Zelensky pour demander plus de sanctions contre Moscou et plus d'armes pour se défendre. Paris et Berlin expulsent plusieurs dizaines de diplomates russes. Mamadou Diallo a quitté aux Assises de Lens.
Il a clamé son innocence pendant tout le procès, accusé du meurtre de Catherine Burgot en 2008, postière à Montréal-Lacluse et enceinte de 5 mois au moment des faits. L'Allemagne met fin à la quarantaine obligatoire. Pour les positifs au Covid à partir du 1er mai, s'isoler au moins 5 jours reste fortement recommandé. En France, 140 000 cas par jour en moyenne, le nombre de contaminations se stabilise. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel.
Toujours à Cagny Dalgaud, la candidate socialiste à l'élection présidentielle. Vous l'avez dit tout à l'heure depuis plusieurs mois, vous réclamez une baisse de la TVA à 5,5 sur le carburant et le blocage des prix de l'énergie. Pourquoi pas plutôt un chèque énergie comme le fait le gouvernement aujourd'hui ? Parce que plus ciblée sur les plus modestes.
Non, parce qu'un chèque énergie, en fait, ça cible quelques personnes, peut-être parfois des très modestes, mais jamais les classes moyennes. Jamais les classes moyennes. Et moi, je veux vraiment des mesures, d'abord qu'elles soient simples, qu'elles soient des mesures que l'on peut faire évoluer en fonction là aussi de l'évolution des prix, et notamment des prix de l'énergie. Et une mesure simple et générale, c'est la baisse de la TVA. C'est d'ailleurs ce que font d'autres pays, je pense notamment à l'Espagne. Vous savez, un gouvernement, un État, il n'a pas 36 000 solutions pour agir rapidement, massivement, et concerner tout le monde, dont les classes moyennes.
Parce que baisser la TVA à 5,5 pour le carburant, par exemple, ça profite aussi aux riches hommes d'affaires qui a un SUV.
C'est l'argument qu'on nous donne toujours. Eh bien, écoutez, si ça profite marginalement à quelques-uns qui sont au-dessus en termes de revenus, c'est très bien, mais ceux qui payent le plus, parce qu'ils sont les plus nombreux et qui sont les plus soumis à cet impôt qui est le plus injuste, disons les choses, ce sont les classes moyennes et les catégories populaires, et c'est à eux que je pense.
Sur le climat, Anne Hidalgo, est-ce qu'il y a aujourd'hui dans votre projet une mesure que vous êtes la seule à défendre, qu'on ne retrouve pas dans le programme d'un autre ou d'une autre candidate ou candidat ? Il y a beaucoup de mesures en tous les cas.
Une mesure ? Une mesure, pour moi, une mesure d'urgence aujourd'hui, c'est la mesure sur l'isolation des logements. Ça, presque tout le monde le dit. Non, non, d'autres en parlent, mais la façon dont j'en parle, les autres ne le font pas.
Moi, je veux vraiment mettre le paquet, d'ailleurs, mettre le paquet en urgence tout de suite, parce que si on prend, et les crédits qui restent aujourd'hui disponibles du plan de relance, environ 5 milliards d'euros par an, plus ce que je veux faire dans ces odyssées industrielles, notamment sur les énergies renouvelables, je mets le paquet rapidement avec des investissements publics très forts qui vont tirer, notamment aussi, tout le secteur du bâtiment qui travaille, justement, sur cette isolation, et personne d'autre ne propose cette avance remboursable, c'est-à-dire, on paye, c'est la Caisse des dépôts qui avancera les frais pour tous les Français, pour tous les Français, et ensuite, on se rembourse.
Comment l'État, la Caisse des dépôts, se remboursera ? Au moment de la vente de l'appartement. Et ça, je peux vous dire que ça aura un effet massif, à la fois sur le pouvoir d'achat des classes moyennes, à la fois sur l'économie, sur l'emploi, notamment dans ce secteur, et à la fois, bien sûr, sur la question énergétique et sur le climat, puisque ça aura un effet rapide, et ça répond aussi à l'urgence de cette crise liée à la guerre en Ukraine, qui pose la question de la sortie très rapide de notre dépendance aux énergies fossiles.
Sur le logement, Anne Hidalgo, vous proposez la création d'un bouclier, vous dites qu'aucun Français ne doit dépenser plus du tiers de ses revenus pour se loger. Question toute simple, ça concerne aussi bien les locataires que les propriétaires, ou uniquement les locataires ?
Ah non, uniquement les locataires, bien sûr. Il y a des propriétaires ? Oui, bien sûr, mais les propriétaires, en général, quand ils vont vers l'accession à la propriété, il y a déjà eu un certain nombre de vérifications quant à leur capacité de rembourser un prêt. Je ne dis pas qu'il ne faut pas les aider, et qu'il ne faut pas des outils pour aider à l'accession. Comment ça marchera ?
L'État fera un chèque à la fin de chaque mois, quand on dépasse un certain montant ?
Ce sera une allocation logement, donc payer comme le sont les allocations logement, sous condition de ressources. On vérifiera, bien sûr, qu'il n'y a pas d'offre de logement en termes de logement social ou même sur le marché privé permettant à la personne de se loger. Mais vous savez, en 30 ans, la part du logement dans le revenu des ménages est passée de 12% il y a 30 ans à 30, voire 40, voire 50% aujourd'hui, notamment dans les zones très tendues.
Donc ce bouclier logement, mais la mesure principale pour moi en termes de logement, et ça il y en a peu qui la reprennent, c'est quand même la construction de logements et notamment de logements sociaux, de logements accessibles, 150 000 logements par an, là où Emmanuel Macron a fait s'effondrer la construction de logements dans notre pays et notamment la construction de logements. Donc d'abord du logement et un bouclier logement et de l'encadrement aussi des loyers.
Anne Hidalgo, vous souhaitez le maintien de la retraite à 62 ans avec 43 ans d'annuité d'ici 2035. En fait, votre projet en ce qui concerne la retraite, c'est le statu quo ?
Non, pas du tout. Mon projet, c'est 62 ans, pas un an de plus. 65 ans, c'est quelque chose de très très injuste. Très injuste pour qui ? Surtout pour les catégories populaires, celles et ceux qui ont une espérance de vie inférieure parce que leurs métiers sont pénibles. Donc qu'est-ce que je fais ? Je prends en considération cette pénibilité qui avait été écartée par Emmanuel Macron. Vous le savez, il faut que nos éditeurs... Il avait retiré certains des critères et maintenu d'autres. Oui, les plus importants, c'est-à-dire en septembre 2017, voir l'obsession d'Emmanuel Macron de faire en sorte que ce soit toujours ceux qui triment le plus, qui payent le plus.
Là, il veut réinjecter cette condition. En septembre 2017, que fait Emmanuel Macron ? Il retire des critères de pénibilité, le travail sur des vibrations. C'est vrai que quand on voit des gens avec un marteau-piqueur, on se dit qu'ils ont une espérance de vie sans doute supérieure à la vôtre ou à la mienne. Ça, c'est une blague, bien sûr. Des postures qui sont des postures pénibles, port de charge ou même travailler dans une ambiance où il y a des produits chimiques. Tout ça avait été retiré par Emmanuel Macron.
Et donc, moi, je rétablis ces critères-là parce que c'est très important de permettre à celles et ceux qui ont travaillé dans ces milieux difficiles, qui ont une espérance de vie très inférieure à la vôtre ou à la mienne, de pouvoir partir plus tôt. Donc, ce n'est pas le statu quo puisqu'ils pourront partir à 59, à 60 ou à 61 ans. Et je jouerai effectivement à la fois sur les trimestres, mais par la bonification liée à cette pénibilité, et sur l'âge.
Marine Le Pen, elle propose qu'on revienne à la retraite à 60 ans avec 40 années de cotisation. Est-ce qu'elle porte pour vous une réforme de gauche ?
Non, absolument pas. Je pense que d'abord, moi, je porte une réforme qui est raisonnable, responsable, qui tient compte. Je ne vais pas parler de Marine Le Pen, je vais parler de mon programme. Moi, je porte une réforme qui, elle, est de gauche et qui est d'une gauche responsable, d'une gauche qui a conscience aussi, bien sûr, de la gestion des affaires publiques.
Vous voyez qu'aujourd'hui, elle fait le plein, par exemple, chez les ouvriers, chez les classes populaires, pour certaines délaissées à gauche.
Eh bien, moi, je dis aux ouvriers et aux classes populaires que je connais bien, que regardez bien le programme que je porte. Ce programme-là, il vous concerne. Il concerne les classes moyennes. Il vous concerne votre pouvoir d'achat. Il concerne le travail. Pas comme le fait aujourd'hui Marine Le Pen. Il concerne dans les propositions par l'augmentation du salaire. Sur le pouvoir d'achat, par exemple. Si vous me laissiez parler, je serais peut-être audible. Mais non, mais ça fait démoire que vous faites campagne. Ce n'est pas juste ce matin. Non, non, je suis désolée. Je suis désolée. Pourquoi c'est peut-être audible ? Je ne valide pas cette chose-là.
Je suis de cette gauche de gouvernement, celle qui a porté les grandes réformes dans le pays. Qui a fait les 35 heures ? Qui a fait la retraite à 60 ans ? Qui a fait la CMU ? Qui a fait toutes les avancées sociales ? La reconnaissance des droits syndicaux dans l'entreprise ? Qui a fait les grandes avancées sociétales ? Ce n'est pas l'extrême droite. C'est cette gauche qui est là, que je représente, que j'incarne, qui certes, est à la peine, certes, doit reconquérir, doit redire quelles sont ses priorités. Je l'ai dit, mes priorités. Mes priorités, ce sont les classes moyennes, les catégories populaires, les jeunes, parce que c'est eux qui, aujourd'hui, payent le prix de toutes les crises.
Il y a plusieurs crises. Il y a la crise économique, il y a la crise climatique, il y a aussi cette crise sociale des inégalités, et c'est à eux que je m'adresse. Et le travail que je fais dans cette campagne, c'est justement de remettre ses priorités à cet endroit. Je suis la gauche, qui est celle qui, à la fois, protège ceux qui ont besoin de cette protection par l'action publique, et la gauche qui pense aussi l'économie, avec, notamment, cet enjeu crucial, qui est celui du changement climatique. Et ça, regardez dans le programme de Marine Le Pen, c'est « no way ».
Il n'y a rien sur le changement climatique, il y a des mesures clientélistes sur les plus fragiles, les plus pauvres, mais vous verrez, vous verrez. Enfin, j'espère que vous n'aurez pas à le voir, et qu'on n'aura pas à le voir. Moi, ce que je propose, c'est vraiment, et c'est justement aussi, de tenir compte de la nécessité de faire fonctionner notre économie, et donc d'être et réaliste et ambitieuse, et de protéger ceux qui doivent l'être, c'est-à-dire les ouvriers, les classes moyennes, les jeunes, parce qu'ils sont en souffrance, et aussi les retraités, je pense notamment aux retraités agricoles.
En un mot, Anne Hidalgo, vous pensez qu'elle peut gagner ?
Je pense qu'il y a beaucoup de dangers, beaucoup de risques, bien sûr. Vous savez, ça fait 5 ans, là, qu'on est dans une dépolitisation complète, ça fait 5 ans qu'on nous explique que les jeux sont faits, ça fait 5 ans qu'on nous explique que c'est formidable, un pays où la démocratie s'organise entre un homme et des extrêmes. Et vous voyez à quoi ça mène ? À un débat présidentiel qui n'a pas lieu, parce que le président le refuse, parce qu'il refuse de descendre dans l'arène, il refuse même de venir sur le service public, sur France Télévisions, pour participer à une émission, et il voudrait que ce soit remplacé par quoi ? Par des images de son meeting.
C'est ce qu'on est en train de nous expliquer aujourd'hui. Vous croyez que c'est normal ? Vous croyez que les Français peuvent accepter que notre démocratie se soit détériorée à ce point-là, et que ce soit toujours les mêmes qui soient ceux qui bénéficient, c'est-à-dire les très très hauts revenus, les gens qui vont très très bien, et les autres, on les regarde comment ? Avec condescendance et avec mépris ? 5 ans comme ça, vous imaginez ? 5 ans comme ça, dans quel état est notre démocratie ? Où on se pose la question, effectivement, de l'accès de l'extrême droite à la présidence de la République ?
Anne Hidalgo ?
Il faudrait qu'il y ait un sursaut.
Vous restez avec nous, le fil infos 8h51, et on poursuit dans un instant. Solène Cressant, pardon.
L'Elysée a appelé les parents de Jérémy Cohen, jeune homme frappé par plusieurs jeunes et tué, renversé, par un tramway à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, en tentant de s'enfuir. Une vidéo devenue virale, dément donc la thèse de l'accident. Une enquête est ouverte. 80 plaintes contre Orpea, le leader mondial des maisons de retraite, accusé de mauvais traitement dans le livre Enquête les Fossoyeurs. Des plaintes pour homicides involontaires, notamment une trentaine d'EHPAD du groupe, sont visées dans toute la France. A moins de deux semaines de Pâques, Ferrero rappelle des centaines de tonnes de chocolat à cause de liens possibles avec des cas de salmonellose.
15 cas en France, surtout des jeunes enfants, 8 hospitalisations, tous sont rentrés chez eux. L'appel du pied de Karim Benzema à Kylian Mbappé pour qu'il vienne au Real Madrid, son contrat avec le PSG s'arrête à la fin de la saison. On marquerait le double des buts à sur l'attaquant au journal L'Équipe. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel.
Anne Hidalgo, candidate socialiste à l'élection présidentielle, comme tous les autres candidats à gauche, vous souhaitez aller vers une réduction du temps de travail, sauf que vous n'écrivez pas à combien. Est-ce que vous toucherez à la durée légale du temps de travail ?
Non, je l'ai déjà dit d'ailleurs très clairement, je suis étonnée de cette question. Je ne toucherai pas à la durée légale du travail, mais je laisserai tous ceux qui veulent aller vers des accords qui permettent de le réduire, d'y aller, évidemment. La semaine à 32 heures, comme peut le proposer Jean-Luc Mélenchon ? Il n'y aura pas de loi sur le temps de travail. Je consacre le temps de travail à 35 heures et je consacre aussi la liberté par la négociation, dans le public comme dans le privé, de pouvoir faire moins pour, par exemple, soulager de la pénibilité ou même pour apporter parce que c'est une bonne chose.
Vous savez, il y a quelque temps à Lille, un entrepreneur me disait que pour arriver à recruter et fidéliser du personnel, il avait lui-même procédé à un accord sur les 32 heures. C'est une très bonne chose, mais il n'y aura pas dans ma loi et c'est très clair depuis le début, d'ailleurs.
À Paris, la justice vient de vous sanctionner sur ce sujet du temps de travail. Depuis le 1er janvier, tous les agents sont censés travailler davantage. Vous leur aviez offert trois jours de RTT pour compenser ce travail. En plus, la justice a dit non. L'opposition de droite à la mairie de Paris vous accuse d'avoir essayé d'acheter la paix sociale avec ses trois journées de RTT. Qu'allez-vous faire et que lui répondez-vous ?
D'abord, la loi en question est une loi d'Emmanuel Macron qui, justement, ne considère pas qu'on puisse avoir des accords qui soient plus favorables que la loi. Qui dit que tout le monde doit travailler 35 heures au minimum. Donc, en ce qui me concerne, je reviendrai bien sûr sur cette loi. Dans l'attente, évidemment, j'applique la loi. Et j'applique cette loi comment ? En faisant en sorte qu'on tienne compte notamment de la pénibilité du travail mais aussi de l'égalité femmes-hommes. Donc, c'est ce que nous sommes en train de faire.
Et du coup, vous allez faire quoi ? La justice a dit non, les RTT, elles ne sont pas légales.
J'applique la loi. Donc, les agents de la ville de Paris
vont travailler davantage ?
Avec les organisations syndicales et on a mis en place un certain nombre de mesures parce que ce que je dis nationalement, je le pratique aussi localement, des mesures permettant de tenir compte de la pénibilité d'un certain nombre de métiers et aussi de l'égalité femmes-hommes qui est quelque chose de très important pour moi. Mais mettre en place toujours le RTT, c'est pas contourner la loi ? Je vous ai dit, j'applique toujours la loi mais je fais en sorte que cette loi qui est très injuste, puisse quand même avoir un bout de justice, notamment pour ceux qui ont des travaux pénibles et pour les femmes. Et vous voyez, c'est très révélateur de ce qu'a été ce quinquennat d'Emmanuel Macron.
S'en prendre aux fonctionnaires, aux fonctionnaires municipaux qui ont été là et notamment ceux qui ont des métiers pénibles pendant la pandémie, qui ont tenu le choc, qui ont fait le job, qui ne sont pas les plus payés dans la République de McKinsey. Et s'en prendre à ces personnes-là alors qu'elles font le boulot et aller jusqu'en justice pour empêcher des collectivités de faire ce qu'elles peuvent faire dans leur dialogue social. C'est comme si on venait vous dire ici à France Info, vos accords sur le temps de travail des journalistes, vous n'avez plus le droit de les appliquer. C'est à peu près la même chose.
Moi, je revendique le dialogue social vivant, vital, qui permet d'aller au-delà de la loi. Et je ferai en sorte que cette loi soit abrogée si j'étais présidente. Mais c'est bien révélateur de cette façon de voir le monde qu'a Emmanuel Macron avec ses amis de McKinsey.
Anne Hidalgo, l'écologiste Sandrine Rousseau met une proposition sur la table. Elle a mis en place d'un délit de non-partage des tâches domestiques pour les hommes qui n'en font pas assez à la maison. Est-ce que c'est une proposition que vous reprenez ?
Alors moi, je fais une proposition qui est l'égalité salariale pour toutes les femmes et tous les hommes. Je m'y engagerai évidemment fortement. Ce n'est pas la question de Salia. C'est votre réponse ? Oui, mais c'est ma réponse parce que j'ai envie de dire aux auditeurs ce que moi je propose. Donc ce que je propose, c'est l'égalité salariale. C'est aussi un congé paternité de 16 semaines, dont 6 obligatoires à l'image du congé qui existe en Espagne. Le congé paternité
qui a été doublé déjà par le président de la République ?
Oui, enfin, je propose donc 16 semaines. C'est bien de vous faire ce porte-parole des autres candidats. C'est notre rôle de vous apporter la contradiction. Si vous voulez juste donner tout votre programme, allez-y. C'est pas une contradiction. C'est 16 semaines, dont 6 obligatoires. Et je mets aussi en place une grande loi sur notamment la lutte contre les violences faites aux femmes. Et sur le délit de non-partage des tâches. de Sandrine Rousseau, je risquerais d'être condamnée aujourd'hui puisque je ne fais rien à la maison. Donc, je ne reprendrai pas évidemment cette criminalisation de la vie domestique.
C'est votre mari qui fait tout ?
Il fait tout !
Oui, vous êtes en campagne.
Pas que quand je suis en campagne.
Anne Hidalgo, vous restez avec nous dans 5 minutes précisément les questions des auditeurs et des téléspectateurs de France Info. Vous nous appelez pour ça au standard. C'est le 0809 40 41 42. C'est un appel évidemment qui n'est pas surtaxé. Vous aurez la parole dans tout juste 5 minutes. A tout de suite.
Anne Hidalgo