Sébastien Chenu : "En n'utilisant que la stratégie vaccinale, le gouvernement s'est trompé"
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France Inter. Mathilde Munoz. Le 5-7. Il est 6h20, le Covid encore et toujours lui au menu de la rentrée. Les députés examinent aujourd'hui le projet de loi qui transforme le pass sanitaire en pass vaccinal. Un justificatif qui sera nécessaire pour aller par exemple au restaurant, au cinéma ou au théâtre. Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
Vous êtes porte-parole et député du Rassemblement National. Vous allez voter quoi ? Pour ou contre ce pass vaccinal ?
Écoutez, sans surprise, puisque nous nous avions voté contre le pass sanitaire, nous allons voter contre le pass vaccinal. Nous allons voter contre et nous allons défendre et proposer un certain nombre d'amendements pour faire évidemment évoluer un texte qui sera au bout du compte adopté par la majorité. Et donc nous allons essayer de nous battre non seulement sur la suppression de ce pass vaccinal, mais également sur la possibilité de la gratuité des tests et des autotests, sur la suppression des contrôles d'identité en dehors des personnes qui sont assermentées, sur les sanctions.
Nous allons effectivement, à partir d'aujourd'hui avec Marine Le Pen, essayer de nous battre contre ce texte et de le faire évoluer.
Mais pourquoi êtes-vous contre ce pass vaccinal ? Ce n'est pas une bonne idée de mettre la pression sur les non-vaccinés ?
Non, parce qu'en fait, ce gouvernement, il s'est trompé de stratégie. D'abord, il nous a montré que son action était bien souvent inefficace. Il s'est beaucoup agité, mais il a finalement peu agi. Sa stratégie était perdante parce qu'elle a uniquement utilisé la stratégie vaccinale comme réponse. Or, on sait que la stratégie vaccinale n'est pas la seule réponse possible. C'est une stratégie, une arme de protection individuelle, le vaccin, mais pas collective.
Vous n'êtes pas contre le vaccin ?
Nous ne sommes pas contre, nous sommes pour la liberté. Donc, en fait, nous, nous considérons que le vaccin, c'est une réponse individuelle. Mais on l'a vu, ce n'est pas une réponse collective, puisque vous pouvez transmettre, vous pouvez avoir également le Covid, bien que vous soyez vacciné.
Il y a quand même beaucoup plus de gens non vaccinés, notamment en réanimation.
Voilà, alors l'intérêt, c'est que ça empêche les cas graves. Mais le gouvernement a surtout refusé, au-delà du fait d'essayer de contraindre les Français, il a refusé à les convaincre, mais il a refusé aussi d'autres pistes. Le ciblage, notamment, des Français les plus fragiles, les autotests et les tests gratuits. Moi, je suis député d'une circonscription dans laquelle, entre Noël et Nouvel An, par exemple, on faisait la queue dans les pharmacies pour trouver des tests ou des autotests. Et puis, il a refusé, évidemment, depuis cinq ans, de mettre l'hôpital public au centre des préoccupations, non seulement de la crise sanitaire, mais des politiques de santé publique de notre pays.
Et ça, si vous voulez, ce sont des leviers que le gouvernement n'a pas voulu activer. Donc, il n'a fait que du vaccinal. Du vaccinal et de la contrainte sur les Français. Donc, cet engrenage du toujours plus, il trouve une fin, quelque part. Il trouve une limite. La course à l'enfermement, elle a une limite à un moment ou à un autre. Et nous, nous considérons qu'il faut changer de braquet.
Il y a quand même beaucoup de mesures qui ont été annoncées ces derniers jours par le gouvernement et qui entrent en vigueur aujourd'hui. Le nouveau protocole à l'école, le masque pour les plus de six ans, le télétravail renforcé, les nouvelles règles d'isolement et j'en passe. Il n'y a rien qui trouve grâce à vos yeux dans toutes ces mesures ?
Alors, il y a probablement aujourd'hui un gouvernement qui est en train de prendre conscience, est en train de reculer sur le fait que sa stratégie ne soit pas la bonne et qu'il faut vivre avec le virus. On voit bien qu'après avoir infantilisé les gens, après avoir menti aux Français, aujourd'hui le gouvernement... Mentir à propos de quoi ? Sur les masques, je ne vais pas vous refaire tout le speech, tout le sketch sur les masques. On n'en avait pas, puis on en avait, puis c'était inutile, puis c'était utile. Aujourd'hui d'ailleurs, il y a un débat sur le FFP2. Donc ce gouvernement a beaucoup menti, a beaucoup infantilisé. Il a finalement beaucoup affaibli le pays en faisant ça.
Et aujourd'hui, il considère, peut-être comme d'autres pays, par exemple l'Espagne, le Portugal ou les États-Unis, qu'il faut vivre avec le virus. C'est-à-dire qu'il faut cibler, nous c'est ce que nous demandons, il faut cibler les personnes à risque et non pas contraindre tous les Français. Donc on voit bien que le gouvernement, il recule. Et ces nouvelles règles d'isolement, elles sont bien souvent très compliquées. Moi, je regardais la façon dont il fallait pouvoir les comprendre. C'est quand même pas simple, selon que vous soyez infecté, selon que vous ayez un schéma vaccinal complet ou pas complet. Ça reste très complexe et très bureaucratique. Mais ce qu'il faut comprendre...
Vous feriez quoi, par exemple, si vous étiez au pouvoir pour l'isolement ?
Mais nous, nous l'avions déjà proposé. Nous avions considéré qu'il fallait vivre avec le virus, c'est-à-dire permettre aux soignants contaminés qui sont sans symptômes de continuer à travailler. On l'a demandé depuis très longtemps. Or, le gouvernement, on le voit bien, entame un virage à ce niveau-là, puisqu'il est en train de rappeler les soignants qui sont contaminés sans symptômes pour continuer à travailler. Donc vous voyez, ce que nous avions préconisé depuis un certain temps, c'est-à-dire non pas infantiliser les Français, mais accepter de vivre avec le virus, c'est ce que font beaucoup d'autres pays. Et le gouvernement, très timidement, est en train d'en prendre conscience.
Il n'empêche que le centre de tout ça, c'est-à-dire la politique sanitaire en France, elle a été faite sans anticipation et avec un hôpital public délabré. Et ça, le gouvernement a une lourde responsabilité.
Sébastien Chenu, Marine Le Pen doit tenir une grande convention présidentielle la semaine prochaine à Reims, samedi 15 et dimanche 16 janvier. Est-ce que vous mettrez une jauge ou pas ?
Alors pour l'instant, nous, nous respectons ce que demande le Conseil constitutionnel, c'est-à-dire de pouvoir faire vivre la démocratie. On ne va quand même pas se faire en plus voler l'élection présidentielle, pas nous, mais les Français, se faire voler l'élection présidentielle parce que le Covid existe et qu'on ne parlerait plus d'autre chose. Il y a beaucoup de problèmes dans notre pays sur lesquels les Français vont devoir choisir. Donc nous allons aujourd'hui nous réunir pour voir techniquement, concrètement, s'il faut faire évoluer le dispositif des réunions publiques.
Mais pour l'instant, le Conseil constitutionnel permet aux réunions publiques, heureusement encore en France, dans une période électorale, d'être tenues.
Mais certains partis vont mettre une jauge. Et ils jugent d'ailleurs irresponsables de ne pas en mettre.
Oui, mais moi, ce que je juge irresponsable, notamment par exemple la République en marche, qui a toujours des leçons de morale à donner à la Terre entière, c'est d'avoir laissé s'écrouler notre hôpital public depuis 5 ans.
Ce n'est pas que la République en marche, les socialistes aussi, LR aussi.
Oui, c'est à peu près les mêmes en général, puisqu'on les retrouve au gouvernement où on soutient effectivement cette fameuse course à l'enfermement auquel les républicains et les socialistes ont choisi de participer avec le gouvernement. Donc moi, si vous voulez, je ne donne pas de leçons aux autres. Je dis simplement qu'en période présidentielle, on doit pouvoir trancher, on doit pouvoir débattre, on doit pouvoir informer les Français. Le Conseil constitutionnel, qui est quand même l'organe supérieur dans notre droit, permet qu'il y ait des réunions publiques. Nous, nous y tenons. Nous allons voir si techniquement, on peut faire en sorte que les choses se passent.
C'est ce que j'allais vous demander. Est-ce que vaux mythiques, techniquement, il y aura masque obligatoire à l'entrée, passe sanitaire ou pas ? Est-ce que vous allez, je ne sais pas, espacer les sièges pour qu'il y ait un peu plus de distanciation physique ?
Voilà, sur une organisation matérielle et technique, c'est l'objet de notre réunion ce matin. Notamment, le masque sera obligatoire. Ça, ça nous semble être évident. L'organisation matérielle et l'espacement, nous sommes en train de travailler dessus.
Et le pass, donc, non, j'ai bien compris.
Le masque, oui. Le pass, non. Non, non, le pass, évidemment, ne sera pas obligatoire. Mais simplement, je note qu'il y a eu un certain nombre de, par exemple, de concerts. Je pense à des concerts comme Indochine, dans lesquels les gens étaient masqués, par exemple, et les choses se sont très bien passées. Donc, on peut aussi apprendre à vivre, et notamment à faire vivre, à continuer à vivre en période électorale avec ce virus, et pas simplement faire taire toutes les oppositions au prétexte du Covid.
Merci, Sébastien Chenu, porte-parole et député du Rassemblement National. Vous étiez l'invité du 5-7.