L'invité du jour : Antoine d'Amécourt - 29/07
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Bonjour Antoine d'Amécourt. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président de France Silva. C'est la fédération des propriétaires forestiers privés. 90% de la forêt des Landes qui brûle depuis une semaine maintenant est une forêt privée, forêt de pain maritime, exploitée par la filière bois. Et c'est ce qui pose question depuis des années maintenant. Est-ce qu'il faudra replanter différemment ? C'est ce que dit Emmanuel Macron qui veut rebâtir une forêt différente. Est-ce qu'on a construit une bombe en Gironde et dans les Landes en plantant ces forêts de pain maritime extrêmement inflammables ?
Alors je voudrais d'abord afficher au nom des 3 500 000 familles de propriétaires notre soutien à tous les gens qui luttent contre cette incendie et tous les bénévoles qui dans les Landes et aussi dans le Var parce qu'il ne faut pas oublier le Var en ce moment qui brûle et plein d'autres endroits. Mais c'est vrai que toutes ces zones de feu en France, c'est un vrai drame. Donc votre question sur est-ce qu'on a construit une bombe ? Écoutez, avant Napoléon III, c'était des Landes comme le nom l'indique.
C'était une zone humide qui a été asséchée puis on a planté des pains et désormais c'est un champ de pains.
Elle est asséchée par les pains qui consomment de l'eau mais avant c'était une zone humide dans laquelle personne ne voulait habiter parce qu'on attrapait même par les insectes et les moustiques, le paludisme et on ne voulait pas y vivre dans cette zone. Aujourd'hui c'est le plus grand massif forestier artificiel d'Europe. Évidemment c'est artificiel. Le pain maritime est un bois formidable et donc ça fait vivre toute une filière. Donc on ne peut pas dire qu'on a construit une bombe. Mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Est-ce qu'on peut encore se permettre avec les évolutions du climat de cultiver, de replanter des pains en lieu et place de tout ce qui a brûlé ?
Je pense que ce sera indispensable parce que d'abord le pain, en vue du climat, les bois fixent le carbone donc on a besoin dans nos objectifs 2050 et les objectifs de maintien des règlements climatiques pas trop importants et d'augmentation de température. Ça passe par le stockage de la forêt qui naturellement stocke le carbone de l'air et pour le mettre dans la construction.
Mais la forêt n'est pas en cause mais vous entendez tous ces spécialistes de l'environnement qui pointent souvent la monoculture. C'est le fait de n'avoir que des pains. Est-ce qu'on peut mettre d'autres essences ?
Oui, mais vous voyez depuis très longtemps les sylviculteurs, qu'ils soient publics ou privés d'ailleurs parce que l'ONF aussi le fait on est dans des zones où le seul arbre qu'on ait trouvé qui pousse bien dans cette zone de marais c'est le pain maritime. Alors on fait des essais depuis toujours on a vu que le boulot pouvait être une essence très intéressante en feuillus dans ces zones des Landes mais par contre il faudrait l'arroser l'été donc vous voyez bien qu'aujourd'hui arroser la forêt l'été ça passerait pas non plus donc il y a des essais qui sont faits depuis toujours mais on se rend compte que finalement quand il y a un grand feu que ce soit du feuillu, des résineuses, ça brûle.
Donc il y a trois sujets c'est la prévention, la lutte et la reconstitution. Donc la prévention 92% des départs de feu sont dus aux activités humaines donc le gros problème il est là, la bombe elle est là et c'est là que heureusement que vous les médias et tout vous nous aidez à communiquer sur le fait qu'il ne faut pas jeter un égo en bordure de route sur le fait qu'il ne faut pas faire un barbecue dans des zones à risque quand il fait très chaud sur le fait qu'il ne faudrait pas et là c'est le cas faire du girobroyage l'été parce qu'avec un girobroyant on peut allumer un feu
Mais tout ça est bien connu la question c'est comment on replante pour vous il va falloir on va repartir comme avant et on va replanter des pains pour maintenir cette activité économique il n'y a pas d'autre scénario possible
Oui on a différents pains qu'on peut planter on a différents feuillus qu'on peut planter mais on fait des essais depuis toujours depuis les incendies de 1949 il a été fait des essais mais c'est un sol en fait c'est un sol de sable qui est gorgé d'eau l'hiver et qui est très très très sec l'été donc les environnementalistes s'ils ont une essence formidable qu'on peut implanter et qui poussera qui fera du bois pour fixer du carbone pour justement limiter
On parle du chêne liège par exemple ?
Oui mais le chêne liège ça pousse très doucement il en a été planté dans le sud-ouest il y a d'autres problèmes sur le chêne liège et le chêne liège il brûlera aussi parce qu'on récolte l'écorce et qu'une fois parce qu'il faut qu'il y ait une récolte donc le chêne liège sa production c'est la production de l'écorce qu'on enlève régulièrement pour faire du bouchon et donc un chêne liège quand j'entends des environnementalistes qui disent grâce à son écorce il ne brûlera pas ben oui mais la corse une fois qu'elle est récoltée s'il y a un feu sans son écorce il brûlera aussi enfin il sera impacté aussi Antoine Lameco
la ministre de la transition écologique a annoncé un plan pour la forêt 100 millions d'euros du fonds verseront consacré à rendre les massifs plus résilients à votre avis il faut utiliser cet argent pour faire quoi ?
ben écoutez la ministre Barbu il y a un mois et demi il y avait un fonds de renouvellement qui suivait la volonté du président Macron de planter un milliard d'arbres et il y a un mois et demi elle nous a annoncé qu'elle clôturait ce fonds de renouvellement de la forêt donc je veux bien qu'aujourd'hui elle nous dise qu'elle promet plein d'argent on va discuter avec elle mais en tout cas ça va être pour reconstituer tout ce massif et nous notre souhait les forestiers c'est que les massifs ne soient pas uniformes mais malheureusement derrière 40 000 hectares de brûlés quel que soit ce qu'on va planter on va planter tout sur l'espace de je ne sais pas 5 ou 10 ans parce qu'on ne va peut-être pas tout faire la même année mais donc on va partir sur un massif jeune et un massif jeune évidemment c'est plus impactant pour le feu dans les années à venir donc encore une fois prévention prévention prévention et vous voyez quand on nous dit les forêts ne sont pas entretenues c'est pour ça qu'elles ont brûlé et bien aujourd'hui on nous interdit de faire des travaux de broyage en forêt on nous déconseille en tout cas entre le 15 mars et le 15 juillet parce que c'est la période où il y a évidemment c'est les périodes de reproduction de plein d'espèces qu'elles soient insectes et vous plantez la contradiction
de ces normes effectivement il y a cette question du débroussaillement qui est interdit au printemps par les normes environnementales mais qui est recommandée pour la lutte anti-incendie et parfois effectivement ça peut paraître contradictoire merci en tout cas d'être venu répondre ce matin Antoine Damécourt vous nous dites ce matin que pour vous il n'y a pas d'autre scénario que de replanter principalement des pains maritimes dans cette forêt des Landes et le débat va continuer