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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 10 juillet 2026 5 min

L'édito politique de Jean-Christophe Buisson : Macron rendra hommage à Alfred Dreyfus ce dimanche

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

7h 9h Europa matin l'itopolitique [musique] tous les jours à 8h-10. Bonjour Jean-Christophe Buisson. Bonjour Alexandre.

Vous nous parlez ce matin du capitaine Dréfus. On va célébrer ce weekend les 120 ans de sa de sa réhabilitation ce qui va donner lieu à plusieurs événements. Oui Alexandre seulement un mois après la panthéonisation de Marc Block.

C'est une autre figure de l'histoire de France qui va être honorée dimanche par Emmanuel Macron qui semble atteinte atteint d'une forme aigue commémorationnite le capitaine Drfus. Il est en effet 120 ans. Le 13 juillet 1906, après plus de 10 ans de combat mené par son frère et quelques amis comme Clémenceau, l'officier français juif, faussement accusé d'espionnage au profit des Allemands, était réhabilité par la Cour de cassation et il obtenait sa réintégration dans l'armée.

Revenu de l'île du diable en 1899 après 4 ans de banne, il avait à nouveau été condamné par la justice militaire et n'avait pu recouvrir la liberté qu'au bénéfice d'une grâce présidentielle. Il lui avait donc fallu attendre encore plusieurs années pour que la vérité soit enfin reconnue par l'État français son innocence. Mais entre-temps, son nom avait dépassé sa seule personne en révélant deux Frances radicalement opposées et en donnant lieu à l'apparition d'une nouvelle catégorie sociale, les intellectuel.

Certains datent aussi de l'affaire Drefus la véritable naissance du clivage droite gauche en France et c'est là où je veux en venir. La gauche de l'époque ayant majoritairement combattu pour défendre l'honneur de Drefus au nom de la justice face à une droite nationaliste disant préférer une injustice individuelle à un désordre collectif, la gauche contemporaine s'autorise une appropriation politico-culturelle de la figure de Drefus qui ressemble à une captation d'héritage. Mais pourquoi dites-vous cela ?

D'abord parce que de même que Mark Block dont la figure était scandaleusement récupérée par la France insoumise n'appartenait à aucun camp politique et sa mémoire encore moins puisqu'il était avant tout un français patriote et républicain. Alfred Refuse, également grand patriote et grand républicain, ne saurait être la propriété exclusive de la gauche et encore moins un argument pour attaquer la droite d'aujourd'hui au prétexte que la droite d'hier était antirefusarde. Vous allez me dire "Oui mais c'est quand même Émil Zola, grande conscience de gauche, qui a alerté l'opinion publique et lancé la contestation de sa condamnation avec son célèbre Jaccuse publié dans l'Aurore en janvier 1898." Je vous répondrai oui et non.

C'est bien l'auteur de Germinal qui a fait tout cela, mais il a débuté cette campagne dans le Figaro. Et oui, qui est déjà à l'époque un journal de droite firement conservateur, précisément le 16 mai 1896 avec un texte d'une rare puissance titré "Pour les juifs". Et c'est dans le Figaro toujours que paraît la première et longue interview d'Hommelne de Drefus à sa sortie de la prison de Renn en septembre 1899.

Alors que dans le même temps, un Jean Jor se désintéresse du cadrefus estimant qu'il s'agit d'une affaire interne à la bourgeoisie. Le chef socialiste veille alors surtout ne pas froisser son électorat ouvrier, imprégner des clichés antisémites sur le juif capitaliste écrasant le prolétariat. De cette ambigué, Jortira bien sûr quelques années plus tard, mais ses héritiers pas toujours.

Et que voulez-vous dire ? Il y a étrangement eu comme un malaise entre la gauche et Drfus et ce qu'il incarne tout au long du 20e siècle. Je passe sur le nombre de Drefusards devenus des pacifices de gauche et que l'on retrouvera à Vichi et dans la collaboration.

Il faut lire l'étude saisissante de Simon Epstein à ce sujet. Mais après le victoire de Mitteran en 1981, c'est à nouveau le règne de l'ambiguïté suspecte illustré par les mésaventures de la statue de Drefus que décrit avec Brioot François Guillaume Laorin dans le point de cette semaine. Commandée en 1984 par Jack Lang au sculptur team, elle ne trouve sa place ni à l'école militaire, Mitéran refuse l'idée, ni près du palais de justice.

Là, c'est Robert Baninter qui n'en veut pas et elle finissent dans un coin discret des Tuileries, puis dans un squir du quartier Montparnas. De même en 1994, le centenaire de l'arrestation de Drefus ne figure pas dans les célébrations officielles. Encore une fois, par la volonté du président socialiste.

Étonnant, non ? Bon, aujourd'hui, il y a quand même un consensus sur la personne de Drefus. Oui, d'ailleurs quand l'an dernier Gabriel Atal a proposé d'élever de réfus par une loi au rang de général de brigade à titre postume, aucune voix parlementaire ne s'y est opposée et le fait que l'actuel président de la République vienne en personne au nom de la France assister dimanche à l'installation de la fameuse statue errante dont je vous parlais cette fois place d'Auphine devant le palais de justice montre bien qu'il n'y a plus de débat.

Quoique certains ne manqueront pas de s'interroger lors de cet hommage à un homme victime de l'antisémitisme de la présence de ses élus d'un parti de gauche la France insoumise qui refuse de participer à démarche contre l'antisémitisme et de qualifier les auteurs des massacres du 7 octobre de terroristes qui font des jeux de mots sur les nonjuifs qui lancent des fatois numériques sur des intellectuels ou des politiques juives et qui frayent avec des mouvements islamistes revendiquant l'éradication d'Israël. Mais on le sait, ces gens-là en matière de récupération politique comme dans le reste haussent tout. C'est même à cela qu'on les reconnaît.

Merci Jean-Christophe Buisson, votre édito politique sur Europein.