Olivier Klein
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- 0:13OuverteRéponse directe
Il faudrait peut-être d'abord rappeler à quoi sert l'ANRU.
- 1:24OuverteRéponse directe
Y a-t-il aussi des quartiers de non-droit où la République n'a pas lieu ?
- 1:59OuverteRéponse directe
C'est à Clichy-sous-Bois la ville dont vous êtes maire qui a été lancée en 2004, le plus ambitieux programme de rénovation urbaine. 13 ans après, quels sont les résultats ? Quels effets ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Quel est l'enjeu des transports pour la rénovation urbaine ?
- 3:45OuverteRéponse directe
En presque 15 ans d'existence, l'ANRU a investi près de 46 milliards d'euros. À quoi a servi cet argent ?
- 5:07OuverteRéponse partielle
C'est aussi une question d'argent. L'actuel gouvernement s'est engagé à poursuivre l'effort budgétaire promis sous François Hollande. L'agence nationale de rénovation urbaine va être dotée de 10 milliards supplémentaires pour mener la phase 2 de ce programme.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« L'ANRU, comme son nom l'a dit, c'est l'agence de la rénovation urbaine. »
- 0:36Invité politiqueFait
« La vie quotidienne devient difficile et l'ANRU doit participer, doit être l'assemblier de toutes ces politiques pour que dans ces quartiers, on retrouve à la fois une qualité de vie, une qualité de transport, une qualité de vivre ensemble aussi. »
- 2:21Invité politiqueChiffre
« Un quartier de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil a été profondément modifié. Les logements ont été transformés. Plus de 1800 démolitions à un peu plus de construction neuve. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Il faut une heure et demie aujourd'hui, quand on habite Clichy-sous-Bois, pour aller travailler, étudier, sur les grands pôles de loisirs, alors qu'on est à moins de 12 kilomètres de Marne-la-Vallée, de Roissy et de Paris. »
- 5:22Invité politiqueChiffre
« Ce n'est pas 10 milliards supplémentaires, c'est 5 milliards supplémentaires, un doublement. Il y avait 5 milliards, on passe de 5 à 10. »
- 5:27Invité politiqueChiffre
« Sur ces 5 milliards supplémentaires, 1 milliard de l'État, 2 d'action logement, 2 débailleurs sociaux, sur lesquels il reste encore un sujet. »
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Bonjour Olivier Klein, vous êtes le maire de Clichy-sous-Bois, près de Paris et nouveau président de l'ANRU. L'ANRU c'est l'agence nationale pour la rénovation urbaine. Question ce matin sur les politiques urbaines. Olivier Klein, il faudrait peut-être d'abord rappeler à quoi sert l'ANRU.
L'ANRU, comme son nom l'a dit, c'est l'agence de la rénovation urbaine. C'est l'agence qui, je crois, doit participer à refaire la ville dans un certain nombre de quartiers de ce pays. Aussi, dans ces quartiers, les problématiques sont multiples. Le logement, bien sûr, mais aussi les équipements publics, les transports. La vie quotidienne devient difficile et l'ANRU doit participer, doit être l'assemblier de toutes ces politiques pour que dans ces quartiers, on retrouve à la fois une qualité de vie, une qualité de transport, une qualité de vivre ensemble aussi. Derrière cette qualité de vie, de vivre ensemble, qu'est-ce qui est en jeu derrière ça ?
C'est la République, je crois que ça vient d'être évoqué. C'est la République, c'est la manière dont chacun trouve sa place, chacun ressent l'égalité des droits, l'égalité des chances. Aujourd'hui, on a des quartiers dans lesquels il ne fait pas assez bon vivre. Et dans ces quartiers dans lesquels il ne fait pas assez bon vivre, on peut se sentir en dehors de la République parce qu'on ne se sent pas avec l'égalité des chances et l'égalité des droits.
Il y a des quartiers où il ne fait pas bon vivre, dites-vous. Y a-t-il aussi des quartiers de non-droit où la République n'a pas lieu ?
Non, je ne crois pas. Je ne crois pas. D'abord parce que chaque élu, chaque habitant cherche à vivre dans ces quartiers avec sérénité. Pour les quartiers que je connais, la police est présente, c'est difficile, c'est des villes dans lesquelles on a le sentiment de ne pas avoir toutes les normalités. C'est ce qu'a rappelé le Président de la République aussi.
On va en parler de son plan banlieue énoncé depuis quelques jours. C'est à Clichy-sous-Bois la ville dont vous êtes maire qui a été lancée en 2004, le plus ambitieux programme de rénovation urbaine. 13 ans après, quels sont les résultats ? Quels effets ?
Ils sont impressionnants. Ils sont impressionnants et à la fois impressionnants et insuffisants. Un quartier de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil a été profondément modifié. Les logements ont été transformés. Plus de 1800 démolitions à un peu plus de construction neuve.
On va préciser que Clichy-sous-Bois a longtemps été considéré comme un quartier sinistré. Clichy-sous-Bois n'est surtout pas un quartier. Clichy-sous-Bois est une ville.
Pardon, non, non, qu'il y avait à Clichy-sous-Bois des quartiers sinistrés. Voilà, il y en a encore. Malheureusement, c'est une des difficultés. C'est que dans ce premier programme de renouvellement urbain, on a su prendre les problématiques d'un quartier, ce plateau de Clichy-Montfermeil qui a été évité par tous les transports, les grandes voies de circulation. Et un autre quartier, celui du cœur de ville, celui du bas Clichy, dans lequel il reste quasiment encore tout à faire. C'est une des difficultés de la politique de la ville. La politique de la ville, c'est une politique du temps long. Et en même temps, elle doit agir tout de suite sur le quotidien des habitants.
Et elle doit agir partout, sur tous les sujets. Donc, cette ville a été transformée. Et en même temps, on attend toujours l'élément essentiel que sont les transports. Le tramway arrive en 2019. Le président l'a confirmé, c'est extrêmement important. Le métro arrivera, celui du Grand Paris, dès 2023. Et je serai extrêmement attentif à ce que ce délai soit respecté, parce que c'est un enjeu majeur, la dynamique.
Quel est l'enjeu des transports pour la rénovation urbaine ?
Écoutez, il faut une heure et demie aujourd'hui, quand on habite Clichy-sous-Bois, pour aller travailler, étudier, sur les grands pôles de loisirs, alors qu'on est à moins de 12 kilomètres de Marne-la-Vallée, de Roissy et de Paris. Et donc, ces grands lieux nous sont trop éloignés. Et c'est extrêmement handicapant pour les habitants de cette ville.
En presque 15 ans d'existence, l'enrue que vous présidez dorénavant a investi près de 46 milliards d'euros. À quoi a servi cet argent ?
Dans beaucoup de domaines. D'abord, le logement avec différents partenaires, Action Logement, l'État, bien sûr, dans des opérations longues, trop longues souvent, de démolition, reconstruction, construction, démolition, mais aussi d'équipement public. Moi, je suis de ceux qui pensent que beaucoup de choses démarrent et commencent par l'école. Et l'enrue a aussi financé des bibliothèques, des centres sociaux, des conservatoires, beaucoup de projets de réhabilitation d'école. Et je pense que c'est extrêmement important parce que dans quelle école on met ses enfants, c'est une des raisons pour lesquelles on reste dans un quartier où on le quitte.
Et je crois, et ça fait partie des choses sur lesquelles j'insisterai dans ma présidence à l'enrue, c'est l'école. Les projets de réhabilitation, de démolition, reconstruction de logements sont souvent des projets très longs et c'est normal. Mais parfois, on peut commencer probablement par des équipements publics et en particulier par l'école pour donner à voir aux habitants de ces quartiers. J'ai fait un rapport pour le précédent gouvernement. C'est peut-être pour ça aussi que je suis devenu président de cette agence.
Sur l'école, l'école dans les quartiers populaires, l'école du 21e siècle, une école ouverte sur la ville avec les meilleurs enseignants et aussi une école qui donne envie aux parents et qui rassure les parents. Et je crois que c'est un enjeu majeur de cette nouvelle rénovation urbaine.
C'est aussi une question d'argent. L'actuel gouvernement s'est engagé à poursuivre l'effort budgétaire promis sous François Hollande. L'agence nationale de rénovation urbaine va être dotée de 10 milliards supplémentaires pour mener la phase 2 de ce programme. Oui, il manque 2 milliards. C'est ça, vous tiquez ? Je vous vois tiquez ?
Ce n'est pas 10 milliards supplémentaires, c'est 5 milliards supplémentaires, un doublement. Il y avait 5 milliards, on passe de 5 à 10. Sur ces 5 milliards supplémentaires, 1 milliard de l'État, 2 d'action logement, 2 débailleurs sociaux, sur lesquels il reste encore un sujet. Et puis c'est à quel rythme ces milliards vont arriver, puisque si on veut donner à voir aux habitants, il faudra que ces 10 milliards, une partie arrive relativement rapidement comme une capacité pour l'agence à dépenser, et pour les habitants surtout parce que c'est vraiment les habitants qui motivent, à leur donner à voir des transformations immédiates.
Et puis l'agence de rénovation urbaine, elle doit aussi être un agitateur, permettre aux autres acteurs, aux collectivités locales, je pense aux départements, je pense aux régions, elles ne doivent pas rester à côté de ce renouvellement urbain, chacun dans son droit commun, chacun dans ses prérogatives. Je parlais de l'école, mais parce que j'y crois, quel collège, quel lycée, quel internat d'excellence on construit, quelle politique publique on met en place pour la petite enfance, la liaison entre la crèche et l'école maternelle, et dans nos quartiers aussi un élément extrêmement déterminant.
Quelle culture, je crois qu'on en parlera, mais cette culture qui participe à l'émancipation et à la capacité des habitants de vivre ensemble. Moi, si je prends l'exemple de Chichoubois, je vais demander à l'ANRU, parce que ça ne dédouane pas de demander comme les autres à l'ANRU, qu'elle participe à la création d'un nouveau conservatoire au cœur de ville, pour donner envie à tous nos habitants de rencontrer différentes formes de cultures. On travaille avec la Philharmonie sur le projet Demos. On voit à quel point ces projets sont importants pour nos habitants. Et la politique de la ville, et je terminerai là-dessus, c'est la politique de toute l'action publique.
Le logement, l'emploi, la sécurité, l'école. Si on met des cloisons entre chacune de ces politiques, on ne réussira pas la politique de la ville.
Et on verra dans un instant, après la revue de presse de Frédéric Pommier, on verra et on entendra vos commentaires sur le plan banlieue, la politique de la ville d'Emmanuel Macron. Ce sera dans un instant. Et avec les questions des auditeurs, questions ce matin à Olivier Klein, le nouveau président de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine. Vous appelez le standard au 01-45-24-7000. Dans un instant, la revue de presse.