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InterviewLCP — Lundi, c'est politique (sur Podcast)· 19 novembre 2024 57 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieBudget & impôtsAgriculture & alimentationInstitutions & élections

Marine Tondelier, un référendum sur le Mercosur ?

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 31 %Attaque 49 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:54FerméeRéponse directe

    Marine Tondelier, est-ce que vous soutenez sans réserve ces manifestations ?

  • 2:28RelanceRéponse directe

    Je vous le demandais sans réserve, parce que c'est la FNSEA qui est dans la rue aujourd'hui, or la FNSEA et vous, parfois…

  • 4:09OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron, en tout cas, dit qu'il est hors de question, que la France signe le Mercosur en l'état. Marine Tondelier, quand vous entendez le président de la République qui dit « je vais m'y opposer jusqu'au bout » personnellement, ça vous rassure cet engagement ?

  • 4:46FerméeRéponse directe

    Vous parlez de qui quand vous dites ça ?

  • 4:55FerméeRéponse partielle

    Donc vous ne croyez pas à l'engagement d'Emmanuel Macron ?

  • 5:34OuverteRéponse directe

    Alors, à ce propos, parce que vous savez que la France ne peut pas à elle seule mettre son veto contre le Mercosur, il faudrait plusieurs pays. Et pour cela, ça commence peut-être à arriver. Il y a l'Italie, le gouvernement italien, qui dit qu'il n'est pas question non plus de signer le Mercosur.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:58Invité politiqueFait
    « Sur le Mercosur, totalement. »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « Ces accords commerciaux de libre-échange internationaux, les écologistes, ça fait des décennies qu'ils se battent contre. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Ça fait des décennies qu'on défend les terres agricoles contre l'artificialisation des sols, la bététisation, les anthropologistiques, ça fait des décennies qu'on défend de pouvoir avoir des produits locaux dans la restauration collective. »
  • 2:56Invité politiqueChiffre
    « C'est 3,4 milliards de repas par an, la restauration collective. »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « Ça fait des décennies qu'on défend des revenus justes pour les agriculteurs. »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « C'est Marie Pochon, vous le savez, élue de la DROM, ici à l'Assemblée nationale, qui a fait adopter cette proposition de loi pour des revenus planchers pour les agriculteurs. »
  • 8:32Invité politiqueChiffre
    « On parle là du Mercosur et de ce que ça changerait, c'est-à-dire 1 million de tonnes de maïs, 180 000 tonnes de volaille, 180 000 tonnes de sucre, 99 000 tonnes de bœuf. »
  • 8:54Invité politiqueFait
    « Premièrement, quand vous achetez aujourd'hui de la viande, du bœuf, par exemple, il peut être aux hormones, y compris avec des hormones qui, depuis 1988, sont interdites en Europe. »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « Au Brésil, par exemple, c'est le plus gros utilisateur de pesticides au monde. »
  • 9:14Invité politiqueChiffre
    « Sur les 500 pesticides qui sont utilisés au Brésil, il y en a 150 qui sont interdits en Europe. »
  • 11:09Invité politiqueChiffre
    « Cet accord mis en place, qu'il y a 5% de déforestation en plus en 6 ans, mécaniquement. »
  • 12:14Invité politiquePromesse
    « Et même un référendum s'il le faut. »
  • 12:42Invité politiqueFait
    « Je pense que les Français, s'ils étaient interrogés, s'exprimeraient très très très massivement parce qu'ils sont inquiets pour leur agriculture française et pour leur santé. »
  • 25:56Invité politiqueFait
    « Les députés du nouveau Front populaire, ils ont été exemplaires, ils ont été très investis dans ces débats. »
  • 28:33Invité politiqueFait
    « C'est clair. Non seulement il y a eu dissimulation, mais les personnes qui nous ont dissimulé des choses nous ont donné des leçons de morale budgétaires tout l'été. »
  • 28:43Invité politiqueFait
    « Je vous rappelle quand même que Bruno Le Maire était là « Gna gna gna, le programme du NFP, ça ne veut rien dire, ce n'est pas crédible ». »
  • 28:48Invité politiqueChiffre
    « Et celui qui nous disait qu'on n'était pas crédible, c'était celui qui avait créé 1 000 milliards de dettes en 7 ans. »
  • 28:33Invité politiqueFait
    « C'est clair. Non seulement il y a eu dissimulation, mais les personnes qui nous ont dissimulé des choses nous ont donné des leçons de morale budgétaires tout l'été. »
  • 28:50Invité politiqueChiffre
    « La dette dans ce pays est passée sous Bruno Le Maire de 2 000 milliards d'euros à 3 000 milliards d'euros en 7 ans. »
  • 30:26Invité politiqueChiffre
    « Il comprend qu'il va perdre entre 50 et 70 millions d'euros par an. »
  • 31:32Invité politiqueFait
    « Elisabeth Borne, en 2023, elle dit je vais faire un grand plan piste cyclable, chaque année un peu plus. Ah bon, ça a l'air super. Il y a 400 dossiers qui ont été déposés en 2024. Savez-vous combien d'euros il y avait sur cette ligne ? Zéro euro. Zéro euro. »
  • 31:59Invité politiqueFait
    « Est-ce que le fond vert, moins 60% sur l'adaptation des territoires au changement climatique ? En 2025, c'est une plaisanterie. »
  • 37:18Invité politiqueFait
    « elle a préféré un Premier ministre M. Barnier au service des puissants qui fera du macronisme en pire. »
  • 37:21Invité politiqueFait
    « plus la situation sociale se détériore, plus la pente sociale est raide, plus les gens se dégoûtent dévisent socialement et ont envie de voter pour Marine Le Pen donc pour des raisons opportunistes et personnelles elle a préféré prendre une décision qui fasse plus de mal à ses électeurs qu'une autre. »
  • 41:24Invité politiqueFait
    « ce parti a organisé un détournement d'argent public. »
  • 43:55Invité politiqueFait
    « je suis la première à dire quand on ne fait pas bien quand je suis arrivée à la tête de ce parti on a mis en place les états généraux de l'écologie pendant 150 jours on s'est tue et on a écouté. »
  • 44:08Invité politiqueFait
    « on a changé de nom de logo de statut. »
  • 44:22Invité politiqueChiffre
    « nous étions à 15 000 adhérents au pic en 2009 nous sommes aujourd'hui à 18 000. »
  • 44:28Invité politiqueChiffre
    « nous avons 200 000 soutiens ce statut n'existait pas au début de nos mandats. »
  • 48:50InvitéChiffre
    « on cotise pour un rendement compris entre 0 et 0,5% par an. »
  • 50:38InvitéChiffre
    « environ 4% réel hors inflation par an »
  • 51:05Invité politiqueFait
    « il y a eu une paupérisation d'une grande partie des retraités suédois »
  • 51:10Invité politiqueFait
    « les Famsun aussi parce que face à l'inflation tout ça était devenu très compliqué »
  • 52:30InvitéFait
    « je ne mettrai pas ma main à couper que la croissance sera mirifique dans les 50 prochaines années »
  • 53:31InvitéChiffre
    « vous êtes la personnalité préférée des français de gauche devant Lucie Casté François Ruffin Olivier Faure »
  • 54:35Invité politiqueFait
    « ce réseau social est une souffrance en tant que politique en tant que femme »
  • 54:44Invité politiqueFait
    « c'est devenu un catalyseur de haine »
  • 55:43Invité politiqueFait
    « ça fait 10 ans que je suis la seule écologiste dans l'opposition au Rassemblement National »

Temps de parole

  • Marine Tondelier60 %
  • Présentateur19 %
  • Invité9 %
  • Invité 26 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

7,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ça va bientôt faire deux ans qu'elle a pris les rênes d'Europe Écologie-Les Verts. Elle s'est engagée à fond lors des législatives pour que le nouveau Front populaire voit le jour. Et sur son CV, il y a aussi élu Dénin-Beaumont, donc habitué à combattre le Rassemblement national. Marine Tondelier est l'invité de LCP, l'Indice et Politique. Bonsoir Marine Tondelier. Merci d'être sur le plateau de l'Indice et Politique. Merci de votre invitation. Je vous en prie. Et je suis entouré aujourd'hui pour vous poser des questions de Thierry Fabre, au nouveau venu dans cette équipe, qui est rédacteur en chef du service Économie et Politique de Challenges, notre nouveau partenaire.

Bonsoir Clément Méric. Bonsoir Francis. Je suis chez vous Clément, journaliste à LCP. Bonsoir Bérangère Bonte. Bonsoir Francis. Qu'on connaît, qui est journaliste politique à France Info, sans oublier Hugo Couturier. Hugo Aperchoir. Bonsoir Hugo. Vous pouvez intervenir sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale pour nous faire remonter vos points de vue, vos questions. et vous ferez tout ce qu'il faudra pour interroger Marine Tondelier, qui est en face de vous. La base décisive comme du RCL. Avec vous ce soir, Marine Tondelier, on va aussi parler un peu plus tard dans l'émission. Un invité nous rejoindra un peu plus tard et on parlera avec lui d'économie.

Par exemple, comment financer la transition écologique ? Qui doit être mis à contribution ou à l'inverse ? Qui doit être aidé pour faciliter cette transition écologique ? L'actualité d'abord. Les agriculteurs ont ressorti des tracteurs aux quatre coins de la France, à l'appel notamment de leur principal syndical à FNSEA, avec, pour mot d'ordre, empêcher la signature de l'accord commercial Mercosur entre l'Europe et plusieurs pays d'Amérique latine comme le Brésil ou l'Argentine, gros exportateurs agricoles. Pendant qu'Emmanuel Macron, lui, est au Brésil, où se tient le sommet économique du G20 consacré, entre autres, à ce dossier.

Marine Tondelier, est-ce que vous soutenez sans réserve ces manifestations ?

1:58
Marine Tondelier

Sur le Mercosur, totalement. Ces accords commerciaux de libre-échange internationaux, les écologistes, ça fait des décennies qu'ils se battent contre, vous vous rappelez peut-être de José Bové à Seattle, on a une position constante et cohérente sur le sujet, à tel point que ce ministre était avec Didier Giraud, c'est une des figures des grandes gueules, ça fait plus de dix ans qu'il est sur ce plateau en train de défendre la France profonde, lui qui est éleveur depuis des années, et il a quand même poussé la porte du local des Verts, pour venir chez nous, discuter avec les Mercosur, il y a un côté convergence des luttes quand même en ce moment.

2:28
Présentateur

– Je vous le demandais sans réserve, parce que c'est la FNSEA qui est dans la rue aujourd'hui, or la FNSEA et vous, parfois…

2:32
Marine Tondelier

– Je vous ai répondu que sur le Mercosur, j'avais aucun problème.

2:34
Présentateur

– Pas forcément pour le reste.

2:34
Marine Tondelier

– Mais c'est eux qui viennent sur notre position, ça fait des décennies qu'on soutient.

2:37
Présentateur

– Et donc c'est bienvenu pour ça ?

2:38
Marine Tondelier

– Il y a des moments de l'histoire, sachez-le, où il y a des convergences des luttes, et ce n'est pas la seule entre les écologistes et les agriculteurs. Ça fait des décennies qu'on défend les terres agricoles contre l'artificialisation des sols, la bététisation, les anthropologistiques, ça fait des décennies qu'on défend de pouvoir avoir des produits locaux dans la restauration collective. C'est 3,4 milliards de repas par an, la restauration collective. Ça fait des décennies qu'on défend des revenus justes pour les agriculteurs.

C'est Marie Pochon, vous le savez, élue de la DROM, ici à l'Assemblée nationale, qui a fait adopter cette proposition de loi pour des revenus planchers pour les agriculteurs. Donc ce n'est pas la seule convergence des luttes que nous avons, non pas avec la FNSEA, mais avec la profession agricole, et les paysans en particulier, parce que vous savez que dans ce monde, tout le monde ne fait pas exactement le même métier.

3:19
Présentateur

– C'est pour ça que je vous posais la question. Emmanuel Macron, en tout cas, dit qu'il est hors de question, que la France signe le Mercosur en l'État. On va l'écouter.

3:26
Locuteur non identifié

– Ça fait 7 ans que je m'oppose à se traiter. Et j'en parle à nos agriculteurs les yeux dans les yeux. Est-ce que, depuis que je suis président, je n'ai pas tenu mes engagements ? Jamais. Lorsqu'on a signé avec le Canada, on a obtenu des garanties. Et je vous ai dit, cet accord sera bon pour vous. 5 ans après la mise en application provisoire de l'accord avec le Canada, il est bon pour l'agriculture française. Contrairement à ce que tous les mensonges qui circulent peuvent dire. C'est-à-dire qu'on exporte plus de lait, plus de fromage vers le Canada et beaucoup d'autres produits agricoles.

Et que ce qu'on nous décrivait comme l'invasion d'une viande qui n'avait pas les mêmes critères à l'arrivée, n'est pas arrivé. Parce qu'on avait mis des garanties. Et là, je vous le dis, ces garanties, aujourd'hui, elles n'y sont pas sur le Mercosur. C'est pour ça que nous allons continuer de nous opposer.

4:09
Présentateur

Marine Tondelier, quand vous entendez le président de la République qui dit « je vais m'y opposer jusqu'au bout » personnellement, ça vous rassure cet engagement ?

4:16
Marine Tondelier

J'ai pris des notes, il a dit « est-ce que depuis que je suis président, je n'ai pas tenu mes engagements ? » Jamais. J'adore ce que je pense qu'il veut dire l'inverse. Et il a dit, je le dis en regardant les agriculteurs dans les yeux, regardez où ils regardent. Il ne regarde pas du tout la caméra. En tout cas, en tout cas. Je vois quand même, j'ai toujours des petits doutes sur la sincérité et je me rends compte aussi que la France se bouge tard. Voilà. Je pense qu'ils sont bloqués.

On ne pouvait pas aller fruer sur les barrages agricoles avec ces bottes toutes neuves en frottant de la terre dessus pour faire semblant qu'on avait toujours été à leur côté comme l'ont fait certaines formations politiques françaises et voter l'inverse au Parlement européen.

4:46
Présentateur

Vous parlez de qui quand vous dites ça ?

4:47
Marine Tondelier

De à peu près tout ce qui est à la droite du PS. Et j'ai les noms. C'est-à-dire qu'ils vont sur les barrages dire « ouin ouin, on est avec vous, c'est vraiment inadmissible »

4:55
Présentateur

Donc vous ne croyez pas à l'engagement d'Emmanuel Macron ?

4:58
Marine Tondelier

Je pense que là, ils sont coincés parce qu'ils l'ont tellement dit que maintenant ils sont obligés. Donc c'est une bataille culturelle. Et pour les agriculteurs, et pour les écologistes qui ont été très très seuls à se battre au Parlement européen au début. Et chose intéressante, vous noterez, toute notre famille politique écologiste dans toute l'Europe s'opposera à se traiter du Mercosur. Moi, ce qui m'intéresse, c'est ces personnes de droite, d'extrême droite, du centre. J'aimerais bien voir dans leur groupe combien de personnes elles vont convaincre. Parce que vous savez qu'à la fin, c'est tous les pays, c'est tous les pays qui doivent se mobiliser.

Et nous, les écologistes, dans tous les pays, sont mobilisés contre ce traité international. J'aimerais savoir, dans les autres familles politiques, comment ça va se passer.

5:34
Présentateur

Alors, à ce propos, parce que vous savez que la France ne peut pas à elle seule mettre son veto contre le Mercosur, il faudrait plusieurs pays. Et pour cela, ça commence peut-être à arriver. Il y a l'Italie, le gouvernement italien, qui dit qu'il n'est pas question non plus de signer le Mercosur. Vous entendez bien, je dis le gouvernement italien, celui de Giorgia Meloni.

5:50
Marine Tondelier

Mais j'ai vu que ça bougeait aussi en Autriche, en Pologne, en Irlande.

5:52
Présentateur

– On va s'arrêter sur l'Italie. – Ça tombe bien. – Vous vous arrêtez sur l'Italie, mais je peux continuer la liste

5:57
Marine Tondelier

pour montrer qu'on n'est pas seul.

5:58
Présentateur

– Tous les soutiens sont bienvenus, quelle que soit la couleur du gouvernement.

6:01
Marine Tondelier

– Écoutez, on est dans un traité qui est injuste, qui va sacrifier l'écologie européenne et française en particulier, parce que tous les pays d'Europe ne sont peut-être pas concernés dans la même mesure par ce traité. Les agriculteurs français seront en première ligne. Et donc, si la France seule s'oppose, ça ne sert à rien, ça ne suffira pas.

6:17
Présentateur

– Est-ce que, quelle que soit la couleur du gouvernement du pays, par exemple l'Italie, de Giorgia Meloni, ce n'est pas un problème ?

6:21
Marine Tondelier

– Non mais moi, je ne suis pas là pour dire quel soutien j'accepte ou pas. Je ne vote même pas sur ce texte et je ne suis pas agricultrice. Je vous dis, un maximum de pays doivent s'opposer et la France ne doit pas se contenter d'aller dire, comme le fait Emmanuel Macron, « Nous, on votera compte, ce n'est pas nous, ce n'est pas nous, c'est les autres. » Il faut que la France prenne son bâton de pèlerin et aille convaincre ses petits camarades européens et fasse preuve de leadership, une qualité qu'on a perdue sur la scène internationale. Peut-être qu'en Europe, on y arrivera encore.

6:44
Présentateur

– Allons jusqu'au bout. Si la France n'a pas assez de soutien d'autres pays européens pour pouvoir bloquer le processus du Mercosur, la France devra-t-elle aller jusqu'au bras de fer, jusqu'à une crise au sein de l'Europe ?

6:53
Marine Tondelier

– Oui.

6:54
Présentateur

– C'est-à-dire ?

6:55
Marine Tondelier

– Il serait temps.

6:55
Présentateur

– Par exemple ? C'est-à-dire désobéir, quitter la PAC ?

6:58
Marine Tondelier

– Je pense qu'à un moment, on voit quand même la défiance des Français et des Européens dans la politique, dans le politique, on voit les fossés qui se creusent, tout ça n'a plus de sens. Et donc soit à un moment, on dit stop et on dit vraiment stop, soit on trouve toujours des bonnes raisons de ne pas faire. – Mais comment on dit stop dans ce cas-là, concrètement, face à l'Europe ? – Écoutez, les politiques, quand ils ont envie que ça ne se fasse pas, ils trouvent toujours plein d'artifice. – Concrètement ? – À un moment, c'est une question de volonté.

7:19
Présentateur

– Il faut quitter l'Europe ?

7:21
Marine Tondelier

– Non mais je ne vous ai pas dit de quitter l'Europe.

7:22
Présentateur

– Je vous dis, mais comment on fait ?

7:23
Marine Tondelier

– Ce n'est pas l'Europe, on l'aime ou on la quitte. – C'est dans le cas que ça se passe, on peut la changer aussi. Et donc à un moment, vous voyez bien que quand Emmanuel Macron représente une certaine idée du libéralisme, ça peut paraître incohérent, c'est-à-dire qu'à un moment, quand on a envie de se battre, on se bat. Et donc moi, je le regarde maintenant, il a dit qu'il ne laisserait pas faire, je vais regarder comment il fait. Moi, je sais comment nous faisons, nous, depuis 40 ans.

7:44
Présentateur

– Donc il faut aller jusqu'à la crise avec les autres pays européens et l'Union européenne s'il le faut ?

7:48
Marine Tondelier

– La crise, c'est la fin, il y a un espace pour discuter au milieu. Il est chef d'État, il connaît depuis maintenant 7 ans qu'il est président quasiment tous les chefs d'État d'Europe, qu'il décroche son téléphone et qu'il fasse preuve de leadership, de persuasion, de conviction sur ses collègues.

8:01
Présentateur

– On continue à parler du Mercosur, le fond du dossier, Clément Véry.

8:03
Marine Tondelier

– J'espère, parce qu'on n'a pas encore parlé de la santé des Français qui va se retrouver à la fin en première ligne aussi.

8:07
Présentateur

– Marine Tondely, on vous voit très remonter contre ce possible accord du Mercosur. Est-ce que c'est un refus catégorique pour vous et votre parti ou est-ce que ça pourrait être un oui à certaines conditions, je pense aux clauses miroirs, qui pourraient faire progresser les normes de production environnementale et sociale dans les pays du Mercosur ?

8:24
Marine Tondelier

– Le problème, c'est qu'on ne sait jamais contrôler tout ça. En fait, il faut être honnête avec vos téléspectateurs. On parle là du Mercosur et de ce que ça changerait, c'est-à-dire 1 million de tonnes de maïs, 180 000 tonnes de volaille, 180 000 tonnes de sucre, 99 000 tonnes de bœuf, je ne vais pas vous faire tous les produits, mais tout d'un coup, on va être inondé par ces produits. Mais ces produits sont déjà sur le marché européen, aujourd'hui. C'est juste qu'ils n'ont pas des droits de douane ou des taxes préférentielles, ça ne les empêche pas d'être déjà sur notre marché. Et qu'est-ce qui se passe ?

Premièrement, quand vous achetez aujourd'hui de la viande, du bœuf, par exemple, il peut être aux hormones, y compris avec des hormones qui, depuis 1988, sont interdites en Europe. – Donc vous refusez la possibilité d'interdire le bœuf aux hormones ? – Non, mais quand vous mangez des céréales qui viennent de ces territoires, vous savez qu'au Brésil, par exemple, c'est le plus gros utilisateur de pesticides au monde. Et sur les 500 pesticides qui sont utilisés au Brésil, il y en a 150 qui sont interdits en Europe. – Et là, il n'y a pas un levier pour faire progresser cette question-là ?

Ici, il faut voter écologiste au Brésil, mais on s'en occupe grâce aux Global Greens, les verts internationaux et les verts européens. Mais le problème, c'est que vous en mangez déjà. C'est que dans vos cornflakes, vous ne savez pas dire d'où il vient de blé. Aujourd'hui, c'est transformé en France. Alors du coup, ils arrivent du bœuf d'ici, de là-bas, ils en prennent un peu de français, ils mélangent tout ça, il y a peut-être 10% de bœuf français, et ils disent à la fin, transformé en France. Je veux, dans ce pays, en tant qu'écologiste, en tant que maman, en tant que citoyenne, qu'on sache ce qu'on mange, où ça a été produit et comment.

C'est aussi simple que ça, et ça dépasse la question du Mercosur.

9:49
Présentateur

– Est-ce qu'il n'y a pas chez vous une posture anti-libre-échange de base ? C'est-à-dire que vous êtes contre tous les accords, mais quand on regarde ce que disait Emmanuel Macron sur le CETA, moi, avant de venir, je lisais une évaluation d'un organisme économique qui s'appelle le CEPI, qui peut être très critique sur les accords de libre-échange, et il nous dit, depuis le CETA, en fait, la catastrophe annoncée n'a pas eu lieu. Il n'y a pas eu l'importation, et notamment de produits condamnables sur le plan des pesticides ou du bœuf aux hormones. – J'appelle que c'est avec le Canada.

– Donc, est-ce que, finalement, vous n'êtes pas, on ne pourrait pas améliorer ces accords pour justement que ça se passe bien ? Le CETA montre que vous aviez un peu noirci le tableau.

10:28
Marine Tondelier

– Mais j'adore quand on commence une question en me disant est-ce que vous n'êtes pas trop ceci ou trop cela, ou trop sectaire ou trop rigide ? On est sur des principes. Vous n'êtes pas sans savoir que le Canada… – Non, mais le Canada n'est pas le Brésil, premièrement.

10:39
Invité

– Vous l'aviez critiqué, vous l'aviez critiqué, les fois.

10:41
Marine Tondelier

– Évidemment, et sûrement que toute la bataille culturelle et les critiques qu'on a émises ont fait en sorte qu'on arrive au résultat que vous pointez, parce que, voyez-vous, les luttes sociales, ça se mène, et ça obtient toujours des résultats. – Donc, ça veut dire que vous envisagez, finalement, que ça peut être possible. – Ensuite, vous me citez un rapport. Moi, je vais vous en citer un autre. Un rapport commandé par M. Castex, dont on ne peut pas dire qu'il soit un allié politique des économistes.

11:01
Présentateur

– Ancien Premier ministre.

11:02
Marine Tondelier

– C'était, quand il était Premier ministre, il avait commandé un rapport pour essayer de prédire ce qui se passerait avec cet accord, ce qui était mis en place. Ça veut dire, cet accord mis en place, qu'il y a 5% de déforestation en plus en 6 ans, mécaniquement, parce que tous ces produits qui vont nous donner notre produit, c'est de la demande en plus, donc c'est de la production en plus, et pour nourrir l'élevage là-bas, ils déforestent la forêt amazonienne pour faire du soja. Ce que je vais vous dire aussi, c'est pas une question… Vous dites, est-ce que vous n'êtes pas fondamentalement contre le libre-échange ? Mais attendez, on parle…

Moi, je ne vous parle pas, par exemple, de produits qu'on ne peut pas produire en France et dont on a besoin, de métaux rares, de panneaux photovoltaïques ou je ne sais quoi. On parle de maïs, de bœuf, de volaille. – Donc pour vous, c'est une question de principe. – Non mais attendez, on est en 2024. Les enfants qui naissent cette année, on ne sait pas leur promettre que la planète sera encore habitable pour leurs 30 ans. et on va manger du maïs qui a été produit à l'autre bout du monde, qui a déforesté et qui fait en bateau tout le trajet jusqu'à là. Ça n'a aucun sens.

11:58
Invité

En 2024, on ne peut plus faire ça.

12:00
Présentateur

– Il y a un autre parcours qui attend ce texte, Bérangère.

12:02
Invité

– À l'Assemblée nationale, cette fois, les Insoumis, mais aussi l'URN, ont demandé un débat. Le socle commun a l'air d'accord là-dessus. Vous, sur le principe, un débat avec vote, vous y êtes aussi favorable. – Et même un référendum s'il le faut.

12:16
Présentateur

– Ça changerait quoi, fondamentalement.

12:17
Marine Tondelier

– Parce que sur des sujets comme ça, il faut que le peuple puisse s'en emparer. Il faut que si l'Europe et les dirigeants européens n'écoutent pas Emmanuel Macron parce qu'il a perdu du crédit, nous Français, nous puissions lui adresser...

12:30
Présentateur

– Non mais c'est nouveau ce que vous dites là, un référendum sur le mercosur, j'avais jamais entendu ça, c'est nouveau.

12:34
Marine Tondelier

– Je donne plein d'idées et j'en donnerai de nouvelles tant que...

12:36
Présentateur

– Non mais en l'occurrence, le référendum, c'est une nouvelle proposition.

12:38
Marine Tondelier

– C'est un exemple de ce que nous pouvons faire. Je pense que les Français, s'ils étaient interrogés, s'exprimeraient très très très massivement parce qu'ils sont inquiets pour leur agriculture française et pour leur santé.

12:46
Invité

– Mais un référendum comme un vote à l'Assemblée, on est à peu près certains du résultat, en tout cas à l'Assemblée, c'est unanime, la droite, la gauche, le centre, Michel Barnier, tout le monde est contre ce mercosur. Qu'est-ce que ça changerait fondamentalement un vote à l'Assemblée ? Vous parliez du leadership affaibli de la France en Europe. Finalement, ça changerait quoi, à part se faire plaisir ?

13:05
Marine Tondelier

– C'est pour ça que moi j'ai insisté, dès le début, sur une chose qui me paraît fondamentale. C'est ceux qui font les marioles, là, sur les plateaux télé, qui n'ont jamais défendu ça jusqu'à il y a trois semaines parce que tout d'un coup, les agriculteurs sont en colère. Donc ils disent, merde, électoralement, ça va me coûter, pardon, je suis vulgaire. Et donc ils disent, bon, c'est bon, on est contre. Mais qu'ils aillent convaincre dans chacun de leurs groupes au Parlement européen. C'est ça qu'on attend d'eux. qu'ils puissent convaincre dans leur famille politique européenne. C'est aussi simple que ça.

13:27
Présentateur

– Hugo, Hugo Couturier.

13:28
Marine Tondelier

– C'est ça que je mets en avant comme... – Hugo Couturier. – Donc ça, on a une question qui semble efficace. Pas que de pression, de persuasion, de conviction. Si des politiques n'arrivent pas à convaincre leur propre camp, alors à quoi ils servent ? Comment vous voulez qu'ils convainquent les Français s'ils ne convainquent pas déjà leur propre camp ?

13:40
Présentateur

– Et dans ces cas-là, au bout du bout, ça pourrait être un référendum, on l'a entendu.

13:44
Marine Tondelier

– Exactement, et donc moi je jugerais les partis politiques français sur qui dans leur famille politique européenne a voté ou pas. S'ils ne sont que deux ou trois Français sur tout leur groupe européen à voter contre, c'est qu'ils ne servent à rien au Parlement européen. Ils ne convainquent personne dans l'Europe. – Hugo Couturier.

13:58
Invité

– Oui, Madame Tondelier, on a une question pour vous de Masquilili qui vous demande qu'est-ce que vous proposez pour la Guyane qui ne peut pas commercer avec son voisin le Brésil. Il précise, je suis contre le Mercosur, mais acheter du café brésilien qui doit transiter par Paris, ce n'est pas écolo, je suis contre en tant que Guyanais, mais il faut des solutions de repli.

14:13
Marine Tondelier

– Eh bien figurez-vous que je suis allée en Guyane, je suis allée en Guadeloupe et je suis allée en Martinique. C'est la seule raison pour laquelle j'ai fait entorse à ma règle de ne plus prendre l'avion. Pourquoi ? Parce que ce sont des citoyens français qui ne sont pas de seconde zone, mais que vu de Guyane, vu de Martinique et vu de Guadeloupe, l'Europe, ça paraît très très loin. D'ailleurs l'Europe, vous savez comment ils appellent ces territoires ? Ils ne les appellent pas les outre-mer, ils les appellent les régions ultra-périphériques. Ça dit tout, on a l'impression qu'il y a un côté loin des yeux, loin du cœur.

Et quand j'étais là-bas, eux ils disaient mais vos règles européennes, aujourd'hui nos problèmes, ce n'est pas ceux-là. Leur problème, par exemple, c'était les produits qui viennent de la Dominique, du Suriname. Les règles européennes, quand elles s'appliquent là-bas, n'ont pas de sens, ne protègent rien du tout, encore moins que vu depuis la métropole. Et ça c'est un vrai sujet. Il faut qu'il y ait des députés européens issus de ces territoires qui puissent rendre ces règles plus concrètes et informer aussi au Parlement européen de ce qui se passe quand on fait les règles sur ces territoires.

15:07
Présentateur

Ça nous amène parce que tout ça, c'est lié à la COP 29 qui a lieu en ce moment en Azerbaïdjan.

15:11
Marine Tondelier

C'est lié à la COP 29. L'avenir de l'humanité.

15:13
Présentateur

Une de plus, alors que le climat continue de se détraquer dans le monde et plus vite encore que prévu, Bérangère. Il y a des questions qui se posent sur cette COP 29 quand même.

15:21
Invité

Au bout d'une semaine de COP, manifestement, les discussions piétinent.

15:24
Marine Tondelier

Je n'avais pas d'infos sur ce qui se passait, mais on m'a dit que ce n'est pas ce qui se passait rien et que je n'avais du coup rien raté.

15:28
Invité

Sauf qu'on est déjà à mi-course et ça piétine sur globalement l'enjeu qui est l'aide des pays du Nord à ceux du Sud pour financer leur transition. La France n'y est pas. Est-ce que ça irait mieux si elle y était ?

15:40
Marine Tondelier

Déjà, ça irait mieux si on ne faisait pas des COP dans des pays où les pays hésitent à y aller pour ne pas être suspectés d'être complices de la politique en droit de l'homme, par exemple. Vous, au pouvoir, vous n'y seriez pas allé. Il y a plusieurs maires écologistes qui ont décidé de boycotter, mais c'est une question difficile. C'est-à-dire que la vraie question, c'est tant que tu n'y es pas, tu ne peux pas te battre pour mettre dans les résolutions des COP des règles sur les lieux des prochaines COP. Y compris cette bataille-là, elle doit être menée parce que ça fait quand même deux années où il y a un gros discrédit qui est lancé sur cette négociation.

Mais faites même du lieu où elle a lieu.

16:12
Invité

Mais vous posez la bonne question, effectivement. Et c'est la même depuis, c'est la 29e COP, ça fait 29 ans que c'est la même question. Est-ce qu'il vaut mieux y aller, il vaut mieux y discuter avec les pays les plus émetteurs ou les sortir ? Enfin, on les embarque dans les discussions ou pas ?

16:26
Marine Tondelier

Et vous vous posez la question, mais vous n'y répondez pas.

16:28
Invité

C'est quasiment nous. Est-ce que vous, vous auriez été... Quand on a posé la question, quelle est votre réponse ?

16:34
Marine Tondelier

En fait, c'est intéressant, d'ailleurs, la position de la France parce qu'Agnès Pannier-Runacher, il devait y aller. Pourquoi il n'y va pas ? C'est parce que le président d'Azerbaïdjan dit un truc pas bien sur Macron.

16:42
Présentateur

Sur la Nouvelle-Calédonie, précisément.

16:44
Marine Tondelier

Oui, mais vous voyez, c'est ça qui me dérange. Soit ils disent, ce pays ne respecte pas les droits de l'homme, le Haut-Karabakh, les opposants politiques, lisent point par point, ils disent, donc nous n'y allions pas. Là, ils disent, on y va. Ah, par contre, là, il a dit un truc sur la Nouvelle-Calédonie, j'y vais pas. Est-ce que c'était le principal problème dans tout ce que dit et fait ce président de la République ? Vous dites que c'est un prétexte. J'en suis pas sûre. Vous dites que c'est un prétexte. Un peu, voilà, autant le faire pour toute son œuvre. Mais il y a un truc, moi, je me pose vraiment la question des fois sur est-ce que ça... On me la pose, en tout cas.

Est-ce que ça sert encore les COP ou pas ? Ça sert au moins à ce qu'on en parle sur les plateaux télé, du climat, un petit peu pendant 15 jours. Mais par rapport à moi, ma première COP où je suis allée, la COP 15 à Copenhague en 2009, franchement, ça me rajeunit pas, mais à l'époque, on y croyait, les COP. Moi, j'étais allée en voiture avec des jeunes écolos picards en disant, on va les manifester, on va tout changer, on va sauver la planète. C'est vrai que c'est plus le même engouement qu'avant.

17:29
Invité

On parlait du rôle de la France, mais on peut élargir le rôle de l'Europe. Beaucoup, quand on discute avec les négociateurs, avec les membres du GIEC, ils vous disent l'Europe apparaît presque comme un repoussoir aujourd'hui aux yeux de beaucoup de pays du Sud, au point que certains ont d'ailleurs l'impression de s'asservir l'Europe s'il passe aux énergies renouvelables. Comment on contre ça ? Est-ce que vous êtes d'accord sur ce côté repoussoir de l'Europe ? Et comment vous l'explique ?

17:50
Marine Tondelier

Moi, je peux comprendre que certains vivent l'Europe comme un côté donneur de leçons. Par exemple, aujourd'hui, dans les COP, on débat des émissions de CO2 sur le territoire. On devrait débattre des empreintes carbone des pays parce que c'est extrêmement hypocrite de dire « Ah, nous, en France, on s'améliore. Par contre, la Chine, qu'est-ce qu'ils sont méchants ? » Mais pourquoi la Chine émet beaucoup ? C'est parce qu'ils produisent tout ce qu'on ne veut plus produire dans notre pays. C'est parce qu'ils produisent notre fashion, ils produisent notre acier, etc.

Et donc, à un moment, si on ne veut pas être hypocrite, il faut qu'on prenne, par exemple, les émissions de la France, c'est ce qui est consommé par les Français, c'est l'empreinte carbone des Français dans leur ensemble. C'est pas juste. Quand on va donner des leçons de morale à des pays, alors que nous, quand on regarde ce qu'on a émis depuis la révolution industrielle jusqu'à maintenant, on s'est fait plaisir. Notre mode de développement aujourd'hui, notre niveau de vie aujourd'hui, est dû à tout ce qu'on a émis depuis 1850.

Donc, allez dire aujourd'hui à des pays, vous, par contre, vous ne vous développez pas parce que c'est trop tard, la fête est finie, c'est compliqué de le dire comme ça. C'est compliqué aussi de leur dire « Débrouillez-vous avec les effets du changement climatique, alors qu'ils sont en première ligne de nos erreurs. »

18:52
Présentateur

– Thérifable de challenge.

18:53
Marine Tondelier

– Je vous l'avais dit vous-même, le principal problème aujourd'hui, c'est le financement des pays du Nord vers les pays du Sud. Ça aussi, ça pose problème.

19:00
Présentateur

– Thérifable, alors l'Europe, elle semble isolée, mais elle est aussi critiquée pour sa politique écologique au sein du continent. – Oui. – Est-ce que vous êtes sensibles à ces critiques ? Nous, par exemple, à Chandong, on a interviewé des patrons de grands groupes automobiles qui sont assez désespérés, qui critiquent la façon de passer à l'électrique, qui aura, d'après eux, des conséquences dramatiques sur l'emploi. Ils jugent ça trop dogmatique, trop rapide. Est-ce que vous êtes sensibles aux critiques de l'Europe dans sa façon de mettre en œuvre ce fameux Green Deal ? Alors, ceux qui disent que c'est trop dogmatique.

19:31
Marine Tondelier

– Il y a plusieurs choses. Moi, ce que je n'aime pas, c'est quand on fait de l'écologie mal, c'est-à-dire en général quand ce sont des non-écologistes qui le font, qui le font sans prendre aucune conscience et aucune mesure pour que cette écologie, elle soit acceptable socialement, pour que la justice environnementale aide avec la justice sociale. C'est la seule bonne manière de faire et la seule manière possible de faire et disent à la fin, ah ben, ce n'est pas acceptable, c'est de la faute des écolos. Nous, on n'aurait jamais fait comme ça. Ensuite, les constructeurs automobiles, je ne serais pas aussi radicales que vous sur leur opposition au passage au thermique.

La réalité, c'est que quand, aux dernières élections européennes, certains ont commencé à dire, ah ben, nous, si on est élus, on reviendra sur l'intégration du thermique pour 2035. Il y a aussi des constructeurs qui ont dit, ben, ne vous faites pas ça, nous, on est prêts. Parce qu'en fait, les process industriels, notamment dans cette industrie, c'est quand même des industries lourdes, ils ont aussi besoin de prévisibilité. Ils ont besoin que les règles ne changent pas tout le temps. Et donc, maintenant qu'ils savent que c'est 2035, ils ont enclenché tout ça chez eux, si tout d'un coup, on leur dit non, alors ils reculent, à un moment...

20:28
Présentateur

Alors, ils sont prêts en important parfois des moteurs chinois aussi. Comment ? Ils sont prêts, les constructeurs français, en important parfois des moteurs chinois aussi.

20:35
Marine Tondelier

Mais c'est toute la question, oui, du produire en France, de la souveraineté. Mais c'est un problème. Et je dois dire qu'ils ont aussi leur part de responsabilité. Moi, je viens d'une région...

20:42
Présentateur

Non, mais c'est un problème. Vous êtes bien d'accord que c'est un problème.

20:44
Marine Tondelier

Une région de l'industrie automobile...

20:45
Présentateur

Des voitures thermiques, mais avec des moteurs chinois, c'est un problème.

20:48
Marine Tondelier

Oui, il faut produire en France. Oui, mais du jour au lendemain, c'est pas possible.

20:50
Présentateur

D'ici 2035, c'est pas forcément sûr qu'on puisse le faire.

20:53
Marine Tondelier

Oui, mais vous savez, les seules batailles qu'on ne gagne pas, c'est celles qu'on ne tente pas. Donc à un moment, il faut tout le temps... En fait, ce sera toujours trop tard, mais on est en train de parler de l'habitabilité même de la planète. Moi, je veux bien que le problème, ce soit je ne sais pas qui dans son entreprise, je ne sais pas où. Il faut faire attention à tout le monde, mais on est en train de faire en sorte que nos enfants qui naissent cette année aient plus de planètes habitables pour leur temps.

21:12
Présentateur

C'est l'écologie avant l'économie ?

21:14
Marine Tondelier

C'est la survie de l'humanité, oui, avant tout le reste, à mon avis.

21:17
Présentateur

Clément, si la survie de l'humanité est vraiment en jeu comme cela, l'Europe doit accélérer sa transition écologique. Elle a décidé de taxer les importations de voitures électriques chinoises. Alors aujourd'hui, il n'y a que la Chine qui est capable de produire des voitures électriques de qualité à des prix abordables pour à peu près tout le monde.

21:35
Marine Tondelier

Est-ce que c'est vraiment la bonne solution ? Vous êtes en boucle sur l'industrie automobile, mais je peux vous en citer plein d'autres. Pourquoi on ne sait pas produire de moins en moins des panneaux solaires en Europe ? Pourquoi on ne sait pas produire des éoliennes en Europe ? Qu'est-ce qui fait qu'alors qu'on avait un tissu industriel ?

21:47
Présentateur

Il faut temporiser sur la transition vers l'électrique et laisser le temps aux constructeurs européens d'être en mesure de produire ces modèles à des prix abordables.

21:53
Marine Tondelier

Mais j'étais à Rouen la semaine dernière. La Chapelle d'Arblay, on produisait du papier, etc. C'est l'un des fleurons industriels. Ça fait cinq ans qu'ils se battent pour reprendre. L'État leur avait dit « je serai toujours à vos côtés, tout ce qu'on peut faire pour vous aider, on le fera ». Aujourd'hui, ils ont encore quelques jours, quelques semaines pour pouvoir sauver la reconversion de leur site pour faire, vous savez, du papier ondulé pour les colis. Eh bien, il leur manque 30 millions de prêts, même pas de dons. L'État ne leur répond pas. Mais en fait, moi j'en ai marre, qu'on vient de dire « agne, agne, agne, agne, la Chine, c'est de la faute des écolos ».

S'il n'y a plus d'industrie en France, ce n'est pas de la faute des écolos. Mais donc il faut temporiser sur la transition vers l'électrique qui ne tiennent pas à leur promesse. Vous ne répondez pas à ma question, Marine Tandé. Mais si, je veux une industrie verte en France. C'est ça que vous voulez dire, Clément. Est-ce que 2035, c'est tenable ? Des panneaux solaires, des éoliennes, des trains, parce que je me suis aussi beaucoup battue sur le dossier de Val-Dune, qui faisait des roues des essais de train qu'on est en train de laisser crever dans le Nord-Pas-de-Calais. Et donc, on laisse crever cette industrie, puis après on dit « ah, c'est de la faute des écolos, on ne peut plus consommer.

»

22:45
Présentateur

La question de Clément, c'est créons des moteurs diesel et essence en 2035. Si ce n'est pas tenable, est-ce qu'on peut élargir ce délai ?

22:53
Marine Tondelier

Mais oui, mais ne nous avons pas vaincu alors qu'on n'est même pas en train de mener la bataille. J'ai envie de vous dire, soyons un peu ambitieux. On parle de la survie de l'humanité. Alors je veux bien qu'on trouve toujours des excuses, mais en fait, à un moment, on ne sera plus là pour en débattre. Hugo Couturier.

23:06
Invité

Alors, il y a une question pour vous de Erol. Bonjour aujourd'hui avec le numérique. Et on reste dans le thème. Avec le numérique et demain, les besoins croissants en technologie pour les voitures électriques, l'extraction des matériaux rares va augmenter de manière exponentielle et contribuer à exploiter des populations locales, notamment en Afrique. Comment lier développement technologique d'une part avec écologie et non-exploitation des locaux d'autre part ? Et on vous pose aussi une question sur le frais de ferroviaire en France qui risque de disparaître.

23:31
Marine Tondelier

C'est un exemple de choses complètement aberrantes. Aujourd'hui, les investissements n'ont pas été faits et on laisse crever cette filière qui permettait de faire cheminer par train des choses qui vont se retrouver sur des camions. Vous soutenez le mouvement de grève des cheminots de ce fait ? Il n'y a aucun sens. Je les soutiens depuis la première minute. J'ai fait plusieurs mouvements avec eux et je serai toujours à leur côté. Pour la question que vous posez, je vais vous donner un exemple de choses complètement aberrantes. On a tous des téléphones portables. Les gens qui disaient Marine Tondelier dit qu'elle est collée, on a un téléphone portable. Oui, j'ai un téléphone portable.

Alors, je veux bien vivre à la bougie comme une amiche pour que tout le monde soit content, mais ça ne fera pas beaucoup avancer le débat. Le sujet, c'est quel téléphone on peut avoir aujourd'hui ? Il y a une société française qui s'appelle Backmarket qui fait, vous savez, des reconstitutionnements de téléphone qui vous évitent de toujours en acheter d'autres et qui permet, quand vous n'utilisez pas un téléphone, qu'il peut être reconditionné, servir à d'autres. C'est la base de l'économie circulaire qui permet, pour un usage idem du téléphone, d'avoir extrait moins de ressources rares. Eh bien, figurez-vous qu'ils n'arrivent pas à accéder.

Je les ai rencontrés à France Digitale qui a eu la gentillesse de m'inviter. Ils n'arrivent pas à accéder au crédit innovation de la BPI parce que la BPI, dans ses critères absurdes, dit que ce n'est pas de l'innovation. Alors, quelqu'un qui fabrique des téléphones, des trucs qui pillent toutes les ressources de la planète, ça, c'est de l'innovation, c'est très, très innovant. Une société qui rame derrière parce que plus les téléphones changent et souvent, moins ils sont réparables, plus eux, ils doivent carburer pour trouver des solutions pour les reconditionner. Et eux, ils ont au crain un crédit d'innovation.

Donc, il y a un moment aussi, il faut qu'on se pose la question de chaque euro d'argent public, où il est mis, pourquoi qu'on arrête de subventionner sans aucun critère environnemental ou social des grands groupes et qu'on mette le paquet.

25:02
Présentateur

Puisque vous parlez d'argent, Marine Tondelier, on va parler de budget avec vous, Thierry Fabre.

25:06
Marine Tondelier

Mon deuxième sujet précédent.

25:07
Présentateur

Des économies pour les uns, des taxes sur les plus riches ou les industries les plus polluantes pour les autres. Il y a deux façons de faire face aux enjeux financiers, peut-être une de droite, une de gauche. Thierry Fabre. Alors, que pensez-vous du spectacle qui a été donné à l'Assemblée pendant ces dernières semaines ? Beaucoup ont critiqué le vote de nouvelles recettes, de nouveaux impôts pour des milliards. Mais est-ce que finalement, les députés ne sont pas faits un peu plaisir puisque le budget a été rejeté et donc désormais, ce sont les sénateurs qui vont l'examiner.

Est-ce que vous ne considérez pas qu'on aurait pu prendre un petit peu plus de mesures pour essayer de voter des choses mais qui étaient réalisables ? Beaucoup savaient très bien qu'en votant ces amendements, ils seraient rejetés. Est-ce que vous n'avez pas un œil critique sur le spectacle donné par l'Assemblée ?

25:52
Marine Tondelier

Moi, j'en ai marre de l'inversion de la charge de la preuve et de la charge de la responsabilité. Les députés du nouveau Front populaire, ils ont été exemplaires, ils ont été très investis dans ces débats. Ils étaient là en commission, ils étaient là en séance, ils ont fait des propositions, ils ont réussi à les faire adopter, souvent en allant convaincre aussi sur d'autres banques les leurs. Où était la Macronie ? Ils étaient où ? Ils étaient chaque jour un peu moins nombreux et en commission et en séance. Ils n'étaient pas là.

Ils ont déserté, ils n'ont même pas mené ce combat et c'est un grand mépris évidemment pour l'Assemblée nationale mais aussi pour tous les gens qui les ont fait élire et je rappelle qu'il y en a quelques-uns du NFP derrière qui étaient là au deuxième tour pour éviter le pire. Et donc la moindre des choses quand on est député, c'est d'être présents pour les débats. Ils n'ont pas été là du tout et puis tout d'un coup ils sont venus pour s'opposer. Vous nous dites qu'on s'est fait plaisir, je ne sais pas si ça fait plaisir à des gens de passer des nuits en séance mais on se serait fait plaisir en votant des nouvelles ressources.

Mais nous on avait les dépenses qui allaient avec, on savait le faire. Sauf que, je ne sais pas si c'est la Vème République, la vision de la Vème République de Macron et de son gouvernement ou ce qui est devenu la France mais on ne pourra jamais débattre des dépenses. Oui, ça c'est un problème démocratique. Parce que nous, le budget du Mouveau Front Populaire il se tenait entre les ressources et les dépenses.

27:02
Présentateur

Mais il n'y avait pas de majorité pour ça ?

27:04
Marine Tondelier

C'est quand même cocasse qu'il y a une majorité... Ce qu'on a réussi à mettre de nouveau par rapport au texte du gouvernement Barnier, ce qui a été adopté à l'Assemblée et donc ce qui fait que ce texte est devenu meilleur pour nous, on ne l'a pas mis de force. Ça a été adopté en séance à l'Assemblée nationale.

27:20
Présentateur

Par l'absence des autres ?

27:21
Marine Tondelier

Ils n'avaient qu'à être là, excusez-moi mais...

27:23
Présentateur

Oui mais quand ils sont là pour voter, il n'y a plus donc de majorité pour vous. Excusez-moi, c'est quand même un comble

27:27
Marine Tondelier

que ça devienne encore de notre faute quand on se fait adopter des trucs. Je n'ai pas dit que, c'est un constat. Oui mais pourquoi ? C'est un constat. On fait des propositions, elles sont adoptées. C'est la base de la démocratie parlementaire. On a quand même un petit problème avec la démocratie parlementaire.

27:36
Invité

Une européenne qui n'avait plus les 25 milliards de financement de l'Union Européenne, vous pouvez comprendre que certains aient voulu ne pas voter pour ce budget sur les 25 milliards.

27:44
Marine Tondelier

Mais est-ce que c'est une raison pour qu'on n'examine pas les dépenses que les parlementaires de ce pays qui ont été élus il y a quelques mois qui font leur premier budget dans cette nouvelle configuration, ils ne vont même pas examiner les dépenses. Mais c'est inadmissible. Franchement, qu'est-ce que vous voulez que les Français comprennent de tout ça ?

28:00
Invité

En parallèle de ce débat sur le budget 2025, on essaie toujours de comprendre ce qui s'est passé avec le budget 2024. Vous suivez sans doute les auditions devant les sénateurs qui sont en cours. Les anciens premiers ministres sont passés. Elisabeth Borne, vendredi, ça a été peu relevé, mais a reconnu avoir été alertée sur une chute des recettes par courrier de Bercy dès la fin de 2023. Le 13 décembre 2023, l'aide de Bruno Le Maire qui lui demandait d'alerter le gouvernement et l'opinion publique. Le rapporteur du budget au Sénat dit qu'on ne nous a pas prévenus. Vous, aujourd'hui, est-ce que vous dites avec ces éléments nouveaux qu'il y a eu dissimulation ?

28:33
Marine Tondelier

C'est clair. Non seulement il y a eu dissimulation, mais les personnes qui nous ont dissimulé des choses nous ont donné des leçons de morale budgétaires tout l'été. Je vous rappelle quand même que Bruno Le Maire était là « Gna gna gna, le programme du NFP, ça ne veut rien dire, ce n'est pas crédible ». Et celui qui nous disait qu'on n'était pas crédible, c'était celui qui avait créé 1 000 milliards de dettes en 7 ans. La dette dans ce pays est passée sous Bruno Le Maire de 2 000 milliards d'euros à 3 000 milliards d'euros en 7 ans. Alors certes, il y a eu de l'inflation.

28:56
Présentateur

Vous dites qu'il y a dissimulation alors que les auditions ne sont pas terminées.

28:59
Marine Tondelier

Non mais écoutez, soit ils sont incapables, soit ils ont caché. Pour vous, c'est dissimulation. Pour vous, c'est incapable. Non mais pour vous, c'est dissimulation. Je vous laisse le choix, pas de problème. Pour vous, c'est dissimulation. Les Français jugeront. C'est l'un ou l'autre. Les deux sont graves et surtout, on ne vient pas nous donner leçon de morale tous les dés. La seule chose que j'accepterai de leur part, ce sont des excuses.

Mais vous parliez du budget 2024, c'est intéressant puisque nous, vous savez, en tant qu'écolo, quand on regarde tous les bons en arrière sur le budget de l'environnement, je me demande si parfois, il ne faudrait pas mieux qu'on ait le budget 2024 sur l'environnement que le budget 2025. Sur plusieurs sujets.

29:31
Présentateur

Justement, sur un sujet précis. On va beaucoup parler des collectivités locales cette semaine avec le Congrès des maires de France qui débute aujourd'hui. Le gouvernement demande un effort important aux collectivités locales. Ça devait être 5 milliards d'euros de baisse des dépenses à l'origine. Ce sera moins, dit Michel Barnier, même s'il n'a pas donné de chiffres pour l'instant. Dans tous les cas, il va aussi falloir faire rentrer de l'argent dans les caisses de ces collectivités locales qui ont de très lourds déficits. Michel Barnier a proposé d'augmenter les droits de mutation immobilier, notamment pour les départements. Est-ce que vous y êtes favorable ?

30:00
Marine Tondelier

On arrive par le tout petit bout de la lorgnette où il rattrape le rattrapage du rattrapage et puis à la fin, on va faire passer une mesure comme ça que personne a débattu. Moi, ce que je trouve dingue, je discutais avec le président de la métropole de Lyon, qui est un écologiste. Le plus gros budget écologique géré en France, c'est la deuxième collectivité en termes de budget en France. Il faisait petits calculs quand il a l'annonce de Barnier en octobre. Et dans ces petits calculs, il comprend qu'il va perdre entre 50 et 70 millions d'euros par an. Il la prend en novembre, le temps de faire les calculs.

Quelle collectivité en France, en novembre, peut complètement chambouler ce truc pour l'année d'après ? Évidemment que tout est déjà après. Alors, vous faites quoi quand vous êtes à la tête d'une collectivité ? Vous dites à Chantal, à l'accueil, que malheureusement, il ne faut pas qu'elle revienne bosser au 1er janvier ? Non. Vous arrêtez la cantine des gamins ou les EHPAD ? Non. Et donc, du coup, c'est l'investissement qui va complètement être reporté ou annulé. Et ça sera récessif. Vous croyez que tout le BTP en Rhône-là ne va pas être impacté par ça ?

30:59
Présentateur

Est-ce qu'il faut leur donner des recettes propres, spécifiques ? Par exemple, certains maires réclament la mise en place d'une contribution locale

31:09
Marine Tondelier

Moi, j'habite dans un territoire qui est pauvre, par exemple, et on se rend bien compte que oui, il faut de l'autonomie fiscale pour les collectivités. Ça, c'est sûr. Mais reporter tout sur les collectivités et pour les recettes et pour les dépenses, ce n'est pas la solution. Il faut que l'État tienne ses promesses envers les collectivités. Je vous rappelle que si les collectivités ont été amenées à dépenser plus, c'est que l'État se défausse beaucoup pour elles. Je vous donne un exemple sur l'écologie, les pistes cyclables. Elisabeth Borne, en 2023, elle dit je vais faire un grand plan piste cyclable, chaque année un peu plus. Ah bon, ça a l'air super.

Il y a 400 dossiers qui ont été déposés en 2024. Savez-vous combien d'euros il y avait sur cette ligne ? Zéro euro. Zéro euro. Ils font une ligne, ils créent un nouveau plan, ils mettent zéro euro. Alors ils disaient aux gens non, mais vous inquiétez pas, on verra l'année prochaine. 2025, zéro euro.

31:54
Présentateur

Et ça n'est plus les États-Bet-Borne.

31:56
Marine Tondelier

Qui ont fait des projets, les équipes ont bossé, les élus ont voté. Ils attendent et il y a zéro. Est-ce que le fond vert, moins 60% sur l'adaptation des territoires au changement climatique ? En 2025, c'est une plaisanterie.

32:05
Présentateur

Vous admettez tout de même, il y a une dérive financière des collectivités locales. Il y a un dernier rapport de la Cour des comptes, extrêmement précis, qui dit que justement, qui regarde la hausse des effectifs et qui regarde le temps de travail des agents de collectivité locale qui est souvent en dessous de la durée légale. Et donc, il y a plusieurs milliards d'euros en jeu qui sont liés à cette dérive des dépenses. Est-ce que vous l'admettez qu'il y a un problème de ce côté-là tout de même ?

32:28
Marine Tondelier

On peut toujours mieux gérer. Toujours. Mais expliquer que le grand problème de la France, c'est qu'il y a des fonctionnaires qui ne foutent rien, ça n'a jamais fait avancer les choses. Et d'ailleurs, ça donne une image de cette profession et de cette mission de service public qui n'aide pas les gens à se sentir mieux dans leur travail. Donc moi, je veux dire qu'on aime la fonction publique. Les collectivités locales, elles sont en première ligne pour aider les Français là où l'État se retire. Moi, j'étais à Najac en Aveyron ce week-end.

Vous savez que les gens à Najac, ils ont accès aux services publics une demi-journée par semaine parce qu'il y a un camping-car qui vient leur proposer l'accès aux services. Mais c'est une plaisanterie. C'est comme ça sur la moitié du territoire. Donc évidemment que

33:06
Invité

les gens, ça les énerve.

33:07
Marine Tondelier

Sur le budget.

33:07
Invité

On s'interrogeait tout à l'heure sur à quoi servent finalement tous ces débats à l'Assemblée, au Sénat, puisqu'au final, ça va se terminer avec un 49-3. Vous êtes d'accord sur la probabilité ?

33:17
Marine Tondelier

Il y a l'air de plus trop avoir de suspense, effectivement.

33:19
Invité

Ça veut dire donc une motion de censure dans la foulée que vous voterez ? Moi, je ne suis pas parlementaire. Vous m'avez comprise que vos troupes voteront et que vous appelez à voter.

33:30
Marine Tondelier

Je suis très respectueuse de chacun. Donc moi, je suis le parti. Cyril Châtelain et tous les députés prendront leur décision. J'ai un avis, je viens de vous le donner. Je pense que c'est incompréhensible qu'on ne vote pas de motion de censure. Nous déposerons la nôtre et nous la voterons.

33:41
Présentateur

À ce propos, hier, sur France 3, Jean-Luc Mélenchon a dit que la date de péremption du gouvernement Barnier était déjà connue.

33:49
Locuteur non identifié

M. Barnier, son gouvernement va tomber entre le 15 et le 21 décembre de cette année. Et donc, après, il faudra à nouveau choisir un Premier ministre. Marie-Thondelier, vous êtes d'accord ? Fin décembre, il n'y a plus de gouvernement ?

34:00
Marine Tondelier

Moi, ça fait longtemps que j'ai arrêté la politique fiction parce qu'en fait, on arrive à un moment où sinon, on est tout le temps en train d'essayer de prévoir, de prédire, de se faire des plans sur la comète, d'imaginer les mêmes scénarios. Pour vous, il n'y a pas de qui en brille. Ça peut arriver à tout moment. Je suis sûre, c'est que tout est possible depuis le 9 juin. Tout le monde le sait. Tout est possible tout le temps, les plus grands coups de théâtre. Et donc, j'ai une règle dans la vie. Je suis prête à tout,

34:20
Présentateur

tout le temps. Et une autre question. Si Michel Barnier quittait Matignon, parce qu'il est mis en minorité, est-ce que Lucie Casté est toujours votre candidate pour Matignon ?

34:28
Marine Tondelier

Vous savez que les chefs de parti du Nouveau Front Populaire se voient une fois par semaine avec Lucie Casté, que c'est des sujets évidemment que nous évoquons. Elle est toujours votre candidate. Si nous avions passé c'est que nous estimons que c'est elle la meilleure personne. Après vous dire que si ce n'est pas elle, on boude à vie et qu'on ne participera pas au débat, c'est faux. Et Lucie en convient elle-même. Elle n'a pas envie d'être un obstacle.

34:53
Présentateur

Ça pourrait être quelqu'un d'autre. Comment ? Ça pourrait être quelqu'un d'autre.

34:55
Marine Tondelier

Oui, mais il faut nous faire des propositions un peu plus crédibles que Bernard Cazeneuve pour représenter la gauche.

34:59
Présentateur

Mais ça pourrait être quelqu'un d'autre que Lucie Casté.

35:00
Marine Tondelier

Les propositions alternatives de Macron étaient en fait des provocations. Et ça, c'était pas très correct.

35:04
Présentateur

Mais ça pourrait être quelqu'un d'autre que Lucie Casté.

35:05
Marine Tondelier

Oui, mais quelqu'un qui respecte nos valeurs et qui soit prêt à mettre en place un projet progressif pour ce pays. Parce qu'attendez, moi il y a un truc qui m'a traumatisée avec M. Barnier. Outre qu'il ne provoque aucun élan, aucun souffle, aucune joie, aucune vibration, aucune émotion. Il n'y a personne qui a écouté le discours de Barnier qui s'est dit « Chouette, ma vie va changer, ça va être mieux ». Personne dans ce pays. Les gens sont un peu rassurés mais c'est tout. Ça ne suffit pas pour faire de la politique.

Donc nous, on veut que ça change et surtout quand j'ai entendu que sur les écoles, sur nos enfants, l'éducation, ils n'avaient rien à dire, rien, c'était vide, aucune vision, aucune éménagisation. Mais par contre, que ses yeux brillaient et que les propositions devenaient très concrètes quand ils parlaient des prisons, je me suis dit « Est-ce que c'est dans ce pays qu'on a envie de faire grandir nos enfants ? » Un pays qui a plus de vision pour les prisons, pour l'éducation ? Là, franchement, je vous avoue, j'avais du mal. Il faut changer de gouvernement si c'est ça la question.

35:50
Invité

Oui, il y a une question pour vous de tranche. On est à la veille de l'ouverture du Congrès des maires de France qui vous demande « Beaucoup d'élus locaux se plaignent de leurs conditions de travail bien au-delà de leur budget de la commune ou de leur collectivité. Comment vous proposez de lutter contre le mal-être de ces élus ? »

36:05
Marine Tondelier

C'est une vraie inquiétude et j'en parlais avec le maire de Najac qui n'est pas écologiste, qui est centriste et je lui disais « Mais vous allez vous représenter » et il me disait « Non, mais lui, il avait quelqu'un ». Et j'ai très très peur du fait que dans plein d'endroits en France, il n'y ait pas de liste aux municipales. C'est très probable. Ou qu'alors, par une sélection naturelle, ce soit des gens pas forcément avec les épaules pour qui arrivent et que ça ne se passe pas très bien.

36:23
Présentateur

Alors, on va en parler justement. Marie-Thonjolier des élections municipales, à vous la parole, Clément Méric, sur les municipales par exemple. Sur les municipales ou peut-être sur l'actualité judiciaire qui vient peut-être percuter aussi de l'actualité politique. On évoquait le risque de censure du gouvernement jusqu'à présent. Le Rassemblement national ne semblait pas vouloir faire tomber tout de suite le gouvernement de Michel Barnier sauf que le ton semble avoir changé depuis quelques jours. On a vu ce matin Sébastien Chenu estimer que Michel Barnier créait, je cite, toutes les conditions de la censure du gouvernement.

Est-ce que vous avez le sentiment que le réquisitoire qui a été prononcé dans le procès de Marine Le Pen n'est pas en train de changer la donne et d'accélérer peut-être le calendrier politique de Marine Le Pen et du Rassemblement national ?

37:01
Marine Tondelier

Oui, parce qu'on sait que ce sont des populistes et des démagogues qui prennent un peu leurs décisions en fonction de leur situation personnelle. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé cet été. Il faut le dire à tous les gens qui nous regardent qui ont voté ou eu envie de voter pour le Rassemblement national qui peut-être vont mal dans leur vie personnelle dans leur vie sociale et qui ont l'impression qu'avec elles ça irait mieux et bien quand elle a eu le choix entre des gens qui auraient pu mettre le SMIC à 1600 euros par mois l'abrogation de la réforme des retraites tout de suite par décret l'école intégralement gratuite pour vos enfants elle a préféré un Premier ministre M.

Barnier au service des puissants qui fera du macronisme en pire. Pourquoi ? Parce que plus la situation sociale se détériore plus la pente sociale est raide plus les gens se dégoûtent dévisent socialement et ont envie de voter pour Marine Le Pen donc pour des raisons opportunistes et personnelles elle a préféré prendre une décision qui fasse plus de mal à ses électeurs qu'une autre. C'est ce qu'elle va faire là elle prend ses décisions en fonction d'une seule personne elle-même.

37:50
Présentateur

J'aimerais vous entendre dans cette affaire sur le réquisitoire justement du parquet 5 ans de prison dont 3 avec sursis 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire je vous rappelle c'est une affaire d'assistant parlementaire européen Jean-Luc Mélenchon s'oppose à l'exécution provisoire il demande qu'on n'applique jamais je cite une peine d'inéligibilité sans que toutes les voies de recours soient épuisées en l'occurrence un possible appel de Marine Le Pen si elle était condamnée. Vous êtes d'accord avec lui ?

38:16
Marine Tondelier

Alors écoutez moi j'ai une règle dans la vie c'est une nouvelle règle jolie inaugure ce soir vous pourrez le dire à vos collègues je ne réponds plus qu'à une question par émission sur Jean-Luc Mélenchon parce que j'en ai marre de commenter Jean-Luc Mélenchon toute la journée et c'est intéressant on a un truc sur Marine Le Pen vous choisissez la règle du jeu à Jean-Luc Mélenchon là la question

38:29
Présentateur

elle n'est pas directement liée à Jean-Luc Mélenchon c'est une question excusez-moi c'est une question de principe politique on a un parti

38:35
Invité

beaucoup d'hommes politiques ont dit la même chose vous avez raison je suis une femme politique

38:41
Marine Tondelier

je suis une femme politique mon sujet n'est pas de commenter des mecs toute la journée j'en ai marre je vais commenter Marine Le Pen très bien Marine Le Pen elle passe son temps à dire que la justice est laxiste les juges sont trop laxistes les juges sont trop laxistes mais alors quand c'est elle ils sont trop durs Marie Tondelier on va juste redire

39:01
Présentateur

est-ce que vous pensez est-ce que vous pensez

39:03
Marine Tondelier

est-ce que vous pensez

39:04
Présentateur

est-ce que vous pensez qu'une peine d'inégibité ne doit pas être appliquée tout le temps qu'il n'y a pas toutes les voies de recours

39:09
Marine Tondelier

Marine Le Pen elle était députée quand cette disposition a été votée elle n'a pas voté contre

39:13
Présentateur

donc ça doit s'appliquer à elle

39:14
Marine Tondelier

excusez-moi c'est une justiciable comme les autres je ne vois pas pourquoi quand c'est tous les justiciables de France ça doit s'appliquer la loi doit s'appliquer et quand c'est Mme Le Pen parce qu'elle serait candidate à la présidentielle on doit faire d'autres lois ou d'autres règles que le droit commun c'est une justiciable comme les autres c'est la base de la justice donc si il y a inégibilité

39:32
Présentateur

inégibilité

39:32
Marine Tondelier

la loi s'applique et les décisions de justice s'appliquent à elle comme aux autres excusez-moi

39:37
Invité

ça me paraît assez et donc pardon de revenir à Jean-Luc Mélenchon mais ça concerne aussi Gérald Darmanin et un certain nombre d'élus et un certain nombre d'élus est-ce que le vrai scandale démocratique pardon c'est pas d'entendre des politiques comme ça commenter et faire d'une certaine façon une question parce que

39:51
Marine Tondelier

Jean-Luc Mélenchon est dans ce cas-là j'ai le regret de vous annoncer que la justice est indépendante dans ce pays et donc ceux à qui ça ne plaît pas ils font autre chose

39:58
Invité

donc Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas dire ça

40:00
Marine Tondelier

la justice elle prend imaginez si les juges étaient là ah j'ai entendu ça j'ai entendu ça j'ai vu sur BFM j'ai vu sur LCP ah bah du coup je change d'avis la justice n'a pas à se prononcer sous pression de tweets de je ne sais pas qui moi je ne suis pas là ah je ne l'aime pas c'est ma députée j'ai très envie de partir en législative partielle condamnez-la condamnez-la je dis faites votre travail prononcez la justice et prononcez la peine qui vous paraît juste point j'ai rien d'autre à dire et vous politique

40:23
Invité

cessez de commenter les décisions ou les réquisitoires ou d'essayer d'influer sur le cours moi je commente

40:29
Marine Tondelier

les faits politiques et quand j'entends une présidente du Rassemblement National dont j'entends parler de justice laxiste tout le temps et des multirécidivistes ce qu'ils ont fait est grave enfin Julien Audoul pas jugé encore oui mais j'ai entendu comment il se défendait c'est-à-dire très mal j'avais quand même peu de doute Julien Audoul il est député européen il est député aujourd'hui mais avant il était assistant parlementaire européen au bout de 4 mois il fait un mail en disant chère Marine Le Pen est-ce que je pourrais venir un jour au Parlement européen pour voir à quoi ça ressemble est-ce que tu pourrais me présenter l'élu pour laquelle je suis censée travailler il écrit ça dans des mails enfin excusez-moi on est chez les dingues tout ça avec de l'argent public on parlait de là de l'argent qui est plus rare votre question monsieur elle ciblait la petite fonction territoriale avec des gens en catégorie B en catégorie C c'est pas la petite c'est l'ensemble des agents territoriaux oui mais ce dont vous parliez la grande majorité la grande majorité il touche beaucoup moins que les gens qui étaient en emploi fictif au Parlement européen et donc je note qu'on n'est pas choquable par les mêmes trucs c'est un scandale d'Etat ce parti a organisé un détournement d'argent public simplement il y avait

41:29
Présentateur

l'argument des politiques que l'on citait tout à l'heure c'est le fait et donc de ne pas aller finalement plus loin que d'autres dans d'autres circonstances

41:37
Marine Tondelier

il doit se sentir concerné

41:38
Présentateur

vous savez l'application d'une décision immédiate c'est un fait un peu exceptionnel c'est une loi qui a été votée

41:43
Marine Tondelier

par l'Assemblée nationale et ils l'ont votée moi je n'y étais pas donc c'est à eux qu'il faut poser la question ils l'ont votée point

41:49
Présentateur

alors on va parler des écologistes un petit mot Béranger sur le congrès qui approche

41:54
Invité

congrès qui a lieu au mois d'avril au printemps en tout cas avril 2025 voilà je ne sais pas si la date est fixée ce sera une sorte de bilan pour vous d'une certaine façon deux ans quand on regarde j'espère que ce ne sera pas que ça quand même le but d'un congrès c'est de se projeter si on regarde la photographie de cet instant ça fait des décennies que vous essayez d'alerter sur le réchauffement climatique aujourd'hui les faits sont là avec des inondations avec des sécheresses avec même des migrations de populations vous devriez être plébiscité dans les urnes au lieu de ça vous faites 5 000 % aux européennes parce que le sujet

42:23
Marine Tondelier

est au coeur du mais ça ne suffit pas alors est-ce que les verres vous suivez suffisamment la politique pour savoir que ça ne suffit pas attendez c'est quand même incroyable ça fait des décennies comment vous expliquez que ce sujet soit central et que les gens ne votent pas ça fait des décennies qu'on allait sur ce sujet René Dumont notre premier candidat à la présidentielle c'était il y a pile 50 ans alors il attendit son verre d'eau en disant que bientôt elle viendrait à manquer que ce serait un problème tout le monde a rigolé en disant merci René Dumont on est la prochaine tout ce que les écologistes ont dit c'est produit et puis une fois que ça se produit alors qu'on était tout là attendez j'ai compris on est nul je sais ce que vous voulez démontrer j'ai compris vous voulez en venir c'est une constante de tous les journalistes politiques français depuis des décennies on a l'habitude mais une fois que ça se produit on dit alors qu'est-ce que vous faites maintenant les gars c'est de votre faute encore et vous ne gagnez pas alors que c'est la merde excusez-moi c'est quand même un peu plus compliqué que ça la vie politique est-ce que vous ne voyez pas que beaucoup de puissances s'organisent aussi pour répondre des préjugés sur nous tout le temps que les écologistes c'est pour les grandes villes et pour les bobos et pour les gens qui vont bien que les écologistes c'est punitif des choses qui n'ont pas de sens pas de sens mais attendez vous ne laissez pas terminer on nous répète ça tout le temps moi je me demande tout le temps ceux qui veulent que vous pensiez ça pourquoi et pourquoi faire l'écologie c'est pas un truc de riche l'écologie c'est les principaux bénéficiaires de l'écologie c'est les plus précaires les principaux émetteurs de pollution c'est les plus riches je vois toutes les semaines des médias détenus par des milliardaires raconter n'importe quoi sur nous c'est la vie je fais avec mais ne me dites pas en plus le même tondelier vous êtes nus c'est de votre faute donc il n'y a pas d'autocritique de votre part au bout de deux ans mais bien sûr que si je suis la première à dire quand on ne fait pas bien quand je suis arrivée à la tête de ce parti on a mis en place les états généraux de l'écologie pendant 150 jours on s'est tue et on a écouté on allait débattre avec tout le monde sur ce qu'on ne faisait pas bien pas assez bien qu'on pouvait faire mieux on est en train de changer on a changé de nom de logo de statut est-ce que ça suffit ?

Non mais cet été on a changé d'image aussi et ce n'est pas juste cet été c'est tout ce qu'on a fait avant le travail de ce mandat a été hyper important Est-ce qu'il ne faut pas changer ce que disaient mes collègues de ligne politique ? Nous n'avons jamais eu autant d'adhérents dans notre parti qu'aujourd'hui nous étions à 15 000 adhérents au pic en 2009 nous sommes aujourd'hui à 18 000 nous avons 200 000 soutiens ce statut n'existait pas au début de nos mandats Est-ce que l'alliance avec le LFD ne vous a pas été préjudiciable ?

On doit être un million on doit être un million pour y arriver un million on n'y est pas encore c'est mon travail et mon travail est donc de parler d'écologie et plus de Jean-Luc Mélenchon

44:45
Présentateur

et des chouettes sociétés qui en découlent avec l'invité qui va nous rejoindre et que Marco Pommier nous présente

44:50
Invité

Face à vous Marine Tondelier un libéral et fier de l'être économiste ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à l'Elysée spécialiste des politiques de l'emploi et du dialogue social les sujets du travail du chômage sont au coeur de ses ouvrages de ses réflexions ce soir il vous interpelle sur un autre sujet ô combien sensibles les retraites auteur d'une note publiée par fond d'Apple sur la retraite par capitalisation avec ce message le débat ne doit pas seulement se focaliser sur l'âge de départ dans une société vieillissante

45:27
Locuteur non identifié

avec la retraite par capitalisation la France pourrait en échange d'un effort collectif retrouver confiance dans son avenir

45:34
Invité

notre invité propose un système mixte où les travailleurs cotisent pour les retraités mais aussi pour eux-mêmes pour leur propre retraite de quoi dégager des marges de manœuvre pour baisser les impôts des entreprises et des ménages la question des retraites ne peut pas être isolée de l'ensemble de la question des finances publiques parce que les finances des comptes sociaux et les finances de l'Etat le budget de l'Etat sont complètement mêlés des finances publiques plus que jamais dans le rouge une charge pour nos enfants et les plus jeunes générations et une menace aussi importante que le dérèglement climatique point d'interrogation face à vous Marine Tondelier Bertrand Martineau

46:12
Présentateur

et nous accueillons donc Bertrand Martineau sur le plateau de l'indice et politique je vous laisse saluer Marine Tondelier au passage bonsoir merci d'être avec nous et je vous laisse vous installer alors vous savez Marine Tondelier vous allez débattre avec Bertrand Martineau pendant quelques minutes un peu moins de 10 minutes deux mondes deux versions du monde deux conceptions du monde et de la société j'allais dire

46:33
Marine Tondelier

on vit quand même sur la même planète oui voilà mais en dehors de ça il peut y avoir plein de différences

46:38
Présentateur

il peut y avoir allez-y je vous laisse débattre avec Marine Tondelier

46:41
Invité

oui merci de m'avoir invité en fait il n'y a pas de raison a priori que sur ce sujet on soit en désaccord alors j'ai écrit ce petit ce petit essai en fait sous le haut patronage de Jean Jaurès puisque Jean Jaurès qui n'était pas économiste de formation mais qui était philosophe mais qui comprenait parfaitement les enjeux économiques et financiers de son temps était un fervent défenseur de la capitalisation au moment où a été créé une tentative de premier système de capitalisation au début du 20ème siècle donc l'idée en fait ce n'est pas une idée libérale ou marxiste ou quoi que ce soit c'est juste un problème financier en fait c'est de savoir comment on fait face collectivement et au bénéfice si possible des jeunes générations au mur de dépenses qu'on va avoir dans les prochaines années alors il y a la question des retraites évidemment mais il y a la question évidemment de la décarbonation de notre économie là on parle de plusieurs points de PIB de dépenses publiques et privées la question de la santé et de la dépendance c'est encore quelques points de PIB à l'horizon de quelques décennies c'est la question des dépenses militaires puisque l'Europe si je comprends bien je ne suis pas géopoliticien mais j'ai cru comprendre qu'on ne pourrait plus longtemps compter sur les Etats-Unis puis l'investissement des entreprises dans les nouvelles technologies par lesquelles on a un retard technologique qui s'aggrave vis-à-vis des leaders mondiaux en particulier les Etats-Unis donc il va bien falloir régler ces problèmes et donc il faut discuter de comment on s'organise il se trouve que le système de retraite par répartition aujourd'hui n'est pas favorable à un bon financement de l'économie et d'un point de vue de la solidarité entre générations de l'équité entre générations c'est assez catastrophique puisque de génération en génération donc c'est quoi la problématique pour Marie-Tourdelier ?

oui bien sûr vous avez un réflexe pour vous puissiez parler pour vous puissiez répondre non mais concrètement ça veut dire que les générations actuelles ont cotisé à un taux de 2-2,5% réel par an et que les générations auxquelles vous appartenez ou moi aussi je suis un peu plus vieux

48:27
Marine Tondelier

moi je ne sais pas si on arriverait un jour à l'âge de la retraite vous savez

48:29
Invité

peut-être la fin du monde avant

48:31
Marine Tondelier

en plus notre âge de retraite recule d'année en année

48:33
Invité

je fais l'hypothèse que dans 50 ans il y aura encore un monde il y aura des anciens travailleurs il y aura des nouveaux travailleurs que le monde sera très différent mais qu'il y aura quand même du travail il y aura des anciens travailleurs des nouveaux travailleurs et donc à votre génération comme à l'avenir c'est une hypothèse de travail dans le système actuel on cotise pour un rendement compris entre 0 et 0,5% par an ce qui quand même pose une petite difficulté donc ce que je propose c'est à l'intérieur du système tel qu'il est aujourd'hui après on peut discuter des curseurs mais c'est un autre sujet donc je ne rouvre pas mais vous me dites quand vous arrêtez pour laisser parler je n'ouvre pas la question de la durée des retraits de la durée de cotisation de l'âge légal ça c'est un sujet qui se pose mais qui est différent de celui-là je propose donc de créer un fonds de capitalisation par lequel les actifs d'aujourd'hui vont épargner en fait pour qu'une partie de leur retraite future soit donc une partie par répartition comme aujourd'hui mais une partie à horizon alors qu'est-ce que vous en pensez Marie-Thondelier ?

49:27
Marine Tondelier

Je sais que dans votre livre vous prévalez du système suédois un petit peu et c'est vrai que dans ce système suédois donc il y avait une retraite de base universelle qui était gérée par l'État et puis il y avait un complément de capitalisation donc qui s'ajoutait à cette retraite de base et qui était gérée par les partenaires sociaux et attachée à chaque branche professionnelle mon souci c'est que on a un peu de recul aujourd'hui sur ce système et que l'ex-directeur de la sécurité sociale suédoise lui-même celui qui a porté la réforme pendant 20 ans il assure aujourd'hui que le nouveau système pose problème et il conseille j'ai vu ça sur une chaîne concurrente il conseille de ne pas suivre le même chemin c'est ça qui m'a interrogée et je me demandais du coup si vous aviez entendu la même chose que moi de sa part et si vous aviez des réponses là-dessus

50:10
Invité

J'ai entendu la même réponse moi ce que je vois c'est qu'il y a l'exemple suédois il y a un exemple français qui est très intéressant c'est celui des fonctionnaires puisque vous savez certainement que les fonctionnaires les fonctionnaires ah mais ne le relancez pas non plus parce que là c'est pas assez connu

50:29
Marine Tondelier

vous trollez aussi de temps en temps par monopole

50:33
Invité

vous allez avoir un stéréo géré par les partenaires sociaux donc depuis 2004 qui rapportent bon an mal an environ 4% réel hors inflation par an voilà donc le système suédois en fait il y a plusieurs piliers il est compliqué donc je ne sais pas exactement de quel pilier vous parlez mais il n'y a pas de magie dans cette histoire mais ce que je propose c'est un système mixte

50:52
Marine Tondelier

c'est vrai qu'il n'y a pas de magie parce qu'aujourd'hui en Suède vous savez que comme il y a eu des rendements médiocres de certains fonds de pension parce qu'il faut dire quand c'est par capitalisation c'est de l'argent qui est placé sur des fonds de pension etc. et donc il y a eu un rendement médiocre de ces fonds de pension et donc il y a eu une paupérisation d'une grande partie des retraités suédois en particulier les Famsun aussi parce que face à l'inflation tout ça était devenu très compliqué donc c'est pour ça que je la limite de ce que vous proposez est là où ça a déjà été testé et là où avec 20 ans de recul on se dit que c'était peut-être pas une bonne idée

51:21
Invité

vous avez le système norvégien avec un fonds souverain qui est extrêmement intéressant alors les norvégiens c'est plus facile parce qu'ils recyclent des excédents liés à l'exploitation gazière des hydrocarbures

51:30
Marine Tondelier

ça va vraiment me convaincre

51:31
Invité

oui là c'est pas évidemment et sur la transition écologique justement comment on finance la transition écologique mais en effet c'est un problème de gestion financière il faut une diversification évidemment par ailleurs je propose évidemment pas un système par capitalisation unique je propose de répartir les risques entre répartition et capitalisation et donc dans cette gestion financière il suffit d'être prudent financièrement et de régler tous les problèmes d'équité que vous pouvez avoir

51:54
Marine Tondelier

ça y est en 2024 le monde est devenu imprévisible environnementalement et donc financièrement celles et ceux qui peuvent vous dire aujourd'hui que tout va bien se passer sur le plan financier et sur tous les plans c'est impossible

52:05
Invité

non mais c'est pas ce que je dis mais la retraite par répartition elle est liée

52:08
Marine Tondelier

il y a des grandes secousses quand même qui vont arriver sur le plan de la guerre de la géopolitique sur le plan du climat et donc sur le plan des tensions sociales et donc sur le plan financier on le sait

52:17
Invité

la retraite par répartition les risques ne sont pas les mêmes sur la capitalisation le risque il est sur le rendement c'est ce que vous voulez le rendement du capital sur la répartition vous avez essentiellement je simplifie deux risques celui sur la croissance et je ne mettrai pas ma main à couper que la croissance sera mirifique dans les 50 prochaines années puis excusez du peu il y a le risque démographique alors celui-là c'est pas un risque c'est une certitude donc ces deux facteurs de risque diminuent tendanciellement le rendement par la répartition et fait peser les charges de plus en plus importantes sur toutes les générations d'actifs au fur et à mesure mais je pense que si on dit aujourd'hui aux français

52:49
Marine Tondelier

est-ce que vous avez confiance dans le marché pour vous assurer une retraite et dans les fonds de pension et dans le système financier pour vous procurer une retraite dans 10, 20, 30 ans moi c'est pas là que nous serions alors si vous leur... dernier mot très bien

53:01
Invité

posez-leur aussi une autre question est-ce que vous avez confiance dans les promesses d'un gouvernement aujourd'hui qui va tenir dans 40 ans non donc faisons un mix des deux et vous diversifiez

53:09
Présentateur

les risques politiques et les risques politiques

53:11
Marine Tondelier

la confiance est une valeur terminée

53:12
Présentateur

vous avez bien conclu Bertrand Martineau merci beaucoup

53:15
Marine Tondelier

vous voyez que c'était agréable

53:15
Présentateur

mais je dis pas que c'est pas agréable je dis que c'est intéressant mais voilà c'était juste le temps le temps de se mettre dans le tempo et Hugo Couturier

53:22
Invité

vous aviez une question oui effectivement il y a un sondage je pense que vous l'avez vu qui vient de sortir il y a un peu moins d'une heure qui dit que vous êtes la personnalité préférée des français de gauche devant Lucie Casté François Ruffin Olivier Faure

53:36
Marine Tondelier

vous voyez que les gens ne détestent pas les écologistes mais qui a dit ça

53:38
Invité

je sais pas

53:39
Marine Tondelier

vous aviez l'air à un moment de dire qu'on était nul

53:40
Invité

quelle réaction du coup vous êtes certain dans le chat pourquoi vous ne vous présentez pas potentiellement en 2027

53:47
Marine Tondelier

oula je pense qu'on ne résout aucun problème en ajoutant aux prétendants des prétendants supplémentaires mais ça m'honore parce que je pense que je me suis donnée pendant le mois de juillet j'ai eu l'impression parfois de ne pas parler la même longue que tout le monde et donc je découvre ce sondage avec vous j'irai le regarder de plus près cette confiance m'honore et ça m'engage à continuer je dis aussi parce que c'est assez nouveau pour moi depuis juillet je suis arrêtée dans le métro dans la rue partout par que des gens sympas donc continuer et les gens qui ne sont pas sympas ne m'arrêtez pas mais ça donne aussi beaucoup d'énergie c'est pour ces personnes qu'on se bat et qu'on continue à le faire et ce n'est pas que pour les gens de gauche notre programme il va améliorer la vie de tous les français donc ceux qui ne nous aiment pas je les aime quand même

54:22
Présentateur

dérangère bonde rapidement très court

54:23
Invité

Marine Tendelier est-ce que vous pourriez quitter le réseau social Twitter le réseau d'Elon Musk il y a une hémorragie en ce moment de journaux d'un certain nombre de responsables politiques

54:34
Marine Tondelier

je dois dire que ce réseau social est une souffrance en tant que politique en tant que femme parce que c'est très violent tout le temps que j'ai l'impression que c'est devenu un catalyseur de haine et que toute personne qui a envie de faire ou de dire un truc désagréable se dit tiens je vais aller sur Twitter c'est open bar et ça ne paie rien mais d'abîmer un peu de casser les gens le souci c'est qu'aujourd'hui tout le système politico-médiatique est organisé autour de Twitter si aujourd'hui je veux faire regardez les articles dans vos différents médias je ne sais pas donc pour l'instant vous ne coupez pas Twitter donc si on veut réagir à quelque chose vous dites Marine Tendelier a dit ça sur X sur X si on envoie les communiqués de presse à la tienne ça ne marchera pas

55:05
Présentateur

donc vous ne coupez pas

55:06
Marine Tondelier

moi je suis sur Mastodon je suis sur Blue Sky je suis sur Instagram où les commentaires sont beaucoup plus importants mais aussi sur X et aujourd'hui je n'ai pas le choix que d'être sur X pour faire mon travail si on décide toutes et tous qu'on fait autre chose ce sera avec grand plaisir et ce sera une bouffée d'oxygène pour tout le monde Clément Méric mais Twitter il faut le réguler ou l'interdire en fait sinon c'est trop facile c'est ceux qui y restent qui en bénéficient

55:27
Présentateur

Clément Méric pour la dernière minute

55:29
Marine Tondelier

il faut soit le réguler soit le fermer

55:31
Présentateur

Vous faites partie des quelques responsables politiques qui osent manier l'humour en politique comment est-ce que vous concevez ça l'humour en politique ?

55:39
Marine Tondelier

Comme un outil de résistance et de résilience parce que j'ai vécu tellement de choses dures en politique je vous rappelle que ça fait 10 ans que je suis la seule écologiste dans l'opposition au Rassemblement National à Hélène Beaumont et en fait dans tout mon agglo que ça a été une épreuve un apprentissage de la vie extrêmement violent j'ai appris la politique dans l'adversité et qu'il y a un moment la seule arme que j'ai trouvée la plus puissante en tout cas c'était l'humour c'est celle qui déstabilise le plus vos adversaires et surtout ça permet de rester soi-même ça permet de rester enthousiaste heureux, positif parce que vous voyez un moment au conseil municipal je criais plus fort qu'eux puis ils couperaient le micro alors du coup je devais parler encore sans micro ils disaient que j'étais hystérique c'était on ne gagne jamais à ce jeu là quand vous faites un combat de boue avec un cochon même si vous venez très très fort au combat de boue la différence c'est que lui il aime ça c'est son terrain de jeu et donc je pense assez instinctivement inventer mon propre terrain de jeu c'est celui-ci et pour l'instant ça a l'air original je suis allée à un meeting en Belgique la fois dernière pour les municipales en septembre et en fait je me suis rendue compte que alors qu'en France je me trouve un peu originale décalée j'ai l'impression d'être un peu toute seule dans mon univers et en fait en Belgique tout le monde était comme moi donc je pense qu'en fait je suis un peu belge dans cette manière de faire de la politique et je l'assume parfaitement ça me ressemble ça a l'air de plaire aux français donc tant mieux on va continuer je ne saurais pas en tout cas faire autrement

56:49
Présentateur

Marine Tourdelier merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de l'Indice et Politique

56:53
Marine Tondelier

j'espère que je n'ai pas parlé trop vite à chaque fois on me dit que je parle trop vite mais je fais comme je peux parce que j'ai des questions de toutes parts

56:57
Présentateur

mais bien sûr et mes confrères et consœurs étaient là pour vous poser des questions et ça a très bien été

57:01
Marine Tondelier

c'était très intéressant

57:02
Présentateur

bon Bertrand Martineau on aurait pu vous garder un peu plus longtemps vous auriez pu parler de transition écologique mais bon le temps vous est compté

57:07
Marine Tondelier

et absolument

57:08
Présentateur

et on y reviendra merci pour votre fidélité à l'Indice et Politique bonne semaine et à lundi prochain

57:14
Marine Tondelier

merci merci

Marine Tondelier, un référendum sur le Mercosur ? — Marine Tondelier · Pourquijevote