L'invité politique Sud Radio - Ségolène Royal, ancienne Ministre et candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle est l'invitée politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteÉludée
Est-ce que la France a perdu de son identité et de sa liberté en acceptant ce genre de compromission ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Quelles sont vos propositions en matière de pouvoir d'achat ?
- 4:19FerméeRéponse directe
Est-ce que vous faites cette proposition de blocage des prix à la pompe aujourd'hui ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que le gouvernement aura les moyens de ses ambitions sur la loi contre les violences sexistes ?
- 7:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes confiante ou inquiète face aux financements de cette loi ?
- 9:58RelanceRéponse directe
Est-ce que vous pensez qu'il faut des milliards pour financer les projets de loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:35Invité politiqueFait
« Mais bien sûr, la France produit de l'énergie moins chère que ses voisins. »
- 5:47Invité politiqueFait
« Il a fallu attendre 10 ans sur un sujet qui avait été décidé comme étant prioritaire par Emmanuel Macron. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Il faut que la loi, bien sûr, soit financée. »
- 9:03Invité politiqueFait
« On avait créé les aides éducateurs. Un deuxième adulte dans les classes. »
- 12:16Invité politiqueFait
« Ceux qui ne peuvent pas payer 15, ils peuvent payer 10 et je leur dis venez. »
- 14:01Invité politiqueFait
« Il faut que les consommateurs soient solidaires de la production agricole. »
- 16:52Invité politiqueFait
« J'ai proposé d'être même Premier ministre. »
- 19:35Invité politiqueFait
« Le centre, c'est la droite. »
- 20:21Invité politiqueFait
« Il y a des valeurs qui sont soi-disant attribuées à la droite, mais qui sont des valeurs fondamentales de la société française. »
Temps de parole
- Locuteur 766 %
- Ségolène Royal22 %
- ?6 %
≈ 18,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h30 sur Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle.
Bonjour Ségolène Royal.
Bonjour.
On va commencer par un thème qui vous est cher. Samedi, un groupe religieux hindou a demandé et obtenu d'invisibiliser des femmes lors d'une visite.
Est
-ce que la France a perdu de son identité et de sa liberté en acceptant ce genre de compromission ?
Écoutez, je vais être brève sur ce sujet-là, parce qu'il
y a
une hiérarchie pour moi des priorités dans ce qui se passe en France aujourd'hui, au moment où les Français n'arrivent pas à boucler leur fin de mois à cause de l'explosion du prix de l'énergie et des carburants. Donc la chose est simple, la réponse est simple. C'est l'ordre juste qu'il faut appliquer. C'est-à-dire que si, en effet, un groupe de visiteurs vient et impose des règles qui ne sont pas conformes aux droits français, ils ne visitent pas la tour Eiffel. Point. C'est tout. Donc voilà, si les choses sont claires...
L'ordre juste,
c
'est cette idée que vous défendez depuis maintenant une vingtaine d'années. En quoi elle aurait fait face à cette problématique-là
?
Eh bien, je viens de vous le dire. Vous n'avez pas écouté. Je viens de vous le dire. C'est-à-dire des gens qui se présentent au guichet de la tour Eiffel et qui disent « on ne veut pas le personnel féminin lors de notre visite », on leur dit « merci messieurs, mais vous ne rentrerez pas et vous ne visiterez pas la tour Eiffel
». Mais actuellement, il y a un
principe... Ça y est, c'est bon, j'ai
répondu, passons
à autre chose.
Un principe simple, c'est l'égalité.
Je viens de vous répondre, monsieur.
Je
viens de vous répondre, donc n'en faisons pas des tonnes par rapport à ce que vivent aujourd'hui les Français qui sont bien plus inquiets sur d'autres
sujets.
Dans la même journée, on a appris la position de Mathilde de Panot à propos de la Bayard. C'est juste l'actualité, en fait.
Mais non, mais non, ce n'est pas l'actualité. Mais vous allez avoir tout le
temps de vous exprimer sur
des sujets qui... Ce n'est pas l
'actualité, mais arrêtez de nous saouler avec
ces sujets
et le foulard. Mais arrêtez, franchement, vous êtes en train de dégrader la politique en faisant cela. Je vais vous répondre, mais faites attention. Vous
avez vu ce qui se passe en Allemagne ? Vous êtes
en train de dégrader la politique.
Il
faut écouter les gens pour savoir être le porteur des voix, des sans voix.
Vous
savez, là, aujourd'hui,
il
y a des gens, tous les parents, des millions de parents, 12 millions d'élèves qui viennent de rentrer à l'école.
Il
y en a beaucoup qui sont sans enseigner en phase 2. Et il y a le classement PISA qui, une fois de plus, va faire reculer le classement de la France. Vous ne croyez pas que c'est un sujet, ça ?
Bien sûr que si.
Le prix de l'essence, vous
ne
croyez pas que c'est un sujet ? L'angoisse tous les jours des gens qui vont travailler et qui regardent ce qu'ils doivent payer, alors qu'il y
a
des solutions, alors qu'on devrait baisser les taxes sur l'essence. C
'est ça qu'ils devraient faire
un sujet, demander au gouvernement de baisser les taxes sur
l'essence. Ça, c'est un sujet.
Précisément, Ségolène Royal, quelles sont vos propositions en matière de pouvoir d'achat
? C
'est de baisser les taxes sur l'essence. Là, il
y
a un sujet majeur sur l'énergie.
Ce
sujet essentiel sur l'énergie, c'est celui qui explique aujourd'hui des dizaines et des dizaines de faillites d'artisans, de commerçants. Les centres bourses sont en train d'être dévitalisés. Il y a un mouvement aujourd'hui des buralistes, pour d'autres raisons. Mais les buralistes, ils jouent un rôle essentiel dans les centres-bourgs et dans les petites communes, parce que c'est des lieux de convivialité, des lieux de rassemblement. Et parallèlement, il y a un rapport aujourd'hui qui vient de sortir sur des psychiatres qui montre que l'un des fléaux sociaux en France, c'est la solitude. Effectivement, cette solitude se renforce. Elle a été renforcée par le Covid.
Et aujourd'hui, elle est en train de se dégrader encore. Cette situation se dégrade encore, parce qu'il n'y a aucune attention qui est portée à la fermeture des petits commerces, des artisans, des boulangers même qui ferment parce qu'ils n'arrivent plus à payer l'électricité. Comment se fait-il que ce gouvernement soit aussi inerte ? Mais bien sûr qu'il faut baisser les
taxes sur l'énergie. Mais
bien sûr, mais tous les jours, le tissu social se dégrade. Vous savez, ils ont encore huit mois pour faire des bêtises,
ceux
qui nous gouvernent. Huit mois de dégradation encore qu
'on
va subir. Tous les jours, regardez la liste, il
y
a des milliers d'entreprises qui aujourd'hui déposent le bilan, y compris des entreprises industrielles de très haut niveau.
Vous, Jean-Luc Mélenchon propose entre autres le blocage des prix et le blocage des loyers par exemple, mais vous aviez proposé vous-même le blocage des prix il y a un certain nombre d'années, notamment les prix à la pompe. Est-ce qu'à
nouveau
vous faites cette proposition aujourd'hui ? Est-ce que vous pensez qu'elle est impérative ?
Mais bien sûr, la France produit de l'énergie moins chère que ses voisins. Et cet avantage comparatif, nous ne pouvons pas l'utiliser. Parce que l'Europe nous a obligés à nous aligner vers les prix les plus élevés. Cet alignement, il s'est fait au moment de la réunification allemande. On a dit qu
'il
faut que les Allemands aident les Allemands, donc il ne faut pas de conditions compétitives négatives pour eux. On va donc tous s'aligner sur le prix de la production d'énergie allemande. Mais ça suffit. Aujourd'hui, ça y est, les années sont passées. Donc les investissements qu'on fait, les générations qui nous ont précédées dans le nucléaire, dans les barrages hydroélectriques, dans la géothermie même, dans certains endroits. Donc ces investissements-là, ils doivent profiter aujourd'hui aux nouvelles générations. Et par conséquent, nous devons reprendre notre souveraineté énergétique.
Alors, parlons de la loi également sur les violences sexistes et sexuelles, après les discussions qui ont repris au Parlement, avant un éventuel vote le mois prochain. Est-ce que vous pensez que le gouvernement aura les moyens de ses ambitions sur ce texte ? On sait que vous avez des propositions à faire en la matière.
Oui,
mais même si c'est court. Vous vous rendez compte, il a fallu attendre 10 ans sur un sujet qui avait été décidé comme étant prioritaire par Emmanuel Macron. Priorité sur la violence faite aux femmes, priorité sur la violence faite aux enfants. Non seulement il ne s'est rien passé, mais on a découvert cet océan de maltraitance, d'abus sexuels, qui n'arrivait pas jusqu'au tribunal, faute d'instructions disant aux tribunaux et aux policiers et que c'était une priorité, que c'était une urgence. Ça n
'a
jamais été le cas. Et faute de moyens aussi donnés à la justice et aux investigateurs et aux enquêteurs. Gérald
Darmanin, sur ce point, dit qu'il a donné les
bonnes instructions.
Il n
'a
rien donné du tout. Vous avez vu le rapport, il n
'a
rien donné du
tout. Pourquoi
il n
'a
rien donné du tout ? Parce que ce gouvernement a été à l'origine de révolte sociale. Donc la priorité, ça a été la répression des révoltes sociales.
Donc les violences sexuelles, ce n'était
pas une priorité pour
ce gouvernement ? Mais vous le savez
très bien, puisqu'il y
a
un rapport qui a montré que dans les instructions qui ont été données, jamais cette priorité-là n'a été mise sur la table. Donc au-delà de la loi, bien sûr qu'il faut la loi. Au-delà de la loi, c'est une question de moyens et de rapidité. Moi, je suis pour l'installation des caméras, je veux dire, aux surveillances, partout où il y a de l'accueil de la petite enfance, partout. Et j'aurai l'occasion d'en reparler. À Alfortville, nous sommes en train de monter un projet qui, justement, pourrait être généralisé à l'ensemble du territoire.
Aurore Berger a affirmé que le budget de la loi, estimé à 3 milliards d'euros par an, ne serait pas un blocage. Mais on sait toutes les difficultés que ce gouvernement a à trouver des financements aujourd'hui. Est-ce que vous êtes confiante ou est-ce que vous êtes très inquiète face aux propositions et à l'aboutissement de cette loi ?
Il faut que la loi, bien sûr, soit financée. Mais il faut arrêter de parler des milliards, là. Des milliards, des milliards, des milliards qui dégoulinent dans tous les sens. Il y
a
de la volonté politique derrière. Vous aurez beau mettre des milliards et des milliards, s'il n
'y a
pas la volonté politique, à un moment, de mettre des caméras de vidéosurveillance, d'être vigilant sur le recrutement des animateurs périscolaires, de préférer de recruter à méconnaissance égale, quand on ne sait pas qui c'est. Il y a des hommes qui sont effectivement formés, qui ont des références, qui ont fait leur preuve, etc. Et puis, il y a des recrutements où on ne sait pas qui c'est. Entre un homme et une femme, il faut prendre une femme.
C
'est assez simple. Il y a aussi du bon sens. Il y
a
aussi, je pense, rappeler aux parents. Parce qu'il y a beaucoup de maltraitances dans les familles. Il y a beaucoup de familles déstructurées, etc. Et on apprend plus ce que c'est qu'être parent. Quand j'étais ministre de l'enseignement scolaire, il y avait une éducation à la parentalité. Être parent, c'est déjà considérer que son enfant n'est pas un jouet.
Ce
n
'est
pas un jouet. Ce n
'est
pas quelqu'un qu'on domine. C'est quelqu'un qui est votre égal. Un enfant, c'est quelqu'un qui est même plus supérieur à vous parce qu'il a des droits et des devoirs. Et en particulier, le droit d'être protégé. Et je vais vous dire autre chose. Le droit à l'insouciance. Aujourd'hui, la société dans laquelle nous vivons a volé le droit à l'insouciance des enfants et des adolescents. Et c'est ça qu'il faudra leur rendre.
Une des solutions, et d'ailleurs, je crois que vous l'aviez déjà avancé cette idée, ce serait d'aider les profs avec une deuxième personne. Et ça fait
partie
des propositions qu'on a d'ailleurs eues sur l'antenne de Sud Radio cette semaine. Il faut aussi aller plus loin en la matière. Avoir une aide, pourquoi pas, de parents d'élèves ou de personnes qui sont dans l'entourage et qui puissent aider les profs, les secondés, pour ces alertes précisément.
Le
problème, c'est que ça existait et qu
'ils
l'ont supprimé. On avait créé les aides éducateurs. Un deuxième adulte dans les classes. Et c'était extraordinaire parce que c'était des jeunes justement qui allaient ensuite se former pour être enseignants. Donc on n'avait pas non plus cette pénurie de candidatures pour être enseignants. Et ça, ça a été supprimé. Alors que bien sûr, un adulte seul face à une classe de 20 à 25, dans le meilleur des cas, souvent c'est plus, c'est très difficile puisque l'école doit transmettre à la fois les savoirs, ça c'est le rôle de l'enseignant, les savoir-faire, ça c
'est
le rôle de la méthodologie qui devient de plus en plus importante dans la vie professionnelle, et les savoir-être, les comportements. Donc le deuxième adulte dans la classe, il est essentiellement sur le savoir-être, c'est-à-dire sur le comportement, sur la discipline dans la classe, sur la gestion du collectif, sur le rattrapage des enfants qui sont en rupture de scolarité ou en rupture de comportement.
Je comprends. Je reviens sur cette phrase, sur votre phrase, Madame Royal, quand vous dites qu
'il
faut qu'on arrête de parler des milliards, vous en avez peut-être marre qu'on parle des milliards, mais il faut
bien des
milliards pour financer les projets de loi ? Oui, non, pas forcément.
Pas forcément, mais
vous mettez des caméras dans les structures d'accueil de la petite enfance, déjà, du jour au lendemain,
vous
dissuasez le passage à l'acte de la maltraitance, du jour au lendemain. Ça coûte quoi ? Ça coûte 100 euros ? C'est fait par les services techniques des communes ? Ça ne coûte pas grand-chose. Donc vous voyez, il y a aussi derrière...
Une volonté politique.
Il y a la volonté politique. Et puis vous donnez les moyens aux enquêteurs de la police et aux magistrats de régler ces problèmes en priorité, bien évidemment. Et vous refaites de l'éducation parentale et vous surveillez les recrutements qu'il y a dans les structures d'accueil de la petite enfance.
Si vous le voulez bien, un mot de la primaire. On peut lire dans Le Parisien ce matin que vous pourriez, c'est le terme qui est utilisé, plumer tout le monde selon un vieux routier du PS. Vous allez tous les plumer ? Je ne
sais
pas ce que ça veut dire. Sous-entendu, vous êtes en train de gagner cette primaire,
vous
êtes en train de gagner la bataille des esprits.
C'est un peu ce qu'il se dit. C'est un peu tôt.
C'est un peu tôt parce que c'est le 11 octobre, le vote. En tous
les cas, vous avez déjà vos
parrainages et comment vous expliquez le fait que vous ayez déjà vos parrainages avant les autres, semble-t-il ?
C'est l'amitié, je pense.
C'est le signe qu'il y a une adhésion au PS pour vous, toujours, aujourd'hui, et que les autres candidats n'ont pas réussi à vous
doubler d'une certaine façon ? Je
ne sais pas où ils en sont. Je pense qu'ils n'auront aucun problème.
En tous les cas, ça...
Moi, comme je n'étais pas dans l'appareil du parti, ce n'était pas évident que j'ai les parrainages.
Oui, mais peut-être que
précisément vous n'étiez plus dans l'appareil du parti, on
pouvait se dire
que peut-être il y aurait une difficulté et en fait, non.
En
fait, non. Au contraire, je pense que ça soulage aussi qu'il y ait une candidature qui soit en dehors des conflits de congrès.
Alors, l'une des polémiques, c'est le prix. Le prix de cette primaire, 15 euros, aujourd'hui, c'est trop. Il faut faire comme dit
Olivier Faure. C'est fait.
Donc, à la limite, ça
ne
sert plus à rien de commenter.
Pourquoi Olivier Faure
dit qu'on pourrait peut-être revenir à 2 euros ou 3 euros ? Ah bon
? Non,
c'est impossible, c'est décidé. Ah bon, je ne
sais
pas. D'accord. En tous les
cas, ceux qui
ne peuvent pas payer 15,
ils
peuvent payer 10
et
je leur dis venez.
Mais en
tous
les cas, c'est un frein à ce qu'elle soit très
populaire. J'aurais voulu, moi, 2 euros, 4 euros. Mais c'est fait, donc il faut avancer là.
Bon, en tous les cas, Ségolène Royal, dans cette deuxième partie d'entretien, on va dans un instant aborder trois sujets puisque vous répondrez à une question d'un auditeur. Il y aura également la minute carte blanche où on vous a proposé de défendre un sujet. Et vous allez nous en parler sur les agriculteurs précisément. Et puis également, une réponse à une question liée à l'actualité des réseaux sociaux. A tout de suite, Madame Royal.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle 2027 et l'invité de Sud Radio ce matin dans le grand entretien. Dans cette deuxième partie, Madame Royal, vous répondrez dans un instant à la question réseaux sociaux de Benjamin Gleize et puis à celle d'un auditeur. Mais avant cela, on vous a proposé une carte blanche et vous avez choisi le thème de l'agriculture et de l'élevage.
Oui, parce que c'est une souffrance que l'on n'entend plus et que j'ai rencontrée récemment là à Chalon, en Champagne, où j'étais allée, à la foire, à la grande foire de Chalon.
Et
je me suis dit, mais quel désespoir, quelle tristesse. Et c'est notre identité, vous savez, l'identité rurale et agricole. Alors bien sûr, il y a plusieurs agricultures, il y a la grande agriculture, il y a l'élevage, il
y a
l'agriculture moyenne,
il
y a la question de l'installation des jeunes. Mais ce lent basculement vers la disparition de la ruralité est pour moi une
priorité.
Au-delà du constat, quelle serait votre proposition ?
D
'abord, il faut que les consommateurs soient solidaires de la production agricole. Il y a des choses toutes simples à faire, par exemple, dans les grandes surfaces, c'est de regrouper au même endroit les productions d'origine française ou d'origine régionale. Parce qu'aujourd'hui, quand vous faites vos courses, que vous voulez acheter des fruits et légumes, du fromage ou de la viande, il faut vraiment mettre une loupe pour savoir quelle est l'origine France de ces produits. Et je suis sûre que l'on pourrait déclencher un mouvement de solidarité entre les consommateurs et les productions agricoles françaises.
Votre idée, c'est une sorte de la vétisation
? Deuxièmement, je pense qu'il y
a
une question d'égalité devant la qualité alimentaire.
Il
y a une étude qui vient de sortir de que choisir de 50 millions de consommateurs sur la pollution dans les pâtes. Parce que vous voyez, les gens, ils n'ont pas les moyens d'acheter de la viande. Donc, ils font manger des pâtes à leurs enfants. 80% des pâtes contiennent des métaux lourds, notamment du cadmium. qui sont liés aux engrais phosphatés. Mais c'est pas accessible. Ou dans les pâtes à pizza. Voilà ce que mangent les enfants aujourd'hui où les saucisses, on ne
sait
pas trop ce qu'il y
a
dedans. Et on leur dit, ben non, la viande, ce n
'est
pas pour vous. Mais si, la bonne viande des éleveurs français doit être accessible à toutes les familles. Et moi, je souhaite qu'il y ait une péréquation, justement, entre les produits importés, de mauvaise qualité, parfois, et la production française. Les grandes surfaces devraient faire une péréquation. Au nom de quoi il ferait une péréquation ? Au nom du bilan carbone. Car un produit importé, et heureusement, vous
avez
vu que le maire trop sourd a été arrêté. si on avait écouté les éleveurs, ils avaient dit que la production animale brésilienne n'était pas aux normes sanitaires européennes et françaises. Pourquoi est-ce qu'on ne les a pas écoutées ? Donc, ça a dû coûter des centaines de milliers d'euros, les fonctionnaires qui ont fait l'accord.
Donc,
plus de souveraineté, plus de transparence, c'est ce que vous demandez.
Et l'accès à la qualité grâce à une péréquation des prix au profit des bons produits. Je finis sur l'EHPAD quand même, parce que c'est les gens qui nous écoutent. Je vais leur dire que l'EHPAD bio sont deux fois moins polluées et qu'il y a une ou deux marques aussi qui font des efforts et qui est très peu polluée. On
va le faire à l'usiter mais
qui retrouve l
'enquête de que choisir. On
retrouvera, Madame Royal. Je vous propose une question d'une auditrice pour vous.
Bonjour, Madame Ségolène Royal. Comment ça se fait que quand il y
a
eu la dissolution, vous avez fait votre candidature pour le gouvernement de M. Macron
qui
a fait tellement de malheurs aux Gilets jaunes, aux peuples, à la classe moyenne et qui en a fait encore plus dans son sovième matin ? Est-ce que c'est bien une personne de gauche qui fait ça
?
Madame Royal. Quelle dissolution ? Je n
'ai
pas fait campagne pour M. Macron.
On se
souvient des propositions que vous aviez faites, des signes d'ouverture. J'ai
proposé d'être même Premier ministre.
Ce
n'est précisément pas pour faire la politique macroniste, Madame. C'est parce que justement la gauche l'a emporté à ses élections
et normalement il
aurait dû y avoir un Premier ministre de gauche et j'aurais fait un tout autre choix, bien évidemment. Et je vais vous dire une chose, Madame, les Gilets jaunes. Quand j'ai vu au deuxième jour des Gilets jaunes, quand j'ai vu la détresse des femmes qui enfilaient des Gilets jaunes pour aller sur les ronds-points des femmes retraitées, j'ai appelé Emmanuel Macron. Je lui
ai
dit qu
'il
faut arrêter avec cette taxe carbone. J'étais d'autant mieux placée que j'avais arrêté l'éco-taxe qui avait le même objectif avec les bonnets rouges qui commençaient à se révolter. Et j'ai trouvé en effet que cette taxe était scandaleuse parce qu'on ne fait pas de l'écologie par la punition et en faisant voter les plus modestes, en faisant payer les plus modestes. Mais il ne
m'a
pas écoutée. Vous avez vu, on a subi, ils ont subi en plus les Gilets jaunes, la répression, les mutilations. La France a subi une dégradation de son image à l'international. Ça, c'est de la valeur économique qui disparaît. Et par conséquent, merci de votre question, madame, mais justement, c'était pour arrêter les dégâts du macronisme et pour faire une autre politique qui est en empathie avec les gens. Vous savez, la politique, c'est aimer les gens. Mais ces gens-là, ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui, n'aiment qu'eux-mêmes. C'est ça le
problème.
Ségolène Royal, justement, pour faire une autre politique, certains disent, notamment M. Cazeneuve, que la gauche, c'est environ 30% de l'opinion. Encore faut-il créer une union avec qui vous pourriez vous projeter dans une union au sein de la gauche et du centre. Jusqu'où vous pourriez aller
?
Je ne pense pas que ce soit le bon raisonnement de savoir avec quel appareil politique. Il faut laisser les gens voter. Vous avez vu ce qui se passe en Allemagne
?
C'est-à-dire que quand les gens sont en désespoir et se disent mais finalement, tous ces politiques sont des bons à rien et finalement, la seule solution, c'est de voter pour l'extrême droite, moi, je ne leur lance pas la pierre. J'entends des gens qui critiquent les électeurs allemands. Mais s'ils s'étaient occupés d
'eux
? On a eu Emmanuel Macron qui
est arrivé en 2017. Il y a une réalité mathématique, Mme Royal.
On voit bien qu'il y
a
LFI qui est environ un tiers, le RN qui est environ un tiers.
Il
y a une
réalité.
En tous les cas, c'est ce
que disent les sondages.
Après, on peut... Voilà. Mais il y a environ un tiers qui reste pour le bloc central, même si ce n
'est
pas que le bloc central. Il y
a
une partie de la droite. Donc, ça nécessitera forcément de passer par des alliances. Par exemple, est-ce que vous pourriez travailler avec Xavier Bertrand ? Est-ce que vous pourriez nous dire avec qui vous pourriez vous sentir à l'aise ? Puisque vous vous projetez déjà sur la présidentielle. D'abord,
l'essentiel, c'est ce que pensent les électeurs. Donc, il faut attendre de voir ce que disent les
électeurs.
C'est ça, la démocratie. Ce n'est pas des opérations d'appareil avant. Deuxièmement, le centre, c'est très clair, le centre, c'est la droite.
Le
centre, c'est la droite. Donc, soit effectivement, on veut une alliance avec la droite, ça, ça sera sans moi, bien évidemment. Et d'autre part, la dynamique de libre choix de l'électeur à second tour, c'est effectivement une union de la gauche.
C
'est évident. Donc, soit, on va voir à la primaire, puisque la première, il y
a
deux lignes politiques. Il y a une ligne
d
'alliance avec la droite, le centre, le macronisme,
qui n'est pas
la vôtre,
qui n
'est
pas la mienne. Et puis, il
y
a ma ligne. Ma ligne, c'est le respect du vote des électeurs et c'est l'union
de
la gauche, des écologistes, des communistes.
Et c'est une
proposition très sociale, très avec les vraies valeurs de gauche.
Mais avec
l'ordre juste. J'ai ma spécificité.
Parce
qu'il y a des valeurs qui sont soi-disant attribuées à la droite, mais qui sont des valeurs fondamentales de la société française.
Je suis pour
relancer et pour aider
les
jeunes à avoir des enfants.
Ça veut dire que vous pourriez
parler avec M. Mélenchon, Mme Royale
? Mais
ce n
'est
pas le sujet. Je ne m'occupe pas des leaders politiques. Je m'occupe de la France et de proposer, d'essayer de voir comment est-ce que l'on peut redonner une espérance, un optimisme aux nouvelles générations.
Si vous ne faites pas d'alliance avec
le centre et la
droite, à un moment donné, il faudra se retourner plutôt vers la gauche. Ça n'est
pas ma façon de raisonner, donc n'insistez pas. Ma façon de raisonner, elle n'est pas comme celle que vous évoquiez. Elle n'est pas dans les accords d'appareil. Elle est dans l'attention portée aux électeurs, aux citoyens, aux citoyennes qui attendent de savoir qu'est-ce que la France va devenir demain et aux jeunes générations à qui on est en train de transmettre la dette climatique, la dette financière, la dette sociale, la dette éducative, la dette économique ou le chômage commence à augmenter et qui se disent mais que devient la France
? Et
ces retraités qui disaient avant on était heureux. J'entendais un retraité qui disait ça hier, ça me fondait le cœur. Avant on était heureux et maintenant on ne le serait plus dans la France d'aujourd'hui.
Et si,
on peut encore être heureux, on peut remonter la pente et on peut redonner une espérance, une envie de travailler aux jeunes générations.
Dans cette deuxième partie,
on
regarde également avec vous Benjamin Glez quelle est l
'actualité
via les réseaux sociaux à l'approche de la présidentielle. Dites-vous Benjamin, les candidats rivalisent d'idées pour tenter de montrer qu'ils sont proches du peuple précisément.
Proches du quotidien des Français.
On
se souvient il y a quelques jours d'Edouard Philippe distribuant des frites du côté de Roubaix dans une baraque à frites. Cette fois-ci, c'est Gabriel Attal qui s'y colle, l'ancien Premier ministre qui a lancé hier une opération, opération baptisée 1000 bistrots. Pour cela, il a partagé une vidéo dans laquelle il se met en scène dans un café tout y est. La bière à la main, les journaux sur la table avec en prime une ambiance balmusette.
Je
vais vous parler de notre rentrée parce qu'à partir du 7 septembre, des rencontres dans des cafés, dans des bistrots comme celui-là, il va y en avoir partout en France. Tout au long du mois de septembre, on organise l'opération 1000 bistrots. C'est 1000 rassemblements dans des cafés, dans des bistrots, dans nos villes, dans nos villages, dans nos quartiers. Une campagne présidentielle, c'est des grands meetings, des grands moments. Mais je veux aussi que ce soit des moments comme celui-là. Une table, un verre, des discussions en toute simplicité. Ségolène Royal, alors je vous vois sourire.
Est-ce
que vous pensez comme Gabriel Attal qu'il faut se rendre au bistrot pour comprendre le continent des Français ?
C'est bien qu'il commence. C'est un début.
C'est un peu tard.
C'est un début. Plus sérieusement, vous savez, il
y a
une disparition des bistrots. Je parlais tout à l'heure dans les centres-villes, dans les centres-villages. Et moi, je salue les élus, les maires qui se battent pour maintenir les bistrots, les lieux de convivialité, les lieux où les gens peuvent se rencontrer. Certains, j'en avais fait ça d'ailleurs dans la région Potouch-Arande que j'ai présidée, on essaie de trouver d'autres activités au bistrot pour qu'ils puissent se maintenir. Par exemple, les épiceries sociales, la vente directe par les agriculteurs de leurs produits directement dans les bistrots, les réunions aussi avec les anciens. Donc, c'est des lieux de convivialité très importants qui ne doivent pas disparaître.
Gabriel Attal est donc un allié.
Je me rends avant je ne veux pas me moquer.
Non, mais je ne
veux
pas me moquer. Vous savez, les Français voient tout. On
a le sentiment en tous les cas. Vous
savez,
la politique, c'est aussi quelque chose
d'authentique. Mais c'est
bien qu'ils découvrent les bistrots. On a le sentiment au cours de cet entretien en tous les cas que vous ne fermez aucune porte. C'est-à-dire dans l'idée de parler au centre à d'autres personnalités de gauche ou bien Gabriel Attal qui vient d'être cité. On a le sentiment que vous ne voulez pas injurier l'avenir et les mois
à venir. Alors
là, vous vous trompez complètement. Vous ne
m
'avez pas bien écouté. Mais ce
n
'est pas des accords politiques.
Ce
n'est pas parce que je ne critique pas tel ou tel qui découvre dans un bistrot qu'il y
a
un accord politique. Gabriel
Attal a fait
partie
du gouvernement d'Emmanuel Macron. Non, mais bien sûr, Gabriel Attal a fait partie d'un gouvernement d
'Emmanuel Macron. Et tout à l'heure, vous disiez, vous n'aviez pas des mots très tendres à propos des violences sexistes et sexuelles pour ce que n'a pas fait justement ce gouvernement.
Mais
écoutez ce que disent les Français, ce qu'ils vivent et ce n
'est
pas leur problème de savoir qui parle à qui, etc. La question aujourd'hui, c'est savoir si on sera oui ou non capable de remettre de l'ordre dans la maison France, de lui redonner sa dignité à l'échelle internationale, de redonner une espérance aux jeunes générations, de lutter contre le chômage et contre les dépôts de bilan aujourd'hui. Ça devrait être absolument la priorité. Je vois même des industries, l'industrie papetière,
vous
vous rendez compte ? Une industrie papetière dans la région de Carole Delga qui est en train de fermer, mais c'est hallucinant. Au moment où avec le e-commerce on a besoin de temps de carton, comment ça se fait ? Une industrie aussi de vélo, là dans le nord de la France, de vélo de très haut niveau qui est en grande difficulté. Donc chaque point d'usine qui est aujourd'hui en grande difficulté dans l'industrie devrait faire l'objet d'une attention particulière et d'un dispositif particulier. On
a créé la banque publique d
'investissement. On n'a pas vraiment le temps, mais une attention
ça ne suffira pas. Il faudra aussi des propositions
concrètes. Déjà, y être attentif et trouver des solutions pour ne pas fermer aujourd'hui en attendant l'alternance de mai prochain. Mais je vous dis, mon inquiétude c'est que pendant huit mois
ils
vont encore dégrader la France. C'est ça le problème. Donc moi je leur dis arrêtez de bouger là. Occupez-vous déjà de faire marcher ce qui existe et occupez-vous de sauver les entreprises qui sont aujourd'hui en grande difficulté et baisser le prix de l'énergie. Voilà, vous avez ça à faire pendant huit mois. Arrêtez de dégrader la France pour qu'ensuite la nouvelle équipe en place
puisse
redresser la situation.
Merci beaucoup Ségolène Royal d'avoir été notre invité ce matin dans un instant et dans la prochaine heure. Les deux débats à nouveau autour de la Tour Eiffel et puis on reviendra également sur le niveau des élèves. Vous en parliez Madame Royal avec effectivement l'annonce tout à l'heure du classement PISA. L'effondrement est-il inéluctable ? On vous pose la question et vous nous appelez au 0826 300 300. Bonne journée Madame Royal. Merci.
Ségolène Royal