L'invité de Bourdin Direct : François Ruffin - 14/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. François Ruffin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, député de la France Insoumise. Première circonscription de la Somme. Des enseignants nombreux, des directeurs d'école, des parents étaient dans la rue hier. Réunion en fin d'après-midi après ces manifestations entre Jean Castex et les syndicats d'enseignants. Des décisions ont été prises. Des masques FFP2. 5 millions seront distribués en maternelle. Des masques chirurgicaux seront distribués. Plusieurs milliers de contractuels viendront remplacer les profs absents. Les syndicats sont satisfaits en espérant que les mesures annoncées seront concrétisées.
Tout le monde est satisfait ? J'avais une question parce que j'ai entendu les syndicats qui nous disaient qu'il faut absolument fermer les écoles dès qu'il y a un cas dans une classe. Fermez la classe. Est-ce qu'il faut garder les écoles ouvertes à tout prix ?
D'abord, j'aurais remercié l'institut de ma fille. J'aurais remercié les enseignants. J'aurais remercié les profs de mon fils qui continuent depuis deux ans à faire leur boulot malgré le confinement, malgré le Covid, malgré les protocoles, malgré les réformes et malgré les suppressions de postes. Et moi, je voulais remercier une deuxième fois parce qu'ils font la démonstration hier que quand on se bagarre, on gagne. On ne gagne pas tout. Et là, on gagne des masques FFP2, on gagne des postes précaires. Mais au-delà de ça, je pense que ce qu'ils ont gagné hier soir, c'est un sentiment de fierté. C'est-à-dire, depuis deux ans, ils sont méprisés.
Méprisés par le ministère, méprisés par un nouveau management. Et là, du fait qu'ils sortent... Ils sont moins méprisés tout à coup. Eh bien oui, d'un seul coup, il y a un sentiment de fierté qui revient. Et je pense que ça doit être une leçon, pas seulement pour le monde enseignant, mais ça doit être une leçon pour tous les Français sur qui le pays repose tout entier. C'est le président de la République qui le disait pendant le cœur du confinement. Oui, c'est sur les maçons, c'est sur les ouvriers de la logistique, c'est sur les charistes, c'est sur les soignants que repose notre pays.
Et il faut qu'ils reçoivent de la fierté, qu'ils reçoivent de la reconnaissance, qu'on continue à leur dire merci, mais que derrière, il y ait des mesures qui soient prises sur le plan sanitaire et sur le plan des salaires.
Alors, mais je vous repose la question, est-ce qu'il faut garder les écoles ouvertes à tout prix ?
Moi, je ne crois pas à un cas de Covid, on ferme les classes. Franchement, non. Mais en revanche, hier, quand j'étais dans la manifestation, les gens ne manifestaient pas sur le plan sanitaire. Ce n'était pas ça le sujet. Le sujet, c'est quoi ? Le sujet, c'est dans mon coin, dans la somme, il y a l'équivalent d'un collège en plus en nombre d'élèves, 600 élèves en plus pendant le mandat de Macron. Et pendant ce temps-là, on a supprimé 550 heures de prof, c'est-à-dire l'équivalent d'un collège. C'est-à-dire un collège en plus en nombre d'élèves, un collège en moins en termes d'enseignants. Qu'est-ce que ça donne ?
Ça donne qu'auparavant, des classes qui étaient à 20 gamins, ils se retrouvent à 25-26. Mon gosse est en REP, et bien voilà. Aujourd'hui, ils sont à 25-26-27 élèves, alors qu'on sait qu'il y a un taux de fluence qui est... Ça veut dire que les gamins, ils n'arrivent pas à lire quand ils sont à l'entrée en 6e, mais pourtant, on ne donne pas les moyens aux enseignants de faire leur travail correctement. Et quand, la phrase la plus marquante que j'ai trouvée dans la manifestation hier, c'est un prof qui me dit « L'école est un hôpital comme les autres ». Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que quand j'entends le discours, et vous savez que je reviens d'un hôpital tour, quand j'entends le discours des enseignants, c'est le même. C'est-à-dire le sentiment, d'abord, surtout de mal faire son travail, d'avoir des classes surchargées, tout comme on a des couloirs surchargés dans les urgences, de rajouter des tables, de ne pas avoir de remplacement, qu'il n'y a pas d'infirmière, qu'il y a un certain nombre de moyens qui ne sont pas pris. Et donc, vraiment, cette phrase de « L'école est un hôpital comme les autres », et avec, je le redis au cœur, le sentiment de ne pas faire son travail comme on devrait le faire.
Et je crois que c'est ça qu'il s'agit de redonner à ces Français soignants, enseignants, mais aux autres, mais c'est le sentiment de pouvoir bien faire leur travail.
Bien, mais je vous repose la question une troisième fois. Faut-il garder les écoles ouvertes à tout prix ? À tout prix, non. À tout prix, si. Parce que garder les écoles ouvertes, c'est lutter contre les inégalités, vous le savez bien.
Oui, oui, mais... Oui. Aujourd'hui, je vous dis, le sujet, il n'est pas sanitaire. Hier, il n'était pas sanitaire centralement dans la main. Non, il est aussi sanitaire. Non, mais... Tout de même. Le sujet...
Il est sanitaire pour les parents aussi. Pardon.
Oui, mais il est... Oui. On fait des protocoles. Je ne sais pas si vous connaissez l'auteur. Oui. À des auteurs comme Georges Courtoline au XIXe siècle qui décrivait la bureaucratisation de la société. On a l'impression, là, une hyper bureaucratisation avec des protocoles qui sont complètement élisés à croire que le virus, il va avoir peur des protocoles. Mais non.
Jean-Michel Blanquer est un crétin ?
C'est les gens qui ont pommes au milieu. En tout cas, M. Blanquer, je pense qu'il sait... C'est un crétin ? Je sais, je pense que M. Blanquer...
Je vous pose la question parce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui dit...
Je pense que, malheureusement, ce n'est pas un crétin. Je pense que M. Blanquer... C'est un crétin utile. Je pense que M. Blanquer, je ne sais pas en quoi il est utile, mais il sait ce qu'il fait. Il sait ce qu'il fait quand, aujourd'hui, il est en train de détruire l'éducation prioritaire. Et c'est ce qui se passe dans mon coin. Je vous le redis, je parle en tant que député des Français, mais député de la Somme. Mais quand on a l'équivalent d'un collège qui est supprimé en nombre d'horaires, quand il y a un collège en plus en nombre d'élèves, ça veut dire qu'on assiste à une destruction en particulier des collèges d'éducation prioritaire.
C'est-à-dire qu'on passe de 20 élèves par classe à 25, 26, 27 élèves par classe. Moi, je vous dis, je veux amener des mesures, moi. Je veux amener une proposition. Je suis favorable à des plafonnements. Un prof pour 15 élèves en maternelle, un prof pour 20 élèves au primaire, un prof pour 25 élèves au collège, un prof pour 30 élèves au lycée. Et dès qu'il y en a un de plus, on ouvre une classe. Voilà ce qui est de nature à redonner le sentiment qu'on peut faire son travail correctement, qu'on peut avoir une approche particulière des élèves quand ils ont des difficultés. Et moi, c'est ça qui m'intéresse. C'est quelle éducation ? On donne à mes gosses et on donne aux gosses de tout le pays.
Est-ce que l'enseignant, il a le temps de venir s'intéresser à chacun ? Et donner sa chance à chacun. Pour l'instant, on a des discours, mais dans les actes, je vous dis, la réalité, c'est la suppression d'un collège dans mon département pour un collège en plus en nombre d'élèves.
François Ruffin, le pass vaccinal, vous avez voté contre, il revient à l'Assemblée nationale après le passage au Sénat, vous allez re-voter contre, j'imagine ? Tout à fait. Tout à fait. Sans surprise. Alors, sans surprise, vous allez m'expliquer pourquoi vous ne voulez pas du pass vaccinal, mais surtout, ce pass vaccinal, tout de même, il sert à quoi ? Il sert non pas à limiter la transmission du virus, on est bien d'accord, il sert simplement, essentiellement, mais c'est très important, à soulager les services d'urgence dans les hôpitaux pour ne pas priver des patients non-Covid de soins ou d'opérations. Vous allez être d'accord avec moi ?
Monsieur Bourna, est-ce que vous savez combien de lits Emmanuel Macron a supprimé depuis le début de son mandat ? Il a supprimé 17 600 lits. J'ai eu l'enfin de check-in parce que j'avais dit 17 300 lits, donc Libération est venue vérifier, on m'a dit 17 600. Vous savez combien Emmanuel Macron a supprimé de lits pendant l'année Covid ? L'année où il a dit que l'annation tout entière était reconnaissante auprès des soignants, qu'il y aurait un appré pour l'hôpital, qu'il y aurait un grand plan d'investissement. Le budget de la sécurité sociale qui sort de là, c'est quoi ? C'est 5 700 lits en moins, c'est moins 1 milliard d'euros et c'est zéro réanimateur en plus.
J'insiste sur ce zéro réanimateur. Les médecins à l'époque demandaient 67 postes de réanimateur pour toute la France. C'est franchement pas... Et on leur en donne zéro. J'avais appelé ça l'an dernier un budget de la honte mais vous savez, il y a des moments où on parle et puis ça tombe un peu dans le vide. Moi je le redis, ça a été un budget qui d'une part a diminué la digue matérielle à l'hôpital et à cause de ça la moindre vague lettre pour nous submerger et ça a été un budget qui surtout a diminué la digue spirituelle. C'est quoi ?
C'est qu'on leur a dit aux soignants il y aura un après pour l'hôpital il y aura un grand plan d'investissement et quand ils voient que c'est ce budget là qui arrive derrière qu'on vient leur reparler à nouveau de restrictions de budgétaires et de plans de retour à l'équilibre qu'on ne le permet pas de faire leur métier ils disent en faute il n'y aura pas d'après ça les fait fuir massivement de l'hôpital.
Personne, personne ne conteste le manque de moyens à l'hôpital le manque de personnel de personnel parce que si on ferme des lits c'est parce qu'on manque de personnel
Pas seulement on ferme des lits aussi parce qu'on fait le choix de fermer des lits
et aussi parce que l'hospitalisation de jour a souvent pris le pas sur les nuits passées à l'hôpital vous le savez mais mais François Ruffin ça n'a rien à voir avec mais si vous savez vous aimez vous aimez je suis à l'hôpital je vais à l'hôpital de Laval
j'étais à l'hôpital de Laval vous savez avant hier matin oui qu'est-ce qu'ils me disent les soignants ils me disent écoutez là dans le couloir qui est derrière moi on a un monsieur qui a plus de 80 ans qui est là depuis 3 jours sur un lit dans le couloir avec de la lumière dans les yeux il peut pas dormir le jour il peut pas dormir la nuit mais et donc plus de 80 ans est-ce que c'est comme ça qu'on traite les gens et ça cette situation là parce qu'il n'a pas de place parce qu'il n'a pas de place mais pourquoi cette situation là si vous regardez les dates elle est valable à Laval à Saint-Calais au Bayonne à Mamers à Vitré avant la vague Covid avant la vague Covid que fait monsieur Macron que fait monsieur Macron il vient transformer quelque chose de l'ordre de décision politique ce sont ses choix qui ont fait ça en une naturalisation en faisant que c'était comme si c'était de la faute du virus ça n'est pas de la faute du virus c'est de la faute des décisions de monsieur Macron qu'est-ce qu'il fait monsieur Macron par ailleurs il décide que on doit plus regarder les décisions qui sont prises d'en haut et qui tombent en bas sur l'hôpital mais qu'il faudrait que les Français se déchirent entre eux entre vaccinés et non vaccinés je le dis moi je suis favorable à la vaccination je pense que la vaccination permet d'éliminer pourquoi est-ce que vous ne votez pas le pass vaccinal
vous êtes favorable pour des raisons purement politiciennes écoutez-moi écoutez-moi François Ruffin vous avez l'habitude à l'Assemblée nationale de lire et je trouve ça formidable d'ailleurs des lettres de Françaises ou de Français que vous rencontrez qui vous expliquent leur quotidien leurs difficultés bien moi je vais vous lire je vais prendre deux minutes de votre temps parce que je vais vous lire ce qu'écrit Karine Lacombe vous connaissez Karine Lacombe professeur en infectiologie à la Sorbonne chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine à Paris en ce jour d'hiver sombre et rétréci comme l'espoir de sortir enfin des vagues épidémiques successives je me suis assise à côté de lui appelons-le Jean ce patient épuisé qui depuis 12 jours se bat contre le Covid-19 les trois premiers dans un petit hôpital de banlieue où sa mère va mourir bientôt emporté par l'infection puis 5 jours de réanimation pour une oxygénothérapie à haut débit il a été transféré dans notre unité pour libérer un lit de soins intensifs où vont être bientôt admis des plus malades que lui c'était une fin de matinée un jour de visite professorale où l'on prend le temps de se poser pour comprendre ses yeux s'entrouvrent quand nous passons la porte docteur s'il vous plaît ne me parlez pas de vaccin je n'ai pas encore prononcé un mot et pourtant déjà lui comme moi savons que comprendre l'inexplicable passe par les mots que l'on doit poser sur sa décision de ne pas se vacciner et de l'avoir déconseillé à sa mère âgée est-ce que je vais m'en sortir ?
pourquoi ne pas vous être vacciné ?
je voulais un vaccin français mais peu importe sa nationalité s'il protège des souffrances de la maladie mais on n'a pas de recul sur l'ARN messager c'est l'industrie pharmaceutique qui se fait de l'argent sur notre dos dans ce bourdonnement de mots difficilement prononcés par cet homme à bout de souffle j'entends les paroles des soignants sur le manque de moyens humains la surcharge de travail les vacances supprimées les heures supplémentaires j'entends résonner la conversation de couloir que j'ai eue ce matin sur le dilemme éthique qui s'impose à nous où chercher au plus profond de soi la capacité à ne pas juger alors qu'on continue de travailler infecté par le variant Omicron sans vraiment de symptômes dans un hôpital débordé par ceux qui volontairement ont choisi de ne pas se vacciner ou trouver en soi la faculté de faire abstraction du statut vaccinal quand on doit offrir un rare lit de réanimation à un patient non vacciné avec une forme grave de Covid-19 alors qu'un autre vacciné ne pourra en bénéficier pour n'importe quelle autre maladie car arriver 10 minutes trop tard dans des urgences où plus aucun lit de réanimation n'est disponible la mère de ce monsieur est décédée lui aussi
oui mais monsieur vous faites comme si je n'étais pas favorable au vaccin alors que depuis deux ans ou au moins depuis un an je me bagarre pour qu'il y ait des vaccins quel est l'objectif du pass vaccinal c'est d'inciter à la vaccination non non non c'est de contraindre la vaccination d'accord c'est de contraindre la vaccination en plus de manière hypocrite en privant de vie sociale les français qui font un autre choix je le redis moi je suis favorable à la vaccination est-ce que vous défendez les français qui font un autre choix je vous pose la question je renverse la question d'abord 50% à peu près de ces français 40% d'après l'Inserm ne le font pas par choix et moi je le dis aujourd'hui qu'est-ce qu'on a dans la France c'est le dernier pays européen sur les plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés pourquoi ?
parce qu'on ne va pas vers eux c'est-à-dire qu'à la place de dire il faut contraindre les gens si vous empêchez les plus de 80 ans mais c'est faux
on va vers eux vous savez bien la sécurité sociale vous savez très bien
c'est tout à fait faux monsieur Bourdin je suis désolé mais c'est faux ce que vous racontez c'est-à-dire est-ce qu'à un moment par exemple moi il a fallu que je me bagarre pour avoir un centre de vaccination qui s'ouvre entre Amiens et Abville qui sont les deux gros pôles de ma circonscription pour dire il faut un centre qui soit à la campagne je suis favorable parce qu'il y ait des ouvertures dans les salles municipales les unes après les autres et que ça ne soit pas que les métropoles qui aient le droit au vaccin je suis favorable à ce qu'on ait par exemple les auxiliaires du vie sociale vous connaissez mon attachement aux auxiliaires du vie sociale qui passent d'une personne âgée à l'autre et qui aillent suggérer que est-ce que vous voulez est-ce que vous êtes vaccinés est-ce que vous voulez vous faire vacciner tout ça n'a pas effet effectué je vous cite là 400, 500 scientifiques non mais je vous cite 400, 500 500 de Marseille
des hôpitaux de Marseille ont signé la même lettre
je vous dis il y a un article qui est paru la semaine dernière dans le British Medical Journal qui dit qui invite les gouvernements à ne pas tout miser sur le vaccin et à dire il ne s'agit pas de tout oui mais d'accord mais pour l'instant on mise tout sur le vaccin à dire un il faut des masques FFP2 pour tout le monde quand vous pensez que ça fait deux ans qu'on est là-dedans et que c'est seulement maintenant qu'on va proposer aux enseignants d'abord des masques chirurgicaux et ensuite peut-être des masques FFP2 non pas peut-être aux enseignants de maternelle des masques FFP2 on verra j'espère ensuite deuxième point alors qu'aujourd'hui on est en rupture de stock parce qu'il n'y a eu pas de politique sur le masque deuxième point les filtrateurs et les aérateurs la France investit 30 centimes d'euros sur les filtrateurs et les aérateurs alors que c'est 30 fois plus en Allemagne alors que c'est 70 fois plus en Irlande par exemple donc ça c'est un choix qui n'est pas fait la levée des brevets elle n'est toujours pas elle était votée à l'Assemblée nationale mais si bien sûr
c'est comment on amène c'est pas parce que c'est pas parce que on peut à la fois vacciner inciter à la vaccination et fournir des masques FFP2 non ? je pense qu'on serait efficace
si on veut la vaccination obligatoire qu'on le dise mais qu'on le fasse pas par des ordres vous êtes contre ou pour ? je n'y suis pas favorable je vous redis que dans ce pays je pense qu'on peut convaincre plutôt que contraindre j'en suis convaincu et que je le dis là il y a une vraie stratégie du gouvernement qui est de dire quoi ? c'est ce que vient dire Emmanuel Macron
il n'y a pas une stratégie politicienne de la part de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise non pas du tout
monsieur Bourdin croyez à mes convictions au moins bon croyez à mes convictions mes convictions elles sont lesquelles ? elles sont simplement qu'il y a un truc qui s'appelle la liberté dans ce pays bien la liberté quand je vois des articles de presse qui nous disent qui nous disent aujourd'hui les plus de 65 ans qui n'ont pas reçu leur troisième dose seront seront quoi ? seront ils seront privés de vie sociale c'est ça qui est en train de se passer parce que le pass sanitaire ne va plus pouvoir passer privé de vie sociale
parce qu'ils ont fait le choix de ne pas être vaccinés mais oui je je bon je voudrais qu'on passe à autre chose François Riffat parce que le temps le temps presse la baguette de pain chez Leclerc à 29 centimes d'euros ça vous choque ?
moi je veux dire d'abord quelque chose sur la baguette de pain c'est est-ce qu'elle a le même goût quand elle est prise chez les boulangers que quand elle est dans un hypermarché non est-ce qu'elle croustille de la même manière ? parce que l'ami est pareil et de la même manière que je ne veux pas qu'on s'habitue à une santé dégradée je ne veux pas qu'on s'habitue à une école dégradée je ne voudrais pas qu'on s'habitue à un goût dégradé et qu'il fasse qu'on considère que le beau et le bon ceux qui ont le porte-monnaie qui va avec ça va et ceux qui ne l'ont pas ils s'en trouvent de manger de la viande
vous avez vu la petite polémique autour de Fabien Roussel je n'ai pas vu vous n'avez pas vu ça ? il a dit qu'il mangeait
de la viande qu'il aimait beaucoup je ne suis pas le champion des polémiques je veux que le bon ne soit pas réservé aux gens qui en ont les moyens par ailleurs puisqu'on est sur Michel-Édouard Leclerc moi qui ai beaucoup travaillé sur les états généraux de l'alimentation pour relever les prix dans le domaine agricole à l'époque Michel-Édouard Leclerc disait on a bien un salaire minimum pourquoi pas un prix minimum du lait de la viande des denrées agricoles et je pense que c'est vers ça qu'il faut fixer un prix minimum sur les denrées agricoles et qui fait qu'on ait la garantie que les agriculteurs soient correctement rémunérés ce qu'on n'a toujours pas fait
donc mais en revanche j'avais une proposition sur les prix enfin c'est pas vous c'est la France insoumise bloquer les prix mais je voudrais vous demander dans quel pays au monde on bloque les prix
d'abord c'est déjà arrivé par exemple si vous prenez le pain jusque très très tard pendant la révolution non non non jusque dans les années 90 là on avait un prix du pain qui était encadré donc on peut très bien avoir des encadrements par ailleurs si on parle de sérieusement de sérieusement dans quel pays au monde est-ce qu'on bloque les prix
dans quelle économie du monde
ça arrive sur les prix des matières ça vient d'être décidé ça n'arrive plus depuis bien longtemps mais aujourd'hui la question centrale pour le pouvoir d'achat c'est la question du logement c'est là-dessus parce que si vous regardez les dépenses d'alimentation on va pas bloquer
les prix du logement
si moi je suis favorable 1948 non la loi de 48 ça n'a pas été une si mauvaise loi vous savez ce qui était fait en 1948 marché noir non non ça n'a pas été une si mauvaise loi mais par ailleurs il pourrait très bien avoir un encadrement pénurie de logement marché noir
voilà les conséquences
oui je suis favorable à un encadrement des prix du logement on a eu une hausse et ça se voit et c'est les plus modestes qui laissent la moitié de leurs revenus parfois dans les prix du logement entre un tiers et la moitié de leurs revenus donc il y a un vrai souci sur les prix du logement oui il faut les encadrer on a eu une explosion des loyers et on a eu une explosion de voilà donc ça je pense que si jamais on veut agir fortement et agir sur le pouvoir d'achat ou le niveau de vie des français ça passe centralement alors là où l'aberration est la plus incroyable monsieur Bourdin c'est figurez-vous que ce logement n'est pas compris dans les mesures de l'inflation c'est ce qui augmente le plus c'est ce qui pèse jusqu'à la moitié du budget des français les plus modestes et pourtant ça n'est pas compté dans le tarif de l'inflation sujet majeur le logement on parle peu dans la présidentielle c'est pour ça que je l'amène même Jean-Luc Mélenchon n'en parle pas souvent c'est pour ça que je l'amène je l'amène parce que les mesures de restriction budgétaire ont été prises par Emmanuel Macron notamment sur le logement pour faire qu'il y ait moins de logements sociaux qui soient construits et moi je le regrette pour qu'il y ait moins de logements sociaux qui soient rénovés c'est-à-dire qu'on a grévé le budget des offices HLM et pour qu'on coupe dans les appels alors justement ça, ça a eu un effet sur les français les plus modestes qui a été un effet massif alors justement
Eric Zemour veut supprimer la loi SRU et diminuer le nombre de logements sociaux vous avez peut-être entendu ça et moi à propos de Zemour de Marine Le Pen de Pécresse de Valérie Pécresse ça faisait un peu trop longtemps qu'on n'en avait parlé pas parlé de M. Zemour non, non, non mais là je mets Eric Zemour Valérie Pécresse et Marine Le Pen qui font la même proposition qui veulent supprimer certaines aides sociales aux étrangers en situation régulière qui travaillent paient des cotisations et des impôts que leur répondez-vous ?
je leur réponds que c'est pas ma vision de la société mais comme je vous l'ai dit au fond vous n'avez pas voulu m'entendre mais je vais vous le redire sur les non-vaccinés qu'est-ce qui se passe ? qu'est-ce qui s'est passé en 12 mois de crise sanitaire ? en 12 mois de crise sanitaire les milliardaires français se sont enrichis de combien ? est-ce que vous le savez M. Bourguenda ?
plus 68% c'est un chiffre qui devrait être répété tous les matins le patrimoine des milliardaires français a augmenté de 68% en un an ça représente 300 milliards d'euros c'est-à-dire qu'il faut imaginer le PIB de ma région les Hauts-de-France même si je suis picard et je ne reconnais toujours pas les Hauts-de-France mais plus le PIB de la région Grand Est tout ça accumulé c'est l'augmentation de la fortune des milliardaires français en 12 mois de crise sanitaire pendant tout le reste du pays s'est serré la ceinture et pendant qu'on a dépensé coûte que coûte au niveau de l'État et là-dessus il n'y a pas eu la moindre impôt sur ces milliardaires il n'y a pas eu d'impôt sur les profiteurs de crise il n'y a pas eu la moindre réflexion sur comment on fait pour qu'il y ait un peu plus d'égalité dans le pays et maintenant ce qu'on voudrait nous faire croire pendant ce temps-là c'est qu'il faudrait qu'on se déchire entre gens normaux ou entre pauvres qu'on regarde qui a ces papiers qui sont en ordre ou pas en ordre qui a la bonne couleur de peau qui a le bon passe vaccinal et pas le bon statut vaccinal ou pas non moi ce n'est pas ma vision moi je demande à la place de se déchirer en bas qu'on regarde les décisions qui sont prises par en haut et qu'on se dise mais bon sang ces 300 milliards d'euros là qu'est-ce qu'on aurait pu en faire qu'est-ce qu'on pourrait en faire pour l'éducation qu'est-ce qu'on pourrait en faire pour le logement qu'est-ce qu'on pourrait en faire pour les soignants qu'est-ce qu'on pourrait en faire pour les enseignants
merci François Ruffin d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV il est 8h54
François Ruffin