Alain Milon : « En Suisse, l’aide au suicide est légale mais l’euthanasie est un délit et un crime »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Bonjour Alain Millon, merci d'être avec nous, sénateur Alain de Vaucluse.
- 0:18OuverteRéponse directe
Vous êtes le rapporteur du texte relatif au droit à l'aide à mourir.
- 1:10OuverteRéponse partielle
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
- 2:47OuverteRéponse partielle
C'est le manque de médecins et notamment de dermatologues.
- 3:50RelanceRéponse directe
Qui n'est toujours pas suffisamment fait, parce qu'il y a eu des mesures qui ont été prises pas suffisantes pour vous ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Est-ce que ce matin, vous dites tout ça pour ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurFait
« Bonjour Alain Millon, merci d'être avec nous, sénateur Alain de Vaucluse. »
- 0:18PrésentateurFait
« Vous êtes le rapporteur du texte relatif au droit à l'aide à mourir. »
- 1:58InvitéFait
« les professionnels des vins de Provence redoutent des droits de douane brandis par Donald Trump. »
- 2:20InvitéFait
« Les agriculteurs, ils ont raison de manifester, pas tant pour défendre le système, que de dire que le système français est probablement l'un des meilleurs possibles, mais qu'il faut que ce système-là soit appliqué dans tous les autres pays qui importent leurs produits chez nous. »
- 3:57InvitéFait
« C'est largement insuffisant. »
- 4:03InvitéFait
« Les applications de la loi Buzyn sur le numerus clausus commencent à se faire ressentir maintenant. »
- 4:13InvitéChiffre
« Il faut 10 ans pour former un médecin généraliste, 11-12 ans pour former des médecins spécialistes. »
- 5:00InvitéFait
« Il y a le budget qui est passé par le 49-3, alors que le Premier ministre avait dit qu'il ne l'utiliserait pas. »
- 5:12InvitéChiffre
« le PLFSS, on n'en parle plus du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il est passé à l'Assemblée nationale, mais il est passé à l'Assemblée nationale avec un déficit de 20 milliards accordé. »
- 5:34InvitéChiffre
« Je rappelle simplement qu'en 2025, le déficit prévisible était de 17, on est arrivé à 22, 21 ou 22. »
- 6:02InvitéFait
« Je rappelle quand même que pour la Sécurité sociale, ce sont les cotisations des employés et des employeurs qui font marcher le budget de la Sécu. »
- 9:04InvitéFait
« Notre commission s'est prononcée en faveur d'une assistance médicale à mourir pour les seules personnes dont le décès est proche, qui devraient demeurer exceptionnelles dans un objectif de soulagement des dernières souffrances et de sécurisation de la pratique des professionnels de santé. »
- 12:49InvitéFait
« Les pays qui ont mis en place l'aide au suicide et l'euthanasie, la plupart des gens renoncent à l'aide au suicide et demandent à ce que ce soit un professionnel de santé qui fasse le nécessaire pour les faire mourir. »
- 13:57InvitéFait
« La tuberculose dans les années 50, c'était une maladie incurable. La poliomyélite, c'était une maladie incurable. Le cancer du sein, il y a quelques années en arrière, c'était une maladie incurable. »
- 15:18InvitéFait
« Je lui ai posé la question en audition, est-ce que vous ne craignez pas qu'il puisse y avoir un jour des dérives ? Parce que le vrai danger, c'est le dérives. »
- 17:11InvitéFait
« Je l'ai dit d'ailleurs, c'est une erreur, dire que 90% des gens qui rentrent en soins palliatifs ne demandent pas à mourir, l'aide à mourir. Ce n'est pas vrai, c'est plus que ça. »
- 18:13InvitéChiffre
« Alors, on cite toujours la Belgique, mais 9000 personnes par an, quand même, petit pays. »
- 18:25InvitéChiffre
« Le Canada, quand ils l'ont mis en place, ils étaient à 2000 à peu près par an. Ils sont à plus de 20 000 maintenant. »
- 18:46InvitéFait
« où on dit carrément, si vous avez plus de 75 ans et que vous considérez que vous ne servez plus à rien, on peut vous aider à partir. »
- 21:53InvitéFait
« la majorité des Français sont d'accord. »
- 23:14InvitéFait
« C'était au programme de M. Macron dans le cadre du deuxième tour. »
- 23:59InvitéFait
« si jamais on devait faire un référendum sur le sujet, ça dépend du président de la République, ça ne dépend pas de nous. »
Temps de parole
- Invité61 %
- Présentateur15 %
- Invité 29 %
- Invité 37 %
- Présentateur 22 %
- ?2 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Alain Millon, merci d'être avec nous, sénateur Alain de Vaucluse. Vous êtes le rapporteur du texte relatif au droit à l'aide à mourir. On va évidemment revenir très longuement sur le début hier au Sénat de l'examen de ces textes sur la fin de vie. Mais d'abord, on regarde ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. La une de Varmatin, 200% de textes. Vraiment, c'est ce que demande le journal. Entre inquiétude et lassitude face à des menaces récurrentes, les professionnels des vins de Provence redoutent des droits de douane brandis par Donald Trump.
La une des dernières nouvelles d'Alsace, Strasbourg, capitale de la colère agricole venue d'Alsace, de toute la France et même de plusieurs pays. 5 000 agriculteurs mobilisés hier contre l'accord Union européenne-Mercosur. Ils se sont retrouvés avec 700 tracteurs devant le Parlement européen. Les eurodéputés qui doivent voter aujourd'hui pour décider s'ils saisissent la Cour de justice de l'Union sur ce sujet. La dernière une, celle de Ouest France. Quelle piste pour pallier le manque de dermatologues ? Décrocher un rendez-vous chez un dermato est une galère. Les professionnels s'en expliquent et donnent des solutions. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
De toutes. Allez-y. Non, non, non. Juste les 200% de taxes, vraiment. Je crois qu'on a actuellement, au niveau mondial, des dirigeants qui sont des gens un peu excités, pour ne pas dire autre chose. Et la seule façon, Trump par exemple, la seule façon de contrecarrer ce genre d'individus, ces gens-là ne craignent que la force. Donc c'est de montrer qu'on est fort. Après, obligatoirement, psychologiquement, je pense qu'il baissera un peu d'un ton. Ça, c'est le premier point.
Les agriculteurs, ils ont raison de manifester, pas tant pour défendre le système, que de dire que le système français est probablement l'un des meilleurs possibles, mais qu'il faut que ce système-là soit appliqué dans tous les autres pays qui importent leurs produits chez nous. De quoi, évidemment, ils sont en déséquilibre financier, en déséquilibre à tous les niveaux. Donc il est plutôt nécessaire que lorsqu'on fait une importation de produits, ces produits soient vérifiés, comme n'utilisant pas les produits interdits en France. Les produits en particulier néonicotinoïdes ou autres.
Et donc, moi, je leur donne raison de manifester dans la mesure où ils demandent à ce que ce qui est importé soit fait de la même façon qu'en France. Ils ont raison de ce côté-là. Ça veut dire donc, en fait, faire en sorte qu'on harmonise dans tous les pays d'Europe déjà, ce qui serait pas mal, le système français qui est un système extrêmement dur pour les agriculteurs, mais nécessaire pour la santé de nos concitoyens. Et puis le dernier, c'était…
C'est le manque de médecins et notamment de dermatologues.
Le manque de dermatologues en particulier. C'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. Un exemple simple, j'organisais la semaine dernière les journées régionales de la FHF, puisque je préside la FHF PACA. Et j'avais… La Fédération hospitalière de France. La Fédération hospitalière de France pour la Provence à Côte d'Azur. J'avais en face de moi le doyen de la Faculté de médecine de Nice. On dit toujours la Côte d'Azur, etc. Il y a beaucoup de médecins. C'est pas vrai. En dermato, c'est pareil que sur le reste du territoire national. Il y a beaucoup de dermatologues à la retraite qui n'exercent plus. Mais vous savez qu'un médecin à la retraite est toujours inscrit à l'ordre.
Donc évidemment, le ministère de la Santé et le ministère des études supérieures n'accordent pas suffisamment de formation de dermatologues au niveau des facultés, et en particulier au niveau de la Faculté de Nice. Et donc il faut ouvrir les portes, faciliter la formation des spécialistes, et puis…
– Qui n'est toujours pas suffisamment fait, parce qu'il y a eu des mesures qui ont été prises pas suffisantes pour vous ?
– C'est pas suffisant. C'est largement insuffisant. Mais les applications de la loi Buzyn sur le numerus clausus commencent à se faire ressentir maintenant. Il faut 10 ans pour former un médecin généraliste, 11-12 ans pour former des médecins spécialistes. L'ouverture du numerus clausus date de 1922, donc ça va sortir en 1932. En attendant, on a vraiment des problèmes majeurs dus au numerus clausus en particulier, et pas assez d'ouverture de postes de médecins spécialistes sur les facultés.
– Avant de passer à la fin de vie, un mot sur l'autre actualité d'hier, c'est Sébastien Lecornu qui a donc activé le 49-3 sur le budget. Est-ce que ce matin, vous dites tout ça pour ça ?
– Oui, si je n'étais pas à la télé, je dirais pire d'ailleurs. Disons tout ça pour ça. – Allusivre. – Non, non, non, tout ça pour ça, oui. Moi, je suis extrêmement inquiet sur la façon dont actuellement l'Assemblée nationale gère son temps de travail pour mettre en place des lois. Il y a le budget qui est passé par le 49-3, alors que le Premier ministre avait dit qu'il ne l'utiliserait pas. Finalement, il a été obligé de le faire, parce que l'Assemblée nationale est ce qu'elle est. Il y a le PLFSS, on n'en parle plus du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il est passé à l'Assemblée nationale, mais il est passé à l'Assemblée nationale avec un déficit de 20 milliards accordé.
20 milliards parce que l'État, dans son budget principal, met 4 milliards dans le budget de la Sécurité sociale. Sinon, ce serait 24 milliards. Or, on est donc à 24 milliards de déficit prévisible. Je rappelle simplement qu'en 2025, le déficit prévisible était de 17, on est arrivé à 22, 21 ou 22. Donc, le prévisible, ce n'est pas ce qui vient d'arriver au bout du compte. Il faut, je crois, une fois pour toutes, revoir tous les systèmes de financement de ce pays, les systèmes des impôts. Beaucoup demandent des impôts supplémentaires, c'est ce qu'ils appellent les ultra-riches, ou l'entreprise.
Je rappelle quand même que pour la Sécurité sociale, ce sont les cotisations des employés et des employeurs qui font marcher le budget de la Sécu.
Mais qu'est-ce qu'il faut revoir, par exemple, sur la Sécurité sociale ?
Le système de financement. Avant de regarder toujours les dépenses, il faut regarder les recettes. Et là, je suis d'accord avec certains qui disent qu'il y a trop d'exonérations de cotisations sociales. C'est vrai que l'État, lorsqu'il veut aider une entreprise, au lieu de faire des exonérations de fiscalité, il fait des exonérations de cotisations sociales. Et donc, c'est la Sécu qui se trouve en difficulté. Mais la Sécu, c'est la santé de nos concitoyens, c'est la famille, c'est les retraites. Donc, il y a un moment ou un autre, il faut faire attention à ça.
– Mais est-ce que du coup, sur le budget, le Sénat, est-ce qu'il va s'en emparer de nouveau, rediscuter, quitte à ralentir le processus, ou est-ce que vous allez…
– Je vais poser la question au rapporteur général.
– Est-ce que vous dites, on renvoie tout ça à l'Assemblée ?
– Moi, à titre personnel, à partir du moment où il y a eu un 49.3, je serai assez d'accord pour qu'on rediscute. Mais ça va encore retarder d'autant le budget. On est quand même déjà en février presque, pas loin. Et donc, il faut faire attention que des budgets soient mis en place pour que la France puisse fonctionner.
– Mais ce n'est pas tranché, c'est ce que vous nous dites. Au sein de la majorité sénatoriale, ce n'est pas tranché.
– À ma connaissance.
– On passe à ce qui se passe en séance au Sénat. Et le Sénat qui s'est donc attaqué hier au projet de loi sur la fin de vie. Les sénateurs qui ont lancé les débats dans l'hémicycle, Steve, sur cette réforme, au cœur des discussions, deux textes dont l'un sur l'aide à mourir.
– Oui, c'est celui qui fait le plus débat, Aurélien. Faut-il légaliser l'euthanasie et le suicide assisté ? Voilà l'immense enjeu de cette réforme poussée par Emmanuel Macron et qu'il souhaite promulguer avant son départ de l'Élysée. Le texte adopté l'année dernière à l'Assemblée nationale prévoit une aide à mourir pour des malades condamnés par la maladie mais qu'ils ne veulent pas être condamnés à l'agonie. Le patient devra s'administrer lui-même le produit létal sauf s'il n'est pas physiquement en mesure de le faire.
– Et la droite majoritaire au Sénat s'oppose à la version des députés. Certains offusent même le principe du droit à l'aide à mourir.
– Oui, Bruno Retailleau, par exemple, chef du parti LR, a exprimé son rejet du suicide assisté et de l'éthanasie. Écoutez-le. – Je ne peux pas souscrire, quelle que soit d'ailleurs l'écriture, à une fin qui serait provoquée et qui est vraiment une rupture anthropologique dans notre civilisation.
– Mais Bruno Retailleau ne représente ni toute la droite ni tout le Sénat.
– On touche là à un sujet très sensible. Il y a une liberté de vote dans chaque groupe, pas de consigne politique. En commission, les sénateurs ne se sont pas opposés au principe de l'aide à mourir, mais ils ont fixé des garde-fous. Le principe d'une assistance médicale à mourir a ainsi été adopté. C'est une formulation qui est plus contraignante que le droit à l'aide à mourir. Voté à l'Assemblée nationale, le dispositif sera par ailleurs réservé à certains patients seulement. Écoutez.
– Notre commission s'est prononcée en faveur d'une assistance médicale à mourir pour les seules personnes dont le décès est proche, qui devraient demeurer exceptionnelles dans un objectif de soulagement des dernières souffrances et de sécurisation de la pratique des professionnels de santé. – Cette version du texte est perçue par les sénateurs de la majorité comme plus équilibrée par rapport à la version adoptée à l'Assemblée nationale.
– Et le clivage sur l'aide à mourir dépasse le clivage droite-gauche.
– Oui, à gauche, par exemple, certains sont pour, certains sont contre. Écoutez. – Notre groupe souhaite dans sa grande majorité défendre l'équilibre issu de l'Assemblée nationale, sans faiblesse, sans exaltation, mais avec gravité, humilité et surtout humanité. – Je forme le vœu que cette semaine, après l'Assemblée nationale, le Sénat vote ces deux propositions de loi, des lois de dignité, de fraternité, de liberté.
– Je ne voterai pas cette proposition de loi. Mais je crois que cet article premier marque un basculement fondamental. Celui qui vise finalement à demander à la puissance publique, par la loi, d'organiser et de construire une réponse à la mort, alors qu'avant tout et surtout, une société progressiste doit d'abord organiser le soin, la vie, la capacité à vivre ensemble plutôt qu'à mourir seul.
– Hier, les sénateurs ne sont pas allés au bout de cet article 4 qui fixe ce principe de l'aide à mourir, mais les débats reprendront cet après-midi dans l'hémicycle. Oriane, on va venir, monsieur le sénateur, sur le fond. Déjà peut-être un mot de politique, quand vous entendez Bruno Retailleau qui refuse le principe même de l'aide à mourir, vous dites quoi, c'est un homme aujourd'hui isolé dans votre parti ? C'est une tendance quand même encore assez forte à droite ? – Je ne pense pas qu'il soit plus isolé dans son parti que madame Kuckerman dans le sien. – Président du groupe communiste. – C'est une évidence. Non, moi je crois que c'est un problème personnel, avant tout.
Et ça n'est pas un problème, comme certains veulent le dire, d'influence judéo-chrétienne. On a un de nos collègues hier qui a parlé, et c'est extrêmement intéressant puisque j'avais fait l'observation il y a quelques mois en arrière, que déjà du temps du Néandertal, les humains, enfin ce qu'on appelle les humains, protégés, protégés, leurs blessés. C'est-à-dire qu'on a vu dans certaines fouilles qu'il y avait des fémurs en particulier, ou des tibias cassés, qui avaient mis en place des calosseux. C'est-à-dire donc que ces gens-là, qui avaient une fracture d'un membre inférieur, étaient pris en charge par la collectivité, soignés, comme ils peuvent le soigner à l'époque, et nourris.
Un animal qui se casse une patte, les autres animaux ne vont pas autour pour essayer de le nourrir et de le sauver. Les humains, ou ceux qui ont précédé les humains, l'ont fait. – Si je traduis ce que vous dites, c'est un argument contre le principe de l'aide à mourir. C'est ce que vous êtes en train de vous dire. – Non, pas du tout. Non, non, non, vous ne me laissez pas terminer. Non, je veux dire simplement que la notion d'humain, c'est la notion de solidarité et de service à l'autre qui n'existe pas dans les autres races sur la Terre.
– Juste quand hier, vous entendez Bruno Retailleau parler de textes d'abandon, le risque c'est qu'il devienne demain plus facile de demander la mort que d'obtenir un soin. Est-ce que vous dites qu'il va trop loin ou est-ce que vous dites qu'il arrive ?
– Non, mais notre travail en tant que rapporteur, c'était justement d'essayer d'éviter que quelqu'un vous dise comme ça, écoutez, moi j'en ai marre, je ne veux plus vivre, allons-y gaiement et puis faites-moi le nécessaire. D'abord, l'aide au suicide. Les pays qui ont mis en place l'aide au suicide et l'euthanasie, la plupart des gens renoncent à l'aide au suicide et demandent à ce que ce soit un professionnel de santé qui fasse le nécessaire pour les faire mourir. Déjà, c'est un sujet important. L'aide au suicide, c'est la personne elle-même qui s'administre le produit létal.
Et quand on fait des comparaisons entre les pays, et d'abord, il n'y a pas beaucoup de pays qui ont mis en place ce genre de loi, mais quand on fait les comparaisons entre les pays, la Suisse, dont on parle beaucoup, la Suisse, l'euthanasie est un délit et c'est un crime. En Belgique, non. Mais en Suisse, il n'y a que l'euthanasie. Et si le patient qui arrive refuse de prendre le produit en disant, docteur, faites-le à ma place, le médecin n'a pas le droit de le faire. Et on arrête tout. Je veux dire, donc, il y a ce sujet de l'euthanasie, participation d'un professionnel de santé à la mise à mort, et puis le sujet de l'aide au suicide, qui est le patient lui-même qui prend le produit létal.
Ce sont deux sujets différents qui méritent évidemment une réflexion. Ensuite, un patient, un malade, qui arrive comme ça avec une maladie dont on dit qu'elle est incurable. Vous n'avez pas mis en place ce que j'ai dit, moi, en discussion générale, mais la tuberculose dans les années 50, c'était une maladie incurable. La poliomyélite, c'était une maladie incurable. Le cancer du sein, il y a quelques années en arrière, c'était une maladie incurable. On peut en citer d'autres comme ça. Donc, pour moi, ancien médecin, je ne pense pas qu'il y ait des maladies incurables dans le temps. Il y a des maladies incurables dans le présent, mais pas des maladies incurables dans le temps.
Et si on dit, vous êtes porteur d'une maladie incurable, vous avez le droit de mourir, parce que vous allez, etc., etc., etc., je ne suis pas sûr qu'on ne va pas profiter de cela pour pousser les gens vers l'euthanasie ou l'aide au suicide, plutôt que de faire de la recherche qui coûte une véritable fortune. Des médicaments nouveaux, on sait bien, puisque quand on parle chaque année dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale des médicaments innovants, on est dans une addition de médicaments. Vous dites qu'il y a des raisons budgétaires à ceux qui défendent cette aide à mourir. Il y a aussi des arguments budgétaires.
Je dis qu'il pourra y avoir un jour, peut-être, des raisons budgétaires.
Mais en fait, vous craignez plus les dérives qu'il pourrait m'être de ce texte que ce texte en lui-même, finalement.
Bien sûr, mais j'ai posé la question à l'auteur du texte, M. Falourny, puisque ce qu'il avait dit sur le Sénat n'était pas très agréable. Donc, je lui ai posé la question en audition, est-ce que vous ne craignez pas qu'il puisse y avoir un jour des dérives ? Parce que le vrai danger, c'est le dérives. Et il me dit, de toute façon, les lois sont appelées à évoluer. Donc, je vous rappelle quand même que l'IVG, qui n'était pas une loi faite pour mourir, mais une loi faite pour protéger les femmes. C'est une loi de protection de la santé des femmes. Pas la même chose qu'une loi d'aide à mourir.
J'ai entendu des choses hier aussi sur l'IVG qui n'était pas tout à fait celle de la conception même de Mme Simone Veil. L'IVG, c'était 12 semaines. Actuellement, on a des pays où ils sont à 22 semaines. Donc, les lois sont, selon M. Falerni, faites pour être améliorées et pour avancer. Je veux dire, quand on met un pied dans la porte, la porte, on l'ouvre un jour.
Est-ce que pour vous, il faut toucher quand même à la loi Claes-Léonetti, qui est la dernière grande loi sur ce sujet, ou est-ce qu'il ne faut rien toucher et déjà appliquer la loi Claes-Léonetti ?
Déjà, à mon avis, la loi la plus importante là-dedans, c'est celle dont je ne suis pas le rapporteur. C'est-à-dire la loi sur les soins palliatifs. Qui fait consensus, relativement consensus. Oui, sauf que, oui, bien sûr, il en faut partout. Il en faut dans tous les départements, il en faut dans tous les hôpitaux. Il faudrait même aller au-delà et faire des soins palliatifs à domicile. Donc, on en est très, très loin. Vous avez vu d'ailleurs que la ministre a dit qu'il y avait plusieurs centaines de millions qui étaient mises sur la table pour essayer d'améliorer les choses. Tous les professionnels de soins palliatifs vous disent la même chose.
Quand un malade qui souffre arrive en soins palliatifs, il demande, il dit toujours, docteur, honnêtement, si ça ne va pas, il faut faire le nécessaire. Et puis, quand au bout de deux ou trois jours, il sent que ça va mieux, il ne le demande plus. Et on attend beaucoup, moi-même, je l'ai dit d'ailleurs, c'est une erreur, dire que 90% des gens qui rentrent en soins palliatifs ne demandent pas à mourir, l'aide à mourir. Ce n'est pas vrai, c'est plus que ça. En fait, c'est 90% des gens qui, en arrivant en soins palliatifs, demandent à mourir, qui ne demandent plus l'aide à mourir au bout de quelques jours.
Mais encore faut-il avoir accès à ces soins palliatifs, Alain Mignon ? Bien sûr. Aujourd'hui, c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui, dans leur territoire, n'ont pas accès à ces soins palliatifs.
C'est justement l'intérêt de cette loi sur les soins palliatifs qui, à mes yeux, est beaucoup plus importante, dont on parle moins parce que ça intéresse moins les journalistes. Tout nous intéresse. On n'est pas comme ça. Oui, mais bon, les soins palliatifs, en tout cas, ça fait moins d'audience. Juste, est-ce que vous avez une idée du nombre de personnes qui seraient concernées par l'aide à mourir chaque année ? Parce qu'il y a des chiffres qui ont été donnés dans l'hémicycle hier. Il y a des débats entre le gouvernement, les associations. Est-ce que vous, vous avez des chiffres à nous donner ? Non. Directement, non. Parce que, d'abord, ce n'est pas mis en place.
Mais moi, ce que je vois, c'est les débordements qu'il y a dans les autres pays où ils l'ont mis en place. Alors, on cite toujours la Belgique, mais 9000 personnes par an, quand même, petit pays. Enfin, petit pays. Petit pays par le nombre d'habitants. 9000 personnes par an. Mais moi, je voudrais citer le Canada. Parce que le Canada, quand ils l'ont mis en place, ils étaient à 2000 à peu près par an. Ils sont à plus de 20 000 maintenant. Et sur les 20 000, la plupart, maintenant, et même les Canadiens disent eux-mêmes, il faut qu'on arrête tout ça. Sur les 20 000, la plupart, c'est pour des raisons sociales et des raisons financières.
Et en Hollande, actuellement, enfin, aux Pays-Bas, on a un projet qui est en train de se mettre en place. Je ne sais pas s'il arrivera au bout. où on dit carrément, si vous avez plus de 75 ans et que vous considérez que vous ne servez plus à rien, on peut vous aider à partir. Donc, il y a quand même des dangers et des débordements et des dérives qu'il faut éviter. D'où, notre façon de penser à nous, rapporteurs, je dis nous parce que je n'étais pas seul, c'est, un, la protection du patient. Donc, on a mis en place pas une chose. Deux, la protection du professionnel de santé. La clause de conscience n'était que pour les médecins. Et trois, la protection du Sénat.
Parce que si le Sénat dit, ben écoutez, on y va, les députés aux raisons, à quoi il sert ? À rien. Si le Sénat dit, ben non, finalement, c'est une mauvaise loi et on est contre, on vote contre, à quoi il sert ? Il sert à rien parce que c'est l'Assemblée nationale qui va prendre deux yeux. Et en ce moment, l'Assemblée nationale ne va pas trop lui faire confiance.
Non, mais là, vous entendez, j'imagine Alain Millon, vous n'êtes pas sourd à l'opinion publique qui est favorable à une évolution des lois, à un droit plus élargi sur l'aide à mourir au fait de choisir sa mort. Est-ce que vous n'avez pas la crainte, du coup, d'apparaître comme un peu conservateur, voire un peu rétrograde ?
Non, non. D'abord, je ne suis pas d'accord avec vous quand vous dites que l'opinion publique est favorable. Elle est aussi favorable, d'ailleurs, à la remise en place d'à peine de mort. Et pourtant, on ne le fait pas. Donc, non, l'opinion publique est favorable quand on lui dit vous êtes jeune, vous allez avoir peut-être une maladie de Charcot un jour, vous allez souffrir. Donc, est-ce que vous acceptez de souffrir pendant des années ou est-ce qu'à un moment ou à un autre, si on vous propose de mourir, vous allez faire quoi ? Vous allez dire oui.
Mais si on vous dit vous êtes jeune, si un jour vous avez une maladie de Charcot, grâce à la recherche, vous allez pouvoir faire comme Stéphane Hopkins, c'est-à-dire donc continuer de vivre et puis faire des choses extraordinaires, est-ce que vous allez accepter de mourir ? Autant, si on vous dit vous ne souffrirez plus, vous aurez des contacts familiaux, des contacts sociaux, quelle sera la réponse ? Ah ben non, tu es moi quand même, ça m'étonnerait.
On va voir comment les maires s'impliquent dans ce débat sur la fin de vie, on va en Côte d'Or. Bonjour Jean-François Dodé, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes maire sans étiquette de Saint-Apollinaire. Vous avez organisé lundi une table ronde dans votre commune sur ce projet de loi. Fin de vie, il y avait un échange, notamment avec les professionnels de la santé. Pourquoi cette initiative et qu'est-ce qu'il est ressorti de ces échanges ?
Écoutez, pour une initiative, d'ailleurs, bonjour. D'abord, je suis médecin. Donc, c'est bien une loi qui m'intéresse fortement parce qu'on voit bien, comme ça a été dit, qu'il y a une modification anthropologique importante et que la relation à la mort et à la fin de vie entre le soignant et le soigné est totalement impactée.
Deuxièmement, je suis un élu de proximité et je trouve excessivement dommage que ce débat arrive à ce moment avec une crise institutionnelle majeure où on n'a pas de budget et on se demande même s'il n'y aura pas des solutions de l'Assemblée nationale, où on est en plein campagne municipale et je trouve que c'est un débat qui aurait eu le mérite d'être beaucoup plus éclairant pour la population. Vous le disiez à l'instant, la majorité des Français sont d'accord. Je ne suis pas complètement d'accord avec vous, c'est-à-dire que, et je reprends ce que dit M.
Villot, si on vous dit quand vous serez en fin de vie, vous allez mourir seul dans des douleurs atroces et complètement oublié dans un coin, personne ne va dire oui. Par contre, si on vous dit lorsque vous arrivez en fin de vie, vous allez avoir besoin d'un accompagnement à la fois psychologique, etc., parce qu'une fin de vie, ce n'est jamais très drôle en final.
Donc, il faut l'accompagner, eh bien, vous avez les soins palliatifs qui sont là et dans la table ronde que tu peux organiser à la faculté de médecine, on a fait volontairement la faculté de médecine avec l'accord du doyen parce que, pour montrer qu'on est vraiment sur quelque chose qui est fondamental par rapport à la santé, par rapport à la médecine. Et donc, un certain nombre de soignants ont effectivement apporté des témoignages de fin de vie, notamment, on a une très bonne unité soins palliatifs sur Dijon qui ont effectivement perturbé un petit peu ceux qui arrivaient en disant il faut absolument ce texte.
Un mot à Alain Milon en réaction à ce que dit M. le maire sur le calendrier. Il n'arrive pas au bon moment, ce débat ?
Je suis complètement d'accord avec lui. Il arrive au plus mauvais moment. Ce n'est peut-être pas obligatoirement de la faute que du gouvernement dans cette affaire. Ça fait deux ans à peu près qu'on parle de ça un peu partout. Je voudrais dire aussi, vous avez dit quelque chose tout à l'heure, c'était dans le programme de M. Macron. Non. Pas au premier tour. C'était au programme de M. Macron dans le cadre du deuxième tour. Je n'ai pas dit que c'était dans le programme de M. Macron. Je ne sais plus, quelqu'un l'a dit. Non, c'était une réforme qu'il souhaite adorer avant la fin de l'Élysée. Et M. Macron ne l'avait pas mis dans son programme au premier tour.
Il l'a mis pour le deuxième tour des élections présidentielles.
Juste pardon parce qu'Emmanuel Macron il évoque des référendums sur certains sujets. Est-ce que vous souhaitez que ce texte, que la fin de vie ce soit un sujet de référendum ?
Le maire a raison. On vit actuellement une crise institutionnelle considérable. On vit une crise politique énorme. On vit une crise mondiale considérable. Je pense que si jamais on devait faire un référendum sur le sujet, ça dépend du président de la République, ça ne dépend pas de nous. Pour moi, ce serait amuser la galerie. Il y a beaucoup de sujets beaucoup plus importants que celui-là actuellement et ce serait amuser la galerie. Mais je suis d'accord avec les intermédecins. Certains de nos collègues hier ont dit les médecins sont pour etc. C'est faux. Moi, j'ai rencontré en particulier les spécialistes des soins palliatifs.
Dans leur grande globalité, ils sont pour qu'on améliore les soins palliatifs sur l'ensemble du territoire national, qu'on leur donne plus de moyens et ça devrait aller mieux de suite. Moi, je suis assez même favorable à ce que les équipes de soins palliatifs aillent à domicile, ce que je dis tout à l'heure, mais qu'elles puissent prendre en charge les patients dès le début, dès le diagnostic de certains types de maladies. Parce que bon, si vous arrivez et vous avez des prises de sang qui vous alertent, vous allez voir votre médecin, votre médecin vous dit je suis désolé, vous avez un cancer du pancréas, c'est un coup de massue sur la tête.
Et c'est évident qu'à ce moment-là, on a une trouille énorme. si on était pris en charge par une équipe de soins palliatifs immédiatement avec les curatifs à côté, je pense que la situation s'améliorerait à tous les niveaux. Alors, pour répondre à votre question sur le référendum, c'est amusé la galerie, pour l'instant, il y a d'autres choses plus importantes.
Un dernier mot, Alain Milon, est-ce que vous pensez que le texte dans la version que vous souhaitez sera adopté au Sénat ?
Je n'en sais rien. Il y a encore un doute ? Bien évidemment.
Parce qu'il y a des divisions au sein de la majorité.
Je pense que l'ensemble des amendements, l'ensemble du texte sera article par article voté par le Sénat. Je vous rappelle que c'est simplement une adaptation de la loi Cleste-Honetti pour permettre quand un malade est en fin de vie avec des soins qui ne vont pas bien, de permettre aux médecins d'utiliser le produit létal. Donc ça, c'est clair. On ira jusqu'au bout du texte. On aura la possibilité de discuter de tous les articles un par un, ce qui est déjà énorme chez nous, c'est d'habitude. On va faire ce qui est déjà énorme dans le monde politique actuel. Après, au moment du vote final, on verra bien.
Mais l'essentiel pour nous, c'est d'avoir permis la discussion, d'avoir permis l'information et d'avoir permis en sorte que l'ensemble de nos collègues puissent s'exprimer.
Merci beaucoup. On remercie, M. le maire. Merci, Jean-François Daudet d'avoir été avec nous. Maire de Saint-Apollinaire, c'est en Côte d'Or. Merci beaucoup et merci, Alain Milon, d'avoir été notre invité. – Sous-titrage Société Radio-Canada Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
– Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada