François Bayrou, un été pour déjouer la censure
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'heure de l'édito politique avec Jean-Christophe Buisson. Bonjour. Bonjour Thomas.
Bonjour Mario. Directeur adjent au Figaro Magazine. Merci d'être avec nous.
Ce matin. Vous souhaitez nous parler de l'été studieux mais combatif quand même de François Bairou. Oui, François Baou, vous le savez, a été enseignant avant de se lancer en politique.
Il a sans doute gardé de cette époque l'habitude de préparer avec Minusie sa rentrée scolaire au mois d'août quand d'autres se dorent la pilule au fond du scooter des mers en Méditerranée. La semaine dernière, tel un prof envoyant à ses élèves des consignes pour bien démarrer septembre, il a entamé la diffusion de vidéos quasi quotidienne très pédagogique, donc ennuyeuse, dans laquelle après avoir souligné que contrairement aux autres responsables politiques, lui ne prend pas de vacances, il explique doctement pourquoi les mesures d'économie qu'il veut imposer aux Français sont nécessaires. Je vous en rappelle quelques-unes.
Suppression de 2 jours fériers, gel du barême de l'impôt sur le revenu et des prestations sociales, non remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, doublement des franchises médicales et j'en passe. On a d'abord cru qu'il cherchait à préparer ses auditeurs et téléspectateurs à l'agrégation d'économie. Mais les quelques milliers de ceux qui ont écouté les suivants et pas seulement pour céder à s'endormir dans la torpeur estivale ont compris que là n'était pas l'ambition de François Bairrou.
Le premier ministre du en fait sa survie à Matignon. Puisqu'on lui prédit une censure à l'Assemblée nationale cet automne, il a décidé qu'il n'avait rien à perdre en abattant la carte de l'omniprésence estivale et du contournement des chambre hautes et basses en vacances en s'adressant directement ou presque aux Français par le son et l'image comme Pierre Mindz France ou Valérie Giscard destin en leur temps mais avec une musique bien différente. Oui.
En quoi la tonalité de ces propos diffel ? Là où Mindz et Giscar cherchaient avec un certain optimisme à défendre leurs bilans, vanter leurs actions, mettre en avant leur modernité, François Baou, lui opte pour un discours totalement et crânement catastrophiste. C'est moi ou le chaos.
Il l'a d'ailleurs répété ce weekend devant nos confrères du Figaro qui, comme lui, comme vous Thomas ne sont pas en vacances. Nous sommes menacés d'un accident majeur", leur a-t-il solennement déclaré, se disant persuadés que les agences de notation internationale seront impitoyables si les 44 milliard d'économie qu'il propose ne sont pas votées. Le problème est que si on admire les efforts qu'il déploi pour combattre la fatalité, on a un peu l'impression d'entendre un vieux disque.
Moi ou le chaos, mais c'était l'argument d'Emmanuel Macron pour remporter l'élection présidentielle 2022. Or, il a gagné mais le chaos est toujours plus proche. Les agences de notation impitoyable.
Ça fait au moins 10 ans qu'on nous annonce que leur coupait fatidique est pour demain. Une critique que le Premier ministre anticipe d'ailleurs en évoquant le roman de Dino Bouzati Le désert des tartares. Pendant 30 ans et près de 300 pages, le lieutenant puis capitaine puis commandant Drogo, le héros attend l'ennemi qui doit surgir et jamais ne surgit.
Et puis si finalement il surgit mais Drogo est parti à l'arrière. Le message de Bairou est clair. Si je ne suis pas là, les problèmes resteront.
Et cette stratégie peut-elle néanmoins le sauver à la rentrée ? J'en doute vraiment ce qui menace politiquement François Baou comme Mindz France ou la 4e République, c'est un vote commun de l'extrême droite et de l'extrême gauche et des alliés qui ne le soutiennent pas. On voit mal comment ces causeries et la noirceur du tableau qu'il présente convaincront ses adversaires de changer leur fusil d'épaule et de ne pas voter la censure qu'ils ont promise pour cet automne.
Nous au fond ce qu'il cherche, c'est moins de sauver son fauteuil à Matignon que son image d'homme responsable fidèle à des convictions centristes qui l'ont fait naviguer entre la droite et la gauche pendant des décennies. S'il est chassé du pouvoir en octobre, il ne sera pas dit qu'il aura trahi ses engagements de toujours et sa certitude que le bipartisme est une vieille lune à laquelle les Français ne croient plus. Assainé par quelqu'un à qui seulement 16 % des Français font confiance selon le dernier baromètre Figure magazine Verriant de juillet, c'est un peu audacieux.
Surtout quand on voit dans le même sondage que les trois premières personnalités que nos concitoyens souhaitent voir jouer un rôle politique important dans l'avenir sont Marine Le Pen, Jordan Bardella et Bruno Rotaillot et que figure aussi dans le top 10 Marion Maréchal, Éric Sioti, les LR Xavier Bertrand et Gérald Armanin et Édouard Philippe ancien LR. Nant déplaise à François Bairrou, il semble que nos concitoyens pour sortir le pays de l'ornière parent moins sur lui que sur la droite. Merci Jean-Christophe Buisson, votre édito politique sur Europe 1 et justement aujourd'hui à la une du Figaro, François Bairou bouscule les syndicats contre les jours fériers et les chômeurs dans son courrier qui provoque la colère des organisations.
Le Premier ministre en quête d'économie demande un durcissement des conditions d'anamisation des chômeurs.
François Bayrou